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Web Novel • Arc 06

19Qu’en est-il du Sage ?

Artiste du fan-art : Owari_su

Lors de cette confrontation inattendue contre un adversaire de taille, le vent de l’après-combat au sixième étage de la Tour de Guet des Pléiades se répandit.

Un nuage de poussière enveloppait l’homme et la femme qui luttaient l’un contre l’autre, couverts de sueur et de saleté.

Et, regardant ces deux-là avec des yeux froids, de toutes les directions――

Subaru : “Qu’est-ce que c’est que ces regards ? Vous dites que j’ai… que j’ai fait quelque chose de mal ?! Je n’ai rien fait de mal, je n’ai rien fait de mal――!!”

Julius : “Subaru, n’essaie pas de nous tromper de la sorte.”

Ram : “Il a de bons côtés, c’est ce que Ram pensait, mais au final, Barusu reste Barusu.”

Tels étaient les commentaires de Julius et Ram, nouvellement arrivés, à propos de Subaru qui avait été agrippé par Shaula. Quoi qu’il en soit,

Julius : “Nous avons eu la chance de nous réunir sains et saufs. C’est aussi une bonne nouvelle que tu te sois réveillé, mais… la situation est difficile à comprendre à moins de l’expliquer avec des mots.”

Subaru : “Je le ferais si c’était quelque chose que je pouvais expliquer… Merde ! Lâche-moi !”

Shaula : “Noooonpeee !”

Voyant Shaula se cramponner au bras de Subaru, Julius, qui avait la main sur la poignée de son épée, haussa les épaules. Il devait avoir compris qu’elle n’avait pas l’intention de les attaquer. Même Subaru l’avait compris, mais il était vrai qu’il avait du mal à l’éloigner.

Subaru : “Ne te contente pas de regarder, aide-moi à la dégager… ! Elle a une force surhumaine…”

Ram : “Tes lèvres se courbent en un sourire, Pervusu.”

Subaru : “Ce n’est pas le cas, ne fais pas équipe avec elle ! Ne prenez pas ça pour argent comptant ! Émilia-tan, ça fait mal ! Je ne pense pas que me tirer les cheveux soit d’une grande aide ?!”

Émilia : “Ah, je suis désolée. Je n’essayais pas du tout de t’aider.”

Subaru : “Tu t’excuses pour ça ?!”

L’entêté Shaula ne lâcha pas les bras de Subaru, et Émilia, avec une expression un peu vide, continua à tirer les cheveux de Subaru. À part ça, Béatrice, qui s’était retrouvée coincée entre les bousculades de Subaru et de Shaula, tournait les yeux dans tous les sens, dans un état d’écrasement, en faisant “Kiyuu”.

Anastasia : “Qu’est-ce que… Même après tous ces problèmes, on dirait que tout s’est arrangé pour que la bonne humeur soit au rendez-vous.”

Meili : “Qu’est-ce qu’onii-san fait juste après s’être réveillééé ? Je ne supporte pas le bruit, mais je suis soulaaagée qu’onii-san soit debout.”

Ayant lentement descendu les escaliers, Anastasia et Meili les avaient également rejoints. Ainsi, à l’exception de Rem et de Patrasche, qui étaient supposés être en train de se faire soigner, tout le monde s’était rassemblé ici.

C’était bien beau de se retrouver, mais à ce rythme, ils n’arriveraient pas à se calmer et à avoir une véritable conversation.

Subaru : “QUOI-QU’IL-EN-SOIT ! Que tout le monde se calme ! ――Parlons !”


Travaillant trop sa gorge après s’être réveillé, Subaru réussit à faire en sorte que tout le monde lui obéisse, alors qu’il essayait de prendre le contrôle de la situation.

Cela dit, au sein du groupe assis en cercle, Shaula ne cessait de s’accrocher au bras droit de Subaru, et à sa gauche se trouvait Émilia, assise dans le style seiza, à une distance suffisante pour le faire frissonner. Et Béatrice était installée sur ses genoux ; ce serait une formation de combat extrêmement extravagante aux yeux d’un étranger.

(Note de Traduction : Style seiza = il s’agit du terme japonais désignant la manière formelle de s’asseoir au Japon (s’agenouiller avec le dessus des pieds à plat sur le sol et s’asseoir sur la plante des pieds).

Ram : “Répugnant.”

Subaru : “As-tu seulement vu le désastre il y a une minute ? Est-ce que tu as l’impression que j’ai voulu que ça arrive à mon flanc droit ? Mes os me font très mal. À ce rythme, mon bras va se nécroser.”

En disant cela à Ram, qui avait craché ces mots, Subaru regarda son bras droit restreint.

Être enlacé par une fille à moitié nue, serait une expérience de rêve pour beaucoup, mais en réalité, plutôt que d’expérimenter la douceur de sa peau, la chair de son bras qui était pressée et la douleur de ses articulations qui atteignaient leurs limites avaient un effet effrayant sur ses os et ses nerfs. Franchement, ils auraient pu être arrachés.

Subaru : “Bien, avant que mon bras soit arraché de ses racines, j’aimerais poursuivre la conversation, mais… avant ça, tout d’abord, tout le monde, Dieu merci, vous allez tous bien. Même si c’est effrayant que Patrasche et Rem ne soient pas confirmés…”

Béatrice : “Tu es encore dans le doute, je suppose. Tout va bien, en fait. Tout le monde va bien, je suppose.”

Julius : “C’est exactement comme le dit Béatrice-sama, même si ton malaise et ton inquiétude sont justifiés. Tu pourras leur rendre visite après――comme tu t’en doutes, cette fois-ci, nous avons tous eu la peur de notre vie.”

Béatrice et Julius adressèrent un signe de tête à Subaru, qui se réjouissait de leurs retrouvailles.

Julius, une fois de plus, afficha une expression sinistre sur son visage, comme s’il repensait au moment juste après qu’ils aient été séparés dans la mer de sable,

Julius : “Immédiatement après la fissuration de l’espace, nous sommes tous tombés, sauf toi, Anastasia-sama et Mademoiselle Ram, sur le côté au-delà du jardin de fleurs des bêtes démoniaques, vois-tu. Là, après bien des péripéties, nous sommes arrivés à la Tour de Guet et avons pu nous mettre à l’abri.”

Meili : “Maiiiis onii-san et les autres n’étaient pas là, et comme nous savions qu’ils ne pouvaient pas se battre, nous étions inquieeeets.”

Julius retraça l’explication précédente de Béatrice, et Meili acquiesça également, en faisant la moue.

Leur inquiétude n’était qu’une évidence. En tombant dans la zone souterraine de la mer de sable, Subaru et les autres avaient disparu de l’extérieur, ce qui les avait inquiétés. Mais cela valait pour les deux groupes.

Meili : “Onee-san a vraiment perdu son calme. Nous avons vécu un moment difficile lorsqu’elle s’est emportée cooontre ce Sage-san. Quand j’y repense, j’en ai des frissons dans le doooos.”

Émilia : “Hey, Meili. Tu n’es pas obligée de dire tout ça.”

Au regard aguicheur de Meili inadapté pour son âge, Émilia objecta, son visage devenant rouge. Ses propos n’avaient rien d’exagéré, cela se comprenait aisément en regardant Émilia qui rougissait jusqu’aux oreilles.

Bien qu’imprudent, il était sincèrement heureux de la voir s’inquiéter pour lui.

Subaru : “Je voiiiis~ je voiiis~, donc Émilia-tan était inquiète. On dirait que Béako était aussi inquiète au point de pleurer à chaudes larmes, je suis vraiment chanceux.”

Émilia : “Bon sang, Subaru, plaisanter encore comme ça… De plus, Béatrice n’a pas pleuré à chaudes larmes. Juste la moitié. Ouais, c’est ça.”

Béatrice : “Si tu veux veiller sur les autres, alors fais-le correctement jusqu’à la fin, en fait, espèce de tête en l’air… !”

Émilia : “――?”

Avec la vérité exposée qu’elle avait été amenée à pleurer, Béatrice fit la moue tandis qu’Émilia restait désemparée. Détendant ses joues devant cet échange plaisant, Subaru leva les yeux vers Julius.

Subaru : “Si c’est le cas, tu as dû t’inquiéter toi aussi, pas vrai ? C’est dommage que je n’aie pas pu voir ton expression.”

Julius : “Bien sûr, j’étais très agité. Indépendamment de toi, à cause d’Anastasia-sama et de Mademoiselle Ram. Il serait regrettable de perdre ces deux frêles dames quelque part hors de portée. Sans avoir à te montrer mon visage pâle et mon inquiétude, je n’éprouve pour l’instant qu’un soulagement dans mon esprit fragile.”

Subaru : “Pourquoi une conversation sur ta peur est-elle si gracieuse ?”

Subaru tordit les lèvres en regardant Julius, qui se touchait la frange comme par habitude, avec un sourire aigre-doux sur le visage.

Sans qu’il ne se montre fort, et sans même montrer son côté faible, c’était un résultat absolument ennuyeux. Sur ce, Meili se mit à rire légèrement face à l’échange des deux.

Lorsqu’ils l’interrogèrent en faisant de simples gestes du regard, elle plaça ses cheveux tressés contre sa bouche, et,

Meili : “Oh, ce n’est riiiien.”

Et elle les avait trompés avec un sourire qui semblait avoir une signification profonde.

Subaru : “Eh bien, j’en déduis que tous ceux qui ont été séparés étaient inquiets pour nous. Personne n’a disparu au final, alors c’est quelque chose qu’on peut se remémorer avec le sourire maintenant.”

Ram : “Seul Barusu peut être aussi effronté. Même maintenant, la petite silhouette et le cœur tendre de Ram sont sur le point de se briser de malaise et de peur rien qu’en y pensant.”

Subaru : “Est-ce que la nee-sama qui, parmi toutes les personnes que je connais, est celle qui semble avoir le cœur le plus dur, dit quelque chose ?”

En vérité, parmi toutes les connaissances de Subaru, Ram était celle qui possédait la plus grande force mentale. Ses remarques semblaient être une blague idiote comme s’il s’agissait d’une évidence, mais il finit par regarder intensément le visage de Ram, qui était assise juste en face de lui.

Une peau blanche avec des yeux clairs et cramoisis. Et bien sûr, des traits de visage bien ordonnés, d’une beauté rafraîchissante. De beaux traits de visage comme une baie suspecte trouvée dans la vallée de la douceur et de l’élégance. Quelle que soit la façon dont il la regardait, elle était toujours la même Ram.

Ram : “――Mets fin à ce regard désagréable. En regardant si intensément, qu’est-ce que tu veux ?”

Subaru : “Eh bien, je me disais que tu étais vraiment Ram.”

Ram : “C’est sans espoir maintenant, n’est-ce pas ?”

Subaru : “Arrête de porter des jugements sans avoir de sujet précis ! Pas ça, je veux dire…”

Subaru répondit d’une manière déconcertée à Ram qui avait interrompu et mis de côté les paroles de Subaru.

L’incident qui s’était produit juste avant qu’il ne perde connaissance dans la zone souterraine lui revint à l’esprit――Ram avait protégé Subaru avec son corps blessé, en se tenant devant le Centaure.

Sa silhouette délicate vue de dos, parsemée de blessures, avait affronté ce redoutable ennemi sans aucune perspective de victoire. À ce moment-là, il avait ressenti la terreur de la perdre, en voyant sa silhouette qui ne manifestait aucune peur d’être blessée ; et maintenant, tous deux étaient revenus vivants, sains et saufs.

Il s’en était rendu compte en discutant avec la jeune fille qui ne craignait rien.

Subaru : “Bien sûr, il y a toujours ce sentiment de distance entre nous. La situation était devenue étrangement détestable et même pire, mais quand j’y repense, c’était aussi… Non, ce n’est toujours pas un bon souvenir à se remémorer.”

Ram : “Je ne comprends pas ce que tu essaies de grommeler. Crache tout. Comme un homme.”

Subaru : “Je suis content que nous soyons tous les deux en sécurité, c’est ce que je veux dire. Et en fin de compte, je te suis reconnaissant de m’avoir protégé et sauvé.”

Ram : “…C’était une perte de temps.”

Subaru : “Comment peux-tu dire ça ?”

Même s’il avait honnêtement exprimé sa gratitude, cela ne signifiait absolument rien pour elle.

Suite à cela, Émilia laissa échapper un petit rire étouffé en voyant Subaru se fâcher de la sorte.

Émilia : “Tout va bien, Subaru. C’est juste parce que Ram est un peu gênée.”

Subaru : “Nee-sama est embarrassée… ? Ne serait-il pas plus crédible que le ciel et la terre changent de place ?”

Émilia : “P-pas vraiment. C’est peut-être parce que tu as continué à serrer Ram dans tes bras jusqu’à ce qu’elle se réveille, alors elle est un peu gênée. Même séparés, c’était rude.”

Ram : “Émilia-sama !”

Émilia lui murmura secrètement cela à l’oreille, mais Ram réagit avec colère à ses paroles. Elle leva les yeux de façon inhabituelle sous l’effet de la colère, comme si elle avait lu sur les lèvres d’Émilia ou quelque chose du genre,

Ram : “Je pense qu’il serait préférable que vous n’évaluiez pas les choses selon vos propres critères. Parce que je ne pense pas vouloir travailler pour une imbécile qui ne comprend pas les sentiments des gens.”

Émilia : “…Quand tu dis “imbécile”, tu ne fais pas référence à moi, n’est-ce pas ?”

Ram : “Ce n’est pas le cas. Émilia-sama, vous considérez correctement les sentiments des gens, s’il y a quelqu’un qui n’a rien à voir avec le fait d’être une imbécile, ce serait vous ; ce serait tellement ridicule de ma part de dire le contraire.”

Émilia : “Je vois. Erm, attends, laisse-moi réfléchir un peu.”

Émilia se mit à ruminer sérieusement les propos de Ram, dont les mots avaient été enduits d’un grand sarcasme. Pendant ce temps, Ram fixait Subaru avec une lueur dans ses yeux aussi aiguisée qu’une lame, puis remua ses lèvres pour parler, disant, “Oublie ça”.

Subaru acquiesça par réflexe à son attitude menaçante. Lorsqu’il s’était réveillé, il s’était souvenu qu’il y avait des traces de quelqu’un qui était allongé sur le lit à côté de lui. Il pensait que c’était Béatrice, mais il semblait que, d’après ce qu’elle avait dit maintenant, c’était――

Subaru : “Oh-oh, j’ai oublié, j’ai oublié. J’ai dit que j’avais oublié.”

Ram : “Bien. Vous n’êtes pas une imbécile… Émilia-sama. Restons-en là.”

Émilia : “Ergh, est-ce que Ram en est arrivé à devenir progressivement plus franche à mon égard… ?”

Émilia la regarda avec reproche, mais Ram écarta cette dernière d’un air d’ignorance feinte.

Quoi qu’il en soit, Subaru détourna son regard de Ram, qui semblait ne plus vouloir aborder ce sujet, et se tourna vers le dernier de ses compagnons, Anastasia.

Elle était assise à côté de Julius, tripotant comme à son habitude les pompons qui ornaient son chapeau. Mais, remarquant le regard de Subaru, elle lui adressa un gracieux sourire.

Anastasia : “Ahh, tu as fini de parler ? Natsuki-kun, je pensais que tu m’avais oublié.”

Subaru : “J’espère que tu pourras pardonner mon égo qui m’a poussé à donner la priorité aux miens. Je suis heureux que tu sois en sécurité. En parlant de la dernière bataille dans la zone souterraine, je n’ai pas la moindre idée de ce qui s’est passé après.”

Anastasia : “Vas-tu me faire revivre ces pensées effrayantes, où j’ai aussi été jetée dans cette obscurité noire ? Natsuki-kun et Ram-san, et… Ah, et Patrasche-chan se battaient de toutes leurs forces, et la bête démoniaque m’ignorait. Je n’étais pas utile là-bas, mais j’allais l’être pour les négociations.”

Subaru : “Les négociations ?”

Anastasia : “Avec le Sage-san qui nous a aidés, tu sais.”

Anastasia pointa Shaula, qui était toujours blottie contre le bras droit de Subaru.

Lorsqu’il entendit parler de négociations, Subaru fronça les sourcils, mais Anastasia lui adressa un sourire ironique.

Anastasia : “Ah, non non, nous sommes aussi assez confus. Parce qu’elle ne répondait rien jusqu’à récemment, même si je la poussais et la tirait, mais avec toi, Natsuki-kun, elle est follement amoureuse.”

Subaru : “Elle ne voulait pas te parler ? Cette chose ?”

Shaula : “Ce n’est pas cette chose, c’est Shaula. Maître~.”

Subaru : “Tais-toi…”

Subaru répondit d’un air dépité à la contrariété de Shaula, et Anastasia haussa les épaules.

Assurément, si l’on s’en tenait à la situation, elle n’avait pas dit un seul mot à Anastasia et aux autres. Par contre, elle avait bavardé avec Subaru. Donc, en réalité, à peu près tout dans cette situation était inattendu.

Subaru : “Quand quelqu’un se blottit soudainement contre vous avec une favorabilité de cent pour cent, même s’il s’agit d’une belle femme, la favorabilité de celle-ci est de zéro, donc ce n’est pas quelque chose qui mérite que je m’en préoccupe…”

Shaula : “――! À l’instant, tu as dit que j’étais une belle femme ?!”

Subaru : “Tu as vraiment des oreilles aiguisées quand ça t’arrange, HEY !”

Encore une fois, Subaru tenta de repousser la tête de Shaula avec sa main gauche vide. Cependant, plus il s’acharnait à le faire, plus la force de Shaula augmentait, amenant finalement Subaru à céder.

Finalement, Subaru, essoufflé, secoua la tête en disant “On ne peut rien y faire”, Shaula s’accrochant toujours à son bras droit.

Subaru : “Pour l’instant, laissons de côté toutes ces questions triviales et parlons de ce dont il faut parler. Je ne veux pas que nous continuions à tourner en rond avec un manque d’explication. Je veux que tu nous parles de différentes choses.”

Shaula : “Bien sûûûûûr~, si c’est quelque chose que le Maître a à dire, alors passons à l’action !”

Julius : “En effet, votre collaboration est d’une grande aide. J’aimerais donc vous poser une question. Vous êtes le Sage qui s’est retiré dans cette Tour de Guet des Pléiades… Ma compréhension est-elle correcte ?”

Shaula : “Détournement de la tête

Subaru : “Réponds-lui ! Ne viens-tu pas de dire que tu parlerais !”

Contrastant avec son sourire amical, Shaula détourna brusquement le visage à la question de Julius. Juste après que Subaru se soit énervé de sa mauvaise attitude, Shaula tourna son visage boudeur vers lui.

Shaula : “Olala, que s’est-il passé Maître ? Maître, ne m’as-tu pas martelé de ne pas raconter, parler ou dire quoi que ce soit d’inutile à qui que ce soit, peu importe ce qu’il demande ? Je ne fais que suivre fidèlement ce que tu m’as diiiiit~. Je n’arrive pas à croire que tu sois en colère ! Je vais porter plainte contre toi !”

Subaru : “Ton maître est absolument horrible !”

Shaula : “Ouais, ouais. Le Maître est une personne teeeellement~ horrible. Je devrais exiger des excuses de sa part, et le forcer à réfléchir profondément sur lui-même.”

Subaru : “Donc, appeler les gens Maître comme bon te semble, c’est juste… Huh, Émilia-tan, c’est quoi ces yeux ?”

Émilia avait plissé ses yeux ronds devant l’étrange baratin de Subaru et Shaula. Subaru s’était préparé au cas où il s’agirait d’un autre débordement inexplicable, mais Émilia avait continué en disant : “Eh bien”,

Émilia : “Ce n’est peut-être pas grand-chose, mais… Comment l’expliquer ? Votre façon de parler n’est-elle pas assez similaire ?”

Subaru : “Est-ce que j’ai l’air de parler sur un ton aussi puéril ?”

Émilia : “Ce n’est pas ce que je voulais dire, les expressions que vous utilisez tous les deux, voilà ce que je désignais. Tu vois, vous plaisantez toujours, même pendant les conversations sérieuses, n’est-ce pas ? C’est l’impression que j’ai.”

Subaru : “Tu me considères de cette façon ?!”

Subaru fut horrifié par cette évaluation tout à fait inattendue de sa part, mais Émilia ne lui prêta aucune attention. Au contraire,

Julius : “Hmmm… Certainement, maintenant que vous le mentionnez.”

Ram : “La capacité de conversation typique de Barusu ? Il y a donc du grabuge dans l’air.”

Meili : “Mais j’aiiiime beaucoup la façon de parler d’Onii-san ?”

Anastasia : “Pourtant, tout le monde a une façon de parler qui lui est propre, vous ne trouvez pas ?”

La bouche de Subaru s’entrouvrit tandis que chacun ajoutait ses propres évaluations les unes aux autres. Cependant, une petite fille perdit furieusement son sang-froid à la place de Subaru――et cette fille était Béatrice.

Béatrice : “Vraiment, ne dis pas n’importe quoi, je suppose. Non seulement tu es trop familière avec Subaru, mais tu es aussi trop collante depuis tout à l’heure, en fait. À quel point penses-tu que c’est difficile pour Betty, malgré le fait que je tienne la main de Subaru, je suppose ! C’est injuste, en fait !”

Le sujet avait beaucoup changé à mi-parcours, mais Béatrice avait un air enjoué. Cependant, Shaula repoussa les protestations de Béatrice, avec un regard qu’une belle fille ne devrait pas faire.

La patience de Béatrice, qui n’était déjà pas très grande, atteignit ses limites lorsqu’elle vit l’absence totale de considération de Shaula s’exprimer sur son visage.

Cependant, avant que cela ne se produise, le coup de karaté de Subaru frappa Shaula en plein front.

Subaru : “Ça suffit !”

Shaula : “Ow… Même si ça ne fait pas mal, n’est-ce pas de la maltraitance ? C’est de la maltraitance… ! Le maître a utilisé la violence contre moiiiiii~ ! Je te verrai au tribunal !”

Subaru : “Calme-toi ! Tu peux parler aux autres personnes correctement à partir de maintenant ! Ou cette discussion n’aboutira à rien !”

Shaula : “…Ça te va ?”

Subaru : “Oui ! Au contraire, je le recommande ! Il est grand temps que tu commences à parler sérieusement !”

Le visage de Shaula se transforma en un visage de surprise totale face aux plaintes de Subaru qui fronçait les sourcils. Puis, petit à petit, son expression faciale changea, d’abord de surprise, puis de compréhension, puis d’assentiment, et enfin de profonde gratitude. Puis, elle déclara,

Shaula : “Hourraaaa ! Yaaaaay~ ! J’ai obtenu la permission de parler ! Maintenant, je n’ai plus à jouer le rôle de la femme fatale profondément mystérieuse ! Hip, hip, hip houuuuurra !”

Subaru : “Maintenant, il ne reste plus un seul fragment de ce rôle !!”

Son visage s’illumina d’un sourire profond ; si elle avait une queue, elle serait probablement en train de l’agiter.

Bien qu’en fait, la queue de cheval de Shaula se balançait avec plaisir alors qu’elle s’accrochait toujours fermement à son bras, frappant son front, ses joues, et Dieu ne sait quoi d’autre d’autre à plusieurs reprises.


Subaru : “――Donc, on peut dire que tu es le Sage des rumeurs, pas vrai ?”

Le vacarme s’était un peu calmé, et enfin, ils en étaient vraiment arrivés à la discussion qu’ils auraient dû entreprendre avant ledit vacarme.

Shaula, qui avait lâché le bras droit de Subaru, était assise les jambes croisées au milieu du groupe, maintenant placé en cercle autour d’elle. Accessoirement, son bras droit s’était engourdi, et il ne pouvait pas le lever. Il ne pouvait pas non plus le bouger.

Shaula : “――――”

Subaru : “Réponds-moi. Tu es le Sage, n’est-ce pas ?”

Shaula : “Hmm~, la réponse à cette question est difficile.”

Ayant été accueilli par un silence à sa question, Subaru avait encore une fois répété la même question. Suite à cela, Shaula répondit vaguement, affichant une expression aigre comme si elle avait mangé une prune au vinaigre.

Subaru fronça les sourcils en recevant cette réponse, révélant sa perplexité. Cependant, ce fut Émilia qui leva la main à sa place. Elle prit la parole en faisant précéder ses mots de “Dans ce cas”.

Émilia : “En mettant de côté le fait que tu sois le Sage… Celui dont on prétend qu’il a gardé les Dunes de Sable pendant tout ce temps depuis l’intérieur de cette Tour, c’est toi, n’est-ce pas ?”

Shaula : “Ah, c’est moiiii~ pour sûr. Pendant quatre cents ans, chaque jour passé à garder le centre de ce sable, et chaque jour stérile que j’ai passé serait quelque chose qui ferait pleurer à la fois celui qui le raconte, et celui qui l’entend… !”

Émilia : “Pauvre toi… Hk.”

Subaru : “Émilia-tan, ne te laisse pas affecter par ça, et toi aussi, ne va pas échanger des sentiments inutiles.”

Les yeux empathiques d’Émilia se larmoyèrent devant Shaula qui fournissait sa réponse en serrant le poing. Tout en calmant Émilia, Subaru, se basant sur la réponse actuelle de Shaula, croisa le regard de Julius.

Julius hocha la tête à cet échange de regards, et prit en charge la conversation, en prononçant un “Alors,”.

Julius : “Aurais-je raison de vous attribuer le fardeau d’avoir travaillé comme Sage pendant quatre cents ans, comme on le dit généralement ? Shaula-sama.”

Shaula : “Tu me fais rougir en utilisant des termes comme “sama”. Je n’en ai pas l’habitude, alors tu peux t’adresser à moi sans utiliser d’honorifiques comme en temps normal. Utiliser Shaula-sama… Dhéhéhé.”

Julius : “Alors, je vais me corriger… Celui qui est typiquement connu sous le nom de Sage, c’est bien toi ? Shaula.”

Shaula : “Eh bieeeen~, je n’en suis pas si sûre ? Même si c’est ce qu’on dit généralement, je ne quitte jamais la Tour, donc je ne sais rien des rumeurs qui viennent de l’extérieur. Ça sonne bizarrement, n’est-ce pas ? Que l’on meeee~ qualifie de Sage.”

L’expression du visage de Shaula, qui était tout à fait à l’aise, se transforma en une expression teintée de réflexion, et l’atmosphère en fit de même. Julius plissa également les yeux, face à la profondeur du regard de Shaula qui semblait chercher quelque chose.

Sa remarque actuelle n’était pas de celles qui pouvaient être ignorées, même par d’autres individus que Julius. Parce que si les paroles de Shaula étaient vraies――

Julius : “Si tu n’es pas le Sage, alors il s’avèrerait que la légende du Sage Shaula est une rumeur complètement erronée. Ou, est-ce que ça signifie qu’il y a un autre Shaula que toi, qui est considéré comme un Sage ?”

Shaula : “Le Sage Shaula de ces rumeurs est quelqu’un que je ne connais pas, maiiiis~ pour autant que je sache, il n’y a pas d’autre personne que moiiii qui s’appelle Shaula. C’est le maître qui m’a donné ce nom, donc le maître a dû le donner uniquement à moi… Maiiiis~.”

Le regard de Shaula se tourna furtivement vers Subaru, mais ce dernier n’avait jamais nommé quelqu’un Shaula, rien ni personne.

Cependant, c’était un fait que le nom “Shaula” avait une certaine résonance. Shaula était aussi le nom d’une étoile, c’était le nom de l’étoile qui formait la constellation du Scorpion――et sa signification était “le Dard”.

Naturellement, ses pensées s’étendaient à la véritable identité des rayons de lumière blanche qui avaient été tirés depuis la Tour de Guet, mais pour ce qui était d’obtenir cette information d’elle, il ne voyait pas d’inconvénient à le repousser à plus tard. Pour l’instant, la priorité était ailleurs.

Shaula : “Puisque le Maître semble n’avoir aucune idée, Shaula est juste mooooon~ nom bien sûr. Le Maître a donné ce nom juste pour moiiii~… Il n’y a pas besoin d’autres Shaula.”

Julius : “Je vois. Tu as l’air d’aimer beaucoup ce Maître――ce devait être un type pécheur, hein.”

Subaru : “Arrête de me regarder en disant ça. Ce sont de fausses accusations. Présomption d’innocence.”

Ram : “Coupable sous réserve de preuves… C’est ce que Ram pense.”

Subaru : “Ne tires-tu pas une certaine fierté à être un état de droit ?!”

En mettant de côté l’interruption, il ne pouvait pas percevoir de mensonge dans ce que Shaula disait. Si c’était le cas, était-elle différente de celui des légendes ?

Soudain, Anastasia se mit à fouiller dans sa poche de poitrine, sans se soucier des personnes qui conversaient entre elles. Puis, elle sortit quelques pièces de sa bourse pour une raison ou une autre.

Subaru : “Ne me dis pas… tu comptes ton argent tout d’un coup ?”

Anastasia : “Même si c’est mon passe-temps, et que sentir ma monnaie me permet de mieux travailler quand je suis plongée dans mes pensées… Ce n’est pas mon intention. Voilà, tu comprendras ce que je veux dire quand tu regarderas les pièces du Royaume correctement.”

En disant cela, Anastasia lança les pièces sur sa paume vers Subaru, qui était perplexe. Il s’empressa de les attraper ; ce qu’elle lui avait lancé était quatre pièces : une pièce de cuivre, une pièce d’argent, une pièce d’or et une pièce d’or sacrée.

Ce n’était probablement pas un pot-de-vin pour Shaula, ou une alternative à un pourboire. S’assurant de vérifier les pièces comme elle le lui avait demandé, Subaru remarqua les dessins gravés sur celles-ci.

Il n’avait pas vraiment regardé leur monnaie jusqu’à présent, mais――

Subaru : “Il est donc courant, pratiquement partout, de graver des images, des dessins et d’autres choses sur l’argent. C’est bizarre.”

Anastasia : “Je ne vois pas ce qu’il y a d’étrange. Il faut bien savoir d’où vient l’argent… D’ailleurs, c’est parce que l’argent est toujours accompagné de l’histoire de son pays. C’est pour ça que des choses intrinsèques à l’histoire du pays sont gravées dessus.”

Subaru : “Hmmmm… ?”

Subaru porta son attention sur les gravures des pièces tout en écoutant les explications d’Anastasia. Et en y regardant de plus près… oui, les pièces avaient toutes des gravures différentes――

Émilia : “Les pièces d’or sacrées ont le Dragon divin, les pièces d’or ont le Maître Épéiste de la première génération, les pièces d’argent ont le Sage, et les pièces de cuivre ont le Château Royal de Lugnica sur elles. Tu ne le savais pas ?”

Subaru : “Émilia-tan parle comme un personnage super instruit avec ce qu’elle dit… !”

Émilia : “Ou plutôt, ce sont des choses évidentes, je dirais. Tu étais tellement insouciant quand tu faisais tes courses que tu n’as jamais regardé l’argent correctement ?”

Subaru siffla innocemment, dissimulant les faits, face à l’interrogation douloureuse d’Émilia. Ce faisant, il vérifia que les gravures sur la monnaie étaient exactement comme elle avait semblé l’expliquer.

Un dragon était gravé sur la pièce d’or sacrée, un homme au regard acéré était gravé sur la pièce d’or, le Château Royal était gravé sur la pièce de cuivre, et enfin, gravé sur la pièce d’argent, il y avait un――

Subaru : “Un jeune et séduisant onii-san, je suppose. Il n’a pas la moindre ressemblance avec Shaula.”

Béatrice : “Mais, le type sur ce dessin est ce qui apparaît comme Shaula aux yeux du monde, en fait.”

Un bel homme aux cheveux longs et aux traits intrépides était gravé sur la pièce. Naturellement, même s’il essayait de changer l’angle de la pièce, il semblait peu probable qu’on le prenne pour une femme sexy à moitié nue.

Shaula elle-même le harcela d’un “Laisse-moi voir !”, et il lui tendit la pièce. Lorsqu’il le fit, elle regarda la pièce d’argent de près et parla,

Shaula : “Ehhh, plutôt bien fait, hein ? Il ressemble exactement au Maître.”

Subaru : “Où est-ce que tu vois ça ? Ah, non, si le Sage qui y est gravé est ton Maître, alors à quoi penses-tu quand tu dis que je ressemble au Maître dans tes souvenirs ?”

Shaula : “Bon sang, de quoi tu parles ? Moooon~ Maître est le seul Maître.”

Subaru : “Alors, laisse-moi me répéter une fois de plus. OÙ EST-CE QUE TU VOIS ÇA ?”

Il se racla la gorge, et cria à tue-tête vers Shaula, qui le comparait avec le dessin gravé sur la pièce d’argent.

Même s’ils se distinguaient par leur coiffure et leur expression, en premier lieu, leur origine semblaient différentes. Ce qui les rapprochait, c’était apparemment leur sexe. S’il ne devait en juger que par la qualité du visage, Julius en serait bien plus proche que Subaru.

Cependant, Shaula le regarda avec mécontentement, lâchant un “Ehhhhh” à l’opinion de Subaru.

Shaula : “Ça a l’air assez exact d’après ce que je peux voiiiiir~. Tu as des cheveux, deux yeux, deux oreilles, un nez et une bouche.”

Subaru : “Ce genre de niveau ?! N’es-tu pas en train de le complimenter comme le portrait d’un enfant de maternelle ?”

Émilia : “Je crois que moi aussi je ne trouve toujours pas que Subaru et ce Sage se ressemblent…”

Bien que Shaula soit devenue boudeuse, le verdict de Subaru, et bien sûr, celui d’Émilia écartaient cette idée. Leurs verdicts étaient raisonnables. Cependant, Shaula n’avait toujours pas l’air convaincu,

Shaula : “C’est parce que je ne suis pas très douée pour comparer les visages des gens. Les hommes et les femmes sont à peu près différents, mais les autres choses sont à peu près les mêmes… Après, ça se résumerait à la taille, n’est-ce pas ?”

Béatrice : “Elle a regardé Betty à l’instant même et a conclu avec ça, je suppose, cette femme.”

Subaru : “Ce n’est pas grave, puisque Béako en étant mignonne et petite est unique. Mis à part ça, tu as un tel sens de la beauté et pourtant tu m’appelles, parmi toutes les personnes, ton Maître. Tu me prends complètement pour quelqu’un d’autre !”

Profitant de l’excuse de Shaula, Subaru se débarrassa d’une partie du déshonneur qu’il avait accumulé jusqu’à présent à cause des fausses accusations. C’était une suggestion ridicule en premier lieu. Bien sûr, il n’avait même pas besoin d’y penser, Subaru n’avait rien en commun avec Shaula, et c’était un soulagement.

Du moins, c’est ce qu’il pensait, mais Shaula secoua la tête et déclara,

Shaula : “Ah. Le fait que j’aiiiie~ trouvé le Maître n’était pas une question d’apparence, donc il n’y a pas de problème avec ça.”

Subaru : “Pas une question d’apparence tu dis, alors comment l’as-tu découvert ? Par l’aura ?”

Shaula : “L’odeur.”

Subaru : “――――”

Shaula : “Eh bien non, je veux dire, je ne peux pas penser à quelqu’un d’autre que le Maître qui laisserait une odeur si sombre et âcre, au point que mon nez semble se contracter.”

Subaru : “Honnêtement, c’est la première fois que je suis blessé comme ça ! Quoi, je sens si mauvais que ça ?”

Lorsque le mot clé “odeur” sortit, Subaru s’était préparé pendant un moment. Cependant, sa préparation fut brisée d’un seul coup par le choix de mots de Shaula tout de suite après.

Shaula avait un regard mystifié vers Subaru, dont le visage était devenu rouge à cause de son évaluation inattendue.

Shaula : “Pourquoi t’es-tu énervé ? Ah, c’est parce que j’ai dit “âcre” ? Ce n’est pas grave ! L’odeur du Maître est vraiment mauvaise, mais c’est le genre d’odeur que je veux continuer à sentir ! C’est celle d’une cuisine inhabituelle, pas celle qui vous fait vomir, donc c’est cool !”

Subaru : “Les filles ne disent pas “vomir” et “c’est cool” ensemble ! Tu n’avais pas besoin de poursuivre après ça !”

Subaru se couvrit le visage avec sa paume, sur le point de s’effondrer en pleurant sur place, se sentant plutôt honteux.

Subaru : “Ughh… Je pensais m’être habitué à ce que les gens disent ça, mais être humilié comme ça, c’est beaucoup trop. Qu’est-ce que je t’ai fait…”

Émilia : “C’est bon, Subaru. Je comprends parfaitement. Alors, pouvons-nous nous baigner correctement après ?”

Subaru : “Je comprends parfaitement, mon cul !”

Le Subaru angoissé et meurtri était devenu inutile. Béatrice laissa échapper un soupir en regardant Émilia qui le consolait sur le côté. Puis, elle saisit l’aisselle de Subaru, et appuya son poids sur son dos,

Béatrice : “Je comprends la raison pour laquelle tu as confondu Subaru avec un parfait étranger, je suppose.”

Shaula : “Je ne l’ai pas confondu. Tu es vraiment impertinente pour une petite mordeuse de chevilles, non ?”

Béatrice : “Désolée, mais cette petite mordeuse de chevilles est la partner de ton précieux maître, en fait. Oups, tu l’as pris pour quelqu’un d’autre, donc il n’est pas vraiment ton maître ou autre, je suppose. Pardonne-moi, en fait.”

Shaula : “――――”

Béatrice : “――――”

Silencieusement, des étincelles provenant de leurs regards fusèrent entre Béatrice et Shaula.

Le sujet de leur conversation avait fini par s’éparpiller complètement, mais même s’ils essayaient de le remettre sur les rails, les personnes présentes qui remettraient la conversation sur le droit chemin étaient trop peu nombreuses. Compte tenu de la situation, c’est le visage du bon sens qui en pâtirait.

Ram : “Béatrice-sama, laissons les querelles de côté jusqu’à ce que nous ayons terminé. Après notre importante discussion, vous serez libre de décider à qui appartient Barusu.”

Béatrice : “Subaru n’appartient à personne, je suppose. C’est le but, en fait.”

Ram : “…Ouais, ouais.”

Ram se laissa emporter par la colère de Béatrice tandis que ses yeux s’emplissaient de choc. Et après qu’elle ait répondu, Ram plissa les yeux et interpella Shaula, qui regardait toujours Béatrice d’un air épineux.

Ram : “En tout cas, si tu pouvais nous parler, ce serait une aubaine. Jusqu’à présent, tu ne pouvais pas accepter d’avoir une conversation sérieuse avec nous, mais ne penses-tu pas que ce serait bien de le faire maintenant ?”

Shaula : “Mhm, j’ai la permission du maître, alors ce serait OK. Cela dit, je ne suiiiis~ pas assez gentille pour répondre à absolument tout. Ou plutôt, je devrais dire que je ne connais pas tant de choses que ça.”

Ram : “Rien qu’avec cette réponse, je comprends que le fait de t’appeler Sage est une erreur.”

Gonflant fièrement son ample poitrine, Shaula déclara d’autant plus ouvertement son ignorance. Ram gonfla sa petite poitrine comme si elle rivalisait avec Shaula. Elle renifla avec son nez, affichant un air de supériorité plus que quiconque ici.

Ram : “Tu es Shaula, mais pas le Sage. Alors, je me demande si le “Maître Épéiste” et le “Dragon Divin” te disent quelque chose ?”

Shaula : “Maître Épéiiiiste~ et Dragon Diviiiin~ ?”

Ram : “Leurs noms sont Reid et Volcanica.”

Shaula : “Ewwwww !”

Shaula tira la langue en réponse à la question de Ram, son visage donnant l’impression qu’elle avait mâché quelque chose d’aigre.

Il était assez facile de comprendre, d’après sa réponse, que ces deux noms lui étaient familiers. Lorsque Ram l’incita silencieusement à en parler, Shaula balança son corps de gauche à droite, toujours assise les jambes croisées, et déclara,

Shaula : “Je les connais. Le Manieur de Bâton Reid et le Cynique Volcanica sont de vieux amis à moi. Je ne les ai pas vus depuis que nous nous sommes quittés, mais ils doivent se porter à merveille, non ?”

Ram : “L’un d’entre eux… Reid est mort, depuis longtemps.”

Shaula : “Sérieusement ?! Il est mort, même si c’était un gars qui était pratiquement increvable ?! Comment est-il mort ? A-t-il mangé quelque chose d’étrange ?”

Ram : “Sa durée de vie. Personne ne peut aller à l’encontre du décret des cieux.”

Shaula : “Durée de vie… Ah, je vois. C’est vrai. Reid était un être humain, n’est-ce pas ?”

Ayant été informée de la mort de sa connaissance, Shaula baissa les yeux en adoptant une attitude solennelle à son égard. Elle semblait quelque peu triste, ayant baissé les épaules, sombrant dans la déprime jusqu’à sa queue de cheval.

Indépendamment de ce qu’elle avait dit et fait jusqu’à présent, sa silhouette pleurant la mort de son ami était neutre, une chose triste.

Alors qu’il reprenait finalement pied, Subaru sentit lui aussi quelque chose frapper à l’intérieur de sa poitrine lorsqu’il regardait le visage de Shaula de côté.

Shaula : “Alors, Volcanica se porte bien ?”

Subaru : “Parce que c’est un Dragon.”

Shaula : “Ahh, un Dragon, hein. Cependant, il aurait été préférable que Volcanica meurt plutôt que Reid~.”

Subaru : “Ces mots semblent être de trop, hey.”

N’ayant montré qu’une simple pointe de tristesse, Shaula retourna rapidement à elle-même. Son visage était devenu clair, alors qu’elle parlait amèrement de son autre connaissance.

Ram ferma l’un de ses yeux, pensive, et dit,

Ram : “Tu te souviens de Reid et de Volcanica… Dans ce cas, tu devrais connaître le nom de ton Maître, pas vrai ?”

Shaula : “――――”

Subaru et les autres retinrent leur souffle en entendant la question de Ram. Seul le visage de Shaula, interrogée, resta vide, répondant par un “Évidemment”.

La question de Ram était en effet très efficace pour percer le mystère du Sage.

Le système “Sage = Shaula” s’était effondré maintenant, donc s’il y avait quelqu’un qui avait accompli les actes requis pour être qualifié de Sage en dehors d’elle, naturellement, ils auraient besoin de rencontrer cet individu.

Shaula avait pris Subaru pour cet individu pour une raison quelconque, mais un nom n’était probablement pas quelque chose qui pouvait être falsifié. Subaru pria pour un miracle afin qu’un Sage portant le nom de Natsuki Subaru ne sorte pas d’ici.

Et, sa prière allait être exaucée――d’une façon étrange qu’il n’aurait jamais pu imaginer.

Shaula : “C’est bizarre que le nom du Maître occupe ton esprit, étant donné qu’il est juste là. Bien que vous soyez tous des compagnons du Maître, vous ne le savez pas ?”

Ram : “Je m’excuse, mais ton Maître s’est cogné la tête sur la cuvette des toilettes et a oublié un tas de choses.”

Subaru : “Est-ce qu’il y a une signification derrière le fait de l’avoir limité aux toilettes ?”

Shaula : “Maître, tu as recommencé… ?”

Subaru : “Recommencé ?!”

Sous le regard compatissant de Shaula, Subaru goûta à l’humiliation qu’il n’aurait pas dû recevoir. Cependant, elle se leva d’un bond comme si elle avait compris cette réponse, et déclara,

Shaula : “Alors vous l’entendrez de moiiii~. Le nom du Maître… C’est vrai, même ce nom est celui du célèbre Grand Sage. Il est certain que le titre de Sage est tout à fait approprié pour le Maître !”

Subaru : “Viens-en au fait !”

Shaula : “Tu es si impatient~. Mais, ça aussi, c’est comme le Maître.”

Shaula afficha un geste de colère qui contenait de l’irritation, mais elle tira la langue avec une moue boudeuse à la demande de Subaru. Puis, elle plaça son doigt sur sa joue, et annonça avec un geste terriblement enfantin,

Shaula : “Flugel.”

Subaru : “…Hein ?”

Shaula : “Le nom du Maître est Flugel. Le Grand Sage Flugel, le Maître de Shaula.”

Tout le visage de Shaula s’illumina d’un sourire et elle gonfla délicieusement sa poitrine au moment où elle prononça ces mots.

Il n’y avait pas l’ombre d’un doute que Shaula y consacrait un profond amour, de la gratitude et un pur respect, et qu’elle avait de la vénération et de l’affection pour Flugel.

Cependant, les réactions de Subaru et des autres variaient concernant ce nom.

En tout cas, il connaissait cette dénomination.

Subaru : “…N’est-ce pas le nom de la personne qui a planté l’arbre ?”

En disant cela, Subaru se tordit le cou en entendant le nom de ce personnage historique dont leurs destins ne s’étaient croisés qu’une seule fois.

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