48 — ――Le meurtre est une habitude

Subaru : “――――”
Subaru était silencieux en observant la couverture noire du Livre des Morts qu’il tenait entre ses bras. Béatrice se blottit plus près de lui, et sentant son regard inquiet et étrange, Subaru n’osa pas bouger.
Jusqu’à présent, ce qui avait dominé l’esprit de Natsuki Subaru, c’étaient les questions qu’il se posait sans réponse particulière, comme s’il s’agissait d’un Kōan.
(Note de Traduction : Le Kōan est une brève anecdote ou un court échange entre un maître et son disciple, absurde, énigmatique ou paradoxal, ne sollicitant pas la logique ordinaire et utilisé dans certaines écoles du bouddhisme. Plus d’informations ici.)
En réalité, ce qui occupait l’esprit de Subaru n’était que des pensées superficielles que l’on pourrait rejeter comme des réflexions inutiles.
C’étaient les questions vagues et risibles d’un enfant.
――Tout le monde, quel qu’il soit, a toujours un aspect intérieur que les autres ne verront jamais.
C’est une vérité évidente que chacun apprend en grandissant.
L’expression de la haine derrière un sourire, le chagrin et les larmes derrière la colère. L’être humain est capable de prétendre que ces émotions n’existent pas, tout en cachant ses véritables sentiments.
Il est impossible de comprendre pleinement les véritables souhaits, les véritables désirs, les véritables intentions de ces êtres humains.
Frères, sœurs, parents, enfants, conjoints, membres de la famille, il est impossible de les comprendre pleinement.
Amis, amis d’enfance, meilleurs amis, amants, quelle que soit l’intensité de leur relation, il ne sera jamais possible de découvrir ce qui est caché au fond d’eux.
Ce qu’ils aiment. Ce qu’ils désirent. Ce qu’ils préfèrent. Avec qui ils ont baissé leur garde. Avec qui ils se sentent à l’aise. Il s’agit de problèmes complètement différents pour ces diverses connexions de l’esprit et du corps.
Il en était conscient. Mais, malgré tout, il ne voulait pas abandonner ces pensées simplement pour cette raison.
Il voulait savoir, il voulait comprendre, il voulait entendre, il voulait qu’ils lui révèlent tout. C’était son souhait arrogant, mais désiré. D’autant plus que sa vie et celle des autres ne tenaient qu’à un fil. Même s’il n’y avait absolument aucun moyen d’y parvenir, et qu’il n’y en aurait pas.
――Non, il était censé n’y avoir aucun moyen d’y parvenir.
Il rit à cette pensée, bien sûr, il était censé n’y avoir absolument aucun moyen de parvenir à une telle chose.
Mais, dans cette Bibliothèque de Taygète, Subaru finit par trouver comment.
Subaru : “――――”
――Meili Portroute.
En lisant son Livre des Morts, Subaru avait vécu la vie de Meili par procuration, compris ce qu’elle pensait et ressentait, et qui elle détestait au moment de sa mort.
Bien sûr, cette expérience extrêmement courte ne définissait pas entièrement la fille appelée Meili.
Le temps qu’elle avait passé en vie était trop long pour qu’il puisse même accepter tous les événements individuels dans son cerveau. Même si la vie qu’elle avait vécue avait été courte, il ne pouvait en aucun cas absorber tous ses souvenirs.
Avidement, il grignotait les points essentiels, les buvait avec l’intention de comprendre Meili. C’était ce que ressentait Natsuki Subaru en cet instant, c’était douloureusement évident. Cependant, quand bien même.
En réalisant qu’il ne saisissait pas la moindre parcelle de la jeune fille, Subaru comprenait mieux que jamais Meili.
――Il y avait une personne que “je” chérissais. Sa vie m‘a été dérobée et, maintenant seule, mon cœur a continué d’errer. En compagnie de Subaru et des autres, qui étaient les responsables de cette situation, je me suis efforcée de comprendre quel était exactement mon but. Je suis allée dans la Bibliothèque pour trouver son Livre des Morts, et je me suis sentie honteuse et désespérée lorsqu’on m‘a découverte.
Meili, dont Subaru ne savait absolument rien.
Il avait découvert les sentiments et les désirs les plus intimes de la jeune fille sans même s’y attendre, et ainsi il avait réalisé.
Que ce Livre des Morts lui-même était le moyen de découvrir les vraies intentions des autres, sans aucune fausseté interposée.
Subaru : “――――”
Il voulait juste savoir, c’était la seule chose qu’il désirait.
Les véritables intentions d’Émilia, de Béatrice, et des autres personnes présentes dans la Tour, voilà ce qu’il souhaitait savoir. Il voulait savoir pourquoi ils accordaient tant de confiance à “Natsuki Subaru”.
Pourquoi croyaient-ils en “Natsuki Subaru”, qui était responsable de “ma” mort ?
Et maintenant, que pensaient-ils de Subaru, qui prétendait désespérément être l’ignoble “Natsuki Subaru” ?
L’intimité n’était qu’un camouflage, la haine était la réalité, et les sentiments tels que la colère, la tristesse et la joie étaient temporaires. L’hostilité et la malveillance n’étaient-elles pas leurs véritables sentiments ?
Je ne sais pas. Je veux savoir. Je veux leur faire confiance. Je ne peux pas leur faire confiance.
Émilia et les autres sont-ils des alliés ou des ennemis ; sont-ils des ennemis qui ont tué Subaru ou des alliés qui veulent qu’il vive ?
Est-ce que je peux les aimer, ou pas ? Est-ce que je peux les haïr, ou pas ?
――N’obtiendrai-je pas cette réponse en lisant leur Livre des Morts ?
Béatrice : “…Subaru, tu as vraiment l’air très mal en point, en fait. Si tu te sens mal à l’aise ici, il vaudrait mieux que nous allions ailleurs pour que tu te reposes, je suppose.”
Touchant l’épaule de Subaru, qui était plongé dans ses pensées, Béatrice fit part de sa suggestion.
Subaru eut le souffle coupé pendant une minute, étant piégé par le motif en forme de papillon bleu qui caractérisait les yeux de la jeune fille. La petite paume de celle-ci était posée sur l’épaule de Subaru.
Que se passerait-il s’il prenait sa main, attrapait sa tête et l’écrasait sur le sol de toutes ses forces ?
Subaru : “Si petite…”
Béatrice : “Qu-qu’est-ce que tu dis tout à coup, en fait ? Cette petitesse est précisément la raison qui explique la beauté de Betty, je suppose. Subaru l’a également dit, en fait.”
Subaru détendit par réflexe ses joues, tandis que Béatrice déblatérait cela d’un air maussade.
Assurément, si Subaru se trouvait dans son état normal, ça n’aurait pas été bizarre qu’il dise cela. Remarquant la ressemblance entre lui et “Natsuki Subaru”, il sourit amèrement.
Petite. En vérité, Béatrice n’était qu’une petite enfant.
Son cou était mince, ses os fragiles. La main qui se posait sur l’épaule de Subaru était assez petite pour être entièrement recouverte par sa paume. S’il mettait ne serait-ce qu’un peu de force dans ses bras en l’étreignant, il semblait que son corps fragile se briserait.
Si ces pensées étaient transformées en actions, il devrait être capable de la tuer facilement.
――S’il la tuait, si sa vie disparaissait, son Livre apparaîtrait-il dans la Bibliothèque ?
??? : “Comme tu l’as fait avec moi, noooon~ ?”
Subaru : “――――”
Soudainement, Subaru entendit une voix provenant de son subconscient, une voix qu’il serait impossible de qualifier de sienne.
Elle était un peu douce, assez glamour pour sembler adulte, mais c’était une voix étrangement “familière”. En peu de temps, la voix était devenue suffisamment familière pour qu’il puisse la considérer comme sienne.
La voix en lui était celle de la petite fille morte qui se moquait des intentions de Natsuki Subaru.
Subaru : “――――”
Cependant, Subaru n’en tint pas compte et se concentra sur le sujet qui l’occupait.
Il s’agissait de savoir si le “Livre des Morts” pouvait être utilisé de façon réaliste.
Si c’était le cas, comment ferait-il pour que cela devienne réalité――
Béatrice : “Ton visage est très pâle, je suppose. En effet, nous devrions aller ailleurs, en fait. Mais avant ça…”
Subaru : “――Ah.”
Béatrice : “Je dois le remettre là où il était à l’origine, je suppose. Ce n’est pas bon pour Betty non plus d’être dans le flou, en fait.”
Sur ces mots, Béatrice prit le Livre des Morts des mains raides de Subaru. Elle le tint prudemment pour s’assurer qu’il ne s’ouvrirait pas, et le plaça là où il y avait un espace vide dans l’étagère, à l’endroit où il se trouvait à l’origine.
Béatrice : “C’est facile de comprendre et de se souvenir de l’endroit où il était positionné, je suppose. Cependant, il est possible que les Livres de cette Bibliothèque se mettent à bouger tout seuls…”
Subaru : “Une mesure de sécurité, hein… C’est, mhm, ouais, je suppose que c’est juste.”
Béatrice : “Il faut se dire que les faire sortir est assez dangereux, en fait. C’est plus sûr que de les jeter par terre parce que Shaula s’en inquiétait, je suppose.”
Subaru : “J’ai l’impression qu’être dans cette Bibliothèque est une occasion unique dans une vie.”
Subaru cracha sèchement ces mots au cours de la conversation.
En réalité, même dans le monde que Subaru connaissait, on disait que des opportunités telles que tomber sur un livre qui avait été publié bien des années auparavant n’arrivaient qu’une seule fois. Tout comme tomber sur une librairie d’occasion lors d’un voyage, s’il ratait cette opportunité, il se pourrait qu’il ne retrouve jamais le livre. Cette spéculation pouvait également s’appliquer à cette Bibliothèque.
Comme d’habitude, avait-il trop réfléchi ? Il ne faisait aucun doute que cette pensée le dérangeait.
Quoi qu’il en soit, tout en surveillant le dos de Béatrice qui s’efforçait de ranger les Livres, Subaru s’immergea de plus en plus profondément dans son océan de pensées.
De façon terriblement réaliste, comptant à rebours les vies depuis la chaleur qu’il avait ressentie, il cherchait un moyen de la tuer.
Cependant, Béatrice n’était pas la seule à laquelle il devait penser. Chacun des membres de la Tour pouvait devenir une cible du plan de Subaru impliquant les Livres des Morts.
Meili : “Donc tu veux essayer de les tuer parce que tu veux vérifier si on peut leur faire confiance, ou si on doit douter d’eux. Onii-san est vraiment tooordu~.”
La voix de la petite fille l’interrompit, causant à Subaru un claquement de langue intérieur.
Il estimait qu’il s’agissait d’une expérience de pensée nécessaire, voilà ce qu’il voulait lui répondre en premier.
Subaru n’était en aucun cas un psychopathe dominé par des pulsions meurtrières, il n’était pas contrôlé par de telles envies anormales qui le poussaient à prendre du plaisir en commettant de tels actes.
Mais à l’heure actuelle, en y songeant, c’était le seul choix qui lui était venu à l’esprit. Cela semblait rationnel.
Meili : “Assez d’excuses… Je me demaaande~, ne peux-tu pas simplement me dire ce que tu vas faire ?”
――Il serait très simple de se débarrasser de Béatrice. C’était parce qu’elle présentait son dos à Subaru, sans protection, sans défense, complètement non gardé. On pourrait clairement affirmer que la vie de Béatrice tenait en équilibre précaire sur un fil qui dépendait entièrement du raisonnement bancal de Subaru. Une fois que cette “rationalité” dépasserait la raison, Subaru prendrait très probablement la vie de la jeune fille assez facilement.
En ce qui concerne Béatrice, les seules options qui s’offraient à lui étaient de faire, ou de ne pas faire. Il semblait possible d’ignorer complètement les innombrables autres possibilités qui se ramifiaient comme une alternative de son point de vue.
Meili : “Eh biiien~, qu’en est-il~ de la demi-sorcière onee-san ?”
Une personne comme Émilia serait encore plus simple, un jeu d’enfant.
Une fois, il l’avait même saisie par le cou après s’être réveillé. À ce moment-là, elle n’avait montré aucun signe de résistance. Tant que Subaru mettrait toute sa force dans ses bras, il pourrait facilement étrangler son cou fragile.
Il pouvait dire avec certitude qu’elle possédait une force semblable à celle d’un lutteur professionnel, mais cela ne signifiait rien si elle n’était pas prête à l’utiliser. En un instant, il lui étranglerait le cou de toutes ses forces.
Meili : “Fufufu, c’est ta spécialité, eeeh~ ?”
――Ram, malgré sa langue bien pendue, n’était, au fond, qu’une faible fille.
Cela rappela à Subaru la fois où elle avait pleuré en pressant sa tête contre lui, le suppliant à propos de ses souvenirs. Avec ses bras minces l’enlaçant désespérément, faible, elle n’était qu’une fille après tout.
Echidna était aussi semblable. À bien y réfléchir, elles étaient toutes des filles faibles. Il avait vraiment fait une mauvaise sélection de personnes, si la mission était de traverser le désert. Même s’il aurait aimé être accompagné de personnes plus appropriées, il n’y avait pas assez de personnes disponibles.
Par conséquent, même si Subaru pouvait profiter de cette chance, le dernier obstacle sur son chemin était une autre histoire.
Subaru : “――Julius.”
Le seul obstacle qui se dressait sur son chemin était un homme semblable à Subaru, ce personnage qui jusqu’à présent portait une épée à la main.
Le voir dire que ce serait une bonne idée de le frapper frontalement était impossible――on pourrait aussi dire que c’était un acte suicidaire de frapper Émilia frontalement, mais c’était une toute autre histoire.
Quoi qu’il en soit, s’il devait mettre en œuvre le Plan des Livres des Morts, l’homme serait le plus grand mur sur son chemin.
En d’autres termes, Julius était celui qu’il devait battre en premier.
Meili : “Compte tenu du temps nécessaire à la recherche des Livres, quel que soit le temps dont tu disposes, ce ne sera pas suffisant, pas vraiiii~ ?”
D’après les mots de la jeune fille, le but de Subaru n’était pas simplement de “tuer et d’en finir”.
Au contraire, tuer était une nécessité, un point de passage qu’il fallait franchir―—car ses désirs se trouvaient plus loin, du côté des Livres des Morts obtenus en échange de la mort.
Pour y parvenir, il fallait des certitudes.
Il avait tué, il avait échoué, il ne pouvait pas laisser les choses se terminer ainsi. Au-delà, il avait un but.
Béatrice : “Subaru, assez de Livres pour l’instant, en fait. Allons loin d’ici… dans la Salle de l’Esprit ou quelque part comme ça, je suppose. Tu devrais te calmer là-bas, en fait.”
Subaru : “Salle… de l’Esprit…”
Béatrice, en revenant et en prenant la main de Subaru, l’aida à se lever ; Subaru se rappela de la salle avec l’Esprit, et son point de redémarrage lui revint en mémoire.
Cet endroit était la Salle Verte, et à cet endroit—―
Subaru : “Patrasche…”
Béatrice : “…Tu répètes encore le nom de ce dragon terrestre. Bon sang, ça ne sert à rien de s’inquiéter pour un partner comme toi, je suppose. C’est Betty qui était inquiète… incroyable, en fait.”
Subaru : “…D-désolé. Je ne l’ai pas dit dans ce sens.”
Pendant un moment, la silhouette du dragon terrestre noir effleura son esprit, et ses lèvres s’adoucirent. Alors que Béatrice lui faisait des reproches, Subaru revint précipitamment à la raison.
Cependant, même dans ce contexte, Patrasche restait la seule en laquelle Subaru pouvait avoir confiance.
En fait, seule Patrasche, qui avait risqué la mort pour défendre Subaru, sans se soucier de ses véritables intentions ou sentiments, était un être qui était resté aux côtés de Natsuki Subaru――
Meili : “Vraiment ? Si elle savait qu’onii-san n’est pas “Natsuki Subaru”, je me demaaaande~ tout de même si elle ferait la même chose.”
Subaru : “――――”
Meili : “Après tout, du côté d’onii-san… il n’y a personne, n’est-ce pas ?”
Dans son esprit résonnait une voix souriante, ridiculisant Subaru.
Le hantant, une existence différente de celle de Natsuki Subaru tentait de briser son optimisme.
C’était un argument stupide, et il aurait mieux fait d’en rire. Cependant, à ce moment, Subaru ne pouvait pas se le permettre. Son cœur était à moitié d’accord avec les mots de la fille.
Il estimait qu’elle en viendrait à le mépriser si elle découvrait que le Subaru actuel était un imposteur, même en considérant la gentillesse qui avait poussé Patrasche à se dévouer entièrement, celle qui était dirigée vers “Natsuki Subaru”.
Béatrice : “Hey Subaru, donne-moi ta main, je suppose.”
Subaru : “Ah, bien sûr…”
Ayant le cerveau manipulé par la voix de la fille, Subaru serra les dents en raison d’émotions difficiles à accepter.
Par conséquent, sa vision commença à se brouiller. Tendant sa main, pour essayer de prendre la sienne, elle fit soudain une grimace indiquant qu’elle avait constaté quelque chose. Son regard était dirigé vers le poignet de Subaru――elle avait remarqué.
Béatrice : “Il y a des égratignures, en fait… et si nombreuses…”
Retroussant la manche du bras droit de Subaru, Béatrice fronça les sourcils devant les marques de griffures, pathétiques et douloureuses à regarder. Même si elle n’avait pas remarqué les égratignures plus profondément enfoncées dans le bras, l’avant-bras était suffisant.
Subaru : “――――”
Pour le moment, Béatrice n’avait pas connaissance de la manière dont Meili était morte.
Elle ne devrait donc pas être en mesure de relier immédiatement ces égratignures à la mort de Meili. Mais, même en faisant abstraction de cela, elle devrait se demander où diable il avait obtenu ces blessures.
Si le cadavre de Meili était retrouvé, elle aurait forcément des soupçons.
Subaru : “――――”
Son cœur, pris au dépourvu, se mit à battre comme une sonnette d’alarme.
Sous ses yeux, posant son regard sur sa main, Béatrice ne remarqua pas cette expression de sa part. Avec une action instantanée, il serait possible de se charger de Béatrice.
Meili : “Qu’est-ce que tu vas faiiiire ? Ne devrais-tu pas déjà avoir commencé ?”
Comme si elle jouait avec son assurance, la voix poussait Subaru à prendre une décision.
Sa tempe palpitait sous l’effet du sang qui y circulait, en même temps que son cœur battait la chamade.
Dans l’état actuel des choses, en fonction d’avec quoi Béatrice poursuivrait, il devrait――
Béatrice : “――Il semblerait que tu te sois encore gratté le bras, en fait. Une mauvaise habitude, je suppose.”
Subaru : “…Ah ?”
Béatrice : “Ce n’est pas une bonne chose, en fait. Si Émilia l’avait remarqué, tu l’aurais vraiment inquiétée, je suppose. Même Betty ne peut pas l’ignorer quand c’est aussi grave, en fait.”
Parcourant de ses doigts les cicatrices de Subaru, Béatrice baissa péniblement les yeux.
Suite à ces remarques, Subaru fut incapable de bouger à cause de l’impact inattendu de ses mots. C’était presque comme si Béatrice était habituée à voir les égratignures qui couvraient le bras de Subaru.
Pourtant, à supposer que d’autres personnes aient remarqué les égratignures sur Subaru, c’était complètement différent de l’horrible situation, les raisons étaient tout autres――il n’y avait aucun doute que, cette fois-ci, le bras avait été égratigné en s’auto-mutilant.
Elle avait même précisé qu’elle avait caché cela à Émilia, ce qui en soi était choquant.
Béatrice : “Si tu vas dans la salle avec l’Esprit, ces blessures seront guéries aussi, je suppose. Mais tout de même, Betty les guérira, même si ce n’est qu’un tout petit peu, parce qu’elle ne peut pas supporter de les voir, en fait.”
Sur ces mots, Béatrice enveloppa le poignet de Subaru d’une lumière pâle.
La sensation confortable qui apparut, chaude comme elle l’était, était peut-être le picotement de ses blessures en train de guérir. La magie de guérison se manifestait devant ses yeux.
Subaru : “――――”
Au même moment, toute l’hostilité que Subaru avait pour Béatrice en son for intérieur fut rapidement balayée.
Parallèlement à cette chaleur, l’humanité de Natsuki Subaru, qui s’était rompue en même temps que les blessures sur son poignet, semblait certainement être restaurée à son tour.
Meili : “Eeeeennuyant.”
La petite fille grommela dans la tête de Subaru, comme si ses espoirs avaient été trahis.
Tout en l’écoutant directement dans son crâne, Subaru avala l’environnement maléfique qui avait pris racine dans sa tête.
Certes, ça avait été une option. Mais ça n’avait été rien de plus qu’une option.
Il n’était pas nécessaire qu’il se dirige lui-même dans la direction correspondant à leur Livre des Morts. Surtout dans une situation où aucune préparation n’avait été mise en place.
Subaru : “――――”
Infliger du mal à Béatrice en ce moment même n’était pas une bonne idée.
Ses préparations n’étaient pas encore prêtes. Même s’il employait les pires moyens possibles, il devait le faire après avoir élaboré des plans minutieux. Ainsi, maintenant, cet endroit――
Béatrice : “Allons-y, je suppose. Subaru. Betty va finir par en parler à tout le monde par la suite, en fait.”
Subaru : “――D’accord. Désolé de t’avoir dérangé, Béatrice.”
Béatrice : “Promets-moi de ne pas en parler, je suppose.”
Bien qu’il ne sache pas si l’inquiétude de la jeune fille devant ses yeux était sincère ou non, Natsuki Subaru pensa qu’il devait l’écouter.
Tout d’abord, bien que cela n’ait aucun rapport, il existe une expression.
――“Le meurtre est une habitude.”
C’est l’une des phrases que le célèbre détective Hercule Poirot a légué au monde.
――“Le meurtre est une habitude.”
Le sens de cette expression ne se réfère pas à une personne qui a tué un être humain et qui, se réveillant soudainement avec une prédilection pour le meurtre, répète le crime pour satisfaire ses pulsions.
――“Le meurtre est une habitude.”
Il s’agit d’une personne qui a résolu son problème une fois par le meurtre et qui, chaque fois qu’un autre problème se présente, pense à essayer de le résoudre en assassinant à nouveau.
――“Le meurtre est une habitude.”
Le temps qu’il commence à considérer que le meurtre n’est pas l’une de ces options, la chose la plus importante a déjà changé.
――“Le meurtre est une habitude.”
En vérité, même s’il n’y avait qu’un seul meurtrier qui ne commettait pas un crime de sa propre volonté, même s’il n’aimait pas l’acte, même si un aperçu de la mémoire de celui qui avait été blessé par une telle action était vu, cette habitude ne serait pas rejetée.
――“Le meurtre est une habitude.”
Cette habitude… ne serait pas rejetée.
――“Le meurtre est une habitude.”
(Note de Traduction : Hercule Poirot est un détective fictif créé par l’écrivaine de renom Agatha Christie, détentrice du Guinness World Record de l’écrivain de fiction le plus vendu de tous les temps. Elle est réputée pour ses romans policiers. Quoi qu’il en soit, ce personnage prononce une phrase identique à celle-ci, “le meurtre est une habitude”, dans les chapitres 17, 27 et 28 de son roman “Meurtre en Mésopotamie”, et c’est également le titre du chapitre 24 du même livre.)

