08 — Partie 8
Partie 8
Cecilus : “Ohh, ça n’a pas atteint le boss, hein ? Eh bien, c’était un coup à un endroit où Halibel-san et moi montons la garde, c’est un endroit difficile à atteindre. Mais, pour être honnête, je n’ai pas particulièrement bougé en pensant à protéger le boss, donc Halibel-san a cent pour cent du mérite.”
En disant cela, dans la salle intérieure, là où Cecilus désignait innocemment du menton――sur le trône enveloppé de fumée se trouvait le Roi de la Purge reposant son menton dans ses mains, et le protégeant de son dos, se trouvait la silhouette d’Halibel. Cet Halibel, soufflant une fumée violette du kiseru qu’il tenait dans sa bouche――― Halibel : “Ce-san, une correction. Ce n’est pas ma réalisation.” Cecilus : “Eh bien alors, c’était mon pouvoir caché…” Halibel : “Ce n’est même pas ça. C’était le travail de Su-san… Ce trône est définitivement protégé par une espèce d’énorme pouvoir. Bien que, nous n’en ayons jamais entendu parler.” À la vue de ce Cecilus qui fixait sa main en tremblant, Halibel secoua la tête. Puis, derrière Halibel, le Roi de la Purge qui était assis sur le trône jusqu’à présent, se leva. Et, saisissant l’écharpe orange qu’il portait autour du cou, Subaru : “J’ai vu ta frappe auparavant dans la Maison du Receleur. Se préparer à ça est tout à fait naturel.” En déformant ses joues, il afficha un sourire très sinistre. Ce n’était rien d’autre que les retrouvailles du Roi de la Purge――non, de Natsuki Subaru avec Reinhard. Reinhard : “Subaru… !” Subaru : “Tu as vraiment tiré le mauvais numéro, Reinhard. Si tu ne m’avais pas aidé à la Maison du Receleur, les choses ne seraient pas devenues ce qu’elles sont maintenant――mais dans ce cas, tu n’aurais jamais été en mesure de rencontrer ton précieux maître, je suppose que ça n’a pas si mal tourné pour toi, n’est-ce pas ?” Reinhard : “――Kh.” Émergeant de derrière Halibel, Subaru tira la langue à Reinhard.
Face à cette forme diabolique, les joues de Reinhard se raidirent comme si elles étaient douloureuses. Se balançant tristement, ses yeux bleus fixèrent Subaru, avec une expression malveillante et haineuse. Mais soudainement, cette expression disparut. Subaru : “――C’est quoi ce bordel. Après tout, tu es aussi noir et blanc ?” Reinhard : “――? Noir et blanc ? C’est…” Subaru : “Tais-toi, sale menteur――alors il n’y a pas moyen que je me laisse mourir par ta faute.” Avec des mots sans émotion, Subaru détourna les yeux, ayant perdu tout intérêt pour Reinhard. Et de cette façon, il donna un coup sur l’épaule d’Halibel, puis fixa Cecilus qui faisait face à Reinhard, Subaru : “Cecilus, fais ce que tu veux, j’ai déjà perdu tout intérêt.” Cecilus : “――Je n’y comprends pas grand chose, il semblerait que le boss et moi voyons les choses différemment. Mes remerciements pour le digne adversaire, acceptez-les.” Subaru : “Nous voyons les choses différemment… Haha, c’est logique. Même à la fin, tu me fais rire.” Comme si quelque chose dans les paroles de Cecilus était drôle, Subaru claqua son genou avec amusement. Puis, son sourire disparut immédiatement, Subaru : “C’était agréable à sa façon. Cecilus, comme tu n’avais pas de faiblesses, tu n’étais pas mon préféré.” Cecilus : “Pour moi, ce sera juste――que la mayonnaise fait peur.” Subaru : “Ha~ !” À cette affirmation insolente de Cecilus, Subaru rit comme s’il était enchanté.
L’apparence de Subaru, tenu dans les bras d’Halibel, sombra dans l’ombre. Et c’est ainsi que Subaru et Halibel quittèrent cette situation difficile. Reinhard : “Attends ! Notre conversation doit encore avoir lieu…” Cecilus : “――C’est la fin de tout ça, Maître Épéiste. Si tu ne veux pas que ça s’arrête là, alors rejoins-le et recommence. Mais avant ça, ce fidèle subordonné du Roi de la Purge va te barrer la route.” Reinhard : “Kuh… Kh.” En essayant de poursuivre les disparus Subaru et Halibel, Reinhard sentit quelque chose l’effleurer sous ses pieds. Déchirant le sol en ligne droite, ce coup, sans que la lame ne soit visible un seul instant, était un éclair extraordinaire rendu viable par une vitesse de rotation écrasante. Rien de plus qu’une épée qui avait atteint l’apogée de l’épée. Cecilus : “Malheureusement, il est trop tôt pour être évalué de cette manière. Je suis encore au milieu de l’ascension de cette montagne. Si je peux surmonter une étape de plus, je pense que je peux l’atteindre.” Reinhard : “Atteindre, où ?” Cecilus : “Bien évidemment, la Lame Céleste.” À cet instant, un bruit semblable à celui de l’air qui gelait, comme si on le coupait et le tuait, se fit entendre. Un épéiste qui avait vraiment atteint le pinacle de l’épée――non, c’était l’esprit de combat transparent émis par l’épéiste, qui atteignait un niveau assez monstrueux pour provoquer des situations insondables, contraires au bon sens. Cette incarnation de l’épée qui se tenait là ; rien qu’en touchant cette lame, même les choses invisibles périssaient. Cecilus : “J’attendais cette opportunité――une chance de croiser le fer avec toi.”
Reinhard : “…Cecilus-dono, j’ai déjà combattu contre toi auparavant. Ce duel était, pour moi, d’une grande signification. Pourquoi est-ce que tu…” Cecilus : “Bien sûr, si mon corps peut manier l’épée――nous ne pouvons nous rencontrer que dans un duel à mort.” La deuxième épée, l’Épée Démoniaque Murasame, fut dégainée avec une lumière étincelante. La première épée, l’Épée des Rêves Masayume désirait trancher, la beauté en elle se révélait. Sur les dix Épées Enchantées, Épées Distinguées et Épées Saintes existantes dans le monde, celles-là en représentaient deux――sans mentionner, Cecilus : “――L’Épée Dragon Reid.” Toujours aux côtés du Maître Épéiste, mais seulement contre des adversaires appropriés pour le Maître Épéiste, cette épée brillante de blancheur exposait sa lame à l’air. Si l’on entendait le son de l’épée dégainée, c’était sans aucun doute parce que l’Épée Dragon poussait des cris. Cecilus : “Tu dois déjà le savoir, Reinhard-san. En face de nous se trouve un mur.” Tenant chacun leur Épée Sainte, leur Épée Enchantée, leur Épée Dragon, ces existences extraordinaires se faisaient face. En traînant les pieds pour réduire la distance qui les séparait, le monde voyait leur affrontement avec horreur, l’atmosphère étant déformée. Cecilus : “Pour ceux qui atteignent un certain domaine, le chemin devant eux sera bloqué par un mur. Ce mur, qui ne peut être dépassé quoi qu’il arrive, certains ne le surmonteront jamais et abandonneront. Quelque chose comme ça, c’est impossible pour moi. Car si je ne franchis pas ce mur, je ne pourrai pas être moi.” Reinhard : “――――”
Cecilus : “C’est alors que l’offre du boss est arrivée. Il m’a offert un moyen de franchir le mur… Eh bien, cela s’est avéré être un moyen de croiser le fer avec toi en mettant nos vies en jeu, en mettant en place un sérieux combat pour sa propre survie――eh bien, comme il l’a dit, c’était s’accrocher à la paille, un truc comme ça.” Reinhard : “Paille… ?” Cecilus : “Ceux qui sont sur le point de se noyer le font, du moins c’est ce que j’ai entendu dire.” C’était la solution qui avait amené Cecilus Segmunt à cet endroit. Ou peut-être, son désir d’être un épéiste ayant été deviné correctement, cela avait été rendu inévitable ? Face à ce Maître Épéiste aux yeux écarquillés, Cecilus courba les lèvres. Et se mit à rire. L’Éclair Azuré, qui avec un visage rieur pouvait abattre les autres, parla, Cecilus : “Je me noie, Monsieur Reinhard van Astrea. Je le dis comme mon employeur le ferait ; apparemment, nous, ceux qui désirons profondément quelque chose, chacun d’entre nous, tout le monde se noie. Nous nous noyons tous dans un ocyan, ou quel que soit son nom, que nous n’avons même jamais vu auparavant.” (Note de Traduction : Les océans n’existant pas dans le monde de Re:Zero, Cecilus commet une erreur dans le mot.) Reinhard : “――――” Il avala son souffle, Reinhard le fit également. Sur ce, baissant son corps, brandissant ses deux épées par leur poignée, Cecilus enleva ses zōri. Cecilus : “――Épéiste, Cecilus Segmunt.” Pas de l’Empire de Vollachia, pas en tant que Général, pas en tant qu’Éclair Azuré――ces autres titres étaient inutiles.
Ce corps, en tant que simple épéiste, convoitait la voie vers la Lame Céleste. ――Des éclairs, des coups de tonnerre, déchirèrent le Pandémonium. Des gouttes de sang dansèrent.

――Continuellement, le Pandémonium tremblait. Les répercussions du combat, ressenties comme de vigoureux chocs et tremblements, résonnaient même dans les quartiers privés d’Émilia. La lampe suspendue au plafond se balançait violemment, de la poussière tombait. Alors qu’elle était allongée dans son lit, Émilia fut contrainte de faire un choix. Émilia: “――――” Rester là, c’était ce qu’on lui avait dit. Ou peut-être s’agissait-il plutôt d’une supplication, du genre “S’il te plaît, reste”. Devait-elle le croire et attendre, ou devait-elle l’ignorer et se précipiter dehors ?
Ses pensées intérieures sur sa situation se perdant dans la tourmente, elle continua à repousser une décision. Cependant―― ??? : “――Lia, la fin est arrivée.” Émilia : “Eh…” Tandis que les secousses de cette bataille féroce continuaient, Puck parla à Émilia couchée dans son lit. Ses yeux améthyste tremblaient en regardant vers le haut, Puck renifla avec son petit nez, ses petits bras croisés. En entendant que c’était la fin, Émilia déglutit. Encore une fois, elle n’avait rien pu faire. Remettre à plus tard un choix, puis accepter les conséquences de ne pas faire ce choix. Qu’il s’agisse d’un acte lâche, elle le comprenait un peu, encore une fois―― Elle avait reporté sa décision sur Subaru――― Puck : “――Reinhard est ici. C’est la défaite de Subaru.” Émilia : “――――” Avec cette poursuite des mots de Puck, les pensées d’Émilia se figèrent. Émilia : “Ahh.” Incapable de parler mais produisant des sons, incapable de former des pensées, Émilia ouvrit grand les yeux. Même en entendant que c’était la fin, Émilia avait été certaine de la victoire de Subaru. Elle n’en avait jamais douté un seul instant, mais elle le réalisa à ce moment précis. Natsuki Subaru ne serait pas vaincu. Quel que soit l’adversaire, avec ses excuses égoïstes, sa ténacité et son abus de misanthropie, il arracherait toujours la victoire. Avec tout sous
son contrôle, manipulant tous les subordonnés auxquels il pouvait penser, peu importe l’adversaire, ils seraient anéantis. Et, quand il serait fatigué de penser, et aurait besoin d’un moment de paix, il viendrait trouver Émilia. Définitivement, Subaru allait venir dans sa chambre, Émilia y croyait. Puck : “Jusqu’à aujourd’hui, je n’ai jamais précipité les choix de Lia, mais ça ne peut pas être fait cette fois-ci. Tu dois prendre une décision.” Émilia : “Prendre une décision…” Puck : “Préfères-tu rester ici, ou partir d’ici ?” Dans quelle mesure le savait-il, car dans cette simple voix de Puck se trouvait de la conviction. Puck observait Émilia qui tenait fermement ses draps. Son expression distante habituelle avait complètement disparu, et la compassion pour son enfant bien-aimée était forte à la place. Les yeux d’un parent étaient dirigés vers une enfant chérie qui s’était perdue et qui était anxieuse quant à la route à suivre. Puck : “Il semblerait que, pendant tout ce temps, Subaru ait contrôlé les informations correctement. Il n’y a aucun signe de l’implication de Lia dans les activités de l’organisation. En fait, Lia n’était pas du tout impliquée, mais après avoir été avec eux pendant si longtemps, certaines personnes soupçonneuses vont certainement se manifester. C’était une précaution nécessaire.” Émilia : “Pas du tout impliquée ? Alors, quel genre de position avais-je ?” Puck : “Depuis le manoir de Roswaal, tu as été kidnappée, et enfermée. C’est ainsi qu’ils te traitent. Alors ces enfants qui tentent de détruire le Pandémonium en ce moment, semblent plutôt être des sauveteurs qui sont venus te chercher.” Face à cette explication inattendue, Émilia fut stupéfaite.
Qu’Émilia ait été amenée hors du manoir de Roswaal contre sa volonté était vrai. Et qu’elle en ait été fâchée, et qu’elle ait détesté Subaru pour cela, était également vrai. Néanmoins, elle n’avait pas refusé ce Subaru collant et suppliant. Il était également vrai qu’elle n’avait pas tenu compte du fait qu’il avait fait tout son possible pour protéger le temps qu’il avait passé avec Émilia. Et pourtant, malgré cela, pouvait-on vraiment dire qu’Émilia était totalement étrangère à la façon dont les choses se passaient ? Ne serait-ce pas le summum de la malhonnêteté que d’affirmer cela ? Puck : “Lia, si tu attends ici gentiment, comme une pauvre princesse, tes sauveurs t’aideront, mais…” Tout en parlant comme s’ils chuchotaient, Puck atterrit sur l’épaule fine d’Émilia. Et alors, avec cet Esprit chat s’approchant de sa joue, Émilia comprit douloureusement la suite non dite de ses mots. Si elle attendait ici, elle serait sauvée en tant que victime. Cependant, si Émilia partait d’elle-même, alors elle serait une criminelle qui aurait agi de son plein gré. Face à ce fait, il n’y eut même pas un moment d’hésitation. Émilia : “――――” En se levant, Émilia posa sa main sur l’unique porte de cette pièce blanche. Pour l’ouvrir de l’extérieur, une procédure d’authentification compliquée était nécessaire pour s’identifier, si bien que Subaru, et sa gardienne, Frédérica, étaient les seules personnes autorisées à entrer ou sortir. Mais dès que la main d’Émilia toucha la porte de l’intérieur, le système s’effondra, ne laissant aucune trace derrière lui. Émilia : “Subaru, espèce de crétin…” Cherchant des signes de la technique détruite avec la paume de sa main, Émilia murmura cela d’une voix faible.
Elle avait été créée à l’origine pour qu’elle soit brisée par Émilia et Émilia seule. En d’autres termes, Subaru avait fait en sorte qu’Émilia puisse s’échapper quand elle le souhaitait. La porte de cette cage à oiseaux avait été conçue pour être détruite par la détermination de l’oiseau enfermé à l’intérieur depuis le départ. Était-ce peut-être parce que Subaru avait confiance dans le fait qu’Émilia ne s’échapperait jamais ? Ou peut-être était-ce la propre bonté de Subaru, qui souhaitait respecter le désir d’Émilia de s’enfuir ? Cette réponse, elle souhaitait l’entendre directement de la bouche de Subaru, pensa-elle. ――Au terme d’une période pendant laquelle elle n’avait pas été capable de choisir quoi que ce soit, telle fut la réponse sur laquelle Émilia se fixa. Sorti de la salle de réception, courant à travers le château avec Halibel, le Roi de la Purge, le jeune homme, son patron, son maître, il――Natsuki Subaru laissa échapper un profond gloussement. Subaru : “Quelque chose comme prendre Felt en otage, je me demande si ça aurait été une bonne idée…” Si cela avait été le cas, cela aurait-il limité les mouvements de Reinhard ? ――Non, au contraire, s’attirer la colère de Reinhard et devoir combattre le Maître Épéiste alimenté par l’émotion semblait plus probable. Ce serait le déroulement de la simulation jusqu’à la fin. En toute honnêteté, il avait eu la prémonition que le moment de la chute du Pandémonium se déroulerait de cette manière.
