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Web Novel • Arc 07

61Chapitre 54B : Recouvrant le ciel azur

CHAPITRE 54B – « Recouvrant le ciel azur »

――La voûte azurée surplombait, d’un regard majestueux, les activités humaines qui s’étendaient en contrebas.

Le soleil blanc, resplendissant, scintillait de mille feux ; de vastes nuages blancs dérivaient lentement.

Une brise tiède caressait sa nuque et ébouriffait ses cheveux bleu pâle, tandis qu’elle respirait profondément et tranquillement.

Elle ressentait le monde avec tout son corps, réalisant qu’elle en faisait partie.

La formule était grandiloquente, presque excessivement solennelle, au point de donner l’impression d’énoncer quelque chose de terriblement compliqué. Cependant, après avoir appris que c’était ce dont elle avait besoin en ce moment, elle préférait essayer plutôt que d’en douter.

C’était elle qui avait choisi de solliciter cet enseignement. Cela ne faisait encore que peu de temps. Abandonner maintenant serait faire preuve d’une impatience excessive. Cela dit――

??? : “…Je ne peux pas mentir quant à mon impatience.”

Posant doucement sa main sur sa poitrine, elle attendit que l’air inspiré exerce son pouvoir dans ses poumons.

Elle ne savait pas vraiment si ce sentiment allait lui apporter une force intérieure. C’était frustrant, et cela lui donnait envie de détester sa propre nature mesquine qui recherchait la gratification immédiate.

――Non, peut-être que ce besoin pressant de résultats ne tenait pas tant à sa nature qu’à la situation dans laquelle elle se trouvait.

Ce n’était pas pour elle, mais pour quelqu’un d’autre, qui n’était pas présent ici, et qui s’efforçait d’accomplir son rôle ailleurs――

??? : “――Ah ! Vous voilà !”

Puis, une voix l’interpella derrière elle, alors qu’elle méditait tranquillement, lui rappelant qu’elle retenait son souffle. Alors qu’elle expirait l’air qui s’était accumulé dans sa poitrine, elle se retourna et vit une petite silhouette courir vers elle.

Il s’agissait d’un jeune garçon aux cheveux roses et bouclés. C’était un enfant très fragile, avec un visage adorable, des joues rouges comme des cerises et des jambes nues d’un blanc éclatant habillées d’un short.

Le garçon, qui semblait avoir environ onze ou douze ans, sourit en s’approchant.

Garçon : “Priscilla-sama veut vous voir ! Je vous prie de bien vouloir m’accompagner !”

??? : “Je comprends. Merci beaucoup de t’être donné cette peine, Schult-san.”

Schult : “Mais non ! Ça ne méritait pas autant de gratitude.”

Se comportant avec modestie, les joues rougies par le plaisir, les coins de la bouche du garçon――de Schult se relâchèrent en raison des circonstances.

Mais la raison de sa présence était une mission. Les deux ne pouvaient pas continuer à discuter et à sourire en gardant cela à l’esprit.

Sur ce, il contracta ses joues détendues et acquiesça d’un petit soupir, puis――

??? : “Alors, nous y allons ensemble ?”

Schult : “Oui, bien sûr ! Je vais me joindre à vous, Rem-sama !”

Sautant de haut en bas, Schult la salua en plaçant sa main contre sa tête, et la fille――Rem, quelque peu surprise par la vigueur de Schult, hocha la tête, puis tous deux se dirigèrent vers celle qui l’avait convoquée.

Vers Priscilla Barielle, la maîtresse provisoire de Rem dans la Ville Fortifiée de Guaral.


La chute de la Ville Fortifiée de Guaral――une dizaine de jours s’étaient écoulés depuis que cette opération terriblement absurde avait été menée, aboutissant à la capture de la ville avec un minimum de pertes humaines.

Heureusement, l’ordre régnait dans la ville, en grande partie grâce aux compétences de Zikr Osman, commandant des Soldats Impériaux, et au sens de l’autorité de Mizelda, dont l’influence ne faiblissait pas même après avoir cédé son rôle de cheffe à sa sœur.

La présence de ces deux personnes exerçait une autorité sur ceux qui étaient dotés d’une puissance militaire, empêchant ainsi les troubles et les tragédies de se produire.

Bien sûr, il n’y avait pas que ceux qui étaient capables de se battre dans la ville.

Au contraire, la grande majorité des personnes présentes était constituée de citoyens, qui n’avaient rien à voir avec les affaires militaires. Toutefois, même s’ils ne gagnaient pas leur vie en combattant, les citoyens de Guaral étaient tout de même au cœur de l’action.

Au départ, les rapports faisant état d’un profond mépris envers Zikr et les Soldats Impériaux avaient été nombreux, car ceux-ci avaient été privés d’autorité réelle après la prise de l’hôtel de ville sans grande résistance.

Néanmoins, ces plaintes des habitants avaient rapidement été étouffées.

Parce que――

Priscilla : “Dans l’Empire, il est de coutume de se soumettre au plus fort. Dès lors, il devait être évident aux yeux de tous que c’est dans mes actes, et non dans les belles paroles de ces gens, que résidait la véritable légitimité.”

Rem : “C’est…”

Priscilla : “Ce sont là les paroles de ceux qui ne méritent pas d’être écoutés, ou peut-être de ceux qui baissent la tête, supportent la tempête, pleurent à haute voix lorsque le vent cesse et exigent que leurs demeures soient réparées. Les paroles de telles personnes ont-elles la moindre valeur ?”

Rem : “Peu importe comment vous tournez les choses, ce genre d’extrême est injuste à mon avis.”

Il ne s’agissait pas simplement d’un point de vue, mais d’une façon de parler de quelqu’un qui regardait les autres de haut. En réponse à cette manière de fermer toute échappatoire, Rem répliqua calmement.

Il y eut un silence avant qu’elle ne réponde, puis vint un léger ricanement.

Priscilla : “Tu m’insultes en me traitant de lâche ? Je vois, tu es plutôt audacieuse, Rem.”

Rem : “Ce serait imprudent si ma vie était en jeu. Mais Priscilla-san n’est pas quelqu’un d’aussi impulsif.”

Priscilla : “Tu oses me jauger selon tes propres critères ?”

Rem : “Je n’ai, depuis le début, pas d’autre échelle de valeur.”

Des yeux cramoisis la fixaient, mais Rem s’y opposa fermement.

Pour Rem, qui avait perdu la mémoire et n’avait pas vraiment de passé, tout ce qu’elle voyait était nouveau, chaque action qu’elle entreprenait était une expérience inconnue.

Craindre quelque chose qui pourrait déplaire à Priscilla reviendrait à être incapable d’avancer. Ce qui était certain pour elle, dont l’existence avait commencé environ vingt jours auparavant――c’était que ces derniers jours, Rem avait pu passer du temps avec la femme qui se tenait devant elle sans perdre la vie. Par conséquent――

Priscilla : “Hmph. Quelle insolence… Tu n’as vraiment rien d’attachant.”

En déclarant cela, elle enterra la hache de guerre, ne trahissant pas les attentes de Rem.

Même si Priscilla agissait parfois de manière absurde pour des raisons que Rem ne comprenait pas, elle avait globalement l’impression qu’elle était une femme rationnelle qui gardait ses remarques tapageuses pour elle.

Priscilla était assise sur une chaise luxueuse, le menton posé sur la main, un livre ouvert sur les genoux. Elle semblait tout à fait pittoresque, se comportant comme si elle était la maîtresse de ce palais, ou peut-être de ce manoir, même s’il ne s’agissait que d’une demeure temporaire.

Priscilla, qui séjournait actuellement dans la Ville Fortifiée, s’était emparée du plus grand manoir de la ville, où elle passait ses journées à se prélasser. À l’exception de l’hôtel de ville, ce manoir était le plus grand bâtiment de la ville, un luxueux gaspillage d’espace pouvant accueillir vingt à trente personnes.

Bien sûr, les propriétaires initiaux du manoir avaient protesté contre cette saisie, mais l’affaire avait été réglée à la manière de l’Empire――c’est-à-dire de manière barbare, accompagnée d’une certaine effusion de sang.

Autrement dit, un recours à la force pour faire triompher sa position――

Rem : “――――”

Rapidement, Rem dirigea son regard vers un coin de la pièce.

Dans la salle où Priscilla avait convoqué et réuni ceux qui occupaient une position de serviteur, une autre personne, outre Rem et Schult qui souriait, était également présente.

Cet homme était celui qui avait brandi une épée lors du duel pour la prise de contrôle du manoir.

Rem : “Heinkel-san.”

Heinkel : “…Quoi.”

Rem : “Non, j’avais l’impression que tu me regardais d’une manière particulière, alors j’ai pensé que quelque chose n’allait pas.”

L’homme qui avait répondu à l’appel de Rem d’une voix basse prit un air maussade à cause des questions répétées. Puis, il gratta frénétiquement ses cheveux rouges.

Heinkel : “Ce n’est rien. J’étais simplement stupéfait que tu sois une fille aussi imprudente, en parlant ainsi à Priscilla-sama.”

Rem : “Après avoir été qualifiée d’audacieuse, je suis maintenant imprudente, c’est ça ? Mais ce n’est vraiment pas le cas…”

Heinkel : “C’est juste mon impression. N’en fais pas toute une histoire.”

Avec un petit claquement de langue, l’homme fit un geste de la main, se grattant la tête devant la réponse de Rem.

L’homme aux cheveux rouge flamboyant, à la silhouette grande et bien bâtie, dont la virilité innée était gâchée par sa barbe naissante, était un certain Heinkel, l’un des subordonnés de Priscilla.

Après que Priscilla ait arbitrairement décidé de rester dans la Ville Fortifiée de Guaral, Heinkel et Schult avaient fait le voyage depuis leur quartier général d’origine. Avec l’homme au casque――Al, ils formaient les partisans de Priscilla.

Schult : “Bien sûr, Rem-sama est désormais l’une des nôtres !”

Heinkel : “Ne décide pas ça sur un coup de tête, petit morveux. Cette femme est l’amie d’une ennemie de Priscilla-sama. Non seulement elle n’est pas de notre côté, mais elle est aussi une ennemie potentielle.”

Schult : “Ehhh ?! Rem-sama, vous étiez notre ennemie ?!”

Rem : “Euh, c’est en suspens.”

Face à ses yeux parfaitement ronds écarquillés de surprise, Rem répondit à Schult paniqué qui faisait tout un remue-ménage.

La façon dont Heinkel présentait les choses était extrême, mais on ne pouvait nier que la situation de Rem était compliquée. Après avoir perdu ses souvenirs, Rem n’avait plus la conscience ni les informations nécessaires pour confirmer son affiliation.

Bien sûr, ce qui contribuait le plus à établir la position fragile de Rem était――

Rem : “…Lui.”

Elle savait que la présence de ce garçon aux cheveux noirs――Natsuki Subaru, qui avait quitté la Ville Fortifiée pour accomplir sa mission, apportait une certitude à la position vague de Rem.

Cependant, Rem avait le sentiment qu’elle ne pouvait ni prêter l’oreille à ses paroles ni les accepter docilement.

La raison pour laquelle Rem ne pouvait accepter ses actes et ses paroles était l’horrible Miasme qui enveloppait tout le corps de Subaru――non, à présent, ce n’était plus la seule raison.

Le Miasme empêchait certes Rem de prendre Subaru au pied de la lettre, mais elle avait déjà compris qu’il n’y avait rien de trompeur ou de malveillant dans ses paroles ni dans ses actes.

La raison qui l’empêchait de l’accepter docilement tenait au fait que les fondements mêmes de Rem étaient instables.

Elle se demandait qui elle était et quel genre de relation elle entretenait avec Natsuki Subaru et les autres.

Si elle était incapable d’y faire face, le temps figé et les pieds immobilisés de Rem ne pourraient pas avancer.

Même si Rem désirait faire face à Subaru afin de consolider son existence, pour pouvoir y parvenir, elle devait consolider sa propre existence.

Cela constituait déjà un dilemme, comme être perdu dans un labyrinthe sans issue.

Priscilla : “Tu sembles être en proie à de nombreux tourments. Le pli entre tes sourcils en est la preuve évidente.”

Rem : “C’est… vrai. J’essaie de mettre en pratique les conseils de Priscilla-san, mais…”

Priscilla : “Qu’y a-t-il ?”

Rem : “Les propos de Priscilla-san sont toujours très difficiles à comprendre.”

Les yeux baissés, une Rem honteuse expliqua qu’elle était elle-même responsable de son ignorance.

En s’exprimant de manière énigmatique, Priscilla choisissait des mots ésotériques et difficiles à comprendre. Plus important encore, Priscilla avait l’esprit vif et, en plus de cela, elle se souciait rarement des autres.

Sa nature ressemblait beaucoup à celle d’Abel――ou peut-être faudrait-il plutôt dire qu’ils avaient la même nature, plutôt que de dire qu’ils étaient similaires. Priscilla et Abel n’auraient sans doute pas apprécié d’entendre cela, alors Rem préférait s’abstenir de le mentionner.

Heinkel : “Des conseils ? De quoi parle-t-on ? Priscilla-sama donne des conseils à cette femme ?”

Schult : “Oui, Heinkel-sama. Je suis au courant ! Rem-sama étudie avec Priscilla-sama ! Et elle s’occupe des besoins personnels de Priscilla-sama, tout comme moi !”

Heinkel : “Oi, oioioi, vous avez perdu la tête, Priscilla-sama ? Qu’est-ce qu’on y gagne ? Vous ne faites qu’aider nos ennemis à se renforcer.”

Heinkel, qui n’avait pas été informé des détails de la situation, fut pris au dépourvu lorsqu’il apprit l’existence du Contrat entre Rem et Priscilla.

En s’approchant de Priscilla sur le podium et en désignant Rem, il ouvrit alors la bouche,

Heinkel : “Je pensais que vous la gardiez simplement près de vous pour qu’elle vous serve de larbin… Afin qu’elle puisse vous donner des informations sur son Camp. Vous vous donnez tant de mal simplement pour vous mettre dans une position défavorable, il y a une limite à ces jeux…”

Priscilla : “Silence, simple d’esprit. As-tu l’intention de me donner des ordres ?”

Heinkel : “Guh…”

Priscilla : “Je t’ai infligé plusieurs coups douloureux, mais tu es un homme qui n’apprend jamais, n’est-ce pas ? Mes mains ne sont pas libres pour te frapper. Car leur tâche consiste à tourner les pages de ce livre.”

En traçant la couverture du livre posé sur ses genoux, Priscilla annonça cela à Heinkel avec un regard noir.

Il n’y avait aucune colère particulière dans la voix de Priscilla, mais Heinkel eut le souffle coupé, comme s’il avait été confronté à une épée, et recula d’un ou deux pas.

Rem trouvait que la crainte d’Heinkel était exagérée.

Bien sûr, elle avait été témoin des prouesses et de l’habileté à l’épée de Priscilla qui avait vaincu l’un des plus puissants guerriers de l’Empire, l’un des Neuf Généraux Divins, de ses propres yeux. Même en ignorant ce fait, Rem sentait dans sa chair que Priscilla était une femme d’une puissance inégalée. En revanche――

Rem : “Je ne pense pas qu’Heinkel-san lui soit si inférieure que ça…”

Mais Rem se devait de préciser que ce n’était que son point de vue.

Cependant, lors de la saisie de ce manoir, avec un épéiste représentant le propriétaire du manoir comme adversaire, Heinkel avait triomphé sans lui ôter la vie en lui arrachant son épée avant qu’il ne puisse réagir.

Son pur esprit combatif et sa maîtrise supérieure à l’épée étaient tels que même si les Soldats Impériaux de la région s’étaient ligués contre lui, ils n’auraient pas fait le poids face à lui.

Néanmoins, la crainte d’Heinkel semblait être le comble de l’exagération.

Cela dit, Rem était une amatrice, même lorsqu’il s’agissait d’être “elle-même”. Les forts avaient peut-être une façon de voir les choses dans le monde que Rem était incapable de comprendre. Quoi qu’il en soit――

Priscilla : “Poser les yeux sur cette fille n’est qu’un caprice. Mais c’est aussi par caprice que j’ai recueilli Schult, qui mourait de faim dans une terre aride, et que je t’ai convoqué alors que tu étais couvert de sang après tes efforts infructueux.”

Schult : “Oui ! J’ai été sauvé grâce à la bonne humeur de Priscilla-sama ! J’ai eu beaucoup de chance !”

Heinkel : “Ça te convient vraiment… ?”

En tapotant du doigt la couverture du livre, Priscilla déclara que tout dépendait de son humeur. Rem fut bouleversé, presque sous le choc à cause de ces mots, tandis que Schult se vantait joyeusement de sa bonne fortune.

Heinkel semblait lui aussi libéré de la peur qui l’avait habité jusqu’alors, mais une certaine méfiance persistait dans son regard lorsqu’il se tourna vers Rem.

C’était peut-être lui qui avait la vision la plus pragmatique des choses.

Rem : “Alors, Priscilla-san, pourquoi nous avez-vous tous convoqués ?”

Priscilla : “Hmm.”

Rem : “S’il s’agit simplement de veiller sur votre personne, pourquoi pas moi ou Schult-san ? Je ne vois aucune raison qui justifie la présence d’Heinkel-san ici.”

En termes de répartition des responsabilités, Rem et Schult étaient tout à fait capables de partager les soins quotidiens de Priscilla au manoir. Rem s’était habituée à vivre avec une canne et les tâches ménagères simples ne lui posaient aucun problème.

Peut-être avait-elle déjà accompli ce genre de tâches auparavant.

Étant donné que le travail était réparti de cette manière, Heinkel n’avait aucune raison d’être présent.

Si elle allait encore plus loin――

Rem : “Que fait exactement Heinkel-san… Je ne le vois que brandir son épée, boire ou jouer avec Schult-san.”

Heinkel : “…Crois-moi, je ne me souviens pas avoir joué avec ce petit morveux.”

Schult : “C’est exact ! Heinkel-sama prend souvent soin de moi, mais c’est moi qui me suis rapproché de lui parce que je le voulais ! Heinkel-sama semble toujours solitaire, alors j’ai pensé que je devais m’assurer qu’il ne se sente pas seul…”

Rem : “Oh, je vois, Schult-san est très gentil.”

Schult : “Héhéhé.”

La question qui lui était venue à l’esprit était résolue, et Rem caressa doucement la tête bouclée de Schult. Il y avait chez Schult un charme étrange qui donnait envie à Rem de le caresser ainsi.

Parmi les résidents de la ville, Rem voulait aussi caresser Utakata, qui venait de temps en temps.

Peut-être voulait-elle simplement choyer les plus jeunes.

Heinkel : “Eh, merde, je n’arrive pas à vous suivre. Priscilla-sama ! Répondez simplement à la question maintenant. Si vous n’avez pas besoin de moi, je serai à la taverne…”

Priscilla : “――Ceux qui ont quitté cette ville devraient bientôt arriver à la Cité Démoniaque.”

Heinkel : “Ah…”

Priscilla : “Si les circonstances venaient à changer, il y a de fortes chances que cette opportunité soit exploitée au maximum. Ne baissez pas votre garde.”

L’humidité dans l’air changea lorsque Priscilla prononça ces mots, la joue appuyée sur sa main posée sur l’accoudoir.

L’air sec et vicié indiquait que l’attention avait été correctement accordée aux paroles de Priscilla ; l’expression d’Heinkel s’était affinée, et Rem avait l’impression d’avoir reçu un coup dans la poitrine.

Seul Schult, la main de Rem toujours posée sur sa tête, avait montré sa gratitude envers le groupe qui s’était lancé dans un long voyage, en disant : “Al-sama, merci pour vos efforts~”.

Rem : “――――”

Si les circonstances venaient à changer, c’est ainsi que Priscilla avait introduit sa déclaration. Mais en tout cas, pour Subaru et les autres qui étaient partis, cela entraînerait des changements certains, tant positifs que négatifs.

Négocier avec le seul allié potentiel――cette négociation allait certainement déterminer les décisions d’Abel à partir de maintenant.

Heinkel : “Tout ce qui concerne le fait de tirer le meilleur parti de cette opportunité… Priscilla-sama, avez-vous remarqué quelque chose en particulier ?”

Priscilla : “Non, ce n’est rien de concret. C’est simplement une règle empirique que j’ai établie.”

Heinkel : “Une règle empirique, c’est ça ? Qu’est-ce que ça veut…”

Priscilla : “Quand de grandes choses bougent, elles se déplacent toutes en même temps, comme si le calme qui régnait jusqu’alors n’était qu’un mensonge. Comme si tout avait été planifié, tout à coup, comme des blocs de construction alignés qui tombent les uns après les autres.”

Il y avait une sorte de force irrésistible et indescriptible dans la manière indifférente dont Priscilla s’exprimait.

En fin de compte, il s’agissait simplement de ne pas baisser sa garde, mais Rem prit une profonde inspiration et baissa les yeux vers ses pieds. Si elle s’attardait trop sur Subaru et les autres au point de négliger ce qui était proche d’elle, ce serait comme mettre la charrue avant le Cheval Tempétueux.

Pour commencer, le fait de mettre des mots sur quelque chose comme son obsession pour Subaru lui fit à nouveau prendre conscience à quel point la situation était désagréable.

Rem : “Qu’il soit là ou non, c’est quelqu’un de pénible…”

Schult : “Rem-sama ? Tout va bien ? Votre visage est un peu rouge.”

Rem : “Ce n’est rien. Quelque chose bouillonnait en moi. J’étais furieuse, en colère.”

Schult : “Ce n’est pas bien d’être en colère ! Rem-sama est magnifique quand elle sourit~ !”

Les coins des yeux de Rem s’abaissèrent lorsque Schult agita ses membres et lança un appel puissant. Le visage d’Heinkel, en revanche, devint sérieux après la réprimande de Priscilla.

Heinkel : “Priscilla-sama, si c’est tout ce dont vous voulez parler, alors je m’en vais.”

Priscilla : “Fais comme bon te semble. Tu es libre de te livrer à l’alcoolisme ou de passer ton temps dans la paresse.”

Heinkel : “Je ne suis pas d’humeur à boire. Je vais aller parler au commandant aux cheveux hirsutes à l’hôtel de ville.”

Répondant immédiatement avec un regard sérieux, Heinkel quitta la pièce à grands pas. Après l’avoir vu partir, Rem se tourna vers Priscilla.

Rem : “Alors, que comptez-vous faire, Priscilla-san ?”

Priscilla : “Es-tu préoccupé par mes activités ?”

Rem : “C’est… une évidence. Je ne pense pas que tout ce que vous faites soit correct, mais…”

Pourtant, Priscilla jugeait les choses avec une connaissance et une perspicacité que Rem n’avait pas.

Pour Rem, qui possédait très peu, c’était une ressource précieuse pour déterminer ses prochaines décisions. Face aux remarques de Rem, qui étaient extrêmement grossières dans un certain sens, Priscilla laissa échapper un rire.

Priscilla : “Alors tu ne comptes pas devenir une poupée sans volonté propre ? Eh bien, dans ce cas, ça n’aurait aucun sens de t’avoir à mes côtés.”

Rem : “Priscilla-san ?”

Priscilla : “À en juger par la réponse à ma question, les préparatifs seront organisés par ce simple d’esprit. Le Général et le Peuple de Shudraq pourront également être utilisés de manière appropriée. Sur ce, je vais…”

Rem : “Priscilla-san va… ?”

Avec un léger déglutissement, Rem attendit les prochains mots de Priscilla. Sans s’en rendre compte, à côté de Rem, Schult serra également les poings d’anticipation, attendant la réponse de leur maîtresse.

Alors qu’elle croisait le regard du duo, les yeux en amande de Priscilla se plissèrent, et,

Priscilla : “――Préparez un bain chaud. Dispersez les pétales et brûlez l’encens.”

Rem : “…Hein ?”

Priscilla : “Quoi, ne m’obligez pas à le répéter. Je vais prendre un bain. Préparez la salle de bain dès que possible.”

D’un geste rapide de la main, Priscilla pressa Rem et Schult de se dépêcher.

Bien sûr, Rem était incapable de cacher son étonnement, laissant échapper un “Q-quoi ?”. Mais Schult la salua brusquement,

Schult : “Entendu ! Je vais aller faire chauffer l’eau tout de suite~ !”

Après avoir répondu joyeusement, Schult sortit en courant de la pièce avec beaucoup d’énergie. Après avoir observé son petit dos s’éloigner, Rem se tourna vers Priscilla.

Priscilla reposait toujours son menton sur sa main, prête à reprendre sa lecture.

Priscilla : “Tu n’y vas ? Si tu laisses Schult tout seul, je suis sûre qu’il oubliera le bouchon et qu’il gaspillera beaucoup d’eau chaude.”

Rem : “Je vais aider Schult-san. Seulement, à quoi songez-vous ?”

Priscilla : “Ton scepticisme est également le signe de tes idées préconçues. Me considères-tu comme les Observateurs de ce monde, capables de manipuler chaque événement à leur guise ?”

Rem : “Je n’irais pas jusque-là, mais…”

Convaincu par des faits et la logique, Rem perdit son élan dans ses interrogations.

Priscilla se moqua du comportement de Rem et continua : “Écoute”,

Priscilla : “Ce monde est conçu pour opérer de la manière qui me convient le mieux. Mais ça ne signifie pas que tout doit se plier à ma volonté. Je ne désire pas une telle monotonie.”

Rem : “Le fait que tout soit conforme à votre volonté est monotone ?”

Priscilla : “À quoi bon affronter l’avenir si tout ce qui peut arriver est déjà écrit ? Rem, désires-tu un monde où tout est déjà déterminé depuis le jour de ta naissance ?”

Rem : “――――”

Lorsque Priscilla lui posa cette question, Rem se tut.

Les propos de Priscilla étaient à nouveau ésotériques, elle comprenait donc à peine le sens de la conversation. Vivre ses journées selon ses désirs signifiait ne jamais rencontrer la nouveauté ou l’inconnu.

Et ceci n’était pas souhaitable pour Priscilla. Toutefois――

Rem : “En tant que personne incapable d’accomplir correctement beaucoup de choses, je ne suis absolument pas d’accord.”

Rem avait accompagné Subaru dans son voyage, puis était restée dans la Ville Fortifiée aux côtés de Priscilla. Derrière cela se cachait un désir de retrouver la “Rem” qui avait été perdue, ainsi qu’une recherche d’un moyen ou d’une occasion de se libérer de sa personne actuelle, qu’elle jugeait inadéquate.

La façon dont Priscilla appréciait ce qui ne correspondait pas à ses souhaits était incompréhensible pour Rem, qui souffrait de ne pouvoir rien faire comme elle le voulait.

Même si cela poussait Priscilla à renoncer à elle, la considérant comme une femme inintéressante.

Priscilla : “Je ne m’attends pas à ce que tu sois comme moi ni à ce que tu veuilles la même chose. Fais comme bon te semble.”

Mais la réaction de Priscilla envers Rem, qui était même prête à s’exprimer malgré sa conviction pathétique, fut étonnamment douce.

Priscilla regarda Rem, les yeux écarquillés d’étonnement, comme si elle contemplait un chiot sans défense.

Priscilla : “Le monde est magnifique tel qu’il est.”

Les murmures discrets de Priscilla semblaient exprimer ses véritables sentiments sans aucune concession.

Après y avoir réfléchi, Rem rejeta cette idée comme étant ridicule. Car si c’étaient là ses véritables sentiments, sans aucun compromis, ils étaient bien trop grandioses.

Priscilla aimait et prenait soin de choses bien trop grandioses.

Rem : “Prendre soin et chérir, c’est exactement le contraire de l’impression que me donne Priscilla-san…”

Priscilla : “Tu as dit quelque chose ?”

Rem : “Non, rien d’important…”

Rem secoua légèrement la tête ; le sentiment de confusion qui l’envahissait s’était quelque peu dissipé.

Tout n’était pas clair, mais ce nuage sombre venait de disparaître. En effet, Rem venait de franchir une nouvelle étape dans son analyse personnelle et――

Schult : “W-w-w-wah~ ! De l’eau chaude, de l’eau chaude déborde ! Je me noie~ !”

Et c’est ainsi qu’elles entendirent les cris urgents de Schult provenant des bains de la demeure. Sans surprise, Rem se souvint de Schult, qui se trouvait dans une situation inattendue, et leva le visage vers le haut.

Les yeux de Priscilla croisèrent les siens, puis elle lui fit signe de la tête et lui ordonna : “Vas-y”.

Rem : “Je ne me plierai pas à vos caprices, Priscilla-san.”

Priscilla : “Mais tu ne peux pas ignorer les cris de Schult. Tu vois, c’est moi la gagnante.”

La résistance de Rem pour ne pas être à sa merci s’était dissipée, comme si elle était éphémère.

La sécurité de Schult étant en jeu, aucune autre objection n’avait été soulevée.


――Le conseil de Priscilla avait sans aucun doute creusé un fossé profond dans le cœur de Rem.

Lorsque les choses évoluaient à grande échelle, elles ne prêtaient aucune attention à chaque individu insignifiant.

Sans se soucier le moins du monde de ceux qui s’y étaient embarqués, elles les submergeaient comme des vagues déferlantes. Rem estimait avoir vécu cela personnellement.

Après s’être réveillée sans aucun souvenir, Rem s’était retrouvée dans un endroit inconnu, avec une personne inconnue qui lui tenait le bras.

Après avoir fui ce garçon, l’avoir croisé une nouvelle fois, avoir été capturée par de nombreux Soldats Impériaux, puis sauvée des flammes et de la fumée, elle passait désormais ses journées dans cette ville, se laissant simplement porter par le courant.

À tel point que Rem pensait que “turbulence” était le mot qui décrivait le mieux ce qu’elle avait vécu.

――Néanmoins, Rem allait bientôt se rendre compte que même cette interprétation était trop naïve.

Rem : “――Priscilla-san ?”

Rem fronça les sourcils à cause de Priscilla, qui s’était levée après avoir habilement esquivé ses mains.

Enveloppé d’une vapeur chaude, Rem se trouvait dans la salle de bain du manoir, enveloppé dans une serviette de bain. La principale raison qui avait poussé Priscilla à réquisitionner ce manoir était l’existence de cette magnifique salle de bain.

Un bain dans lequel on pouvait faire couler de l’eau chaude, étirer ses membres et s’immerger complètement semblait avoir été conçu sur mesure par le propriétaire du manoir. Rien au monde ne pouvait le remplacer.

En réalité, Rem n’était autorisée à s’y baigner qu’après avoir aidé Priscilla à prendre son propre bain, mais elle avait tellement apprécié cette expérience qu’elle pouvait même comprendre le désir de Priscilla de vouloir l’accaparer pour elle seule.

Quoi qu’il en soit, alors qu’elle prenait son bain, Priscilla se leva doucement, s’éloignant des mains de Rem qui lui lavaient les cheveux, et se dirigea vers la fenêtre de la salle de bain.

Rem : “Priscilla-san, je suis encore en train de vous laver le corps, alors… Ah !”

Qu’est-ce que vous essayez de faire ? Cette question de Rem semblait être tombée dans l’oreille d’un sourd, car Priscilla, son beau corps généreusement exposé, ouvrit la fenêtre de la salle de bain.

L’air froid, qui n’avait rien à voir avec la vapeur chaude, pénétra dans la salle de bain, et Rem se recroquevilla inconsciemment. Cependant, les actions soudaines de Priscilla ne s’arrêtèrent pas là.

Elle se pencha par la fenêtre ouverte et continua vers le balcon à l’extérieur de la salle de bain.

Rem : “Q-qu’est-ce que vous faites ?! D’autres personnes pourraient vous voir ! Même si nous sommes au dernier étage, vous ne pouvez pas simplement…”

Dans la précipitation, s’emparant de sa canne et d’une serviette, Rem poursuivit Priscilla qui était sortie. En drapant la serviette sur ses épaules minces, elle se reprocha d’avoir cru pouvoir s’adapter à son impulsivité.

Toutefois, ignorant l’introspection de Rem, Priscilla, le regard tourné vers le ciel,

Priscilla : “――Il s’agit du ciel.”

Rem : “Le ciel… Nous ne sommes pas assez haut pour y être. Allez, avant que l’eau ne refroidisse, revenons――”

À l’intérieur, mais alors qu’elle essayait de tirer sur son bras, le mouvement de Rem fut interrompu.

Priscilla se retourna, après avoir doucement et délicatement posé son doigt sur les lèvres de Rem. Devant Rem, dont les yeux s’étaient inconsciemment écarquillés, les pupilles rouge sang de Priscilla vacillèrent et,

Priscilla : “Lève les yeux vers le ciel, Rem――il semblerait que ce soit la fin de cette vacation.”

Elle ne comprenait pas ce mot, mais son ton ne laissait aucun doute à Rem.

Son regard fut tout simplement attiré vers le haut, comme guidé, et Rem tourna également les yeux vers le ciel que Priscilla contemplait. Les pupilles bleues de Rem se concentrèrent afin de voir la même chose que Priscilla avait aperçue.

Cependant, elle ne pouvait pas affirmer avec enthousiasme qu’elle ne l’avait absolument pas remarqué. Quant à savoir pourquoi――

Rem : “C’est…”

Au-dessus du balcon, au-dessus de Rem et Priscilla qui se prélassaient dans le vent, dans le ciel où brillait un soleil trop grand, il y avait une tache noire de lumière qui flottait là, s’approchant lentement.

La tache noire était unique――non, deux, trois, qui se multipliaient lentement ; alors que leur forme floue devenait de plus en plus distincte, Rem laissa échapper un cri étouffé.

Alors que leur nombre augmentait, la véritable identité des taches noires qui approchaient était――

Priscilla : “――Hâte-toi, et demande à ceux d’en bas de préparer leurs armes. Une nuée de dragons ailés, ce n’est pas une mince affaire.”

Les conseils de Priscilla, qui devenaient de plus en plus pertinents à mesure que la réalité se faisait sentir, étaient quelque chose que Rem percevait avec sa peau, avec son âme.

Artiste du fan-art : PotechibiArt


――Au même moment, dominant du regard la ville entourée de hautes murailles en contrebas, des yeux dorés se plissèrent.

Enveloppés tout entier par le ciel bleu, traversant l’immensité avec une assurance souveraine, fendant le vent aux côtés des nuages blancs――ces êtres étaient, dans ce monde, les créatures les plus majestueuses qui soient : un essaim de dragons aériens.

??? : “――La Ville Fortifiée de Guaral.”

En prononçant le nom de la ville cible, son esprit combatif bouillonnant et ardent enflamma tout son corps.

En réponse à cet esprit combatif grandissant, le moral et l’enthousiasme des compagnons volants qui l’entouraient augmentèrent. Le bruit des hennissements se mêlait au battement des ailes dans le ciel, tandis que son impatience à l’approche de la chasse s’intensifiait sous ses yeux.

Quiconque qualifierait cela d’imprudence ne serait qu’une honte pour les chasseurs des cieux azurés, les dragons.

Quiconque ne sentait pas son sang bouillir à cette perspective était un lâche, indigne de côtoyer les nuages blancs.

Dragon : “――Kiryararahhh !!”

??? : “Je sais. Faisons notre travail correctement, comme l’a dit le vieil homme sénile.”

L’appel qui montait de sous ses pieds était l’attente manifestée envers la chasse par celui dont elle avait emprunté le dos.

Sur le dos d’un dragon aérien battant des ailes, la petite silhouette d’une personne les bras croisés exprimait sa compréhension à l’égard de cette excitation.

Des cheveux bleu ciel qui tombaient jusqu’aux épaules et des yeux dorés qui brillaient de mille feux. La robe fleurie qui enveloppait cette silhouette apparemment délicate ne laissait en rien transparaître la férocité et la sauvagerie de cette existence.

À première vue, certains pourraient même le décrire comme ayant une apparence charmante. Cependant, cela ne durait que jusqu’à ce que l’on remarque les deux cornes noires qui reposaient sur la tête de cette silhouette.

Même dans l’Empire de Vollachia, où les races à cornes ne manquaient pas, apercevoir des cornes noires était quelque chose qui arrivait rarement――pour ne pas dire jamais.

Car ce n’était rien d’autre que la preuve d’une existence qui ne devrait pas être.

??? : “Tout le monde est prêt ?”

La silhouette aux cornes noires qui ne devrait pas exister, son appel fit résonner d’innombrables hennissements――les réponses de la nuée de dragons aériens, des maîtres du ciel, de la nuée invincible composée de plusieurs centaines d’individus.

Avec le soleil dans le dos, traversant le ciel bleu, l’incarnation de la ruine avançait en masse.

Une catastrophe s’ils s’abattaient, des cris et des hurlements résonneraient dans les airs. Toute vie serait anéantie, disparaissant à jamais.

Étrangement, alors qu’un Grand Désastre ravageait une ville lointaine, une catastrophe d’un autre genre s’approchait de la ville protégée par une forteresse.

Avant le lever de rideau de cette chasse absolue, inéluctable et cruelle, les yeux dorés de cette existence――ceux de Madelyn Eschart, se plissèrent et ses joues se tordirent en un sourire.

La Commandante Dragon, Neuvième des Neuf Généraux Divins, ayant reçu l’ordre de détruire la ville, rendit son jugement.

Madelyn : “Tremblez de peur, fuyez dans tous les sens. Vous n’avez nulle part où aller――les dragons sont arrivés.”

Ainsi s’exprima-t-elle.

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