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Web Novel • Arc 06

76L’enfer qui porte le nom de soi-même

Artiste du fan-art : Ringo

Subaru : “――――”

――En observant la jeune fille en face de lui qui avait vécu la Mort Réversible se prendre la tête entre les mains et sangloter de façon incontrôlable, Natsuki Subaru regarda fixement ses paumes.

Ce n’était pas comme s’il se sentait blessé d’avoir été traité de monstre, d’avoir été insulté.

Il était fou. C’était impossible à endurer, il était aussi d’accord avec ces notions.

Subaru lui-même était mort d’innombrables fois jusqu’à présent.

Il était conscient que quelque chose d’aussi fondamental que ces expériences n’était pas ordinaire. Mais il avait simplement serré les dents et l’avait enduré.

Croyant de tout son cœur qu’il valait mieux qu’il souffre plutôt que de voir mourir quelqu’un d’autre que lui, un ami ou une connaissance, des individus dont il ne connaissait ni le nom ni le visage, ses précieux camarades ou les personnes qu’il aimait. C’était――

Subaru : “――Ouais, je suis vraiment extraordinaire, pas vrai, Natsuki Subaru.”

Serrant le poing qu’il fixait, Subaru chanta ses propres louanges du fond du cœur.

Il avait été félicité, à travers une logique floue impossible à tenir pour vraie. Ces mots avaient été utilisés comme pour se consoler ou s’encourager.

Toutefois, le chant de ses propres louanges, à l’instant, avait été différent.

Les Souvenirs et les “expériences réelles” qui avaient observé l’existence de Natsuki Subaru de manière terriblement objective louaient le chemin qu’il avait lui-même parcouru jusqu’à présent.

Subaru : “Zut. Je suis imprévisiblement un sacré numéro, hein.”

Et c’était quelque chose que “Natsuki Subaru”, qui avait perdu ses Souvenirs et était revenu au point de départ de son invocation dans un autre monde, et qui avait finalement atteint ce point après avoir lu en profondeur les Livres des Morts, pouvait également dire.

En partant d’une ignorance concernant le monde différent, en accumulant des expériences personnelles de la Mort suffisantes pour égaler la seule année que Subaru avait vécue, il était revenu sans laisser son cœur se briser en morceaux, de manière impressionnante.

Grâce à cela, les Souvenirs perdus et les Souvenirs ultérieurs avaient été unifiés.

Subaru : “Meili et Shaula m’ont été confiées, j’en prends la responsabilité.”

Meili, pour qui le meurtre était devenu une habitude, s’était enfermée dans un avenir sombre.

Shaula, qui avait été libérée d’une vaine attente qui avait duré quatre cents ans, souhaitait poursuivre le présent béni.

Subaru : “Ram et Julius, ils agissent tous les deux de façon déraisonnable. Pour ces deux-là, c’est une véritable prouesse.”

Ram, qui connaissait déjà la meilleure option possible et faisait preuve d’une prudence plus fiable que celle de n’importe qui d’autre.

Julius, qui n’avait plus personne vers qui se tourner, avait pourtant repris foi et s’était remis à manier l’épée.

Subaru : “Béatrice et Echidna, j’ai vraiment été une gêne pour elles aussi. Bon sang, je suis tellement…”

Béatrice, qui avait soutenu Subaru avec dévouement, avait remarqué avant tout le monde les limites de son cœur.

Echidna, qui avait été très méfiante quant à l’amnésie de Subaru, lui avait accordé son pardon à sa mort.

Subaru : “――――”

Et, peu importe s’il perdait ses Souvenirs, peu importe le nombre de fois qu’il recommençait, il était finalement revenu sur le chemin de l’attirance à son égard.

Il voulait le faire. Il devait le faire. Il ne pouvait pas imaginer un autre chemin.

Voilà à quel point elle était――

Subaru : “――EMT.”

Avec amour et une certaine tranquillité sur les lèvres, Subaru releva le visage. Et il observa Rui, qui avait toujours le visage couvert, frissonnant.

Subaru : “Hey.”

Rui : “Eekh !”

Subaru : “…Tu es trop effrayée.”

Subaru se gratta la joue d’un seul doigt en voyant qu’elle était excessivement effrayée par un simple appel.

C’était une jeune fille dont l’apparence extérieure pouvait sans conteste être qualifiée de jeune. La forme de cette jeune fille tremblant de peur, rejetant désespérément le monde, était un spectacle qui faisait mal à la poitrine. Il semblait qu’elle avait été dotée d’une fragilité éphémère qui incitait à lui tendre inconsidérément la main, de par sa naissance.

Elle avait assurément atteint une nature qui lui permettait de défaire la vigilance de l’adversaire, de se faufiler à travers lui――c’était peut-être cela, un cristal pur comme un enfant qui avait été raffiné de manière coercitive.

Cette Rui Arneb, qui ne connaissait pas le monde, était comme un enfant innocent et pur. Cependant――

Subaru : “――Rui Arneb, tu as perdu.”

――Natsuki Subaru ne pardonnerait pas Rui Arneb, qui sanglotait comme un enfant.

Rui : “――――”

Rui écarquilla les yeux, figée, devant la preuve de la défaite qui lui avait été jetée en pleine figure.

Tout en assistant à la peur qui emplissait ses yeux comme de l’encre sur une feuille blanche, le cœur de Subaru restait pourtant paisible comme le calme de la mer.

Le monde n’était pas rempli de problèmes qui pouvaient être ignorés simplement parce qu’ils n’étaient pas connus. Et les actes que Rui ou ses frères avaient commis étaient d’innombrables atrocités inhumaines et démoniaques.

Ce n’était pas comme si elle n’avait pas eu l’occasion de le savoir. Grâce aux Souvenirs des autres, elle avait certainement eu l’occasion d’entrer en contact avec les émotions humaines, les goûts et les dégoûts, et d’apprendre d’eux.

Néanmoins, ce qu’elle avait absorbé d’eux n’était pas quelque chose qui s’apparentait à de l’affection pour les autres, mais un désir plus sombre, plus macabre, et le comportement de piétiner et de cracher sur la vie laborieuse d’autrui.

La faute en incombait peut-être à ses professeurs. Ses frères aînés avaient été de mauvais modèles dans sa vie.

Toutefois, elle avait décidé de ne jamais profiter d’une occasion de sortir du chemin de l’erreur.

Subaru : “Tu le sais peut-être aussi, puisque tu faisais partie de moi. Mais les rangs que vous tous… vous les Archevêques du Péché utilisez pour vous nommer, ont quelque chose en commun avec les Sept Péchés Capitaux. Pour les chuunibyou pourvoyeurs de western-language il y a les Sept Péchés Capitaux, mais il existe également les Sept Vertus Célestes, quelque chose d’étroitement lié à ça.”

(Note de Traduction : “Chuuni”, également connu sous le nom de “chuunibyou” (中二病), se traduit littéralement par “maladie de la deuxième année du collège”. Il s’agit d’un terme bien connu pour décrire les enfants du collège qui ont la folie des grandeurs, comme les pouvoirs spéciaux.)

Les Sept Péchés Capitaux : l’Orgueil, l’Envie, la Colère, la Gourmandise, la Paresse, la Luxure et l’Avarice.

Et les Sept Vertus Célestes : l’Humilité, la Bonté, la Patience, la Tempérance, la Diligence, la Chasteté et la Charité.

(Note de Traduction : Les Sept Vertus Célestes s’opposent en quelque sorte aux Sept Péchés Capitaux dans le corpus théologique chrétien. J’ai arrangé les vertus pour qu’elles correspondent aux péchés au-dessus.)

Si les Sept Péchés Capitaux étaient un karma impossible à détacher des humains tant qu’ils vivaient, alors il s’agissait de sept conventions qui ne devaient pas être oubliées pour que les humains portant le fardeau de ces péchés puissent vivre avec les autres.

Parce qu’ils respectaient cela, les humains pouvaient vivre avec d’autres humains.

Subaru : “Mais, vous tous… Vous avez violé ça.”

Voilà pourquoi les Archevêques du Péché, voilà pourquoi Rui Arneb était devenu un grand mal impardonnable.

Rui : “Eek, eek, eek…”

Rui, effrayée et recroquevillée sur elle-même, fut frappée par les paroles de Subaru et frissonna comme si elle avait expérimenté l’agonie.

Le moindre effort des autres, du monde, connecté à la peur. Subaru était également conscient de cette sensation.

Après avoir goûté à la sensation de l’autre monde appelée Mort Réversible, dans une situation dans laquelle il n’était pas possible de surmonter l’obstacle peu importe à quel point la Mort était subie, même le bruit des feuilles sèches se balançant dans la brise semblait fatal à la vie.

Parce qu’il se souvenait de cette sensation apparentée à la congélation de son âme, Subaru ferma les yeux. Et,

Subaru : “Rui Arneb, tu as perdu.”

Rui : “――――”

Subaru : “Alors, reconnais-le et libère absolument tout.”

Une fois de plus, Subaru répéta sa défaite de manière à ce qu’elle l’entende elle-même. En plus de cela, il poussa une demande ferme en direction de la jeune fille, qui resta silencieuse en entendant cela.

Le retour des Souvenirs de Subaru était dû à la rencontre fortuite entre Natsuki Subaru, qui avait perdu ses souvenirs, et Natsuki Subaru du moment précédant immédiatement le vol de ses souvenirs――comme son avancée dans le monde différent avait été reconstituée dans les Livres des Morts, il avait été capable de restaurer ses propres souvenirs en les retraçant.

Sous la forme d’une redécouverte des Souvenirs volés en utilisant les Livres des Morts.

En réalisant l’unification de Subaru avant et après la perte des Souvenirs, le résultat fut le deuxième avènement réussi de Natsuki Subaru.

Comme sous-produit, Rui, qui était entrée dans Subaru sous la forme d’un Facteur de Sorcière, avait été forcée de sortir comme une substance étrangère. Cependant, Subaru avait été témoin, de ses propres yeux, de son traitement complaisant des Souvenirs volés, les faisant sortir librement et les épluchant.

Si c’était possible, alors une méthode pour sauver les individus à qui on avait volé leurs Souvenirs, leurs Noms, serait――

Subaru : “Si nous imaginons le faire, alors nous pouvons faire n’importe quoi. C’est ce que tu as dit, pas vrai ? Alors…”

En plus d’être prétentieuse et de se vanter de ses propres capacités, elle avait même réussi à diviser son Facteur de Sorcière en deux.

Puisqu’elle y était parvenue, il n’était pas impossible qu’elle annule les effets de sa propre Autorité. Si cela, rien que cela, pouvait se réaliser, alors peut-être qu’il――

――Qu’il serait possible de rétablir les personnes qui avaient été dépossédées de leurs Souvenirs et de leurs Noms et de rétablir Rem.

Subaru : “Si c’est possible, libère toutes les personnes que tu as mangées jusqu’à présent. Si tu fais ça…”

Rui : “…Fais ça, et puis quoi ?”

Subaru : “――――”

Subaru articula puissamment, mais Rui interrompit brusquement la voix qu’il élevait.

Rui demeurait sur le sol blanc dans une posture où elle ramenait ses genoux vers elle, faisant s’étaler ses longs cheveux dorés sur le sol pour se couvrir, tandis qu’elle fixait Subaru par les interstices de sa chevelure.

Ce qui habitait ses yeux, c’était la seule teinte incontestable de la peur.

Rui : “Fais ça, et puis quoi ?”

Rui répéta cela en empilant encore la même question.

Subaru avait été pris au dépourvu par sa réplique pendant un moment, mais il se ressaisit immédiatement après qu’elle ait affiché sa posture de conversation. C’était bien mieux que de ne pas parler à cause de la peur.

Il devait accepter les mots sans détour et chercher à tâtons un plan de compromis susceptible de changer la situation.

Subaru : “Libère le grand nombre de personnes que tu as mangées. Si les Noms reviennent, alors même l’honneur des personnes qui sont déjà mortes peut être restauré. Les personnes en vie pourront même retrouver leur famille. Si tu fais ça, alors je te laisserai…”

Rui : “――Tranquille, tu dis ? Si nous faisons ça, alors onii-san nous laissera tranquille ? Tranquille, tu dis ?”

Alors que ses paroles étaient à nouveau interrompues, Subaru se sentit déconcerté.

En voyant la réaction de Subaru, Rui laissa échapper un “Haa” et ouvrit sa bouche portant des crocs acérés,

Rui : “Ce n’est pas concevable, n’est-ce pas ! Ce n’est pas possible !”

Relevant énergiquement son visage, Rui s’écria avec une lueur flamboyante dans les yeux.

Ses deux yeux, qui fixaient Subaru, restaient immuablement imprégnés de peur et scintillaient d’un éclat sombre. Avec ces sombres scintillements dans les yeux, Rui balança avec force son corps d’avant en arrière,

Rui : “Ce n’est pas possible ! Ce n’est vraiment pas possible, ce n’est pas possible après tout, ce n’est en effet pas possible, nous te disons que ce n’est pas possible, puisque ce n’est pas possible, puisque nous savons que ce n’est pas possible, c’est pour cette raison ! Onii-san ne nous laissera pas nous en sortir ! C’est absolument certain ! Après tout…”

Subaru : “――――”

Rui : “Onii-san détruit ses ennemis ! Il les écrase absolument jusqu’à la toute fin ! Sans aucune exception ! Complètement à fond ! Il termine avec une perfect game ! Il peut le faire ! Alors c’est impossible qu’il ne le fasse pas ! Il n’y a pas de raison qu’il ne le fasse pas !”

Artiste du fan-art : cortashy

Comme si elle avait entendu une blague de première classe, Rui mit fin à son silence et laissa exploser ses émotions.

Et pour Subaru, la forme de Rui au moment de sa crise était visible comme étant terriblement distante, infime.

L’expression faciale de Rui était désordonnée, essayant de rire, d’être en colère, d’être triste. Et déconcertée par la sensation de peur qui n’était présente dans aucune d’entre elles, elle était perplexe et implorante.

Rui : “――――”

Les portes d’entrée de toutes les émotions de Rui, toutes directement liées à la “peur”.

Indépendamment du fait qu’ils aient commencé par de la joie, de la rage ou de la tristesse. En sachant que tous mèneraient finalement à la “peur”, pourquoi devrait-elle se réjouir, s’énerver, s’attrister.

Même si elle devait y croire, cette conclusion conduirait également à la “peur”.

Subaru était plus que suffisamment conscient de la nature profonde du rejet de Rui. Maudire le monde entier, être projeté dans une tempête de suspicion et de méfiance, s’enfermer dans une sensation d’interdiction de faire le moindre mouvement.

C’était l’enfer appelé soi-même que Natsuki Subaru avait également expérimenté.

Ce qui avait sorti Subaru de cet enfer sans espoir, c’était certainement le fait que quelqu’un lui avait tenu la main, et que cette chaleur n’avait jamais lâché Subaru.

C’était la jeune fille aux cheveux argentés qui avait sauvé la vie et le cœur de Subaru lorsqu’il était arrivé dans un monde différent.

C’était la jeune fille en robe qui s’était efforcée de protéger Subaru lorsqu’il avait été trahi par tout et n’importe quoi.

C’était la jeune fille aux cheveux bleus qui avait blessé Subaru avec gentillesse lorsqu’il avait cherché à tout abandonner.

――C’était pour cette raison que Natsuki Subaru était resté sans être emprisonné dans l’enfer.

Subaru : “――――”

Cette fondation du cœur n’était pas possédée par Rui Arneb, qui s’était noyée dans la peur sous ses yeux.

C’est pourquoi elle ne possédait pas la capacité de vaincre la Peur――elle ne pourrait jamais envisager la Mort Réversible autrement que comme une malédiction cauchemardesque consistant à être entraîné dans un enfer inéluctable.

Bien qu’il s’agisse d’une expression assez clichée, les humains étaient incapables de vivre par eux-mêmes. C’est pourquoi, pour qu’elle soit sauvée, elle qui était enfermée dans la “peur”, il fallait que quelqu’un lui tende la main.

Quelqu’un devait lui tendre la main, comme cela avait été fait pour Subaru. Néanmoins――

Subaru : “――Je ne te sauverai pas.”

――Subaru ne tendrait pas la main à Rui Arneb.

Rui : “――Ah.”

Subaru : “Je ne te sauverai pas. Je ne me sentirai pas non plus désolé pour toi.”

Rui Arneb, l’Archevêque du Péché, le blasphémateur des âmes debout dans le monde blanc.

Si douce que soit son apparence, si misérable et passagère que soit son atmosphère, si séduisante que soit son attitude de désir d’être protégée par des adultes, Subaru ne lui pardonnerait pas.

Les Archevêques du Péché avaient commis des péchés difficiles à pardonner――c’était la conclusion qu’en avait tirée Natsuki Subaru.

Subaru : “Je suis sûr que, quoi que je dise, ça ne sera jamais un salut pour toi en premier lieu.”

Rui : “Eek.”

Les yeux ronds de Rui n’étaient remplis que de terreur à l’égard de Subaru.

Dans cet endroit, même si seul Subaru pouvait comprendre la peur qu’elle ressentait, la raison même de sa peur était Subaru lui-même. En d’autres termes, son labyrinthe ne pouvait pas être démêlé.

Et lorsque Subaru déclara frontalement qu’il ne la sauverait pas, qu’il la détestait, Rui planta ses ongles dans le monde blanc et informe, tout en s’éloignant désespérément de Subaru――

Rui : “Nous connaissons… Nous connaissons le stratagème d’onii-san ! Nous étions onii-san après tout ! C’est pourquoi nous savons ce qu’onii-san va faire… Cependant, nous ne te laisserons pas faire ~tsu !”

Subaru : “Tu…”

Rui : “Rendre ce qui a été mangé ?! Jamais de la vie ! Après tout, c’est notre bouée de sauvetage ! Si nous la perdons, alors onii-san peut nous tuer ! Tant que ce n’est pas rendu, onii-san ne nous tuera pas ! C’est l’inverse, l’inverse, complètement l’inverse ! Afin de ne pas être tués par onii-san, nous ne pouvons pas rendre ceci ! C’est pour cette raison, tu saiiiiis !!”

Hurlant d’une voix forte, Rui tourna sa paume vers Subaru. Ce n’était pas comme si quelque chose était tiré de la paume tendue. Toutefois, le but de Rui se matérialisa sous une forme différente.

Le champ de vision de Subaru se déforma langoureusement en blanc, et un changement se produisit dans le Corridor des Souvenirs. Il commença à rétrécir le monde, ayant détecté la présence d’une substance étrangère, cherchant à l’éliminer.

En conséquence, l’existence de Subaru était extraite――

Rui : “Ça suffit, nous ne voulons pas nous trouver au même endroit qu’onii-san, ne serait-ce qu’une seconde ! C’est impossible physiologiquement ! Impossible en termes de vie ! Impossible en termes de destin, vois-tu ! C’est pourquoi, disparais ! Ceux qui mangeront onii-san, seront onii-chan et nii-sama ! Chacun d’eux peut faire ce qu’il veut ! Pas de remerciement de notre part !”

La décision de Rui, assez irritante, avait été la meilleure option possible pour elle.

Bannir Subaru du Corridor des Souvenirs et le renvoyer à la réalité. Et confier la responsabilité de s’opposer à lui à ses frères Ray et Roy plutôt qu’à elle-même.

Si les Archevêques du Péché pouvaient choisir de partager ou non un repas, alors Rui pourrait se séparer du pire des plateaux nommé Natsuki Subaru. Quant à savoir si ses frères éprouveraient la même angoisse qu’elle ou non, c’était une chose que sa personne actuelle ne savait pas.

Subaru : “――Guh.”

Il était difficile de se maintenir debout.

Sans la moindre chose à laquelle s’accrocher, et avec même le sol sur lequel s’appuyer qui devenait vague, Subaru était désespérément le plus faible dans ce Corridor des Souvenirs.

Subaru : “Si tu n’aimes pas que je le fasse… Alors si tu règles ça par toi-même…”

Rui : “Nous ne nous plierons pas à ça ~tsu ! Même si tu nous pousses à te tuer, c’est futile ! Tu as l’intention de nous éliminer par le biais de la Mort Réversible ! Nous ne te laisserons pas faire ! Onii-chan et nii-sama vont dévorer onii-san, complètement ! C’est la condition de notre victoire ~tsu !!”

Déployant ses crocs, Rui s’adressa à Subaru, qui tentait de se maintenir debout. Il ne pouvait plus s’opposer à sa volonté. Comprenant cela, il inspira profondément.

Après cela, les yeux noirs de Subaru transpercèrent directement Rui――

Rui : “――Eek.”

Subaru : “Si tes frères sont ta dernière corde sur laquelle tu peux compter, alors je comprends――je vais couper cette corde et te le faire payer. Tu ferais mieux de t’en souvenir, Rui Arneb.”

D’un seul doigt pointé vers Rui, effrayée et recroquevillée, il reprit.

Subaru : “Tout ce qui est pénible, tout ce qui est douloureux, supporte-le toi-même――ne fuis pas les Souvenirs.”

L’humiliation et la repentance étaient autant de Souvenirs nécessaires à la formation de sa personne actuelle.

Son entièreté était devenue de la nourriture pour l’humain nommé Natsuki Subaru, et le Natsuki Subaru construit par son entièreté avait atteint ce point après avoir accumulé de nombreuses Morts.

Si Natsuki Subaru était extraordinaire, c’était parce que l’humiliation et la repentance lui permettaient de l’être.

Subaru : “Cela dit, je ne veux même pas d’une partie de cette honte.”

Voilà ce que murmura Subaru alors qu’il était expulsé d’un espace qui n’existait pas dans le monde, son champ de vision devenant blanc comme s’il n’y avait rien eu.

Et, le Corridor des Souvenirs se détacha――

Artiste du fan-art : iwa_to_mushi


Et, dans le Corridor des Souvenirs où la forme de l’épouvantable fou avait été effacée, Rui Arneb inspira profondément, en frissonnant, et confirma l’authenticité de sa propre vie.

Rui : “Ah, ah, ahhh…”

Sa gorge qui tremblait, ses poumons qui tremblaient, son cœur qui tremblait, son âme qui tremblait.

Même Rui, qui s’était adonnée à toutes les variétés possibles de Souvenirs, ne pouvait comprendre une existence aussi répugnante. Ce qui était vraiment effrayant à propos de cette chose, c’était son esprit inconcevable.

Rui : “Pour… quoi…”

Elle ne savait pas si elle pouvait demeurer comme d’habitude.

Rui était devenue une partie de cette chose, et avant cela, elle avait mangé les Souvenirs de cette chose jusqu’à la racine. Elle avait lentement croqué les Souvenirs, sans exception, et les avait mastiqués.

L’acte lui-même était détourné, un peu comme l’épluchage des couches d’un oignon une à une, un protocole d’action qui séparait en vingt sections ce qui produisait une nouvelle vie à chaque fois que la Mort survenait.

Avant d’avoir vécu la Mort Réversible, l’acte de diviser ces Souvenirs en plusieurs portions puis de les manger était quelque chose qui faisait battre son cœur avec la notion d’une nouvelle expérience, mais maintenant, tout ce qu’elle trouvait, c’était une peur incompréhensible.

Tout d’abord, pourquoi les Souvenirs antérieurs à l’invocation dans un autre monde ou quoi que ce soit d’autre ne pouvaient-ils pas être volés ?

À l’origine, le pouvoir de l’Autorité de la Gourmandise était censé dévorer l’intégralité des Souvenirs du sujet depuis sa naissance. Pourtant, ce qui avait pu être volé à cette chose n’avait été que les Souvenirs de cette seule année.

C’était comme si l’Od Lagna n’avait pas évalué les Souvenirs précédents, qu’il les avait exécrés, ou autrement――

??? : “――Écoute écoute, hum, n’est-ce pas un peu différent de ce qui était supposé être ?”

Rui : “――――”

Soudain, une voix résonna dans le Corridor des Souvenirs supposé avoir été délaissé, et Rui se retourna, stupéfaite. Mais ses doutes furent immédiatement dissipés.

Celle qui se tenait dans le champ de vision de Rui, qui s’était retournée, était――

Rui : “Nous…”

“Rui” : “C’est vrai, nous. Parce que nous avons eu le mauvais rôle, c’est nous qui avons attendu ici en vain. Tu es celle qui a play la version d’essai de la plus belle vie en devenant onii-san, l’environnement du game était-il bien aménagé ? Tu es venue ici pour le signaler, c’est ça ?”

Tout en disant cela, en souriant en direction de Rui, c’était une existence exactement identique à la sienne――“Rui”.

En divisant le Facteur de Sorcière, censé à l’origine être unique, en séparant l’âme, bien qu’il s’agisse de la même personne, au sens le plus correct du terme, il s’agissait d’une autre elle-même.

Le plus grand facteur qui avait rendu cela possible devait être le fait que Rui ne craignait pas la détérioration de sa personne, une existence purement spirituelle dépourvue d’un corps en chair et en os.

Cette “Rui”, qui était davantage une personne à part entière, n’avait pas partagé cette expérience personnelle, contrairement à Rui. C’est pourquoi Rui trouvait la forme authentiquement souriante de “Rui” anormalement distante.

“Rui” : “――? Que s’est-il passé, nous. Afficher une telle expression, hein. Tout d’abord, qu’en est-il d’onii-san ? Être ici signifie que tu es parvenue à cet endroit en lisant à nouveau le Livre des Morts, non ?”

Rui : “――――”

“Rui” : “D’ailleurs, pourquoi es-tu aussi accroupie depuis tout à l’heure ? Pourquoi es-tu recroquevillée ? Heyheyhey, le but a été entièrement atteint, pas vrai ? Même si nous avons échoué sur ce point, nous sommes censés avoir rempli notre rôle, n’est-ce pas ? Incroyable incroyable, nous sommes entrés proprement, hein. Onii-san n’a pas du tout remarqué le nous à l’intérieur de lui-même !”

Joignant les mains avec énergie, “Rui” se remémora le rendez-vous amoureux interdit.

Bien sûr, sans que cela soit mentionné, Rui était au courant de cette affaire.

Cela faisait référence à la période où le Corridor des Souvenirs avait été connecté, à l’époque où il avait envisagé d’enquêter sur la manière de capturer l’atroce épéiste, Reid Astrea. “Rui” était alors à nouveau entré en contact avec cette chose, qui avait oubliée absolument tout, avec l’intention de manger cette chose, y compris Rui, qui était un Facteur de Sorcière, si les circonstances l’avaient permis.

Bien qu’il s’était agi d’une expérience pour voir si l’Autorité de cette chose, y compris le Facteur de Sorcière intégré, pouvait être pillé avec succès en faisant cela, elle avait échoué à cause d’un inconvénient inattendu.

Elle n’avait sûrement jamais imaginé qu’on lui ferait goûter une contre-attaque de la part d’un des Souvenirs mangés.

Toutefois, en y réfléchissant maintenant, si l’obstacle n’était pas apparu à ce moment-là, Rui aurait pu ne faire qu’un avec cette chose à ce moment-là. Avec cette chose――

“Rui” : “Heyhey, qu’est-ce qui s’est passé, nous ! Parle-nous d’autres choses, laisse-nous l’entendre ! Tu l’as vu, pas vrai ? Tu l’as entendu, pas vrai ? Tu l’as senti, pas vrai ? Tu l’as touché, pas vrai ? Tu l’as goûté, pas vrai ? ――L’Autorité de Natsuki Subaru, eh !”

Rui : “――Ne mentionne pas le nom de cette chose !!”

“Rui” : “――~tsu.”

Reprenant ses joyeuses paroles, “Rui” tendit la main. Au moment où ce bras tenta d’effleurer sa propre épaule, Rui le repoussa avec une certaine exaspération.

Violemment, puissamment, avec autant de rejet que possible, elle l’avait fait, contre le bras de son autre moitié littérale.

“Rui” : “…Hein ?”

Naturellement, sans connaître le sens de l’action de son autre moitié, la perplexité se lisait dans l’expression du visage de “Rui”.

Cependant, Rui n’avait pas le loisir de revenir sur cette expression de “Rui”. Rui étreignit l’épaule que “l’autre” avait tenté de toucher, et recula en secouant la tête en signe de refus.

Rui : “Non ! Non non non ! Ne nous touche pas ! Ne t’approche pas !”

Elle était étonnée par sa propre conscience.

Toutefois, il s’agissait de sa propre sensation. Cela ne la trahirait pas, comme l’enfer nommé soi-même.

Elle comprenait. “Rui” devant ses yeux, qui possédait le même visage qu’elle, qui avait vécu les mêmes expériences qu’elle.

L’existence supposée comprendre son âme――à présent, c’était quelqu’un d’autre pour Rui.

Il était impossible de savoir ce que les autres feraient. Ils ne protégeraient pas Rui.

Ils pourraient devenir la cause de la mort de Rui. Des ennemis redoutables qui ne feraient que tuer Rui, qui ne voulait pas mourir.

Rui : “Ne t’approche pas ! N’approche pas n’approche pas n’approche pas n’approche pas ~tsu ! Ne t’approche pas ! Ne nous touche paaaas !”

“Rui” : “――――”

Serrant son propre corps, elle ne pouvait rien faire d’autre que de réagir exactement de la même manière que lorsqu’elle avait affronté cette chose.

Pour Rui, qui avait continué à se modeler à travers les Souvenirs des autres dans cet espace dépourvu de la liberté de se regarder dans un miroir, le sentiment d’être quelque chose d’étranger qu’elle ressentait à l’égard de “Rui”, qui possédait le même visage qu’elle, était plus fort qu’à l’égard de cette autre personne imprudente.

En constatant que Rui répétait ainsi le déni et le rejet, “Rui” déplaça réciproquement son regard en même temps que la main qui avait été repoussée. Et,

“Rui” : “Hein ? Qu’est-ce que c’est que ça.”

Face à la réponse négative de Rui, “Rui” serra la main qui avait été repoussée. Elle baissa ensuite les yeux vers Rui avec une voix terriblement assoiffée, en mordant et en faisant claquer ses crocs.

“Rui” : “Qu’est-ce que c’est que ça. Qu’est-ce que c’est que ça, qu’est-ce que ça veut dire ? Dans quel but, avec quelle idée, avec quel plan, avec quelle pensée, hey ?!”

Rui : “Eeeek ~tsu.”

“Rui” : “C’est différent de ce qui était supposé être ~tsu ! Qu’est-ce qui s’est passé, nous ? C’est quoi cette réaction ! Attitude ! Réponse !”

La “Rui” rejetée, enragée, se rapprocha de Rui recroquevillée sur elle-même. S’accroupissant devant Rui, qui se tordit la gorge devant la vigueur, “Rui” saisit les cheveux de son autre moitié accroupie.

Après l’avoir obligée à lever la tête par la force, les deux personnes aux mêmes visages se fixèrent mutuellement à une distance telle que leurs respirations s’entremêlaient.

“Rui” : “C’est vraiment étrange. Étrange, comme c’est étrange, n’est-ce pas étrange, assez étrange, c’est étrange, puisque c’est étrange, plutôt étrange, puisque c’est trop étrange, puisque nous disons que c’est étrange !!”

Rui : “――――”

“Rui” : “Qu’en est-il de la stratégie ? Le plan s’est bien déroulé, n’est-ce pas ? Le plan était de devenir un Facteur et de pénétrer à l’intérieur d’onii-san, et de mettre la malveillance à l’exécution, n’est-ce pas ? C’était un travail vraiment bien fait. Onii-san était effrayé, après tout ! Onii-san pensait totalement que “Natsuki Subaru” était la personne la plus proche de lui !”

Rui ne répondit pas au plan que “Rui” avait récité ni à son déroulement.

En vérité, le plan de Rui et de “Rui” s’était déroulé sans encombre. Rui avait expérimenté la Mort Réversible à l’intérieur de Subaru et avait stimulé la séparation de Subaru et de “Natsuki Subaru” en mettant la malveillance à l’œuvre.

Et tout en restant dans le Corridor des Souvenirs, “Rui” mangerait Subaru qui s’était différencié de “Natsuki Subaru”, et ferait de l’Autorité sa propriété. Un seul pas restait à faire.

Et même si cela ne s’était pas bien passé――

“Rui” : “――Peu importe le nombre de fois, des dizaines de fois, des centaines de fois ! Le principe était de défier jusqu’à ce que l’Autorité de la Mort Réversible ait été pillée, n’est-ce pas ! Qu’y a-t-il de mal à échouer un peu ! Tout ira bien en volant les Souvenirs d’onii-san et en essayant à nouveau, peu importe le nombre de fois que ça prendra. Échangeons nos rôles et nos défis, peu importe le nombre de fois que ça prendra ! Les échecs peuvent être rattrapés !”

Celle qui devait s’assimiler en tant que Facteur de Sorcière, et celle qui devait se tenir prête dans le Corridor des Souvenirs, elle avait l’intention d’accomplir l’extorsion complète de l’Autorité en échangeant les rôles, peu importe le nombre de fois que cela prendrait, sans s’en lasser. Et pourtant――

“Rui” : “――Et pourtant, faire quelque chose comme nous rejeter, qu’est-ce qui s’est passé !”

Rui : “NOOOOoooon―― ~tsu !”

“Rui” : “Woah !”

Alors que de la force se déversait dans le bras qui avait saisi ses cheveux, Rui poussa un cri d’agonie et d’effroi. Ensuite, elle bouscula le torse de “Rui” qui était sous ses yeux, faisant gronder de douleur son autre moitié qui tombait sur le dos.

Se fixant mutuellement avec des yeux incrédules, un silence douloureux s’abattit dans le monde blanc. Et, tandis que Rui restait silencieuse, “Rui” écarquilla les yeux et,

“Rui” : “Ce n’est pas possible… Tu veux monopoliser l’Autorité ?”

Rui : “――――”

“Rui” : “Puisque l’Autorité de la Mort Réversible a été obtenue avec succès, tu as l’intention d’effacer onii-san immédiatement et d’en profiter toute seule ? En nous laissant en l’état, également.”

Rui : “C-c’est faux ~tsu !”

Rui beugla devant “Rui” figée, qui avait peint une image de méfiance et de répulsion avec stupéfaction et stupeur. Ce n’était pas vrai du tout. C’était invraisemblable. Elle n’avait pas songé, le moins du monde, à le monopoliser.

Quelque chose comme ça, s’il était possible de s’en débarrasser, alors elle souhaitait le faire. Néanmoins, elle ne pouvait pas.

En effet, ces Souvenirs n’étaient ceux de personne d’autre que “Rui Arneb”. Il était impossible d’effacer ses propres Souvenirs. Il était impossible de les voler. Impossible de les faire entrer et sortir.

??? : “Tout ce qui est pénible, tout ce qui est douloureux, supporte-le toi-même――ne fuis pas les Souvenirs.”

Rui : “Eek.”

Voilà ce que cette chose lui avait dit juste avant.

Ce qui avait été expérimenté par soi-même, le chemin parcouru par soi-même, ne pouvait être effacé. Ayant certainement pris naissance au sein de Rui, c’était l’histoire de “Rui Arneb” elle-même.

“Rui” : “Ce n’est pas une blague ~tsu ! Une chose pareille, comme si ça pouvait être excusé… !”

Elle avait voulu devenir heureuse. Elle avait voulu accéder à une vie joyeuse qui n’appartiendrait qu’à elle.

Cependant, la vie qui lui appartenait exclusivement et qu’elle avait obtenue sous une forme inattendue avait brisé le ■ de Rui――son “cœur”, en morceaux, et l’avait blessée à un point irrémédiable.

“Rui” était incapable de comprendre, Rui craignait les blessures et les écorchures de son cœur.

“Rui” : “Comme si nous allions laisser quelqu’un comme toi monopoliser nos moyens de devenir heureux !”

Rui : “C’est faux ! C’est faux c’est faux c’est faux, c’est fauuuux ! Ce n’est pas ça ! C’est pas ça ! Ce n’est définitivement pas çaaaa !”

“Rui” : “Comme si nous pouvions le croire ! Nous n’avions jamais imaginé que nous serions trahis par nous. Comme il fallait s’y attendre de notre part, n’est-ce pas, nous ! C’est vrai. Nous avons compris, nous avons compris. Hmhm, nous avons bel et bien compris !”

Rui : “Non ! Tu n’as rien compris ! Tu n’as rien compris du tout ! Tu ne comprends pas du tout nos sentiments ~tsu !”

“Rui” : “Non, nous l’avons bien compris ! Après tout, c’est nous. C’est vrai. Si c’est pour devenir heureux, alors nous serions prêts à tout, et nous devons tout faire ! La joie, c’est quelque chose qui ne cesse de décliner pour un rien !”

“Rui” rebondit et joignit ses mains devant sa fine poitrine. Et avec un magnifique et large sourire, elle dirigea un regard en coin vers Rui qui articulait son refus d’une voix éplorée.

“Rui” : “Et si nous avions négligemment comploté de la malveillance ? Si c’est nous qui le faisons, nous qui avons atteint la Mort Réversible, alors quelle que soit l’ampleur de la lutte, nous ne pourrons jamais gagner, n’est-ce pas ! Incroyable ! Tu y as vraiment bien réfléchi, n’est-ce pas !”

Rui : “Nous ne voulons pas mourir ! Nous ne voulons pas mourir ! Nous ne voulons pas mourir nous ne voulons pas mourir nous ne voulons pas mouriiiiir !”

“Rui” : “Ne prononce pas des mensonges aussi évidents ! Tu ne veux pas mourir ? Pourquoi ? Comment ça se fait ? Si tu n’en as pas besoin, donne-le nous ! Quelle sale volonté de monopoliser… Nous n’arrivons même pas à imaginer qu’il s’agit de nous !”

Rui : “――――”

À partir des paroles de “Rui”, elle avait été répudiée en étant la même existence.

À cet instant, Rui eut l’impression d’entendre la note de quelque chose en elle qui avait soif, qui se fissurait, qui se brisait. Elle ne connaissait pas ce qui avait été présent en elle et qui s’était brisé.

Bien qu’elle ne le connaisse pas――

“Rui” : “――Natsuki Subaru nous appartient. Ce chapardeur.”

Sans savoir ce qu’était cette chose, elle avait été qualifiée de façon condescendante comme étant une possession.

C’était une chose arbitraire à dire, alors qu’il n’y avait qu’elle qui comprenait vraiment cette chose.

――La seule personne qui comprenait vraiment cette chose, c’était elle seule.

Rui : “――La seule à comprendre Natsuki Subaru, c’est nous. Espèce de sotte.”

Cette chose était effrayante. Cette chose était répugnante. Cette chose était odieuse. C’est pourquoi――

“Rui” : “Laisse-nous y goûter également―― ~tsu !!”

“Rui” bondit, s’avançant pour s’emparer des Souvenirs qui faisaient de Rui ce qu’elle était.

Remettre cela signifierait la Mort de Rui Arneb.

Signifierait la Mort――signifierait le monde dont cette chose avait été témoin.

Rui : “Ah, AHHHHHH―― ~tsu !!”

Criait. Criait. Criait, criait, criait, elle criait.

Continuant à crier, tout en criant, tout en recommençant à crier, tout en continuant à élever une voix criarde――

Rui : “――Nous ne voulons pas mourir.”

Un conflit extrêmement violent et dénué de sens s’engagea dans le Corridor des Souvenirs.

Un conflit que personne ne regardait et qui n’intéressait personne.

Se commençant et se terminant――un conflit sans vainqueur.


??? : “――Ice Brand Arts !!”

À l’instant où elle prononça ces mots, elle saisit fermement la sensation née dans sa paume et la fit pivoter complètement. Ce qui avait été généré dans ses mains était une épée longue en forme de glace, dont la capacité de coupe était bien supérieure à celle d’une épée en fer incomplète.

Même si elle avait à peine commencé à pratiquer l’épée, mouvoir son corps était sa spécialité. Faisant basculer l’épée de glace en ligne droite, elle tenta d’asséner un coup fatal à son adversaire tout en bloquant ses voies de fuite. Néanmoins――

??? : “Hahaha~ ! Tu le faiiiis ! Mais c’est loin d’être suffisant pour atteindre la cible, bon saaaaang !”

??? : “――Hk !”

L’ennemi, avec ses longs cheveux qui ondulaient, esquiva son coup fatal en semblant ramper sur le sol.

L’Archevêque du Péché, qui se nommait lui-même Ray Batenkaitos, la fixait du regard avec ses canines dévoilées.

En entendant le nom de l’Archevêque du Péché, quelque chose qui s’apparentait à de l’aversion avait gonflé en elle.

En effet, il y a environ un mois, l’affrontement avec un grand nombre d’Archevêques du Péché dans la cité Aqueuse de Pristella avait entraîné un grand nombre de décisions, ainsi qu’un grand nombre de décisions différées, en tout cas, cela avait entraîné des événements graves équivalents à une montagne.

De nombreuses émotions de tristesse ou d’amertume étaient nées.

Même maintenant, leur élimination ou leur solution n’était pas encore acquise, c’est pourquoi tout le monde faisait de son mieux, et pourtant.

??? : “Pourquoi vous agissez tous comme ça et――!”

Ray : “Pourquoi ? Pourquoi en effet ? Pourquoi nous nous demandons ? Pourquoi est-ce pourquoi ? Pourquoi doit-il être pourquoi, nous nous demandons ? Pourquoi est-ce que nous nous le demandons certaiiiinement ? Pourquoi ce qui doit être pourquoi ? Pourquoi ce qui est pourquoi est pourquoi est pourquoi eh !”

Ses paroles taquines ne possédaient aucun caractère sérieux, son adversaire n’avait pas l’intention de donner une réponse appropriée.

Sentant cela, elle mit de la force dans ses joues pour les raidir. Pouvoir converser serait le mieux. Toutefois, si l’adversaire ne se prêtait pas à la conversation, elle n’hésiterait pas davantage.

Ce changement résolu s’opéra définitivement et clairement à ce moment-là.

??? : “――Icicle Line.”

Ray : “Wow.”

Accompagnant l’incantation, un son d’espace glacé résonna dans son dos. D’innombrables pieux de glace aux pointes acérées naquirent dans les airs, signifiant qu’ils étaient prêts à être tirés.

En fixant cela, le sang-froid de Ray resta inchangé. Sans aucun état d’âme, elle commença simplement l’offensive en s’appuyant sur son esprit de combat glacé.

??? : “――――”

Le nombre de pieux de glace tirés était proche, mais pas supérieur, à cent.

Submergeant l’allée apparemment construite en pierre, la poussière de glace qui avait frappé le sol, les murs, le plafond voltigeait, l’espace gelé en blanc infligeant d’immenses dégâts à celui qui avait reçu cet immense impact. Cependant――

Ray : “Désolé, onee-san. Nous sommes fatigués de voir ça… C’est quelque chose que nous ne dirons pas, mais nous l’avons vu. Vois-tu, comme nous sommes des génies après touuut, nous ne pensons pas qu’une attaque qui a déjà été vue va faire mouche !”

Brandissant les dagues fixées à ses deux mains, Ray se mit à rire, ayant surpassé la terrible attaque de glace.

Elle inspira de stupeur, témoin de son talent et de son habileté, ayant résisté et l’ayant surpassé pour ainsi dire, alors qu’il se tenait complètement indemne. Néanmoins, s’il l’avait surpassé une fois, alors elle le ferait deux fois, trois fois, et même plus si cela ne fonctionnait toujours pas.

Ray : “Tu penses que tu pourras gagner si tu le fais cent fois ? Ça n’arrivera pas même après l’avoir fait un millier de fois, tu sais ?”

??? : “Alors je le ferai dix mille fois ! Je ne te laisserai pas aller là où tout le monde est !”

Ray : “Ahaha ~tsu, c’est vraiment une grande échelle ! Bonté divine, c’est scandaleuuux !”

Posant sa main sur son front, Ray laissa échapper un soupir partagé entre l’exaspération et l’irritation. Tout en observant cela, elle s’en tenait tranquillement à ses propres paroles.

Bien qu’elle ait prononcé ces mots en suivant le courant des choses, elle devait s’y conformer.

Ainsi, au moment où elle tenta de faire un pas en avant et d’accomplir cela――

??? : “――Ray Batenkaitos !!”

??? : “――――”

De l’arrière, une voix qui n’était ni la sienne ni celle de Ray résonna dans l’allée, l’amenant à s’arrêter inconsidérément. En se retournant après avoir été immédiatement attirée par la voix, une ombre se montra au coin de l’allée, s’engouffrant dans son champ de vision.

Il s’agissait d’un jeune homme aux cheveux noirs et au regard un peu méchant. Il s’élança sur le champ de bataille avec une expression galante, et regarda Ray et elle-même, qui s’affrontaient dans l’allée.

??? : “Ah…”

Soudain, “Oh non” fut la pensée qui surgit dans son esprit le plus profond.

Bien qu’elle doive dire quelque chose, un vide était né dans ses paroles. C’était dû aux diverses émotions qui débordaient face au jeune homme qui se précipitait.

Toutefois, avant que la “perplexité” ne soit communiquée au jeune homme, elle s’empressa de remuer les lèvres,

??? : “C’est dangereux, alors attends ! Hum, tu ne me connais peut-être pas, mais c’est l’ennemi ! Laisse-moi m’occuper de cet endroit ! Même si tu ne me connais pas !”

Elle souhaitait qu’il quitte cet endroit et qu’il ne pense pas trop à elle.

Tout du moins, à l’instant présent, si elle commençait à envisager d’autres choses que le combat, elle éclaterait certainement en sanglots et pleurerait.

Elle ne désirait pas afficher son côté faible de cette façon et troubler tout le monde. Et pourtant――

??? : “――Tout va bien, Émilia-tan.”

Le jeune homme qui s’était précipité l’appella par son nom.

Des émotions dont elle ne pouvait se préoccuper, comme l’anxiété ou la tristesse, se bousculèrent dans sa poitrine à cause de cela, et elle fit de son mieux pour s’assurer qu’elles s’écoulent.

Après tout――

Subaru : “――Mon nom est Natsuki Subaru. Le seul et unique Chevalier d’Émilia-tan !”

En ce moment même, le cœur “d’Émilia” palpitait avec une telle chaleur, une telle chaleur.

Artiste du fan-art : Ringo

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