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Web Novel • Arc 07

29À chacun sa posture

――Assurer la loyauté des Neuf Généraux Divins ; telle était la condition nécessaire pour reconquérir le trône Impérial.

Une fois les conditions nécessaires à la victoire présentées, ainsi que les noms et titres des personnes indispensables, les Neuf Généraux Divins, Subaru pouvait sentir d’expérience que l’atmosphère dans la pièce était devenue tendue.

Bien entendu, les noms des Neuf Généraux Divins, qui étaient familiers pour les habitants de l’Empire, étaient inédits pour Subaru.

Subaru : “…Si c’était un manga ou un animé, ça aurait été super excitant de voir tous les noms des Généraux révélés en même temps.”

Toutefois, comme il s’agissait d’une situation qui lui arrivait réellement, il ne pouvait pas se réjouir ouvertement de cette évolution.

Lorsqu’Abel mentionna le nom et le titre correspondant de chacun des Neuf Généraux Divins, Subaru put imaginer à quel point chacun d’entre eux serait difficile à gérer, car ils semblaient tous très efficaces d’après la façon dont ils étaient décrits.

Comme le surnom d’Arakiya, Mange-Esprit, correspondait à l’une de ses particularités, Subaru pouvait imaginer que les pseudonymes des autres étaient également liés à leurs capacités ou à leurs techniques de combat.

Subaru : “Les seuls dont le nom m’évoque clairement leurs capacités seraient le Maître des Instruments Maudits et la Commandante Dragon, non ?”

Les deux noms qu’il avait mentionnés provenaient probablement tous deux de leur façon de se battre et des outils qu’ils utilisaient.

Les autres surnoms étaient probablement inspirés par leur apparence ou des anecdotes relatant leurs exploits. Dans les romans chinois “Les Trois Royaumes” et “Au bord de l’eau”, les personnages prenaient souvent des pseudonymes pour ces mêmes raisons.

(Note de Traduction : “Les Trois Royaumes” et “Au bord de l’eau” sont considérés comme étant deux des quatre grands romans classiques chinois. Plus d’informations ici.)

À bien y réfléchir, ces histoires parlaient aussi de la conquête d’un pays. Malheureusement, Subaru ne les connaissait pas très bien, n’ayant qu’une connaissance superficielle de leur contenu.

Subaru : “Ce n’est pas le moment de rêvasser. Bon, j’ai entendu dire que la condition pour remporter la victoire était de s’assurer le soutien des Neuf Généraux Divins, mais j’ai quelques questions à te poser.”

Abel : “Quoi ? Y a-t-il matière à douter ?”

Abel haussa un sourcil et posa sa main sur la carte posée sur la table tandis que Subaru se remettait de son choc initial.

S’il pensait avoir tout expliqué de la sorte, il serait l’exemple parfait d’un homme intelligent mais avare en mots. Comparé aux autres personnes présentes ici――Zikr et les autres, sans parler du Peuple de Shudraq, Subaru avait beaucoup moins d’informations sur l’Empire de Vollachia.

Subaru : “Il y a donc clairement matière à douter. Si tu continues à omettre des explications parce que tu sais toi-même de quoi tu parles, les personnes qui t’entourent ne sauront pas exactement ce que tu penses.”

Abel : “Je vais prendre ça comme un conseil et l’ignorer. Pose ta question.”

Subaru : “Garde ton “ignorer” pour toi…”

Subaru soupira tandis qu’Abel croisait les bras et répondait avec arrogance. Puis, s’étant résigné à l’attention qui se concentrait sur lui, il déclara : “Prêts ?”, en levant quatre doigts d’une main et cinq doigts de l’autre.

Subaru : “Il y a Neuf Généraux Divins, mais heureusement, c’est un nombre impair, donc on comprend facilement que ça se résume à une bataille de chiffres. Mais ceux qui sont de notre côté sont introuvables, et pour l’instant, Arakiya et ce type, Chisha, sont clairement nos ennemis. On est déjà largement en infériorité numérique.”

Ils devaient en sécuriser au moins cinq, mais leur ennemi détenait déjà deux des Neuf Généraux Divins sous son contrôle.

De plus, personne ne savait si Goz, celui qui avait aidé Abel, était encore vivant ou s’il était mort. Il y avait donc de fortes chances que l’une des cartes dont ils disposaient ait été définitivement retirée du jeu.

Subaru : “La situation empire de minute en minute. C’est bien que les conditions de victoire soient claires, mais est-il vraiment réaliste de persuader cinq des Neuf Généraux Divins ?”

Al : “Hey hey, frangin, je pense que tu sous-estimes encore trop l’Empereur. Je l’ai évoqué précédemment, mais il a déjà remporté la Cérémonie de Sélection Impériale. Ils ne peuvent pas simplement refuser sa demande de discussion. Du moment qu’ils ne lui ferment pas la porte au nez…”

Priscilla : “――Alors nous aurons la possibilité de décapiter ceux qui s’opposent à nous par la même occasion.”

Subaru : “Nous devons les rallier à notre cause !”

Les remarques d’Al, qui se présentaient comme une tentative de dissiper les doutes de Subaru, furent réduites à néant par le commentaire extrême de sa maîtresse. Ils discutaient de la manière de rallier les Neuf Généraux Divins à leur cause, mais imaginer un moyen de tuer les Neuf Généraux Divins qui ne seraient pas de leur côté reviendrait à mettre la charrue avant le dragon terrestre.

Abel : “Mais le clown au casque de fer a raison. En fait, si je déclare vouloir aller à leur rencontre, aucun Général ne refusera. Le problème, c’est ce qui se passera après notre entrevue.”

Al : “C’est moi le clown avec le casque en fer ?”

Subaru : “Personne d’autre ne porte de casque en fer. Si ça te dérange qu’il te traite comme un clown, tu peux start en adressant une pétition à Priscilla.”

Après avoir fait taire les taquineries d’Al, Subaru revint au sujet qui les occupait.

Subaru : “En premier lieu, je ne comprends pas le système des Neuf Généraux Divins. Je les ai toujours imaginés comme neuf généraux qui rendent directement compte à l’Empereur, mais cela ne signifie-t-il pas qu’ils se trouvent tous dans la Capitale Impériale ?”

Priscilla : “Les Généraux de Première Classe sont la pierre angulaire de cette nation. Prends en compte l’étendue inutile de l’Empire. Même si la Capitale Impériale se trouve au centre du pays, comment peuvent-ils se déplacer rapidement en cas d’urgence s’ils séjournent tous dans la Capitale Impériale ?”

Zikr : “Oui. Bien qu’ils aient considérablement diminué sous le règne de Son Excellence, les troubles civils qui couvent dans l’Empire ne semblent pas près de s’éteindre. Il ne suffit pas d’avoir une emprise solide sur la Capitale impériale pour garantir l’intégrité de l’Empire.”

Subaru : “…En d’autres termes, les Neuf Généraux Divins en question sont dispersés un peu partout, en dehors de la Capitale Impériale ?”

Alors que Priscilla et Zikr complétaient les informations, Subaru posa sa main sur son menton en signe de compréhension. Selon un exemple familier, Roswaal s’était également vu décerner le titre grandiose de Margrave des terres occidentales du Royaume de Lugnica, et était tenu d’agir rapidement lorsque le Royaume en avait besoin.

Bien entendu, il avait l’autorisation de constituer une armée privée sur son territoire à cette fin. Cependant, dans le cas de Roswaal, sa force individuelle semblait supérieure à celle d’une armée mal organisée.

Il lui suffirait de faire pleuvoir des boules de feu tout en volant dans le ciel pour vaincre complètement la plupart de ses adversaires.

Subaru : “Quand on y pense, ce type est aussi une sacrée cheat unit… Je suis un peu curieux de voir où il se situe par rapport aux Neuf Généraux Divins.”

Kuna : “Je ne sais pas, mais je pense qu’on s’éloigne du sujet, Natsumi.”

Subaru : “Désolé. Quoi qu’il en soit, je sais maintenant que les Neuf Généraux Divins sont dispersés à travers le pays. Si tel est le cas, ai-je raison de considérer que tous n’ont pas participé au coup d’État dans la Capitale Impériale ?”

Abel : “D’après ce que j’ai vu, et d’un point de vue pratique, je dirais que oui.”

Abel acquiesça d’un signe de tête en direction de Subaru pour confirmer.

Pour être honnête, Subaru n’était pas sûr de l’évaluation d’Abel, car il venait d’être jugé assez impopulaire, mais le fait que personne autour de lui ne l’ait souligné suggérait que c’était quelque chose qui pouvait être accepté pour le moment.

Quoi qu’il en soit, la bonne nouvelle voulait que chacun des Neuf Généraux Divins ne soit pas devenu un ennemi.

La condition de victoire selon laquelle plus ils obtenaient de Généraux Divins, plus ils avaient de chances de remporter cette bataille était logique. En dehors de cela, s’il y avait une chose dont Subaru doutait, c’était――

Subaru : “Désolé de poser autant de questions, mais j’en ai une supplémentaire. Si les Neuf Généraux Divins sont simplement classés par ordre de puissance, alors la priorité devrait être donnée à ceux qui ont le rang le plus élevé, n’est-ce pas ?”

Abel : “Oui, cette conception est correcte.”

Subaru : “Alors, celui qui est assez fort pour rivaliser avec Reinhard, c’est Cecilus, pas vrai ? C’est logique qu’on opte pour cette personne… Il serait suffisant, non ?”

L’un des quatre êtres humains les plus puissants, ceux qui s’étaient fait un nom dans les Quatre Grands Pays.

Si Cecilus, qui avait été mentionné parmi ces quatre personnes, était considéré comme l’égal de Reinhard, alors l’issue de la bataille dépendrait presque entièrement de cette seule personne.

En réalité, le fait que Reinhard puisse gagner même s’il combattait tous les habitants du Royaume était une perspective et une vision extraordinaires qui avaient germé dans l’esprit de Subaru.

Il était donc naturel qu’il ait ce genre de préjugé à l’égard de Cecilus, qui était l’égal de Reinhard. Toutefois――

Abel : “…Il est vrai que si nous sécurisons cette personne, tous les problèmes liés à notre force seront résolus d’un seul coup.”

Subaru : “Si c’est le cas, pourquoi as-tu l’air aussi amer ?”

Tout en fronçant les sourcils, Abel répondit à la question de Subaru avec une expression peu réjouissante.

Même si les attentes de Subaru ne semblaient pas si éloignées de la réalité, son expression sombre ne s’était pas améliorée. Abel en révéla la raison avec une petite expiration.

Abel : “Le fait de s’assurer le soutien des Neuf Généraux Divins est une condition essentielle à la victoire, car les Généraux comme les soldats doivent obéir à leurs ordres militaires. Plus tu auras de Généraux Divins sous ta bannière, plus tes forces seront nombreuses. Tu comprends ?”

Subaru : “――? Oui, je comprends. C’est pourquoi je dis que nous devrions chercher à avoir le plus fort dans notre camp. Ou bien est-ce que le fait qu’il soit considéré comme le plus fort de l’Empire n’est pas vrai ?”

Abel : “Non, il ne fait aucun doute qu’il est le plus fort de l’Empire. Néanmoins, il y a un problème.”

Subaru : “Un problème ?”

Abel : “――Il n’est pas très populaire.”

Subaru cessa de réfléchir pendant un instant, à cause des mots qui avaient été prononcés sous l’effet d’une frustration refoulée.

Les mots qui lui avaient été adressés pénétrèrent lentement son esprit, tandis qu’il se demandait quel était le problème. “Manque de popularité”, cette information fut correctement assimilée.

Subaru : “Tu es bien placé pour dire ça ?”

Abel : “C’est factuel. Son rang est celui de Premier parmi les Généraux de Première Classe de l’Empire, mais il n’a aucune autorité. Même si je lui en donnais le pouvoir, il serait incapable d’en faire quoi que ce soit. La seule chose qu’il peut faire, c’est trancher des individus.”

Subaru : “Tu ne peux pas mettre quelqu’un comme ça au rank de général d’armée !”

Al : “Du calme, du calme, détends-toi, frangin ! C’est la façon de faire de l’Empire, tu sais !”

Alors qu’Abel critiquait Cecilus, Subaru fut retenu par Al. Passant un bras autour de Subaru, Al inclina la tête pour observer Abel et déclara,

Al : “En fait, vous ne lui avez donné que le titre de Premier. Vous auriez peut-être dû essayer de lui donner l’autorité qu’il mérite pour son poste. Peut-être a-t-il été manipulé par quelqu’un qui lui a fait des promesses en l’air, vous voyez ?”

Abel : “Bien entendu, je ne souhaite pas que cette personne soit utilisée par quelqu’un d’autre que moi. Si un tel danger existait, je me serais débarrassé de lui.”

Subaru : “Mais tu étais dans la forêt, seul et sans défense… !”

Même s’il disait qu’il tenait les rênes, si la réalité était différente, alors il ne faisait que se vanter.

Tout d’abord, pouvait-on sérieusement croire que la personne considérée comme la plus puissante de l’Empire n’était pas capable de gagner en popularité dans l’Empire de Vollachia, dévoué à cette puissance ?

Subaru : “Qu’en est-il de cette partie, Zikr-san !”

Zikr : “Moi, hein ?”

Subaru : “Euh, ouais. En tant que Général de l’Empire, j’aimerais connaître ton opinion sincère. Que penses-tu du Général de Première Classe Cecilus ?”

Interrogé pour obtenir des informations, Zikr répondit “Très bien” et croisa brièvement les bras, pensif.

Puis, il hocha plusieurs fois la tête en réponse au regard impatient de Subaru.

Zikr : “Tout d’abord, il ne fait aucun doute que Cecilus-dono est la pierre angulaire de notre défense nationale et le symbole de la puissance de l’Empire de Vollachia. “Le peuple de l’empire doit être fort”, il incarne cette philosophie de vie.”

Subaru : “Oh, ça a de la gueule. Alors, qu’en est-il ?”

Zikr : “C’est quelqu’un d’insouciant, d’amical, qui a un comportement enjoué et agréable avec tout le monde. De manière générale…”

Subaru : “De manière générale…?”

Zikr : “Beaucoup de soldats craignent que Cecilus-dono soit un monstre incompréhensible avec lequel il est impossible de communiquer en profondeur. Je pense que Son Excellence a raison dans son évaluation.”

Subaru : “Ton évaluation a pris un tournant radical, non ?!”

Zikr, qui jusqu’à présent n’avait brossé que le portrait d’une personne respectable, choisit ses mots avec beaucoup de soin dans son analyse.

Certaines personnes pourraient penser qu’il essayait simplement d’être prévenant envers Abel, l’Empereur, mais les rides entre ses sourcils montraient qu’il faisait beaucoup d’efforts, donc il disait probablement la vérité. En d’autres termes――

Priscilla : “Il serait inacceptable et imprudent de tenter de supprimer le Premier des Neuf Généraux Divins dans le but de renverser la situation d’un seul coup. Je ne comprends pas comment tu as pu concevoir une telle aidea, même sans prendre en compte tes réflexions insensées.”

(Note de Traduction : Priscilla utilise ici le mot anglais “idea” mais le prononce mal.)

Subaru : “Tais-toi ! Ne me reproche pas son manque de popularité ! Si l’Empereur et les Généraux ne sont pas populaires, il n’est pas étonnant qu’un coup d’État ait été organisé !”

Abel : “Combien de fois comptes-tu le répéter ? Ne crois pas que ton manque de respect sera ignoré éternellement.”

Sous les regards noirs de Priscilla et Abel, Subaru leur tira la langue.

Toutefois, il était vrai que son plan avait été facilement anéanti. Si s’assurer le soutien des Neuf Généraux Divins équivalait à s’assurer un avantage numérique au combat, alors s’assurer le soutien de ceux qui n’étaient pas populaires n’avait aucun intérêt.

Subaru : “Au fond, s’ils ne sont pas populaires, est-ce qu’on peut les laisser de côté… ?”

Abel : “C’est également un problème. Cette personne a la capacité de changer le cours de la guerre à elle seule, selon la situation. Même si nous parvenons à capturer tous les Généraux Divins restants, il y a de fortes chances qu’il puisse à lui seul me décapiter.”

Subaru : “C’est un type difficile à gérer ! C’est un obstacle absurde, hein ?!”

Il n’était pas nécessaire de se précipiter pour le sécuriser, mais il était trop dangereux pour être laissé sans surveillance.

Ce n’est qu’à présent, dans un pays étranger loin de chez lui, que Subaru réalisa à quel point Reinhard était un atout précieux, qui garantissait à la fois ses compétences et son humanité.

Peut-être que s’il était appelé assez fort, il se précipiterait dans le pays voisin ?

Priscilla : “Laisse-moi te dire une chose, imbécile de roturier. Si tu envisages d’invoquer le Maître Épéiste, sache qu’il ne peut pas franchir les frontières en raison du pacte de non-agression. Il serait sage de ne pas te faire trop d’illusions.”

Subaru : “Ne lis pas dans les pensées des autres. Je ne l’envisage pas sérieusement… Ne compter sur eux que lorsque j’ai des ennuis n’est pas la bonne façon de traiter un ami.”

Si c’était juste pour des raisons pratiques, parce qu’il pouvait l’appeler et le faire venir à toute vitesse, ce ne serait pas vraiment ce qu’on pourrait appeler une amitié.

Si la situation venait à devenir vraiment, vraiment dramatique, il ne pourrait pas en dire autant. Néanmoins, jusqu’à ce que ce moment arrive, Subaru était déterminé à préserver ses principes moraux.

Priscilla : “Alors ? Imbécile de roturier traité comme le stratège militaire d’Abel, tu n’as plus de questions ?”

Subaru : “Je n’ai pas encore épuisé toutes mes questions, et avant tout, je ne suis pas un stratège militaire…”

Subaru répondit en fronçant les sourcils lorsque Priscilla critiqua sa position.

Puis, alors qu’il s’apprêtait à passer au sujet suivant de la réunion――

??? : “――Mademoiselle Natsumi et Chef du Village-kun ! Excusez-moi !”

Au même moment, une voix joyeuse retentit, la porte s’ouvrit et une nouvelle personne fit son apparition dans la salle de conférence avec énergie.

Celui qui était arrivé était Flop, un bel homme vêtu de bleu, avec de longs cheveux blonds se balançant vivement.

Flop était censé s’occuper des blessés à l’étage supérieur, où les dégâts causés par le saccage d’Arakiya étaient encore visibles. Alors qu’il était le centre de l’attention de tous dans la pièce, il se tourna vers Subaru et Abel, leur adressa un signe de tête et dit : “Vous voilà”.

Le corps de Flop était couvert de sang, accentuant l’horreur de cet hôpital de campagne improvisé.

Mais le fait qu’il se soit présenté ici signifiait que――

Subaru : “Flop-san, comment se passe le traitement de tout le monde ?”

Flop : “Nous venons de terminer pour le moment… ! Hmm ? À première vue, tu es plutôt d’humeur à être Époux-kun plutôt que Mademoiselle Natsumi ? Si c’est le cas, je vais recommencer à t’appeler Époux-kun.”

Subaru : “Eh bien, les deux me conviennent. Mais ouais, les choses sont en train de se terminer…”

Tout en recevant les paroles de considération plutôt indirectes de Flop, Subaru réfléchit avec un mélange de soulagement et d’anxiété, en apprenant que le processus de guérison était terminé.

Le soulagement venait simplement du fait que l’aide apportée aux blessés était terminée. L’inquiétude venait davantage du fait qu’il allait entendre parler des résultats de la mission de guérison.

L’objectif du “siège sans effusion de sang” avait déjà échoué.

Sept gardes avaient été victimes de l’extraction d’Arakiya. La seule question qui se posait maintenant était de savoir si l’un des blessés allait les rejoindre.

Flop : “Il n’y a eu aucun décès, Époux-kun.”

Subaru : “Eh…”

Flop : “Ça a été une situation difficile pour nous tous, mais je pense que c’est grâce aux efforts d’Épouse-san et de Nièce-chan. Et également grâce à la rapidité d’action de Mademoiselle Taritta et Mademoiselle Utakata. Bien sûr, ma sœur et moi avons aussi travaillé dur !”

Après avoir lu ses sentiments intérieurs dans le teint de Subaru, Flop lui donna la réponse en premier.

Flop se vantait de ses contributions tout en se désignant lui-même, l’air plutôt viril. Sa réponse était concise, si bien que Subaru n’eut besoin que d’un battement de cœur pour assimiler l’information.

Toutefois, après avoir mieux compris la situation quelques instants plus tard, il poussa un grand soupir.

Subaru : “Aucun mort… Hk.”

Flop : “Ouais, c’est le signe que tout le monde a fait de son mieux pour rester en vie. Quant à moi, si ma sœur ne m’avait pas protégé, je me serais cogné la tête et je serais mort ! Hahaha, je ne fais pas le poids face à ma sœur !”

Subaru : “Ouais, ouais, c’est vrai. Je ne fais pas le poids face à Midyam-san non plus…”

Flop riait joyeusement devant lui, tandis que Subaru baissait les yeux et secouait ses épaules.

Sans exagération, sans plaisanterie, il était tout à fait du même avis. Si Midyam――ou n’importe qui d’autre d’ailleurs, n’avait pas été présent, ce rapport n’aurait jamais été entendu.

Des vies avaient été perdues. Mais d’autres avaient été épargnées.

Les émotions qui envahirent son cœur étaient immenses――

Abel : “――Marchand, qu’est-il arrivé à cette praticienne des arts de la guérison ?”

Malgré l’enthousiasme de Subaru, Abel s’immisça dans la conversation d’un ton indifférent――

“Praticienne des arts de la guérison”, Subaru haussa un sourcil face à ce terme inconnu, et Flop posa son doigt sur ses lèvres. “Praticienne…”, murmura-t-il après avoir réfléchi un instant.

Flop : “Est-ce que… Vous parlez de l’Épouse-san d’Époux-kun ?”

Abel : “Qui d’autre cela pourrait-il être ? Croyais-tu qu’il y avait quelqu’un d’autre dans cet endroit qui pouvait exercer la magie de guérison à part cette fille ?”

Flop : “Non, je ne vois personne d’autre ! Seulement…”

Abel : “Seulement ?”

Flop : “Je pense que vous devriez essayer de vous exprimer de manière à vous rendre plus sympathique, Chef du Village-kun. Même lorsque vous vous adressez à eux, les choses se passeront beaucoup mieux si vous vous efforcez d’être amical !”

Abel haussa un sourcil en réponse à la protestation incroyablement directe et joyeuse devant lui.

La déclaration que Flop avait faite était digne, mais c’était, en toute franchise, une déclaration assez éprouvante à entendre depuis les coulisses.

Naturellement, le fait que Rem soit réduite à ses seules capacités ne plaisait pas à Subaru.

Al : “Cette impression ne semble pas très convaincante après ces paroles irrespectueuses que tu viens de prononcer, frangin.”

Subaru : “Au vu du chemin que nous avons parcouru, j’ai le droit d’en dire autant… Flop-san aussi, pas vrai ?”

Al : “Je n’en sais rien, mais j’ai hâte d’entendre tes aventures, frangin.”

C’était une histoire trop mouvementée à raconter, mais c’était un sujet à approfondir une autre fois.

Peu importe comment Abel l’avait formulé, la sécurité de Rem était la priorité absolue de Subaru. Bien sûr, il avait confirmé de ses propres yeux qu’elle ne présentait aucun traumatisme notable.

Subaru : “A-t-elle fait quelque chose comme travailler trop dur et s’effondrer ?”

Flop : “Ne t’inquiète pas pour ça, Époux-kun. Bien sûr, tout ce travail acharné a eu des conséquences sur elle, mais ce n’est rien qui ne puisse être remédié avec un peu de repos. C’est vraiment merveilleux que tu aies une Épouse-san aussi travailleuse.”

Subaru : “Je vois… Eh bien, c’est une bonne chose.”

Soulagé, Subaru se caressa la poitrine, heureux d’entendre la garantie de Flop.

La situation était ce qu’elle était. Même s’il devait compter sur Rem, il craignait franchement qu’elle n’en fasse trop. Ce que disait Subaru importait peu ; si elle en avait les capacités, Rem ne l’écouterait pas.

Al : “――Épouse-san ?”

Al murmura doucement à côté de Subaru, qui venait de se tapoter la poitrine avec soulagement.

Il posa une main sur le menton de son casque en acier et pencha la tête, perplexe.

Al : “Je ne crois pas l’avoir vue là-haut, mais est-ce que la fille de ton groupe est venue ici aussi, frangin ?”

Subaru : “La fille de mon groupe… tu veux dire Émilia-tan ? Non, elle n’est pas venue ici. Ce serait tellement rassurant qu’elle soit là… mais d’un autre côté, je ne pense pas que j’aimerais qu’elle soit ici.”

La nature douce d’Émilia et la manière d’être de l’Empire de Vollachia étaient probablement comme l’eau et l’huile.

Même s’il était possible qu’Émilia, qui avait tendance à agir avant de réfléchir, trouve l’approche Impériale plus confortable, la cruauté de l’Empire lui-même allait bien au-delà de ça――Émilia n’était pas faite pour l’Empire.

Al : “――Une épouse autre que ta petite amie, hein ?”

Subaru : “…Pour ta gouverne, on fait abstraction de ça pour des raisons pratiques. À vrai dire, c’est une fille à qui j’ai décidé d’accorder toute mon attention. Je la ramènerai à la maison, quoi qu’il arrive.”

Al : “――――”

Subaru expliqua cela à Al, qui avait marmonné à voix basse, la main sur le menton.

Tant qu’ils étaient également dans l’Empire, il était impossible que des rumeurs étranges se propagent de la bouche d’Al, mais il ne voulait pas qu’il se fasse de fausses idées. Il ne souhaitait pas que sa détermination soit compromise.

Priscilla : “Cet homme à l’air délicat, celui qu’ils appellent marchand… Es-tu l’un des subordonnés d’Abel ?”

Flop : “Non, je ne suis pas son subordonné. Ma sœur et moi sommes dans une position de coopération avec Époux-kun et Chef du Village-kun. Eh bien, je suppose qu’il est approprié de le considérer comme mon plus récent ami !”

Priscilla : “Oh, un ami, hein ?”

Priscilla, qui échangeait quelques mots avec Flop, desserra les lèvres à sa réponse. En cachant ses lèvres détendues avec son éventail, Priscilla lança un regard significatif en direction d’Abel.

Priscilla : “Je ne savais pas que tu t’efforçais autant de te faire des amis. Il semblerait que le trône de l’Empereur de Vollachia soit devenu aisément délaissable.”

Abel : “Cesse ton sarcasme. Je ne me souviens pas avoir été ami avec cet homme.”

Flop : “De quoi parlez-vous, Chef du Village-kun ? Nous avons frôlé la mort ensemble, vêtus de vêtements féminins !”

Abel : “Si tu échappes à la mort aux côtés de quelqu’un, tu deviens immédiatement ami avec lui ? Si c’est le cas, alors tous les Soldats Impériaux sont mes amis. Et celui qui a été le plus proche de la mort à mes côtés est mon ennemi.”

La réfutation parfaite, qui exploitait sa propre position, fit taire Flop dès qu’il la reçut.

Néanmoins, il s’agissait d’une arme à double tranchant qui n’épargna pas non plus Abel.

Subaru : “Quoi qu’il en soit, Flop-san nous a apporté de bonnes nouvelles. J’aimerais également parler d’autres bonnes nouvelles…”

Abel : “――Attends.”

Subaru : “…Qu’y a-t-il ?”

C’était un sujet optimiste dans une réunion peu positive. Après avoir interrompu la tentative de Subaru de le galvaniser, Abel releva le menton vers Flop.

Le regard de Subaru fut guidé par ce mouvement, et il se tourna également vers Flop.

Subaru : “Flop-san ?”

En effet, si Abel l’avait désigné, c’était parce qu’il avait remarqué le changement d’expression sur le visage de Flop.

Flop n’avait pas perdu son expression joyeuse et enjouée, mais dans ses yeux, qui avaient toujours reflété une gaieté aussi éblouissante que le soleil, il était possible de percevoir une légère pointe d’hésitation et de mélancolie.

Abel : “Si tu es un marchand, tu dois faire attention à la façon dont tu présentes les choses. À cet égard, je ne pense pas que tu sois fait pour en être un.”

Flop : “J’ai reçu pas mal d’avis de ce genre, donc j’ai quelques réflexions à ce sujet, mais je vais m’en tenir là pour l’instant… Époux-kun, j’ai oublié de mentionner quelque chose tout à l’heure.”

Subaru : “――――”

En jetant un regard en coin vers Abel et sa remarque, Flop battit des cils d’un air mélancolique, puis tourna les yeux vers Subaru.

Son visage soigné et la mélancolie qui s’en dégageait crispaient le cœur de Subaru. Il ne pouvait s’empêcher de penser qu’il ne voulait pas entendre ce que Flop avait à dire, mais il n’avait d’autre choix que d’écouter.

En ce sens, Flop avait un talent naturel pour amener les autres à écouter ce qu’il avait à dire. En dehors de cette situation, Subaru aurait loué son talent de marchand. Malgré cela, cependant――

Flop : “Ce n’est pas sans rapport avec le Chef du Village-kun non plus. Je veux que Mademoiselle Kuna et Mademoiselle Holly viennent avec nous aussi.”

Maintenant qu’il était incapable d’empêcher Flop de le lui annoncer, il détestait cela, comme s’il s’agissait d’un talent maudit.


??? : “…Abel et Natsumi sont venus également, hein.”

Après avoir été appelés par Flop, Subaru et les autres avaient quitté la salle de conférence et s’étaient rendus à l’étage supérieur de l’hôtel de ville.

Dans cet espace qui ressemblait à un hôpital de campagne, où les blessés avaient été rassemblés, celle qui accueillit Subaru et les autres était Mizelda, qui avait coupé ses cheveux noircis par les flammes.

Le groupe qui avait pris d’assaut Guaral avait été pris au dépourvu par l’attaque-surprise d’Arakiya, mais c’était Mizelda qui avait subi les blessures les plus graves, d’abord submergée par les flammes, puis par les coups échangés avec Arakiya à la fin.

Après avoir eu tout son corps brûlé puis englouti par la tornade, le coup d’Arakiya s’était enfoncé profondément dans ses entrailles.

Peu importe à quel point son corps était résistant, il s’agissait indéniablement d’une situation qui avait mis à l’épreuve la vitalité de Mizelda, comme pour voir jusqu’où elle pouvait aller avec les arts guérisseurs de Rem, qui n’étaient pas à leur apogée.

Mizelda : “Je suis désolée de vous convoquer ici. J’ai simplement pensé qu’il fallait que je vous en parle dès que possible.”

Subaru : “Mizelda-san…”

Mizelda sourit faiblement en prononçant ces mots, après s’être assise sur un objet près du mur.

En tant que l’une des Amazones les plus puissantes, le sourire de Mizelda était dépourvu de l’attitude sauvage qu’elle avait affichée à plusieurs reprises envers Subaru et les autres. Toutefois, la volonté dans ses yeux n’avait pas disparu. Elle était instable.

Mizelda : “Tout d’abord, merci. Grâce à Rem, je suis en vie. C’est un miracle.”

Subaru : “――――”

Mizelda : “Vous avez également conquis la ville. En tant que cheffe des Shudraq, je suis impressionnée par votre performance. De plus, je dois faire une déclaration concernant l’avenir de cette guerre.”

Après avoir loué le dévouement de Rem et la contribution de Subaru, Mizelda redressa sa posture. Puis――

Mizelda : “La position de cheffe des Shudraq sera confiée à ma sœur, Taritta. Je ne peux plus remplir mes fonctions.”

Elle tapota sa jambe droite, qui était amputée au-dessous du genou, et annonça que sa sœur allait prendre la relève.

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