65 — Le regret de Liliana Masquerade

Yay, c’est Liliana, en direct de la scène !
Ouioui, nous sommes actuellement dans la partie nord de la ville de Pristella ! Nous nous engageons dans une bataille pour capturer l’une des tours de contrôle――!
Les quatre tours de contrôle ont été capturées par le Culte de la Sorcière ! Afin de reprendre les tours, les plus compétents de la ville ont entrepris de relever le défi de s’emparer des quatre tours simultanément !
Parmi ces guerriers qui ne pâlissaient pas le moins du monde, pour une raison ou une autre, une simple musicienne mignonne comme moi s’était jointe à la bataille, c’était vraiment inattendu ! Cependant, la retraite ne pouvait même pas être envisagée !
Bien, à présent, voici le visage fou qui va participer à cette opération aux côtés de Liliana Masquerade――!!
Priscilla : “Ce visage est déjà à la limite de l’écœurant. Présente ton cou devant moi. Une fois la tête tranchée, ce crâne servira de chandelier.”
Très bien, nous y sooommes~ ! Des mots sans pitié et des tactiques vicieuses ! Mais si c’est réalisé, ce sera terminé pour nous aussi ! Je vais mourir, alors ayez pitié !
De la lumière dansait dans ces yeux minces et cramoisis, la silhouette ressemblait à une flamme se retournant ! Même ce personnage difficile était semblable à la forme changeante d’une flamme, manifestement dangereuse au toucher !
Brandissant l’Épée Yang dans une seule main, c’était la championne de notre attaque et de notre défense ! Priscilla Bariel-sama !
Priscilla-sama traversa la voie navigable enflammée, d’un seul souffle, en brandissant l’Épée Yang éblouissante ! Ondulation ! Onduonduondulation !
Impact ! Rayonnement ! Son ! Celui qui le reçut fut graaaandement~ projeté en arrière !
Mais ! Il reprit son équilibre ! Et puis il fixa du regard Priscilla-sama !
??? : “Aah, aah, aaaaaaaaaah ! Vraiment, vraiment, vraiment ! Pourquoi est-ce que celle-ci et celle-là et tout le monde sont tous regroupés et viennent ensemble ?! Voulez-vous m’empêcher de rencontrer cette personne ?! Agonisant, agonisant, comme j’agonise ! Ce chagrin d’amour me déchire la poitrine ! Ces sentiments violents font trembler mon cœur ! Une telle tristesse ne peut être contenue――!”
Ce qui était apparu était――! Une folle furieuse qui sanglotait, enveloppée de bandages, et qui pleurait à chaudes larmes !
Un visage couvert de bandages blancs qui s’enroulaient et s’enroulaient et s’enroulaient et s’enroulaient pour couvrir les yeux ! Un corps entièrement recouvert d’un manteau ! En toute honnêteté, il était impossible de distinguer son sexe, mais d’après la voix, il s’agissait probablement d’une femme ! Avec ce style de vêtements qui trahissait l’identité de la femme, elle balança, avec des pensées dangereuses, des chaînes qui s’enroulaient en boucle autour de ses bras !
Moi et tous les autres avions déjà perdu le fil de ce que disait cette personne, l’Archevêque du Péché représentant la Colère, Sirius Romanée-Conti ! Qui s’était présentée à l’instant même !
Le visage couvert de la folle Sirius débordait de larmes ! Ces larmes étaient comme enflammées, permettant à des langues de flammes de flotter dans la cour sous la tour de contrôle ! Une telle connexion ! C’était inexplicable !
Et pour couronner le tout, il y avait la présence d’une flamme blanche dans la voie navigable, et des personnes, des personnes, des personnes se pressaient à l’extérieur ! La majorité des individus qui auraient dû se cacher dans les abris de la partie nord de la ville avaient fait le déplacement, se précipitant pour assister à cette bataille――sapristi ! Parce qu’en ce moment même, tout le monde s’effondrait sur le sol et sanglotait ! Comme cette folle, Sirius ! C’était le pouvoir de la Colère, qui avait semé le chaos dans toute la ville――!
Dans les yeux de tous ceux qui sanglotaient et hurlaient, il n’y avait aucune trace de conscience ! S’il fallait dire qu’ils avaient été empoisonnés par l’émotion, intoxiqués par l’émotion, manipulés par l’émotion ou tourmentés par l’émotion comme des jouets, c’était quelque chose comme ça ! C’était incroyablement clair, limpide, cristallin ce qui se passerait si ils étaient laissés à eux-mêmes, alors essayer un peu plus fort ici serait une bonne chose, non ?!
Liliana : “Eek, eeep… Très bien, c’est une scène qui ne se présente qu’une seule fois dans une vie !”
Au sommet d’une haute plate-forme ! De là-haut, j’observai ce qui brûlait sous cette scène, le public qui sanglotait encore et les acteurs qui produisaient des étincelles comme s’ils étaient devenus fous, et de nouveau j’élevai et élevai ma voix sur la scène.
En toute honnêteté, parce que j’avais quitté la proximité du sentiment très puissant de Priscilla-sama, à l’instant, ma poitrine avait été transpercée à l’infini comme si elle était attaquée par le chagrin, la déprime et la solitude, mais ne croyez pas que j’arrêterais mes pas, que je lisserais mes doigts ou que je perdrais mon souffle face aux flammes brûlantes pour ce genre de raison !
Être contraint de ressentir quelque chose comme l’agonie se produisait tout le temps lorsque l’on était exposé à de telles chansons, alors je n’allais pas me décourager si les vagues étaient un peu hautes.
En dernier lieu, mais non des moindres, j’aimerais présenter à chacune de ces personnes le dernier membre de ce groupe de cinglés, celle qui jouait un rôle de premier plaaaan~ !
Liliana : “Venez, venez, rassemblez-vous, tous ceux qui sont loin, écoutez bien ! Tous ceux qui sont proches, assurez-vous d’observer la danse ! Pour tous ceux qui sont encore plus loin, je serai encore plus bruyante, alors écoutez !! Liliana Masquerade est ici pour chanter, danser et jouer pour vous ! Alors écoutez bien ! ――Le Ciel qui Transcende la Lumière de l’Aube !!”
En mettant une force délicate mais audacieuse dans les doigts qui jouaient de la Lyulyre, en ouvrant la gorge pour atteindre le plus loin possible, pour que les échos se répercutent tout près, en empruntant au monde des sons et des rythmes, je commençai à jouer――!
Mais bien avant ça ! Revenons en arrière, ne serait-ce qu’une fraction de seconde, pour nous remémorer comment cette situation avait vu le jour !
Liliana : “Alors, alorsalorsalorsalors, Priscilla-sama ! Euh, est-ce vraiment acceptable ?”
Priscilla : “À quoi fais-tu référence ?”
Comme d’habitude, les pas de Priscilla-sama ne ralentissaient pas le moins du monde.
Poursuivant cette silhouette, je m’empressai de l’interpeller. Noooon~, c’est vraiiiii~. Bien qu’il soit évident que l’étape suivante était d’affronter un Archevêque du Péché, la seule personne qui avait été amenée à ses côtés était en fait moi !
En était-il ainsi ? Au début du début du début, ce n’était pas ce que j’avais prévu.
Après la troisième diffusion du Culte de la Sorcière, Natsuki Subaru-sama avait fait une, comment le décrire, pas ferme, mais laissant des empreintes dans le cœur, enfin, en tout cas, une diffusion avec ce genre de sentiment. Et nous nous étions regroupés avec ceux de l’Hôtel de Ville !
Là-bas, on m’avait dit que la situation de Kiritaka-san était incertaine, et quelque chose qui ressemblait à de l’inquiétude s’était formé dans mon cœur, mais quelque chose d’encore plus choquant avait été révélé à ce moment-là !
Après tout, la Luxure n’était pas le seul Archevêque du Péché à s’être rendu à Pristella. Un seul Archevêque du Péché aurait suffi à provoquer un désastre, et il y en avait en fait quatre ! Et les quatre occupaient chacun une tour, c’était déjà assez étrange.
Qui avait répandu la nouvelle que le Culte de la Sorcière était un groupe de déviants sans commandant et incapable de fonctionner en tant que groupe ? N’était-ce pas là un parfait exemple de travail d’équipe ? Et n’était-ce pas le résultat de ce travail ?
La seule partie pertinente était-elle celle qui disait qu’ils étaient des déviants ? Ce n’était pas possiiiible~, c’était tout simplement effrayant――!
Maismais, de notre côté, se trouvaient les candidates de la Sélection Royale !
Bien que certaines des personnes de valeur présentes aient été blessées lors d’une bataille antérieure, aux yeux de ceux qui prévoyaient de reprendre la ville, il n’y avait pas d’ombre au tableau ! C’est pourquoi il ne restait plus qu’à envoyer toutes ces personnes pleines d’énergie sur le terrain.
Priscilla : “――Avec ma personne, et la chanteuse également, il n’y a rien à craindre.”
Soudainementsoudaineemnt, alors que je m’étais abandonnée à l’inspiration du requiem de Kiritaka-san, j’avais entendu parler de moi par Priscilla-sama !
N’était-ce pas pour m’amener au milieu de la bataille contre l’Archevêque du Péché de la Colère ?
Nonnon, je lui avais courageusement demandé d’y réfléchir, en lui disant ce serait très déraisonnable――mais avec une attitude glaciale, comme si elle avait oublié les heures que nous venions de passer ensemble, Priscilla-sama m’avait poignardé et poignardé avec des mots provocateurs.
Recevoir des mots dans une telle mesure, comment était-ce possible, je n’étais qu’une femme. Une barde.
De plus, il n’était pas question de se dérober, puisqu’on nous avait dit que c’était cette Colère qui avait semé la discorde dans la ville.
À l’origine, Priscilla-sama m’avait demandé d’utiliser le dispositif magique de l’Hôtel de Ville afin de diffuser ma chanson à tous les habitants de la ville. Mais comme cet objectif avait été supplanté par le discours de Subaru-sama, mon tour de monter sur scène avait été annulé, et j’avais été laissée avec un sentiment de défaite…
S’il y avait une autre chance d’affronter la Colère, ce serait l’occasion parfaite de se battre une fois de plus. Il s’agissait plutôt de la réouverture d’une guerre qui s’était terminée sans bataille, une bataille vengeresse dont l’adversaire n’était pas conscient.
Une telle chose ne suffirait-elle pas à enflammer quelqu’un ?
Liliana : “Excellent ! Cette femme, Liliana ! Sur la scène, sous les ordres de Priscilla-sama, avec la Lyulyre et cette gorge, chantera avec beauté !”
Tadaaa~ ! Et j’en ai fait tout un plat.
Tandis que Priscilla-sama et Al-sama se concentreraient sur le combat contre la Colère, je me chargerais, par derrière, d’immerger dans la chanson ceux qui avaient été affectés par l’incompréhensible pouvoir de la Colère. Une configuration parfaite !
C’était ce que j’avais pensé. Très bien, et sur ce, la scène revient à l’échange de tout à l’heure. Priscilla-sama avait répondu à ma voix honteuse par “À quoi fais-tu référence ?”. C’est vrai c’est vrai, bien sûr qu’elle avait dit ça.
Liliana : “Pourquoi avez-vous laissé Al-sama à l’Hôtel de Ville ? Avec seulement deux femmes, l’une étant l’adorable moi et l’autre la belle Priscilla-sama, vous ne trouvez pas que c’est trop pour nous ?”
Priscilla : “Ce n’est pas le cas. À moi seule, je serais déjà en surnombre pour commencer. Après tout, nous sommes dans une situation où le personnel disponible est si insuffisant que même ma personne est obligée d’agir. Pour que je sois contrainte de faire un effort occasionnel, ces membres du Culte de la Sorcière doivent se croire sur le point de remporter la victoire.”
Liliana : “… ? Je ne comprends vraiment pas ce que vous diiiiiiiii――hk ! Priscilla-sama est incroyable !”
Alors que Priscilla-sama ne m’avait jeté qu’un regard de travers, l’endroit visé se mit à brûler de douleur ! Une illusion ? Était-ce une illusion ? Était-ce parce que je sentais la passion brûlante de Priscilla-sama de si près que mon corps était déjà conditionné par elle ?!
Priscilla : “C’est comme tu l’as entendu. Tant qu’un signal est envoyé à la tour de contrôle, l’un d’entre eux visera certainement le quartier général vacant. Il pourra alors faire tout ce qu’il veut à ceux qui resteront… Il semblerait que cette marchande s’en soit rendu compte également.”
Liliana : “Ah, et donc vous avez parlé à Anastasia-sama avant de partir.”
Priscilla : “Bien que l’option de prendre seulement le dispositif magique, et se cacher dans un abri avec les autres non-combattants ait été envisagée… Puisque le Culte de la Sorcière arrivera d’une façon ou d’une autre, choisir de les accueillir avec une bataille serait le mieux. Celui qui reviendra sera sans doute la Luxure, mais avec Al dans les parages, quelque chose pourrait être organisé.”
Liliana : “Ah, il en est ainsi… Al-sama semble en effet digne de confiance !”
Alors que j’écoutais les paroles de Priscilla-sama, après avoir hoché la tête, un autre regard me fut adressé !
Mais à ce moment-là, je n’avais rien fait de mal ! Parce que laisser un allié à un endroit où l’ennemi essaierait d’entrer par la force, c’était quelque chose qui ne pouvait pas être fait sans confiance.
Priscilla : “Ne parle pas inconsidérément de confiance et de fiabilité. Je ne nie pas être soutenu par Al et Schult. Bien que cet homme joue effectivement le rôle d’un imbécile, c’est en fait un homme utile. Bien qu’il s’agisse d’une carte tirée dans ma main en raison de son aspect excentrique, le placer aux côtés de ma personne n’est pas une entrave.”
Avec un air dérisoire, Priscilla-sama parla à voix basse, comme si elle s’ennuyait.
En vérité, de tels mots devraient être adressés à son Chevalier-sama, et en fin de compte, le degré de chaleur dans l’évaluation d’un partenaire de confiance était nul, mais pourquoi était-ce le cas ? Ces mots ne contenaient clairement que des significations et des sentiments superficiels, mais pour quelle raison ça semblait suffisant ?
Liliana : “Parce que vos évaluations des autres sont si faibles que ceux qui sont évalués comme normaux ont l’impression d’être très bien évalués, s’agit-il d’un problème de distribution ?”
Priscilla : “Tu n’as pas besoin d’essayer de cerner mes manières. Se contenter des résultats est une bonne chose. Je ne te demande pas non plus de comprendre. Ce que je te réclame, c’est uniquement ce que je reconnais en toi.”
Liliana : “Q-quelque chose de ma part peut être considéré comme utile au point d’être reconnu… ?”
Priscilla : “Ça peut être considéré comme utile au point d’avoir suffisamment de valeur pour être amené à mes côtés. Tu as l’obligation de répondre à mes attentes.”
Uhyiiii, le simple fait d’être considérée ainsi en faisait une responsabilité sérieuse ! Ou, eh bien, c’est-à-dire, en tout cas, en mettant ça de côté, je venais de remarquer quelque chose.
Lors de la réunion à l’Hôtel de Ville, Priscilla-sama s’était en effet référée à moi en disant “tu”, “tu”, “tu”, ce qui avait créé un sentiment de distance, mais maintenant elle se référait à nouveau à moi en utilisant “tu”. Se pourrait-il que… ?
(Note de Traduction : Priscilla avait à nouveau utilisé l’arrogant “kisama” (貴様) à l’Hôtel de Ville, ce qui était différent d’avant (en faisant le tour des abris), mais après l’Hôtel de Ville, Priscilla utilise le terme plus poli de “sonata” (そなた).)
Liliana : “C’est un côté spécial que vous ne montrez qu’à ceux que vous jugez aimables, je plaisaaaaante~… Uhyiiiiiii !”
Je me tins la tête, me cachant du regard brûlant de Priscilla-sama. Huu~, j’avais appris de ces dernières heures. Comment dire, que c’était quelque chose comme l’atmosphère de Priscilla-sama ? Les changements subtils de Priscilla-sama étaient tous captés par mes oreilles sensibles, ma peau, etc…
Liliana : “Hmm ? La réprimande attendue n’a pas frappé ? Comment est-ce possible que les attentes de cette Liliana soient erronées…”
Priscilla : “Bien que tu sois encore au milieu de cette petite comédie, mon intérêt pour ta farce ne s’étend pas plus loin.”
Liliana : “Ah, vous recommencez à vous adresser à moi en utilisant “tu”…”
(Note de Traduction : Le retour de l’arrogant “kisama”.)
La distance avait-elle été créée une fois de plus ? Alors que je me sentais légèrement découragée, je relevai la tête pour comprendre. Ah, compris, ce n’était pas le moment de jouer avec moi.
À un moment donné, nous avions atteint notre destination, la tour de contrôle. Celle-ci avait un petit problème, ça entrait un peu en conflit avec ce que je savais――
Liliana : “Le saviez-vous, Priscilla-sama ? D’après les informations que j’ai recueillies sur Pristella, la tour de contrôle ne devrait pas s’enflammer par hasard.”
Priscilla : “En effet. Bien qu’il s’agisse d’une décoration que j’approuve, à mon grand regret, le metteur en scène de ce spectacle est plus que grossier. Cet incendie, cet embrasement et cette combustion pourraient en effet élever les esprits, mais il est impossible de tirer du plaisir d’une telle bassesse.”
Bien que Priscilla-sama soit l’image même de la sérénité, je ne pouvais pas considérer les choses avec autant de sang-froid.
La tour de contrôle du nord, cette solide tour entourée de plusieurs voies navigables, était en ce moment même en proie aux flammes. La tour étant faite de pierre, elle n’était pas censée s’enflammer aussi facilement. Ah, l’inspiration était sur le point de venir.
Liliana : “Un éclair d’inspiration. Tour de Pierre Cuite et Ignames Cuites… Voulez-vous l’entendre ?”
Priscilla : “Si tu préfères que ce soit ta dernière marque en ce monde, alors chante-la. Un seul faux pas et ça deviendra réalité. La médiocrité, la banalité, le commun, si ma gloire est invoquée, alors traite-la avec soin, un groupe d’imbéciles ne peut rien accomplir. N’attends pas de moi que je sois clémente au point de traiter avec miséricorde les imbéciles qui se font du mal à eux-mêmes.”
Soudain, elle afficha un visage sévère ! Était-ce une indication que Priscilla-sama était entrée dans un état de préparation au combat ?
C’est vrai, c’est vrai. Observer la tour de contrôle en flammes avait fait monter la pression. Puis, nous recevant toutes les deux, la personne qui nous accueillait était un monstre qui se tenait devant la tour en flammes, les bras écartés ! Avec ça, il était impossible de se tromper de personne.
??? : “――Mes excuses de vous avoir dérangés pour que vous veniez jusqu’ici. Merci.”
La première phrase du monstre couvert de bandages fut d’une placidité inattendue, comme s’il était prévenant à notre égard.
Ça, combiné aux mains écartées depuis le début et à la façon dont il inclinait la tête, pour une raison quelconque, donnait un air plutôt charmant. Était-ce un gap moe ? Quelque chose comme ça ?
(Note de Traduction : “Gap moe” = il s’agit simplement d’une contradiction dans les caractéristiques exposées, ou d’un contraste.)
Sirius : “C’est peut-être un peu trop pour un repère, mais comme les activités de la ville ont été interrompues ce soir, ça donne l’impression qu’il y a un manque de lumière, non ? Il serait dangereux de se perdre dans l’obscurité ou de glisser dans une voie navigable en perdant l’équilibre, et c’est pourquoi j’ai essayé d’allumer un feu pour éclairer.”
C’était une excellente idée, monstre bandagé, nonnon, c’était rude. Partons pour bandage-san. Bandage-san nous a informé de la raison de cet incendie.
Mmm, c’était donc ça… Il était impossible de ne pas être touché. La ville connue sous le nom cité Aqueuse de Pristella était certainement remplie de voies navigables. Et il était courant de devoir faire attention lors d’expéditions nocturnes. Surtout lorsqu’on partait pour se rendre dans un endroit comme une ruelle. D’un autre côté, les routes principales étaient équipées d’un éclairage de secours en raison des déplacements nocturnes, mais même ainsi, les voies navigables présentaient un degré élevé de danger.
Huu~, que quelqu’un venu d’ailleurs puisse en fait le reconnaître, et prêter attention et se soucier de tels aspects de Pristella, faisait naître un sentiment de bonheur persistant.
Ah, non, Pristella n’était pas du tout une sorte de ville natale pour moi, se présenter en tant que représentant de Pristella et éprouver de la gratitude serait plutôt étrange en effet. Eh, comme j’avais vu Kiritaka-san faire beaucoup de choses liées à la gestion de la ville, constater que les efforts de quelqu’un que l’on connaissait portaient leurs fruits n’était pas insatisfaisant le moins du monde. Fufufu~.
Sirius : “Mais, tout le monde dans cette ville est vraiment extraordinaire. Même si ça peut sembler être une opinion égoïste, la réaction face à une situation d’urgence est vraiment excellente. Les adultes aidaient les enfants, les hommes aidaient les femmes, les maris aidaient les épouses, les frères aînés aidaient les jeunes sœurs, les sœurs aînées aidaient les jeunes frères, et même les étrangers aidaient ceux qui étaient plus faibles qu’eux. Cet esprit d’entraide est profondément ancré dans les esprits. En voyant ces silhouettes se précipiter dans les abris, je n’ai pu m’empêcher de penser que l’entraide était vraiment excellente.”
Clangclang. En y regardant de plus près, il s’agissait de bruits produits par des chaînes enroulées autour des deux bras de Bandage-san. D’après Subaru-sama, il s’agissait des armes de Bandage-san, mais en les observant de la sorte, n’étaient-elles pas plutôt élégantes ? Le manteau surdimensionné que Bandage-san portait sur son corps… Si on le considérait comme une façon délibérée de s’habiller, ce n’était pas si mal… Mhm, ce n’était pas mal du tout !
Le ton de Bandage-san était très poli, mais cette voix était un peu, qu’est-ce que c’était, étrange ? Bien qu’elle soit aiguë, il y avait un sentiment subtil de fausseté que quelqu’un qui travaillait avec des voix pour vivre ne pouvait ignorer, mais ce n’était pas du tout gênant !
En considérant les choses de manière réaliste, ne pouvait-on pas dire qu’il n’était pas nécessaire d’en dire plus ?!
Liliana : “C’est un soulagement, Priscilla-sama. Il semblerait qu’il s’agisse d’un adversaire avec lequel nous pouvons communiquer aisément. Compte tenu de la situation, si Priscilla-sama est de mauvaise humeur, vous aurez plus de mal à communiqu――ahhhh, mes yeux, ahhhhh――?!”
Mes yeux brûlaient ! Ahhhh, le feu tournoyait dans mes yeux !
Mes yeux, mes yeux allaient fondre ! Ils fondraient et deviendraient incapables de voir les belles choses de ce monde !
Liliana : “Ahhh, bon sang… Si j’avais su que ça arriverait, j’aurais gravé dans mes yeux la vue de ces beautés à l’Hôtel de Ville… !”
Priscilla : “Imbécile. Relève la tête. Ne te laisse pas engloutir avec tant de désinvolture et n’entraîne pas ma déception.”
En entendant la voix chaleureuse de Priscilla-sama qui ne l’était pas du tout, je crispai mon visage, clignai des paupières et relevai la tête. Ah, merveilleux, les yeux étaient encore intacts. Je pouvais encore voir le monde, je pouvais tout voir. Je voyais la Priscilla-sama rouge, et le Bandage-san blanc.
En ce moment même, Priscilla-sama dirigeait son expression sévère habituelle vers Bandage-san. Bandage-san, avec des mouvements doux, inclina la tête devant un tel regard. Ohhh, dans ce cas, Priscilla-sama avait tout faux.
Liliana : “Priscilla-sama, vous ne pouvez pas. Vous ne pouvez pas traiter tout le monde, n’importe qui, avec cette manière qui consiste à les considérer comme des chiens indisciplinés. Alors, pour le bien de ma poitrine plate et de mon visage, pour le bien… de… ma poitrine plate… adoptez une attitude de négociation…”
Ehhhh~, pourquoi ça ? Pour une raison ou une autre, des larmes étaient sur le point de couler.
Mais ce n’était pas grave. Si cette attitude, face à la réalité de ma propre poitrine plate, pouvait devenir un pont reliant les esprits de Priscilla-sama et de Bandage-san, alors je ravalerais mes larmes !
Liliana : “Allez, au nom de ma poitrine plate, tendez vos mains… !”
Sirius : “En effet, c’est quelque chose de merveilleux. Je suis d’accord avec la gentillesse de cette fille. Les individus sont capables de communiquer mutuellement, de se comprendre mutuellement, de faire des expériences mutuelles. Faire face à la chaleur avec la chaleur, à la gentillesse avec la gentillesse, à l’amour avec l’amour ! C’est précisément en faisant ça que le bonheur est assuré.”
Liliana : “Iiii ! C’est ce que je pensais aussi ! En effet, c’est bien l’amour, n’est-ce pas ? Priscilla-sama, c’est l’amour ! Je ne peux pas nier que j’ai été emportée par la façon dont ça sonne, mais suivre le courant a sa propre saveur ! Hey, c’est la cité Aqueuse de Pristella, une ville remplie de voies navigables ! Hey, hey !”
Priscilla : “――――”
Les mots de Bandage-san, un par un, frappèrent mon cœur. Uwu, ça pique, ça pique.
Voyant que Bandage-san et moi partagions les mêmes pensées, la détermination obstinée de Priscilla-sama s’effondra, nous révélant… une expression amère ?
Priscilla : “Pour parvenir à un tel niveau, je dois admettre que je l’ai sous-estimé. Il n’y a pas d’autre solution.”
Liliana : “Hein――? Priscilla-sama, pourquoi cette expression…”
Priscilla-sama, qui avait posé une main sur son front en réfléchissant, soupira. Cette silhouette soupirante aurait pu faire un beau portrait, mais elle se dirigea immédiatement vers moi comme si elle avait compris quelque chose.
Comme ma stature pouvait être considérée comme plutôt petite et que Priscilla-sama portait des talons hauts, je ne pouvais que regarder vers le haut alors qu’elle se tenait devant moi. Oh, pourquoi cette soudaine proximité ?
Liliana : “Priscilla-safuuuu~.”
Priscilla : “――――”
Après avoir senti la poitrine de Priscilla-sama me bousculer par devant, ces doigts blancs saisirent fermement mon cou et mon menton. Puis, le précieux visage de Priscilla-sama se rapprocha du mien. Ou plutôt, les lèvres rencontrèrent les lèvres eeeeeh――?!
Liliana : “Mmh――! Mmmmmh――! Mmmmmmmmmmmh――!”
Pafpaf, boumboum, le visage rouge vif, je résistai désespérément et de toutes mes forces. Mais la force qui me retenait était écrasante, et les lèvres qui me pressaient étaient trop douces, vraiment, qu’est-ce que c’était ?!?!
Ah, hein, attendez, les lèvres de Priscilla-sama laissaient échapper quelque chose d’obscène, ahi, hiii, ahu.
Liliana : “…Hk, ah.”
La chaleur qui se dégageait sans cesse me donna le vertige, et avant même que je m’en rende compte, je m’étais déjà effondrée sur le sol. Priscilla-sama ne me jeta pas un seul regard et passa sa langue cramoisie sur ses lèvres.
Priscilla : “Eh bien, ce devrait être suffisant.”
Comme ça, comme ça, comme ça, en, en parlant pour provoquerprovoquerprovoquerprovoquer !
Je frottai énergiquement mes paupières humides, mettant de la force dans ma taille qui avait été dépouillée de toute sa force pour me tenir debout. Franchement, Priscilla-sama, à l’instant, ahhhh, je veux porter plainte !
Liliana : “P-Priscilla-sama, à l’instant, qu’est-ce que c’était ?! S’il vous plaît, prenez vos responsabilités. J’ai été forcée de faire une telle chose, je ne peux plus me marier maintenant――!”
Priscilla : “Il en va de même pour ma personne, qui a permis à nos bouches de se toucher. Bien qu’utiliser ta première fois comme excuse soit ta prérogative, n’est-ce pas à cause de ça que tu as eu une chance de restaurer ton sens de la raison ?”
Liliana : “Eh ? Une chance de restaurer mon sens de la raison…”
Après, après avoir piétiné la pureté de quelqu’un d’autre, Priscilla-sama avait encore un air d’indifférence. Pensait-elle que faire n’importe quoi à une barde était acceptable ? Snif, snif.
Priscilla : “Comme c’est efféminé. Eh bien, lève la tête, regarde cette personne.”
Liliana : “Snifsnifsnif, eh?”
Avec la faiblesse d’une femme qui obéirait à ces mots, je levai la tête et vis, dans leurs positions initiales, Priscilla-sama et Bandage-san, non, hein, Bandage-san ?
Nonnonnon, comment était-ce possible ? Pourquoi n’avais-je pas ressenti de gêne en appelant si gentiment cette personne Bandage- san ? Inexplicable, totalement inexplicable !
Sirius : “Toutes deux des femmes et pourtant elles… Quoique, il y a de telles formes. Même si la forme de l’amour diffère d’une personne à l’autre, même si elle est dirigée différemment, ils aimeront toujours autant. En fait, c’est la splendeur des émotions qui fait des humains ce qu’ils sont…”
Priscilla : “――Cesse cette farce ridicule. C’est nauséabond.”
Observant Priscilla-sama et moi, ce monstre couvert de bandages pressa ses mains sur son visage en radotant, mais ces mots me firent rapidement ressentir du mécontentement.
Les mots, les attitudes, les gestes qui jusqu’à présent semblaient être dignes de confiance quelles que soient les conditions, après avoir accepté avec normalité la situation qui avait été préparée par le monstre aux bandages, s’étaient si soudainement inversés.
Non, mettre le feu à la tour pour servir de lumière à cause de l’obscurité n’était pas concevable, considérer ces chaînes légèrement rouges foncées et sales comme étant élégantes était une erreur monumentale, et enfin, l’évaluation de ceux des abris suscitait vraiment le dégoût ! À ton avis, qui est à l’origine de cette situation ?!
Priscilla : “Bien qu’il y ait beaucoup d’individus dans ce monde qui se plongent dans le plaisir d’énumérer des théories extrêmement superficielles, même parmi eux, ton égocentrisme est extrême. Te traiter de clown ne serait pas à la hauteur de la répulsion que tu inspires, te traiter d’imbécile ne serait pas à la hauteur de ta force… Il est impossible de trouver une valeur à ta survie.”
Sirius : “Oh là là, oh là là, oh là là, vraiment ? Merci pour ta considération, mes excuses ? Avec gratitude, mes excuses. Apparemment, il est difficile pour mes mots de t’atteindre… Mais, ça arrive de temps en temps.”
Priscilla : “Ma foi, tu es plutôt raisonnable. Es-tu prête à te dépêcher de présenter ton cou ?”
Sirius : “En effet, bien sûr. L’épuisement de la parole en vue d’une compréhension mutuelle est également une cérémonie importante pour les humains afin d’établir des relations entre eux. De même, peu de temps après, les cœurs s’adouciront et se fondront en un seul. L’amour devient alors un, deviendra un, s’efforcera de devenir un. L’amour est exalté, c’est ce qu’on m’a toujours enseigné et c’est ainsi que j’ai toujours vécu !”
Liliana : “Uwaaah ! Bien que la prise de conscience ait été un peu tardive, je viens de réaliser que c’était la première fois que j’embrassais quelqu’un !”
Priscilla : “Seule l’existence de cette tour ardente qui m’accueille mérite d’être louée.”
Wow ! Même si pour moi c’était un peu eh, mais maintenant, le dialogue n’avait pas été établi le moins du monde !
En interpellant le monstre couvert de bandages qui, depuis le départ, semblait incapable de raisonner, Priscilla-sama se mit en route pour suivre son propre chemin, et j’avais été désorienté par l’attaque sur mes lèvres ! Hey, n’étais-je pas complètement inutile ?
Priscilla : “Tu es nécessaire après ceci. C’est pour cette raison que le bouche-à-bouche a été pratiqué.”
Liliana : “Arrêtez de me le rappeler, s’il vous plaît ! De plus, essayez de ne pas jeter un coup d’œil de ce côté. J’ai l’impression que lorsque Priscilla-sama me regarde, ma poitrine palpite…”
Priscilla : “Le fait que le résultat soit trop efficace peut également être considéré comme un problème. Ma beauté est en effet un péché.”
À côté de moi, alors que j’essayais de supporter les battements, Priscilla-sama soupira de mélancolie. Ce profil me semblait charmant au point d’en être douloureux… Eeeeeeh, ce n’était pas le moment de dire de telles choses. Priscilla-sama était depuis le début pleine de ténacité, mais le monstre aux bandages adverse ne montrait aucun signe de recul, et donc, la bataille était certaine ! Et si je restais ici, je serais un handicap !
Liliana : “N-ne vaut-il pas mieux que je m’éloigne un peu ?”
Priscilla : “Eh bien, voyons ce qu’il en est.”
Hey, pourquoi vous amusez-vous avec quelqu’un à ce point ?
Et puis, à peine avais-je pensé ça qu’il se passa quelque chose. Mes oreilles fines et bien formées perçurent des sons. Des bruits de pas ? Des pas, sans aucun doute. Et non seulement sans aucun doute, mais ces pas n’étaient pas seulement une paire, ils étaient nombreux… Non, ils étaient plus que nombreux, ils étaient excessifs ! Excessivement excessifs !
Priscilla : “Alors c’est ça, tu as rassemblé tous les humains des environs et tu les as fait converger ici ?”
Sirius : “Toutes ces personnes sont en accord avec mon amour. Il y a parfois des personnes têtues comme toi, mais comme le dit le proverbe, “une fois que l’eau de pluie tombe dans un cours d’eau, toutes les différences s’évanouissent”. Si tu cèdes ton cœur, tes perspectives changeront également.”
Si tu te mêlais à l’eau de pluie, tu la contaminerais inopinément――même si le proverbe signifiait quelque chose comme ça, ce n’était pas le moment de se laisser aller à de tels loisirs !
La tour de contrôle en feu ! Entourés de toutes parts par des voies navigables ! En face à face sur la place devant la tour de contrôle ! Et la grande foule qui nous scrutait de l’autre côté de la voie navigable !
Le nombre de personnes était vraiment important. Certainement pas à l’échelle du Centre des Congrès, qui avait accueilli cent ou deux cents personnes ! C’était un millier, ou peut-être même plus ? En effet, autant de personnes nous entouraient, et même si c’est très impoli de le dire, elles nous lançaient des regards dangereux ! En d’autres termes, était-ce là l’état d’une âme complètement envahie par la Colère que Subaru-sama avait décrit ?!
Priscilla : “Il convient tout d’abord de mentionner que tu arborais juste avant la même expression que ces roturiers là-bas.”
Liliana : “Uweeeh, vraiment ?! C’est terrifiant ! Ah ! Mais, dans ce cas, si Priscilla-sama embrasse chacun d’entre eux, tout le monde reprendra connaissance, pas vrai ?! Si les lèvres de Priscilla-sama ne sont pas soignées, elles vont gonfler, ahhh――!”
Priscilla : “Qui ferait la charité sans se soucier de celui qui la reçoit. Toi, aimerais-tu être brûlé à partir de ton arrière-train ?”
Un retournement de situation qui avait pour conséquence d’être brûlé par l’arrière ! Le choix d’une mauvaise réponse signifiait la mort ! Cette condition était ridiculement désavantageuse pour quelqu’un comme moi, qui fulminait souvent sans réfléchir !
Priscilla : “De toute façon, c’est ton rôle. Dans quel but pensais-tu que je t’avais amené ici ? Abandonner tes propres devoirs pour me demander de l’aide devrait te faire honte.”
Liliana : “Non, mais, c’est, je comprends la raison, mais――”
Avec un tel nombre de personnes devenues folles, une chanson pourrait être chantée sans préparation adéquate. Et si le spectacle se déroulait devant elle, ce monstre couvert de bandages essaierait vraisemblablement d’y mettre fin.
Priscilla : “Ainsi, je vais entrer en scène.”
Alors que je reculais et me tortillais, Priscilla-sama parla comme si elle était exaspérée.
Non, même si j’admettais que Priscilla-sama était incroyable, face à une telle foule… Hein, attendez, jusqu’à maintenant, j’avais cette impression que “Priscilla-sama est incroyable !”, mais Priscilla-sama était-elle vraiment aussi incroyable ?
J’avais bien vu sa paume repousser un jeune homme plutôt en forme avec un “poum”, mais à part ça, je n’avais aucun souvenir de tels exploits ! Ehhh~, à ce propos, même si la Colère était le seul adversaire, la suivre avait-elle vraiment été la bonne décision ?
Sirius : “Tu ne devrais pas. Il est clair que la relation entre vous deux est proche du point de partager un baiser, donc des efforts pour parvenir à une compréhension mutuelle devraient être faits pour atteindre une plus grande proximité. Tant que les désirs ne feront qu’un, les pensées pourront se connecter. Tout comme les nombreuses personnes qui entourent cette cour, vous ne ferez qu’un !”
Alors que le monstre aux bandages tapait du pied, tout le monde autour de la cour fit de même. Ce comportement, répété par un millier de personnes sans le moindre désordre, n’était pas différent d’un grondement du sol.
C’était une force qui faisait trembler la cour, osciller la surface de l’eau, basculer la tour déjà enflammée… Qu’il s’agisse ou non d’amour pouvait être contesté, mais il s’agissait sans aucun doute d’une menace !
Si ce grand rassemblement s’approchait comme un seul homme pour tenter de nous capturer――
Sirius : “Venez, vous aussi, vous serez enveloppés par l’amour, vous connaîtrez l’extase de ne faire qu’un――!
Eh, gyahhh ! Dès que je l’avais dit, ça avait commencé à se produire ! C’était terminé ! Mille personnes contre deux, c’était une disparité de nombre qui aurait été ridicule même dans un récit héroïque… !
Avec un son semblable à un rugissement de rage, la foule se mit à déferler comme un seul homme. Ignorant les frontières des voies navigables, comme une horde de cadavres, ils s’attaquèrent à nos corps vierges――! Uwah ! Père, Mère, Kiritaka-san, mes excuses ! Les autres emplacements que les lèvres de Liliana allaient être déflorés à leur tour !
Liliana : “Si j’avais su que ça se produirait, je l’aurais fait sans retenue avec Kiritaka-san…”
Priscilla : “Que ce soit ta personne pessimiste ou ce tas d’optimistes, chacun d’entre vous, pour qui me prenez-vous ?”
Liliana : “Eh ?”
Priscilla-sama se plaça devant moi, tandis que je désespérais. Avant même que je ne m’en aperçoive, Priscilla-sama tenait dans sa main une lame cramoisie étincelante――l’Épée Yang. Ce qui avait déjà été assez radieux au Centre des Congrès au cours de la journée, en cette nuit, avec le soleil éteint, exsudait une beauté à faire frémir.
Presque comme si elle avait ranimé le soleil qui aurait dû se coucher――
Priscilla : “Trembler devant l’éclat terrifiant de ma lame est correct. C’est la flamme originelle, celle qui a allumé le siège de l’Empereur pour la première fois――mais je crois que cet éclat écarlate n’est pas le même que celui que vous reconnaissez.”
Liliana : “――――”
Après avoir parlé solennellement, Priscilla-sama s’envola vers le haut tout en brandissant l’Épée Yang.
C’était une action qui ne pouvait être décrite que comme un vol. Bien qu’il ne s’agisse que d’un saut léger, elle se déplaçait avec une telle agilité que c’était comme si elle était devenue le vent. S’approchant du bord de la voie navigable avant que la foule ne s’y engouffre, Priscilla-sama dirigea la pointe de l’Épée Yang vers la surface de l’eau.
Et ce qui suivit tout de suite après,
Liliana : “――?!”
Devant mes yeux, le mur de cramoisi qui s’élevait――non, c’était une flamme, un mur de flammes.
Les bouffées de feu étaient si rouges qu’elles paraissaient même blanches. Comme pour rejeter tout qualificatif de “vacillant”, une lumière funèbre se répandit, prouvant à quel point cette chaleur était terrifiante.
Ce qui était brûlé, c’était la voie navigable, et même la surface de l’eau. L’eau, qui aurait dû être l’ennemi naturel du feu, l’eau qui aurait dû être l’opposé du feu, c’était un spectacle qui bouleversait ces notions naturelles.
La flamme de l’Épée Yang de Priscilla-sama pouvait même enflammer l’eau.
Et de surcroît――toutes les voies navigables entourant la cour, simultanément !
Sirius : “C’est…”
Devant ce spectacle qui n’appartenait pas à ce monde, le monstre enveloppé de bandages――non, arrêtons ça une bonne fois pour toutes. La Colère, en effet, même la Colère ne savait plus où donner de la tête. Ça ne pouvait pas être décrit par des mots comme “fumant”, mais la flamme existait bel et bien. Les pas de la foule qui tentait de traverser la voie navigable furent stoppés, cloués sur place.
C’était une évidence. Même si le fait que les papillons de nuit se consumaient dans les flammes était un décret de la nature, les humains possédaient une sagesse et un instinct qui leur permettaient de résister à une telle fin.
Priscilla : “Même si ce n’est que dans la forme, ton utilisation de l’amour comme excuse pour nommer ce qui n’est pas de la domination est devenue une faiblesse critique. S’il s’agit d’une force qui peut être surmontée en obéissant à l’instinct, quelque chose de ce degré ne pourra jamais arrêter quelqu’un dans ses pas.”
Prenant à nouveau position avec l’Épée Yang, Priscilla-sama ridiculisa ainsi la silencieuse Colère. Raillerie, moquerie, dérision, mépris――c’était tout ce que je pouvais dire, espèce d’expression malveillante de la beauté.
Ahhh, j’avais négligé quelque chose d’aussi important. Pendant tout ce temps, je n’avais fait qu’observer l’expression de sévérité de Priscilla-sama, qui était certes belle en soi, mais qui n’avait rien de comparable.
Il était clair qu’il n’y avait rien de plus beau que cette malice, qui dégageait une beauté à faire frémir.
Priscilla : “Même si le libre arbitre est bridé, si l’instinct ne l’est pas non plus, c’est précisément ce que tu verras. Il semblerait que personne ne veuille se laisser consumer par les flammes, ce qui en dit long sur l’amour que tu évoques.”
Sirius : “――――”
Priscilla : “C’est le résultat de l’amour bon marché que tu as prononcé. Une telle scène est précisément ce qui est défini comme “ridicule”, Archevêque du Péché. Tu es vraiment incapable de te montrer à la hauteur de ce titre exagéré.”
Avec moquerie, avec élan, Priscilla-sama réprimanda continuellement la Colère silencieuse.
Mes mains ne pouvaient s’empêcher de s’humidifier de sueur, mon regard se portant sur la scène. L’idée de savoir si Priscilla-sama était vraiment incroyable, qui avait persisté jusqu’à présent, avait été complètement balayée.
Priscilla-sama était incroyable ! Priscilla-sama était puissante !
Priscilla : “Au final, des mots comme “l’amour ne fait qu’un” ne sont que superficialité. Ma personne sans égal est au sommet, et donc peu importe combien vous vous battez, les roturiers comme vous ne pourront jamais ne faire qu’un avec moi.”
Waa, Priscilla-sama est extraordinaire ! Bien qu’elle soit extraordinaire, cette situation n’était-elle pas étrange ?
Priscilla : “En fin de compte, les expressions telles que “l’amour ne fait qu’un” ne sont que superficielles. Ma personne sans égale est au sommet, et donc, peu importe à quel point vous vous débattez, des roturiers comme vous ne pourront jamais devenir un avec moi.”
Wahhh, Priscilla-sama était incroyable ! Elle était certes géniale, mais euh, cette situation n’était-elle pas bizarre ?
Priscilla : “Même si tu es capable de t’approcher de moi, me rattraper est absolument impossible. L’amour que tu évoques a déjà été vaincu, non ? Et donc, les discours sur le fait de devenir un ne sont que des paroles en l’air.”
Liliana : “Uhm, Priscilla-sama, il est temps…”
Priscilla : “Même s’il s’agit d’une conception incorrecte, devenir un est beaucoup trop erroné. Naître en tant qu’autre chose et vouloir devenir un, c’est nier l’existence de sa personne. Pourquoi quelque chose qui te fait défaut aurait une quelconque valeur lorsque tu t’en rapproches ? Ce qui est défectueux, c’est la prémisse entière, et agir selon cette inexactitude, c’est exister dans la banalité――quelque chose d’aussi vulgaire.”
Liliana : “Uwaaah ! Pourquoi un tel rejet absolu ?!”
Oh non ! Manifestement parce que le sang avait afflué à la tête ! Clairement !
Même si le sang de Priscilla-sama lui était monté à la tête, elle était peut-être encore capable de faire quelque chose, mais pour quelqu’un d’insignifiant comme moi, la préférence serait que vous vous en absteniez, et que vous en finissiez le plus vite possible !
Peut-être l’avait-elle remarqué, car la Colère, face aux paroles de Priscilla-sama, avait baissé la tête sans rien dire, plongée dans le silence. N’importe qui aurait été furieux d’être confronté à tant de paroles arrogantes. Parce que répliquer aurait entraîné une multitude de mots en guise de réponse, alors même en colère, le silence avait été gardé.
Cette situation était devenue très inconfortable, alors si Priscilla-sama pouvait se contenter de battre Colère-san et d’appeler ça une victoire, ce serait un soulagement.
Priscilla : “Imbécile. Ça signifierait que tout le monde, sauf ma personne, serait coupé en deux, n’est-ce pas ? Bien que la vue d’une ville tachée de sang soit attrayante au moins une fois, il n’est pas nécessaire de le provoquer dans mon pays. Dans ce cas, cette première occasion doit être repoussée, et tu dois t’acquitter de ta tâche.”
Ah――c’était vrai, c’était le cas. En premier lieu, c’était mon devoir.
Sous l’influence de la Colère, la douleur et même les blessures infligées à cette personne seraient partagées avec les autres. Ma chanson était justement nécessaire pour se débarrasser d’une telle condition.
Liliana : “Après avoir vu la scène actuelle, je suis devenue assez troublée, alors qui sait si ma chanson fonctionnera vraiment !”
Priscilla : “Si tu n’es pas disposée à le faire, ta tête, ainsi que celle de la foule, est libre de tomber à côté de celle de cet être. Si tu estimes qu’il vaut mieux éviter une telle scène, engage sans faute ton cœur dans la chanson.”
Je continuais à m’agripper à la Lyulyre, reculant maintenant qu’une telle responsabilité m’avait été confiée. La voie navigable en feu éloignait la foule, mais celle-ci restait en otage, et la méthode pour la libérer était ma chanson ! Le devoir de Priscilla-sama était――?
Liliana : “En d’autres termes, tant que je n’ai pas utilisé ma chanson pour faire vibrer la foule captivée, le devoir de Priscilla-sama est de m’empêcher de mourir, n’est-ce pas le sentiment qui en ressort ?!”
Priscilla : “Si tu meurs, eh bien, il ne reste plus qu’à leur couper la tête dès que possible. Le mieux est d’imaginer que toutes leurs vies sont enroulées autour de ta gorge.”
Liliana : “Ukya――!”
Priscilla : “Une compréhension si lente. Bon… Hm.”
Après avoir couvert mon visage et crié fort, l’expression de Priscilla-sama changea. Priscilla-sama regardait maintenant la Colère avec les sourcils froncés, elle qui avait gardé le silence jusqu’à présent.
Avec un mauvais pressentiment, je jetai un coup d’œil dans cette direction à travers les interstices de mes doigts.
Sirius : “――Comme c’est amusant.”
Liliana : “Eh ?”
Sirius : “Comme c’est amusant, une telle joie. Peut-être faudrait-il appeler ça de la délectation. Non, peut-être n’est-il pas possible de nommer ce sentiment qui monte dans mon cœur.”
Parlant à voix basse, langoureusement, la Colère releva son visage. Sur ce visage obscurci par les bandages, des yeux passionnés et affirmés allaient et venaient. Ils fixaient Priscilla-sama, le mur de flammes, moi, attends non, s’il te plaît, ne me regarde pas !
Sirius : “Mes excuses, j’ai été distraite pendant un moment. Cependant, merci. Je me suis réveillée. Tu as raison, des expressions telles que “désirer atteindre la compréhension sans effort” étaient beaucoup trop égoïstes.”
S’agissait-il d’un sourire et d’un rire ? La bouche du monstre s’ouvrit horizontalement, révélant un sourire qui laissait entrevoir des dents blanches et le monstre se mit à rire. Intimement, comme s’il accueillait un ami ou une famille, après avoir été rejeté ainsi, et malgré ça !
Sirius : “Permettez-moi de me présenter à nouveau. Je suis l’Archevêque du Péché du Culte de la Sorcière, représentant la Colère, Sirius Romanée-Conti. J’espère que mes affaires seront prises à cœur.”
Elle s’inclina pour saluer poliment.
Puis le monstre aux bandages――le monstre, Sirius, défit les chaînes sur ses bras. Tournant les poignets, dénouant les liens, allongeant la portée des chaînes, celles-ci tournaient, fendant l’air, des couches successives de sons métalliques devenaient la malice elle-même, coupant à travers l’atmosphère.
Malgré ça, le monstre arborait un sourire.
Sirius : “C’est l’Ordalie ! En effet, c’est sans aucun doute l’Ordalie ! Dans cette ville où j’ai retrouvée mon mari, pour le rencontrer à nouveau, pour exprimer mon amour avec des mots, l’Ordalie s’est abattue sur moi ! La justesse de mon amour est prouvée par le destin, qui m’a permis de rencontrer cette personne une fois de plus ! Vous êtes l’Ordalie qui s’y oppose !!”
(Note de Traduction : Le Kanji utilisé est le même que celui employé pour les Épreuves d’Echidna, mais le mot Ordalie est utilisé pour les différencier.)
D’une voix retentissante, avec l’éclat d’une jeune fille amoureuse, le monstre agita sans cesse ses chaînes, raccourcissant la distance qui le séparait d’ici en un souffle. Oh non oh non, le simple fait d’être effleuré signifierait la mort pour moi.
Priscilla : “Calme la foule, l’adversaire de cette créature sera ma personne. Tout du moins, ne commets rien d’insolent.”
Liliana : “Uwah ? Priscilla-sama ?!”
Priscilla : “Tu dois préparer ta chanson――si une ombre s’abat sur l’Épée Yang, je trancherai la tête de cette abomination, quoi qu’il arrive. Et donc, fais-le avant que ça n’arrive.”
Même la limite qu’elle avait fixée était arbitraire――!
Comme si elles n’avaient pas entendu la moindre trace de mes paroles, Priscilla-sama et le monstre Sirius échangèrent des coups préliminaires, entamant leur combat !
En écoutant le choc violent de la chaîne et de l’épée, je me dis que je devais au moins faire quelque chose. Plutôt que de parler d’un sentiment de responsabilité, je me mis à courir vers le mur de flammes sur la voie navigable, poussée par une sensation indistincte. Désespérément.
Cours plus vite ! Bon sang, je n’avais même pas songé à quoi que ce soit !
Liliana : “Et donc pour l’instant, veuillez écouter un moment――Hoshin des Terres Désolées, uhhhh, chaud ?!”
En m’approchant de la limite de la voie navigable, je m’étais préparée à entraîner ceux qui m’entendaient dans un tourbillon de chants, mais dès que je me fus approchée, mon visage se retrouva en proie aux flammes !
Ce n’était pas possible ! Vraiment pas ! Tout en essayant de donner l’impression d’une performance, le mur de flammes de Priscilla-sama était plus que brûlant ! Extrêmement chaud ! Plus chaud que la normale !
Mais sans s’approcher à ce point, personne ne pourrait voir la réalité !
Liliana : “Owww, chaudchaudchaud――! Mes mains vont être brûlées ! Si ma gorge ou mes poumons sont brûlés, cette bataille sera perdue… Attends, hein ?”
Après avoir été léchée par une langue de flammes, tout en regrettant mon imprudence d’avoir eu le visage aussi brûlé, je découvris que les mains qui auraient dû être avalées par le feu étaient indemnes… Ou plutôt, même la Lyulyre en bois n’avait pas été détruite par le brasier, ce qui voulait dire ?
Liliana : “Ce… n’est pas un feu ordinaire… ?”
Nonnon, depuis le départ, ça avait été évident qu’il ne s’agissait pas d’un feu ordinaire, mais celui-ci semblait ne pas brûler ? Bien que la chaleur soit torride, il ne brûlait pas ?
Dans ce cas, il serait traversé en un rien de temps, hein ?! Qu’est-ce que c’était ?! S’agissait-il d’une imitation bluffante d’un incendie, uniquement destinée à effrayer les gens ?!
L’accompagner avait en effet été une décision foireuse――ah !!

