Re:Zero Lore FR
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RE:ZERO ACADÉMIE

03Partie 3

Partie 3

“Comme vous pouvez le voir, nous procédons à une inspection des sacs ce matin”, déclara Crusch. “Nous vous serions reconnaissants de bien vouloir coopérer.” “Ouais, tu peux regarder autant que tu veux”, répondis-je en lui tendant mon sac. “Il est vide, de toute façon.”

“Bien que tu ne doives pas en être fier, il semblerait que tu m’aies surpassé cette fois-ci”, répondit-elle en secouant la tête tout en confirmant que mon sac était vide. “Comme c’est intéressant”, continua-t-elle en souriant comme une héroïne de film hollywoodien. “Je n’essayais pas de te défier.” “Très bien”, dit joyeusement une autre personne soudainement apparue sur le côté. “Moi, Ferris, je vais vérifier le sac de Rem !” Il s’agissait de Félix, le bras droit de Crusch. Paré d’un bandeau en forme d’oreille de chat comme à son habitude, Félix commença à inspecter le sac de Rem tandis que sa jupe audacieusement courte flottait au vent. L’idée qu’une fille devrait inspecter les affaires d’une autre fille devient inutile avec Ferris, pensai-je, puisqu’il s’agissait en fait d’un homme. “Je comprends qu’il soit beau dans des vêtements de fille, mais personne ne se plaint qu’un homme inspecte les affaires d’une fille ?” demandai-je. “Ça ne pose pas de problème”, répondit Crusch. “Tout le monde est conscient de la féminité supérieure à la moyenne de Ferris. D’ailleurs, le nombre d’hommes qui demandent à ce que leur sac soit inspecté par moi et de filles qui le demandent à Ferris est à peu près le même.” “Les filles sont peut-être différentes, mais certains mecs prennent leur pied avec ça… Attends, je suis différent, quand même ! Ne me mets pas dans la même catégorie que ces types-là !” Soudain, je devins inquiet de la façon dont les gens me percevaient pour avoir naturellement tendu mon sac à Crusch afin qu’elle l’inspecte. Pendant ce temps, Félix continuait d’inspecter les affaires de Rem. “Hein ? Pourquoi as-tu une boîte à crayons pour les garçons ?”, demanda-t-il. “C’est pour Subaru, au cas où il aurait oublié le sien”, répondit Rem. “Qu’en est-il de ce banal carnet de notes sans rien de mignon ?”

“C’est pour les devoirs que Rem fait pour Subaru en imitant son écriture.” “Hmm, alors qu’en est-il de ce panier-repas ?” “Rem a préparé ça pour Subaru au cas où il ne pourrait rien acheter à l’épicerie.” “Très bien, punissons Subaru”, conclut Félix. “C’est quoi ce bordel ?!” m’exclamai-je. Je veux dire, je comprends. Vraiment. Mais quand même ! Suite à la condamnation de Félix, je me penchai vers Rem. “Rem, ne te dis-je pas toujours que tu n’as pas besoin d’en faire autant pour moi ?” “Désolée”, dit-elle. “Rem en est douloureusement consciente. Mais chaque fois qu’elle t’imagine en train de pleurer pour quelque chose, c’est plus fort qu’elle. Elle commence à se préparer à tous les scénarios possibles.” “J’apprécie, mais je ne pleurerai pas parce que j’ai oublié ma mine de crayon, que je n’ai pas fait mes devoirs ou que je n’ai pas mangé à midi !” Bien que je n’aie jamais pleuré pour des raisons aussi insignifiantes auparavant, Rem semblait toujours me considérer comme un enfant. À un moment donné, il y avait eu une rumeur dans notre classe selon laquelle Rem était ma gouvernante, mais cela commençait à devenir vrai. “Tu parles d’un amour de jeunesse”, commenta Félix. “Ai-je raison ou ai-je raison, Dame Crusch ?” “Je suis d’accord”, acquiesça Crusch. “Ferris et moi nous préparons également des déjeuners l’un pour l’autre. Il n’y a pas de quoi être gêné, mais si tu ne veux pas être le seul à prendre soin de toi, tu devrais exprimer ta gratitude de temps en temps.” “J’ai préparé ton omelette favorite aujourd’hui, Dame Crusch”, dit Félix. “Le genre sucré.”

“J’ai également préparé ton omelette favorite aujourd’hui”, répondit Crusch. “Le genre salé.” Ignorant la présidente du conseil des élèves et son vice-président, je pris le panier-repas que Rem avait préparé pour moi. Enveloppé dans un tissu bleu, il était deux fois plus grand que le propre panier-repas de Rem et assez lourd. “Bon sang, qu’est-ce que tu allais faire de ça si je ne le mangeais pas ?” “Rem a pensé qu’elle et sa sœur pourraient l’avoir pour le dîner.” “C’est vraiment triste, ne fais pas ça. Dis-le moi juste la prochaine fois. Je mangerai ça au déjeuner aujourd’hui, merci. Pourrais-tu aussi me montrer les réponses aux devoirs ?” “Oui, Rem attend avec impatience le déjeuner.” Après avoir mis le panier-repas dans le sac que l’on venait de me rendre, nous nous dirigeâmes vers le bâtiment de l’école. C’est alors que nous remarquâmes un remue-ménage sur le côté, là où ils procédaient également à l’inspection des sacs. “Comme je l’ai dit ! Pourquoi es-tu comme ça ?! Pourrais-tu ne pas me faire répéter ? Je ne dis rien de difficile, non ?” “Je ne crois pas non plus dire quelque chose de difficile à comprendre. C’est toi qui refuses d’écouter mes bons conseils et qui provoques une esclandre. Tu es l’exemple même de l’ignorante.” “Tu crois que le fait d’utiliser de grands mots te donne l’air respectable ? C’est juste embarrassant. Tu es déjà au lycée, pourquoi tu ne grandis pas ? C’est gênant.” “Ne t’avise pas de critiquer ma façon de parler alors que tu n’arrives même pas à cacher la vulgarité dans ton discours. Je suis peut-être indulgente, mais j’ai aussi mes limites.” L’atmosphère autour du portail d’entrée devenait tendue en raison de la discussion animée entre les deux étudiantes aux apparences distinctes.

L’une des lycéennes était une belle jeune fille aux cheveux violets et au physique prépubère que l’on pourrait confondre avec celui d’une collégienne. La fille avec laquelle elle se disputait, en revanche, était également une belle jeune fille, qui avait le corps d’une femme mûre et des cheveux orange qui dégageaient un charme séduisant. La fille qui parlait avec un accent était Anastasia, du conseil des élèves, et la fille qui parlait avec une langue vernaculaire sophistiquée était Priscilla, la trouble-fête de l’école. Elles s’affrontaient souvent en tant que comptable du conseil des élèves et petite-fille du président du conseil d’administration de l’école. “Elles recommencent”, dit Rem en soupirant devant ce spectacle habituel. Leur relation conflictuelle était célèbre dans toute l’école. La relation entre Priscilla, qui ne faisait de courbettes à personne, et Anastasia, qui ne reculait jamais devant un conflit, était comme l’huile et le feu. D’après ce que j’avais vu, je soupçonnais qu’elles se disputaient à propos de l’uniforme porté par Priscilla, qu’elle avait manifestement personnalisé selon ses propres préférences. Eh bien, Priscilla n’est pas disposée à suivre les règles de l’école, y compris celles concernant les uniformes. On peut dire que c’est une victoire qu’elle porte l’uniforme, même s’il a été modifié en tous points. “Mais je parie qu’elle est la seule à pouvoir mettre dans tous ses états cette comptable avide d’argent”, commentais-je en observant de loin l’agitation qui régnait. C’est alors qu’une voix s’abattit soudain sur moi, par-derrière. “J’apprécierais que tu t’abstiennes de désigner Ana par un surnom aussi calomnieux.” “Geh”, m’exaspérai-je, sentant la chair de poule apparaître à cause de cette voix condescendante. En me retournant, j’aperçus un bel homme, un salaud de gentilhomme, qui me dominait de toute sa hauteur. Il était aussi membre du conseil des élèves. “Quoi d’neuf Julius, mon aîné”, saluai-je l’homme.

“Je ne sais pas pourquoi tu m’appelles ainsi alors que nous sommes dans la même classe”, répondit Julius en repoussant sa frange. “Mais ceci mis à part, je te prie de retirer la remarque que tu as faite tout à l’heure à propos d’Ana. Elle n’est qu’un peu obsédée par les affaires monétaires et aime trop son travail.” “Je pense que cette opinion est un peu plus que biaisée.” Julius était en quelque sorte le secrétaire du conseil des élèves. Comme l’indiquait sa rhétorique, il était un fidèle partisan d’Anastasia, et les deux étaient souvent vus ensemble. “Tu n’as pas un travail à faire ? Je dirai à Crusch que tu te relâches.” “En fait, j’ai terminé mon travail”, dit Julius en exhibant ses dents blanches. “Bien que j’aie eu beaucoup de travail avec toutes ces filles qui voulaient faire inspecter leur sac, elles se sont montrées très coopératives, ce qui m’a grandement facilité la tâche.” “Ouais, ouais, peu importe, mec”, dis-je en scrutant. Pourquoi les filles ne voient-elles pas l’imposture de ce type ? m’étais-je dit, avant de me rappeler qu’il n’y avait pas que les filles qui étaient amoureuses de Julius. Les hommes aussi parlent de lui en termes élogieux. Je dois donc être le seul à voir clair dans son jeu. Je fis claquer ma langue. La vérité rend un homme solitaire, n’est-ce pas ? “Rem se demande à propos de quoi elles se disputent aujourd’hui.” “Évidemment, elles se disputaient aussi à propos de sa tenue, mais le plus gros problème était la façon dont Priscilla manipulait son sac”, expliqua Julius. “Elle demandait à Al de le porter pour elle au lieu de le tenir elle-même.” “Al c’est ce type qui porte un masque, pas vrai ?” confirmai-je. Un homme se trouvait à côté d’Anastasia et de Priscilla, se tenant anxieusement debout tandis que les deux filles poursuivaient leur dispute animée. Il n’était pas particulièrement grand, mais il était bien bâti. Il avait l’air d’avoir l’âge de mon père, mais il était impossible d’en être sûr à cause du masque qu’il portait.

Plusieurs rumeurs circulaient à propos de ce masque. Certains prétendaient qu’il cachait une horrible brûlure, tandis que d’autres suggéraient que son visage était couvert de points de suture. Personnellement, j’aimais imaginer que Priscilla lui faisait porter ce masque sur un coup de tête. Je veux dire, non seulement il change de masque tous les jours, mais il ne me semble pas du tout être un homme au passé sombre. Pour ajouter à ses caractéristiques distinctives, Al avait une prothèse au bras gauche. D’après ce que j’avais entendu dire, il s’agissait d’une prothèse de haute qualité, acquise grâce aux relations familiales de Priscilla. Une fois, il m’avait ouvert une boîte de pêches à l’aide d’un ouvre-boîte fixé à son bras. Son bras était comme un couteau suisse. “Combien de fois dois-je te le dire ?!” La voix d’Anastasia résonna. “Un étranger ne peut pas entrer dans le bâtiment de l’école. Sais-tu à quel point c’est stressant de devoir expulser un adulte que je trouve en train d’errer dans le bâtiment ?” “Ce ne sont pas mes affaires”, rétorqua Priscilla. “Personne ne te demande de le mettre à la porte. Ignore-le. De toute façon, il n’est jamais là que pour s’occuper de moi. De plus, s’il n’est pas là, qui portera mon sac ? Je refuse de porter quelque chose de plus lourd qu’une paire de baguettes.” “Il est vide ! C’est pratiquement le même poids qu’une paire de baguettes !” Anastasia s’irritait manifestement à chaque fois que Priscilla rétorquait. L’intensité de la situation ne cessait de croître, à tel point que je craignais qu’un crêpage de chignon n’éclate si cela continuait. Dans ce cas, c’était Anastasia qui serait blessée. Bien qu’elle n’en ait pas l’air, Priscilla était étonnamment athlétique. En fait, il était même possible qu’elle provoque Anastasia pour qu’elle donne le premier coup de poing. Non, non, j’y réfléchis trop. Elle est d’un naturel provocateur. “Les choses ne se présentent pas bien pour Ana”, commenta Julius. “Je suppose que je n’ai pas d’autre choix que d’aller les arrêter.”

“Ouais, ouais, va faire ça”, approuvai-je. “Avant qu’elles ne se battent et que les choses ne dégénèrent et que l’infirmière Elsa n’en entende parler.” L’infirmière Elsa était l’infirmière de l’école, connue pour son apparence sexuellement provocante et ses propos bizarres. Elle était toujours prompte à entendre parler des conflits qui se produisaient à l’école et semblait souvent neutraliser la situation, prétextant qu’elle ne pouvait rien contre ses vieilles habitudes. Tous les élèves qu’elle emmenait à l’infirmerie en revenaient toujours parfaitement obéissants. Personne ne savait ce qu’on leur faisait là-bas, car elle refusait de répondre. Par conséquent, tout le monde s’accordait à dire qu’elle pratiquait une horrible opération sur le système digestif de ses patients pour les rendre dociles. “Les cours sont sur le point de commencer, de toute façon”, dit Crusch, qui était maintenant à nos côtés. “Va dans ta classe, Natsuki Subaru. Nous nous occupons du reste.” “Oh nyon, c’est à nous de le faire”, ajouta Félix. “Le faire volontairement pour améliorer l’école fait partie du travail du conseil des élèves.” Sur ce, les trois membres du conseil des élèves se dirigèrent vers le lieu de l’agitation. Je suis sûr que même Priscilla reculera une fois qu’elle sera face à ces trois-là. “Nous sommes restés trop longtemps ici”, dis-je. “Allons dans notre salle de classe. Je suis fatigué.” “Il se passe tellement de choses ce matin”, commenta Rem. “Sérieusement. Mais je suis sûr qu’il n’y aura pas d’autres problèmes.” Il y avait de fortes chances que je me sois porté la poisse en disant une telle chose. Même si je souhaitais sincèrement ne plus rencontrer de problèmes lorsque je l’avais dit, il semblait que Dieu avait d’autres projets pour moi. Le problème suivant apparut après que j’eus mis mes chaussures d’école et que j’eus commencé à marcher vers ma salle de classe.

“Hey, Subaru ! Réflexe, attrape !” “Hein ?” Surpris par la voix soudaine et par une fille qui courait vers moi, je baissai instinctivement les hanches et me mis en position de réception pour le volley-ball, comme on me l’avait demandé. C’est alors qu’un petit pied atterrit sur mes mains. “Réception de la Montagne Bleue !” cria la silhouette.

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