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Web Novel • Arc 07

63Chapitre 56B : Le cataclysme des dragons aériens

CHAPITRE 56B – « Le cataclysme des dragons aériens »

――Dès qu’il aperçut la petite fille debout au milieu du panache de fumée, Flop entendit une alarme retentir dans sa tête.

Ce n’était toutefois pas la véritable sonnerie d’alarme qui résonnait dans tout Guaral, mais le tintement de son instinct de survie en tant qu’être vivant. Le bruit était si fort qu’il lui donnait mal à la tête.

À vrai dire, Flop n’avait rien à voir avec Midyam ; c’était un homme incapable de se battre.

Essayer d’entraîner son corps lui avait causé une certaine frustration, et il ne voulait pas minimiser le rôle de sa sœur, qu’elle avait choisi à sa manière après mûre réflexion, lorsqu’elle avait réalisé qu’elle causait en fait de la douleur à son frère en caressant ses blessures.

Par conséquent, il ne possédait ni l’intuition ni le discernement d’un guerrier. Et pourtant――

Flop : “Cette fille ne présage rien de bon.”

Puis, il ravala sa salive amère lorsque la petite fille sortit sa jambe du trou béant causé par l’impact de la chute.

Fille : “――――”

Une jeune fille de petite taille, les pupilles de ses yeux dorés plissées, fixait Flop et les autres d’un regard noir. Elle semblait avoir deux ou trois ans de plus que Schult et Utakata, mais l’atmosphère qu’elle dégageait était comparable à celle de Midyam ou Mizelda――non, encore plus dangereuse.

C’était presque comme celle de l’imposant Général Divin qui avait privé Mizelda de sa jambe.

Flop : “…Rouquin-san, penses-tu pouvoir créer une ouverture ? Je veux au moins permettre à Majordome-kun et à Utakata de s’échapper d’une manière ou d’une autre.”

Celui à qui Flop avait fait cette suggestion à voix basse était Heinkel, également la seule personne qui disposait d’une quelconque force de combat dans cet endroit.

Ayant démontré son talent à l’épée en tuant un dragon aérien, il serait plus que capable d’aider à protéger Utakata et les autres, plutôt que de laisser Flop servir de bouclier humain.

Idéalement, ce serait formidable si Heinkel était assez fort pour vaincre cette petite fille.

Heinkel : “――Hk.”

Flop : “Rouquin-san ?”

Tout en restant sur ses gardes envers la fille, Flop interrogea Heinkel, qui ne répondait pas.

Il hésitait à détourner son regard de la menace qui se trouvait devant lui, mais travailler avec Heinkel était la priorité absolue. Après avoir raffermit sa résolution, Flop jeta un coup d’œil à Heinkel pour l’examiner.

――Les yeux d’Heinkel étaient écarquillés de stupeur, son visage était pâle et couvert de sueur grasse.

Schult : “H-Heinkel-sama ? Vous allez bien ?”

Heinkel : “Uh, ah…”

Flop et Schult remarquèrent presque simultanément le comportement inhabituel d’Heinkel.

Schult exprima clairement son inquiétude pour Heinkel, et les joues du guerrier aux cheveux rouges se figèrent sous l’effet des paroles du jeune homme, tandis qu’un son inarticulé s’échappait de sa gorge.

Il était difficile de dire, en regardant de côté, si cette réaction était due au fait qu’il connaissait l’identité de la fille. Cependant, quelle que soit l’explication, il y avait un fait clair et sans équivoque. C’était――

Fille : “Qu’est-ce qui t’arrive ? Tu as peur ?”

Le regard de la jeune fille qui plissait les yeux était dirigé vers les jambes d’Heinkel qui se tenait là. Ses jambes tremblaient au niveau des deux genoux, à tel point qu’il avait du mal à rester debout.

Ce qui était présent là, évident pour quiconque posait les yeux sur lui, c’était beaucoup de peur et d’inquiétude. En d’autres termes, du désespoir.

Flop : “Hey toi ! Je ne t’ai jamais vue avant, petite dame, ça te dérangerait de discuter un peu avec moi ?!”

Constatant le désespoir d’Heinkel, Flop cria immédiatement cela.

Immédiatement, les épaules d’Heinkel et Schult se crispèrent, et la fille devant eux tourna vers lui un regard plein de suspicion. Son regard seul ne pouvait pas le tuer, mais la sensation oppressante qui s’en dégageait était telle qu’il n’aurait pas été surprenant qu’il en soit ainsi.

Mais Flop rassembla son courage, détendit ses joues et écarta largement les mains, esquissant un sourire.

Flop : “Je m’appelle Flop O’Connell, je suis un humble marchand. Je me trouve dans une situation plutôt difficile et déroutante. Tu sembles en savoir plus que moi à ce sujet, n’est-ce pas ?”

Fille : “――Tu es une victime collatérale ? Alors tu n’as pas de chance.”

Flop : “Eh bien, je ne suis pas habitué à entendre dire que je n’ai pas de chance. Il me manque beaucoup de choses, mais je suis fier de dire que j’ai de la chance. Pourquoi n’aurais-je pas de chance ?”

Fille : “Tu peux tuer tout le monde dans cette ville. C’est ce qu’a dit le vieil homme sénile.”

Flop : “Tout le monde dans la ville.”

La petite fille hocha le menton, répondant en désignant son environnement, ce à quoi Flop répondit par un sourire crispé. Mais, au fond de lui, son état d’esprit était loin de correspondre à celui d’un sourire amer, il était plus paniqué qu’autre chose.

Y aurait-il matière à négociation, étant donné que son objectif était d’anéantir complètement les habitants de la ville ?

Si seulement il pouvait parler au “vieil homme sénile” qui lui avait ordonné de commettre un tel acte.

Flop : “D’après ce que j’ai entendu, le vieil homme sénile semble avoir commis une erreur en te demandant d’anéantir toute la ville. Pourquoi ne vérifies-tu pas cela auprès de tes amis et collègues qui t’accompagnent ?”

Fille : “Les dragons n’ont ni amis ni collègues. Chez eux, il n’y a que leurs semblables et leurs ennemis. ――Toi, tu te moques des dragons, hein ? On dirait que tu ne connais pas la peur.”

Flop : “Me moquer de toi, c’est scandaleux ! Je veux m’entendre avec toi. Pour commencer, je songeais juste à te demander ton nom. Tu n’es pas d’accord ?”

Schult : “O-oui, c’est exact ! J’aimerais aussi connaître votre nom ! Je m’appelle Schult !”

Alors que la fille était sur le point de se mettre en colère, Flop frappa dans ses mains, demandant à ses alliés d’approuver. Schult, profitant de la situation, dit alors son nom en levant la main.

Flop et Schult s’étant présentés, la fille fronça les sourcils de son joli visage et,

??? : “――Madelyn Eschart. Moi, le dragon, je fais partie des Neuf Généraux Divins.”

Heinkel : “Neuf Géné… !”

Sans prétention, la fille――Madelyn, se présenta par son titre, ce qui laissa Heinkel sans voix.

Ses genoux, qui tremblaient depuis leur rencontre, se mirent à trembler encore plus lorsqu’il entendit son titre, qui confirmait sa puissance. C’était un miracle qu’il ne soit pas tombé sur les fesses.

Même Flop était incapable de rire d’Heinkel. L’adversaire d’Heinkel, que Flop considérait comme aussi dangereux qu’un Général Divin, s’était avéré être en réalité un Général Divin.

Et au-delà de cela――

Flop : “――Utakata.”

Tranquillement, Flop remarqua un changement dans la situation, invoquant le nom de la personne qui avait provoqué ce changement.

Utakata, la fille appelée par Flop, tressaillit et se concentra sur Madelyn qui se tenait devant elle. Elle sortit son arc de son dos, prépara une flèche et visa Madelyn.

La distance entre elles était de sept ou huit mètres ; même en tenant compte de ses capacités, elle ne pouvait pas rater son coup.

Si l’on devait qualifier cela d’avantage, ce serait toutefois très loin de la vérité.

Utakata : “Cet ennemi est le chef de la nuée de dragons aériens. Il est identique à ce qu’était Mii auparavant, et à ce qu’est Taa actuellement. Une fois cet ennemi vaincu, le combat sera terminé.”

Schult : “V-vraiment ?”

Flop : “Peut-être que le raisonnement d’Utakata est correct. À moins qu’il n’y ait d’autres Généraux Divins en dehors d’elle.”

Lorsque Flop lui jeta un regard, Madelyn ne réagit pas.

À en juger par son attitude jusqu’à présent, c’était une enfant qui réagissait aux paroles qui lui étaient adressées. Si quelqu’un disait quelque chose de manifestement faux, il était plus naturel qu’elle réagisse d’une manière ou d’une autre.

En d’autres termes, Madelyn menait l’assaut contre la Ville Fortifiée. L’opinion d’Utakata selon laquelle la vaincre forcerait les dragons aériens à se retirer était correcte.

Seulement, ce projet semblait irréalisable.

Madelyn : “Toi, tu es un guerrier. Toi aussi, tu es un guerrier. Toi aussi… Vous ne fuyez pas. Des guerriers.”

Schult : “Hein… Vous parlez de moi ?”

Madelyn : “Oui. Toi aussi, tu es un guerrier.”

Soudainement désigné, les yeux de Schult s’arrondirent après avoir été évalué comme tel.

À la grande surprise de Schult, Madelyn avait désigné Utakata, Flop et lui-même du doigt, les qualifiant de “guerriers”.

Dans la foulée, Madelyn pointa du doigt le dernier, Heinkel――

Madelyn : “Tu n’es pas un guerrier. Même si tu as terrassé un dragon, tu es un lâche.”

Heinkel : “Guh…”

Madelyn : “Dégaine ton épée. Car moi, le dragon, je vais te frapper. À la mesure du poids du sang que tu as versé.”

Tout en disant cela, Madelyn fit lentement un pas vers lui.

Et ainsi, lentement, les pieds de Madelyn parcoururent la distance qui la séparait d’Heinkel, le tueur de dragons aériens, sans se soucier d’être la cible de la flèche d’Utakata.

Utakata : “――Touche-la !”

En même temps que cette déclaration d’intention, Utakata décocha une flèche, visant la poitrine de Madelyn. Elle vola droit vers elle, mais fut interceptée entre deux doigts de la main levée de celle-ci.

Madelyn ne jeta même pas un regard à Utakata. Son regard était rivé sur Heinkel.

Flop : “Rouquin-san !”

Schult : “Heinkel-sama !”

Conscient du danger, Flop hurla et Schult tenta de tirer Heinkel par le bras. Malheureusement, Schult n’avait pas assez de force pour faire bouger Heinkel.

À la place, face à Madelyn qui s’approchait de lui, Heinkel s’éclaircit la gorge et repoussa le bras de Schult qui tentait de l’éloigner.

Schult tomba sur les fesses ; Heinkel serra ses molaires.

Heinkel : “Oh, ohhh… !”

La main qui tenait l’épée d’Heinkel était crispée, empreinte de force. Ses joues devinrent rouge vif tandis qu’il serrait les mâchoires, le sang pulsant dans son corps pour tenter de dissiper la peur qui faisait trembler ses jambes.

Malgré cela, Madelyn ne s’arrêta pas et continua à réduire la distance qui la séparait d’Heinkel.

Comparée à un dragon aérien, cette petite fille était d’une taille infiniment plus petite.

Face à l’enfant frêle qui s’approchait, Heinkel porta un coup avec son épée――

Heinkel : “――Oh.”

Dans un cliquetis aigu, l’épée tomba de la main tremblante d’Heinkel.

Au moment où il s’apprêtait à déployer toute l’étendue de sa technique à l’épée, il fut incapable de lever le bras et lâcha son arme. Et――

Madelyn : “Après tout, tu n’es pas un guerrier.”

Les paroles méprisantes de Madelyn furent accompagnées d’un coup de poing asséné dans les côtes d’Heinkel.

Le coup frappa le corps robuste d’Heinkel, et avec une force prodigieuse, le guerrier aux cheveux rouges fut projeté sur le côté. Son corps tout entier heurta violemment un bâtiment en pierre, fissurant le mur et y laissant l’empreinte de son corps.

Le coup, ce seul coup, fit rouler les yeux d’Heinkel vers l’arrière de sa tête, produisant également un vent violent.

Bien qu’elle ait asséné un coup de poing qui avait produit un bruit assourdissant, dont la puissance n’était pas inférieure à celle des rochers lancés à plusieurs reprises par les dragons aériens sur la ville, la colère de Madelyn ne s’était pas apaisée.

Heinkel : “Kah !”

Alors qu’Heinkel s’effondrait en avant, l’autre poing de Madelyn s’écrasa sur son nez. L’arrière de sa tête heurta violemment le mur, et alors qu’il rebondissait, un coup de pied de la fille lui martela le torse.

Le choc le traversa, provoquant l’effondrement retentissant de la maison derrière lui, exposée à cette puissance destructrice. Saisissant la jambe d’Heinkel alors qu’elle était engloutie dans un nuage de fumée, Madelyn le jeta brutalement dans la direction opposée.

Le corps de Heinkel roula et culbuta violemment lorsqu’il retomba sur le sol de la rue. Le bâtiment situé en face de la maison qui venait de s’effondrer lui offrit un accueil chaleureux.

Les vitres volèrent en éclats sous le choc, et les débris éparpillés s’abattirent sur Heinkel comme la pluie. Heinkel, tombé à terre, ne bougea même pas alors que les débris lui infligeaient de fines coupures sur tout le corps.

Flop : “――――”

S’il s’agissait de Flop, cette attaque aurait été fatale.

À part Flop, la plupart des personnes auraient trouvé la mort lors de cet assaut. Nul ne savait si Heinkel était mort ou vivant, après avoir essuyé une série d’attaques auxquelles même Midyam n’aurait peut-être pas survécu.

Mais Madelyn, dont le métier était de se battre, ne pouvait accepter une issue aussi peu convaincante.

Madelyn : “Mauviette.”

Murmurant d’une voix qui ne dissimulait aucun mépris, Madelyn porta la main vers son dos. Elle défit l’attache du sac qu’elle portait en bandoulière et, l’instant d’après, l’objet qu’il contenait se déploya dans un bruit sec.

C’était une lame acérée repliée sur elle-même, une arme de grande taille dont la forme évoquait une paire de ciseaux largement ouverte. Flop se souvenait avoir vu quelque chose de semblable chez des peuples nomades parcourant les vastes prairies, lors de leurs chasses.

On appelait cela une “Lame Ailée” : maniée par un expert, c’était une arme de jet capable de tournoyer sur plusieurs dizaines de mètres avant de revenir dans la main de son lanceur, en décrivant une rotation.

En revanche, l’arme de Madelyn était aussi grande qu’elle était petite, une arme tranchante dotée d’une poignée spéciale qui pouvait être utilisée à d’autres fins que le lancer.

Dépourvue de pitié, elle la dirigea vers Heinkel qui gisait au sol, après avoir été battu à mains nues. S’il venait à être frappé par cette arme, il ne resterait assurément aucune trace de lui.

Flop : “Veux-tu bien t’arrêter, Mademoiselle Madelyn ? Je comprends ta rage. Je sais à quel point tu dois être en colère après la mort de tes amis. Mais quand quelqu’un est attaqué, il n’a pas d’autre choix que de riposter.”

Se mordant la lèvre pour se donner du courage, Flop adressa ces mots à Madelyn qui lui tournait le dos. Avec la Lame Ailée à la main, elle se retourna et répondit à Flop : “Ne te méprends pas”.

Madelyn : “Les dragons sont les plus formidables créatures au monde. Si vous vous en prenez à eux, vous méritez d’être exterminés. De plus…”

Flop : “De plus ?”

Madelyn : “Je me demande s’il est possible de tolérer l’action d’un tel lâche ?”

Les yeux dorés de Madelyn tremblaient de colère, et Flop comprit la raison de son irritation.

Naturellement, elle était en colère à cause du meurtre du dragon aérien qui l’accompagnait, mais le fait que celui qui avait commis cet acte, Heinkel, était incapable de se battre, après avoir lâché son épée, était encore plus significatif.

Elle était furieuse que son compagnon ait été terrassé par quelqu’un d’aussi insignifiant.

C’était une insulte non seulement envers Heinkel, mais aussi envers la vie du dragon aérien qu’il avait terrassé――

Flop : “Uwah !”

Utakata : “Uh !”

Un instant plus tard, Madelyn donna un coup de pied dans un caillou sur le sol pour empêcher Flop de bouger. Le caillou frappa Flop, qui s’apprêtait à agir, et Utakata, qui s’apprêtait à encocher sa prochaine flèche, touchant respectivement leurs jambes et leurs bras, ce qui les empêcha d’agir.

Pendant ce temps, Madelyn leva sa Lame Ailée afin d’éliminer Heinkel sous ses yeux. Mais――

Schult : “N-non, je vous en prie, ne faites pas ça――!”

Contrairement aux deux autres qui avaient été touchés par des cailloux, Schult, qui s’était tenu à l’écart par mesure de précaution, s’était précipité entre eux dans un élan désespéré. Le jeune garçon avait tendu les bras et s’était interposé entre Madelyn et Heinkel.

Le petit corps de Schult protégeait Heinkel, un abri bien trop fragile pour résister à la tempête qui approchait.

Mais Madelyn n’avait pas la gentillesse de se retenir, voyant l’imprudence du garçon.

Madelyn : “Personne n’allait te laisser vivre de toute façon.”

Madelyn plissa les yeux et enfonça la Lame Ailée dans le crâne de Schult.


??? : “――Rem ! Tu vas bien ?!”

En criant cela, une femme mince ouvrit la grande porte et se précipita dans le manoir.

Rem, qui courait dans le couloir, regarda dans la direction d’où venait cette voix familière et répondit “Oui !”.

Rem : “Kuna-san ! Et Holly-san.”

Holly : “Je suis soulagée que tu ailles bien~ ! La ville entière est déjà complètement sens dessus dessous~ !”

En entendant les voix de ces deux personnes, les yeux de Rem se détendirent légèrement,

Rem : “Je suis contente que vous alliez bien toutes les deux. Vous êtes blessées ?”

Kuna : “Nous allons bien, pour l’instant. Seulement…”

Holly : “…Tout le monde est déjà tellement épuisé~.”

Le ton de leur voix s’affaiblissant, elles regardèrent autour d’elles dans le hall où Rem avait couru, et exprimèrent leurs pensées.

Autour d’elles, les habitants qui avaient été blessés et meurtris dans le chaos qui avait éclaté dans la ville étaient amenés en masse. L’endroit ressemblait à un hôpital de campagne, où des volontaires aidaient à soigner tout le monde.

Si la blessure était superficielle, elle pouvait être recousue et bandée. Cependant, si la blessure était profonde et mettait la vie en danger――

Rem : “Je dois faire quelque chose…”

Se mordant fermement la lèvre, Rem serra les poings.

Sa main droite, opposée à la canne, était déjà maculée de sang qui n’était pas celui de Rem. Elle avait beau frotter, le sang sur sa main avait séché depuis trop longtemps.

Peu après que Rem et Priscilla aient aperçu la nuée de dragons aériens depuis le balcon de la salle de bain, les points noirs qui approchaient au loin s’étaient rapidement transformés en une menace, déclenchant une attaque contre la ville.

Certains dragons aériens lançaient de grosses pierres depuis le ciel, tandis que d’autres se livraient à une chasse cruelle, attrapant les fugitifs au sol pour les laisser ensuite tomber d’une grande hauteur.

Les citoyens qui n’avaient pas la force de lutter contre l’une ou l’autre de ces attaques n’étaient rien d’autre que des proies faciles.

Exposés à un tel danger, les habitants s’étaient précipités ici pour trouver refuge et se faire soigner ; c’était la raison derrière la misère qui régnait actuellement dans le manoir.

On pourrait penser que Priscilla serait très contrariée par de tels événements, et pourtant――

Priscilla : “Pour commencer, le manoir a été réquisitionné afin de mettre le précieux guérisseur en sécurité dans un endroit sûr. Zikr et les autres ont également reçu l’ordre d’escorter les blessés.”

Rem : “V-vraiment… ?!”

Priscilla : “Quoi, tu croyais vraiment que j’avais pris possession du manoir uniquement pour ses bains ? La vraie raison tient à ses bains et à sa superficie.”

Il convenait donc de souligner qu’un tel échange avait déjà eu lieu auparavant.

Quoi qu’il en soit, Priscilla avait autorisé les blessés à entrer dans le manoir. Apparemment, Zikr, Mizelda et d’autres personnalités importantes de la ville en avaient été informés.

Rem : “Alors, je ne sais pas pourquoi on ne m’en a rien dit, étant donné que c’est l’aspect le plus important, mais… !”

Comme elle estimait qu’il était impossible d’obtenir une réponse satisfaisante, Rem n’insista pas davantage.

Avant tout, Rem n’avait pas le temps de s’inquiéter des espiègleries enfantines de Priscilla. Après tout, les blessés qui avaient besoin de son aide arrivaient les uns après les autres.

Rem : “Kuna-san et Holly-san, vous êtes toutes les deux…”

Holly : “La cheffe… Ah ! Plus maintenant~ ! L’ancienne cheffe Mizelda l’a dit~ !”

Kuna : “Plus il y aura de morts, plus le moral baissera. Nous ne voulons pas que le nombre de combattants diminue, c’est pourquoi nous sommes les gardes de Rem. Mais ceci mis à part…”

Interrompant sa phrase, Kuna plissa ses yeux en amande. Rem se raidit devant son regard perçant, tandis que Kuna désignait du menton les blessés dans le manoir.

Kuna : “Où est cette princesse qui prenait soin de toi ? Ne me dis pas qu’elle se détend dans sa chambre alors que tout ce chaos règne ici ?”

Holly : “Si c’est le cas, elle a vraiment le sommeil profond~. Je suis pareille, mais même si je dormais profondément et que j’avais le ventre plein, je me réveillerais avec autant de bruit~.”

Face aux questions du duo, dont le ton variait subtilement en intensité, Rem secoua la tête.

De toute évidence, Priscilla avait une personnalité égocentrique et arrogante, et il était compréhensible que les deux femmes s’inquiètent de son caractère capricieux.

Rem : “Étonnamment, Priscilla-san est une personne très fiable.”

Et immédiatement après le commentaire de Rem sur l’absence de Priscilla,

??? : “――Kiryararahhh !!”

Un son aigu, semblable à celui d’un vent violent soufflant entre les bâtiments, retentit dans la cour avant du manoir.

Soulevant un énorme nuage de poussière en raclant la pelouse, se trouvait le corps massif d’un dragon ailé qui venait de rater son atterrissage depuis les airs. Avec une envergure totale d’environ quatre mètres, le dragon aérien avait atterri de manière peu gracieuse, comme s’il venait de voler pour la première fois.

Mais c’était tout à fait naturel.

Les manœuvres d’atterrissage de base qui auraient normalement été fondées sur l’expérience et l’instinct n’auraient pas pu être démontrées de manière satisfaisante, étant donné que sa tête avait été fracassée.

À ce moment-là, juste à côté du cadavre écrasé du dragon aérien, une silhouette atterrit du ciel. Une magnifique femme, l’ourlet de sa robe rouge flottant au vent, une épée cramoisie incrustée de pierres précieuses à la main――Priscilla.

Priscilla : “Tu m’as utilisée comme garde. Cette dette te coûtera cher, Rem.”

Rem : “Merci beaucoup. Je vais vous laver les cheveux en signe de ma sincère gratitude.”

Priscilla : “Quelle audace de ta part, d’essayer de t’en tirer avec une telle chose. Je vais te le permettre. J’en suis ravie.”

Priscilla répondit à Rem par une réponse belliqueuse, prononcée depuis l’embrasure de la porte ouverte.

Elle avait pleinement exploité ses capacités physiques extraordinaires pour abattre et repousser les dragons aériens qui s’étaient élancés vers le manoir.

Témoins directs de cette scène, Kuna et Holly, sans surprise, ne purent cacher leur étonnement.

Pour une raison quelconque, Rem ressentit une petite fierté face aux réactions de ces deux-là. Toutefois, Priscilla, qui affrontait les dragons, n’était pas tout à fait exempte d’inquiétude.

La raison principale résidait dans la magnifique épée sertie de pierres précieuses rouges qu’elle brandissait dans sa main――

Rem : “Priscilla-san, comment va votre Épée Yang… ?”

Priscilla : “Comme tu peux le voir, le soleil s’est assombri. Pour l’instant, ce n’est qu’un objet contondant qui ne peut être qualifié d’épée. Bien que…”

Après avoir révélé que quelque chose n’allait pas avec l’Épée Yang, Priscilla se retourna.

À cet instant, un dragon aérien fondit sur Priscilla, sa gueule ouverte hérissée de crocs voraces visant son dos. Priscilla enfonça sans pitié l’Épée Yang, aussi émoussée soit-elle, dans la gueule du dragon.

Les crocs se brisèrent lorsque la pointe de l’Épée Yang transperça la gorge du dragon avec une force brutale, le tuant sur le coup.

Priscilla : “Devant moi, un dragon ailé ne vaut rien, même avec un objet contondant qui ne peut pas couper.”

Avec un mouvement de son épée, Priscilla projeta le cadavre du dragon au bord du jardin. Après s’être facilement débarrassée de la menace, elle se retourna et remarqua Kuna et Holly debout à côté de Rem.

Priscilla : “Des Shudraquiens, c’est ça. Je suppose que vous êtes venus pour protéger Rem.”

Rem : “Priscilla-san, elles sont venues toutes les deux pour aider les blessés…”

Priscilla : “Ne perds pas de vue la réalité à cause d’idéaux romantiques. À quoi servent les blessés sur un champ de bataille ? Qui est le plus précieux ici ? Mis à part moi, c’est toi.”

Rem : “――Hk !”

Rem eut la gorge serrée face à la réplique cinglante de Priscilla. Kuna acquiesça d’un signe de tête pour approuver l’évaluation impitoyable de Priscilla : “C’est vrai”.

Kuna : “Notre rôle est de protéger Rem. Et le rôle de Rem est…”

Holly : “De minimiser autant que possible le nombre de pertes~ !”

Les paroles étouffées de Kuna furent renforcées par la remarque enjouée d’Holly.

Brûlée par leurs paroles et par le regard de Priscilla, Rem se réprimanda. La veille encore, Rem s’était apitoyée sur son sort, car elle n’occupait pas une position suffisamment importante.

Elle ne pouvait plus être complaisante à l’égard de sa position. Par-dessus tout, Rem elle-même l’avait souhaité.

Rem : “Je vais me battre à ma manière. Kuna, Holly, merci beaucoup !”

Kuna : “Oh !”

Holly : “C’est toi qui commandes~ !”

Kuna et Holly acquiescèrent, répondant à la détermination de Rem par des sourires encourageants.

Alors que les deux accordaient le salut à ses sentiments, Rem regarda Priscilla. Elle avait défendu le manoir jusqu’à ce que des gardes capables de protéger Rem arrivent――

Rem : “Vous partez, n’est-ce pas ?”

Priscilla : “Il me semble qu’il y a de nombreuses situations dans lesquelles vous ne pourrez pas tenir sans moi. Zikr saura compenser le manque de force, mais il ne pourra pas résister à la force principale de l’ennemi.”

Rem : “La force principale de l’ennemi étant…”

Priscilla : “――Naturellement, il s’agit d’un Général Divin.”

Rem déglutit, tandis que Priscilla répondait, un œil fermé.

L’existence des Neuf Généraux Divins était un facteur déterminant qui influençait le cours de la guerre dans l’Empire. Afin d’en recruter le plus grand nombre possible, Subaru, Abel et les autres s’étaient mis en route pour Chaosflame.

Néanmoins, le fait que l’un des Neuf Généraux Divins attaquait cette ville n’était pas une coïncidence.

Priscilla : “Il est évident que c’est l’œuvre d’un membre du camp adverse. La situation d’Abel semble de plus en plus compromise. Comment a-t-il pu construire quelque chose sur des fondations aussi fragiles ?”

Rem : “Je ne peux rien dire à ce sujet, car je ne sais pas grand-chose sur la façon dont Abel travaille. Cela dit, je suis sûre que ça a dû être très difficile pour son entourage…”

Même si Rem avait beaucoup de réserves à l’égard de Subaru, elle ne trouvait pas non plus l’attitude d’Abel très louable. Abel, qui se distinguait par son comportement arrogant dû à son intelligence, sa clairvoyance et sa capacité à analyser les situations, était un adversaire difficile pour Rem, qui n’avait aucun souvenir sur lequel s’appuyer.

Étant au sommet du pays, il devait être entouré d’un grand nombre de personnes. Il était très improbable que toutes aient accepté ses idées et lui aient obéi facilement.

Voilà pourquoi une rébellion avait éclaté. Cependant――

Rem : “Malgré tout, permettre quelque chose d’aussi terrible à cause de ça… !”

Rem, qui s’était construite sur des bases fragiles, fit appel à Priscilla par son regard.

Priscilla poussa un ricanement, accompagné d’un sourire, en réponse à l’exclamation de Rem, comme si elle savait ce qu’elle pensait. Alors que Rem écarquillait les yeux en réaction, Priscilla se détourna, le sourire disparaissant comme s’il n’avait jamais existé.

Priscilla : “Cette nuée de dragons aériens ne peut s’expliquer par l’apprivoisement de dragons. Ce Général de Première Classe a dû émerger durant mon absence. Si ce que Serena a dit est vrai, l’une de ses camarades est devenue la Commandante Dragon.”

Rem : “Sans aucun doute, le Neuvième… Cette personne devrait se trouver quelque part dans la ville…”

Priscilla : “――L’hôtel de ville.”

Rem : “――――”

Priscilla : “Si l’ennemi n’est pas trop stupide, c’est là qu’il se dirigera. Après tout, il dispose d’un chemin direct pour y parvenir, en fendant les cieux. Rien ne justifie qu’il néglige le poste de commandement.”

Les pensées de Rem s’embrouillèrent un instant face à l’évidence d’une telle remarque.

Néanmoins, dès que ces mots lui parvinrent à l’esprit, elle fut immédiatement frappée par l’urgence de la situation. L’attitude calme et nonchalante de Priscilla poussa Rem au bord de la panique.

Rem : “N-n’est-ce pas une situation critique si le poste de commandement est attaqué ?! Priscilla-san ?!”

Priscilla : “Imbécile. Aussi grassouillet soit-il, Zikr reste un Général de l’Empire. Il ne périra pas aussi facilement, et il n’est pas assez stupide pour garder à ses côtés ceux qui ne sont pas capables de se battre.”

Rem : “C’est… Ah. En parlant de ceux qui ne peuvent pas se battre, Schult-san !”

En repensant au garçon qui avait quitté le manoir avant que Priscilla et Rem ne prennent leur bain, Rem se sentit anxieuse.

Travailleur mais maladroit, Schult était un garçon qui n’avait pas plus de pouvoir que ceux qui avaient besoin de l’aide de Rem.

Si seulement il avait quelqu’un, un adulte sur qui il pouvait compter, avec qui il pourrait s’associer, mais dans le cas contraire――

Rem : “Priscilla-san, vite, dépêchez-vous !”

Priscilla : “La moindre des choses serait de prier avec ferveur pour ma sécurité. En fait, tu n’as pas besoin d’être impatiente, Schult ne mourra pas aussi facilement.”

Rem : “Hein… ?”

En répondant avec désinvolture, Priscilla ricana en direction de Rem, qui faisait des signes impatients de la main.

Rem fronça les sourcils, ne comprenant pas le sens des paroles de Priscilla. Kuna et Holly, naturellement, n’en avaient aucune idée non plus, leurs visages exprimant leur confusion vis-à-vis de l’apparence de cet enfant.

Comment pouvait-elle être certaine que Schult, dont les seules armes étaient son charme et son assiduité, serait en sécurité ?

Face au regard sceptique de Rem et des autres, Priscilla posa sa main sur la porte du manoir, les empêchant ainsi d’être exposés à l’assaut des dragons aériens.

Priscilla : “――Parce qu’avec son charme et sa dévotion, il a gagné ma faveur.”

Et sur cette réponse, la porte du manoir se referma.


Un bruit sourd et violent retentit, et Flop sentit son âme se briser sous le poids de sa propre impuissance.

La douleur causée par le caillou l’avait arrêté net, une tragédie qui ne lui permettait même pas de tendre la main.

Il souhaitait fermer les yeux, détourner le regard de cette fin tragique, mais il ne le fit pas. Il estimait que cela reviendrait à fuir ses responsabilités, à fuir son impuissance, son incapacité à agir.

Tout du moins, il devait lui-même vérifier le résultat de ce qu’il avait fait et de ce qu’il n’avait pas pu faire.

Avec une détermination aussi modeste, Flop refusa de détourner le regard. Et puis――

Madelyn : “Qu’est-ce que tu es ?”

Madelyn abattit la Lame Ailée qu’elle tenait à la main, avec l’intention de taillader sa proie en deux avec son tranchant acéré.

Sans aucun doute, elle avait tenté de couper les deux simultanément, le disgracieux Heinkel et Schult, qui essayait de le protéger. Ce n’était pas comme si elle s’était arrêtée à mi-chemin de son attaque. Et pourtant――

Schult : “Uhh, uhhh… !”

Serrant les dents avec un gémissement, Schult couvrit Heinkel qui était au sol.

Son corps n’avait été ni déchiré ni écrasé. Toutefois, le coup porté par Madelyn aurait dû l’atteindre en plein dans l’arrière de la tête, la lui fracassant.

En fait, Flop avait vu le coup de ses propres yeux et avait entendu son bruit sourd.

Néanmoins, seul un bruit sourd avait résonné.

Madelyn : “――?”

Madelyn pencha la tête, ses yeux curieux allants et venants sans cesse entre son arme et l’arrière de la tête de Schult. La tête toujours inclinée, Madelyn abattit une nouvelle fois la Lame Ailée sur Schult.

Une fois, deux fois, trois fois, quatre fois, encore et encore, à un rythme effréné――

Schult : “Non, non, arrêtez, s’il vous plaît ! Ça fait mal !”

Madelyn : “C’est étrange. Moi, le dragon, j’avais l’intention de tuer. Pourquoi ne meurs-tu pas ?”

Flop : “C’est… Peut-être que ta réticence à tuer quelqu’un te pousse à relâcher ta main juste avant que l’arme ne frappe… Guah !”

Madelyn : “Ne te moque pas de ce dragon !”

Se lamentant de ne rien comprendre, Madelyn dirigea sa colère vers Flop.

Elle envoya une pierre plus grosse que celle qu’elle avait utilisée précédemment pour arrêter Flop dans son élan, et celle-ci le toucha en plein dans la poitrine, le renversant sur le dos.

Son sternum craqua sous la force de l’impact, empêchant Flop de respirer correctement. Cependant――

Schult : “A-aïe, ça fait mal…”

C’était un fait que Schult, frappé à plusieurs reprises par la lame tranchante, grognait de douleur, mais ne mourait pas. Cet événement bizarre finit par provoquer une explosion de colère chez Madelyn.

Alors que sa main agrippait les cheveux couleur pêche de Schult pour soulever son corps, Madelyn serra les dents. Puis,

Madelyn : “Toi, que diable caches-tu… ?”

Schult : “~~Hk !”

Alors qu’il était hissé vers le haut, Schult hurla de douleur. Mais la réaction de Madelyn, qui dirigeait vers lui son regard furieux, dépassa la sienne.

Les yeux dorés de Madelyn s’écarquillèrent, ses lèvres tremblant d’une rage contenue. Flop, les yeux remplis de larmes, parvint néanmoins à comprendre ce qui avait provoqué une telle réaction chez elle.

Un changement radical dans l’apparence de Schult s’était produit. Ce changement était――

Utakata : “Les yeux de Schult, ils brûlent.”

Utakata, témoin de la même scène, l’avait décrite de manière succincte et précise.

À première vue, ce qu’Utakata avait souligné n’avait aucun sens, mais il n’existait pas de meilleure façon de décrire ce qui se passait. Du point de vue de Flop, c’était exactement comme elle l’avait décrit.

C’était quelque chose de très inhabituel ; dans les deux yeux rouges de Schult, une flamme vacillante brûlait.

Schult : “Eh, eh, eh…”

Toutefois, celui qui faisait l’objet des discussions, Schult, n’en avait pas conscience. Il cligna des yeux, son visage exprimant son incompréhension face aux réactions des personnes qui l’entouraient. Son regard errant finit par se poser sur son propre visage reflété dans la Lame Ailée qui l’avait frappé, et il comprit alors ce qui avait attiré l’attention de tout le monde.

Les traits de Schult, reflétés dans cette lame incurvée, semblaient déformés, mais il pouvait clairement voir le feu brûler dans ses yeux.

Schult : “Q-qu’est-ce que c’est ? Ça brûle ! Ah ! Ça ne brûle pas !”

Tout en passant sa main sur son visage, Schult exprima son incapacité à sentir les flammes.

Même si son visage ne semblait pas avoir pris feu spontanément, la cause de l’incendie restait inexplicable. Toutefois, seuls Flop et ses compagnons s’interrogeaient sur la signification de ces flammes.

En examinant le visage de Schult, Madelyn sentit ses joues se crisper de stupéfaction lorsqu’elle reconnut la flamme qui brûlait dans les deux yeux de l’enfant.

En conséquence, elle exprima ses soupçons.

Madelyn : “Toi… ne me dis pas que tu es apparenté à cette renarde ?!”

Schult : “Renarde…”

Flop : “Hein ?”

Utakata : “――?”

Agitée, Madelyn cligna des yeux, car ces trois personnes n’avaient aucune idée de ce dont elle parlait.

Sans avoir la présence d’esprit nécessaire pour remarquer que sa voix allait se briser juste avant qu’elle ne le fasse réellement, elle fut submergée par une forte surprise et une grande confusion, et fixa Schult du regard.

La main qui le tenait lâcha prise, et le garçon, tombant en avant avec un “Wah !”, s’écroula au sol. Madelyn se propulsa avec force devant le garçon, qui couvrait à nouveau Heinkel.

Madelyn : “――――”

D’un seul bond, Madelyn s’éleva dans les airs au-dessus de la rue.

Sa brusquerie et sa vitesse donnèrent l’impression à Flop qu’elle avait tout simplement disparu. Néanmoins, le sol sur lequel elle avait posé le pied s’effondra violemment et, de surcroît, le bâtiment qu’elle avait utilisé comme point d’appui pour accélérer son mouvement s’écroula.

Madelyn, s’étant ainsi élevée haut dans les airs, brandit de toutes ses forces la Lame Ailée à deux mains.

Madelyn : “Tu te mets encore en travers de mon chemin… De celui du dragon… ! Disparais, ESPÈCE DE PARASITE――!!”

Cette voix de protestation résonna dans les airs, et la Lame Ailée s’abattit, fonçant furieusement vers le sol.

Son principe était le même que celui utilisé par les dragons aériens pour lancer leurs pierres, mais la force derrière la lame prête à frapper était bien plus grande. Contrairement aux gros rochers lancés sans précision, cette lame visait à couper le corps de Schult en deux.

Selon une logique sous-jacente, le corps de Schult était devenu robuste.

Cependant, être frappé à plusieurs reprises faisait toujours crier Schult de douleur. Cela signifiait donc que son corps n’était pas devenu insensible à l’impact de ses coups.

De surcroît, quelle que soit la robustesse de son corps, un enfant continuerait à crier s’il souffrait――

Flop : “Si je ne fais rien, Midyam va m’en vouloir.”

En supportant la douleur de sa poitrine qui craquait, Flop se précipita vers Schult.

Il ne savait pas à quel point son corps pourrait servir de bouclier face à cette attaque. Mais s’il pouvait atténuer ne serait-ce qu’un tout petit peu l’impact, sauvant ainsi Schult, il serait satisfait.

N’ayant plus le temps de réfléchir, Flop s’exposa à la menace que représentait la Lame Ailée.

??? : “――Bon travail.”

Sans en connaître la raison, il entendit clairement cette voix, même si elle n’était pas forte ; il y eut un fracas, et l’impact des coups violents et mutuels produisit une lumière qui brûla les yeux de Flop.

Flop : “――――”

Cette lueur provenait d’une lame rouge vif incrustée de pierres précieuses qui s’était heurtée au côté de la Lame Ailée qui tournoyait rapidement et qui approchait depuis le ciel.

Une lumière cramoisie jaillit silencieusement, et Flop eut la fausse impression que tout son corps était enveloppé par le vent.

Une fois cela terminé, ce qui suivit fut le bruit sourd de la chair frappant la chair.

Flop : “――Hk !”

En levant les yeux, il vit une silhouette voler dans les airs en biais, accompagnée d’un cri de douleur, avant de s’écraser contre un bâtiment au sol. Flop réalisa avec un certain retard que c’était le corps de Madelyn qui avait provoqué l’effondrement si violent du bâtiment en pierre.

Celle qui en était responsable était une belle femme vêtue de rouge qui atterrit devant Flop et ses compagnons, à bout de souffle.

Flop : “Princesse-kun !”

Schult : “Priscilla-sama !”

Utakata : “Puu !”

Priscilla : “Ne le savez-vous pas encore ? Ce que vous devez crier dans un moment pareil, ce sont des louanges.”

Tout en brossant tranquillement l’ourlet de sa robe, Priscilla déclara cela.

Alors que la ville était assiégée par les attaques des dragons aériens, et qu’un Général Divin avait même été dépêché sur place, son attitude indomptable et sa façon d’être étaient d’une fiabilité incomparable.

En vérité, elle venait de porter un coup sérieux à Madelyn et, ce faisant, avait sauvé Flop et les autres d’une situation qui mettait leur vie en danger.

Priscilla : “En revanche, j’étais certaine que tu n’aurais pas été retenue dans un endroit comme celui-ci. Je pensais que tu te dirigerais naturellement vers l’hôtel de ville.”

Flop : “Ouais, nous avions du mal à nous décider. Nous nous demandions si nous devions aller au manoir où se trouvent Princesse-kun et Épouse-san, ou à l’hôtel de ville où se trouve Tête-Ronde-kun…”

Priscilla: “Ce n’est pas ça. Je parle de la cible du Général de Première Classe qui a attaqué cette ville.”

D’un mouvement brusque du menton, Priscilla empêcha Flop de continuer, indiquant l’endroit où Madelyn s’était écrasée.

En entendant cela, Flop resta un instant perdu dans ses pensées, mais il rejeta rapidement cette idée, la jugeant sans importance pour le moment. Puis, il appela Priscilla : “Princesse-kun…”.

Flop : “Merci de nous avoir sauvés. Je vais chercher un refuge avec Majordome-kun et Utakata, mais dites-nous où aller, s’il vous plaît. Je dois aussi emmener Rouquin-san avec moi.”

Priscilla : “Ho, tu es donc capable de porter un jugement raisonnable ? Dans ce cas, dirige-toi vers le manoir. Tu y seras plus en sécurité qu’à l’hôtel de ville, qui est la cible de leur attaque. Et…”

Le regard de Priscilla se déplaça vers Heinkel, allongé derrière lui. Priscilla plissa ses yeux cramoisis, puis poussa un léger soupir.

Priscilla : “Libre à toi de laisser cette chose derrière toi. S’il n’est d’aucune utilité, alors il n’en vaut pas la peine.”

Flop : “Hélas, ça ne va pas être possible. Rouquin-san va être un atout précieux une fois qu’il se sera réveillé, et surtout, votre précieux Majordome-kun a beaucoup souffert pour le protéger.”

Priscilla : “――――”

Au son des paroles de Flop, le regard de Priscilla se posa soudainement sur Schult.

Les yeux de Schult se remplirent de larmes, submergé par l’émotion d’avoir été sauvé in extremis par l’arrivée de sa maîtresse. Ses deux yeux brûlaient encore, les larmes et les flammes créant un spectacle saisissant.

Toutefois, Schult n’exprima pas son inquiétude face à la situation étrange dans laquelle il se trouvait ; à la place, il serra la jambe d’Heinkel, à terre,

Schult : “J-je vais porter Heinkel-sama… ! Mais, Priscilla-sama, qu’allez…”

Priscilla : “Il y a encore certaines affaires à régler. Tu comprends certainement.”

Schult : “O-oui. Quelque chose de formidable que seule Priscilla-sama peut mener à bien… !”

Dans quelle mesure la foi de ce garçon courageux, la foi que Schult avait en elle, affectait-elle Priscilla ?

Priscilla, sans changer d’expression, se contenta d’acquiescer silencieusement, acceptant les paroles de Schult. Sans marquer de pause, elle jeta alors un coup d’œil vers la ruelle,

Priscilla : “Évitez la rue principale, prenez les ruelles à côté des grands immeubles. Schult, tu devrais te souvenir du chemin.”

Schult : “Oui ! J’ai parcouru ce chemin tous les jours, avec assiduité !”

Priscilla : “Je te félicite.”

Après avoir brièvement salué ses efforts, Priscilla tourna le dos à Schult.

Son attitude était claire : le temps des bavardages était révolu. L’instinct de Flop lui disait également que rester plus longtemps à cet endroit n’était pas une bonne idée.

S’ils restaient près de Priscilla, en revanche, ils seraient à l’abri de la menace des dragons aériens.

Flop : “Majordome-kun, j’ai besoin que tu nous guides. Je vais m’arranger pour porter Rouquin-san. Quant à Utakata, surveille les rues à notre place. Je suis sûr que tu as l’habitude de chasser, je compte sur toi !”

Schult : “C-compris. Je ferai de mon mieux pour vous montrer le chemin !”

Utakata : “…Uu a compris aussi.”

Utakata, visiblement hésitante à s’enfuir pendant un instant, acquiesça lorsqu’on lui attribua son rôle.

La répartition des rôles était ainsi terminée. Il ne restait plus qu’à――

Flop : “Princesse-kun ! Merci encore une fois !”

Priscilla : “La gratitude ou tout autre sentiment similaire sont inutiles. Seules des paroles élogieuses à mon égard sont requises.”

Le dos tourné vers lui, Priscilla répondit à la gratitude de Flop. Riant devant son attitude franche, il se pencha pour ramasser le corps d’Heinkel.

Grand et bien entraîné, son corps était assez lourd. Heureusement, il avait l’habitude de porter Midyam et de s’enfuir en cas d’urgence. En transportant son corps sur ses deux épaules comme un bagage, il parvenait encore à se déplacer.

Schult : “Nous ne devons pas oublier ceci non plus.”

Et ainsi, Schult ramassa l’épée tombée d’Heinkel, la serrant fermement dans sa main fine.

Sur ce, Flop, Schult et Utakata se regardèrent brièvement et acquiescèrent, avant de courir dans la ruelle, avec le manoir pour destination.

Avant qu’ils ne se soient complètement éloignés, cependant――

Schult : “Priscilla-sama, ce feu, c’était certainement… Merci beaucoup !”

Les yeux grands ouverts et brûlants, Schult exprima sa gratitude envers Priscilla.


――Et ainsi, après que Schult et les autres soient partis bruyamment et précipitamment.

Priscilla : “Schult, et cet homme qui s’est donné le nom de Flop ou quelque chose comme ça. S’il s’est retrouvé dans une situation critique aux côtés de quelqu’un d’utile, alors cet individu possède une chance peu commune.”

Au milieu de la rue déserte, Priscilla murmura doucement ces mots.

Cette remarque ne s’adressait ni à Schult, les yeux brillants, ni à Flop, qui compensait son inaptitude par son tact, ni à Utakata, dont la magnanimité dépassait sa taille, mais à la dernière personne restante.

Il avait survécu à une situation qui aurait définitivement dû le tuer. Ce n’était rien d’autre que la chance du diable. Même si――

Priscilla : “Peut-on vraiment dire qu’un être incapable de mourir lorsqu’il le devrait est béni par la chance ? Voilà qui est discutable.”

Ce n’était pas de la pitié, mais quelque chose qui s’en rapprochait qui avait été inséré dans ces mots.

Cela se fondit dans le vent du champ de bataille, chargé de l’odeur du sang, et disparut, sans que personne ne l’entende. À ce moment-là――

Priscilla : “――――”

Avec un bruit, l’ornement qui agrémentait les cheveux orange de Priscilla se brisa.

Cela ne signifiait pas qu’une partie fragile de la parure de cheveux sertie de pierres précieuses s’était cassée, mais plutôt que toute la parure s’était fissurée et avait volé en éclats d’un seul coup.

Instantanément, les longs cheveux attachés de Priscilla se déployèrent, tombant en cascade dans son dos. Et puis――

Madelyn : “――Tu ne meurs pas non plus ?”

Lentement, une ombre apparut dans la rue, accompagnée du bruit des débris qui volaient.

Il y avait là un être dont le corps tout entier était recouvert de poussière, mais qui semblait néanmoins plein d’énergie――une silhouette avec deux cornes noires qui poussaient sur sa tête, ce qui fit plisser les yeux de Priscilla.

Priscilla : “Une dragonide… D’où a-t-on exhumé pareille antiquité ?”

Madelyn : “Penses-tu pouvoir sous-estimer ce dragon ? Tu ne croyais tout de même pas pouvoir t’en tirer sans rien offrir en échange, si ?”

Montrant les dents à cause des paroles de Priscilla, la fille――Madelyn, plissa les pupilles de ses yeux semblables à ceux d’un dragon.

Alors qu’elle sentait l’énergie draconique émaner de sa petite silhouette à la manière du vent, Priscilla caressa doucement ses cheveux défaits avec sa main,

Priscilla : “Le fait que je ne meure pas te déplaît-il donc à ce point ?”

Madelyn : “J’aurais pourtant dû écraser cette poitrine gonflée. S’il existait à foison des individus qui ne meurent pas même le cœur broyé, ce serait intolérable.”

Priscilla : “――Même le coeur broyé, dis-tu ?”

Soupirant devant la manière dont Madelyn avait formulé cela, Priscilla baissa les yeux vers les seins que celle-ci avait indiqués : les siens.

Les seins généreux de Priscilla étaient plus prononcés que d’habitude, en raison de la coupe ajustée de sa robe, mais le coup de Madelyn avait certainement atteint cette poitrine tant prisée.

Schult et les autres ne s’en étaient pas rendu compte, mais combattre dans les airs avait été une expérience douloureuse.

Tout comme le coup de Priscilla avait projeté Madelyn en l’air, la contre-attaque de Madelyn avait également porté un coup violent à la poitrine de Priscilla.

Si Priscilla semblait considérer que ce n’était pas grave pour le moment, c’était parce que――

Priscilla : “Il semblerait que même mes possessions répugnent à me voir disparaître de ce monde.”

Madelyn : “――La Technique du Mariage des Âmes.”

Lorsque ces mots inattendus sortirent de la bouche de Madelyn, Priscilla haussa les sourcils.

Madelyn continuait à fixer Priscilla du regard, en montrant du doigt un bâtiment dans la rue――non, bien au-delà, loin au sud-est.

Madelyn : “Tu es comme cette femme-renard. Tu la connais ?”

Priscilla : “Je ne la connais pas. Et si tu penses avoir trouvé quelqu’un qui ressemble à ce que je suis, alors c’est cette personne qui m’a copiée. Je suis l’original.”

(Note de Traduction : Original est un mot anglais que Priscilla a copié d’Al.)

Madelyn : “――?”

Priscilla : “Tu ne comprends pas ?”

Des mots qu’elle n’avait jamais entendus auparavant furent adressés à Madelyn, qui commença à montrer des signes de confusion. Priscilla décida donc de simplifier les choses afin de dissiper cette confusion. En d’autres termes――

Priscilla : “Tout comme quelqu’un qui sait que ça va être difficile pour lui, au fond de toi, tu sais que tu n’es pas à ma hauteur.”

Madelyn : “――Hk, tu te moques de ce dragon ?!”

Priscilla : “Balivernes. Comme si tu pouvais choisir qui tu es――ma personne est au sommet, et tous les autres sont en bas.”

Au moment où elle répondit avec un sourire, la colère de Madelyn atteignit son paroxysme.

La dragonide, au visage rouge et aux yeux dorés brillants, rugit, une menace planant devant ses yeux.

Avec Madelyn en face d’elle, Priscilla leva les yeux vers le ciel.

Comme si elle cherchait le ciel――non, comme si elle cherchait la poignée de l’épée précieuse cramoisie, dont l’atmosphère était le fourreau.

Priscilla : “La lumière du soleil a cessé ? Ça risque d’être un peu plus compliqué.”


――Le choc et la destruction avaient débuté dans un coin de la ville fortifiée, mais ils ne s’arrêtèrent pas là.

??? : “――――”

La bataille acharnée avait initialement commencé dans la partie sud de la ville, provoquant une série de destructions dans un ensemble de bâtiments densément peuplés, ce qui semblait témoigner de l’ampleur du cataclysme causé par les dragons aériens, accompagné d’un panache de fumée.

Néanmoins, ce qui avait plongé la partie sud de la Ville Fortifiée dans un état de dévastation n’était pas le cataclysme provoqué par les dragons aériens.

Bien sûr, la chasse des dragons aériens, qui lançaient de gros rochers depuis le ciel, ravageant les terres en dessous, était une calamité en soi.

Lorsque les individus, effrayés par la pluie de pierres, se précipitaient pour se mettre à l’abri, les griffes et les crocs des dragons aériens les déchiquetaient et les dévoraient, multipliant ainsi le nombre de morts qui s’entassaient dans les rues.

Certains résistaient. D’autres ripostaient en tirant avec leurs arcs sur les dragons aériens, les clouant au sol.

Cependant, la plupart des personnes exposées à l’assaut unilatéral des dragons aériens ne cherchaient qu’à se sauver.

Voilà à quel point les dégâts causés par les dragons aériens étaient immenses et considérables.

Mais la bataille féroce était si destructrice que même les dragons aériens évitaient de s’en approcher.

Madelyn : “GaaaaaaaaaaaAHHHHHHHHHHHHH――!”

Le petit corps hurlant et bondissant agrippait de ses deux bras une puissante Lame Ailée.

La lame recourbée fendait habilement la résistance du vent et de l’air, et, une fois lancée, elle tournait sur elle-même avant de revenir à sa position initiale. Pour les experts, elle servait d’arme de jet capable d’atteindre la tête d’une proie éloignée. Toutefois, elle avait été lancée avec une énergie formidable, volant dans les airs et fauchant tout sur son passage.

Son poids, son tranchant et sa puissance destructrice étaient tous sans commune mesure comparés à la soi-disant petite Lame Ailée.

Si une Lame Ailée conventionnelle avait à peu près la taille d’une épée à une main, celle-ci était aussi massive que deux grandes épées réunies, et même plus lourde que dix grandes épées fondues et moulées ensemble.

Autrefois, dix épées, Enchantées et Sacrées, dotées de pouvoirs spéciaux, avaient vu le jour dans ce monde.

Cette arme, fabriquée dans un métal prétendument équivalent à ceux-ci, démontra pleinement sa puissance, une arme diabolique bien plus meurtrière qu’elle n’en avait l’air.

À chaque lancer, une zone de plusieurs dizaines de mètres était entièrement rasée ; tout ce qui se trouvait sur son passage, qu’il s’agisse de bâtiments ou d’êtres vivants, était frappé sans distinction.

La force physique inhabituelle de la dragonide et sa mentalité indifférente aux dégâts causés à l’environnement étaient à l’origine de ces tactiques dévastatrices, qui n’auraient été possibles que si la dragonide avait été capable de détruire la partie sud de la Ville Fortifiée.

Ceux qui défiaient les dragons aériens dans différentes parties de la ville n’avaient pas le temps de se retourner pour observer le sol, et ne l’avaient donc pas remarqué.

Bien sûr, le bruit du rugissement et du tremblement de terre leur parvenait, mais ils étaient bien trop occupés à regarder le ciel et à échanger quelques mots avec la personne à côté d’eux pour prêter attention aux dégâts.

Et c’était là une chance au milieu du malheur.

S’ils avaient été témoins de cette destruction écrasante, ils auraient même oublié de s’accrocher au mince fil de la survie et seraient tombés à genoux.

Dans une certaine mesure, l’existence de la dragonide déchaînée était une catastrophe à part entière, indépendamment de celle provoquée par les dragons aériens.

Être frappé par deux catastrophes naturelles simultanément, dans une seule ville, était un véritable cauchemar. Et qui plus est, l’une de ces catastrophes naturelles avait pour seul but de détruire une seule personne.

Priscilla : “――――”

Priscilla donnait des coups de pied au sol comme si elle dansait, évitant sans cesse les attaques de Madelyn qui se déchaînait.

Bien que les prouesses physiques de la dragonide ne devaient pas être sous-estimées, le style de combat de Madelyn manquait de finesse. Elle n’avait appris aucune forme d’arts martiaux. Peut-être était-ce parce qu’elle considérait les humains comme inférieurs.

Priscilla : “Même si je n’ai jamais appris les arts martiaux moi-même.”

S’il y avait quelque chose dont Priscilla se souvenait bien, c’était les mouvements de ceux qui maniaient l’épée. À part cela, elle avait une parfaite maîtrise de son corps et de ses mouvements.

Si elle parvenait à manier l’Épée Yang comme une experte, c’était précisément pour cette raison.

Toutefois, alors qu’elle ne pouvait pas dégainer l’Épée Yang, chaque coup porté par Madelyn constituait une menace.

Priscilla : “――――”

La lumière du jour avait disparu, le soleil s’étant couché sous l’horizon.

Il existait certaines règles pour l’utilisation de l’Épée Yang. Le soleil ne brillait pas toujours. Pendant la moitié de la journée, il partageait ses responsabilités avec la lune, profitant de ce temps pour accumuler ses forces.

S’il existait un soleil qui brillait en permanence, ce serait sans aucun doute Priscilla elle-même. Cependant――

Priscilla : “Plus ça prendra de temps, plus la blessure sera profonde, hein ?”

Priscilla répondait prudemment aux attaques de Madelyn. Bien sûr, l’absence de l’Épée Yang décisive était un prétexte pour expliquer son incapacité à passer à l’attaque, mais la grande vitalité de la dragonide était également préoccupante.

Si elle n’était pas tuée d’un seul coup, la contre-attaque de Madelyn atteindrait probablement Priscilla.

Atteindre une impasse en se blessant mutuellement, comme elle l’avait fait la première fois, n’était pas quelque chose qui pouvait se répéter indéfiniment.

Si la conclusion de cette affaire continuait d’être reportée ainsi, les dégâts causés à la Ville Fortifiée ne feraient que s’étendre.

Tout comme la partie sud de la ville avait été directement rasée par la destruction causée par Madelyn, ailleurs, le nombre de victimes continuait d’augmenter, alors que les assauts successifs des dragons aériens continuaient de pleuvoir. En outre――

??? : “――Kiryararahhh !!!!”

Madelyn attrapa la Lame Ailée qui revenait vers elle, puis planta ses deux pieds au sol, prouvant ainsi son esprit combatif. Le moral sans cesse grandissant de la dragonide, transmis à travers les airs, inspira les dragons aériens dans le ciel de la ville.

Pour les humains, ce serait un phénomène stimulant pour le moral, mais cela avait pour effet d’éveiller les instincts des espèces les plus féroces vivant à l’état sauvage, un effet qui devrait être qualifié de folie.

Si les dragons aériens devenaient de plus en plus féroces, de plus en plus agressifs, ils deviendraient littéralement ingérables.

Elle désirait faire bouger les choses avant que cela n’arrive. À cette fin――

Priscilla : “Il me faut encore une action.”

Pour faire avancer la situation, elle avait besoin d’une initiative spectaculaire.

Priscilla : “――――”

Esquivant l’attaque de Madelyn et faisant un grand bond en avant, Priscilla se retrouva au milieu des ruines de la ville.

La ville, autrefois surnommée Ville Fortifiée, dont la robustesse faisait la fierté de ses habitants et qui était un pilier de paix et de tranquillité, n’était plus que l’ombre d’elle-même. Même après que cette calamité ait été repoussée, la reconstruction ne serait pas une tâche aisée.

Néanmoins, tous ces éléments ne constitueraient un problème qu’après que le grand désastre ait été éliminé.

Madelyn : “Cette fois, ça va toucher… !”

Alors qu’elle continuait à asséner ces attaques insipides, que Priscilla parvenait à esquiver à plusieurs reprises avec aisance, Madelyn rugit comme une bête.

Elle modifiait également progressivement sa stratégie, tout en continuant à lancer des attaques infructueuses. Cela aurait été idéal si elle avait été une adversaire peu disposée à apprendre, mais comme ce n’était pas le cas, elle progressait tout au long du combat.

Madelyn expira bruyamment un souffle blanc devant Priscilla, qui espérait éviter toute nouvelle complication.

Du sang de dragon circulait dans son corps, et l’augmentation de sa température corporelle avait provoqué de la vapeur qui s’élevait de son petit corps.

Combinée à son souffle blanc, sa silhouette semblait même enveloppée d’une fumée blanche――

Priscilla : “――Non.”

Comme c’est étrange, pensa Priscilla en fermant un œil pour mieux scruter Madelyn.

Alors que la bataille s’éternisait, il n’était pas étonnant que le sang du dragon se soit réveillé. Il était également évident que les émotions naissantes de Madelyn, en tant que dragonide, rendaient les dragons aériens frénétiques.

Cependant, au milieu du climat de l’Empire de Vollachia, son souffle était blanc et brumeux.

De plus――

Priscilla : “Il est impossible qu’il neige ici.”

En jetant un coup d’œil autour d’elle, Priscilla remarqua des flocons blancs tombant langoureusement à la périphérie de son champ de vision.

Lentement mais sûrement, de la neige tombait sur la Ville Fortifiée, tandis que la plupart des abris protégeant ses habitants étaient détruits.

Des mots tels que “rare” ne suffisaient pas à décrire cet événement, que l’on pourrait qualifier de catastrophe naturelle.

À Vollachia, nombreux étaient ceux qui n’avaient jamais vu la neige.

Être frappé par deux catastrophes naturelles simultanément, dans une seule ville, était un véritable cauchemar, comme indiqué précédemment.

Mais que se passerait-il si une troisième catastrophe naturelle venait s’ajouter à celles-ci ?

Serait-ce un cauchemar ou――

??? : “――Ça suffit.”

Une voix retentit sur la terre froide où, du ciel, des chutes glacées descendaient lentement pour s’accumuler au sol. Un son magnifique et résonnant, semblable au tintement d’une cloche en argent.

――Cette troisième catastrophe naturelle, si elle venait à s’ajouter aux autres, serait-elle un véritable cauchemar ?

――Ou bien pourrait-ce devenir un mouvement décisif ?

??? : “Je suis un peu pressée, mais je ne peux pas laisser passer ça――je suis vraiiiiiment en colère.”

Dans cet endroit où tout et n’importe quoi avait subi les assauts d’un grand désastre, les pas d’une jeune fille aux cheveux argentés résonnaient.

À la recherche de son Chevalier disparu, une Sorcière, accompagnée de neige, était arrivée à la Ville Fortifiée.

Artiste du fan-art : ZeroBarto

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