Re:Zero Lore FR
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Web Novel • Arc 07

39Scélérat

Artiste du fan-art : naku8jr

En jetant un coup d’œil à l’extérieur à travers le grand trou dans le mur du salon, Kafma grimaça de dégoût.

Sous ses yeux, dans le vent violent, la fumée subsistait. Il plissa les yeux en direction du bâtiment dans lequel les trois avaient disparu, après avoir réussi à s’échapper du hall――il ne voyait les fugitifs nulle part.

Kafma : “――――”

La poutre qui s’était fissurée s’effondra dans un grand fracas, mais comme elle était trop éloignée, il aurait été insensé d’espérer que ses débris écrasent ce groupe insolent. Mais――

Kafma : “Je ne vous laisserai pas vous échapper. Je ferai tout ce qu’il faut pour venger votre manque de respect envers Son Excellence…”

Olbart : “Non, non, on peut pas faire ça. Ils ont misé toutes leurs cartes sur cette occasion de s’échapper, hein ? Si on les poursuit maint’nant, ça va tout gâcher, non ?”

Kafma : “Maître Olbart !”

Après avoir été empêché de poursuivre les fugitifs, Kafma se retourna, les dents grinçantes. Sous ce regard, le petit vieillard murmura “Oh, effrayant” et se fit tout petit.

Devant sa réaction, le regard de Kafma devint encore plus perçant et plus furieux.

Kafma : “Pourquoi avoir laissé ces filles partir ? Pour vous, Maître, ça aurait dû être un jeu d’enfant de les capturer en un clin d’œil !”

Olbart : “Oh ? J’pourrais t’dire la même chose. Et j’ai pas pris trop d’pincettes non plus. Ce jeune homme avec le casque, il a quelques tours étranges dans son sac.”

Kafma : “…Jeune homme, j’ai eu l’impression qu’il n’était pas si jeune que ça.”

Olbart : “C’est pas vraiment important. En fait, vous avez presque tous l’air d’enfants qui s’dandinent à mes yeux. J’suis un vieil homme depuis votre naissance.”

Arborant un sourire sur son visage ridé, Olbart se désigna du doigt. Kafma s’apprêtait à lui faire remarquer une fois de plus son attitude désinvolte, mais Olbart poursuivit : “Et…”,

Olbart : “T’as peut-être oublié, mais j’dois garder un œil sur cette renarde là-bas, hein ? On n’sait jamais quand elle pourrait s’retourner contre Son Excellence.”

Kafma : “Le Général de Première Classe Yorna… En effet, j’ai été imprudent.”

Olbart : “Kakakakka, tant qu’tu comprends.”

Une fois cela mentionné, Kafma s’affaissa comme s’il avait honte d’avoir perdu son sang-froid. Lors de l’échange entre le jeune homme et le vieil homme, Yorna, qui avait été désignée comme une personne dangereuse, se couvrit les yeux de la main et prit la parole.

Yorna : “C’est très grossier de votre part. Comment osez-vous évoquer une femme aussi délicate que moi comme si vous parliez d’un animal dangereux… Je n’ai jamais été aussi humiliée de ma vie.”

Kafma : “Pour qui vous prenez… !”

Elle se moquait d’eux tout en feignant des larmes, et la colère de Kafma était dirigée vers Yorna. Mais Yorna s’éclaircit la gorge sous son regard, puis baissa doucement la main pour toucher ses yeux.

Ce faisant, elle porta son kiseru à sa bouche, remplit ses poumons de fumée violette et expira profondément, laissant échapper un grand nuage de fumée――la fumée ondula légèrement en se dirigeant vers le grand trou dans le mur.

Une fois que la fumée violette flottante l’atteignit, un changement étonnant se produisit.

Dans une nature très semblable à celle d’une hallucination, le mur démoli fut réparé dans un spectacle.

Le bois utilisé dans les zones où les murs effondrés du Château du Lapis Écarlate avaient été endommagés se tordait et se réparait, comme les blessures d’une créature en train de guérir. C’était un bâtiment en cours de réparation, mais étrange et surnaturel ; il donnait davantage l’impression d’être un être vivant que quelque chose d’inorganique.

Cette scène irréaliste poussa Kafma, qui se tenait près du mur en crispant les joues, à reculer et à se retourner vers Yorna.

Yorna : “Sur ce, tout est revenu à la normale maintenant… Alors si tu le peux, rétablis ton humeur, s’il te plaît.”

Kafma : “C’est…”

Vincent : “C’est pourquoi on ne peut pas se frotter à la Cité Démoniaque sans prendre les précautions nécessaires… Mais ce n’est pas le seul danger que représente cette femme.”

Après sa réparation du mur extérieur, Kafma haleta en direction de Yorna, qui lui adressa un sourire souple.

Son frisson fut complété par Vincent, qui n’avait même pas bronché au cours de l’agitation précédente. L’homme au sommet de l’Empire jeta un coup d’œil au mur, puis se concentra sur Yorna,

Vincent : “Ils ont quitté le château. Les conditions que toi et moi avions fixées ont été remplies.”

Yorna : “Dans ce cas, il serait quelque peu inconvenant de notre part de rejeter leurs efforts. J’espère que vous comprenez cela, Votre Excellence.”

Vincent : “――――”

Yorna : “Bien sûr, vous avez vos propres conceptions, Votre Excellence. Je les respecte. Mais n’oubliez pas.”

La souveraine de la Cité Démoniaque, Yorna Mishigure, qui n’avait pas fait l’effort de corriger son attitude envers l’Empereur depuis le départ, sourit en observant le silencieux Vincent.

Yorna : “Il s’agit de la Cité Démoniaque, ma ville――même l’épée de ce jeune homme bleu ne peut m’atteindre.”

Même si cette déclaration convenait au Seigneur de la Cité Démoniaque, il était inapproprié de l’annoncer à l’Empereur.

Pour l’Empereur de Vollachia, qui exerçait son autorité sur l’ensemble de l’Empire, le fait que Yorna agisse comme si son contrôle sur une seule ville était supérieur constituait plus qu’un simple manque de respect.

Toutefois, les propos de Yorna Mishigure ne pouvaient être réfutés.

Parce que tout le monde savait qu’ils étaient véridiques, qu’elle ait eu raison ou tort de les prononcer.

Dans cette Cité Démoniaque de Chaosflame, Yorna Mishigure détenait un pouvoir absolu. Par conséquent――

Vincent : “Je t’accorde une nuit.”

Considérer cela comme une défaite de l’Empereur de Vollachia reviendrait à ignorer la clairvoyance et la profondeur de pensée de cet Empereur. Néanmoins, même les proches de l’Empereur avaient du mal à discerner les intrigues que celui-ci dissimulait au fond de ses yeux sombres.

Ils devaient seulement croire que les paroles de Vincent n’étaient ni déraisonnables ni erronées.

Yorna : “Merci. Je vais prendre le temps d’examiner la réponse à la lettre.”

C’est ainsi que Yorna répondit à Vincent, et bien que ses paroles soient enthousiastes en apparence, son attitude et son visage ne laissaient transparaître aucune gentillesse.

Les deux gardes de Vincent, Kafma et Olbart, avaient chacun leur propre opinion sur l’attitude de Yorna. Mais ce qui expliquait leur tolérance envers Yorna, c’était leur propre culpabilité d’avoir laissé ces trois-là s’échapper.

Compte tenu des aveux de Vincent, il n’y avait rien à gagner à faire marche arrière.

Kafma : “Mais votre attitude est inexcusable. Je continuerai à le répéter.”

Yorna : “Kuhu. Si tu me regardes avec des yeux aussi effrayants, je ne vais pas pouvoir m’empêcher de trembler. Maître Olbart, peux-tu faire quelque chose pour moi ?”

Olbart : “Tu comptes me r’filer ça ? J’suis un vieil homme qui n’a plus beaucoup de temps à vivre, c’est l’devoir des jeunes d’être gentils avec la génération plus âgée. Attends, j’ai peut-être trouvé la meilleure idée pour gagner la sympathie d’la plupart des gens ? Mon heure est-elle enfin arrivée ?”

Kafma : “Maître Olbart !”

Kafma éleva la voix, furieux, devant la remarque malicieuse d’Olbart.

En observant la scène avec un sourire, Yorna secoua la fumée qui s’échappait de son kiseru. Vincent plissa les yeux en voyant ces Généraux et renifla légèrement.

Puis, se retournant, l’Empereur regarda la dernière personne qui l’accompagnait――celle qui, contrairement à Kafma et Olbart, n’avait pas bougé plus que Vincent.

Vincent : “Tu as très peu parlé. Ça ne te ressemble pas.”

??? : “…En effet, n’est-ce pas ? Eh bien, ce serait compliqué si je devais rencontrer certaines personnes.”

La voix d’un jeune homme arborant un sourire ironique répondit.

Le jeune homme portait une tunique bleue recouvrant sa tête, ce qui empêchait les autres de voir son visage. En soi, cela n’avait rien d’inhabituel pour lui, mais le fait qu’il ait resserré le col de sa tunique encore plus que d’habitude semblait avoir un rapport avec les invités présents auparavant.

L’homme soupira et haussa les épaules sous le regard du silencieux Empereur.

??? : “Je pensais devoir me taire dans cette Cité Démoniaque――les étoiles semblent elles aussi le vouloir.”

Vincent : “Est-ce cela que veulent les étoiles ? C’est absurde.”

??? : “Je préférerais que vous ne qualifiiez pas ça d’absurdité.”

En haussant les épaules, l’homme sourit aux paroles dédaigneuses de Vincent.

Avec ce sourire amer, il poursuivit.

??? : “Si Votre Excellence était sérieuse et prenait en considération les désirs des étoiles, vous ne seriez pas venue jusqu’ici, n’est-ce pas ?”

Vincent : “Espèce d’imbécile, crois-tu vraiment connaître ce qui réside dans mon cœur ?”

??? : “Ne soyez pas ridicule, je vous prie.”

Les épaules de l’homme s’affaissèrent tandis que Vincent croisait les bras et baissait d’un ton.

Vincent détourna alors son regard de l’homme――de l’Oracle des Étoiles, et plissa les yeux en direction du ciel dans lequel les trois rebelles avaient disparu, au-delà du mur qui s’était déjà refermé.

Et puis――

Vincent : “――Les souhaits des étoiles sont absurdes.”

Ce murmure que personne n’était capable d’entendre demeura un chuchotement pour lui-même, puis disparut.


Subaru : “Kof ! Kahk ! Atchoum !”

En toussant dans l’épais nuage de poussière, il faisait désespérément travailler ses poumons.

Le dos endolori par le choc, Subaru passa sa main sur la zone touchée pour vérifier s’il était blessé. Il retira sa main avec crainte et constata qu’elle n’était pas tachée de sang ; apparemment, il ne s’agissait que d’une contusion. C’était un miracle.

La probabilité que les matériaux de construction provenant du bâtiment détruit ou les morceaux des poutres effondrées l’aient transpercé ou lui aient déchiré les organes vitaux était élevée. À quel point avait-il été chanceux ?

Subaru : “Nous n’avons pas le temps pour ça… Midyam-san ! Al !”

??? : “J-je suis là… Aïe, aïe.”

En secouant la tête, il appela rapidement les noms des deux personnes avec lesquelles il était censé être. Et entendant une réponse provenant de sous les décombres à ses côtés, Subaru se précipita pour écarter les débris, afin de rechercher ces personnes.

Midyam, enterrée, toussa puis cligna des yeux

Midyam : “Uwah, j’ai cru que j’allais mourir ! Ça va, Natsumi-chan ?”

Subaru : “J’ai réussi à m’en sortir grâce à la protection de Midyam-san et d’Al… Midyam-san, tu es blessée ? Tu as mal quelque part ?”

Midyam : “Uhyahyahya, ça chatouille~ ! Ça va, ça va ! Je vais bien !”

Après avoir examiné les épaules et le dos de Midyam, elle se tortilla et repoussa la poitrine de Subaru.

Ce n’était ni du bluff ni un mensonge ; elle ne semblait pas non plus avoir de blessures visibles. Il semblerait que tous deux aient eu énormément de chance.

Subaru : “Al――”

À la recherche d’Al, qui ne répondait pas, Subaru scruta les environs.

Lorsque les nuages de poussière se dissipèrent enfin, Subaru remarqua que lui et les autres avaient atterri dans une écurie vide. Le bâtiment situé à côté du Château du Lapis Écarlate était apparemment un entrepôt où était stocké le foin destiné aux Chevaux Tempétueux.

La raison expliquant pourquoi le groupe de Subaru avait été sauvé d’une chute mortelle depuis une grande hauteur était le foin, qui avait servi de coussin. Sans le foin, Subaru aurait au minimum connu une mort horrible, écrasé comme une tomate.

À Vollachia, où la magie curative était rare, sans compter Rem, il y avait de fortes chances que les personnes gravement blessées ne puissent être sauvées. En ce sens, l’environnement de l’Empire était beaucoup plus propice à la mort que celui de Lugnica.

Bien sûr, il était possible d’affirmer que c’était la conception de l’Empire selon laquelle seuls les plus aptes sont capables de survivre qui avait causé tous ces dangers.

Midyam : “Le voilà ! Al-chin !”

Puis, alors que Subaru regardait autour de lui dans la pièce faiblement éclairée, Midyam, à côté de lui, fit un mouvement comme si elle allait bondir.

Elle se pencha près d’une charrette qui avait été renversée par le choc de la chute. Sous le lourd tas de foin sur lequel les trois étaient tombés, emmêlés les uns aux autres, quelque chose avait commencé à bouger.

Subaru se précipita, et tous deux, lui et Midyam, se mirent à creuser dans le foin. Finalement, un bras épais et inerte apparut sous le foin, et ils le tirèrent vers le haut. Et puis――

Al : “Aïe ! Mon bras droit va aussi se détacher !”

Subaru : “Ce n’est pas drôle !”

Midyam : “Mais Al-chin est vivant lui aussi ! C’est incroyable !”

Subaru réprimanda Al pour sa blague pas drôle, mais fut soulagé par les paroles de Midyam.

Al fut extrait de la meule de foin ; son corps était dans un état épouvantable. Contrairement à Subaru et Midyam qui s’en étaient miraculeusement sortis avec seulement quelques contusions et égratignures, le corps d’Al était couvert de nombreuses lacérations et ecchymoses.

Il avait repoussé les épines de Kafma et, même si ce n’était que temporairement, Olbart également. Après son saut sur Subaru et Midyam à la toute fin, il s’était trouvé dans une position où il pouvait facilement être poursuivi par l’ennemi.

――Chacune des blessures qu’il avait reçues étaient des plaies qui auraient dû être infligées à Subaru et Midyam à l’origine.

Subaru : “――――”

Al : “Qu’est-ce qu’il y a, frangin… Tu as l’air déprimé.”

Subaru : “Eh bien, c’est…”

Al : “C’est un miracle que nous ayons tous survécu au no-rope bungee. Mais me regarder comme ça ne m’aidera pas à accepter les cicatrices sur mon dos. C’est une honte pour un épéiste, tu sais ?”

En pivotant langoureusement les épaules, Al parla pour encourager Subaru.

Cette attitude étouffa Subaru, mais il acquiesça rapidement : “Je suppose que oui”.

Al essayait de se montrer distant et de faire comme si tout cela ne le concernait pas, mais ses efforts en attaque et en défense jusqu’à présent étaient uniquement dus à sa sincérité envers Subaru.

Il sympathisait avec les objectifs de Subaru et avait promis de l’aider.

À cette fin, l’homme qui était même prêt à se battre pour sauver la vie de Subaru était Al.

Subaru : “Je me suis trompé à ton sujet…”

Al : “Hein ?”

Subaru : “Je pensais que tu étais toujours détaché et irresponsable, peu fiable et peu sérieux dans tout ce que tu faisais.”

Al : “Oi oi.”

Subaru : “Mais tu as risqué ta vie pour moi――je ne l’oublierai pas.”

Posant sa main sur sa fausse poitrine, il fit part à Al de sa sincère résolution.

Sans lui, Natsuki Subaru ne serait pas en vie à cet instant. C’est pourquoi, désormais, Natsuki Subaru se battrait sans oublier la faveur qu’il avait reçue d’Al.

Même si sa vie pouvait prendre fin dès l’instant suivant――

Midyam : “Natsumi-chan, Al-chin, si vous batifolez trop…”

Subaru : “Oui, je sais, je sais. Partons d’ici dès que possible. Sinon, le sacrifice d’Al aura été vain.”

Al : “Ce n’est pas un sacrifice !”

À la demande insistante de Midyam, Subaru s’essuya le visage avec sa manche et répondit d’une voix forte.

C’était un coup de chance que tous les trois aient survécu, mais il était encore trop tôt pour se réjouir. Les conditions proposées par Yorna et Vincent avaient été remplies, au moins, mais il n’était pas certain que Kafma et Olbart renonceraient.

Tant qu’il n’en serait pas certain, ils devraient survivre.

Subaru : “Nous devons partir maintenant. Cachons-nous et trouvons les réponses là-bas, à…”

??? : “――Nul besoin de s’inquiéter pour ça.”

Subaru : “――Hk ?!”

Il était sur le point de sortir en prêtant son épaule à Al, lorsqu’une voix l’interpella.

Surpris par cela, il retira brusquement ses mains, et Al, qui était appuyé contre son épaule, bascula et cria “Guoh !”. Mais il n’avait pas le temps de s’inquiéter pour lui.

Une confrontation avait commencé entre le groupe de Subaru et cette nouvelle silhouette à l’entrée de l’écurie.

Subaru : “Tu es…”

??? : “Je vous prie de m’excuser pour ce retard dans mes salutations. Je suis une servante de Yorna Mishigure-sama, et je m’appelle Tanza.”

La personne qui prononça ces mots en inclinant respectueusement la tête était vêtue d’un kimono particulier et portait des bois de cerf――c’était la fille-cerf qui s’était tenue aux côtés de Yorna.

La jeune fille qui se faisait appeler Tanza leva lentement les yeux et observa Midyam, qui se tenait devant elle comme pour protéger Subaru et Al, puis secoua la tête.

Tanza : “Ne vous inquiétez pas, tout va bien. Je ne vous veux aucun mal.”

Midyam : “Vraiment ? Mais nous avons détruit les murs de cet endroit et du château de ta maîtresse, non ?”

Tanza : “Le château et les écuries seront réparés par Yorna-sama――Yorna-sama vous a acceptés comme messagers. Plus personne ne vous importunera.”

L’inquiétude de Midyam fut dissipée par les mots que Tanza avait ajoutés à la fin. Cette phrase fit baisser les sourcils de Midyam, soulagée, mais l’impression de Subaru était tout à fait opposée.

Mis à part le fait que Yorna allait réparer les murs et les écuries, la question était plutôt : que se passerait-il ensuite ?

Subaru : “Dire que personne ne nous importunera, ce n’est pas rien. Nous savons que Sa Majesté l’Empereur était là, tu sais ?”

Subaru se tenait derrière Midyam, protégé par elle, sans se soucier de paraître sous son meilleur jour. Les yeux gris de Tanza fixaient Subaru alors qu’il s’avançait.

Malgré son joli visage, c’était une fille qui ne manifestait pas ses émotions. L’amabilité était censée être une qualité essentielle chez une kamuro, mais son comportement lui faisait penser à une poupée.

Subaru : “Tout du moins, nous sommes ceux qui ont fait du mal à Sa Majesté l’Empereur… et vous allez tous fermer les yeux là-dessus ? C’est ce qu’a déclaré Dame Yorna ?”

Tanza : “Oui. Personne ne peut s’opposer à Yorna-sama ici, dans la Cité Démoniaque. Je pense que Vincent-sama en est également conscient.”

Subaru : “Oh…”

La réponse de Tanza était factuelle, mais empreinte d’une certitude absolue. En entendant cela, Subaru fut pris de court et ravala les mots qu’il s’apprêtait à prononcer.

Après cela, Subaru et les autres levèrent les yeux vers le plafond des écuries qu’ils venaient de franchir et s’assurèrent qu’il n’y avait aucun mouvement dans le Château du Lapis Écarlate. D’après sa brève impression, Kafma les aurait suivis immédiatement.

Subaru : “Même ça, ça n’arrive pas… Apparemment, il faut te croire.”

Tanza : “Vincent-sama reviendra également. Vous recevrez une réponse à votre lettre demain.”

Subaru : “…Je comprends.”

Tanza : “Alors, bon retour.”

Tanza s’inclina en réponse au soupir de Subaru, puis tourna le dos aux trois.

Elle avait accompli le minimum de travail avec précision, et semblait maintenant retourner auprès de Yorna. Soudain, alors qu’elle s’éloignait, Subaru l’appela pour l’arrêter en disant “Tanza-san”.

Tanza s’arrêta et se retourna. Alors qu’il fixait son visage immobile, avec son expression de poupée,

Subaru : “Quel genre de personne est Yorna-sama à tes yeux ?”

Le prétexte de cette interrogation tenait au fait que Subaru avait trop d’impressions intérieures concernant Yorna.

Tant qu’elle ignorait que Vincent était un imposteur, elle devait le traiter de la même manière qu’elle traitait Abel, l’Empereur.

Il ne trouvait pas juste de fermer les yeux sur son comportement irrespectueux et grossier sous prétexte qu’elle était une femme puissante, mais il ne comprenait pas pourquoi elle agissait ainsi.

Que ressentait Yorna pour Abel, de l’affection ou de l’hostilité ?

Combiné au fait qu’elle avait encouragé Subaru et les autres à lutter, les profondeurs de son cœur étaient presque indéchiffrables. Par conséquent――

Subaru : “J’aimerais entendre l’avis de quelqu’un qui est à ses côtés. Ses impressions sur Yorna Mishigure-sama.”

Tanza : “C’est une femme aimante. Elle aime ses alliés et déteste ses ennemis――elle aime tout ce qui réside dans la Cité Démoniaque.”

Subaru : “――――”

Tanza répondit sans hésiter, et pour la première fois, une lueur d’émotion passa dans ses yeux.

Elle disparut en un éclair, mais aux yeux de Subaru, elle semblait remplie d’une faible passion, et il fut incapable de dire quoi que ce soit d’autre.

Incapable de poursuivre, il ne put que regarder le dos de la fille qui s’éloignait.

Si on lui demandait s’il avait obtenu les réponses qu’il souhaitait, il devrait répondre que non.

Au contraire, l’impression mystérieuse qu’il avait de Yorna n’avait fait que s’intensifier. Il ne détectait aucune fausseté dans les paroles de Tanza. Mais il lui était difficile de croire que cette femme était une personne aimante.

Depuis leur arrivée à la Cité Démoniaque, Subaru et les autres avaient été à sa merci.

Al : “Bon sang, elle est partie… Qu’est-ce qu’on va faire ?”

Subaru : “… Nous n’avons pas d’autre choix que de rentrer. Pour l’instant, nous devons faire confiance à Tanza-san et attendre sa réponse demain.”

Dans les écuries d’où Tanza avait disparu, Subaru tendit à nouveau son épaule à Al, qui était tombé sur les fesses.

Tout en soutenant son poids, Subaru leva une nouvelle fois les yeux vers le Château du Lapis Écarlate.

Subaru : “Un château ostentatoire et tape-à-l’œil… Est-ce là le sens du mot “iridescent” ?”

Tout en marmonnant pour lui-même, Subaru réalisa que les paroles de Tanza étaient vraies.

Cet étrange château aux couleurs bleues et rouges était dépourvu du trou que lui et les autres avaient créé. Il eut beau plisser les yeux, il ne le trouva nulle part, pas même une ombre n’en subsistait.


Abel : “Je vois, alors il est venu, hein.”

Subaru : “Tu as quelque chose à dire ? Peut-être quelque chose comme “Je suis désolé”, “Je m’excuse” ou “Pardonne-moi” ?”

Après être retourné précipitamment à l’auberge, Abel reçut un rapport sur l’incident concernant la remise de la lettre. Fronçant fortement les sourcils suite à ses premières remarques, le visage de Subaru se remplit de haine, alors qu’il insistait pour obtenir une réponse. Malgré cela, Abel, portant le masque d’oni, poussa le front de Subaru avec sa paume, agacé.

Abel : “Pourquoi devrais-je m’excuser ? Vous avez bien agi. J’étais sur le point de vous féliciter pour votre excellent travail.”

Subaru : “Nous féliciter ?! Nous féliciter, tu dis ?! Ne me sers pas cette attitude condescendante avec cette formulation ! Tu n’as pas à me complimenter, je fais juste ce qui doit être fait. Hey, vous deux !”

Al : “Ne m’implique pas là-dedans.”

Subaru tira la langue en direction d’Abel, mécontent, tout en protestant avec véhémence et en appelant des renforts. Al, cependant, étendit ses jambes sur le sol et fit un geste de la main pour dire : “Laisse-moi tranquille”.

Au vu du contenu détaillé, Al était celui qui avait le plus travaillé. Il avait laissé à Taritta le soin de soigner son corps couvert de blessures, et celui-ci avait fini par ressembler à une momie à cause de tous les bandages.

Combiné à son casque noir et aux bandages qui recouvraient tout son corps, son apparence était incroyablement surréaliste.

Taritta : “Je suis contente que Natsumi et Midyam aillent bien. J’aurais vraiment dû venir avec vous, j’étais tellement inquiète.”

Subaru : “Hey, tu entends ça ? C’est la bonne réponse. En tant qu’Empereur, pourquoi ne suis-tu pas l’exemple de Taritta-san, qui prend la relève en tant que cheffe ?”

Taritta : “Arrête, je t’en prie, je vais mourir…”

Considérée comme un bon modèle par Subaru, qui expliquait à ce moment-là quel devait être l’état d’esprit d’une personne occupant un poste élevé, Taritta secoua la tête, le visage pâle.

Même si son attitude était craintive, Subaru ne pouvait s’empêcher d’être déçu. N’y avait-il personne capable de punir Abel ?

Dans des moments comme celui-ci, il avait honte de ne pas avoir d’autre choix que de profiter de la vulnérabilité de quelqu’un.

Rui : “Uu ! Auu !”

Midyam : “Ah ! Rui-chan, tu ne peux pas faire ça ! Tu vois, Natsumi-chan et les autres sont au milieu d’une conversation importante !”

Rui : “Uu ! Uu !”

Et puis, les pensées de Subaru furent perturbées par un cri aigu provenant de la pièce voisine.

En jetant un coup d’œil vers la porte de la pièce voisine, il vit que Rui et Midyam se battaient. Bien sûr, Rui n’avait aucune chance contre Midyam, et cela ressemblait plutôt à un combat de sumo entre un adulte et un enfant.

Peu après, Rui fut emportée et sa silhouette disparut à nouveau dans l’autre pièce.

Rui : “Aauu !”

Subaru : “…Eh ben, qu’est-ce qui se passe là-bas ? Depuis que je suis revenu, elle n’arrête pas d’essayer de me sauter dessus.”

Al : “Pour une raison quelconque, elle semble être particulièrement attachée à toi, frangin. Elle ne me regarde même pas. Non pas que je veuille qu’elle s’attache à moi.”

En entendant les soupirs de Subaru, Al poussa un grognement sous sa forme finale, qui ressemblait à un costume d’Halloween bon marché. À côté de lui, Taritta s’essuya le front avec satisfaction, son sens esthétique n’étant pas trop mauvais.

Subaru avait trouvé quelqu’un qui rivaliserait avec Émilia et Béatrice, ce qui lui faisait à nouveau regretter leur absence――non, ce n’était pas seulement elles deux qui lui manquaient, mais tout le monde de l’autre côté de la frontière.

Bientôt, cela ferait vingt jours que Subaru avait été envoyé à Vollachia.

Tant que Béatrice et Ram étaient là, elles pouvaient veiller à la survie de Subaru et Rem, mais c’était tout ; le fait qu’ils ne puissent transmettre aucune autre information rendait la situation encore plus frustrante.

Il souhaitait trouver un moyen de retrouver Émilia et les autres dès que possible.

Subaru : “Et pourtant, cet homme masqué continue d’omettre tous les détails importants…”

Abel : “Hmm, tu te permets de me pointer du doigt et de dire que je suis celui qui porte un masque ? Si je porte un masque, qu’est-ce que tu es alors ? Un imbécile et un clown, peut-être ?”

Al : “Je dirais qu’on porte tous des costumes d’Halloween bon marché, non ?”

Les paroles d’Al avaient deviné les pensées les plus intimes de Subaru quelques instants auparavant, et cette expression, associée à l’argument d’Abel, fit grincer les dents de Subaru dans un “Grr”.

En fait, Subaru, habillé en femme, Abel, portant son masque d’oni, et Al, en tant qu’homme enveloppé de bandages et portant un casque, ressemblaient tous à des participants à une fête costumée. Cela reflétait en quelque sorte Chaosflame ; dans cet endroit où se mêlaient de nombreuses races différentes, on aurait dit qu’ils essayaient tous d’empêcher leur individualité d’être ensevelie.

Bien sûr, le travestissement de Subaru était motivé par des raisons pratiques, c’était quelque chose d’inévitable.

Subaru : “Bref ! J’ai pu rencontrer Yorna-san au château, mais j’ai aussi croisé l’entourage de l’Empereur… C’était ton double, pas vrai ?”

En frappant dans ses mains, Subaru corrigea de force le cours de la conversation.

Il prenait soin de parler à voix basse pour éviter d’être entendu, mais il voulait que ceux qui se trouvaient devant lui écoutent exactement ce qu’ils devaient entendre.

En réponse, Abel hocha sa tête arborant le masque d’oni en disant “Ouais”.

Abel : “Même si beaucoup peuvent se rapprocher de mon apparence, une seule personne est capable de se faire passer pour moi――Chisha Gold.”

Subaru : “Chisha Gold… L’un des Neuf Généraux Divins. Si je me souviens bien, c’est le Tisseur Blanc, pas vrai ?”

Abel : “C’est exact. Il est très sage et excellent pour commander une grande armée. Et…”

Al : “La première personne à avoir trahi Abel-chan.”

À la suite du dernier commentaire d’Al, Abel, assis sur le lit, les bras croisés, l’approuva silencieusement.

Il avait été le premier parmi les Neuf Généraux Divins traîtres, une personne en qui Abel avait dû avoir une grande confiance. C’était le substitut d’Abel――non, plutôt qu’un substitut, il occupait désormais le siège de l’Empereur.

Subaru : “Chisha… Pourquoi penses-tu que le faux Empereur est venu dans la Cité Démoniaque ?”

Abel : “Il comprend les conditions nécessaires pour remporter la victoire dans une bataille contre moi.”

Subaru : “Celui qui a le plus grand nombre de Généraux Divins à ses côtés gagne.”

La sécurisation des Neuf Généraux Divins, symbole de la puissance de l’Empire de Vollachia, était la clé décisive de la victoire.

Pour obtenir cette clé, Subaru et les autres avaient pris la peine de se rendre à Chaosflame. Toutefois, d’après la réponse actuelle d’Abel, il n’y avait qu’un seul objectif possible.

Subaru : “Alors, ils essaient aussi de rallier Yorna Mishigure à leur cause ?”

Abel : “C’est difficile à imaginer. Yorna Mishigure… Il n’est pas assez imprudent pour croire qu’elle écouterait la persuasion ou la négociation.”

Subaru : “――? Alors qu’est-ce qu’ils font ici ?”

Abel : “C’est une évidence――il savait que je me rendrais à la Cité Démoniaque.”

Après avoir entendu la réponse d’Abel et avoir été incapable de la comprendre, un point d’interrogation apparut au-dessus de la tête de Subaru.

Tout aussi perplexe, Al leva la main et prononça “Abel-chan”.

Al : “Vous êtes en train de dire que le faux Empereur était capable de prédire qu’Abel-chan allait se rendre à Chaosflame ? Si c’est vrai, on est dans de beaux draps, non ?”

Abel : “Il peut suivre mes pensées avec une précision considérable. Après tout, en partant de l’endroit où je me rendrais après avoir quitté le trône et la prise de la Ville Fortifiée, sans oublier la répartition des Neuf Généraux Divins… Naturellement, la Cité Démoniaque serait considérée comme un lieu stratégique.”

Subaru : “En sachant ça… Non, impossible !”

Subaru écarquilla les yeux en assimilant les paroles désinvoltes d’Abel. Puis il pointa du doigt ce dernier, qui l’observait silencieusement, d’un geste tremblant.

Subaru : “Tu t’attendais à ce que nous tombions sur le faux Empereur, hein ? Pour éviter de le croiser en personne, tu es resté seul à l’auberge…”

Abel : “Imbécile. À quoi bon agir de la sorte ? Si tu réduis le nombre de pièces sous ton contrôle sans opposer de résistance, tu compromettras tes chances de victoire, même dans une partie de Shatranj déjà gagnée.”

Subaru : “…Eh bien, je suppose que c’est vrai, mais…”

Le seul élément qui n’avait pas de sens concernait le fait qu’Abel agirait de manière préjudiciable pour lui-même.

Le seul problème résidait dans le fait qu’il ne pouvait pas le réfuter ; et tant que cela serait le cas, la théorie du complot de Subaru selon laquelle Abel était un génie maléfique finirait par être considérée comme n’étant littéralement qu’une théorie du complot. Quoi qu’il en soit――

Subaru : “Bon, revenons-en au sujet qui nous intéresse. Que veux-tu dire ? Que le faux Empereur savait qu’il ne pourrait pas convaincre Yorna-san de se rallier à sa cause. Pourtant, il s’est quand même présenté à la Cité Démoniaque parce que tu venais…”

Abel : “Il souhaitait prendre l’initiative et détruire la relation entre Vincent Vollachia et Yorna Mishigure. Crois-tu vraiment que j’aurais pu facilement atteindre le sommet de la tour du Château du Lapis Écarlate après un tel événement ?”

Al : “Oh, c’est un peu… Quel type sournois, oy !”

Lorsqu’Al acquiesça d’un signe de tête, Subaru se sentit agacé et approuva également.

Finalement, Subaru comprit ce qu’Abel voulait dire. En d’autres termes, l’objectif de Vincent était de faire en sorte que Yorna ne soit ni une amie ni une ennemie, mais de la maintenir à l’écart en tant que vote invalide.

Pour ce faire, il s’était rendu en personne au château et avait prévu une rupture décisive des négociations avec l’Empereur.

Subaru : “…Donc, si nous étions arrivés un jour plus tard.”

Abel : “Leur plan aurait été mis en place. C’est pourquoi je l’ai affirmé. Que c’était du bon travail.”

Subaru : “――――”

Immobile, le regard scrutateur, Subaru fixa Abel sans ciller.

En d’autres termes, l’échange précédent était sa façon de montrer son appréciation. Si tel était le cas, un patron ne pourrait pas être plus mauvais pour féliciter ses subordonnés.

Même se féliciter lui-même aurait été plus efficace que le compliment d’Abel.

Subaru : “Bravo, moi… Al et Midyam-san aussi !”

Al : “Oh ? Oh, ouais, bravo à nous.”

Midyam : “Ouaiiiis~. Les remarques cinglantes de Natsumi-chan étaient géniales !”

Les trois, qui avaient surmonté la mort ensemble et étaient devenus plus unis, se félicitèrent mutuellement. Contrairement à Abel, Subaru éprouvait de la pitié pour Taritta, qui se sentait seule d’avoir été exclue du groupe.

Subaru : “Mais il y a beaucoup de choses que j’aurais aimé que tu me dises avant. Par exemple, le fait que Yorna-san ait des sentiments pour toi.”

Al : “Oh, c’est quelque chose que je voulais ajouter. Je vous en supplie, Abel-chan. Vous êtes un tombeur par nature, on n’y peut rien, mais dans ce cas, vous devez payer la taxe ikemen.”

(Note de Traduction : Ikemen (イケメン) est un terme argotique moderne utilisé pour désigner un bel homme.)

Abel : “Je ne comprends vraiment pas ce que tu racontes, clown. De plus, toi aussi, tu te méprends.”

Al : “Comment ça, je me méprends ? Je me suis contenté d’observer l’interaction concrète.”

Même s’il avait déclaré “concrète”, il s’agissait de l’interaction entre Yorna et Vincent, mais le fait qu’elle avait dirigé des regards séducteurs à Abel était vrai.

Néanmoins, Abel poussa un profond soupir face à l’insistance de Subaru et Al.

Abel : “Je ne suis pas celui vers qui les pensées de Yorna Mishigure sont dirigées. Elles sont dirigées vers l’Empereur de Vollachia.”

Subaru : “…C’est donc toi, pas vrai ? Tu ne vas pas me dire maintenant que c’est toi qui es l’imposteur et que l’autre Empereur est le véritable, hein ?”

Pendant un instant, les soupçons qui avaient germé en lui au Château du Lapis Écarlate se ravivèrent, et Subaru le fusilla du regard comme s’il racontait une blague. Cependant, Abel le congédia d’un “Foutaises”.

Abel : “Ne le prends pas au pied de la lettre. Il est vrai que je suis l’Empereur de Vollachia, mais le titre d’Empereur de Vollachia ne se réfère pas uniquement à moi. Il y a eu des Empereurs de Vollachia par le passé, et il y aura des Empereurs de Vollachia à l’avenir.”

Subaru : “C’est…”

Subaru roula des yeux après avoir digéré l’explication concise d’Abel. À côté de lui, Al laissa échapper un “Heiiiin~ ?” qui semblait stupide.

Al : “Donc, vous insinuez que l’objectif de Yorna-chan est la richesse ou le statut social d’Abel-chan ?”

Abel : “Je ne vais pas entrer dans les détails, mais je suis presque certain que c’est bien de ça qu’il s’agit. Ce qu’elle désire, c’est atteindre le sommet de l’Empire… devenir la maîtresse préférée de l’Empereur de Vollachia. Ça ne signifie pas nécessairement moi.”

Subaru : “…Je me sens un peu désolé pour toi.”

Abel : “Ne me prends pas en pitié en te basant sur tes propres récits progressistes.”

Dans un sens, c’était une condition préalable clairement définie pour l’amour.

La maîtresse favorite de l’Empereur――en d’autres termes, l’objectif de Yorna semblait être de devenir l’épouse de l’Empereur. Assurément, dans cette position, elle pourrait diriger l’Empire aussi bien sur le plan du pouvoir que sur celui de la puissance financière sans devenir Impératrice.

Gouverner la Cité Démoniaque de Chaosflame ne suffisait pas à satisfaire l’avarice de cette magnifique femme-renard.

Taritta : “Maintenant que vous le mentionnez, qu’avez-vous écrit dans votre lettre ?”

Al : “Eh bien, peut-être qu’il l’épousera si elle nous rejoint ou quelque chose comme ça. Je pense que c’est le moyen le plus rapide d’y parvenir, et elle est tellement belle.”

Subaru : “Je me demande si sa beauté suffit à compenser le fait qu’elle soit aussi difficile à aborder…”

Subaru estimait qu’il était possible de tolérer un certain égoïsme et un mauvais caractère à condition qu’il s’agisse d’une belle femme, mais seulement jusqu’à un certain point.

Priscilla et Yorna étaient sans aucun doute magnifiques, mais Subaru ne voulait épouser aucune d’elles. Peu importe le nombre de vies qu’il aurait, il ne pourrait pas supporter de vivre dans un état d’anxiété constante comme celui-là.

Abel : “Je n’ai pas l’intention de révéler le contenu de la missive. En revanche, je peux vous assurer qu’elle ne décevra pas vos attentes.”

Subaru : “Des garanties ne peuvent être établies que lorsqu’il y a de la confiance… Oh non, n’abordons pas ce sujet. Ça ne sert à rien d’en parler. Arrêtons, arrêtons !”

En frappant dans ses mains, Subaru mit fin à la conversation.

Abel lui jeta un regard désapprobateur en assistant à cette conclusion insatisfaisante, mais Subaru, en regardant Al et en commençant par “Au fait”, poursuivit avec un nouveau sujet de conversation.

Subaru : “Il y avait un Général Divin, tu l’appelais Olbart. Le Vieux Scélérat, c’est ça ?”

Al : “Ouais, il était là. Ce vieil homme est une mauvaise nouvelle. J’ai rencontré beaucoup de types dans ma vie, mais il est vraiment unique en son genre parmi tous ceux que j’ai croisés.”

Subaru : “Penses-tu que ce vieil homme a déjà été recruté par notre adversaire ? Si c’est le cas, alors Arakiya, Chisha et une troisième personne ont déjà été pris.”

Pour détenir la majorité des Neuf Généraux Divins, il fallait en posséder cinq.

Mais alors que Subaru et les autres avaient encore du mal à recruter le premier, il y avait déjà trois Généraux Divins dans le camp adverse.

Al : “Au fait, d’après ce que j’ai entendu, ce vieil homme est classé Troisième. Ils ont aussi la Deuxième, la p’tite demoiselle Arakiya, et le Quatrième, Chisha.”

Subaru : “Ils ont pratiquement couvert les plus grands numbers !”

En entendant le sombre rapport d’Al, Subaru s’écria à voix haute.

Si les rangs étaient classés par ordre de puissance, la différence semblait déjà insurmontable. Comme Yorna occupait le rang de Septième, la détresse de Subaru était à prévoir.

Abel : “Ne hurle pas… Il est probable qu’Olbart ne se soit pas allié à l’autre faction. Actuellement, il se contente d’obéir aux ordres de l’Empereur en tant que Général Divin.”

Subaru : “…Et sur quoi tu te bases pour affirmer ça ?”

Abel : “Olbart Dunklekenn est lui aussi un homme qui n’est pas prévisible dans ses actions. Si l’on souhaite changer la situation actuelle, il faut rectifier la voie vers la victoire. Influencer Arakiya peut sembler trivial, mais Olbart n’est pas aussi facile à piéger.”

Subaru : “Donc, ce que tu veux dire, c’est que les Neuf Généraux Divins ne peuvent pas être contrôlés complètement… ?”

En d’autres termes, puisqu’il n’avait pas été capable de tenir les rênes du pouvoir, le sosie qui avait pris sa place serait lui aussi incapable de tenir les leviers du pouvoir.

C’était une conversation qui, selon lui, n’avait rien de réjouissant, une conversation qui le rendait inquiet quant à l’avenir.

Taritta : “Alors, le vieil homme nommé Olbart a sa place parmi nous.”

Abel : “Il va de soi qu’il faut apporter des arguments convaincants à la table des négociations. C’est un vieil homme rusé qui a des besoins et des attentes. Une fois que la situation sera plus claire, nous pourrons décider de ce qu’il convient d’apporter.”

Subaru : “Oh, à ce propos, tu le connaissais, Al, non ? Quelle est ta relation avec lui ?”

S’ils souhaitaient négocier avec Olbart, Subaru estimait qu’Al était le meilleur choix.

La conversation entre Al et Olbart dans la tour du château avait révélé cette possibilité.

Subaru : “L’Île des Gladiateurs, c’est ça ? Tu as donc joué un rôle dans la résolution d’une affaire qui s’est déroulée là-bas…”

Al : “Oh, ouais. Mais il n’y a pas grand-chose à ajouter ? Il y a huit ans, alors que j’étais encore gladiateur à Vollachia, j’ai été mêlé à une rébellion sur l’île. Les gladiateurs de l’île ont pris une Grande Comtesse en otage au cours d’un combat à mort et ont formulé des exigences pour sa libération.”

Subaru : “Ça me semble être un incident majeur… Et tu l’as résolu, Al ?”

Al : “Pour être exact, c’était moi et la p’tite demoiselle Arakiya quand elle était encore une loli. Et puis il y a la Grande Comtesse qui était censée être retenue en otage… On pourra parler de ces détails plus tard.”

En occultant la seconde moitié de l’histoire, Al se gratta le cou avec embarras. Cela semblait être quelque chose de difficile à raconter, mais même sans les détails cachés, il était possible d’en comprendre l’essentiel.

Al avait résolu un incident dans l’Empire et, huit ans plus tard, il avait demandé une récompense pour son exploit. Cela avait permis à Subaru et aux autres d’atteindre leur objectif et de rentrer sains et saufs.

Subaru : “Tu voulais vraiment l’utiliser de cette manière ?”

Al : “Je pense que je n’aurais jamais l’occasion de l’utiliser ailleurs qu’ici, alors pourquoi pas ? Pour être honnête, je ne pensais pas que ce serait une préfiguration aussi incroyable. Je tiens à remercier mon moi léthargique de l’époque.”

Al émit un petit rire joyeux, souhaitant apparemment éviter que Subaru ne se sente encore plus gêné.

Subaru se sentait reconnaissant pour sa sollicitude, tandis qu’Abel, après avoir murmuré “Je vois”, acquiesça d’un signe de tête.

En relevant le menton de son masque d’oni et en le retournant délicatement vers le haut, Abel dévoila son visage nu à Al, et,

Abel : “J’avais entendu dire qu’un gladiateur de l’Île des Gladiateurs avait travaillé dur dans la tourmente qui a suivi mon accession au trône. J’ai également appris qu’il n’avait demandé aucune récompense… Serait-ce toi, clown ?”

Al : “On dirait bien. Je suis plus surpris que ça soit parvenu aux oreilles de l’Empereur et qu’il s’en soit souvenu. J’ai l’impression qu’il va aussi se souvenir plus tard de toutes les conversations futiles que nous avons eues au cours de nos voyages.”

Abel : “C’était un accomplissement remarquable――je te récompenserai pour tes services, quoi qu’il arrive.”

Al : “Oh…”

Les paroles d’Abel étaient graves et empreintes d’une sincérité inébranlable, alors qu’il montrait son vrai visage.

La croyance d’Abel en une “punition ou récompense définitive” lui donnait une fois de plus l’apparence d’un Empereur. L’éducation d’Abel en tant qu’Empereur ne lui permettait pas d’ignorer ceux qui ne cherchaient pas à être récompensés pour leurs exploits.

Al non plus ne pourrait pas s’en tirer cette fois-ci sans recevoir une récompense.

Abel : “Quoi qu’il en soit, maintenant que la missive est entre ses mains, nous ne pouvons qu’attendre sa réponse demain.”

Subaru : “C’est vrai, hein ? On ne peut rien faire de plus… En attendant, la servante de Yorna-san a dit que le groupe du faux Empereur ne nous ferait pas de mal.”

Abel : “Si c’est ce qu’a affirmé Yorna Mishigure, il n’y a aucune raison d’en douter.”

Abel accepta sans hésiter la garantie de sécurité donnée par Tanza. Il semblait y avoir quelque chose de caché qu’Abel n’avait pas encore révélé, quelque chose qui n’avait pas été communiqué à Subaru et aux autres. Toutefois――

Subaru : “Même si je te demandais de m’en parler…”

Abel : “C’est moi qui choisirai les informations que je te transmettrai. Les informations que tu recevras seront celles que tu es capable de traiter――du moins pour le moment.”

Subaru : “Du moins pour le moment… Hein.”

Pendant un instant, la manière de parler de Subaru revint à sa forme initiale, et il se réprimanda pour la discorde qui s’était formée dans son cœur.

Il serait aisé de considérer cela comme un manque de coopération de la part d’Abel. Néanmoins, il souhaitait lui-même éviter la défaite. Tout comme Subaru donnait le meilleur de lui-même, Abel faisait également de son mieux.

Cette approche était peut-être celle souhaitée par Subaru, mais il n’était toujours pas en phase avec Abel.

Al : “Donc, c’est tout pour aujourd’hui, hein ? Heureusement, nous avons réussi à sauver nos vies et à les relier à demain. De plus, nous avons contrecarré les objectifs de nos adversaires, donc je dirais que nous avons bien travaillé.”

Al parla d’une voix forte, brisant l’atmosphère délicate entre Subaru et Abel.

En prenant cela en considération, Subaru acquiesça et déclara : “Je suppose que oui”.

Malgré les circonstances inhabituelles, le premier pas vers la conquête de Yorna Mishigure avait été franchi, grâce à Al et Midyam.

Ils n’avaient pas d’autre choix que d’attendre la réponse de Yorna le lendemain.

Subaru : “…Comme prévu, je suis très fatigué.”

Dès qu’il conclut qu’il n’y avait plus rien à faire aujourd’hui, son corps devint lourd.

La tension devait s’être dissipée, et son corps avait pris conscience de sa fatigue. Entre la nécessité de gravir le château juste après leur pénible voyage, la rencontre avec Yorna et celle avec le faux Empereur, c’était la conclusion d’une épreuve importante.

Son bras droit était endolori à cause de l’effort qu’il avait fourni, et il devait prendre soin de son fouet, qu’il avait utilisé de manière assez téméraire.

Après avoir accompli une tâche importante, il était essentiel de prendre soin de son corps et de ses outils.

Subaru : “Malgré tout, j’ai sommeil…”

En tenant sa tête qui vacillait, Subaru marmonna dans un état second.

Voyant l’état de Subaru, Taritta le soutint tout en disant : “Natsumi”.

Taritta : “Tu as accompli une mission importante. Je m’occuperai de ton équipement, alors repose-toi bien ce soir. Je m’occuperai également de la garde de nuit.”

Subaru : “Il faut se méfier des attaques nocturnes dans cette ville post-apocalyptique…”

(Note de Traduction : L’expression utilisée ici est “世紀末”, que Subaru a peut-être tirée de Hokuto no Ken, car elle y est également utilisée.)

Avec un petit sourire face à l’inquiétude de Taritta, Subaru décida de la prendre au mot.

Après avoir expiré profondément, il se rendit dans la chambre qui lui avait été attribuée. Cependant, alors qu’il s’y rendait――

??? : “Uu !”

Subaru : “Encore toi…”

Rui, qui était censée être séparée de lui dans la pièce voisine, bondit sur Subaru comme si elle l’avait attendu. Face au comportement de Rui qui s’agrippait au bras de Subaru, ce dernier posa ses mains sur sa tête, complètement exaspéré.

Si ça n’avait pas été Rui, il n’aurait pas prêté attention à ses supplications enfantines. Néanmoins, il lui était difficile de baisser sa garde, surtout lorsqu’il était fatigué.

Sans un mot, Subaru posa son doigt sur le front de Rui et lui donna une petite pichenette, ce qui lui arracha un “Ua”.

Subaru : “Je n’ai pas de temps à te consacrer. Maintenant, écarte-toi, s’il te plaît.”

Rui : “Aa, uaa !”

??? : “Oh, elle est encore sortie du lit ! Je suis désolée, Natsumi-chan. Hey, Rui-chan, viens ici ! Tu es avec moi !”

Le corps de Rui, alors qu’elle se tenait le front, fut porté par les bras de Midyam qui s’étiraient derrière elle. Après cela, Rui continua à agiter ses jambes, luttant pour sauter vers Subaru.

Sa silhouette disparut à nouveau derrière la porte, et cette fois-ci, les méfaits de Rui prirent définitivement fin.

Subaru : “Bon sang, c’était quoi ça…”

Al : “Elle s’est encore plus attachée à toi, frangin. N’est-ce pas ? Même si elle n’a pas suivi l’histoire, elle ressent que tu as failli mourir.”

Subaru : “――――”

Si l’argument d’Al était juste, alors l’attitude de Rui était motivée par son inquiétude pour Subaru.

C’était difficile pour Subaru de l’accepter émotionnellement. Rui agissait comme une enfant innocente, mais au fond d’elle-même, il y avait une méchanceté maléfique et impardonnable.

Il s’obstinait à croire que c’était là le principe fondamental de la relation entre Subaru et Rui.

Subaru : “Abel, je vais aller me reposer dans ma chambre. Tu peux…”

Abel : “Ne t’en fais pas. Ta présence ne nous serait pas d’une grande utilité en cas de crise.”

Subaru : “Ne laisse pas tout reposer sur Taritta-san. Reste vigilant toute la nuit au cas où il y aurait une attaque nocturne.”

Après avoir obtenu une réponse dénuée de toute inquiétude, Subaru répliqua par une remarque cinglante.

Il se sentait désolé que Taritta, qui devait servir de médiatrice dans toute cette affaire, soit paniquée, mais pour l’instant, il était soulagé que tout ce qui devait être fait avant qu’il aille se reposer soit désormais terminé.

Subaru : “Je vais me démaquiller, me déshabiller… et dormir comme une souche.”

De retour dans la chambre qui lui avait été attribuée, Subaru hocha la tête tout en se déshabillant.

Maintenant qu’il avait quitté le village Shudraquien, il n’était plus possible de réparer facilement sa perruque. Elle devait être traitée avec beaucoup de soin et d’attention, ce qui rendait le processus très délicat.

Il lava la perruque en la pressant dans un filet à mailles fines, puis lava soigneusement ses vêtements et ses chaussures après les avoir retirés.

Après le traitement minimal, Subaru s’effondra sur son lit.

Il ferma les yeux et perdit lentement connaissance.

Subaru : “Demain, alors…”

La situation avait encore évolué.

Si la situation changeait, ce qu’il voyait changerait. Si ce qu’il voyait changeait, un chemin s’ouvrirait. Si un chemin s’ouvrait, il pourrait se rapprocher de son objectif. C’était là que se trouvaient tous ceux dont il avait été séparé.

Subaru : “Rem, Béako… Émilia-tan…”

Le cœur lourd, Subaru appela le nom de ses proches dans un autre pays.

Alors qu’il rêvait des noms de ses proches et de ses retrouvailles avec eux, sa conscience s’évanouit――


??? : “――――”

À un rythme lent, le réveil de sa conscience survint, et Subaru ouvrit les paupières au sommet de sa couchette.

Il n’était généralement pas du genre à s’endormir facilement, mais la nuit dernière, il était tellement fatigué qu’il avait très bien dormi. Si profondément qu’il ne se souvenait même pas avoir rêvé.

Il avait cru que cela suffirait à le débarrasser d’une grande partie de sa fatigue, mais――

Subaru : “Quoi ?”

(Note de Traduction : À partir d’ici Subaru cesse d’utiliser son style de langage Natsumi (féminin, plus poli) et recommence à utiliser son style habituel.)

Toutefois, ce ne fut pas un repos suffisant qui provoqua le réveil de Subaru, mais une présence bruyante.

Dans la chambre où dormait Subaru, des voix animées et des bruits provenaient de l’autre côté de la porte. Cela avait servi d’alarme, tirant Subaru de son sommeil.

――Une atmosphère bruyante au réveil n’était jamais bon signe.

À l’extérieur, le soleil matinal filtrait à travers les rideaux fermés, indiquant qu’il était encore un peu trop tôt dans la matinée.

Sentant l’atmosphère déjà bruyante de la Cité Démoniaque, Subaru observa la perruque séchant à l’ombre, ne sachant pas quoi en faire.

Compte tenu de ce qu’il avait fait jusqu’à présent, il devait s’habiller comme une femme avec son identité de Natsumi Schwartz.

Mais si la situation de l’autre côté de la porte était grave, il n’avait pas le temps de se travestir. Après avoir réfléchi un instant, il décida que sa priorité était avant tout de découvrir ce qui se tramait.

Il y avait de fortes chances qu’il tire des conclusions hâtives. Si cela avait vraiment été important, Al, Midyam, Taritta ou quelqu’un d’autre qu’Abel aurait réveillé Subaru. Par conséquent――

Subaru : “Ah ?!”

Avec cette pensée en tête, Subaru tenta de sortir du lit et tomba par terre.

Le choc fit jaillir des étincelles devant ses yeux, laissant Subaru stupéfait de ce qui venait de lui arriver. Ce n’était pas parce qu’il était malade ni parce qu’il avait marché sur les vêtements qu’il avait retirés.

Cependant, son pied avait complètement manqué le sol, comme s’il avait mal évalué la hauteur.

――Les jambes de Subaru n’avaient pas réussi à parcourir la distance entre le lit et le sol.

Subaru : “C’est ridicule…”

Subaru était lui aussi complexé par ses jambes courtes, mais pas au point que cela perturbe sa vie quotidienne. Même avec ses jambes courtes, il avait vécu avec son corps pendant dix-huit ans.

Il s’assit, pour se rendre compte qu’il n’avait pas pu faire une erreur aussi grave.

――Étrangement, comparé à la nuit dernière, tout semblait plus grand dans la pièce.

Subaru : “Hey, heyhey, c’est quoi cette blague…”

Ses joues se crispèrent et sa voix trembla lorsque Subaru toucha son visage. En haletant au rythme bruyant de son cœur, il rampa, les bras et les jambes entravés par ses vêtements encombrants.

Sans plus attendre, Subaru se dirigea vers le miroir qui se trouvait dans son sac. Un miroir était indispensable pour se maquiller et s’habiller, alors il s’y refléta pour voir ce qui s’était passé et――

Subaru : “Qu’est-ce que c’est que ce bordel… ?”

En observant ce que reflétait le miroir, Subaru murmura sa consternation.

Le miroir tremblait dans sa main, et son reflet n’était nul autre que Natsuki Subaru. Néanmoins――

Subaru : “――――”

――Néanmoins, il y avait là le jeune Natsuki Subaru, un garçon d’environ dix ans.

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