05 — Partie 5
Partie 5
pas Betty…―tch !” Incapable de supporter la vue de sa petite silhouette, Subaru avait enveloppé son petit corps dans un câlin. Criant sur lui en sentant ses bras l’enlacer, Béatrice n’essaya pas de cacher son dégoût et sa rage, marquant le cou de Subaru avec ses ongles. Pris dans son attaque impitoyable, des gouttes de sang suintèrent de sa blessure. Mais il ne la lâcha pas pour autant. Il l’avait serré dans ses bras pour tenter de réconforter son corps frissonnant. Mais peut-être que c’était en fait Subaru qui cherchait du réconfort en faisant cela. Béatrice : “Pourquoi es-tu venu me voir, je suppose…! Tu es si… tu es si…!” Subaru : “Je serai comme ça, peu importe le nombre de fois où tu te défouleras sur moi, c’est bon. Même si les flammes du regret ne semblent pas s’évanouir pour le moment, si tu continues à les déverser, peut-être qu’elles disparaîtront un jour.” Béatrice : “Elles ne sont pas…. supposées disparaître…! Betty l’est !” Subaru : “Je suis si heureux que tu sois en vie. Donc, je vais toujours attendre avec impatience le jour où tu vas à nouveau bouder devant moi. ――Parce que cet espoir vit toujours en moi.” Béatrice : “――hk” Tranquillement, après que ces mots sincères aient été épuisés, la résistance de Béatrice diminua. Faisant un visage surpris, Béatrice se
mit à sangloter, présente dans son corps mais pas dans son esprit. C’était un signe qu’il ne pouvait plus continuer cette conversation. ――Une fois toutes les deux semaines, Subaru et Béatrice échangeaient colère et calme de la manière suivante. Après l’avoir lâchée, Béatrice enfouit à nouveau son front dans ses genoux. Et après cela, Subaru ne pouvait plus rien dire à la jeune fille qui s’était repliée dans sa propre coquille. Les mots de Subaru ne parvenaient toujours pas à ouvrir la porte de son cœur têtu. Néanmoins, s’il frappait sans relâche contre ces portes, peut-être qu’un jour, elles s’ouvriraient. ――La simple possibilité de cet espoir, était l’espoir lui-même. Subaru : “…À l’époque, je me demande si j’aurais dû lui dire que j’étais Cette Personne même si c’était un mensonge.” Après avoir quitté la bibliothèque et laissé Béatrice derrière lui, tout en accolant son dos à la porte, Subaru se remémora cela. Béatrice avait été brisée en s’accrochant à l’espoir que Subaru était Cette Personne en question lors de l’attaque du manoir. Elle avait été préparée à la fin de sa longue, très longue mission, mais ses espoirs fragiles et son acceptation douloureuse avaient été réduits en miettes. Subaru aurait-il été capable de mentir à celle qui avait tant attendu la visite de Cette Personne pendant 400 ans en disant qu’il était Cette Personne juste parce qu’il le pouvait ? Et dans ce cas, son cœur aurait-il pu être préservé sans être brûlé en même temps que la Bibliothèque Interdite ? “Echidna : Le fait que les Archives Interdites aient été perdues ne peut être annulé. Accepter la perte irrémédiable de toutes les connaissances sans héritage est assez douloureux pour moi, mais je ne peux rien y faire. Bien que pour toi, comparé à cette connaissance, le fait que la vie de Béatrice ait été sauvée est ce qui compte le plus.” Subaru : “C’est inapproprié que tu dises cela. Toi seule, n’a aucun droit de dire ça.”
Echidna, qui était encore dans le monde onirique, protesta à l’encontre de Subaru qui avait mentionné ses regrets en passant. Mais, n’était-ce pas Echidna qui avait confié la Bibliothèque Interdite à Béatrice, et l’avait laissée mener une existence si solitaire pendant 400 ans ? En conséquence du don de ce devoir par Echidna, le cœur de Béatrice s’était graduellement émietté. Et malgré cela―― Subaru : “Si seulement tu ne lui avais pas dit d’attendre Cette Personne… !” “Echidna : Attends une seconde. Peu importe comment tu le regardes, n’est-ce pas une façon de contourner la logique ? J’avais mes propres raisons, et il y avait un besoin pour que cela soit fait. Bien sûr, la responsabilité de la longue solitude de Béatrice me revient. Mais, mon intention n’était certainement pas de forcer le malheur sur cette enfant. J’espère que tu comprends.” Subaru : “Ghg…” Recevant les objections d’Echidna, Subaru hésita à éclater de colère. Les mots de la sorcière étaient corrects. En fin de compte, quand il blâmait Echidna, il ne faisait que déplacer la responsabilité de ce qu’il ne pouvait pas faire lui-même. Subaru : “Au final, qui était Cette Personne ?” “Echidna : À mon grand regret, je ne peux pas laisser cela sortir de ma bouche. Puisque les Archives Interdites sont perdues, en discuter n’aurait aucun sens. Même si nous découvrions qui c’est, il ne le saurait plus.” Subaru : “Il… donc c’est un homme ?” “Echidna : ――Est-ce que ma langue a fourché ? Cependant, tous les moyens de le trouver ont disparu maintenant. En premier lieu, si tu le trouvais, que ferais-tu ? Tu laisserais Béatrice le voir ? Ou as-tu l’intention de lui infliger une sanction ? Dans ce cas, en vertu de quel crime. Le concerné ne serait certainement pas au courant, un crime qui
n’existe pas ne peut être sanctionné. De plus, ce n’est pas comme si tu en avais le temps.” Les tactiques de conversation d’Echidna étaient irréfutables, ce qui amena Subaru à claquer la langue. En fait, tout ce qui avait été dit par la sorcière était probablement correct. Il n’avait pas trouvé d’erreurs. Il ne pouvait pas les juger. Subaru n’avait pas le temps de faire une telle chose. “Echidna : Béatrice a vraiment passé ce temps à s’apitoyer. Mais, cela ne veut pas dire que l’avenir restera ainsi, et rien n’indique que nous devrions penser ainsi. C’est inattendu, c’est exactement comme tu l’as dit.” Subaru : “…” “Echidna : Même si elle est dévastée par le regret en ce moment, il viendra un jour où cet enfant sera libéré. À ce moment-là, quelqu’un viendra accepter cet enfant. Peut-être que cette personne est toi, peut-être que cette personne ne l’est pas. C’est la possibilité que la vie offre.” C’était du sophisme. C’était simplement une façade de bienveillance. Mais, c’était sans doute aussi de l’espoir. Cela ressemblait à de la cajolerie de la part d’Echidna, mais s’il y avait cette possibilité, Subaru n’avait d’autre choix que de la croire. Ainsi, la sorcière avec laquelle il était sous contrat, même s’il voyait clairement qu’elle le cajolait, il ne pouvait pas nier ce qu’elle disait. Il ne pouvait que s’accrocher à elle, compter sur elle. Sa présence constante était son seul complice, empêchant Subaru d’oublier ses péchés. Subaru : “Comme des lignes parallèles.” “Echidna : Ah, comme des lignes parallèles en effet.” En fin de compte, terminer ainsi leur conversation, était la manière de Subaru et Echidna d’affronter leurs péchés. Ils avaient confié leur espoir
en l’avenir, croyant aux voies du possible, attendant l’arrivée du jour idéal. Peu importait le nombre de chances qu’il avait, Subaru s’était toujours retrouvé à cet endroit. Il avait traîné la désespérée Béatrice alors qu’elle tentait de rester dans le manoir en flammes. Même si elle avait perdu sa Bibliothèque Interdite, même si chaque jour elle était confrontée à des larmes incessantes ; il avait quand même voulu qu’elle vive. Même avec des essais et des erreurs répétés dans plusieurs milliers de répétitions de ce monde, Subaru n’avait pas trouvé le moyen de sauver Béatrice sans laisser personne mourir. Ainsi, s’accrochant à l’espoir, il avait continué à avancer envers et contre tout, contre vents et marées. Je les ai sauvés, je les ai sauvés. Aujourd’hui encore, il faisait de ces mots sa motivation pour l’avenir ; il voulait que l’espoir fleurisse. PocketPaper · 06 – THE PUPPET MASTER ??? : “Oh laaaa laaaa ! Mais si ce n’est pas Subaru-saaaaaaama ! Revenez-vous d’une visite auprès de Béatrice ?” Subaru : “……………….” Soudain, il entendit une voix venant de derrière lui alors qu’il marchait le long du couloir. Subaru s’arrêta après une rapide réflexion. Il réalisa immédiatement à qui appartenait cette voix de par le ton de cette dernière. C’est à cause de ça qu’il regrettait de s’être arrêté, mais il ne pouvait plus l’ignorer, car il ne marchait déjà plus. Il se tourna alors avec réticence, l’autre silhouette se tenait tranquillement, directement derrière Subaru. Subaru : “Est-ce que c’est toi, Roswaal ?” Roswaal : “Mhhm. C’est bien moi. Bien le bonjour. Comment allait Béatrice aujourd’hui ?”
Subaru : “Ça faisait longtemps qu’elle ne m’avait pas traité de manière si hautaine. Bon, j’anticipe un certain progrès.” Roswaal : “Je vois. …On dirait que vous avez pris un saaaaaaacré coup, au passage ?” Roswaal plissa ses yeux de différentes couleurs quand il reçut la réponse sans conviction de Subaru. Il observait son visage et son cou. Sur eux, se trouvaient les douloureuses blessures que Béatrice lui avait infligé avec ses ongles un court instant auparavant. Roswaal : “Malheureusement, je n’ai jamais été vraiment doué pour traiter les blessures, et je ne vais pas être capable de traiter ces plaies. Ceux qui peuvent utiliser la Magie de Soin sont justes… Béatrice, Garfiel et Émilia-sama.” Subaru : “Il me semble un peu difficile de le demander aux deux premiers. Je pourrais demander à Émilia… bien j’y penserai.” Roswaal : “Si vous lui demandez, je suis sûr qu’elle va définitivement vous soigner. Ou alors, se pourrait-il que vos blessures douloureuses vous apportent un peu de réconfort en ce moment ?” Subaru : “….” En présence du réticent Subaru, chacun des mots discursifs de Roswaal était douloureusement tranchant comme un rasoir. Et plus particulièrement lorsque l’homme prononça ses derniers mots ; Subaru plissa les yeux, et Roswaal haussa les épaules dans une gestuelle clownesque. Le maquillage et la tenue excentrique du clown, l’apparence de Roswaal et son attitude n’avaient en rien changé, mais il était définitivement différent. Derrière la façon dont il s’adressait à Subaru et son attitude à son égard, il y avait un certain respect. Cela constituait pour Roswaal, vis-à-vis de l’existence imprévisible de Natsuki Subaru, la preuve qu’il reconnaissait son utilité.
Roswaal : “Mais, ne vous inquiétez pas pour ça. Si vous mettez votre temps à profit, je suis sûr que vous trouverez une solution ; quelle que soit la méthode, vous vous consacrerez à trouver le moyen optimal. Si votre désir est de sauver le cœur de Béatrice, une telle méthode sera un jour à votre portée. Il n’y a pas besoin de se seeeeentir anxieux.” Subaru : “Plus simple à dire qu’à faire. Il n’y a rien de si commode.” Roswaal : “Vous êtes trop modeste. ――De plus, je ne pense pas que cela soit facile, si ? Mais, ce simple fait n’entache pas vos exploits, c’est tout ce que je disais.” Roswaal fit un éloge des plus complets des accomplissements de Subaru suite à une courbette respectueuse. En réalité, seule Echidna qui avait passé un contrat avec Subaru savait à propos de sa capacité de Mort Réversible. Mais, Roswaal comprenait que cette capacité était similaire à ‘Rembobiner’. Roswaal évaluait ce fait et les exploits du jeune homme ensemble. Comme Echidna n’avait pas de pouvoir concret dans le monde réel, il n’était pas exagéré de dire que Roswaal était celui qui estimait le plus Subaru au sens propre. Roswaal : “Dans la Capitale Royale, dans mon manoir, et encore une fois à la Capitale Royale. Et ensuite, au Sanctuaire, à Pristella. ――Vous avez survécu à ces épreuves sans faute, sans perte. Indiscutables, sont les prouesses de vos exploits. Un jour viendra, où vous réaliserez mon vœu tant désiré, et pour cela, je ferai tout mon possible pour vous soutenir. S’il vous plaît, souvenez-vous en.” Subaru : “Tu es vraiment optimiste. … Ne sois pas si sûr de pouvoir me conserver dans la paume de tes mains.” Roswaal : “Mais, vous avez besoin du sang du dragon. Sans ça, cette fille――Rem ne va jamais se réveiller. D’après cette conclusion, vous avez besoin qu’Émilia-sama devienne reine. Je me trompe ?” Subaru répondit avec un regard vif, et froid à l’expression inquisitrice de Roswaal.
Il s’agissait d’une relation de coopération mutuelle établie sur un terrain houleux, où chacun d’eux connaissait les points sensibles de l’autre. Roswaal atteindrait son but en utilisant la Mort Réversible de Subaru puisqu’il mettait ce dernier dans des situations lui permettant d’y parvenir. Et bien que Subaru connaissait ces intentions, il n’avait pas d’autre choix que de les suivre pour sauver Rem, qui dormait encore. Roswaal : “Ce n’est en aucun cas un mauvais accord. Vous faites vos affaires, je fais les miennes, et de toute façon, nous aurons tous les deux nos désirs qui deviendront réalité. C’est pourquoi nous nous servons l’un de l’autre à cette fin. C’est tout.” Subaru : “….” Roswaal : “Ma force devrait être utile. J’ai dévoué environ quatre-cents ans à attendre ce moment. Et pour moi, votre pouvoir est ce qui m’aidera à accomplir mon souhait… n’est-ce pas ?” Subaru ne pouvait pas émettre d’objection face à la conviction de Roswaal. C’était la réponse qu’il avait donnée lorsqu’il avait découvert la trahison de Roswaal au Sanctuaire. Que ce soit pour le bien de l’Élection Royale, ou comme un moyen de bloquer les entraves à venir, se passer de la présence de Roswaal, était absolument inadmissible. Même s’il projetait juste d’utiliser Subaru pour exaucer ses propres vœux. Subaru : “Si tu étais honnête à propos de tes vraies intentions, et si tu m’avais dit ce que tu voulais, je ne serais pas si têtu, je voudrais même peut-être t’aider.” Roswaal : “Quel dommage, j’ai bien peur que ce ne soit pas possible. Vous n’auriez pas choisi ça.” Afin d’atténuer légèrement le sentiment d’urgence, Roswaal donna son rejet à Subaru, qui avait tenté de l’approcher dans un compromis. Roswaal afficha un sourire ostentatoire au jeune homme qui venait d’entendre ça avec des yeux grands ouverts.
Roswaal : “En prendre conscience serait un désastre, vous devez toujours faire prévaloir votre seule priorité. Tout obstacle, toute raison de trébucher, tout sera jugé, et quoi qu’il en soit pourra être écarté sans arrière pensée. Et si cela est fait, ce sera la fin. Tout cela était déjà décidé, d’où la raison pour laquelle vous êtes devenu ma carte maîtresse.” Subaru : “….” Roswaal : “N’est-ce pas merveilleux ? Je m’occupe de ma part, vous vous occupez de la vôtre, et nous réalisons librement nos souhaits. Si c’est impossible même de cette façon, cela indique simplement que le désir était insuffisant de la part de celui qui ne l’a pas réalisé.” Subaru : “…Ah, il en est ainsi ?” Un dévouement acharné, c’est pourquoi Roswaal avait soutenu le sien, c’était déjà clair. Alors, d’où venait la racine de tout cela, son refus d’en parler honnêtement était aussi ainsi. Avec cela en tête, Subaru mit fin à la conversation avec Roswaal et commença finalement à s’éloigner. Avec une posture qui montrait à quel point Roswaal était détaché de son cœur, celui-ci s’arrêta de marcher,
