85 — Good loser

――Le plus grand des Chevaliers, se nommer ainsi impliquait un certain courage.
Il était en effet fier d’être appelé ainsi, d’être encensé ainsi par les autres.
Cependant, il ne s’était jamais qualifié de “meilleur” ou de “raffiné”.
(Note de Traduction : Le surnom de Julius, “最優の騎士”, est composé des Kanji “最”, qui signifie “meilleur”, et “優”, traduit ici par “raffiné”.)
Il avait la prétention d’avoir accumulé un travail acharné, de s’être consacré avec assiduité à l’apprentissage, chaque jour.
Toutefois, au cours de son histoire marquée par l’incompétence et l’inexpérience, il n’avait été entouré que de pionniers excellents, de camarades qui forçaient le respect et de cadets qui méritaient l’admiration.
Bien que vexant, il considérait cela comme de la félicité.
Le fait d’être honoré par quelqu’un devrait être la récompense de ses efforts et de sa diligence.
A fortiori, dans le but d’être reconnu par tous, les efforts et la diligence devraient être d’une telle dévotion qu’ils seraient considérés comme extraordinaires, au point que tout le monde en serait stupéfait.
――Avait-il vraiment travaillé assez dur pour mériter cela ?
Il avait la prétention d’avoir accumulé un travail acharné, de s’être consacré avec assiduité à l’apprentissage, chaque jour, avec une certitude absolue.
Néanmoins, avait-il dépassé ses limites ? S’était-il perfectionné chaque jour jusqu’à l’épuisement de ses forces ? Inspiré par les efforts acharnés d’autrui, s’était-il engagé à travailler encore plus dur pour atteindre ses idéaux ?
Il répondrait à sa propre question, par lui-même.
Julius Juukulius y était effectivement parvenu.
Dépasser ses limites, se perfectionner et s’affiner jusqu’à l’épuisement de ses forces, s’inspirer des efforts acharnés d’autrui et s’engager à travailler encore plus dur pour ses idéaux.
――Ainsi, devant l’existence qui se tenait au sommet de l’épée, il gardait la tête haute avec confiance.
Julius : “――Je suis le plus grand des Chevaliers, Julius Juukulius. L’épée du Royaume, qui vous abattra.”
Reid : “――――”
Saisissant l’ourlet de son manteau, Julius s’inclina, et devant lui, le Maître Épéiste resta silencieux.
Il ferma son autre œil, celui qui n’était pas recouvert par le cache-œil, et ne regarda pas Julius. Mais il réfléchissait silencieusement à quelque chose en renforçant ses bras volumineux et costauds.
Cependant, sa réflexion ne dura pas longtemps. Leur courte relation jusqu’à présent montrait clairement qu’il était celui qui possédait la disposition la plus inadaptée à la réflexion. Ainsi――
Reid : “Ah, ah, ah, ahhhhh, AHHHHHHHHHH――P’TAIN D’MERDE !!”
En se grattant intensément la tête, le Maître Épéiste piétina puissamment le sol une fois.
Sous ce coup unique, le sol blanc du deuxième étage trembla comme s’il se fissurait. Bien qu’Echidna, qui surveillait l’affrontement entre les deux, ait reculé son corps, Julius resta ferme, inébranlable.
Témoin de cela, Reid fit claquer sa langue avec un “Tch”.
Reid : “Les apparences, les apparences, les apparences… Ouais, les apparences, hein. T’parles vraiment comme mon sous-fifre. Quel insupportable bâtard tu fais, enfoiré.”
Julius : “Bien que je ne le connaisse malheureusement pas, je me dois d’offrir ma sympathie à l’homme dont vous dites qu’il est votre sous-fifre.”
Reid : “Ahh ? Qui a dit qu’mon sous-fifre était un mec ? Emmener des bâtards à la ronde n’a rien d’amusant en premier lieu. Le sous-fifre dont j’parle est une femme. Elle a un beau visage, mais bordel, ses raisonnements sont agaçants.”
Julius : “Une femme… Alors, quelle est la similitude entre elle et moi à laquelle vous faites allusion ?”
Reid : “Ahh ? M’oblige pas à l’répéter encore et encore.”
Alors que des rides apparaissaient sur son nez, Reid afficha un sourire féroce semblable à celui d’un requin.
Et, détachant le pli verrouillé de ses bras et frappant ses joues avec ses mains,
Reid : “Un raisonnement nauséabond, et faire bonne figure.”
Julius : “――――”
Reid : “Merde, donc ça t’ennuie même pas. C’est sacrément pas mignon… Eh bien, c’est pas grave.”
Reniflant avec son nez en réponse à la réaction indigente de Julius, Reid fit magnifiquement craquer les os de son cou. Ensuite, à travers son œil bleu, il observa Julius――non, pas seulement Julius, mais aussi ses environs.
Les lumières frémissantes et fugaces qui semblaient encercler Julius avaient gagné en brillance par rapport à ce qu’elles étaient auparavant.
Par-dessus tout, ce serait la première fois qu’il ferait débuter ces filles de cette manière devant Reid.
Julius : “Mes bourgeons… Non, mes charmantes demoiselles, avez-vous peut-être quelque chose à ajouter à leur sujet ?”
Reid : “Hah, rien. Ce sont des jolies femmes sans tenir compte d’leur race. Malheureusement, j’suis pas intéressé par les femmes avec lesquelles j’peux pas coucher――enfoiré, tu serais devenu plus fort si t’étais sorti d’ta coquille, t’sais ?”
Julius : “Si vous le dites, alors une telle voie a certainement existé.”
Quelque chose comme offrir des conseils à des cadets, c’était une inconstance inimaginable compte tenu de la personnalité de Reid.
S’il avait agi ainsi, c’était certainement parce que Reid était d’humeur changeante et qu’il considérait que la forme désespérée de Julius, qui ne faisait que s’accrocher à l’épée, était un gâchis.
Si tu dois t’accrocher à l’épée dans tous les cas, alors adopte une position qui ne tient pas compte des apparences――c’était l’attitude et la détermination qu’il avait recherchées pour Julius, et c’était également une voie réalisable. Toutefois――
Julius : “J’ai décidé de suivre cette voie. Ou peut-être qu’à la place, mettre à nu ce qui est ma vraie personne, comme vous le dites, pourrait me rendre plus fort.”
Julius savait que, s’il n’en était pas lui-même très conscient, il le deviendrait naturellement.
En un instant, dans un échange de coups, si un seul morceau de sa peau faisait la différence entre la vie et la mort, le visage du vrai Julius se révélerait.
Néanmoins, il s’agissait d’un scénario dans lequel il n’en serait pas puissamment conscient――jamais plus il ne vacillerait.
Julius : “Par la présente, je le déclare. Je vais me considérer comme un Chevalier à part entière. De plus, plutôt que de suivre la voie que vous avez essayé de me faire emprunter, je deviendrai quelqu’un qui excelle sur tous les fronts.”
Reid : “Hein, quel genre d’raisonnement t’fait dire qu’tu vas faire ça, enfoiré.”
Julius : “C’est évident――le Chevalier en qui je place ma confiance est la personnification de mes idéaux. Il est noble, juste et plus fort que n’importe qui. Il est donc inévitable que moi, qui me qualifie de Chevalier, je le sois aussi.”
Reid : “――Ha.”
Un raisonnement ridicule selon ses propres termes, une argumentation et des affirmations illogiques, un arbitrage autoritaire digne d’être un sujet naturel de moquerie.
Cependant, en entendant cela, Reid n’exprima pas ouvertement sa rage, il exhiba simplement ses crocs acérés et rit, sans manifester le moindre dégoût ni le moindre mépris. Et――
Reid : “J’vais t’faire pleurer.”
Ce faisant, Reid jeta la baguette qu’il tenait et, sous le regard médusé de Julius, fit un grand bond vers l’arrière. Puis, il tendit fermement la main vers le côté.
Ce que son énorme paume saisissait, c’était l’épée stipulée plantée dans la couche blanche――
À l’origine, Reid Astrea était supposé avoir simplement prêté son existence en tant qu’examinateur de la Tour de Guet.
Pour une raison ou une autre, il avait détourné l’agencement de la Tour par une intense conscience de soi, et finalement, en remplaçant le corps de chair de l’Archevêque du Péché pillard, était parvenu à accomplir une pseudo-résurrection.
Dans ces conditions, dans cette position où il n’avait pas besoin de se conformer à l’examen de la Tour, Reid sortit l’épée stipulée pour la première fois, respectant ainsi son rôle original. À savoir――
Julius : “――Fou ayant atteint la Lame Céleste, reçoit son absolution.”
Reid : “C’est ma réplique, t’sais… Même si je l’ai totalement oubliée.”
Julius : “C’est ce que je pensais, c’est pourquoi je l’ai déclarée à votre place――je vous mets au défi.”
Reid : “Comme si j’allais t’accorder mon absolution, espèce de cancre. J’vais t’faire pleurer lamentablement.”
Devant Julius, qui avait son épée de Chevalier braquée en avant, Reid pointa grossièrement l’épée qu’il avait dégainée.
Aucun intervalle, quel qu’il soit. Adoptant une position détendue, ayant atteint les extrêmes, l’épéiste ultime――
――Le pinacle de tous ceux qui maniaient l’épée, le Maître Épéiste Reid Astrea.
Julius : “Et maintenant――”
Reid : “Comme bon te semble.”
Julius : “――Préparez-vous !!”
Plaçant sa foi dans la chevalerie qui le façonnait, Julius Juukulius s’attaqua au Maître Épéiste avec l’intégralité de ses forces.
À la fois son corps et son cœur se sentaient légers.
Dans un sens non figuré, c’était la puissance de l’amélioration qui enveloppait Julius, alors qu’il balançait l’épée de Chevalier.
Il allait sans dire que la stabilité de l’esprit avait une influence considérable au combat.
À bien y réfléchir, affirmer que Julius était dans un état instable depuis qu’il était arrivé dans cette Tour de Guet des Pléiades――non, depuis qu’il s’était fait piller son propre Nom dans la cité Aqueuse, serait sans équivoque.
Bien sûr, Julius s’était réprimandé et s’était retenu autant que possible, en évitant que cela ne se voie sur son visage.
Une maîtrise de soi que tout le monde qualifierait de rationnelle comme l’acier――mais ce n’était pas quelque chose qui avait été loué.
De plus, en interdisant à sa forme inférieure de se montrer sur son visage, la conséquence d’avoir trompé ses camarades et même sa propre personne, avait conduit à la défaite disgracieuse de pertes successives et consécutives depuis leur arrivée dans cette Tour.
Julius aurait dû placer sa confiance en d’autres personnes, pour commencer.
En perdant sa présence d’esprit à cause de l’impact de l’oubli de sa propre existence, tout en s’apitoyant sur lui-même qui avait été évincé du monde d’autrui, il n’avait pas remarqué ce en quoi il aurait dû placer sa foi au plus haut point.
Les individus que Julius chérissait, en qui il avait confiance, à qui il avait promis sa loyauté, à qui il avait confié ses arrières, étaient-ils des humains qui allaient tout simplement ignorer Julius Juukulius, qui avait été évincé de leur monde sans qu’ils s’en aperçoivent ?
――Absolument pas, il pouvait l’affirmer.
Ainsi, ce que Julius aurait dû faire n’était qu’une seule chose.
Il aurait dû, en toute sincérité, manifester son affection au travers de sa volonté――comme il l’avait fait, avec ses bourgeons.
Julius : “J’aurais dû renouer les liens rompus. Quelqu’un qui n’est personne peut devenir n’importe qui… Car personne d’autre que moi n’en est le témoin vivant !”
L’enfant d’un roturier qui n’était personne était devenu le Chevalier le plus séduisant et le plus cool de ce monde.
Julius, qui était devenu personne, était censé être redevenu quelqu’un. Et――
Julius : “Peu importe le nombre d’occasions qui me seraient données, je serais sûrement encore charmé par le jeune homme visiblement flamboyant ce jour-là, je percevrais des idéaux dans le dos de quelqu’un qui défendrait le Chevalier, et en fin de compte, je vous défierais, vous, le pinacle de l’épée――!”
Reid : “Déblatérer sur d’la merde, c’est sacrément effronté d’ta part, enfoiré !!”
Suite à la taillade décapitante de Julius, qui avait sa détermination fixée sur la pointe de son épée, Reid poussa un rugissement tout en ripostant avec les mêmes coups d’épée.
Alors que l’ensemble de son corps était soumis aux mouvements et à la puissance de l’épée, Julius plissa ses yeux jaunes et se sentit émerveillé.
En incluant les relances, c’était la quatrième fois qu’il s’opposait à Reid de cette manière.
Le premier défi, et la défaite qui avait immédiatement suivi. Cette fois-ci, avec en plus le cantonnement de l’intégralité de la Tour de Guet étriquée, et après avoir réussi à passer un nouveau Contrat avec ses bourgeons, c’était la quatrième fois.
Parmi tout cela, le fait que Reid utilise une arme autre que des baguettes――bien que le fait de parler de baguettes comme d’une arme laissait planer un doute, quoi qu’il en soit, le fait qu’il brandisse quelque chose d’autre que des baguettes constituait une première.
Et en ces instants, avec le pinacle de l’épée, le Maître Épéiste ayant entièrement saisi l’épée, il pensa.
Julius : “La puissance de votre épée n’a pas changé par rapport à la période où vous utilisiez des baguettes… !”
Reid : “Coooomme j’viens d’le dire, bordel. La raison pour laquelle j’suis fort, c’est pas parce que j’brandis l’épée. La seule raison pour laquelle j’suis fort, c’est juste parce que je suis fort.”
Se défendant contre les coups d’épée portés avec désinvolture au-dessus de sa tête, ses genoux craquèrent lorsqu’une poursuite l’atteignit en contrebas. Julius évita de justesse l’attaque dont il avait été témoin pour la première fois, et vola vers l’arrière au moment de l’impact.
Reid lui emboîta le pas, non pas en se lançant dans une course-poursuite, mais en faisant simplement quelques longues enjambées.
Bien que sa démarche puisse susciter des soupçons, elle n’avait rien d’exceptionnel.
S’élancer simplement à l’idée de rattraper un adversaire qui avait reculé, inventer et réaliser une nouvelle forme de démarche différente de toutes les autres écoles existantes, c’était tout simplement l’habileté de Reid.
Comme Reid lui-même l’avait affirmé, il s’agissait simplement de sa norme qui transcendait “l’existence”.
Reid : “T’veux pleurer maintenant ?”
Julius : “――Non, le sentiment de défier une légende anime ma poitrine !”
Plutôt que par une bravade, Julius répondit avec franchise tout en y étant incité.
En effet, c’était vrai. Celui qu’il avait sous les yeux était Reid Astrea. Mais combien de fois le cœur de Julius avait-il palpité pour lui, ses yeux scintillés, combien de fois l’avait-il admiré, convoité, à cause de sa légende ?
En rencontrant cette personne dans la réalité, bien qu’il ait été précisément étonné par sa personnalité, sa force avait été les idéaux mêmes qu’il admirait et auxquels il aspirait.
Par conséquent, à quel point sa personne avait-elle été gaspilleuse dans ce qu’elle entreprenait ?
Tout en ayant la possibilité d’échanger des mots, de croiser le fer, d’échanger des croyances et des convictions avec lui――
Julius : “Haa.”
Alors qu’il croisait le fer avec le “véritable article”, Julius expira à l’arrivée d’une pensée imprévue.
Excessivement incongrue, l’anticipation lui faisait pourtant palpiter le cœur, c’était véritablement plaisant et piquant.
Reid : “Qu’est-ce qui t’fait sourire ?”
Julius : “Rien, une idée m’a simplement traversé l’esprit――une fois que j’aurai rempli mon objectif ici et que je serai revenu au service de ma maîtresse, je défierai mon ami Reinhard.”
Suite à l’interrogation de Reid, Julius fit part de son idée.
Jusqu’à présent, Julius n’avait jamais affronté Reinhard dans le domaine de la maîtrise à l’épée. Au contraire, avant qu’il n’ait été décidé qu’ils seraient dans des camps différents lors de la Sélection Royale, l’idée de se mesurer l’un à l’autre pour quoi que ce soit ne lui était jamais venue à l’esprit.
――Il regrettait de n’avoir jamais tenté d’obtenir un statut d’égal à égal.
C’était également l’une des raisons pour lesquelles Julius avait servi Anastasia et participé à la Sélection Royale.
Toutefois, même s’il n’avait pas eu ces sentiments, Julius aurait été enchanté par l’immense talent d’Anastasia, aurait souhaité assister aux mêmes rêves qu’elle, se serait tenu au même endroit qu’elle.
Ainsi, depuis le départ, il n’avait jamais eu besoin d’excuses ennuyeuses ou de positions détournées.
Depuis le tout début, il aurait simplement dû prendre deux épées en bois et se rendre chez Reinhard.
Par le passé, Reinhard et le plus grand épéiste de l’Empire de Vollachia avaient croisé le fer.
Ce jour-là, alors que tout le monde sur la place d’armes avait manifesté un enthousiasme débordant à l’égard de l’atmosphère de l’épée, Julius avait lui aussi ressenti de la chaleur dans sa poitrine.
Car cela avait été la réponse――
Reid : “Ahhn, c’est un nom dont j’ai jamais entendu parler. Qui diable est cet inconnu ?”
Julius : “C’est votre descendant. Et, en plus d’être l’actuel Maître Épéiste, c’est mon ami.”
Reid : “Kakh ! L’enfant d’mon enfant, juste un étranger à ce stade, bordel de merde. Je l’remarquerai pas même si j’le vois au bord d’une route.”
Entremêlant coups d’épée et coups de pied, Reid élucida son manque de connexion tout en reniflant.
Ne trouvant qu’une faible réfutation dans cette argumentation, Julius tenta d’ouvrir la bouche tout en échangeant des coups d’épée――
Reid : “J’commence à en avoir marre d’parler d’étrangers. Enfoiré, t’veux avoir une p’tain de discussion avec moi ?”
Julius : “――Même si je ne le nierai pas, je dois le nier.”
Reid : “――――”
Julius : “Si seulement nous en avions le temps, j’aurais aimé échanger quelques mots avec vous, ne serait-ce que pendant deux ou trois jours. Hélas, actuellement, ce temps n’existe pas. En me disant de me dépêcher, mon dos est poussé. Ainsi――”
À distance, Reid souleva ses joues tout en observant Julius. Dans l’œil bleu de Reid se trouvait la forme de Julius, augmentant sa luminosité.
Les lumières tourbillonnantes de six couleurs s’entremêlèrent, et commencèrent doucement à peindre une aurore, un arc-en-ciel. Et――
Julius : “――Al Clauseria !!”
L’éclat de l’arc-en-ciel émis balaya le monde blanc en se dirigeant vers Reid.

Julius écarquilla lui aussi les yeux devant l’étendue et la puissance de l’aurore émise.
Une magie déjà d’une ampleur extraordinaire, transformée en maximum des Arts Spirituels ; le fait de la traiter de la même façon qu’auparavant impliquait maintenant un manque de courtoisie――
??? : “――――”
Les bourgeons――non, il ne devrait pas qualifier de bourgeons ces filles qui avaient littéralement fait éclore leur don et leur talent occultés.
Ces filles, qui avaient atteint une croissance capable d’être perçue comme sublime, avec beauté, avec charme, avec héroïsme, avec dignité, avec vivacité, n’étaient pas des bourgeons, mais des demoiselles.
S’accaparer ces filles pour lui tout seul, alors qu’elles exhibaient toutes les six leur charme respectif, avait peut-être fait de lui un plus grand pécheur que les Archevêques du Péché. Cependant――
Julius : “Même si vous m’avez oubliées, je vous aime toutes.”
Comme pour rattraper l’aurore émise, Julius fit un pas en avant.
L’éclat de l’arc-en-ciel revêtu de six éléments traversait tous les boucliers et brisait la cible. Ainsi, face à la lumière arc-en-ciel, l’adversaire n’avait plus que deux options――relever le défi ou se dérober.
Reid : “――Haa.”
Et conformément à sa personnalité, Reid Astrea n’esquiverait pas l’éclat de l’arc-en-ciel.
Réagissant à l’éclat de l’arc-en-ciel qui déferlait devant lui, Reid leva ses bras robustes et abattit le tranchant de l’épée ordonnée qu’il tenait à la main.
Sans recours à une magie spéciale ou à des Protections Divines, un “mouvement d’épée” désigné comme une pure violence――d’un seul élan, il expulsa la magie maximale que Julius avait déployée de toutes ses forces.
Toutefois, Julius en avait tenu compte en se déplaçant à grands pas.
S’élançant de derrière l’aurore dissipée, Julius emprunta la force de son épée et de ses demoiselles.
Julius : “Ia ! Aro !”
À cet instant, les Esprits rouge et vert répondirent à l’appel et unifièrent leurs forces, le vent forma un tourbillon autour de la flamme ardente, générant une tornade d’incandescence aux pieds de Reid.
Sentant la spirale de la vague de chaleur en dessous de lui, Reid s’échappa agilement vers le haut avant d’être brûlé.
Néanmoins, la liaison du Chevalier Spirituel, du plus grand des Chevaliers, commença à partir de maintenant.
Julius : “Qua ! Ik !”
L’Esprit jaune produisit une protubérance sur le sol clair, propulsant la carrure de Julius plus haut. Simultanément, la lueur de l’Esprit bleu glaça l’humidité de l’air, entravant l’ascension de Reid, qui avait bondi vers le haut.
Faisant claquer sa langue, Reid inversa sa position en piétinant l’air, un geste manifestement hors de l’ordinaire, et posa ses jambes sur le plafond de glace généré en plein vol, adressant une grimace à Julius alors qu’il était à l’envers.
Le bras de Reid se remplit d’une force inébranlable, et une interception destinée à l’ascension de Julius――
Julius : “In ! Ness !”
Au moment où la contre-attaque du Maître Épéiste s’approchait de lui, les Esprits blanc et noir se mêlèrent au monde avec leurs pouvoirs respectifs.
La lumière blanche conférait de la force à l’ensemble de la corpulence de Julius, la lumière noire affaiblissait la puissance de l’ennemi de Julius, même si ce n’était que de façon infime. La différenciation dérisoire qui naquit à ce moment-là joua un rôle central dans le résultat qui suivit immédiatement.
Reid : “――――”
Alors que le plafond de glace transformé en point d’appui se brisait en fragments, la forme de Reid projetée se brouilla à cause de sa vitesse.
La position sans artifice de l’épée ordonnée amorçait une sorte de mouvement ultime, dont la verticalité, l’horizontalité et la profondeur étaient toutes indéchiffrable――ne la percevant pas comme une menace, Julius maintint sa poitrine stable et s’y confronta.
La vérité voulait qu’au point de rencontre entre deux coups d’épée, le plus fort repousse l’autre.
Ainsi, Julius ouvrit ses yeux――les yeux qui avaient continuellement, perpétuellement observé ce qui se déplaçait vers le haut, se déplaçait vers l’avant.
Julius : “――――”
Tuant le concept même de son et de lumière, l’éclair de Reid fendit l’espace.
Il l’affirmait. Qu’il s’agisse de l’épée stipulée ou des baguettes, quoi qu’il arrive sur le chemin de cet éclair, il serait abattu.
Car c’était la manifestation même de la notion “d’épée”.
“L’épée” désignait ce qui était mis en avant pour abattre des objets.
Et les mouvements d’épée désignaient les techniques permettant de trancher des objets avec cette épée.
Dès lors, l’éclair qui fauchait tous les objets du monde, était l’aboutissement, et le désir originel longtemps entretenu, de “l’épée” et des “mouvements d’épée”.
Ceux qui seraient tailladés par lui n’oublieraient pas la vérité d’avoir été tailladés pour l’éternité.
Ainsi, la cicatrice que Julius Juukulius portait sous l’œil gauche ne s’effacerait pas pour l’éternité.
C’était la compensation pour avoir esquivé l’éclair du Maître Épéiste, à une distance assez proche pour le frôler.
Julius : “――――”
Renonçant à sa posture défensive, il discerna l’épée de son adversaire au cours d’un bref échange offensif et défensif.
Le fondement de son œil, entaillé, cracha du sang. Cependant, il ne ferma pas les yeux. Tout en restant concentré sur son adversaire, il balança son bras.
Ayant renoncé à le parer, il fit pleuvoir une centaine d’éclairs offensivement――
Julius : “――Al Clarista.”
Le meilleur coup d’épée jamais porté par Julius Juukulius peignit les couleurs de l’arc-en-ciel.
Il captura le sourire de Reid Astrea, féroce comme celui d’un requin――
――Le cache-œil dissimulant l’œil gauche du Maître Épéiste, fut transpercé par la frappe du Chevalier, et oscilla dans les airs.
Julius : “――――”
Dès l’instant où il posa ses orteils sur le sol clair, il sentit l’écho des pas se faire terriblement bruyant.
Au moment où il en prit conscience, le cœur de Julius, au plus profond de sa poitrine, ayant oublié ses battements, se mit à bouger dans un mouvement de panique.
Il se tourna ensuite vers l’arrière et fixa la colonne vertébrale qui lui faisait face.
Reid : “――――”
Ses longs cheveux rouges s’agitaient, le dos restait ferme et immobile.
Le grand homme saisissait l’épée de sélection dans sa main droite, et sa main gauche était positionnée au niveau de son visage. L’endroit que cette main gauche touchait était à l’origine censé avoir un cache-œil, mais il était actuellement absent.
Le cache-œil qui dissimulait l’œil gauche du Maître Épéiste, à présent, était tombé aux pieds de Julius.
Julius : “…Alors ça a bien touché, hein.”
Sa voix tremblait, tandis qu’il contemplait le cache-œil tombé sur le sol clair, et l’épée de Chevalier dans sa propre main.
Bien que son murmure ait cherché à confirmer les événements survenus, il possédait un manque excessif de lien avec la réalité. Pour lui, cela ressemblait à un rêve éphémère, tout cela allait lui échapper et disparaître entre ses doigts. Toutefois――
Demoiselles : “――――”
Sans avoir recours à la notion de mots, les six lumières exaltèrent la réussite établie de Julius.
Les fleurs chaleureuses, désignées comme étant ses bien-aimés, cherchaient à combler le vide né dans le cœur de Julius.
Et accompagnant la louange de ses demoiselles florissantes――
“Anastasia” : “――Julius.”
En entendant la voix douce, Julius tourna son regard dans sa direction.
Le grand homme, la colonne vertébrale tournée vers lui, les demoiselles transmettant leurs éloges, et surplombant la bataille d’un emplacement éloigné de l’un ou l’autre, ayant interpellé Julius, se trouvait une femme aux cheveux violet clair.
Avec un visage identique à celui de sa maîtresse chérie, à qui il s’était engagé à dédier son épée, l’Esprit Artificiel qui vivrait pour l’éternité, avec qui il entretenait une relation de blessures mutuelles sans le savoir――
Que la raison de sa sollicitude pour Julius soit l’amour qu’elle portait à Anastasia, ou due au fonctionnement de sa Protection Divine du Rassemblement des Esprits, la réponse restait floue.
Néanmoins, le fait que quelqu’un ait veillé sur la résolution de Julius Juukulius lui soulageait le cœur à tel point qu’il souleva son épée de Chevalier en guise de remerciement.
Julius : “――――”
Sans un mot, il leva son épée de Chevalier vers les cieux.
Les vestiges étaient embellis par l’aurore scintillante, la trajectoire de l’épée délimitait littéralement un arc-en-ciel.
C’était assurément comparable aux bénédictions accordées au Chevalier Julius Juukulius――
Reid : “――S’il s’était agi de l’examen sanglant d’merde, ça aurait constitué ta victoire.”
Articulant ainsi, le grand homme tapa langoureusement ses zori sur le sol dans un mouvement de tangente.
Une fois qu’il se retourna, aucune blessure n’était visible sur le visage de Reid. Ce que la pointe de l’épée de Julius avait atteint n’était manifestement que son cache-œil. Mais Reid n’avait pas non plus la vergogne d’exagérer et de dire qu’il n’avait pas été atteint.
Par-dessus tout, ce n’était pas son refus d’admettre la défaite qui avait motivé sa remarque précédente, mais la vérité.
S’il s’était agi de la suite de l’examen du deuxième étage, Électre, de la Tour de Guet des Pléiades, au point de porter un seul coup avec succès, Julius l’aurait passé et aurait gagné le droit de défier la strate supérieure.
Toutefois, la bataille entre Julius et Reid n’était plus une question d’examens de la Tour.
Ils se battaient pour régler les choses entre un seul Chevalier et un seul épéiste, entre un homme et un homme.
Reid : “――――”
Ayant perdu son cache-œil, Reid, avec ses deux yeux ouverts, saisit l’épée stipulée avec ses deux mains.
S’agrippant à la poignée de l’épée, il prit position, l’épée dirigée vers les yeux de l’autre――en effet, le Maître Épéiste prit position.
Il avait pris position, non pas pour brandir des bâtons négligemment, mais pour abattre l’ennemi avec certitude.
Reid : “Te plains pas, même si tu disparais dans l’néant.”
Julius : “Même si je souhaitais me plaindre, il me serait difficile de trouver un moyen de le faire alors que je n’aurais pas de bouche pour l’accomplir.”
Reid : “Hah ! S’vaurien va même pas rire aux blagues, bordel de merde. Enfoiré, c’est quoi ton nom déjà ?”
Julius haussa les sourcils lorsque la légende lui demanda son nom.
Bien qu’il se soit sans aucun doute nommé lui-même dans d’innombrables cas, il ne s’en souvenait pas. Cependant, le fait qu’il ne s’en souvienne pas était désormais insignifiant.
Car il comprit qu’avec cette question, Reid avait indiscutablement, pour la première fois, reconnu Julius.
Julius : “Julius Juukulius. Puisque c’est un nom facile à oublier, je vous demande de vous en souvenir.”
Prononçant une remarque redondante qu’il n’aurait pas perçue comme de l’humour il y a encore peu de temps, Julius orienta la pointe de son épée de Chevalier en direction de Reid également.
Et une fois de plus, il implora l’aide des six Esprits qui n’avaient fait que travailler pour lui tout à l’heure.
S’il s’agissait de sa personne actuelle et de ces filles, il atteindrait certainement les plus hauts sommets de l’aurore de l’arc-en-ciel.
Al Clauseria and Al Clarista.
Empruntant la puissance des six Esprits, l’aurore de l’arc-en-ciel faisait appel à la puissance des six éléments――Clauseria, qui déclenchait cette magie maximale, et Clarista, qui la faisait reposer sur l’épée de Chevalier.
Et au-delà de cela, il y avait un rituel secret qu’il n’avait pas réussi une seule fois à cause de son inexpérience――
Julius : “Par la présente déclaration, je vais triompher.”
Reid : “――Amène-toi.”
À cet instant, une aurore submergea l’espace blanc, les bandes de l’arc-en-ciel abordèrent le grand homme cramoisi.
Les Arts Spirituels arc-en-ciel originaux conçus par Julius Juukulius, un secret parmi ses secrets.
Il ne s’agissait pas de projeter la lumière de l’arc-en-ciel couvrant les six éléments, ni de la faire reposer sur l’épée, mais de s’en revêtir et d’exterminer l’adversaire en devenant l’aurore elle-même.
Julius : “――Al Clanveir.”
La frappe exceptionnelle du Chevalier Spirituel fut directement assaillie par un éclair blanc et limpide.
Du début à la fin, la dimension transcendante offensive et défensive dépassait de loin la capacité d’un œil non exercé à suivre le rythme.
Inutile de parler des coups d’épée qui s’entrechoquaient, mais l’échange déconcertant des positions et des jeux de jambes, le fait de savoir quel camp dominait et quel camp était en état de faiblesse, tout cela ne pouvait pas être saisi par les yeux pâles et céruléens.
Cela n’avait absolument rien à voir avec le fait que ce corps de chair n’était pas sa propriété d’origine.
Simplement, il y avait ceux qui rivalisaient pour une question de vie ou de mort dans cette dimension, et comparé à eux, le monde dans lequel elle vivait n’était qu’une dimension bien moindre, ceci étant la stricte vérité.
Si le sens du mérite et de la valeur des êtres vivants reposait sur leur puissance en tant que créatures vivantes, alors sa personne était fragile, proche de l’inutilité.
Par ailleurs, c’était aussi la preuve qu’elle avait vécu plusieurs siècles dans l’indolence, en tournant le dos à la voie de l’amélioration, de l’élévation de soi.
Depuis qu’elle avait acquis une certaine conscience de soi, elle avait eu une intuition.
Que le but de cette existence contre nature nommée elle-même avait été atteint à l’instant même où elle était née.
En d’autres termes, si la naissance elle-même avait été son but, celui-ci avait été atteint à ce moment-là. Par conséquent, laissée telle quelle, elle avait erré sans but dans le monde, incapable d’échapper au vide de plusieurs siècles.
Elle ne se souciait pas de mourir. Toutefois, elle n’avait aucune raison de mourir.
Ainsi, retardant sa fin dans l’inactivité, depuis bien trop longtemps, elle s’était laissée aller à la paresse.
Et c’était au cours de cette prolongation qu’elle était tombée sur la jeune fille.
Enchantée par le parcours de la jeune fille qui menait une vie animée, sa vie glaciale s’était réchauffée.
La jeune fille qui possédait un petit gabarit et qui tenait un discours invraisemblable, qui allait-elle devenir ? Serait-elle incapable de devenir qui que ce soit ? Elle souhaitait ardemment en être témoin de ses propres yeux.
Et avant que quiconque ne puisse s’en apercevoir, cette intrigue et cet intérêt de sa part étaient devenus insignifiants――
??? : “――Je ne veux pas te perdre, ni les enfants que tu chéris.”
Elle était consciente que ce qui était désigné comme le flot du temps était à la fois gentil et cruel.
Même si le temps guérissait les blessures, il rendait également les émotions obsolètes.
Après avoir vécu une longue période de temps, elle s’était dit――qu’elle ne voulait pas abandonner cela au passé.
??? : “Bien qu’il s’agisse là aussi d’un souhait impossible.”
Même si elle l’implorait de s’arrêter, le temps se dissipait sans discontinuer.
Les vies, liées à des espérances de vie infimes et fragiles, affichaient toutes sortes de changements au cours de leur existence.
Tout comme le Chevalier sans nom, qui avait vu son Nom pillé, qui n’était resté dans la mémoire de personne, avait prouvé qu’il était un humain particulier du nom de Julius Juukulius.
――Le Chevalier, revêtu de l’éclat de l’arc-en-ciel, plongea directement dans la lumière blanche.
Contre Julius, qui avait misé et dévoilé le rituel secret, les actions de Reid Astrea étaient terriblement simples.
En abattant l’épée qu’il avait brandie, un acte de frappe d’épée probablement répété le plus souvent dans ce monde――il coupa le monde en deux, créant une lumière qui détruisait tout ce qui se trouvait sur son passage.
Ni une magie spéciale, ni un mouvement spécial.
D’un simple coup d’épée, le monde fut brûlé par la lumière. Impossible à comprendre.
Reid Astrea dépassait-il les normes, ou tous les Maîtres Épéistes étaient-ils semblables ?
Mais ce qui était certain, c’était――
??? : “――Julius.”
Qu’elle souhaitait consacrer ses forces pour que l’aurore ne soit pas submergée par l’absurde lumière blanche.
C’était indubitablement sa véritable motivation, cependant, un acte comme intervenir directement dans cette bataille, avant même d’être suicidaire, serait grossier. Ce péché ne lui donnerait même pas le droit de se plaindre, même si son âme était brisée par le repentir.
Et, la jeune fille――Echidna, était consciente qu’elle ne pouvait rien faire.
Dans cet endroit, si elle pouvait faire quelque chose pour Julius Juukulius, qui s’était transformé en aurore,
“Anastasia” : “――――”
La main posée sur sa fine poitrine, elle sentit l’existence qui sommeillait dans ses profondeurs.
En quête de la raison pour laquelle la détentrice originelle de ce corps de chair ne se réveillait pas de son profond sommeil, Echidna était arrivée dans la Tour de la mer de sable――néanmoins, il s’agissait d’une tromperie.
Echidna savait déjà pourquoi elle ne se réveillait pas.
La fille, qui déclamait son avarice, qui se vantait de vouloir tout obtenir.
Elle ne lâchait jamais ce qu’elle avait mis dans sa bourse, quoi qu’il arrive, car elle détestait devoir se séparer de quelque chose, il n’y avait donc qu’une seule raison qu’elle pouvait invoquer.
“Anastasia” : “Après m’avoir cédé le corps, en restant temporairement endormie dans ton Od, tu es dans un état où tu ne recevras aucune interférence du monde extérieur――parce que l’Od est un monde qui présente un certain type de particularité.”
Et c’était de son plein gré qu’elle s’était isolée dans cet endroit.
La raison était évidente――si elle sortait, elle en subirait les effets. L’Autorité odieuse de l’Archevêque du Péché de la Gourmandise, elle en subirait les effets.
Elle oublierait ce qu’elle souhaitait ne jamais oublier, renoncerait à ce qu’elle souhaitait ne jamais céder.
Anastasia Hoshin oublierait Julius Juukulius.
Tel était son objectif. Cependant――
“Anastasia” : “Il semblerait que tous ceux qui sont venus dans cette Tour soient des abrutis convaincus――tous, semblent manquer de charme au point de mourir en ressassant la perte de quelque chose.”
Pendant près de deux mois, elle avait tenté d’imiter sa façon de faire par elle-même, mais c’était maintenant le bon moment.
De plus, comme elle avait observé de près les points positifs et négatifs de ce Chevalier sans nom, même si cette fille devait l’oublier, elle pourrait l’en informer.
“Anastasia” : “Ah, je vois.”
Dépourvue d’objectif, l’Esprit Artificiel qui avait rempli son devoir au moment de prendre naissance.
Bien qu’elle se soit attribuée uniquement cette tâche désagréable, contre toute attente, ce n’était pas là que les choses s’arrêtaient.
La jeune fille qu’elle chérissait, le Chevalier qu’elle chérissait, et le rôle d’intermédiaire entre les deux personnes déchirées.
Cette tâche n’était-elle pas d’une importance vitale ?
N’était-ce pas d’une importance si vitale qu’elle pouvait sourire en pensant que c’était là le but de sa naissance ? Ainsi――
“Anastasia” : “――Ne même pas observer ton Chevalier au mieux de sa forme est un acte si gaspilleur qu’il ne sied pas à ton caractère avare.”
――La lumière blanche chassait l’aurore comme pour la dépeindre.
Par ailleurs, il pressait le pas, avec la totalité de son âme, en empruntant la puissance des six Esprits avec lesquels il avait reforgé son Contrat.
Il avait parié et dévoilé un secret parmi les secrets, tandis que son adversaire s’était contenté de donner un coup d’épée sérieux, solennel――en effet, il était complètement abasourdi par cet absurde dépassement des normes.
Simultanément, comme il possédait également les émotions énonçant que c’était ainsi que les choses devaient déborder dans sa poitrine, il se trouvait irrécupérable.
D’un coup d’épée, le monde s’était fissuré.
C’était le mouvement spécial du Maître Épéiste qui apparaissait lorsque Reinhard brandissait l’épée lui aussi.
Soudainement, au milieu d’une rivalité entre une vie et une vie, Julius se mit à réfléchir.
Reinhard et Reid, s’ils devaient s’affronter, qui prévaudrait comme étant le plus puissant ?
Légende et légende, Maître Épéiste et Maître Épéiste, dans l’inatteignable combat, qui serait déclaré vainqueur ?
Malheureusement, l’occasion d’en avoir le cœur net ne se présenterait pas.
Julius : “Alors je n’ai pas d’autre choix que de le confirmer avec mon corps.”
L’occasion de croiser le fer avec Reinhard van Astrea et Reid Astrea n’était offerte qu’à ceux qui atteignaient cette Tour.
De surcroît, cette possibilité n’existait que pour Julius, et la jeune fille nommée Émilia, qui s’était dirigée vers la strate supérieure――il n’avait aucunement l’intention de concéder ce devoir à qui que ce soit d’autre.
Ainsi, il ne lui restait plus qu’à triompher.
Bousculer cette lumière blanche, et tuer Reid Astrea avec l’éclat de l’arc-en-ciel.
Dans cette optique, l’intégralité de son âme et de sa force de combat, nécessitant un pas de plus――
Si une once d’orgueil et de puissance devait habiter la pointe de l’épée du plus grand des Chevaliers――
??? : “――Julius.”
Un appel difficilement transmissible.
Au sein de l’impact rendant le passage du temps indistinct, le temps nécessaire à chaque convergence d’épées était cependant inférieur à une fraction de seconde. C’était l’attaque et la défense de ce monde momentané.
Dans cet espace, et encore moins au milieu d’une bataille menée au péril de sa vie, aucune voix ne pouvait être entendue.
Julius : “――――”
Néanmoins, la voix avait assurément frappé Julius.
Peut-être pas ses tympans, mais plutôt quelque chose de bien plus profond, les entrailles de sa poitrine.
Puisqu’il avait résolu dans son cœur de se parer de la coquille nommée Chevalier, il devait y répondre sans faille.
C’est pourquoi, en entendant la voix qu’il ne pouvait pas avoir entendue, Julius se tourna vers celle qu’il ne pouvait pas avoir vue, et échangea un regard avec ces pâles yeux céruléens.
La luminescence qui habitait ces grands yeux sphériques avait nettement changé par rapport à ce qu’elle avait été juste avant――
??? : “――Vas-y, mon Chevalier.”
――Dans cette phrase singulière, se trouvait le dernier petit effort nécessaire à la force de l’épée.
Julius : “Ia ! Qua ! Aro ! Ik ! In ! Ness !”
Demandant une dernière poussée, il appela les Esprits avec lesquels il s’était intégré à l’aurore.
Afin de surmonter la lumière blanche directement devant lui, au-delà de laquelle se trouvait la forme de l’ennemi qu’il devait vaincre.
Afin que la pointe de l’épée puisse franchir la lumière blanche――
Julius : “OHHHHHHHHH――!!”
Ouvrant la bouche à un degré qui ne lui convenait pas, il éleva la voix au point de vomir du sang.
Avec une expression de préparation à la mort, jetant l’élégance au vent, s’assurant simplement que les os qui le soutenaient ne se fracturent pas, avec un dévouement sans faille, Julius s’avança.
Reid : “――――”
Et, prenant de front l’aurore de l’arc-en-ciel qui intensifiait son éclat, la contre-lumière blanche redoublait elle aussi de vigueur.
Renforçant davantage leur puissance, l’éclat de l’arc-en-ciel et la lumière blanche s’entrechoquèrent avec véhémence――
Julius : “――Ah.”
Ce qui semblait pouvoir subsister pour l’éternité se heurta à une tombée des rideaux imprévue.
Julius : “――Ah.”
Abasourdi, Julius remarqua la faible voix qui s’échappait de sa gorge.
L’affrontement mutuel de leurs puissances maximales avait connu une brusque tombée des rideaux. Toutefois, sans interrompre sa vigueur, son épée, embellie par l’aurore, avait directement transpercé les organes vitaux de l’adversaire.
Julius : “Pourquoi…”
Reid : “Tch, ah, merde, si c’est pas une fin ennuyeuse.”
Julius était en proie au désarroi, étant le seul responsable de la blessure, tandis que Reid, qui avait été poignardé, restait calme.
Sans se soucier du traumatisme à la poitrine, il ne fronça même pas les sourcils.
S’agissait-il là d’un acte de sa volonté tenace, et si ce n’était pas le cas, l’anomalie qui s’était produite sur le corps de chair de ce grand homme en était-elle la cause ?
Indépendamment de la pénétration de l’épée de Julius, une blessure――non, une crevasse s’était formée dans la poitrine de Reid Astrea.
Et cela ne se limitait pas à sa poitrine. Ses bras et ses jambes, son cou et ses joues, toutes les parties de son corps présentaient des blessures semblables à du verre fissuré.
Intuitivement, Julius comprit de quoi il s’agissait.
La distorsion qui était à l’origine inconcevable était en train d’être corrigée. Il s’agissait d’un phénomène lié à ce mécanisme.
Reid : “En fin d’compte, c’est s’qu’il en est. L’humain que j’suis n’a pas sa place dans un autre corps que l’mien.”
Tout en contemplant la paume de sa propre personne en train de se fissurer, Reid réalisa que son intuition était la bonne.
Capturé à cause de l’Autorité de la Gourmandise, sous forme de pillage du droit de contrôle sur ce corps de chair, Reid Astrea avait acquis de la substance――cependant, il était indéniable que jusqu’au bout, ce corps appartenait à l’Archevêque du Péché de la Gourmandise, Roy Alphard, qui en était devenu la fondation.
En d’autres termes, le réceptacle nommé Roy Alphard n’avait pas été en mesure de supporter le travail de l’âme dépassant la norme nommée Reid Astrea.
Son échec s’était concrétisé dans la phase finale de la bataille contre Julius.
Julius : “J’aurais préféré que ce soit le cas !”
Reid : “Eh bien, si je m’étais pas fait dévorer par s’type, j’aurais pu continuer jusqu’à la fin. Dans ce cas, ça se serait terminé au moment où tu as fait tomber le cache-œil, t’sais ?”
Julius : “Kh…”
Reid : “Kakaka. Tout va pas s’passer comme vous l’voulez, les faiblards. T’veux pleurer maintenant ?”
Jetant l’épée ordonnée de côté, Reid rit malicieusement en dévoilant ses dents.
Comment pouvait-il rire de la sorte ? En l’état, sa disparition était désormais un avenir tout tracé.
S’il avait vaincu Julius à la place, il aurait peut-être pu reprendre le cours de sa vie, qui s’était arrêtée une fois. Pourtant, il avait laissé cette possibilité lui échapper.
Reid : “T’es stupide, enfoiré ? Quelque chose comme vivre une fois d’plus, qui ferait quelque chose d’aussi ennuyeux ? Tout d’abord, qu’est-ce qui va s’passer si j’tombe sur moi quelque part, hein ?”
Julius : “…Je suis désolé de le dire, mais vous êtes déjà mort de vieillesse il y a plusieurs siècles. Même si votre personne actuelle se promenait, pour votre ancienne personne, ce serait…”
Reid : “Ahhn ? Alors, est-ce que tu vénères la gueule du fils d’mon fils qui est comme un étranger ou quelque chose comme ça ? Foutaises.”
Traitant ses propres descendants comme des étrangers, sa récente remarque semblait refléter ses véritables sentiments. N’ayant apparemment et sincèrement aucun intérêt pour une seconde vie, Reid fit craquer les os de son cou.
Reid : “Tout d’abord, qu’est-ce que tu m’proposes de faire après être revenu à la vie, hey, enfoiré. Par exemple, jouer avec la chaudasse qui est passée tout à l’heure, même si la chaudasse là-bas est pas mal non plus. Et puis il y a aussi cette femme sexy…”
Julius : “Oh, alors vous ne possédez vraiment aucun attachement persistant… ?”
Reid : “Nan, bordel. Faire s’que j’veux quand j’estime que j’veux l’faire, c’est mon style. Enfoiré, ce serait beaucoup plus facile pour toi si tu faisais ça.”
Julius : “…Ma gratitude pour le conseil. Cependant, ce serait au contraire un chemin beaucoup plus épineux pour moi.”
Sa personne avait choisi de porter volontairement la carapace.
Se tromper lui-même ou agir comme si une partie de sa fondation était différente seraient également des qualificatifs appropriés.
Après avoir réalisé que ce choix lui convenait, qu’il correspondait à ses souhaits, même si Julius percevait l’extravagance de Reid comme éblouissante, il n’opterait pas pour ce choix.
En entendant cette réponse de Julius, Reid renifla d’un air agacé.
Puis, la blessure à sa poitrine――les crevasses nées du dépassement des limites, il toucha avec ses doigts la blessure solitaire qui différait de celles-là,
Reid : “Enfoiré, te méprends pas, d’accord ? La pénétration d’ton épée n’était qu’un coup d’chance. Si c’était mon corps, un type comme toi serait même plus capable de répandre d’la morve sur les autres.”
Julius : “Je ne ferais jamais une telle chose en premier lieu…”
Reid : “Hah ! Comme c’est ennuyeux !”
Crachant, Reid heurta l’épaule de Julius de la main avec laquelle il avait touché sa poitrine.
Tout en raidissant son corps sous l’impact, Julius inspira profondément.
Il devait encore tout accepter, tout assumer.
Toutefois, il considérait que laisser passer ces moments, en perdant simplement sa présence d’esprit face aux événements qui se déroulaient sous ses yeux et en ressentant du désarroi, était bien plus insupportable.
Les crevasses se dilataient, la fin était déjà visible.
Par conséquent, Julius brandit sa propre épée de Chevalier, qu’il avait dégainée, devant son visage――
Julius : “Du plus profond de mon cœur, je vénère votre habileté à l’épée.”
Reid : “J’ai pas besoin de l’admiration d’un bâtard――j’prends congé avec ma victoire, Julius.”
Julius : “――――”
Avec son nom prononcé dans ses dernières paroles, Julius s’émerveilla.
Cependant, conformément à la résolution qu’il avait prise au fond de lui de ne pas se laisser décontenancer, il dissimula son étonnement derrière un sourire et s’inclina.
Tout comme il s’était désigné avec assurance, devant cet être légendaire, en tant que meilleur Chevalier.
Tout comme les idéaux de Julius Juukulius, qui avaient été modelés pour ne pas faire honte à son admiration.
Julius : “Oui, jusqu’à la toute fin――c’est votre victoire, Reid Astrea.”
Reid : “Hah, voilà un beau visage, espèce de perdant dépité.”
Avec ces mots marquant la fin, les crevasses de Reid Astrea se dilatèrent――
??? : “――――”
Contrairement à leur impression visuelle, les crevasses qui s’étaient dilatées jusqu’à la fin n’étaient pas accompagnées de sons.
À la différence du bris de verre, le grand homme aux cheveux rouges disparut comme une lumière déclinante――à sa place, s’effondra sur le sol clair un jeune garçon de petite taille, avec le blanc de ses yeux visible.
Celui qui mangeait les Souvenirs et les Noms d’autrui et les manipulait à sa guise, le blasphémateur de la Malbouffe.
L’Archevêque du Péché de la Gourmandise, Roy Alphard s’était effondré, sabordé.
Roy : “――――”
Sans savoir s’il était vivant ou mort, la Gourmandise restait immobile, sans le moindre tressaillement.
En revanche, tout comme Reid, il n’avait qu’une profonde entaille sur le côté gauche de la poitrine, dont la fatalité était incontestable.
Se contentant de vérifier cela du regard, Julius abaissa l’épée de Chevalier qu’il avait brandie en signe d’honneur, la rengaina dans le fourreau qu’il portait, et fit demi-tour.
L’aurore s’était dissoute, et dans les environs de Julius se trouvaient six Esprits à l’éclat accru.
Sans la force de ces filles, qui s’étaient transformées en demoiselles à partir de bourgeons, c’était sûrement lui, et non son adversaire, qui se serait retrouvé étendu sur le sol clair de cette façon.
À cet égard, il se devait d’exprimer consciencieusement sa gratitude et son appréciation.
Cependant, en présentant ses excuses à ces filles, il devait remettre à plus tard cette démonstration de gratitude.
Progressivement, Julius s’avança.
Au-devant de lui, dans la direction où il se dirigeait, observant attentivement Julius, se trouvait une magnifique femme mince et menue, aux yeux d’un pâle céruléen. Ses cheveux ondulants étaient d’un violet clair et elle portait une tenue blanche qui ne convenait pas aux Dunes de Sable.
À ses pieds, un renard blanc, aux pupilles vacillantes, se tenait en haleine.
La présence de sa forme, qui s’était toujours fait passer pour une écharpe, avait de l’importance.
Se laissant à nouveau aller à ce constat, Julius ferma les yeux. Et――
Julius : “――Enchanté de vous rencontrer.”
La déclaration qu’il avait transmise au Maître Épéiste en tant que concurrent auparavant, il l’exprima à nouveau.
Mais la sensation au fond de sa poitrine en ces instants différait de l’amélioration précédant le combat.
Toutefois, il existait également quelque chose qui n’avait pas changé.
Comme si une nouvelle page s’ouvrait dans un récit d’aventure, le cœur aventureux d’un jeune homme aspirant au Chevalier.
??? : “Je suis…”
Agenouillé à cet endroit, Julius avait prononcé les premiers mots, auxquels l’autre personne répondit.
Sa position resta abaissée, et Julius attendit les paroles à venir. Il estimait qu’il pouvait attendre aussi longtemps que nécessaire.
Quel bonheur que d’avoir la certitude que s’il attendait, il entendrait certainement ses paroles.
??? : “――Je suis Anastasia Hoshin.”
Julius : “――――”
Anastasia : “Je veux tout dans ce monde… Alors, génial et cool onii-san, quel est ton nom ?”
Avec élégance, elle sourit, et il pouvait percevoir exactement comment elle avait dû incliner la tête ensuite. Restant agenouillé et le visage baissé et caché, Julius inspira brièvement avec un “Ha”, et,
Julius : “Je suis Julius Juukulius――votre seul et unique Chevalier.”
Anastasia : “――――”
Julius : “Vous avez peut-être oublié. Toutefois, je suis quelqu’un qui vous a consacré l’épée. Quelqu’un qui consacre l’intégralité de sa force pour vous, et qui soutient votre volonté.”
Un salut respectueux avec l’épée de Chevalier posée sur le sol, et en prime, Julius releva enfin la tête.
Devant lui, quel que soit le regard de sa maîtresse, il ne le regretterait pas.
Il n’était pas convenable pour un Chevalier de perdre sa présence d’esprit, d’être déconcerté, le visage tourné vers le bas.
En effet, c’était cette existence qui faisait le plus attention aux apparences, et qui cherchait à avoir un air cool et charmant, que Julius admirait et désirait ardemment.
Et en scrutant ce Julius, la jeune fille rétrécit ses yeux sphériques,
Anastasia : “Vraiment ? Je ne m’en souviens pas… Mais.”
Julius : “――――”
Anastasia : “Au premier coup d’oeil, j’ai pensé――que je devais faire mien cet onii-san.”
À une telle proximité se trouvaient les yeux flamboyants et étincelants de sa maîtresse éternellement avide, révélant l’intention de ne renoncer à rien ni à personne.
À l’Avarice qui cherchait à tout obtenir, Julius Juukulius consacra une fois de plus son épée.
Une pièce sublime, comme le récit d’un maître et d’un Chevalier dans la fiction――
La restauration du lien maître-serviteur spolié avait été réalisée au deuxième étage, Électre.
Il s’agissait de l’accomplissement de l’élimination de l’un des cinq obstacles définis par Natsuki Subaru.
Le deuxième examen de la Grande Bibliothèque des Pléiades――était désormais achevé.

