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Web Novel • Arc 06

46Meili Portroute

Artiste du fan-art : BangSuTur

――Meili Portroute.

Les yeux rivés sur la reliure du Livre, alors qu’Émilia murmurait cela, Subaru tomba en état de choc. Ses yeux s’ouvrirent en grand et il fixa la reliure du Livre. Les lettres qui y étaient écrites, Subaru ne pouvait absolument pas les lire.

Cependant, là maintenant, il n’y avait aucune raison pour que Subaru mette en avant un prétexte et pense qu’Émilia s’agitait sans raison.

Quant au Livre qu’il avait sous les yeux――le titre du Livre des Morts, pourquoi portait-il le nom de Meili ? Il n’y avait aucun doute à avoir à ce sujet.

Subaru : “――――”

Il était toujours incapable de parler ; avec les joues raides, Subaru avait des sueurs froides dans le dos.

À l’intérieur de son crâne, son cerveau criait désespérément une chose et une seule――“Pourquoi”.

Pourquoi y a-t-il un livre portant le nom de Meili ici ? Pourquoi cette Bibliothèque qui conserve les archives des morts a-t-elle préparé le livre de la jeune fille aussi rapidement ? Comment se fait-il que dans une Bibliothèque aussi vaste, ils aient trouvé le livre de Meili aussi facilement ? Comment se fait-il que ça se soit produit au moment où il avait l’impression de pouvoir faire confiance à Émilia plus qu’à n’importe qui d’autre dans la Tour ? Pourquoi le destin ne peut-il pas pardonner Natsuki Subaru ? Pourquoi pourquoi pourquoi pourquoi pourquoi pourquoi pourquoi pourquoi pourquoi pourquoi pourquoi pourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoipourquoi

Émilia : “――Béatrice, as-tu vérifié le contenu du Livre ?”

Subaru : “――Hk.”

Alors que sa tête était remplie d’une grande quantité de “Pourquoi”, ces mots résonnèrent très clairement dans ses tympans. Béatrice étant interrogée par Émilia, il leva le visage d’un coup sec.

Elle interrogeait Béatrice tout en continuant à se tenir contre l’étagère, jetant un regard sur le livre en question.

D’après ce que Subaru avait entendu sur les Livres des Morts trouvés dans cette Bibliothèque, si quelqu’un connaissait la personne dans le Livre et le touchait, les souvenirs de sa vie affluaient dans sa tête.

Bien qu’il s’agisse d’un livre magique doté d’une capacité à faire froid dans le dos, ce n’était pas la partie fantastique de l’histoire qui deviendrait un problème dans cet endroit, c’était une partie plus réaliste.

Consulter les archives de la vie de Meili signifiait qu’ils étaient supposés voir les informations sur ses derniers instants.

En d’autres termes, ils verraient qui l’avait étranglée.

Subaru : “――――”

D’un point de vue situationnel, Subaru avait tué Meili de ses propres mains, mais il était certain que c’était “Natsuki Subaru” qui l’avait fait.

Mais seul Subaru pouvait faire cette distinction. Les souvenirs agissaient un peu comme des séquences vidéo, comme celles que l’on pouvait obtenir des caméras de prévention des crimes autour des scènes de crime potentielles. Il ne pouvait pas s’attendre à ce qu’ils fassent une telle distinction. De plus, dans cette boucle, Subaru avait dissimulé sa perte de mémoire à Émilia et aux autres.

Le crime de Subaru deviendrait clair pour eux à partir des souvenirs, et une fois ce point atteint, il devrait révéler la vérité sur ses souvenirs. Un tel comportement de circonstance ne serait qu’une mauvaise excuse si quelqu’un d’autre le faisait.

Naturellement, Émilia et les autres penseraient la même chose que Subaru.

Mais si Béatrice avait anticipé cela, et avait déjà évoqué le souvenir de la mort de Meili――

Béatrice : “――Je n’ai pas encore vérifié, je suppose.”

Subaru : “――Hk, oh, vraiment ?”

Béatrice : “Il est naturel que je ne le fasse pas, en fait. Je n’ai pas d’autre choix que de faire attention, je suppose. Pour commencer, je ne sais même pas si ce Livre de Meili est à propos de celle que nous connaissons, en fait. Si c’est vraiment le Livre de cette fille…”

Émilia : “Celui de Meili est à l’intérieur de cette Tour… Oh non ! Il faut la chercher tout de suite !”

Le teint changeant, Émilia tenta de se mettre à courir en entendant les paroles de Béatrice. Mais, celle-ci interrompit Émilia en secouant la tête.

Béatrice : “Attends, je suppose ! S’il s’agit vraiment du Livre de cette fille, alors la chercher en toute hâte n’a aucun sens, en fait. Tu sais ce que signifie l’ajout d’un Livre ici, je suppose.”

Émilia : “…C’est donc à cause de ça que Ram est parti à notre recherche ainsi qu’à celle du groupe de Julius.”

Béatrice : “Si au milieu de tout ça Meili débarque en toute innocence, alors on peut considérer qu’il s’agit d’un malentendu enfantin de Betty, en fait.”

L’élan d’Émilia s’essouffla progressivement en écoutant Béatrice exposer calmement ces faits. Malgré tout, avec un regard inquiet sur son visage pâle, Émilia serra ses mains contre sa poitrine, telle une prière.

Elle espérait que le Livre de l’étagère n’était pas celui de Meili, se raccrochant à l’espoir qu’il appartenait à quelqu’un qui portait le même nom.

――Cependant, Natsuki Subaru savait que l’espoir était éphémère.

Subaru : “――――”

Subaru tournait frénétiquement la tête entre Émilia et Béatrice pendant qu’elles parlaient.

Ses pensées tournaient en rond, il se demandait surtout comment se sortir de cette situation, et s’il devait garder la vérité pour lui seul.

Comme il l’avait déjà simulé, il ne pouvait pas permettre à Émilia et aux autres d’être témoins des souvenirs de Meili. C’était une chance que Béatrice ne les ait pas vus, mais même ainsi, ce n’était qu’une question de temps avant que l’une d’entre elles ne le fasse.

Meili était morte, elle n’apparaîtrait plus jamais dans cette Bibliothèque avec son air nonchalant. Alors bien sûr, ils finiraient par avoir l’occasion de consulter le Livre des Morts. Ils ne tarderaient pas à le faire.

S’ils consultaient le Livre, Émilia et les autres accuseraient Subaru.

Alors, devrait-il faire quelque chose comme se débarrasser du Livre de Meili ?――Non, il voulait éviter cela.

Il était vrai que cette situation était extrêmement difficile, mais ce qui était plus problématique, c’était les sentiments de Subaru――Subaru avait aussi un grand intérêt pour le contenu du Livre.

Actuellement, Subaru croyait avec certitude que “Natsuki Subaru” était celui qui avait assassiné Meili. S’il consultait les archives de Meili, il pourrait peut-être y voir “Natsuki Subaru”.

Il pourrait envisager de voir la forme littérale de “l’ennemi” potentiel qui sommeillait en lui. La situation de Subaru changerait radicalement si une telle chose était possible. Du moins, il devrait être en mesure de trouver une solution.

C’est pourquoi il ne pouvait pas permettre à Émilia ou à qui que ce soit d’autre de lire le contenu du Livre. Subaru devait être le seul à expérimenter le contenu du Livre――

??? : “Quelqu’un m’a interpellé à cause d’une agitation, il s’est passé quelque chose ?”

Émilia : “Ah, Shaula, tu es là.”

Entre-temps, Shaula s’était présentée dans la Bibliothèque de Taygète.

Courbant le cou, ses cheveux noirs se balançant dans tous les sens, Shaula fut accueillie par Émilia et Béatrice, puis aperçut Subaru au fond de la Bibliothèque et lui fit un signe de la main.

À ce moment, il pensa que son apparence correspondait à la façon dont Meili était entrée dans la salle du petit-déjeuner le matin même, et Subaru détourna le visage et résista à l’envie de vomir.

Shaula : “Oyo, quelle réponse froide de la part du Maître ! Après avoir passé un moment si passionné avec moiiii~.”

Béatrice : “Je suis très intéressée par ce qui s’est passé entre toi et Subaru, mais pour l’instant je vais remettre ça à plus tard, je suppose. Dis-moi si tu as vu Meili quelque part, en fait. Tu étais bonne amie avec elle, je suppose.”

Shaula : “La mordeuse de chevilles… hmm, Numéro Deux ? Elle ? Hmm, maintenant que tu le dis, ça fait un moment que je ne l’ai pas vue. Je ne sais pas ce qui lui est arrivé après le petit déjeuner de ce matin.”

Shaula répondit à la question de Béatrice en secouant ses deux mains. Puis, elle plaça ses mains ondulantes contre ses joues et, en penchant la tête, elle déclara : “Qu’est-ce qui ne va pas avec Numéro Deux ?”.

En entendant la question de Shaula, Émilia baissa le regard avec inquiétude,

Émilia : “À vrai dire, nous avons trouvé un Livre portant le nom de Meili dans la Bibliothèque. Nous n’avons pas encore regardé à l’intérieur, avant de le faire nous voulions vérifier si elle allait bien…”

Shaula : “Ah, je vois. Numéro Deux a fini par mourir ? C’est difficile d’y songer, il y a de nombreuses façons de mourir ; des choses comme ça peuvent arriver, noooon~ ?”

Émilia : “――Hk.”

Béatrice : “…Toi.”

L’air assez indifférent à ce qui se passait autour d’elle, Shaula énonça son opinion sur les questions de vie et de mort, ne prêtant aucune attention à la détresse d’Émilia.

En entendant ce que Shaula avait dit, les joues d’Émilia se raidirent, et Béatrice jeta un regard furieux à Shaula. Cependant, Shaula ne prêta pas attention à la réaction des deux femmes,

Shaula : “Alors, où se trouve ce livre importaaaant ? Une fois que vous aurez regardé à l’intérieur, vous pourriez peut-être découvrir comment et où Numéro Deux est mort.”

Subaru : “Ça, ça suffit comme ça ! Toujours en train de parler de la sorte…”

Subaru ne pouvait pas regarder sans rien faire, il s’enflamma donc face aux remarques inconsidérées de Shaula. À présent, le comportement de Shaula démontrait également une absence d’état d’âme.

Jusqu’à présent, Subaru ne pouvait en aucun cas dire ses pensées à Émilia, il avait tout juste assez de discrétion pour ne pas ouvrir la bouche. Quant à Shaula, elle n’avait pas――

Shaula : “Ne t’énerve pas, Maître. Je ne voulais pas t’offenser ! Mais, mais, concrètement, le Livre est ici, alors ne devrions-nous pas le faire ?”

Subaru : “Au… moins, après que nous nous soyons tous réunis…”

Shaula : “Même si tu ne le fais pas à tête reposée, la lecture du Livre ne vaut-elle pas la peine d’être envisagée ? Si c’est à propos des inquiétudes de Numéro Un de ne pas savoir ce qui se passera après l’avoir lu, alors…”

Subaru hésita, la force de sa réfutation s’affaiblissant alors que Shaula le pressait de répondre. Elle coupa son discours et envoya discrètement un regard en coin à Béatrice, puis une fois de plus, elle posa son regard sur Subaru.

Son visage continuait d’avoir un regard sans réserve, mais sans méchanceté.

Shaula : “――Le Maître devrait lire le Livre.”

Subaru : “――――”

Shaula : “Le Maître et l’autre joli garçon ont déjà eu leur première expérience lorsque vous avez trouvé cette Bibliothèque, non ? Par la suite, il n’y a pas eu d’effets négatifs, pas vraiiii… ?”

Ses seins volumineux se balançant, Shaula fit un pas en avant et approcha son visage du sien. Son souffle fut coupé par la suggestion de la femme, et le cerveau de Subaru se remit à réfléchir attentivement.

La suggestion de Shaula était extrêmement raisonnable pour une femme avec une telle attitude.

Naturellement, il ne savait pas quel genre d’effet les Livres des Morts exerçaient sur les gens après les avoir lus. En tout cas, deux personnes en avaient déjà fait l’expérience. Il devrait y avoir suffisamment d’intérêt à essayer de le lire.

Bien sûr, il était tout à fait possible que cette expérience ait emporté les souvenirs de Subaru, déclenchant la séparation entre “Natsuki Subaru” et sa personne actuelle. Si c’était vraiment le cas ici, il serait étrange que Julius n’ait ressenti aucun de ces phénomènes inhabituels. En aucun cas il n’aurait dissimulé sa perte de mémoire comme l’avait fait Subaru ; c’était faire preuve d’une grande imagination que d’en arriver à un tel soupçon.

Il n’y avait aucun rapport entre l’influence des Livres des Morts et sa perte de mémoire.

Tirer cette conclusion n’était pas du tout un problème dans cette situation. Ainsi, dans ce cas, sa suggestion était arrivée comme une bouée de sauvetage――

Subaru : “――Assurément, ce que Shaula a dit contient peut-être une once de vérité.”

Béatrice : “…Subaru, tu vas vraiment le faire, en fait ? Jusqu’à présent, tu as partagé des repas avec ce compagnon, je suppose.”

S’il profitait des paroles de Shaula, pour l’instant, il pourrait franchir le premier obstacle.

En étant le premier à lire le Livre des Morts de Meili, et en s’assurant d’être le dernier et le seul à le lire, alors ce que Subaru avait fait resterait enfoui dans son esprit. Cependant, c’est là que Béatrice avait commencé à s’inquiéter pour lui.

Elle craignait que l’esprit de Subaru ne soit endommagé.

Jusqu’à présent, les morts que “Natsuki Subaru” avait vus ici étaient des personnes avec lesquelles il n’avait qu’une relation superficielle. Il y avait une grande différence par rapport à Meili.

Ils avaient voyagé ensemble, ils avaient discuté, ils avaient pris leurs repas ensemble ; elle était ce genre de compagnon de route.

Béatrice s’inquiétait du genre de traumatisme mental que subirait Subaru s’il voyait sa mort de ses propres yeux.

Subaru : “…Ça va aller, ne t’inquiète pas. Comme Shaula l’a dit, je suis la personne la plus apte à le faire.”

Face aux inquiétudes de Béatrice, Subaru redressa ses joues de manière à avoir l’air sérieux, et acquiesça.

Il était évident que regarder les souvenirs d’une personne décédée dont on connaissait le visage pourrait très probablement causer des traumatismes mentaux ou des anomalies. Cela aurait pu être insupportable pour une personne décente.

――Mais ce n’était pas son cas. Ce n’était pas le cas.

Pour Subaru maintenant, le voyage avec Meili, les mots qu’il avait échangés avec elle, les repas pris à ses côtés, en aucun cas elle n’était ce genre de compagnon de route à ses yeux.

Pendant ces quelques heures, il s’était comporté comme s’il la connaissait. Ils avaient partagé deux ou trois repas ensemble, et parfois elle le rassurait, l’aidait un peu, mais c’était là l’étendue de leur relation.

Elle n’était qu’une petite fille inconnue à ses yeux――il ne recevrait aucun traumatisme mental en assistant à sa mort.

Émilia : “Je suis toujours contre. Si nous devons vraiment le faire, alors ce ne devrait pas être Subaru, mais moi…”

Béatrice : “Si Émilia veut le consulter, Betty s’y opposera, en fait. Si quelqu’un doit y jeter un coup d’œil… c’est frustrant, mais Julius ou Subaru sont nos paris les plus sûrs, je suppose. Mais si tu avais vu le visage de Julius ce matin, tu voudrais probablement l’effacer de la liste des candidats ici, en fait.”

Émilia : “Béatrice…”

Émilia, qui avait l’air passablement dépitée, se tut en entendant le raisonnement de Béatrice.

Au moins, Béatrice semblait avoir choisi de respecter la volonté de Subaru. Cependant, à cause de ce qui s’était passé juste avant, Émilia savait que l’état de Subaru était assez instable.

Subaru secoua donc la tête verticalement en direction d’Émilia, dont les yeux améthyste affichaient une inquiétude profonde qui ne disparaissait pas.

Subaru : “――Je vais le consulter. Peut-être que ce n’est qu’un malentendu, et que si tu le lis avec bonne humeur, rien ne se passera ?”

Émilia : “…S’il se passe quoi que ce soit, je t’arrache le Livre sur-le-champ. Je te tirerai aussi les cheveux…”

Subaru : “Je préférerais de loin que tu m’appelles et que tu me secoues les épaules à la place.”

Avec la force surhumaine d’Émilia, si elle lui tirait les cheveux, l’arrière de la tête de Subaru deviendrait un désert permanent. Et puis, après avoir répliqué avec des mots aussi légers, Subaru fit face à l’étagère.

Inchangé, le Livre de Meili restait là, émettant une étrange présence. Au départ, les fois où il l’avait aperçu, il l’avait considéré comme un simple livre ordinaire. Mais à présent, grâce à cette étrange aura que dégageait le Livre, il avait l’impression de pouvoir reconnaître instinctivement le nom. Quoi qu’il en soit, il ne pouvait pas se fier uniquement à ses sens.

Ainsi, Subaru prit le Livre pour fouiller dans les éléments pour lesquels il ne pouvait pas compter sur lui-même.

Subaru : “――――”

Derrière lui, Émilia et Béatrice retenaient leur souffle. Shaula avait les mains derrière la tête, observant la décision de Subaru avec une expression insouciante.

Tout en observant ces trois individus, Subaru prit une grande inspiration, et il plaça sa main sur la couverture du Livre épais, qui ressemblait plutôt à un dictionnaire.

Subaru : “――Allons-y.”

Comme s’il essayait de se persuader de le faire, Subaru marmonna ceci et ouvrit le Livre――sa conscience tomba dans l’obscurité.


――Depuis toujours, depuis que la femme avait pris conscience de ce qui l’entourait, il n’y avait rien.

Il n’y avait personne aux alentours.

Il n’y avait ni hommes, ni femmes, ni adultes, ni enfants, ni vieillards, ni bébés, absolument personne.

Seule dans la forêt noire, sombre, obscure, la femme était toute seule.

Être capable de se lever et de marcher. Être capable de parler. Être capable de crier pour vivre.

La femme ne pouvait faire aucune de ces choses ; toutes ces choses étaient loin, inconnues de la femme, disparues dans le néant.

??? : “――――”

Si elle ne savait pas parler, elle ne pouvait pas savoir comment se lamenter.

Si elle ne savait pas marcher, elle ne pouvait pas savoir comment résister.

Si elle ne savait pas comment vivre, elle n’avait aucune raison de savoir comment mourir.

Par conséquent, la femme n’avait pas d’autre choix que d’être emportée par les crocs d’une bête, le sens de la vie et de la mort n’ayant pas été transmis à cette femme.

La bête avait une corne sur le front, et cette hideuse bête vicieuse de carnage était continuellement engagée dans un massacre féroce――

La femme ne savait pas pourquoi cette bête ne lui avait pas écrasé la gorge avec ses crocs, et l’avait plutôt traînée par le col de ses vêtements jusqu’à sa tanière.

Cependant, des choix, qui ne devaient pas exister, virent le jour, et le destin de la femme se décida entre les mains des bêtes.

Elle ne connaissait pas de mots, elle ne savait donc pas comment se lamenter.

Elle ne savait pas comment marcher, elle ne savait donc pas comment résister.

Cependant, comme elle connaissait une façon de vivre, elle ne croyait pas qu’elle allait mourir.

Avant même de s’en rendre compte, la femme avait suivi les bêtes meurtrières, était devenue leur reine et avait dominé toute la région.

S’attaquant à leurs proies quand elle le voulait, mangeant quand elle avait faim, tuant quand elle en avait envie, dormant quand elle voulait dormir, vivant comme elle le désirait, tuant comme elle le souhaitait, elle avait été élevée au sein de la maternité du massacre.

Par le passé, elle avait perdu de vue la raison d’être de son existence.

Elle avait été réduite à quelque chose de semblable à rien, quelque chose qui n’avait besoin de rien comme un symbole, ce genre de choses.

À ce rythme, elle pensait que pour le meilleur ou pour le pire, elle mourrait seule, comme l’une de ces bêtes.

??? : “――Cet accueil est bien plus chaleureux que ce que je pensais. Cependant, je n’ai pas l’intention de te faire du mal.”

C’était une fille vêtue de noir. Couverte d’une diablerie sanglante, c’était une fille habillée en noir.

D’un simple geste de la main, la femme qui menait le groupe de bêtes fut privée de tout ce qu’elle avait par cette fille en noir.

Le sang et la chair débordèrent, des râles d’agonie brûlèrent le ciel, et le sourire de la fille en noir commença à s’enrober de leurs jets de sang.

Sans savoir comment faire quoi que ce soit, la femme, une fois de plus, se retrouva dans une position où elle n’avait rien.

Fille : “On m’a dit de te ramener avec moi. C’est pourquoi je te demande de m’accompagner.”

Artiste du fan-art : HaruSabin

La fille en noir prit de force la femme qui n’avait rien.

Elle lui enleva l’endroit où elle avait vécu pendant si longtemps, les bêtes avec lesquelles elle avait passé tant de temps, l’endroit où elle avait été elle-même.

Malgré tout cela, la femme ne pouvait rien faire.

Elle ne connaissait pas de mots, elle ne savait donc pas se lamenter.

Elle ne savait pas marcher, elle ne savait donc pas comment résister.

Elle avait perdu le chemin de la survie, alors cette fois-ci, elle n’aurait peut-être pas d’autre choix que de mourir.

??? : “Comment se lamenter, comment résister, comment vivre, tu as perdu tout ça ? Impossible, impossible, je me moque de toutes les excuses que tu peux trouver.”

Cela lui fit regretter de ne pas savoir comment se lamenter.

??? : “Lamente-toi, pour le bien de cette charmante dame. Résiste, pour le bien de cette charmante dame. Vis, pour aimer cette charmante dame.”

Cela lui fit regretter de ne pas savoir comment résister.

??? : “Si tu dis que tu as tout perdu, que tu as tout oublié, que tu t’es séparé de tout, alors cette charmante dame n’aura qu’à te discipliner, n’est-ce pas ? ――C’est le devoir d’une “Mère”, après tout.”

――Cela lui fit regretter d’avoir oublié comment vivre, et d’être incapable de penser à comment mourir. Plus infernal que l’enfer, plus cauchemardesque que les cauchemars, plus maléfique que le mal――

Pour cela, Mère donnait toutes sortes de disciplines, non pas pour le bien de la femme, mais pour le sien. Mère ne mentait pas.

Mère était impartiale. Mère utilisait tous les moyens possibles pour être aimée.

Mère, cependant, n’utilisait que des versions déformées de ces moyens.

Elle se souvint des mots. Comment se lamenter fut effacé.

Elle se souvint comment marcher. Comment résister fut dépeint.

Elle se souvint comment vivre. C’était gravé en elle, pour qu’il n’y ait plus d’espoir de mourir.

Fille : “S’il te plaît, arrête d’être sous le contrôle total de cette personne. Parce qu’en dehors de moi, peu importe le nombre de vies obtenues, elles finiraient par être insuffisantes.”

Soudain, une fois qu’elle s’était souvenue de la façon de parler, de la façon de marcher et de la façon de vivre, elle avait retrouvé la fille en noir.

La fille vêtue de noir avait souvent montré son visage à la femme. Avant même qu’elle ne s’en aperçoive, elle accompagnait la fille habillée en noir beaucoup plus qu’auparavant.

Elle se souvint du moment où elle avait été jetée dans l’eau chaude avant de rencontrer Mère pour la première fois.

Couverte de sang, de boue et de saleté, l’impitoyable fille en noir l’avait négligemment rincée de la saleté inamovible. Ou peut-être était-ce là le dernier sentiment de liberté que la femme avait ressenti.

L’intention de Mère indiquait clairement qu’elle voulait que la femme soit alignée sur la fille en noir.

La fille en noir était anormalement forte. Sa façon de tuer était excellente. Elle savait mieux comment tuer que comment vivre. Tout le reste, à part cela, lui était étranger.

??? : “■■■■ est ici. Eh bien, il vaut mieux te laisser faire.”

Un seul événement façonnerait tout le reste de ce qui s’était passé, ou du moins c’est le sentiment qu’elle en avait.

Elle était indisciplinée. Elle n’était pas stricte. C’était un compagnon assez pénible. Elle ne pouvait pas quitter son compagnon des yeux. Elle n’était pas fidèle à Mère. Non seulement dans sa façon de tuer, mais aussi dans sa façon de vivre, il y avait de la liberté là-dedans.

Elle avait vu l’enfer. Elle avait vu des cauchemars. Elle avait vu le mal.

Toute sa vie, la femme avait cru qu’elle n’oublierait jamais l’horreur.

Tant qu’elle était avec la fille en noir, tant qu’elle aidait cette fille indisciplinée, elle avait l’impression que ce qui était gravé en elle s’effacerait. Mais――

Femme : “――Elsa est morte.”

Morte. Elle était morte. Elle avait été réduite en cendres et avait péri.

La fille en noir qui ne mourrait jamais même quand on la tuait――non, sur la fin, cette fille était Elsa.

Morte. Elle était morte. Elle avait été réduite en cendres et avait péri.

Elle avait eu une lance plantée dans le ventre, elle avait perdu ses deux bras à partir des épaules, et elle l’avait aussi vu avec un cou brisé.

Pourtant, Elsa n’avait jamais succombé. Elle pensait qu’elle ne mourrait jamais.

Morte. Elle était morte. Elle avait été réduite en cendres et avait péri.

Elle avait aussi enduré l’entraînement de Mère. Elle avait aussi enduré l’enfer, les cauchemars et l’horreur.

Mais Elsa était morte. Elle allait se retrouver à nouveau seule. Elle avait perdu son troupeau, elle avait perdu Elsa. Elle était toute seule.

Morte. Elle était morte. Elle avait été réduite en cendres et avait péri.

Tuée. Elle avait été tuée. Elle avait été réduite en cendres et tuée.

Ceux qui avaient réduit Elsa en cendres avaient capturé la femme et l’avaient emprisonnée.

――Seule, dans une pièce sombre, la femme s’interrogeait sur le vide qui l’entourait.

Haine, aversion, ressentiment ? Le sentiment de Haine, comment se ressent-il ?

Tristesse, peine, chagrin ? Le sentiment de Tristesse, comment se ressent-il ?

Elle ne savait pas comment se lamenter. Elle ne savait pas comment résister. Même pour elle-même, elle ne connaissait pas la valeur de la vie.

C’était comme ça depuis le début.

Avant qu’Elsa ne meure, avant qu’elle ne reconnaisse que la fille en noir était Elsa, avant de rencontrer Mère, avant de commencer son entraînement, avant que son troupeau de bêtes ne soit détruit par la fille en noir, avant qu’elle ne commence à diriger le troupeau de bêtes, avant que sa vie ne soit sauvée par le caprice d’une bête, depuis le moment où elle avait été arrachée à ceux qui étaient censés être sa vraie mère et son vrai père, la femme avait été un produit défectueux.

La femme était à la dérive, vivante.

Lorsqu’elle était une bête, elle avait imité la façon de vivre d’une bête. Après avoir été entraînée par Mère, elle avait fait exactement ce qu’elle lui avait dit de faire. Et même après avoir commencé à passer du temps avec Elsa, elle avait imité sa façon de parler, elle l’avait imitée, imitée.

Depuis le début, cette femme était ce genre de créature.

Une créature humanoïde qui imitait les gens. Elle s’était comportée comme les autres le souhaitaient.

Cette femme était capable d’imiter les autres, elle n’était qu’un simulacre des personnes qu’elle imitait, elle avait la forme d’une personne mais n’avait rien d’une personne――

Tuer ce salaud, elle se demanda si c’était bien ce qu’elle pensait. Le traquer, elle se demanda si elle pensait à cela de cette manière.

Elle voulait imiter quelqu’un qui avait assassiné Elsa, elle voulait savoir précisément ce qu’il fallait faire par rapport à la mort d’Elsa. Elle voulait imiter. Elle voulait voir quelle était la norme correcte.

Que devait-elle faire ? Elle avait perdu Elsa――qui devait-elle imiter maintenant ?

Le temps passait et elle ne comprenait toujours pas.

Pendant ce temps, tout en gardant les apparences à l’extérieur, la femme continuait à exister pour les désirs de ceux qui l’entouraient.

Elle souhaitait un changement. Si les événements changeaient, si sa situation changeait, elle pourrait trouver une réponse. Cela, ou bien Mère pourrait désirer qu’elle meure――ce serait peut-être aussi acceptable.

Elle s’était laissée modeler à la demande, selon leurs désirs, comme si elle était à la dérive. Ensuite, si Mère le souhaitait, elle pourrait aussi prendre sa vie dans laquelle elle ne trouvait pas de valeur particulière.

――

――――

――――――――

――――――――――――――

――――――――――――――――――elle détestait ça.

Elle détestait en finir là, en finir ici, elle détestait ça.

Un sentiment d’impatience lui brûlait le cœur. Son âme désireuse exigeait ses propres désirs.

Elle voulait au moins connaître la réponse. La réponse à ce qu’elle devrait faire, maintenant qu’Elsa avait été assassinée, ce qu’elle ferait.

??? : “――Oh, alors tu es venu ici aussi, ■■■■ ?”

Dans la nuit.

Dans la Bibliothèque à l’intérieur de la Tour de Sable, à l’endroit où se trouvaient les Livres des Morts, une voix se fit entendre derrière elle.

Derrière elle se tenait un garçon familier aux cheveux noirs qu’elle connaissait bien.

Son cœur fit un bond à cet instant. Elle s’en rendit compte elle-même, au fond d’elle-même, elle avait peur. S’il lui demandait pourquoi elle était là, elle ne pourrait pas répondre à des questions telles que : à qui appartient le Livre qu’elle cherchait elle-même pour être venue ici en secret ?

Garçon : “J’avais juste un Livre à chercher. J’aurais dû demander de l’aide aux autres, mais je ne supportais pas le sentiment de nervosité et…”

Le garçon disait quelque chose.

Avec un sourire et une inclinaison de la tête, elle cacha son rythme cardiaque exalté. Faire semblant, comme toujours.

Garçon : “――Ne te couche pas trop tard, ■■■■.”

Tandis qu’on lui disait cela, elle quitta la Bibliothèque. Elle s’éloigna lentement, puis accéléra le pas et finit par courir.

Il avait vu ce qu’elle faisait, il savait ce qu’elle faisait, il avait compris ce qu’elle faisait.

Se rongeant les ongles et fronçant les sourcils, la femme s’accroupit et calma sa respiration. Elle ne voulait pas être vue, elle ne voulait pas que cela se sache, elle ne voulait pas être remarquée.

Mais elle avait tout abandonné.

La femme comprenait pourquoi elle était venue jusqu’ici.

Et c’était une raison de plus pour changer tout ce qu’elle savait et tout recommencer, en abandonnant absolument tout.

La nécessité contrôlait sa tête. Laissant ses émotions refoulées grincer sur ses molaires, la femme fit demi-tour.

Reprenant le chemin qu’elle venait d’emprunter. Ses jambes se détendirent peu à peu, et elle finit par entamer une marche lente. Enfin, marchant si doucement qu’elle éliminait le bruit de ses pas, elle retourna à la Bibliothèque où se trouvaient les Livres des Morts.

Avec autant de Livres éparpillés sur le sol, avait-il enfin trouvé le Livre des Morts qu’il cherchait ? En le devinant, elle se sentit jalouse. Mais avant qu’il ne la remarque, elle devait absolument――

Garçon : “――Tu es tellement superficielle.”

Artiste du fan-art : ???

Se laissant contrôler par un sentiment de désespoir, elle avait envie de blâmer ses actes impulsifs.

Alors qu’elle arrêtait ses pieds, elle n’avait devant les yeux que les cheveux noirs à l’arrière de la tête du garçon qui ne s’était pas retourné.

Elle était censée être revenue sans faire de bruit, en retenant son souffle.

Il était vrai qu’elle n’arrivait pas à la cheville d’Elsa, mais même ainsi, la femme pouvait au moins effacer le bruit de ses pas.

Alors comment l’avait-il découvert ?

Femme : “――――”

Toutes ses pensées se mélangèrent. Elle venait juste d’arriver ici en éliminant le son de ses pas, et il avait quand même vu à travers elle en lui tournant le dos, quel genre d’explication pouvait-elle donner maintenant.

――Non, même dans ce cas, elle aurait dû dire quelque chose. Il y avait encore son entraînement. C’était normal qu’elle vienne ici. Quoi qu’il en soit, la femme avait été interpellée par le garçon. Elle devait aussi en tenir compte.

Avec un sourire timide et une inclinaison de la tête, elle cacha son rythme cardiaque exalté. Faisant semblant comme d’hab――

Garçon : “N’essaie pas de me la faire à l’envers, c’est dégoûtant. Personne ne voudrait que tu lui fasses ça.”

Il lui coupa l’herbe sous les pieds et la fit taire.

Elle réfléchit, ses pensées tournoyant dans tous les sens. Que voulait dire le garçon aux cheveux noirs ?

Garçon : “Ne me fais pas cette tête, petite poupée soumise. Vas-tu ignorer le désir qui t’habite au plus profond de ton cœur ?”

Le désir était au fond de son cœur.

Pourquoi le fait de l’entendre le souligner lui pesait-il si lourdement ?

Garçon : “Consacre-toi à écouter ton désir. Si tu le fais, tu te verras un peu plus. Et quand tu te verras un peu plus, tu sauras ce que tu veux faire.”

Elle voulait savoir ce qu’elle voulait faire. Se voir.

Ce qu’elle voulait faire, ce qu’elle désirait, c’était――

Garçon : “――Maintenant, c’est un beau visage. Il paraît riche.”

Lorsqu’elle s’en aperçut, le garçon aux cheveux noirs s’était retourné et se tenait juste devant la femme. La main du garçon s’agrippa à l’une des tresses de la femme et il la fixa avec des yeux horribles qui contenaient un plaisir pervers.

Elle ne pouvait détacher son regard des pupilles sombres qui se trouvaient devant elle.

Garçon : “Si tu comprends ton désir et que tu commences à voir qui tu es vraiment, alors tu commenceras à agir plus comme toi-même. Tes ennuyeux soucis et tes angoisses, je ferai en sorte de m’en souvenir.”

Décidant égoïstement de ce qu’une autre personne souhaitait, le garçon le déclara tout en portant les pointes des cheveux de la femme à ses lèvres.

Artiste du fan-art : ???

Cela remplit sa poitrine d’un sentiment d’effroi, cependant, une légère douleur brûlait dans celle-ci.

Garçon : “――Je ferai en sorte de m’en souvenir.”

Si elle comprenait ses propres désirs.

Si elle parvenait à voir qui elle était vraiment.

La femme pourrait-elle devenir plus semblable à elle-même, à ce que ■■■■■ était censé être ?

Femme : “――Je me demaaaande~, à quel point dois-je prendre au sérieux ce dont nous avons parlé la nuit dernière ?”

Le soleil s’était levé, elle avait fini son petit déjeuner, et avant qu’ils ne passent à l’Examen suivant dans la Tour, elle avait contacté le garçon aux cheveux noirs.

Elle y avait tellement songé qu’elle n’avait pas pu dormir. Elle avait réfléchi, réfléchi, réfléchi, mais quoi qu’elle fasse, elle n’arrivait pas à trouver une réponse.

Le matin, le garçon avait salué la femme comme si son attitude de la nuit dernière n’avait jamais eu lieu.

Elle devait donc tenter sa chance, elle l’interpella. Incapable de contrôler ses sentiments agités, elle devait au moins l’emmener dans un endroit où personne d’autre ne pourrait les entendre.

Garçon : “Pas ici. Changeons d’endroit.”

Ce fut le garçon qui suggéra cette idée.

Ils changèrent d’endroit. En entrant dans la pièce, elle voulut l’interroger sur le sens de ses paroles de la nuit précédente――à bien y réfléchir, dans la Bibliothèque la nuit dernière, le garçon avait dit qu’il avait l’intention de parler avec tout le monde.

Garçon : “Désolé, ■■■■.”

Au moment où ces mots furent chuchotés à son oreille, son corps léger fut poussé vers le sol.

Elle tomba. Elle se cogna le dos contre le sol, mais ne put crier. Au moment où son champ de vision vacilla, elle vit le visage du garçon qui se plaçait au-dessus d’elle――le sourire qu’il arborait était la chose la plus dégoûtante et la plus diabolique qu’elle ait jamais vue.

Garçon : “Demander ça directement va à l’encontre des règles.”

Son cou fut saisi avec une grande force.

Sa bouche s’ouvrit et se ferma, mais l’air si important pour son corps ne parvenait pas. Elle se tortilla. Elle lutta. Elle saisit la main sur son cou et y enfonça ses ongles. Désespérément, elle agita ses jambes.

Elle ne pouvait pas bouger ni le repousser. Mais si elle était Elsa, elle pourrait s’occuper de lui.

Garçon : “Cette fois-ci, c’est une défaite à cause d’une infraction au règlement, mais j’espère que tu seras encore plus audacieuse la prochaine fois. Fais de ton mieux, comme tu l’as toujours fait.”

Elle ne comprenait pas ce qu’il voulait dire.

De quoi parlait-il ? Qu’est-ce qu’il disait ? Qu’est-ce qu’il lui disait ?

Garçon : “Oh là là, ça va être très intéressant――le mystère du meurtre de Natsuki Subaru.”

Je suis en train de me faire tuer. Ma compréhension ne peut pas aller plus loin. Je vais être tuée. À la fin, pourrais-je faire quoi que ce soit ? Tuée. Quand je chassais dans cette forêt, qu’ai-je fait ? Tuée. Incapable de faire quoi que ce soit. Être tuée. C’était amusant. Tuée. C’était agréable. Être tuée. Comme si je faisais partie d’un jeu enfantin. Être tuée. Tuée. Tuée. Tuée. Tuée. Tuée. Tuée.

――Je vais te tuer.

Artiste du fan-art : 『방스터』


Subaru : “Uh, AAAAAAAAAAHHH ?!”

En un instant, sa tête fit un bond en arrière, comme si on lui avait asséné une pichenette, et ■■■ tomba en arrière.

Ce qu’il tenait dans ses mains fut lâché, il vit le monde tourner en rond. Il prit une inspiration douloureuse. Ses poumons avaient des spasmes de panique à cause de sa respiration laborieuse.

??? : “Hey, Subaru ?!”

Alors qu’il se remémorait le choc douloureux, la jeune fille aux cheveux argentés se précipita sur ■■■, hurlant de douleur. Elle était suivie par une fille aux cheveux clairs. Les deux vinrent le soutenir en même temps.

Subaru : “J-je suis… Ah. Eh ? Je ? Qu-qu-qu-qu’est-ce que… Comment, quo, eh ?”

(Note de Traduction : Il commence par se désigner comme le ferait Meili, en utilisant “わたし” (watashi), puis passe à son habituel “俺” (ore) pour se désigner lui-même.)

??? : “Respire profondément ! Respire profondément, en fait ! Tu n’as pas besoin de te forcer à parler, je suppose ! Émilia, ne touche à ce Livre sous aucun prétexte, en fait !”

Ses yeux tournaient en rond et de l’écume jaillissait des coins de la bouche de ■■■, tandis que la jeune fille――correction, Béatrice, l’appelait désespérément. Béatrice avait interpellé la jeune fille aux cheveux argentés, Émilia, qui tendait la main vers le Livre. Oui, Émilia acquiesça une fois de plus et retira sa main, après tout.

Émilia : “Mais Béatrice, Subaru a l’air bizarre ! Ce Livre est…”

Béatrice : “C’est bien pour ça, ce serait gênant qu’Émilia se retrouve dans le même cas, je suppose ! Il est probable qu’il ait fini par plonger trop profondément, en fait. Il confond sa façon de parler, je suppose.”

À l’analyse de Béatrice, les joues d’Émilia se raidirent et elle déglutit. Suite à cela, elle vint rapidement aux côtés de ■■■ et s’accrocha à sa joue, croisant ses yeux avec ses propres pupilles.

Émilia : “Subaru, n’oublie pas. Tu vas bien, tu es Natsuki Subaru, mon Chevalier. Tu es ignorant du monde et fauché comme pas deux, tu t’entends bien avec tout le monde et… tu es… tu es…”

Émilia se mit à piocher dans ses souvenirs, évoquant hystériquement tout ce qu’elle pouvait. En l’entendant dire tout cela, ■■■ commença à. ■■ru commença à. Su■ru commença à,

――Subaru commença à se souvenir de lui-même.

Subaru : “J-je… Ah, Émilia, Béatrice… Je suis, moi, pas vrai ? Je ne suis pas elle, je suis… sans Elsa, euh…”

(Note de Traduction : Ici, il n’utilise pas “watashi”, mais plutôt “ore”, comme pour dire “je suis moi (ore), pas vrai ?”. (俺は、俺、だよな ?).

Émilia : “Tu t’en sors très bien, reste calme. Tout va bien… doucement. Doucement, d’accord ?”

Béatrice : “Comme une écharde, arrache lentement les souvenirs qui s’y sont logés, en fait. Et ensuite, tu pourras redevenir le Subaru normal, je suppose.”

Subaru : “Ugh, hk…”

Émilia et Béatrice, parlèrent à Subaru――oui, Subaru. Elles parlaient à Subaru.

Pendant que ces mots atteignaient ses oreilles, il triait tout ce qu’il venait de voir.

Il triait tout ce qu’il avait vu. D’une manière ou d’une autre. Jusqu’à la fin. Les souvenirs. Le moment où sa vie s’était éteinte.

??? : “Émilia-sama, mes excuses pour vous avoir fait attendre. J’en ai entendu parler de la part de Mademoiselle Ram sur le chemin――”

“Anastasia” : “Est-ce vrai que vous avez trouvé un Livre avec le nom de cette fille ?”

C’est alors que Julius, qui montait les escaliers en courant, arriva.

Julius et Echidna arrivèrent, puis Ram, qui était en queue de groupe, les rattrapa ; le nom de l’absente Meili fut mentionné. À ces trois personnes, Émilia et Béatrice commencèrent à expliquer la situation actuelle.

Shaula : “――――”

Shaula fixait en silence un Livre posé à ses pieds, auquel elle était indifférente.

Elle rétrécit ses yeux noirs. Il n’y avait pas la moindre émotion dans ce regard. Elle était simplement silencieuse.

――Elle le fixait silencieusement.

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