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Web Novel • Arc 06

03La cellule de la petite fille

??? : “Comment s’est passée votre discussion avec le Maître ?”

Subaru : “On peut dire que ça s’est passé comme d’habitude, et qu’il m’a énervé plus que d’habitude. Tu vois le genre.”

??? : “Eh bien, je comprends ce que vous voulez dire.”

Le groupe de Subaru avait quitté le salon, et Frédérica avait été chargée de les guider vers l’aile est du manoir.

Cette femme au visage effrayant, avec ses beaux et longs cheveux blonds et sa tenue de servante courtoisement portée, avait finalement échangé des salutations polies avec Anastasia et Julius en tant qu’honnête servante du manoir――puis s’était adressée à Subaru, qui s’éloignait découragé.

Frédérica : “Est-ce que Garf a été utile durant votre voyage et dans la ville ? Le fait qu’il soit gravement blessé au point de ne pas pouvoir revenir, même quand je lui ai donné des instructions précises… Je m’inquiète qu’il cause des problèmes à Émilia-sama et aux autres.”

Émilia : “Non, ne t’inquiète pas pour ça. Garfiel a travaillé vraiiiiment dur, après tout. Il se repose avec Otto-kun en ce moment, sans causer de problèmes… Enfin, je ne suis pas sûre pour la partie “sans causer de problèmes”. J’espère que ce n’est pas ce qui se passe. Mais de toute façon, nous leur avons demandé de se reposer.”

Frédérica : “Je m’excuse que mon jeune frère stupide vous ait causé des problèmes.”

Émilia n’avait pas vraiment terminé sa réponse parce qu’elle en doutait à moitié, tandis que Frédérica présentait ses excuses.

Quoi qu’il en soit, le comportement de Garfiel inquiétait Pétra, Ram, Roswaal et Frédérica, mais sa mentalité avait changé d’une manière ou d’une autre pendant l’incident de Pristella――on pourrait dire qu’il avait mûri. Cela ne faisait aucun doute.

Tout d’abord, pour un garçon de quinze ans, la force de Garfiel était déjà exceptionnelle.

Même en considérant l’intensité des combats contre la Chasseuse d’Entrailles et les Huit Bras, il était encore loin de pouvoir se vanter d’être le plus fort. Toutefois, il possédait un niveau de force qui rivalisait non seulement avec celui du camp d’Émilia, mais aussi avec les meilleurs du continent.

Son plus gros problème ? Peut-être sa mentalité immature, encore une fois. Cependant, une fois cette fragilité mentale surmontée, il passerait un cap.

Eh bien, il y avait encore du chemin à parcourir. C’était quelque chose qui ne devait pas être précipité. Devenir progressivement et sûrement plus fort, marcher fermement sur chaque marche de l’escalier avant de passer à l’étape suivante, c’était la façon appropriée pour un jeune homme de quinze ans de mûrir.

Et du surcroît――

Subaru : “Une autre raison explique pourquoi il n’est pas revenu tout de suite cette fois.”

Émilia : “C’est Mimi ?”

Subaru : “Il y a ça aussi, mais…”

Émilia s’était immiscée dans la conversation comme une oreille attentive, et il sourit ironiquement.

Même Émilia, quelqu’un qui ne s’y connaissait pas vraiment dans les relations amoureuses, dans une certaine mesure était curieuse des affaires amoureuses des autres. Elle était très intéressée par la relation de Garfiel et Mimi.

Bien sûr, Garfiel devait ressentir quelque chose pour Mimi, qui avait risqué sa propre vie pour protéger la sienne, et elle ne s’était pas gênée pour proclamer son affection à son égard, avant et après la bataille.

Franchement, aucun homme n’hésiterait à se sentir touché par l’affection d’une fille qu’il ne détestait pas. Subaru également ne faisait pas exception. Il était incapable de dire quoi que ce soit sur ce phénomène, étant donné qu’il était l’un de ceux qui l’avaient déjà expérimenté.

Il devrait attendre de voir comment Garfiel réagirait aux sentiments de Mimi, compte tenu du fait que son affection pour Ram était évidente.

Mais c’était une préoccupation différente de celle que Garfiel avait laissé dans la ville de Pristella.

Frédérica : “――Subaru-sama ? Avez-vous besoin de me demander quelque chose ?”

Subaru : “Non, rien de particulier. Ce ne serait pas approprié pour moi de parler de ce sujet.”

Il avait observé le profil de Frédérica avec un regard profond, et avait été interrogé sur la signification de celui-ci.

En prenant en compte les véritables sentiments de Garfiel, Subaru avait esquivé sa question. À Pristella, Garfiel s’inquiétait pour une famille――une famille aux cheveux dorés et aux yeux verts, des traits qui rappelleraient à n’importe qui Frédérica et Garfiel, qui étaient frère et sœur.

La relation de Garfiel avec cette famille était similaire à sa relation avec Frédérica. Il était certain que cette relation était quelque chose que Garfiel souhaitait communiquer à sa famille, Frédérica et Lewes par lui-même.

Subaru : “Alors je ne dirai rien. Natsuki Subaru va s’en tenir à ça, d’une manière ultra cool.”

Émilia : “Oh, en parlant de Garfiel, à Pristella, il y avait des enfants qui étaient très amis avec lui, et ils étaient…”

Subaru : “Émilia-tan, Émilia tan, tu vas gâcher mon monologue !”

Sa médiation étant sur le point d’être gâchée, Subaru couvrit littéralement la bouche d’Émilia pour l’empêcher de parler. La synergie serait effrayante s’il la laissait en l’état, il décida donc qu’il prendrait le temps de bien expliquer l’essentiel du décor plus tard à Émilia.

Subaru agita la main avec un sourire forcé en direction de Frédérica, dont le visage devenait de plus en plus perplexe.

Julius : “Désolé de vous interrompre alors que vous semblez prendre plaisir à renforcer vos liens, mais… où comptez-vous vous rendre maintenant ?”

Subaru : “Oh, cet endroit est appelé la Salle de Confinement. La personne dont on a parlé tout à l’heure y est.”

Julius : “Hmm, cette personne, hein――je me demande si la conversation va bien se passer.”

Subaru : “Difficile à dire tant qu’on n’essaie pas. En tout cas, je vais au moins essayer de demander pour être sûr.”

Julius avait réagi à l’explication de Subaru en entrant dans une profonde réflexion, affichant un visage complexe alors qu’il suivait ce dernier par derrière.

En réalité, Subaru était également conscient des nombreux problèmes que cette proposition réservait. Néanmoins, si tout se passait bien, ils diminueraient considérablement les risques de leur voyage.

Émilia : “Et puis, cette fille s’est quand même pas mal attachée à Subaru, non ? Ça devrait aller.”

Subaru : “Cette fille est plus attachée à Garfiel qu’à moi. Peut-être qu’elle l’aime davantage parce qu’il est félin… Hm, nous sommes arrivés.”

Alors qu’il répondait aux paroles optimistes d’Émilia avec un sourire crispé, Frédérica s’arrêta de marcher. Subaru et Émilia stoppèrent également leurs mouvements, étant entrés dans un endroit avec une vue et une atmosphère distinctement étrangères au manoir.

La disposition des étages était à peu près identique à celle de l’ancien manoir de Roswaal, mais le sous-sol de l’aile est était le seul endroit qui était totalement différent.

Dans le bâtiment central du manoir, il y avait l’aile principale qui concentrait les installations nécessaires à la vie quotidienne. L’aile ouest contenait des installations polyvalentes, telles que les chambres des domestiques et les chambres des invités. Enfin, il y avait l’aile est, un endroit qui servait d’entrepôt/coffre fort pour l’histoire et l’héritage de l’ancienne lignée des Mathers, tels que les livres.

Toutefois, le seul endroit différent était le sous-sol de l’aile est. La pièce froide en pierre dans le sous-sol de la noble demeure avait un objectif clair.

Anastasia : “Une atmosphère plutôt désagréable flotte dans cet endroit, hein.”

Anastasia renifla avec son nez, complétant son bref commentaire sur l’atmosphère différente.

Son opinion sur l’atmosphère n’avait pas été démentie, il s’agissait donc d’une évaluation claire à laquelle tout le monde adhérait. L’atmosphère qui flottait à ce niveau du manoir ne pouvait être décrite autrement que comme “désagréable”.

Anastasia : “C’est quand même différent du Miasme il me semble, mais mon corps ne se sent pas très bien à cause de ça, c’est certain.”

Julius : “La question de la structure du bâtiment et de la raison d’être de cette installation en premier lieu… Ça n’a peut-être rien à voir, mais je crois que cette structure a été érigée en raison de la présence à l’intérieur.”

En échangeant ces mots, Anastasia et Julius regardèrent les escaliers continus qui descendaient vers le sous-sol du manoir rempli de ténèbres.

La Salle de Confinement avait déjà été portée à leur attention. Tous deux semblaient avoir correctement imaginé le genre de structure qui existait dans le sous-sol. Ou étaient aussi proches de la bonne réponse que possible.

Frédérica : “Bien. Je vais tous vous guider, maintenant. Faites attention à ne pas glisser.”

Sur ces mots, Frédérica leur fit descendre les escaliers. Subaru et les autres suivirent son grand dos, en direction du sous-sol. Le visage de Julius indiquait qu’il s’était préparé à ce qui les attendait.

Les pas qu’ils faisaient en descendant les escaliers de pierre résonnaient très clairement dans tout l’espace où ils se trouvaient. Une brise froide soufflait du sous-sol, faisant légèrement trembler sa frange, ce qui l’énervait de façon incompréhensible.

Frédérica : “Je vais l’ouvrir.”

Après être descendus vers le sous-sol, ils furent bloqués par une porte en fer qui se trouvait juste devant eux. La porte avait de nombreux verrous solides installés dessus. Frédérica en débloqua plusieurs, un par un.

La clé de la porte fit un bruit, les serrures furent défaites, puis la porte s’ouvrit dans un grincement. Au-delà de cette porte, un chemin de pierre s’étendait en avant, et une autre porte se trouvait au fond de cet endroit, à l’arrière.

Frédérica : “La personne que vous cherchez est derrière cette porte.”

Frédérica se décala sur le côté de la porte, leur permettant d’entrer, puis s’inclina. Ils firent des gestes de reconnaissance avec un hochement de menton en réponse, et les quatre personnes se dirigèrent directement vers la porte, Subaru en tête.

――La porte au plus profond du sous-sol n’avait pas de verrou.

Il attrapa la poignée de la porte. S’il la poussait, ils rencontreraient sûrement ce qu’il y avait à l’intérieur.

Après être entré en contact avec la porte, Subaru regarda en arrière avec une respiration nerveuse.

Tout le monde : “――――”

Émilia, Julius, et Anastasia observaient toutes les actions de Subaru. Les trois hochèrent la tête vers Subaru, et il prit une profonde inspiration, puis mit de la force dans la main qui saisissait la poignée.

Et avec un bruit, la porte fut poussée en position ouverte――

??? : “Roaar, roaaar ! Je vaiiiiis~ teeee~ maaaaanger~!”

??? : “Kyaaa~, aidez-moi, nooooon~.”

??? : “Héhéhéhéhé. Personne ne viendra te sauver même si tu cries à l’aide.”

Une fois la porte ouverte, une jolie voix résonna alors que le chemin était baigné de lumière.

De l’autre côté de la porte ouverte, une fille solitaire était visible à l’intérieur de la pièce, une multitude de poupées placées autour d’elle. Son dos faisait face aux autres, tandis qu’elle continuait à jouer avec les poupées dans ses mains.

Elle avait adopté une imitation vocale, bien que l’on ne sache pas exactement ce qu’elle imitait. Néanmoins, elle était plutôt à fond dedans.

??? : “Non, il va venir. Parce qu’il a promis de venir me trouver si j’avais des problèmes. Hmm ?”

Tenant une peluche représentant une petite poupée, l’enfant se leva, ayant soudainement remarqué quelque chose. Regardant timidement en arrière, elle vit Subaru et les autres rester immobiles à l’entrée, abasourdis, puis ouvrit ses grands yeux ronds.

Elle avait des cheveux tressés, bleu clair, et les traits de son visage étaient simples mais charmants.

Subaru : “Quoi de neuf, comment vas-tu ?”

S’adressant à elle, Subaru leva la main, comme si rien ne s’était passé.

??? : “O-onii-san, espèce de crétiiiiiin ! Frappe au moins avant d’entreeeeer !”

Sans surprise, il s’était fait engueuler à la suite de sa petite farce.


Subaru : “Donc ouais, c’est la prisonnière de ce manoir. Meili ici présente va nous conseiller sur les bêtes démoniaques.”

Meili : “J’ai été déshonorée, onii-san m’a blessé… Snif snif…”

Subaru avait présenté la fille déprimée, qui était accroupie dans un coin de la pièce, entourée de peluches――Meili. Julius secoua la tête en plaçant ses doigts entre ses sourcils.

Comme pour réprimander Subaru pour son manque de sérieux, tout en gardant la fillette dans son champ de vision, il déclara :

Julius : “Il est vrai que nous avons commis une erreur en ne demandant pas plus de détails à l’avance… mais de ton côté, ton mauvais caractère ressort de façon flagrante. As-tu vraiment besoin de te livrer à des plaisanteries douteuses à la moindre occasion ?”

Subaru : “Je ne pense pas que ça mérite d’être qualifié de plaisanterie douteuse… Bon, je suis d’accord pour dire que c’est de mauvais goût. De plus, c’était vraiment quelqu’un de dangereux avant, tu sais ?”

Julius semblait avoir des doutes sur les justifications de Subaru. Ignorant ces hommes qui doutaient de tout, Émilia et Anastasia s’alignèrent et s’adressèrent à Meili.

Émilia : “Désolée, Meili. Nous allons gronder Subaru plus tard, alors ne t’inquiète pas.”

Anastasia : “Oh là là, quelle jolie fille, n’est-ce pas ? Avec Béatrice-chan et Pétra-chan, n’est-ce pas tout à fait révélateur des goûts de Natsuki-kun ?”

Subaru : “Hey, n’avance pas des trucs pareils avec autant de sérieux ! Ce n’est pas comme si je les avais collectionnées exprès, d’accord ?! Ce n’est pas moi qui me suis dit “tiens, si je rassemblais des fillettes” !”

Son surnom de “dompteur de fillettes” prenait soudain tout son sens, et il souhaitait qu’elle ne dise pas des choses aussi effrayantes.

Quoi qu’il en soit, Meili, désormais complètement boudeuse, refusait d’écouter quoi que ce soit de ce que disaient Émilia et les autres. Sur ce point, le contraste était frappant : malgré tout, elle restait profondément guidée par une sensibilité très enfantine.

Subaru : “Meili.”

Meili : “Je ne t’entends pas.”

Subaru : “Meili, allez.”

Meili : “Je m’en fiche.”

Telle était la situation. Face à une attitude aussi fermée, impossible de la faire écouter raison, une vraie épine dans le pied.

Ainsi, Subaru décida de se dépêcher et de sortir le dernier recours aussi vite que possible. Subaru passa la main dans son dos, puis montra à Meili l’atout qu’il avait dans sa manche.

Subaru : “Regarde Meili. C’est un cadeau, prends-le. C’est une nouvelle peluche, Darepanda.”

(Note de Traduction : C’est une référence à Tarepanda, signifiant “panda paresseux”. Pour plus d’informations, cliquez ici.)

Meili : “――! Wow ! C’est mignoooon !”

Subaru avait offert à Meili cette peluche, qu’il avait fabriquée durant le voyage retour en carrosse depuis la ville de Pristella.

Après avoir amélioré ses compétences en matière de travaux domestiques l’année précédente, Natsuki Subaru avait doublé ses compétences en couture. Il pouvait maintenant produire des peluches, et s’il le souhaitait, il pouvait peut-être même créer des vêtements pour femmes.

Quoi qu’il en soit, cette nouvelle peluche était un travail innovant, qui avait fusionné le thème du panda avec un style “paresseux à cause de la chaleur”. Il avait plus ou moins l’impression d’avoir déjà vu quelque chose de similaire auparavant, mais puisque c’était quelque chose d’au-delà de ce monde, ce n’était pas un gros problème, alors peu importait.

Ainsi, il présenta la nouvelle création qui avait ceci et cela comme spécificité, et Meili l’accepta avec des yeux brillants.

Meili : “C’est mignon ! C’est un nouvel animal ! Je me demande comment je dois l’appeler… C’est bon, j’ai trouvé ! Je vais l’appeler Gros Panda !”

Subaru : “Je vois que tu l’as appelé comme il est littéralement.”

En mettant de côté son sens des noms, elle était extrêmement douée pour comprendre l’essence des choses.

Serrant le panda rembourré d’une manière affectueuse, elle observa Subaru et les autres avec un visage qui indiquait que son humeur avait été améliorée.

Meili : “Au fait, bon retour parmi nous, onii-san, onee-san. On dirait que vous avez été absents pendant un certain temps, hein. Vous avez manqué à Pétra-chan, vous savez ?”

Subaru : “Nous sommes partis pendant un mois entier, après tout. Et nous allons être absents pendant un certain temps encore, alors je ne veux pas trop penser à la façon dont ça va probablement mettre en colère Pétra, mais…”

Meili : “Pétra-chan aime onii-san, après tout… Hm, de nouvelles personnes ?”

Alors qu’elle rangeait ses peluches éparpillées sur des étagères, Meili remarqua soudain Julius et Anastasia, ce qui se lisait sur son visage. Julius fut surpris par ce changement de comportement, mais Anastasia se contenta d’hocher la tête d’un air posé.

Anastasia : “Comparé à Mimi, c’est comme si le sentiment d’être manipulé n’était que la surface.”

Julius : “…Maintenant que vous le dites, je suis d’accord. Remercions Mimi.”

Le maître et le serviteur affichaient une étrange scène de consentement, et après cela, les yeux de Julius se mirent à parcourir rapidement la pièce. Après avoir jeté un bref coup d’oeil à cet espace souterrain,

Julius : “Néanmoins, j’avais supposé que ce serait un environnement rude après avoir entendu qu’il s’agissait d’une Salle de Confinement… Mais contrairement à mes attentes, il semblerait que ce soit un endroit paisible où passer du temps.”

Émilia : “La personne qui se trouve ici est une petite fille, donc ce n’est pas comme si nous voulions la tourmenter… Mais, elle ne peut pas sortir non plus, donc c’est compliqué.”

Émilia baissa les sourcils, le visage complexe.

Comme elle l’avait dit, la Salle de Confinement――ou plutôt l’espace de vie de Meili, pour dire les choses crûment, dégageait une impression très clémente pour un lieu d’incarcération.

La pièce paraissait froide à cause de l’allée en pierre, mais des papiers peints et des tapis colorés décoraient la chambre de la jeune fille, et elle était libre de faire ce qu’elle voulait sans être retenue. Sur les étagères, il y avait d’innombrables jouets rembourrés qui avaient été fabriqués par les mains de Subaru, ainsi que de nombreux livres et équipements de jeu.

Elle recevait de la nourriture, et elle pouvait se baigner ou aller aux toilettes sans aucun problème. En bref, c’était un endroit où un Hikikomori pouvait vivre en paix. C’était si confortable que même Subaru voulait y être confiné. Cependant――

Julius : “On dirait qu’il y a un air particulier, semblable au Miasme, qui fuit sans cesse.”

Anastasia : “Il semblerait aussi qu’il provienne de cette fille… c’est ça ?”

En réponse au regard d’Anastasia et des autres, Meili hocha la tête avec un sourire sur le visage.

Elle avait un sourire honnête, mais quelque chose émanait de cette fille, si épouvantable et dégoûtant qu’il ne pouvait être caché. C’était la raison principale pour laquelle Meili avait été confinée ici, et n’avait pas été libérée.

Subaru : “J’en ai parlé dans le carrosse draconique, mais cette fille s’en est prise à Émilia et à nous autres auparavant… Hmmm, donc elle est comme une tueuse à gages. Je suppose qu’on peut le dire comme ça, non ?”

Julius : “Je pense que c’est déjà mauvais à ce stade, mais s’il te plaît, continue.”

Subaru : “J’ai l’impression que tu sous-entends quelque chose… En tout cas, c’est une tueuse professionnelle. Donc, pour ce qui est de ce que le petit corps de Meili peut réaliser, en bref, elle peut manipuler les bêtes démoniaques. C’est une dresseuse de bêtes démoniaques.”

Meili : “Ouaip, moi et les méchants animaux on s’entend pluuuutôt bien.”

Meili avait déclaré cela avec un “Ahem” en se gonflant de fierté, mais le contenu de ses paroles était choquant.

Les bêtes démoniaques étaient des menaces dangereuses pour l’humanité et n’avaient jamais été amicales envers les humains. Il semblait y avoir une exception, un arrangement selon lequel les bêtes démoniaques obéiraient à la personne qui avait cassé leur corne, mais――

Subaru : “Dans le cas de Meili, la présence de la corne n’est pas pertinente. Je ne suis pas très versé avec cette théorie, donc même si je l’expliquais, vous ne comprendriez pas.”

Meili : “D’après ce que Mama a dit, je joue le même rôle que la corne d’une bête démoniaque. Donc, je peux être amie avec les bêtes démoniaques.”

Remplir le rôle d’une corne de bête démoniaque――la signification derrière cela était obscure.

Ceci étant dit, il n’y avait jamais eu de recherche sur la biologie des bêtes démoniaques. Bien sûr, il existait des individus qui chassaient les bêtes démoniaques pour gagner leur vie, mais même s’ils détenaient des informations sur leurs caractéristiques, ils ne les considéraient probablement pas d’un point de vue de la recherche.

Émilia : “Au départ, Meili est venu nous attaquer avec une autre personne. Garfiel a vaincu cette personne, et cette fille a été capturée. Depuis, nous la gardons cachée ici, au manoir.”

Anastasia : “Et pourquoi avoir fait ça ? Si c’était une ennemie, l’éliminer sur-le-champ aurait été plus simple… enfin, non, j’imagine que face à une si petite fille, ça aurait été impossible.”

Émilia : “…Nous ne pouvons pas envisager de la tuer. Mais en même temps, nous ne pouvons pas la relâcher non plus. Parce que, d’après ce qu’elle dit, si on la libère…”

Meili : “Mama sera en colère contre moi. Elsa est morte, et j’ai échoué, alors elle me tuera certainement si elle me trouve. Donc, rester ici est l’option la plus sûre.”

Meili avait répondu d’un ton calme, mais son expression s’était assombrie.

Meili avait perdu Elsa, avec qui elle travaillait, et échoué dans sa mission. Elle se trouvait dans une situation où leur protecteur, sans doute une figure comparable à un chef d’assassins, ne pardonnerait jamais un tel échec.

La bannir signifierait qu’elle recevrait une punition――ce serait ses affaires personnelles, et même si Subaru et les autres n’étaient pas du tout concernés,

Subaru : “Ça me donnerait forcément de sales cauchemars, c’est clair.”

Julius : “Ce genre de raisonnement n’est pas nouveau chez toi ni chez Émilia-sama. Et quoi que nous disions, nous ne restons que des observateurs extérieurs ; insister serait déplacé. … À propos, cette “Mama”, qui est-elle exactement ?”

Subaru : “Nous ne le savons pas. Toute autre chose que le nom de cette mère, Mama, relève de l’inconnu. D’après ce que Meili a dit, elle ne sait même pas à quoi ressemble son visage. Quel genre d’environnement familial est-ce là ?”

Mais, compte tenu de l’activité de tueur professionnel, peut-être que ce mode de vie sinistre était inévitable. Il semblait difficile de savoir qui était cette mère sur la base du contenu des déclarations de Meili, alors ils ne pouvaient pas se débarrasser de l’anxiété concernant l’avenir.

Subaru : “Ce bâtard de Roswaal était également inutile après la mort d’Elsa, puisqu’il n’y avait personne comme intermédiaire.”

Julius : “Tu as dit quelque chose ?”

Subaru : “Je me parlais à moi-même.”

L’incident de l’Insigne qui s’était produit le tout premier jour, le jour où Subaru avait été invoqué dans la Capitale Royale, avait été orchestré par Roswaal. Bien sûr, Elsa, qui avait tenté de faucher la vie d’Émilia, était aussi celle qu’il avait chargée de cette tâche. Au vu du déroulement des événements liés à cette demande, il aurait dû être facile de tirer cette conclusion.

Cependant, l’intermédiaire de cette ligne de communication avait péri d’une manière ou d’une autre, et ils étaient incapables de contacter cette personne. Si l’on se fiait aux paroles de Roswaal, l’attaque subséquente d’Elsa et de Meili n’avait aucun rapport avec ses intentions――c’est là que cette Mère ou autre était devenue une préoccupation.

(Note de Traduction : Elsa a bien été mandatée par Roswaal pour agir durant l’Arc 4, alors que Meili ne l’a pas été. C’est le grand mystère ici.)

Subaru : “De toute façon, c’est notre rapport avec Meili. Cette fille est ici par nécessité. Il ne s’agit pas de la gâter, du moins pour l’instant.”

Meili : “Vu comme ça, Subaru et tout le monde sont un peu trop gentils.”

Subaru : “En ce qui concerne ce point, ce sont nos vertus rêveuses qui prennent le dessus !”

Après tout, c’était douloureux de voir cette petite et jeune fille confinée dans un sous-sol froid. Ce n’était pas quelque chose qu’ils pouvaient simplement décider d’oublier, et s’ils essayaient d’en faire abstraction, ils finiraient par faire de mauvais rêves.

Alors, puisqu’il n’y avait pas de rancune particulière, autant faire en sorte qu’elle puisse passer ses journées le plus agréablement possible.

Anastasia : “…Logiquement parlant, tu devrais quand même lui en vouloir, non ?”

Subaru : “…Je devrais ?”

Anastasia : “Enfin, tu disais bien que c’était quelqu’un qui a essayé de vous tuer. Dans ce cas…”

Subaru : “C’est vrai que la méchanceté gratuite existe, et qu’un acte mauvais reste mauvais, peu importe l’âge.”

En réponse à la question d’Anastasia, Subaru se mit à réfléchir en se grattant la joue. Lorsqu’il jeta un coup d’œil à Meili sur le côté, Subaru remarqua qu’elle le regardait avec des émotions indéchiffrables dans les yeux.

Il ne cherchait pas spécialement à ménager ses sentiments, mais il exprima malgré tout ce qu’il pensait sincèrement.

Subaru : “S’il y a quelqu’un qui a ordonné à une personne dépourvue de discernement de commettre des crimes, alors je pense que le vrai responsable, c’est celui qui a donné l’ordre. Et quand il s’agit d’un enfant, c’est encore plus vrai. Après, si quelqu’un a la capacité de réfléchir par lui-même et choisit quand même d’agir ainsi, là, c’est une autre histoire. Mais le “œil pour œil” du code d’Hammurabi, ça ne mène qu’à des pertes, au final.”

(Note de Traduction : Référence à la Loi du talion. Plus d’informations ici.)

Anastasia : “C’est bien beau, tout ça. Mais tu crois vraiment que ceux qu’elle a tués jusqu’ici seraient satisfaits par ce raisonnement ?”

Subaru : “Non, je ne le crois pas. Et s’ils veulent se venger de Meili, c’est leur droit. Moi non plus, si quelqu’un était mort dans mon entourage, je ne dirais probablement pas aussi facilement que je lui pardonne.”

En fin de compte, les opinions et les pensées de Subaru changeaient en fonction des premières impressions.

Si on lui disait qu’il n’était pas bien dans sa tête ou qu’il était dominé par ses émotions, alors qu’il en soit ainsi. En fait, c’était probablement vrai.

Subaru : “Quand j’étais enfant, mes parents et d’autres adultes prenaient la responsabilité de mes actes. Alors, j’ai pensé que si les enfants près de moi faisaient quelque chose dont ils ne pouvaient pas assumer la responsabilité, pourquoi je ne l’assumerais pas à leur place ? C’est tout.”

Anastasia : “…Une opinion précieuse, merci.”

Anastasia avait coupé les mots de Subaru, comme si elle avait perdu tout intérêt à mi-chemin.

Bien sûr, il sentait que c’était une réaction ordinaire, donc ses sentiments n’avaient pas été blessés. Dans une organisation où le jugement propre n’était pas pris en considération, tout crime était considéré comme un crime, quel que soit l’âge.

Une période de grâce, cependant, avait été accordée parce que ce camp était indulgent. Subaru ne détestait pas cette atmosphère et cet environnement.

Julius : “Je…”

Subaru : “――Hm ?”

Julius : “Je crois que ce que dit Subaru a du sens.”

Subaru : “…Merci.”

Il ne s’attendait pas à des réactions tout à fait positives, mais des mots comme ceux-là s’apparentaient à un salut pour lui.

Se tournant ensuite vers Meili, qui avait été oubliée alors que la conversation portait sur elle, Subaru aligna son regard sur le sien.

Subaru : “J’ai besoin de ton aide pour quelque chose. Tu veux bien donner du tien ?”

Meili : “…D’aaaaccord. Je vais donner du mien onii-san.”

Meili acquiesça silencieusement à la demande de Subaru.

Subaru, ni personne d’autre, ne souligna qu’ils avaient l’impression d’assister à de légères larmes de la part de la fille qui avait caché son visage dans le panda serré contre elle.


Meili : “Je ne suis allée que deux fois dans les Dunes de Sable d’Augria.”

Les explications de Subaru et des autres prirent fin, et Meili prononça ces mots en tripotant ses cheveux tressés. Elle ferma les yeux comme pour se replonger dans ses souvenirs avant de reprendre,

Meili : “Je m’y suis rendue pour renflouer les bêtes démoniaques sous mon contrôle. Il y a beaucoup de bêtes démoniaques là-bas, donc beaucoup de progrès ont été faits, mais…”

Subaru : “Mais ?”

Meili : “Onii-san, tu vas vraiment y aller ? Tout le monde à part moi mourrait probablement, tu sais…”

Leurs actions étaient considérées comme téméraires, aux yeux de cette fille dépourvue de morale. L’opinion de la dresseuse de bêtes avait un certain poids par rapport à ce qu’ils voulaient faire.

Subaru : “J’aimerais vraiment utiliser l’expertise de ceux qui ont de l’expérience comme référence, mais l’idée que nous allons mourir si nous y allons a déjà été beaucoup évoquée, donc c’est un peu tard pour ça. De plus, si c’est juste semblable à un labyrinthe dans le désert, alors nous avons des préparatifs pour en sortir.”

Anastasia : “Oui, ça me concerne.”

Anastasia agita la main, soulignant son rôle de guide.

Cependant, éviter de se perdre sur le chemin dans cette entreprise de conquête du désert pour se rendre à la Tour de Guet ne valait que trente points――l’échec serait inévitable avec ce score. Ou plutôt, tant qu’ils resteraient incapables de trouver une réponse digne d’un score parfait, ils auraient probablement du mal à s’en sortir vivants.

Les trois problèmes étaient le Labyrinthe Désertique, le Repaire des bêtes démoniaques et l’Œil du Sage.

Le Labyrinthe Désertique s’arrangerait avec Anastasia étant Eridna, et quant au contre pour le Repaire des bêtes démoniaques, ils voulaient préparer une mesure à cet égard.

C’est pourquoi il souhaitait entendre plus de détails de la part de Meili, mais――

Subaru : “Comment dire… Tu ne connais pas un moyen d’éviter les bêtes démoniaques ? Ou au contraire, des moyens de les attirer loin de nous ?”

Meili : “Onii-san, si tu cours tout seul, il y en a beaucoup qui vont te pourchasser, tu sais ?”

Subaru : “J’ai déjà fait ça plusieurs fois et ce furent des expériences douloureuses.”

C’était arrivé une fois un an plus tôt au manoir, et une autre fois un peu plus tard auprès de la Baleine dans la plaine. Il sentait qu’il était temps d’arrêter ça.

Bien sûr, il n’était pas réticent à le faire s’il n’y avait pas d’autre mesure à prendre, mais Subaru voulait éviter d’être le seul laissé pour compte au milieu du désert.

Meili : “Si onii-san ne veut pas le faire, alors peut-être que vous pourriez préparer beaucoup de leurres. Toutes les bêtes démoniaques préfèrent les êtres vivants à la nourriture normale, alors peut-être quelque chose comme ça.”

Émilia : “C’est définitivement un non ! Je suis contre ! Je suis contre !”

Subaru : “Tu n’as pas besoin d’être en désaccord de façon aussi frénétique. Personne ne sera choisi, donc tout va bien.”

Ceci étant dit, aucune opinion utile ne semblait se démarquer.

Ou du moins, concernant la biologie des bêtes démoniaques, avec Meili, quelqu’un qui était meilleur que quiconque pour les gérer, et qui était incapable de proposer un plan efficace, ils étaient impuissants.

Subaru : “Oui, je suppose que nous allons devoir combattre les bêtes démoniaques qui nous attaquent une par une. Nous allons attendre beaucoup d’Émilia-tan et de Julius.”

Julius : “Je m’interroge sur ton auto-évaluation, vu que tu n’y figure pas… Mais tu crois que c’est possible ?”

Julius avait réagi à la proposition de Subaru en interrogeant Meili sur sa faisabilité. En entendant cela, Meili regarda tour à tour Émilia et Julius, et,

Meili : “Probablement pas. Est-ce qu’onee-san peut utiliser la magie pendant environ une semaine sans repos ?”

Subaru : “Tu veux qu’on fasse quelque chose comme un combat final dans une tranchée ?!”

Émilia : “J-je vais essayer… ?”

Subaru : “Tu n’as pas à le faire ! C’est le déroulement d’une conversation déraisonnable ! Les cheveux et la peau d’Émilia-tan vont se dessécher, alors ne le faisons pas ! D’accord, rejeté !”

Le plan visant à passer en force comportait déjà quelques détails déraisonnables.

La part de ce scénario que Meili avait réellement vue était inconnue, mais s’il n’y avait pas d’exagération puérile dans ses déclarations, alors ils ne pourraient jamais exécuter le déraisonnable.

Émilia : “Pourquoi ne pas étaler du sang de bêtes démoniaques sur le carrosse draconique et tromper l’odorat des autres bêtes ?”

Subaru : “Non, les dragons terrestres ne seront pas en mesure de les tromper et il est possible que les bêtes démoniaques ne se regroupent pas. Quelque chose comme engager des gardes… Pourquoi ne pas engager une grande armée pour ça, un peu comme ce qui a été fait pour la Baleine Blanche ?”

Julius : “Ce ne sera pas possible non plus. Ça a déjà été réalisé par d’autres personnes qui ont défié la Tour de Guet des Pléiades. Même si ce n’était pas aussi grand qu’une armée, c’était quand même un grand groupe. Libre à toi de deviner le résultat. Pourquoi ne pas briser la corne d’une puissante bête démoniaque et l’utiliser pour repousser les autres bêtes ?”

Subaru : “Si elle n’est pas aussi impressionnante que la Baleine, alors nous serons submergés par leur nombre. Ce serait bien si on pouvait les éviter simplement, en utilisant par exemple un spray anti-insectes.”

L’odeur de Subaru――ou plutôt, l’odeur persistante de la Sorcière, était un spray qui attirait les insectes vers lui, donc il était inutile.

Roswaal était le responsable de la gestion constante de la barrière qui séparait le village d’Arlam de l’habitat des bêtes démoniaques. Quelque chose comme créer une barrière autour des individus, une barrière qui se déplacerait avec eux――ce genre de chose ne semblait pas possible.

Subaru : “Peut-être que Roswaal devrait nous soutenir et attaquer depuis le ciel.”

Julius : “Si nous pouvions passer devant l’Oeil du Sage, ça aurait pu être une option.”

Subaru : “Ahh, bon sang, c’est vrai. On doit aussi prendre en compte le Sage.”

Son point de vue irréaliste était démenti par un point de vue réaliste.

Même s’ils pouvaient échapper aux bêtes démoniaques et au désert, il fallait encore s’inquiéter du Sage. Puisque personne n’avait pu échapper à cet individu, c’était honnêtement la seule chose qu’ils ne savaient pas du tout comment gérer.

Subaru : “Si nous pouvions au moins nous limiter à un seul problème…”

Meili : “――Zuuuut, je crois que je n’ai pas le choix.”

Subaru : “Oh ?”

Subaru et les autres s’étaient assis en cercle dans la pièce, se donnant des maux de tête à force de réfléchir à la façon de résoudre cette énigme, et puis, finalement, Meili parla. Elle se leva, secouant sa petite tête vers Subaru et les autres.

Meili : “Je peux vous accompagner. Si je suis là, les bêtes démoniaques ne se soucieront pas de ce que vous faites. Vous serez libres de vous éloigner d’elles, d’en faire des animaux de compagnie, de les faire s’entretuer ou de leur faire manger la personne du Sage.”

Subaru : “Nous ne ferons pas la deuxième partie ! En tout cas…”

Il avait ouvert de grands yeux face à cette remarque assez extrême, mais la proposition le choqua encore plus.

Non seulement Meili se montrait coopérative, mais elle était prête à sortir par elle-même, une opinion qu’il n’aurait jamais imaginé sortir de sa bouche.

Subaru : “Tu n’as pas peur de sortir ? Est-ce que ça va ?”

Meili : “Ce n’est pas comme si Mama allait me trouver juste après avoir quitté le manoir, tu sais ? J’ai peur d’être retrouvée, mais je ne peux pas rester ici toute ma vie.”

Il était surpris que Meili soit consciente du fait que, tôt ou tard, elle devrait partir.

Mais, c’était peut-être naturel. Il s’était relayé pour la surveiller dès que l’occasion se présentait, mais même dans ce cas, le temps que la jeune fille passait seule dans sa chambre était bien plus important. Elle avait certainement eu suffisamment de temps pour réfléchir, au point que le silence devenait effrayant.

Être confiné dans une pièce, seul, était à la fois relaxant et terrifiant. Et même si ces sensations provoquaient chez elle une léthargie, un jour, son cœur serait soudainement torturé.

Émilia : “Subaru…”

Et alors que Subaru éprouvait une sympathie inhabituelle pour le cœur de Meili, Émilia tira doucement sur sa manche. Subaru savait ce qu’elle pensait, et il était également d’accord avec elle.

Subaru : “Ce n’est pas seulement une promenade amusante à l’extérieur. Nous avons un guide, nous allons traverser le désert, et même si tu es là, nous devrons passer par le Repaire des bêtes démoniaques. Pour ne rien arranger, un effrayant Sage pourrait aussi être à l’affût.”

Meili : “N’est-ce pas agréable de faire une promenade après un certain temps ?”

Avec ces mots optimistes, Meili répondit à Subaru. Il ne savait pas à quel point c’était du bluff, et de même, il ne savait pas non plus à quel point elle disait la vérité, mais――

Émilia : “Elle est la carte maîtresse des bêtes démoniaques, pas vrai ?”

Subaru : “Ahh, ouais c’est vrai. Nous comptons sur toi, Meili.”

Meili : “Je ferai de mon mieux même si vous ne le faites pas.”

Émilia et Subaru s’échangèrent un regard, puis firent un signe de tête en direction de Meili. La jeune fille, destinataire de leurs paroles, parlait comme si elle allait se surpasser, et serra le panda très fort dans ses bras.

Et ainsi, ceci devint un seul pas en avant vers l’accomplissement de leur voyage, ce à quoi Julius croisa les bras, quelques mots s’échappant de son visage admiratif du résultat dont il venait d’être témoin.

Julius : “J’aimerais sincèrement ne pas prononcer ces mots, mais persuader les petites filles est vraiment l’un de tes points forts… Même si je ne crois pas que ce soit une capacité pour laquelle il faille être réputé.”

Subaru : “C’est parce que tu me traites régulièrement comme un dompteur de fillettes ! Je te ferai savoir que Meili n’est pas aussi petite qu’une petite fille ! Ce n’est pas une petite fille !”

Subaru pointa du doigt l’entrée de la pièce, frustré, en réponse aux paroles inutiles de Julius. Au même instant, la porte s’ouvrit et une personne apparut de l’autre côté de celle-ci,

??? : “――Je me demandais ce qui était si bruyant, pour découvrir que c’était juste Subaru qui faisait à nouveau du raffut, je suppose.”

Après avoir terminé sa conversation privée avec Roswaal, une autre petite fille les avait rejoints. Un nouveau brouhaha se produisit, mais c’était un incident à mettre de côté comme quelque chose qui ne valait pas la peine d’être évoqué, donc cela restera ainsi.

Artiste du fan-art : みかみ

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