Re:Zero Lore FR
← Liste des chapitres
Web Novel • Arc 07

32La voie à suivre

??? : “Combien de temps faut-il pour ramener un simple imbécile de roturier ? Crois-tu que la valeur du temps qui s’écoule est la même pour toi et moi ?”

??? : “Non, c’est pour ça que je m’excuse auprès de vous…”

Accueilli par le regard glacial de sa maîtresse, Al baissa la tête d’un air maussade.

Dès qu’il revint dans la salle de conférence avec Subaru, la réprimande susmentionnée se présenta à lui. Le but initial de sa mission avait été de ramener Subaru dans la salle de conférence, il n’était donc pas déraisonnable qu’il soit réprimandé pour avoir eu une conversation imprévue. Pas déraisonnable, mais――

Subaru : “Priscilla, ne blâme pas trop Al. Ce n’est pas Al qui est en tort, c’est moi.”

Priscilla : “Hmm. Je suis sûre que votre duo de clowns était en train de se consoler mutuellement à propos d’une angoisse insignifiante. Ton front est rouge, tu t’es cogné contre le mur ou quelque chose du genre ?”

Subaru : “Tu possèdes la Clairvoyance ? Tu es tellement précise que ça en est effrayant.”

Priscilla répliqua un commentaire à Subaru, qui était intervenu pour défendre Al, comme si elle avait tout vu précédemment.

La scène n’était pas censée être banale au point de lui venir facilement à l’esprit, mais il ne put s’empêcher de frissonner devant la perspicacité de Priscilla. Quoi qu’il en soit――

Subaru : “C’est comme si la conversation ne s’était pas poursuivie sans nous…”

Priscilla : “Il n’est pas aisé de parvenir à une conclusion. Après tout, n’es-tu pas le stratège militaire d’Abel ?”

Subaru : “Eh bien, euh…”

Sous le regard perçant de Priscilla, Subaru jeta un coup d’œil à Abel. En réponse à son regard, Abel, assis sur son siège, les bras toujours croisés, ne prêta aucune attention à l’air interrogateur de Subaru.

Abel devait être réticent à l’idée de traiter Subaru comme un stratège militaire, mais comme il l’avait déclaré ouvertement à Priscilla, il se pouvait qu’il ne puisse plus revenir sur ses propos.

En conséquence, ils ne pouvaient pas conclure la réunion sans Subaru.

Subaru : “N’est-ce pas te tirer une balle dans le pied que d’agir sans réfléchir ?”

Abel : “C’est toi qui dois tenir compte de la valeur de tes paroles. Toute grande stratégie peut être considérée comme sage ou insensée, selon la façon dont tu choisis tes mots.”

Subaru : “Tu regrettes de m’avoir traité comme un stratège militaire, quel culot…”

En fronçant les sourcils devant la réponse autoritaire d’Abel, Subaru poussa un profond soupir.

Il jeta ensuite un coup d’œil aux personnes présentes dans la salle de réunion――Abel, Priscilla, Zikr et Taritta, qui avait assumé le rôle de cheffe, puis il ferma un œil.

Sans Subaru et Al, ils ne pensaient pas pouvoir parvenir à une conclusion――

Subaru : “La conclusion à laquelle tu n’es pas parvenu concerne la coopération avec Priscilla ? Ce qui a été dit auparavant, c’est que Priscilla avait un collaborateur.”

Abel : “Tu sembles avoir l’intelligence nécessaire pour suivre. Bien sûr, je parle de ça――celui qui rassemble le plus de membres parmi les Neuf Généraux Divins gagne, tu te souviens ?”

Subaru : “Ouais, on en est arrivés au moment où le Premier est vraiment pénible parce qu’il ne sert à rien.”

S’il n’était pas recruté et devenait un assassin, ils ne pourraient rien y faire. D’un autre côté, s’il était recruté, il ne contribuerait pas beaucoup à la situation. S’il s’agissait d’un jeu de simulation, il serait une unité gênante.

Quelqu’un qui manquait de charme même s’il devenait un allié, tout en devenant mortellement toxique s’il était laissé aux ennemis.

Subaru : “Mais il s’agit de la victoire finale. Il ne s’agit pas de Priscilla et du soutien de ses collaborateurs. Pas vrai ?”

Priscilla : “――Hmm.”

Priscilla émit un petit bruit dans sa gorge tandis que Subaru résumait habilement l’histoire.

Pendant un instant, les yeux cramoisis de Priscilla brillèrent d’un regard curieux qui semblait inhabituel aux yeux de Subaru――une réaction qui suggérait qu’elle s’intéressait à quelqu’un d’autre, et qui plus est, il s’agissait de Subaru.

Je n’ai rien fait de spécial, songea Subaru.

Subaru : “Quoi ?”

Priscilla : “Non, je trouvais que tu avais l’air abattu dans cette tenue, mais tu es revenu avec un nouveau regard et une nouvelle lueur dans les yeux. En plus, ta circulation sanguine s’est un peu améliorée, donc ton apparence est légèrement différente.”

Subaru : “…Es-tu en train de me complimenter ?”

Priscilla : “Tu peux sauter de joie si tel est ton souhait.”

Subaru : “Je n’irai pas aussi loin.”

Le fait qu’elle ne l’ait pas nié devait être un compliment à la manière de Priscilla.

En répondant par un ricanement, Subaru accepta les compliments pour son changement de cœur.

De la bouche même de Rem, les paroles qui avaient soutenu Natsuki Subaru avaient été rejetées.

Toutefois, il était encouragé par le fait que ce n’était pas le moment de se laisser abattre à cause de cela.

Subaru : “Eh bien, dans ce cas, ça valait la peine d’être en retard à la réunion.”

Priscilla : “Je vois, le résultat d’une conversation entre clowns est superbe. Tu es inhabituellement amical, Al.”

Al : “Oi, oi, ce n’est pas inhabituel pour un nice guy comme moi d’être amical avec quelqu’un, Princesse.”

Priscilla se moqua de lui, et Al haussa les épaules en répondant.

Subaru ne savait pas qui avait raison, Priscilla ou Al.

Pour Subaru, Al était la seule personne originaire de son pays natal, celle qui lui avait donné une tape dans le dos et l’avait poussé à sortir d’une situation sans issue. Il était vrai que son image n’était pas sans côté antipathique, car il avait été dur avec lui ailleurs et traitait toute situation comme si c’était le problème de quelqu’un d’autre.

Subaru : “Je peux le pardonner si je le considère comme une conséquence de passer autant de temps dans un monde différent.”

Al : “Tu viens de dire quelque chose de vraiment dérangeant, non ? Peut-être que j’imagine des choses.”

Al pencha la tête comme s’il ne comprenait pas, mais Subaru laissa couler.

Ni le fait que Priscilla ait changé d’avis au sujet de Subaru, ni le fait qu’Al ait contribué à ce changement d’avis, n’étaient importants.

Subaru : “Ce que nous devons faire, c’est régler le débat… et voir comment Priscilla est disposée à traiter avec nous à l’avenir. Ne nous éloignons pas du sujet.”

Abel : “Oh, je suis désolé. Que quelqu’un qui se laisse aussi facilement distraire soit devenu stratège militaire.”

Subaru : “――――”

En direction d’Abel, qui plissait les yeux avec mécontentement et répliquait avec sarcasme, Subaru lui tira la langue et l’ignora. Puis, se tournant à nouveau vers Priscilla, il l’exhorta à poursuivre la conversation.

Subaru : “Alors, qu’est-ce que tu comptes faire ? Avec ou sans le soutien de Priscilla et de ses collaborateurs, je suis sûr qu’Abel va quand même lancer une attaque contre la Capitale Impériale…”

Al : “Avec ou sans le soutien de la Princesse, l’ampleur de l’attaque sera la même.”

Priscilla : “Il faut croire que les clowns sont en phase les uns avec les autres. Quoi qu’il en soit, ton analyse est correcte. Par conséquent, si vous voulez que nous vous aidions à l’avenir――j’ai posé une condition à Abel pour prouver qu’il mérite notre soutien.”

Subaru : “Une condition ?”

Priscilla : “C’est simple――l’un des Neuf Généraux Divins doit être de votre côté.”

Devant le visage renfrogné de Subaru, Priscilla présenta cette exigence comme une évidence.

En entendant cette condition préalable, Subaru murmura “Neuf Généraux Divins…”.

Ce n’était définitivement pas une condition absurde.

En premier lieu, si l’on souhaitait se lancer dans la bataille pour reconquérir le trône, il fallait au préalable recruter de nombreux Généraux Divins. Priscilla cherchait simplement à franchir cette première étape.

En fait, ce serait une situation très favorable s’ils pouvaient rallier Priscilla à leur cause simplement en remplissant les conditions préalables à la victoire――

Subaru : “Ce n’est pas exactement une situation qui donne envie de sauter de joie, n’est-ce pas ?”

Abel : “Bien entendu. Tant que je ne saurai pas si Goz est hors de danger, aucun des Neuf Généraux Divins ne me suivra aveuglément. De plus, rares sont les excentriques prêts à se donner la peine de mener un combat perdu d’avance.”

Subaru : “…Si personne ne voit la moindre chance de gagner, personne ne se joindra à nous.”

Alors qu’Abel décrivait cette situation tragique, Subaru fronça également les sourcils, l’air préoccupé.

La triste conscience qu’avait Abel de lui-même――si le prestige de l’Empereur ne suffisait pas aux Neuf Généraux Divins, il souhaitait obtenir autant de soutien que possible de la part de Priscilla et de ses collaborateurs.

Tout du moins, la présence d’un tel collaborateur aurait constitué un atout pour persuader les Neuf Généraux Divins.

À ce stade, Abel n’avait que quelques éléments sur lesquels s’appuyer : sa grande revendication selon laquelle il était le véritable Empereur, le Peuple de Shudraq et la puissance militaire de la Ville Fortifiée de Guaral.

Subaru : “Je me demande s’ils nous écouteront quand nous leur dirons que nous combattrons l’Empire avec une seule ville et une seule tribu.”

Abel : “Ceux qui travaillent avec Priscilla… S’ils ont le rang de comte de niveau intermédiaire ou supérieur, leurs noms constitueront de bons atouts dans les négociations.”

Priscilla : “Je vous le dis, n’attendez pas de pitié de ma part. Je suis certes généreuse, mais pas envers les mendiants.”

Priscilla, le menton posé sur la main, piétina facilement leurs faibles espoirs.

Comme ils le savaient déjà, elle n’allait en aucun cas changer d’avis. Il ne leur restait donc plus qu’à défier directement les conditions qui leur étaient présentées.

Zikr : “Avec tout le respect que je vous dois, Votre Excellence, peut-être devrions-nous demander l’aide du Général de Première Classe Cecilus ?”

Subaru : “Zikr-san, quelles sont les chances de réussite ?”

Après ces mots, tous les regards se tournèrent vers Zikr, et un lourd silence s’abattit sur la pièce. Cependant, en réponse au regard interrogateur de Subaru, Zikr secoua la tête et répondit : “Non”.

Zikr : “Comme Son Excellence l’a déclaré précédemment, compte tenu de l’équilibre actuel des forces, quiconque envisage de coopérer avec nous ne réfléchit pas correctement. Par conséquent…”

Subaru : “Par conséquent ?”

Zikr : “Je crains que nous ne puissions compter que sur des personnes qui ne réfléchissent pas clairement, tel que le Général de Première Classe Cecilus…”

Subaru : “Ah, donc Zikr-san pense aussi que cette personne est timbrée.”

Cecilus, qui n’avait qu’une réputation déplorable, était suffisamment radical pour que Zikr pense pouvoir le rallier à leur cause en raison de sa folie.

Toutefois, s’ils n’avaient vraiment pas d’autre choix, ils pourraient être amenés à recourir à la première unité problématique qui leur viendrait à l’esprit pour la rallier à leur cause à un moment donné.

Subaru : “La question est de savoir où il se trouve. Où cette personne vit-elle habituellement ?”

Abel : “Ce dernier vit généralement dans la maison d’Arakiya, dans la Capitale Impériale.”

Subaru : “Je vois, celle d’Arakiya… Attends, pourquoi ?”

Cette phrase avait été prononcée sans détour, et Subaru mit quelques secondes à comprendre les paroles d’Abel.

Même Priscilla fronça les sourcils, mécontente de l’étrangeté du contenu.

D’après ce qu’il avait entendu, Cecilus était le Premier, et Arakiya était le Deuxième.

Subaru : “Ça veut dire que ce Cecilus et Arakiya sont amants ou quelque chose comme ça ?”

Si tel était le cas, l’impression laissée par Subaru et les autres qui avaient repoussé Arakiya n’aurait pas pu être pire.

Subaru et son équipe avaient réussi à se mettre à dos à la fois le Premier et le Deuxième.

Néanmoins, Abel secoua la tête en réponse à la question de Subaru.

Abel : “Non, ce n’est pas le cas. Arakiya cherche une occasion de tuer Cecilus, mais elle ne peut y parvenir si les personnes qui l’entourent sont blessées à chaque fois qu’elle tente de l’assassiner. C’est pourquoi j’ai ordonné à Cecilus de le faire.”

Subaru : “Ordonné quoi ?”

Abel : “Si ça devait arriver dans tous les cas, il devrait rester dans des endroits où Arakiya pourrait facilement le retrouver.”

Subaru : “…Je vois ?”

Même avec une explication concrète, leur relation était difficile à comprendre pour Subaru.

Il ne comprenait pas la mentalité qui consistait à laisser ses propres Généraux s’entre-tuer, et il ne comprenait pas non plus l’idée de vivre dans la maison de quelqu’un qui tenterait de le tuer. Tout d’abord――

Subaru : “Comment peux-tu vivre avec quelqu’un qui veut te tuer… ?”

Après avoir posé cette question, il eut l’impression d’avoir proféré quelque chose d’étrange, mais il fut incapable de trouver la réponse à ce sentiment bizarre, et Subaru oublia rapidement sa question.

Quoi qu’il en soit, le fait que Cecilus vivait habituellement dans la Capitale Impériale était désormais connu.

Subaru : “Donc, la seule façon de rallier Cecilus à notre cause est de nous rendre à la Capitale Impériale… Hey, tu es sûr que ça te va d’aller jusqu’à la Capitale impériale ?”

Abel : “Bien sûr que non. Dans la situation actuelle, si je m’approchais de la Capitale Impériale, cela reviendrait à progresser vers ma propre exécution. De plus, je ne sais même pas si Cecilus se trouve dans celle-ci.”

Subaru : “Alors, nous sommes à court de chance…”

Lorsqu’il s’agissait de questions relatives à l’Empire de Vollachia, et même de questions militaires, les connaissances de Subaru étaient inutiles.

Cependant dans la mesure où Zikr, qui était également officier commissionné, avait été le premier à le proposer, il était possible de considérer que c’était l’une des meilleures idées qu’ils avaient pu trouver.

Si cette idée était rejetée, l’avenir d’Abel serait sombre.

Subaru : “…Mais ce n’est pas le moment de rester dans une impasse.”

Un sentiment sombre et pesant commença à envahir la poitrine de Subaru.

C’était comme une stagnation aigre-douce, un sentiment d’impuissance qui ne disparaissait pas même s’il se cognait la tête contre un mur, quelque chose comme une séquelle du fait que Rem ait renoncé à Subaru.

À cause de cela, Subaru avait perdu la confiance de Rem.

Il devait sortir de cette impasse au plus vite et regagner sa confiance. Pour cela, chaque seconde passée dans l’immobilisme était regrettable.

Abel : “――Il existe une voie.”

Cependant, le grincement des dents de Subaru fut interrompu par cette réponse d’Abel.

Avec un œil fermé, Abel se tourna vers Subaru, qui regardait vers le haut comme s’il avait été frappé, et il parla――

Abel : “Cesse de prendre cet air pathétique, j’en ai assez de le voir. J’ai une idée.”

Subaru : “Désolé, mais mon visage est déjà à la limite de ce que je peux faire avec le character maker, sans devoir claquer de l’argent dedans. Je me fiche de l’inégalité entre ces visages. Comment ça, tu as une idée ?”

Abel : “Ça fait partie de l’idée de Zikr. Je vais adopter certains éléments.”

Zikr : “Une partie de mon idée ? J’en serais honoré, mais c’est… ?”

Les sourcils froncés, Zikr manifesta sa perplexité en apprenant que son opinion serait prise en compte.

Subaru était tout aussi perplexe que Zikr. Au départ, l’idée de Zikr avait été de recruter Cecilus, le Premier.

Tant qu’ils ne pouvaient pas se rendre à la Capitale Impériale, ils seraient contraints de rejeter cette idée, et il estimait qu’il n’y avait aucune autre solution possible en dehors de cela.

Devant Subaru qui réfléchissait ainsi, Abel poussa un “Hmm” par le nez.

Abel : “Je n’ai pas l’occasion de discuter avec Cecilus, mais Zikr a également déclaré ceci : si quelqu’un d’autre ne raisonne pas correctement, il y a une possibilité.”

Zikr : “――Hk ! Impossible… Votre Excellence, c’est dangereux ! Veuillez reconsidérer votre décision !”

Subaru : “Eh ? Eh ? Eh ?”

Les paroles audacieuses d’Abel furent accueillies par une vive opposition de la part de Zikr, qui était devenu livide.

La détermination farouche de Zikr fit papillonner les yeux de Subaru, et il fut surpris de voir ce qui se passait.

Zikr semblait avoir une idée du sujet, mais cela semblait illogique pour Subaru. D’après le déroulement de la conversation, on aurait dit qu’il comptait discuter avec quelqu’un de fou――

Subaru : “Existe-t-il quelqu’un de plus fou que ce Général de Première Classe Cecilus que personne n’aime ?”

Zikr : “Je ne la qualifierais pas de folle ! Mais cette personne est trop dangereuse… !”

Al : “Eh bien, je comprends ce que tu ressens, Général Afro, mais d’après la tournure que prend la conversation, il s’agit bien de l’un des Neuf Généraux Divins, pas vrai ? Si tu le laisses de côté, y a-t-il quelqu’un d’autre sur qui tu peux compter ? Ce n’est pas une situation où tu peux te permettre d’être difficile.”

Zikr : “C’est vrai, mais…”

Subaru et Al lui parlèrent de part et d’autre, et Zikr se calma, l’air réticent.

En voyant Zikr, d’ordinaire si sympathique, souffrir, Subaru eut l’impression d’avoir fait quelque chose de mal.

Le problème venait plutôt de la gestion du personnel d’Abel, qui avait placé des personnes à des postes clés, pour lesquels Zikr ne pouvait s’empêcher de nourrir une certaine angoisse.

C’était un exemple illustrant comment le fait de nommer des personnes uniquement sur la base de leurs capacités pouvait mener à de telles tragédies.

Subaru : “À cet égard, Lugnica est plutôt bien géré… Au fond, je n’ai jamais rencontré de gros bonnet qui soit un crétin… Non, il y avait bien ce vieil homme qui disait du mal d’Émilia-tan, mais…”

Avec du recul, cela faisait également partie d’une déclaration née d’une peur excessive envers la Sorcière de l’Envie.

À l’époque, Subaru était un héros stupide qui ne comprenait pas ces circonstances et qui relevait le défi, armé uniquement de son insouciance. À présent, s’il se retrouvait dans une situation similaire, il serait mieux préparé à la relever.

Bien sûr, l’option de ne pas défier quelqu’un à propos d’Émilia en raison de sa mauvaise réputation n’était pas envisageable pour lui.

Subaru : “Alors, qui est responsable de la souffrance de Zikr-san ?”

Abel : “Quelle est cette formulation absurde ?”

Abel répondit à la question de Subaru avec un regard plein de ressentiment.

Abel : “Pour répondre à ta question, il s’agit de Yorna Mishigure, établie à Chaosflame, la Cité Démoniaque.”

Subaru : “Yorna Mishigure…”

Malgré le nom inconnu de la ville, le nom de cette personne était familier à Subaru.

Yorna Mishigure était l’un des Neuf Généraux Divins mentionnés dans la liste, et il se rappelait que son surnom était――

Subaru : “Elle est appelée l’Iridescente, quelque chose comme ça, pas vrai ?”

Al : “Tu es doué, frangin. Je ne sais pas comment tu as réussi à l’apprendre d’un seul coup.”

Subaru : “J’aime mémoriser les surnoms des personnages de haut rang dans les mangas et autres. Cela dit, cette Yorna est…”

En faisant cette remarque, il jeta un coup d’œil à Zikr, et Subaru resta sans voix.

Parce que le visage de Zikr était devenu pâle, maintenant couvert par ses mains.

Zikr : “Le Septième des Neuf Généraux Divins, le Général de Première Classe Yorna Mishigure…”

Subaru : “Elle est si dangereuse que ça ? Je pensais que ce nom était féminin, mais…”

Si son impression était correcte, elle serait une femme redoutée même par Zikr, réputé pour être un Coureur de Jupons, qui se comportait comme un gentilhomme même envers Subaru, qui n’était habillé que comme une femme.

Il ne pouvait même pas imaginer quel genre de spectacle se dégagerait d’elle, mais――

Zikr : “Elle est magnifique. Je suis sûr que tout le monde s’accorde là-dessus, pas seulement moi. Cependant, le Général de Première Classe Yorna a un petit… Non, pas un petit, plutôt un problème inexcusable.”

Subaru : “Eh bien, quel est le problème ?”

Zikr : “――C’est l’insurrection.”

Subaru & Al : “Eh ?”

Les voix de Subaru et d’Al se superposèrent à celle de Zikr, tandis que les mots s’échappaient de sa bouche.

Au grand désarroi de Subaru, qui soupçonnait ses oreilles de l’avoir mal entendu, Zikr se couvrit le visage de ses mains et continua d’une voix tremblante.

Zikr : “Le Général de Première Classe Yorna Mishigure s’est rebellée à plusieurs reprises et a menacé le règne de l’Empereur Vincent Vollachia.”

Subaru : “Tu ne peux pas mettre quelqu’un comme ça au rank de général d’armée !”

La voix furieuse de Subaru résonna une seconde fois dans la salle de conférence.


Priscilla : “――Cette affaire semble avoir été réglée.”

Après avoir écouté pendant un moment les informations absurdes concernant les Neuf Généraux Divins, et après le cri de colère de Subaru, Priscilla jugea qu’elle avait assisté à la conclusion de la discussion et ouvrit son éventail d’un coup sec.

Honnêtement, c’était une conclusion à laquelle Subaru voulait s’opposer, mais――

Abel : “Il n’y a pas d’autre option. À l’heure actuelle, la seule parmi les Neuf Généraux Divins qui pourrait se joindre à nous est Yorna Mishigure.”

Subaru : “Ne s’est-elle pas rebellée contre toi parce qu’elle ne t’aimait pas en premier lieu… ?”

Zikr : “Non, en fait, ce ne serait pas tout à fait vrai… Il est impossible, du moins pour moi, de savoir ce qu’elle pense.”

Subaru : “Si Zikr-san le dit, alors ça doit être vrai…”

En entendant les paroles fiables de Zikr, Subaru n’eut d’autre choix que de retirer ses doutes.

Et Abel, qui avait entendu cela, renifla d’un air désapprobateur et prit la parole.

Abel : “Pourquoi es-tu si disposé à écouter l’opinion de Zikr ?”

Subaru : “Même si l’opinion est la même, qui l’a exprimée est important. Crois-tu avoir plus de crédibilité à mes yeux que Zikr-san ?”

Abel : “Je vois. Mais que se passera-t-il si Zikr meurt ?”

Subaru : “Même si ce n’est qu’une expérience de pensée, je vais te tuer !”

Il maudit Abel pour avoir tenu des propos aussi dérangeants.

Compte tenu de la loyauté de Zikr, si Abel lui ordonnait de le faire, il pourrait sérieusement se suicider. Subaru faisait tout ce qui était en son pouvoir pour empêcher un tel incident de se produire. Quoi qu’il en soit――

Subaru : “Trêve de plaisanteries, Chaosflame… Où est-ce ? Est-ce loin de Guaral ?”

Abel : “Pas en termes d’emplacement. C’est une autre raison qui justifie que ce soit un endroit approprié où se rendre. Il est situé au sud-est d’ici… et au sud de la Jungle de Buddheim.”

Subaru : “Je vois, en effet…”

Après avoir vu l’emplacement sur la carte posée sur le bureau, Subaru fut convaincu par l’explication d’Abel.

Chaosflame était situé au sud de la jungle où vivait le Peuple de Shudraq――la distance était plus grande que celle entre la jungle et Guaral, mais c’était une destination bien plus réaliste que la Capitale Impériale ou les terres plus à l’ouest.

Subaru : “Et puis, il y a la raison de son appellation de Cité Démoniaque…”

Priscilla : “Rassure-toi, imbécile de roturier. Ce n’est pas pour une raison qui briserait ton petit cœur. C’est une ville où de nombreuses races vivent dans le chaos depuis les temps anciens. Vollachia abrite une plus grande variété de races que Lugnica, mais Chaosflame est un mélange particulièrement éclectique.”

Subaru : “Dans le chaos… et c’est la Cité Démoniaque.”

Une fois cette remarque formulée, le fait que le mot “chaos” soit associé à la ville dite “en proie au chaos” prenait tout son sens.

(Note de Traduction : “Chaosflame” est composé de deux mots anglais, “chaos” (カオス) et “flame” (フレ―ム) (ou possiblement “frame”). C’est ce à quoi Subaru fait allusion ici.)

Étant donné qu’il s’agissait d’un autre monde, c’était probablement juste une coïncidence.

Abel : “――Dans la Cité Démoniaque, j’ajouterai Yorna Mishigure, la Septième des Neuf Généraux Divins, à mon armée. Je suis certain que tu seras capable d’ouvrir ton cœur… quand ce moment viendra, Priscilla.”

Priscilla : “Très bien. Je suis assez magnanime. Je n’ajouterai pas de conditions après coup.”

Subaru : “Je croyais que tu avais dit tout à l’heure que la générosité était en rupture de stock… Non, peu importe.”

Sous le regard noir de Priscilla, Subaru retira immédiatement sa remarque inutile.

Et ainsi, une fois le plan correctement établi――

??? : “――Abel, emmène-moi avec toi, s’il te plaît.”

Subaru : “Taritta-san ?”

Soudain, Taritta se leva et supplia Abel.

Taritta avait pris la place de Kuna au cours de la réunion, mais elle n’avait jamais pris la parole avant cet instant.

Elle était probablement déconcertée de devoir soudainement assumer le rôle de cheffe, mais même à présent, son visage reflétait un profond sentiment d’urgence tandis qu’elle fixait Abel du regard.

En réponse à sa supplique, les yeux sombres d’Abel se plissèrent.

Abel : “Que feras-tu ? Tu as hérité du titre de cheffe Shudraquienne. Quelle que soit ta confiance en toi, cela ne changera rien.”

Taritta : “Je sais, je sais. Je ne peux pas refuser le poste que ma sœur aînée m’a confié. Mais je ne suis pas assez forte pour diriger les Shudraq…”

Taritta baissa les yeux, se mordit la lèvre et fixa ses mains.

Dans ses mains vides, ce qu’elle serrait était probablement la même chose que Subaru gardait dans son cœur――c’est-à-dire le sentiment d’impuissance qui la tourmentait.

Taritta : “Parce que j’ai besoin… d’une chance d’assumer avec fierté la position de cheffe.”

Abel : “――C’est ce que tu recherches en te rendant à Chaosflame ?”

Taritta : “Oui, c’est ça… ce n’est pas acceptable ?”

La voix de Taritta perdit un peu de sa puissance, comme si elle avait perdu confiance en elle après avoir affirmé cela.

Toutefois, Subaru pouvait comprendre l’anxiété que ressentait Taritta, et ce qu’elle représentait réellement.

Après le changement soudain de cheffe, Taritta avait été contrainte de jouer un rôle majeur, mais elle n’était pas sûre de détenir la force nécessaire pour assumer ce rôle.

Ce qu’elle recherchait, c’était donc une expérience couronnée de succès. De ses propres mains, elle cherchait à obtenir des résultats suffisants pour se convaincre elle-même, et une réussite qui lui permettrait de se considérer comme digne.

――C’était exactement ce que Subaru recherchait actuellement.

Subaru : “Abel, je suis d’accord avec elle. Même si elle succédait à Mizelda-san avec un tel état d’esprit, je pense que Taritta-san ne serait pas en mesure de déployer tout son potentiel…”

Abel : “――――”

Subaru : “De toute façon, nous aurons besoin d’une escorte ou d’un allié en chemin, pas vrai ? Nous savons de quoi Taritta-san est capable. Nous sommes des amis qui sommes entrés… ensemble dans la ville vêtus de vêtements féminins.”

Taritta : “Natsumi…”

Il l’avait reformulé quelque part au milieu, mais il avait déclaré ce qu’il voulait.

Taritta semblait très impressionnée par la décision de Subaru de se ranger de son côté. Il était douloureusement conscient de son travail acharné. C’est pourquoi il voulait être de son côté.

Abel : “Que feront les Shudraq pendant ton absence ?”

Taritta : “Je vais laisser ma sœur prendre le relais pendant un certain temps. Kuna et Holly l’aideront beaucoup. Pour protéger Guaral, nous ne pouvons pas déplacer trop de monde.”

Abel : “Donc tu y as beaucoup réfléchi, tout en gardant le silence ?”

Après avoir écouté la réponse sans retenue de Taritta, Abel évalua ses pensées.

Puis Abel tapota légèrement sa tempe avec son doigt,

Abel : “Quelques-uns seulement iront à Chaosflame. Bien sûr, ma présence est indispensable puisque je dois rencontrer Yorna Mishigure. Mais nous ne lancerons pas d’attaque.”

Subaru : “Nous ne pouvons prendre qu’une seule escorte au maximum…”

Abel : “Alors, je vais t’ajouter, Taritta. Les autres――”

??? : “――J’ai tout entendu !”

Au milieu de la phrase d’Abel, la porte s’ouvrit brusquement avec force, et une silhouette entra avec vigueur.

Il s’agissait de Flop O’Connell, le bon marchand qui avait sans vergogne qualifié l’Empereur de nouvel ami et qui n’avait pas peur d’interrompre impertinemment les propos dudit Empereur.

Flop ricana, alors qu’il attirait le regard de tout le monde dans la pièce.

Flop : “Mademoiselle Taritta, je suis très impressionné par ton courage de te porter volontaire pour un rôle aussi difficile ! C’est formidable que tu trouves ta propre façon d’aborder un rôle aussi important, qui t’est tombé dessus à l’improviste… !”

Taritta : “Ah, merci, merci beaucoup, Flop…”

Flop : “J’aimerais suggérer quelque chose pour assurer votre sécurité, à vous et à Monsieur le chef, sur la route――je pense que ce serait une bonne idée d’emmener ma sœur, Midyam, avec vous !”

Le doigt levé, Flop affirma cela avec force.

Subaru acquiesça presque involontairement devant son enthousiasme, mais après avoir réfléchi à ce qu’il venait de proposer, il se rendit compte que c’était une suggestion plutôt abrupte.

Subaru : “Alors, tu as quoi en tête ?”

Flop : “Ouais, ouais, je suppose que c’est la question. Maintenant, laissez-moi vous donner les raisons qui me poussent à recommander Midyam ! Tout d’abord, elle est compétente, puis elle est charmante. Pour couronner le tout, elle a la parole facile !”

Subaru : “La parole facile… !”

Flop : “Elle parle agréablement et clairement, donc vos conversations durant le voyage ne seront pas solitaires. Elle n’est pas timide, donc elle s’entend bien avec tout le monde. Qu’en pensez-vous, n’est-elle pas une petite pépite ?”

Flop, tout en exhibant ses dents blanches, fit l’éloge de sa sœur, mais les deux tiers de ses arguments de vente confiants faisaient référence à la nature agréable de Midyam, et le seul véritable argument de vente résidait dans le fait qu’elle était “compétente”.

En fait, Subaru avait confirmé que ce point était exact, cependant――

Subaru : “Mais en as-tu parlé à Midyam-san ?”

Flop : “Non, je ne l’ai pas fait ! Mais je vais lui dire maintenant, donc tout va bien !”

Subaru : “…Est-ce acceptable ?”

Il ne s’agissait ni d’une consultation en matière de voyage ni d’une promesse de détente.

Si elle se retrouvait dans une situation où sa vie était menacée, serait-il judicieux d’en discuter avec elle plus tard ? Si cela devait causer une rupture dans la relation de la fratrie, ce serait en effet douloureux pour Subaru.

Néanmoins, il craignait de les imaginer en train de rire et de trouver ça normal.

Subaru : “En admettant que Midyam-san soit d’accord, Abel, qu’en penses-tu ?”

Abel : “――J’ai pu constater qu’elle possède les compétences requises. Si elle remplit son rôle, je n’ai aucune objection.”

Flop : “Alors vous pouvez être tranquille ! Ma sœur est quelqu’un qui se donne à fond dans tout ce qu’on lui demande de faire ! Mais attention, elle ne se donne pas autant de mal si on ne lui demande pas.”

Les mains sur les hanches, Flop rit joyeusement : “Hahahaha !”.

Il était possible de le déduire de la façon dont il l’avait dit et de l’attitude d’Abel――cette fois-ci, Flop ne ferait pas partie du groupe qui les accompagnerait à Chaosflame.

Subaru : “Mais… Midyam-san n’est pas obligée de venir avec nous, tu sais.”

Flop : “Ne sois pas ridicule, Époux-kun, j’ai un objectif. Il y a une vengeance à accomplir, une justice à rendre.”

Subaru : “…Oh, c’est vrai.”

Ce furent les mots dangereux qui jaillirent de la bouche de Flop, mais il savait qu’il ne s’agissait en aucun cas de pensées dangereuses, mais plutôt d’une absurdité scandaleuse que même le joyeux Flop ne pouvait pardonner.

La bonté de Flop, dont Subaru n’avait jamais entendu parler dans ce monde――c’était la raison qui avait poussé Subaru à lui faire confiance et à passer du temps avec lui jusqu’à aujourd’hui.

Flop : “C’est pareil pour ma sœur. Ma sœur et moi avons le même objectif et le même chemin à suivre. Si je t’abandonne, toi, l’Épouse-san, et toi, le Chef du Village-kun, je ne pourrais plus garder la tête haute.”

Subaru : “――Je vais pleurer. Je vais tomber amoureux de toi.”

Flop : “Hahaha, c’est vraiment déchirant d’entendre ça de ta bouche, Époux-kun, dans cette tenue ! Mais tu ne peux pas faire ça, parce que ce serait regrettable pour l’Épouse-san. Mais je vais prendre en compte tes sentiments !”

Même la façon dont il réagissait était cool, et Subaru ne pouvait que l’admirer.

Peut-être que Midyam serait disposée à suivre les paroles de Flop. En d’autres termes, l’un de leurs compagnons dans leur voyage vers Chaosflame serait Midyam.

Flop : “Mademoiselle Taritta, sois gentille avec ma sœur. Hey, tu t’entendais bien avec moi, alors je suis sûr que tu t’entendras bien avec ma sœur.”

Taritta : “O-oui… Prends soin de toi aussi…”

Flop : “Hm ? Oui, je ferai de mon mieux avec Zikr-san et le reste des Shudraquiens !”

Flop se frappa la poitrine tandis que Taritta s’agitait et baissait les yeux.

Avec un sourire aux lèvres, Subaru s’éclaircit la gorge.

Subaru : “Au fait, je…”

Abel : “Je vais te laisser sur place.”

Subaru : “――Hk.”

Abel : “Tu croyais réellement que j’allais dire une telle chose ?”

Lorsque Subaru tenta de le confirmer, Abel lui lança une feinte de mauvais goût.

Même s’il en était furieux, il se comportait comme s’il voulait être emmené, alors Subaru fit de son mieux pour se retenir et resta silencieux en serrant les dents.

En ricanant à l’intention de Subaru, Abel commença par dire : “Malheureusement,”.

Abel : “Tu es déjà un argument de négociation. Tant qu’il est impératif pour nous d’ajouter Yorna Mishigure à nos rangs, aucune discussion ne peut avoir lieu sans ta présence.”

Subaru : “Je vais définitivement te frapper sur le côté de la tête quand tout sera terminé, mais… je suis un moyen de négociation ?”

Abel : “La chute de Guaral était ton œuvre. Ces circonstances seront bientôt connues. Je m’en assurerai.”

Subaru : “Quoi ?”

Ne comprenant pas le sens des paroles d’Abel, Subaru resta perplexe.

Il ne faisait aucun doute que la chute de la Ville Fortifiée était le plan de Subaru, mais il ne comprenait pas l’intérêt de prendre la peine de le faire savoir.

Au fond, le fait d’être sous-estimé était le point de départ de Natsuki Subaru.

Priscilla : “――Nous devons lui faire comprendre qu’il existe quelqu’un d’autre qu’Abel qui peut être utilisé.”

Ce fut Priscilla qui répondit à la question de Subaru de manière directe.

En entendant ses paroles, Subaru comprit peu à peu.

Priscilla : “Bien sûr, ça n’inclut pas seulement cet imbécile de roturier. Le Peuple de Shudraq de la Jungle de Buddheim et le défenseur de la Ville Fortifiée de Guaral, le Général de Deuxième Classe Zikr Osman, sont aussi des éléments de négociation. Mais le meilleur serait…”

Abel : “Le stratège militaire qui a contribué à la chute de la ville… Comme je l’ai évoqué. Dans l’Empire, les forts sont respectés. Il ne s’agit pas seulement de force brute, mais aussi d’intelligence.”

Subaru : “――――”

Voilà pourquoi Natsuki Subaru avait de la valeur, Abel et Priscilla l’avaient assuré.

En toute honnêteté, du point de vue de Subaru, il s’agissait d’une évaluation très complexe.

D’un côté, il était gêné d’être autant encensé.

Mais d’un autre côté, cela semblait également être une surestimation. En fait, malgré cette évaluation élevée, Subaru avait perdu la confiance de Rem et sentait le sol se dérober sous ses pieds.

Peu importe à quel point il était estimé dans l’Empire, ce n’était rien comparé à la confiance que lui accordait Rem.

Pour cette raison, le cœur de Subaru n’était pas ému par l’évaluation d’Abel et Priscilla. Toutefois――

Subaru : “Si je peux être utile, tant mieux. Utilise-moi à bon escient. En échange…”

Abel : “En échange ?”

Subaru : “Tu vas définitivement récupérer le trône de l’Empereur. Et tu vas nous ramener chez nous sains et saufs.”

Subaru déclara fermement que c’était la seule chose sur laquelle il ne ferait aucun compromis.

En entendant cela, Abel écarquilla légèrement les yeux, puis il poussa un long soupir.

Abel : “Il est inutile de me le rappeler――c’est ce que je suis censé accomplir.”

Et c’est ainsi qu’il répondit.

← PrécédentSuivant →