05 — Partie 5
Partie 5
Subaru : “――Sauve-moi.” Je compte sur toi, “Natsuki Subaru”. Si tu es un héros, alors sauve-moi.

Se reconstituant, se reconstituant, continuant à façonner sa forme. Se reconstituant, se reconstituant, continuant à modeler sa forme. Se reconstituant, se reconstituant, continuant à remplir les couleurs. Se reconstituant, se reconstituant, se reconstituant, et continuant à se rapprocher de l’achèvement. ――“Le meurtre devient une habitude.” C’est l’une des phrases que le célèbre détective Hercule Poirot a légué au monde. Le sens de cette expression ne se réfère pas à une personne qui a tué un être humain et qui, se réveillant soudainement avec une prédilection pour le meurtre, répète le crime pour satisfaire ses pulsions. Il s’agit d’une personne qui a résolu son problème une fois par le meurtre et qui, chaque fois qu’un autre problème se présente, pense à essayer de le résoudre en assassinant à nouveau. ――“Le meurtre devient une habitude.” Mais si le fait de tuer était réellement lié à la solution du problème, pourrait-on même dire qu’il s’agisse du résultat d’un meurtre devenu une habitude ? Ne serait-il pas possible de dire que ce n’était pas le meurtre qui était devenu une habitude, mais plutôt que des circonstances inévitables avaient surgi ? La situation ne consistait pas à ajouter le meurtre comme option parce que c’était devenu une habitude, mais plutôt à dire qu’il n’y avait pas d’autre option que le meurtre. Il n’était peut-être plus possible de dire que le meurtre était devenu une habitude. ――“Le meurtre devient une habitude.”
Au diable Hercule Poirot. Les détectives de fiction n’ont pas besoin de parler avec autant de prétention. Comment a-t-il pu dire ça comme s’il voyait clair en tout ?! Les raisons de chaque situation, de chaque chose, sont enchevêtrées dans diverses complications, avec de multiples couches de complexité. Ne néglige pas ces choses et ne les tourne pas en dérision en essayant d’appliquer ces mots à tout. ――“Meurtre.” C’était le seul moyen quand il n’y en avait pas d’autres. C’était le plus logique quand il n’y avait pas d’autre moyen d’arriver à la bonne réponse. C’est pourquoi ce n’était pas le meurtre qui devenait une habitude, mais plutôt… ――“Seul le meurtre devient la solution.” Ouais, c’est exact. Bien sûr que ça l’était. C’était la seule réponse. C’était la seule réponse correcte. C’était le seul moyen de briser le désespoir de cette impasse ; c’était le dernier recours. Émilia : “Subaru m’aide toujours, tu finiras par trouver une solution quoi qu’il arrive… Mon estimé Chevalier.” Béatrice : “Si Subaru n’avait pas été là, Betty serait encore complètement seule dans la Bibliothèque Interdite, je suppose.” Ram : “Eh bien… Barusu est un homme qui a le sens du timing. Même Ram le reconnaît.” Meili : “Si onii-san n’était pas aussi ennuyeeeux, je suis sûre qu’il n’aurait pas gâché son travaaail.” Julius : “Subaru, bien que tu n’en sois peut-être pas conscient, j’ai également été sauvé par toi. Ton existence a été un chemin d’espoir pour moi aussi.” Subaru : “Je sais.”
Je sais que vous aimez tous beaucoup “Natsuki Subaru”. Je sais que vous vous souciez tous beaucoup de “Natsuki Subaru”. Je sais que le “Natsuki Subaru” qui vous a tous sauvés est un Superman. Je sais que tout ce qu’a fait le “Natsuki Subaru” qui vous a tous sauvés a été ruiné. C’est pourquoi je dois le récupérer. Si je peux au moins le récupérer, si je peux au moins faire revenir “Natsuki Subaru”. Si je peux au moins accomplir ça, tout ira bien. Tout se passera bien. Je dois continuer à progresser. ??? “――Natsuki Subaru est devenu fou et a tué Émilia, Julius et tous ceux qui l’accompagnaient. J’ai échappé de justesse à la mort et j’ai réussi à m’enfuir et à arriver jusqu’ici.” Tous les participants froncèrent les sourcils en recevant le rapport d’Anastasia. Le sens de ce qui leur était présenté était clair. “Anastasia” : “C’est naturel que vous jugiez tous ça comme difficile à croire. Je regrette d’ailleurs profondément d’avoir dû présenter ce rapport. Mais si nous prenons en compte le danger qu’il représente, nous ne pouvons pas nous permettre de détourner le regard de la réalité.” ??? : “Anastasia-sama, même si vous affirmez cela, je ne pen…” Echidna : “――Je suis Echidna. Ana dort toujours à l’intérieur de ce corps, même maintenant. Toutefois, rester ainsi pourrait être une bénédiction pour elle.” ??? : “…Cette histoire semble vraiment tirée par les cheveux.”
Celui qui avait baissé les yeux puis répondu en se plaçant devant Anastasia――non, Echidna, c’était un chevalier aux cheveux rouges, Reinhard van Astrea. Ils étaient dans la cité Aqueuse de Pristella――ceux qui s’étaient rassemblés là étaient impliqués dans la Sélection Royale. La bataille pour la ville s’était terminée il y a un certain temps, et chacun attendait le rapport concernant le retour de Subaru et des autres qui s’étaient dirigés vers l’est. Émilia et les autres s’étaient rendus à l’est pour emprunter la sagesse du Sage afin de trouver un moyen de restaurer les dégâts calamiteux que le Culte de la Sorcière avait causés suite à l’apparition des Archevêques du Péché à Pristella. Ils étaient plongés dans l’angoisse. Mais ils attendaient de bonnes nouvelles. Les raisons de leur conviction se trouvaient dans l’un des membres qui s’étaient dirigés vers l’est. Ces fondements n’étaient nul autre que Natsuki Subaru lui-même. ――Cela démontrait notamment à quel point il était devenu fou. Reinhard : “Si j’ai bien compris tout ce que tu as dit, je ne peux pas me contenter de hocher la tête devant cette histoire.” Echidna : “Même si vous ne pouvez pas le croire, c’est la vérité. Il n’est plus la même personne que vous connaissiez tous. Natsuki Subaru a perdu ses souvenirs, et il est obsédé par l’idée de les retrouver. Il a choisi le pire moyen de les récupérer.” Reinhard : “Quel serait le pire des moyens…” Echidna : “Les Livres des Morts qui se trouvent dans la Tour de Guet des Pléiades… Ils contiennent les impressions et les souvenirs de ceux qui sont morts. Ces livres peuvent être lus et compris. Malheureusement, comme je n’ai lu aucun d’entre eux, je ne comprends pas vraiment toute l’étendue de leur pouvoir.” La réponse d’Echidna, qui les informait de l’étrange pouvoir que détenaient les livres, sema encore plus la confusion.
Bien sûr, la menace d’une perte de mémoire avait déjà été démontrée plus que de raison. C’était aussi l’un des effets que Subaru et les autres avaient tenté d’atténuer. Mais qui aurait pu prédire que leur voyage pour trouver une solution à ce problème finirait par provoquer quelque chose du même acabit. ??? : “――Je ne pense pas que Natsuki-san puisse le faire tout seul. Si son but est de lire les Livres des Morts, comment s’y prend-il ?” Reinhard : “Otto, tu y crois ?” Reinhard écarquilla les yeux et se tourna vers Otto qui avait lâché cette question froidement retentissante. Jetant un coup d’œil aux yeux bleus du Maître Épéiste, Otto acquiesça d’un “En effet”. Otto : “Anastasia-sama… ou Echidna-san maintenant ? Il n’y a aucune raison pour qu’elle nous mente ainsi. C’est trop anormal, et ça n’a aucun sens. En fait, je ne peux que penser que quelque chose d’inattendu a dû se produire pour qu’elle revienne seule de la sorte.” Reinhard : “C’est… Mais…” Otto : “Je ne veux pas y croire non plus. Je ne veux pas croire à une telle chose.” Serrant le poing, Otto prononça ces paroles d’une voix tremblante à l’intention de Reinhard, qui s’obstinait. Quiconque entendrait cette voix tremblante comprendrait à quel point l’émotion submergeait le creux de l’estomac d’Otto. Voyant le regret gravé sur le visage de celui qu’il considérait comme un grand frère, Garfiel, qui se tenait à côté de lui, déclara avec anxiété : “Otto-bro…” Echidna : “…Otto-kun a vu juste. Même si en perdant ses souvenirs, le comportement de Natsuki Subaru avait changé… S’il avait été seul, Émilia, Julius et les autres auraient pu le maîtriser facilement. Ce qui a fait obstacle à ce plan, c’est la personne qui l’aidait… Shaula.”
Garfiel : “Shaula… ? C’est pas l’nom du Sage qui devrait être dans la Tour de Guet ? Est-ce que s’type a fait quelque chose au Cap’taine ? …Non, c’est déroutant. C’est comme dans “L’Hésitation d’Osmund”…” Echidna : “Désolée, mais je ne peux pas me permettre d’attendre que votre confusion se soit calmée. Comme vous l’avez deviné, Shaula est le nom de la gardienne de la Tour de Guet. Pour reprendre ses propos, elle n’arrêtait pas de dire que le Sage était son Maître. Elle a fini par ne pas être le Sage au final…” Reinhard : “J’ai plusieurs questions à poser, mais… juste pour m’en assurer, est-ce que Shaula collabore avec Subaru ?” Reinhard posa la question pour s’en assurer et Echidna acquiesça. L’endroit entra en effervescence à sa confirmation. C’était une trahison inattendue de la part du héros qui avait tenté de sauver la cité Aqueuse des Archevêques du Péché. Et celui qui l’accompagnait dans sa transformation était le Sage, l’un des trois grands héros d’autrefois. Qui n’essaierait pas de se morfondre dans cette situation cruelle qui ressemblait à un cauchemar au sein d’un cauchemar. Echidna : “…Ce n’est pas parce que je veux me venger que j’ai ramené la vérité ici.” Soudain, Echidna, le visage tourné vers le bas, marmonna ces mots au milieu de la confusion qui régnait autour de son rapport. Saisissant sa réponse, Reinhard haussa les sourcils et dit : “Echidna ?”. Alors que les regards de plusieurs individus se posaient sur eux, Echidna laissa échapper un petit soupir. Echidna : “Compte tenu des sentiments d’Ana, et du temps que j’ai moi-même passé avec Julius, je pense qu’il serait justifié de me mettre en colère contre Natsuki Subaru qui l’a tué… Mais, je suis épuisée.” Reinhard : “Tu es épuisée ?”
Echidna : “Il est peut-être vrai que je le détestais et qu’il me détestait. Mais, même s’il n’est qu’un enfant désespéré qui s’approche de moi en agitant le poing, je suis épuisée.” Secouant faiblement la tête, Echidna se leva lentement. Elle possédait le visage d’Anastasia et parlait avec la voix d’Anastasia, mais si elle avait vraiment été elle, jamais un regard aussi frêle n’aurait flotté sur son visage. Echidna : “Je vais quitter cette scène. La cruauté de ramener Anastasia sur cette scène est insupportable. Nous avons commis des erreurs irréparables.” Reinhard : “Faire ceci serait…” Echidna : “Je sais que tu n’as pas de mauvaises intentions. Mais parfois, abandonner est la meilleure chose à faire. Me persuader de ne pas abandonner ne mènera qu’à la souffrance. Je… m’arrête là.” Après cela, pas une seule personne n’avait de mots pour arrêter la fille au cœur complètement brisé. Echidna savait bien sûr que personne ici n’avait de quoi l’arrêter. Puisqu’elle le savait, elle se détourna de ceux qui s’étaient rassemblés et quitta l’endroit. Et comme elle l’avait dit juste avant, elle quitta la scène de la Sélection Royale elle-même. Echidna : “Je prie pour votre bon combat, à tous. ――S’il vous plaît, je veux que vous soyez tous prudents.” Tel était le dernier rapport que le seul membre revenu sain et sauf de l’expédition à la Tour de Guet des Pléiades avait laissé derrière lui. Ce rapport n’avait fait qu’attiser une lourde inquiétude. ??? : “…Qu’est-ce que tu vas faire à partir de maintenant ?” Ricardo, qui marchait à côté d’elle, lui posa cette question alors qu’ils prenaient le chemin du retour. Echidna ferma les yeux.
La blessure où Ricardo avait perdu son bras était importante ; la partie qu’il avait perdue et qui avait été autrefois un bras épais et robuste n’était plus attachée à ce bras. À la place, il y avait une sorte de crochet à la main. Il était possible de dire que l’attitude de ne pas abandonner le combat, même dans l’état où il se trouvait maintenant, lui correspondait plutôt, mais―― Echidna : “C’est comme je l’ai dit. Je renonce. C’est judicieux. À partir de maintenant, je ne pense pas que j’essaierai de faire semblant d’être Ana dans son corps… Même si, au moins, je m’acquitterai des responsabilités minimales envers la Compagnie Hoshin.” Ricardo : “Quelles sont les responsabilités minimales ?” Echidna : “Le démantèlement de la compagnie, et je dois essayer d’aider les employés à trouver leur prochain travail. La compagnie elle-même s’en sortira probablement bien si elle est confiée au Vice-Président Chuden.” Ricardo : “――――” Echidna : “Je comprends que tu sois mécontent. Mais c’est une chose à laquelle on ne peut rien.” Bien que son vrai visage n’ait pas été révélé jusqu’alors, Echidna et Ricardo avaient été ensemble durant une longue période. Même s’il s’agissait d’une fréquentation unilatérale, elle appréciait les émotions fortes que Ricardo ressentait à l’égard d’Anastasia. Et cela parce qu’il s’agissait exactement des mêmes émotions qu’Echidna éprouvait pour Anastasia. Si Ricardo éprouvait pour Anastasia des sentiments semblables à ceux d’un père, il en était de même pour Echidna, qui éprouvait probablement pour Anastasia des sentiments semblables à ceux d’une mère. C’est pourquoi―― Echidna : “Je pense que je vais aussi me séparer du Croc de Fer. Dorénavant, Ricardo, tu es libre de faire ce que tu veux.”
Ricardo : “Si je suis libre de faire ce que je veux, je vais chercher un moyen de réveiller la demoiselle.” Echidna : “…Si tu as toujours les yeux rivés là-dessus dans cette situation où notre meilleure chance a été réduite à néant, alors je ne peux pas m’y opposer. Il vaudrait mieux que les jeunes du Croc de Fer t’accompagnent, pas vrai ?” Echidna ne pouvait pas qualifier l’attitude de Ricardo d’entêtement. Lui aussi était sérieux, il voulait protéger ceux qu’il voulait protéger et ne pas abandonner ceux qu’il ne pouvait pas abandonner. Il n’y avait rien de plus cruel que de juger son combat comme étant insignifiant avant qu’il ne commence quoi que ce soit. Ricardo n’avait pas besoin d’abandonner juste parce qu’Echidna l’avait fait. Néanmoins―― Echidna : “Même moi, je ne sais pas si Ana serait ravie par ton attitude.” Ricardo : “…Si elle me gronde, tant pis. De plus, comment pourrais-je abandonner sans m’en assurer d’abord ?! Je fais ça parce que… Je suis le père adoptif d’Ana-bo.” Echidna : “――――” Ricardo : “Un père qui abandonne sa fille peut-il vraiment être qualifié de père ? Quoi qu’on en dise, je n’abandonnerai… JAMAIS.” Il n’y avait pas un seul soupçon de sarcasme à l’égard d’Echidna dans la déclaration résolue de Ricardo. Pourtant, consciente de ses propres faiblesses, elle poignarda profondément la poitrine d’Echidna. En conséquence, Echidna laissa un sourire sec flotter sur son visage en admiration devant la force de Ricardo. Et puis――
