80 — Mort de l’esprit

――C’était l’odeur de la rage.
Parfumée, riche, c’était l’odeur d’une rage très pure. En stimulant prodigieusement ce corps mince et petit, il comprenait qu’il l’élèverait vers de plus hauts sommets.
Ray : “Hahaa ~tsu !”
Se faisant face du haut et du bas de l’escalier en colimaçon, Batenkaitos rit avec tristesse et morosité face à la remarque caustique de Ram.
Respirant le ressentiment et la haine qu’elle, la jeune fille aux émotions puissantes conçues dans ses yeux cramoisis, lui adressait, Batenkaitos goûta à l’extase.
S’il devait le déclarer sans trop réfléchir au choix des mots, il ne serait pas exagéré de dire que cette seule respiration était ce pour quoi il vivait.
Ray : “Comme c’est agréable, tout à fait agréable, très agréable, puisque c’est agréable, n’est-ce pas agréable. Normalement, personne ne nous fait face avec une telle expression de colère, voiiiis-tu. C’est un sentiment très précieux, n’est-ce paaaas. Tu comprends ? Nous nous demandons si tu compreeeends le plaisir que nous ressentons en ce moment !”
En posant le pied sur le sol après avoir exprimé l’émotion vivifiante, Batenkaitos se lécha les babines.
En effet, cette émotion et cette rencontre étaient quelque chose que Batenkaitos ne pouvait normalement pas espérer.
Les Souvenirs et les Noms volés par l’Autorité de la Gourmandise se désengageaient du monde, et à l’exception de Roy et de Rui, il devenait impossible pour quiconque d’en avoir connaissance.
Le chagrin d’avoir perdu quelqu’un de précieux, la rage d’avoir été dépossédé, le sentiment creux de perte, absolument tout avait disparu, au-delà de toute assistance.
Ray : “Alors naturellement, c’est une évidence. C’est pourquoi nous n’y avons jamais fait attention, voiiiis-tu.”
Chaque fois qu’il opérait en tant que membre du très détesté Culte de la Sorcière, il rencontrait à de nombreuses occasions des humains qui dirigeaient leur haine vers son affiliation. Cependant, il n’avait jamais rencontré quelqu’un qui connaissait les actes de Ray Batenkaitos, qui nourrissait de la haine envers Ray Batenkaitos individuellement, qui cherchait à tuer Ray Batenkaitos spécifiquement.
Cette providence divine naturelle issue de l’Autorité de la Gourmandise, cette loi non écrite évidente avait été renversée.
――Avec l’émergence d’un marginal, qui n’avait pas subi les effets de l’Autorité de la Gourmandise.
Ray : “Natsuki Subaru… ~tsu !”
En murmurant le nom de l’homme auquel Rui s’était attachée, Batenkaitos ressentit une douce douleur au fond de sa fine poitrine. Ce n’était pas comme s’il avait été influencé par Rui. Il avait eu connaissance de son existence, même avant cela.
Il avait pensé à lui, puissamment, profondément, bien avant Rui. Ceci dit――
Ray : “――Nee-sama comprendra également, pas vraiii ?”
Le lien entre l’origine de cette douce douleur dans sa poitrine et la jeune fille qui le regardait de haut était profond――non, pas seulement profond. Deux cœurs qui battaient à l’unisson, des individus irremplaçables, dire qu’elles étaient les deux moitiés l’une de l’autre ne serait pas contestable non plus.
Ainsi, elle comprendrait sûrement. Ces émotions douces, fugaces, trop puissantes. Cette sensation, mêlée d’amour et de haine, et cette douleur dans la poitrine qui ne demandait qu’à être libérée.
C’est pourquoi il s’était adressé à elle la bouche entrouverte, déversant cette conviction et cette attente――
Ram : “Ram te l’a déjà dit――de bien vouloir mourir en hurlant comme un porc.”
Ray : “――~hk !”
L’instant d’après, le premier mouvement de Ram, qui descendait après avoir donné un coup de pied dans l’escalier, fit bondir Ray en arrière.
Il avait réussi de justesse à reculer son corps, mais la fine pointe de la baguette qui était braquée sur lui avait visé avec précision son œil droit. S’il avait tardé à reculer sa tête, la baguette lui aurait saccagé le cerveau à travers le globe oculaire.
Ray : “Bon sang, nee-sama est sans pitiéééé ! Si nous avions mangé cette attaque à l’instant, oublions l’imitation du couinement d’un porc, nous serions morts incapables de faire quoi que ce soit ~tsu !”
Ram : “Ram a reconsidéré la question. Si tu es obligé d’imiter quelque chose qui est en dessous du standard d’un porc, alors ce sera sûrement un véritable affront pour le porc également.”
Volant à travers l’escalier en colimaçon, son atterrissage fut retardé uniquement à cause de la différence de niveau des marches. Tout en apprenant sa sinistre intention de tuer, l’assaut furieux de Ram poursuivit Batenkaitos avec une vigueur féroce.
Tout en faisant tournoyer sa mince silhouette, Ram pointa sa baguette, décocha un coup de pied, asséna un coup de coude. Batenkaitos les esquivait entièrement grâce au maniement de son corps, mais des coups comme celui qui avait frôlé son oreille possédaient certainement une vigueur qui, sur un seul impact, aurait certainement conduit à la perte de la faculté de cette partie du corps.
Ray : “Haha ~tsu ! Effrayant, effrayant ! C’est effrayant quand même, tu saiiiis !”
Batenkaitos riait tout en utilisant son corps pour esquiver les coups inébranlables qui le poursuivaient. Ce n’était pas de la souplesse, mais de l’exaltation――non, une légère flexibilité également.
Les arts martiaux de Ram étaient remarquables. Dépourvue de toute indulgence, elle ne faiblissait pas dans sa volonté de tuer. Pourtant, Batenkaitos esquivait avec aisance et facilité. La raison en était très simple.
Ray : “Nous savons déjà peeeertinemment que nee-sama est plus extraordinaire, vois-tu~.”
La multitude de Souvenirs se terminant et s’entassant à l’intérieur de Batenkaitos. En leur sein, il y avait une passion qui adorait Ram comme une sœur aînée, qui aspirait à son potentiel infini.
La confiance et l’attente inlassables à l’égard de Ram dont ces Souvenirs étaient dotés, avaient transmis à Batenkaitos leur contraste avec la Ram qu’il avait sous les yeux, presque jusqu’à un point douloureux. En résumé――
Ray : “――Nee-sama sans sa corne n’est qu’une contrefaçon que même Rem peut remplacer, n’est-ce pas vraiiii ?”
Ram : “――――”
Ray : “Ah, tu t’es mise en colère ? T’es-tu mise en colère ? Si tu veux te mettre en colère, tu peux très bien le faire, nee-sama. Maintenant que nous y pensons, nous n’avons jamais eu de véritable dispute entre sœurs, tu saiiiis.”
Batenkaitos présenta ces souvenirs comme s’ils lui appartenaient personnellement. Bien que les joues de Ram se soient raidies en réaction à son discours et à son comportement, ses attaques ne se relâchèrent pas.
Batenkaitos, admiratif, pensait en son for intérieur qu’elle se donnait vraiment beaucoup de mal.
Il était de notoriété publique que les Onis qui perdaient leurs cornes perdaient le contrôle de leur corps, même si le degré de souffrance qu’ils subissaient n’était pas clairement établi. Ram avait également été continuellement tourmenté à cause de cette sanction.
Le nombre de fois où l’idée de prendre en charge sa douleur lui était venue à l’esprit n’était pas connu.
Toutefois, parallèlement à cela, il y avait une autre pensée――celle de ne pas être capable de supporter la souffrance qu’elle endurait.
Si l’agonie liée à la perte de la corne dépendait de la force que l’Oni possédait à l’origine, alors Ram était certainement la plus grande à cet égard, ce qu’aucun autre Oni au monde ne pourrait partager.
C’est pourquoi il convenait de la féliciter pour la détermination dont elle faisait preuve en s’élançant à l’assaut à travers cette douleur irrésistible. Et il convenait d’exprimer sa gratitude à l’égard de sa sincère posture de loup, avec une expression faciale imperturbable.
Face à la maturation de la plus grande, de la suprême, de la précieuse saveur, il ne savait pas à qui exprimer sa joie d’avoir été le témoin du moment où le riche arôme avait surgi.
――Il témoigna sa gratitude et son admiration à l’égard du miracle que représentait le fait d’avoir découvert ce mets gastronomique.
Ray : “Franchement ~tsu ! Nee-sama est si merveilleuse ~tsu !!”
Une danse meurtrière mêlée d’amour et de haine se déroula dans l’escalier en colimaçon. Tout en la dégustant à sa guise, Batenkaitos bénit l’existence de Ram.
Et, inclinant son corps, se retournant, se baissant, esquivant selon les Souvenirs demandés,
Ray : “Maintenant, avec un tadaaa~, c’est le time de la contre-attaque――”
Ram : “Tu es vraiment bruyant.”
Contournant Ram tandis qu’elle pointait sa baguette, Batenkaitos visa son cou pâle. Son flanc, qui s’était retrouvé dans son incontestable angle mort, et la ligne de mire de Ram s’entremêlèrent lorsqu’elle se retourna.
À ce moment précis, se sentant intimidé, Batenkaitos interrompit l’attaque et s’échappa en esquivant. Cependant, à l’instant où le vent frôla sa joue droite, il sentit le sang commencer à couler.
Ray : “――~tsu.”
Traçant de la main sa joue coupée, Batenkaitos inspira faiblement.
C’était une blessure qu’il n’était pas censé subir. Tout du moins, les Souvenirs présents dans Batenkaitos――s’il devait se conformer à l’existence qui connaissait le mieux la prodigieuse Ram, alors un futur dans lequel il aurait dû subir cette blessure n’existait pas. Pourtant――
Ram : “Bien que Ram t’ait dit de couiner disgracieusement, la voix d’un adversaire répugnant est également difficile à écouter. Ram n’a pas l’intention de te tenir compagnie plus longtemps, alors tu seras tué.”
Ray : “Nee-sama, c’est…”
Ram : “Si tu as évalué Ram en te basant sur les Souvenirs, alors ton analyse est encore trop naïve.”
Observant Batenkaitos après qu’il se soit taché la joue de sang avec sa main, Ram brossa doucement ses cheveux roses. Avec son regard latéral terriblement froid vers ce côté,
Ram : “Avais-tu l’intention de faire ressortir les véritables couleurs de Ram ? Si c’est le cas, c’est plutôt risible――le potentiel de Ram est infini. Après tout…”
Ray : “――――”
Ram : “――Ram est la nee-sama de Rem.”
Une remarque sans fondement et négligente, mais qui résonnait avec une telle force de persuasion parce que c’était ainsi que les Souvenirs, présents au sein de personne d’autre que Batenkaitos, avaient capté l’existence de leur sœur aînée.
Reconnaissant cette réalité, Batenkaitos effaça son sourire et se tordit les joues de contrariété.
Ennuyeux. Inintéressant. Elle n’avait pas compris.
Ray : “Aussi bien la rage que la haine sont des épices qui exaltent les saveurs. Mais si le goût des épices est trop fort, s’il s’affirme trop puissamment, alors même ce plat est gâché. Je suppose que nee-sama, qui ne cuisine pas, n’a aucune idée de ces pratiques, heiiiin ?”
Ram : “Ce n’est pas vrai. Il n’y a rien à cacher, le plat spécial de Ram est la pomme de terre à la vapeur, après tout.”
Les Souvenirs qui se rappelaient vivement de cela ressuscitèrent, et son estomac gronda.
Ignorant volontairement l’appel de la sensation de vide et de faim dans son estomac, Batenkaitos mit de côté son envie de jouer.
Ram n’avait pas encore démontré la véritable valeur de sa force. En d’autres termes, cela signifiait tout simplement qu’elle n’avait pas tout révélé, même à la jeune sœur qui lui ressemblait physiquement. Autrement dit――
Ray : “――Nee-sama ne fait même pas confiance à sa petite sœur, voilà le summum de l’individualisme, n’eeeest-ce pas.”
Ram : “…Quelle façon superficielle de comprendre les choses. Ram ne sait pas combien de vies humaines tu as goûtées, mais même ces personnes ne viennent pas à l’esprit. Tout ce qui n’est pas Rem est insignifiant.”
Répudiant la conception des repas de Batenkaitos, Ram redressa ses yeux pourpres et clairs.
Et, tout en caressant sa propre poitrine fine,
Ram : “Je te prie de faire autant d’efforts que tu le peux, Barusu.”
En évoquant le jeune garçon qui n’était pas présent ici, une détermination extraordinaire lévitait au travers de son expression froide.
Ram : “Même si un destin commun entre nous fait frémir Ram.”
Il prit une grande inspiration, un tissu recouvrant sa bouche pour éviter qu’il n’avale le sable.
Pour être honnête, il aurait préféré avoir des lunettes de protection, mais ce serait trop espérer. Préparé à recevoir des grains de sable dans ses globes oculaires, il n’avait pas d’autre choix que de faire attention à ses yeux dans le tourbillon de sable.
Subaru : “Béako ! Meili ! Il faut que nous nous en sortions !”
Béatrice : “Betty le sait, en fait !”
Meili : “Bon sang, tu ne sais vraiment pas comment traiter les geeeens !”
Celle qui traversait son champ de vision brouillé par le sable était une existence diabolique vêtue d’une carapace noire de jais.
S’approcher et subir une seule attaque de ses grandes pinces signifiait perdre la vie. Prendre de la distance et endurer son dard signifiait perdre la vie. Il y avait de nombreuses autres possibilités de perdre la vie.
En termes de conditions de défaite au sens strict, il en existait plus qu’il n’en fallait, c’était leur situation actuelle.
Subaru : “Cela dit, c’est toujours comme ça que ça se passe… !”
Les batailles de Natsuki Subaru étaient une série ininterrompue d’exercices de funambulisme.
La raison pour laquelle il suffoquait malgré sa connaissance de l’avenir grâce à la Mort Réversible, tenait au fait que les capacités qu’il possédait étaient toujours disproportionnées par rapport à l’ampleur des ennemis qu’il affrontait.
Le manque de cartes à jouer était son scénario omniprésent. Tout en faisant confiance à la force de chacun, s’attendant à ce qu’ils s’adaptent aux exigences de la situation et se battent, Subaru lui-même luttait avec acharnement, répondant ainsi aux attentes de tous à son égard.
Subaru : “Plutôt qu’un combat personnel, c’est un combat de mes merveilleux camarades !”
Meili : “Est-ce vraiment la situation idéale pour dire çaaaa ?! Bon sang ! Fais de ton mieux, Roi Cheval Affamé-chan !”
Recevant le cri tonitruant de Subaru, Meili, qui se déplaçait juste à côté de lui, donna des ordres aux bêtes démoniaques――aux Rois Chevaux Affamés.
Les bêtes démoniaques semblables à des centaures poussèrent un cri semblable à celui d’un enfant, et deux d’entre elles portant respectivement Subaru et Béatrice, et Meili, s’élancèrent à travers la mer de sable.
Et, le titanesque scorpion qui les poursuivait en frappant le sable avec acharnement, grattait ce dernier de ses multiples pattes, faisant naître un nuage de poussière, et reprenait sa traque.
Shaula : “――Bishaaan !!”
Comme son instinct le lui avait indiqué plus tôt, s’ils s’éloignaient, ils recevraient le dard, s’ils s’approchaient plus près, les énormes pinces viendraient prendre leur vie. Tout en gardant une distance ni trop proche ni trop éloignée, ils faisaient face aux attaques de l’ennemi.
En comparaison avec les conditions de défaite qu’il avait énumérées, la seule condition de victoire qui leur était permise était un changement à l’extrémité d’une bataille pour temporiser. Cela faisait référence à la capture par Émilia du premier étage de la Tour, et à la réécriture des règles citées.
En réalité, il n’avait même pas confirmé si c’était une possibilité réelle――
Béatrice : “Si ce n’est pas possible, alors il serait étrange que ce soit inclus dans les règles de la Tour en premier lieu, je suppose.”
Subaru : “Exactement, Béako. Faire des efforts et inclure “vous pouvez aussi détruire les règles” dans les règles signifie que celles-ci sont basées sur le fait qu’elles seront détruites.”
Et si c’était une possibilité, alors il s’agirait peut-être d’une récompense donnée à celui qui s’emparerait de la Tour. Si cette éventualité était envisagée, alors ce serait un droit accordé uniquement à celui qui aurait tout résolu avec les moyens appropriés.
C’était un immense soulagement de savoir qu’Émilia avait véritablement franchi la barrière que représentait Reid. Si elle n’avait pas été victorieuse, le moyen de sauver Shaula n’aurait peut-être même pas effleuré ses mains.
Subaru : “Même si je ne lui pardonnerai jamais d’avoir harcelé sexuellement Émilia-tan… !”
Bien que ce soit exaspérant d’y repenser, Julius avait été chargé de se venger de Reid.
S’attendant à ce qu’il domine totalement cet homme violent, Subaru captura l’énorme Tour de Guet dans son champ de vision et se confia à la lutte acharnée que Béatrice et Meili étaient en train d’engager.
Meili : “Onii-san ! Ce n’est pas facile de se déplacer ici ! Je pense qu’il sera plus facile pour les bêtes démoniaques-chan de se déchaîner dans un endroit plus éloigné de la Touuuur ?!”
Subaru : “Guh… ! Je pige ce que tu dis ! Je pige, mais non ! Je ne m’éloignerai pas de la Tour. Si je m’éloigne encore plus, je ne comprendrai pas !”
Rejetant l’appel de Meili, Subaru grinça des molaires en saisissant sa poitrine. L’effet de Cor Leonis reprit, et les emplacements de ses camarades dans la Tour furent toujours dans sa sphère d’appréhension, sous forme de lumières fugaces. Cependant, il ne savait pas pour quelle cause possible cette Autorité, aux facettes encore trop incertaines, pouvait se défaire.
Concernant les effets de l’Autorité, ce qui était le plus facile à percevoir était en effet la distance.
En réalité, Subaru ne connaissait pas l’emplacement de ses camarades à l’extérieur des Dunes de Sable d’Augria. Si c’était à cause de la distance, il était impossible de savoir jusqu’où il pouvait s’éloigner de la Tour de Guet.
Il craignait de perdre la capacité de confirmer l’emplacement et le bien-être de ses camarades.
Toutefois, le plus grand problème n’était pas leur bien-être, mais la perte de la capacité à supporter leur fardeau. Il était évident qu’Émilia ou Julius avaient exposé leur corps à de graves batailles, mais ce qui étreignait encore plus le cœur de Subaru, c’était Ram, qui était en quête de vengeance.
Subaru : “――――”
Même s’il était certain d’avoir déployé ses camarades dans des positions idéales, il avait prévu dès le début que, même parmi eux, le combat de Ram serait particulièrement difficile. En effet, son adversaire était Ray Batenkaitos――à l’origine de la transformation de Rem en Beautée Endormie et de la condition même de Ram.
Ram se devait d’être en pleine forme, sinon elle ne pourrait pas s’opposer à Ray Batenkaitos.
De plus, il souhaitait que Ram batte Batenkaitos à sa guise. Pour cela, Subaru devait assumer le fardeau qu’elle subissait constamment. C’était précisément la raison pour laquelle――
Subaru : “Je ne peux pas m’éloigner de la Tour de manière irréfléchie ! Désolé d’être un handicap, mais s’il te plaît, fais un compromis !”
Meili : “Hk ! Ça va absolument et définitivement te retomber dessus plus taaaard !”
Arrondissant les lèvres à l’appel de Subaru, Meili cria, le visage rouge, sur le dos du Roi Cheval Affamé.
Au même rythme, la jeune fille regarda le ciel et frappa des mains en direction des êtres qui tournoyaient dans le ciel bleu et sans nuages.
Meili : “Taupes à Plumes-chans ! C’est l’heure du spectaaaaacle !”
Recevant l’ordre strident, les petites ombres planant dans le ciel descendirent en piqué vers la mer de sable. Voyant qu’elles visaient le titanesque scorpion au sommet du sable, Subaru cria instantanément “Béako !”,
Subaru : “Fais correspondre ta magie avec elles !”
Béatrice : “――Hk, Betty le sait, en fait ! Vita !!”
Présumant la cible de Subaru, Béatrice leva sa petite paume vers le ciel.
L’effet de l’incantation fut invoqué, mais son objectif n’était pas dirigé vers le scorpion titanesque, mais vers les Taupes à Plumes qui avaient les yeux rivés sur le scorpion titanesque.
Au cours de la descente des Taupes à Plumes, une spirale de lumière pâle fut produite――au moment où les Taupes à Plumes traversèrent cette spirale, les bêtes démoniaques de petite taille accélérèrent, revêtues de lumière.
Subaru : “――――”
Le coup perçant s’enfonça dans la carapace du scorpion titanesque, faisant naître une note violente.
Le scorpion titanesque, qui jusqu’à présent acceptait les cris de guerre des Taupes à Plumes comme une brise légère, arrêta ses multiples pattes au moment où il fut frappé de plein fouet avec une puissance inimaginable.
Meili : “Qu’est-ce que c’était à l’instant… Béatrice-chan, qu’est-ce que tu as fait ?”
Béatrice : “Betty a alourdi tes bêtes démoniaques juste avant qu’elles n’entrent en collision, je suppose. Leur vitesse ou leur solidité ne change pas, mais le résultat est différent avec une simple augmentation de masse, en fait.”
Béatrice répondit à l’étonnement de Meili.
C’était la réponse à la raison de l’amélioration soudaine des Taupes à Plumes――la force était un mélange de masse et de vélocité.
Les Taupes à Plumes naviguaient sous terre à l’aide de leurs puissantes cornes ; l’assaut risqué des bêtes démoniaques qui volaient dans le ciel et sous terre à volonté stoppa net les pas du titanesque scorpion à l’incroyable puissance destructrice.
La capacité défensive du scorpion titanesque était assez impressionnante, mais il était incapable de se défendre complètement contre une attaque à laquelle il assistait pour la première fois. Et, afin de surpasser cette capacité de défense réfléchie, Subaru tourna complètement la tête.
Subaru : “Je me sens mal pour les bêtes démoniaques, mais c’est un compromis entre la vie et le temps. Il y a beaucoup de quantité et de variétés de bêtes démoniaques qui peuvent être utilisées, avec l’aide de Béako les possibilités sont infinies… ! De cette façon――”
Ils pouvaient y parvenir, cette réponse catégorique amena Subaru à serrer le poing et les cheveux de Béatrice. Celle-ci avec un “Ça fait mal, je suppose !” éleva la voix en signe de protestation――et ce fut à ce moment-là.
Subaru : “――Ah ?”
Avec l’intention de gagner le plus de temps possible, Subaru laissa échapper sa voix tout en levant les yeux vers la Tour de Guet.
En entendant sa voix vacante, Béatrice se retourna en disant “Subaru ?”, mais il resta incapable de répondre.
Ce qui était porté à la conscience de Subaru, ce n’était pas l’extérieur visible de la Tour de Guet, mais son intérieur――l’intérieur de la Tour où il pouvait sentir des lumières fugaces à différents endroits, la raison étant les réponses de ses camarades.
Vraisemblablement, il semblait que chacun d’entre eux devait être engagé dans des batailles véhémentes, parmi eux une seule réponse avait disparu――la réponse d’Émilia, qui se dirigeait vers le sommet.
Subaru : “――――”
À cet instant, le cœur de Subaru palpita si intensément qu’il fut sur le point d’exploser.
La disparition de la réponse d’Émilia plongea Subaru dans le chaos. Et si, dans les quelques instants qui venaient de s’écouler, Émilia avait été perdue――
Subaru : “――Hk, calme-toi, espèce d’idiot.”
Il empêcha sa vision de s’obscurcir en se réprimandant lui-même.
Il était bien trop tôt pour se désespérer de la réalité. Il devait faire davantage confiance aux capacités de Cor Leonis. Bien qu’elle trouve son origine dans le pire des hommes, maintenant qu’elle s’était épanouie, cette Autorité était une alliée.
D’après les réponses de Cor Leonis jusqu’à présent, il était possible de supposer que l’intensité de la chaleur et du mouvement des lumières éphémères traduisait le statut de ses alliés.
Lorsqu’ils devenaient violemment agités, les couleurs ou l’intensité des lumières changeaient. L’inverse était également vrai.
Alors, la disparition de la réponse d’Émilia faisait-elle référence à sa Mort ?
Subaru : “Si c’est le cas, alors la vitesse à laquelle la réponse a disparu a été beaucoup trop rapide.”
S’il fallait supposer qu’Émilia avait rencontré un ennemi si redoutable qu’il était capable d’éteindre son existence en un seul instant, même si elle en avait été victime, il ne pouvait pas imaginer qu’elle soit mise hors d’état de nuire sans résistance.
Il ne pouvait pas l’imaginer et ne voulait pas le faire. Il avait foi. Voilà pourquoi le problème se situait peut-être ailleurs.
En se précipitant dans la Tour de Guet, Émilia s’était dirigée vers le premier étage, et quelque chose s’était produit qui avait fait sortir son corps de la portée de l’influence de Cor Leonis.
Ainsi, en un seul instant, la réponse d’Émilia avait disparu de la perception de Subaru. Il devait le croire, sinon――
Béatrice : “Subaru !”
Meili : “Onii-san ! Ce n’est pas le moment d’être dans la luuuune !”
Grinçant des molaires et des gencives, Subaru se maîtrisa par la douleur tandis que les deux jeunes femmes l’appelaient.
En les entendant, Subaru répondit par “Je sais” de manière à ce que lui-même et elles puissent l’entendre,
Subaru : “Je ne sais pas à qui elle devra faire face et où. Mais je suis convaincu qu’elle reviendra.”
――Au moment même où Subaru avait prononcé des mots de prière, loin en bas sur le sable.
Bien que Subaru ait dit qu’il ne savait pas à qui elle devrait faire face, même son imagination n’aurait jamais pu prédire la situation dans laquelle Émilia s’était retrouvée.
Conformément aux directives de Subaru, Émilia s’était rendue au premier étage afin de réécrire les règles de la Tour de Guet des Pléiades――ce qu’elle avait rencontré était une existence azur, scintillante et gargantuesque, vêtue d’écailles.
Une existence dont personne n’ignorait le nom dans ce Royaume de Lugnica――non, dans le monde entier.
Si la Sorcière de l’Envie était considérée comme le symbole de la peur, alors c’était le symbole de l’espoir et de la foi. Car cette existence avait continué à accumuler des actes méritoires d’une telle ampleur pour le monde.
Le nom de cette gargantuesque et grandiose existence――
Émilia : “――Le Dragon Divin Volcanica.”
Ruminant le nom avec lequel il s’était désigné, Émilia sentit tout son corps se refroidir.
Bien que ce soit une chose étrange à dire, la prédisposition d’Émilia était entièrement détachée de la nervosité. Bien sûr, elle sentait son corps s’alourdir lorsqu’elle devait se tenir devant des personnes ou lorsqu’elle devait parler de quelque chose de crucial, mais dès qu’elle entreprenait une action concrète, elle oubliait immédiatement leurs effets.
À de multiples reprises, elle avait été félicitée par Subaru ou Ram pour cette qualité impressionnante.
Néanmoins, en dépit de posséder cette qualité impressionnante, les mouvements physiques d’Émilia s’étaient complètement arrêtés devant le Dragon Divin.
À tel point qu’elle sentait qu’elle ne pouvait même pas prendre une seule respiration sans la permission de son adversaire. Dans une telle mesure, la présence d’un véritable Dragon était projetée, et s’emparait du monde.
Émilia : “――――”
Tout en inspirant, Émilia jeta à nouveau un coup d’œil à la carrure de Volcanica.
Des écailles d’un azur profond brillaient comme des joyaux, et chacune d’entre elles semblait avoir été affinée, comme si elles étaient plus tranchantes que n’importe quelle épée précieuse.
Ses membres avant et arrière étaient dotés de griffes noires semblables à de la pierre ; son visage, semblable à celui d’un dragon terrestre, donnait l’impression d’avoir vécu longtemps, arborant une paire d’yeux dorés qui avaient été témoins d’une quantité insondable de temps. Sur sa tête se dressaient deux énormes cornes, blanches comme du lait frais.
La stature du Dragon Divin devait mesurer entre quinze et seize mètres de haut. Comme il n’était pas debout et que ses ailes et sa queue étaient repliées, il était impossible de déterminer sa taille exacte. Mais comme il était aussi gargantuesque, il était évident qu’il ne pouvait pas entrer dans la Tour.
Il ne faisait aucun doute que le premier étage avait été construit à un emplacement ouvert à cause de Volcanica.
Émilia : “…Le troisième étage était le Sage, le deuxième étage était Reid, et le premier étage est Volcanica.”
Volcanica : “――――”
Émilia : “Se pourrait-il que les Trois Grands Héros d’antan soient impliqués dans les examens de la Tour ?”
En repensant aux examens passés jusqu’à présent, Émilia découvrit une similitude entre eux.
Les Trois Grands Héros――ils avaient autrefois fait des efforts pour sceller la Sorcière de l’Envie, et étaient trois figures héroïques gravées dans l’histoire du Royaume de Lugnica. Il s’agissait de Shaula, Reid et Volcanica.
De plus, Shaula avait déclaré qu’il s’agissait en fait d’un exploit de Flugel, Reid était incroyablement violent et parlait grossièrement, et Volcanica n’était pas une personne mais un Dragon.
Mais s’ils étaient encore connectés à cet endroit, alors――
Émilia : “Être encore amis après autant de siècles, c’est vraiiiiment merveilleux.”
Émilia trouvait merveilleux que quelque chose comme l’engagement ou l’unité ait lié les trois figures héroïques.
De surcroît, Volcanica était l’existence qui avait conclu un Pacte avec le Royaume de Lugnica, et dans les faits, lorsqu’un Dragon noir s’était déchaîné au sein du Royaume de Lugnica il y a plusieurs décennies, il avait été rapporté qu’il possédait des pouvoirs extraordinaires.
Émilia aimait ceux qui considéraient les promesses comme importantes.
Elle estimait que tenir ses promesses était une très bonne chose. Elle chérissait Subaru et lui faisait confiance, mais elle trouvait que sa tendance à ne pas tenir ses promesses n’était pas bonne.
Et si Béatrice se mettait à l’imiter ?
Émilia ne souhaitait pas non plus gronder Subaru et Béatrice pour avoir rompu leurs promesses.
Émilia : “Ah, oups. Ce n’est pas le moment de penser à tout ça… Hum, Volcanica ! Je suis venue ici pour passer l’examen ! L’examen du premier étage ! Je vais m’y atteler !”
Volcanica : “――――”
Émilia : “Je ne sais pas à quel point l’examen sera difficile… Mais je vous demande de vous dépêcher ! Je dois me dépêcher, sinon Subaru et les autres auront des problèmes. Quoi que cela puisse être, allons-y !”
Frappant ses joues de ses mains, Émilia réorganisa ses émotions recroquevillées.
Sans même l’avoir prévu, penser à Subaru et Béatrice constituait la racine de cela. Même s’ils devaient se faire gronder par Émilia pour ne pas avoir tenu leurs promesses, c’était parler d’un lointain lendemain, d’un lointain futur.
Pour se confronter à cet avenir, Émilia devait faire preuve de fermeté.
Volcanica : “――――”
Le Dragon Divin silencieux observait attentivement Émilia de ses yeux teintés d’or.
Sans exagérer, ces yeux semblaient assez profonds pour l’absorber entièrement.
Il avait combattu la Sorcière de l’Envie et forgé le Pacte avec le Royaume de Lugnica quatre cents ans auparavant――mais le temps que ce formidable Dragon avait vécu semblait bien plus long que ces quatre cents ans.
Ces yeux, peut-être près d’atteindre un millier d’années, fixaient intensément le monde. Il était impossible de savoir de quelle manière l’existence d’Émilia serait projetée à ce Dragon Divin.
Émilia : “J’ai l’habitude d’être jugée. Il y a des individus qui me détestent parce que je suis une demi-elfe, ou des méchantes comme Echidna… Mais, au même titre que Subaru, Ram ou Béatrice et tous les autres, il y a aussi des personnes qui ont placé leurs attentes en moi.”
Tout en s’adressant à lui, Émilia toucha de ses doigts le cristal qui se trouvait sur sa poitrine.
Sa famille, encore endormie, avait été la première à affirmer Émilia, qui pourtant était déjà grandement regardée avec des préjugés.
Avec cette famille comme point de départ, dans cette Tour se trouvaient ses camarades qui avaient accepté Émilia.
Émilia : “C’est pourquoi je me fiche de la façon dont vous me regardez !”
Devant le Dragon Divin qui l’avait impressionnée une fois, Émilia déclara cela vivement.
Même l’existence connue sous le nom d’Émilia, qui avait été écrasée par le contraste de présence, qui avait frémi et s’était recroquevillée, qui avait été submergée par l’existence connue pour l’éternité, ne perdrait plus.
――Quoi qu’il advienne, elle ne perdrait pas.
Volcanica : “――――”
Émilia raffermit son poing et fit briller ses yeux améthyste avec puissance.
Tout en étant baigné par le regard d’Émilia sur tout son corps, Volcanica cligna lentement des yeux. Ensuite, il bougea ses mâchoires de dragon avec grandeur――
Volcanica : “――Toi, qui a atteint le sommet de la Tour. Traverse le premier étage, requérant tout-puissant.”
Émilia : “――――”
Volcanica : “――Je suis Volcanica. Conformément à l’ancien Pacte, je sollicite la volonté de celui qui a atteint le sommet.”
Émilia : “…Hein ?”
Émilia, qui avait retenu son souffle et s’était mise en garde contre le défi que Volcanica pourrait lui demander, entendit les mots encombrants qui accompagnaient le souffle du Dragon et pencha la tête.
Car elle se souvenait de ces paroles.
Émilia : “Hum, vous ne me l’aviez pas dit plus tôt ? Que c’est moi qui suis arrivée au premier étage, et que vous êtes Volcanica… c’est bien ça ?”
Volcanica : “――――”
Émilia : “…Ah ! Ne me suis-je pas présentée, par hasard ? Je m’excuse. Je suis Émilia, juste Émilia. Eh bien, il y a beaucoup de personnes en ce moment qui ne se souviennent pas de moi, donc ce sera un problème si vous me demandez de le prouver, mais je suis Émilia !”
Volcanica : “――――”
Émilia : “…Toujours pas bon ?”
Pensant que l’omission de sa présentation avait provoqué son mécontentement, elle se présenta à nouveau, mais aucun changement positif ne se produisit dans la réponse de Volcanica.
Si Subaru avait été là, il serait allé jusqu’à penser que sauter sa présentation conduirait à la révocation du droit de passer l’examen du premier étage, mais Émilia ne raisonnait pas de la sorte.
Émilia estimait que même si une erreur était commise, en s’excusant, l’autre personne ne pouvait pas continuer à être aussi insensible.
Ainsi, même à cet instant, elle n’estimait pas que son impolitesse avait valu le silence de Volcanica.
Ce à quoi Émilia avait songé, c’était à la possibilité que Volcanica ne soit pas en colère. Mais même si c’était le cas, cela aurait pu être bien pire qu’une simple colère. Après tout――
Émilia : “Se pourrait-il que…”
Plongeant son regard dans ses yeux dorés, Émilia s’avança timidement.
Un pas, deux pas, reprenant sa marche dans un endroit proche du ciel, elle réduisit la distance entre elle et le Dragon Divin Volcanica. Émilia se rapprocha, alors que ce dernier respirait, qui plus est avec magnificence.
Et, tendant doucement la main vers l’avant, elle toucha les écailles de la patte avant de l’autre être.
Émilia : “――Froid.”
Les écailles qu’elle touchait étaient froides comme de la glace, ou comme de l’acier refroidi.
Combien de temps faudrait-il rester stagnant pour perdre autant de chaleur ?
Il ne s’agissait pas d’une Mort biologique. Ceux qui restaient stagnants pendant une longue période perdaient simplement leur énergie corporelle.
Volcanica : “――Toi, qui a atteint le sommet de la Tour. Traverse le premier étage, requérant tout-puissant.”
Émilia : “――――”
Volcanica : “――Je suis Volcanica. Conformément à l’ancien Pacte, je sollicite la volonté de celui qui a atteint le sommet.”
Tout en fixant Émilia qui touchait sa patte avant, Volcanica répéta cela une fois de plus.
Des mots d’accueil qui avaient été répétés et accumulés exactement trois fois. Ils n’avaient pas pour but de condamner l’erreur qu’Émilia avait commise avec sa salutation.
Les yeux de Volcanica, qui fixaient profondément Émilia, la reflétaient comme s’ils ne la reflétaient pas.
La raison en était évidente.
Émilia : “Se pourrait-il que vous soyez devenu si vieux que vous ayez oublié l’examen… ?”
Ce n’était pas la mort du corps, mais celle de l’esprit qui avait chassé le Dragon à la longue longévité.
Et pour Émilia, qui devait passer l’examen du premier étage, il s’agissait d’un défi allant au-delà de celui-ci.
La Grande Bibliothèque des Pléiades, l’examen du premier étage Maïa.
Temps imparti, le temps de la survie de ses camarades. Nombre de tentatives, inconnu. Participants, un. Contenu de l’examen, inconnu.
――Démarrage de l’examen.
