Re:Zero Lore FR
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Web Novel • Arc 05

60Une conclusion, une bataille

La vision d’une lumière blanche.

Chaude, douce, une lumière qui rassurait le cœur.

Accueillir le matin avec une telle sérénité avait été absent depuis bien trop longtemps. Toujours réveillée dans le désespoir, dans des journées interminables semblables à des cauchemars, il n’y avait jamais eu la moindre trace de paix.

Peu à peu, la conviction s’était imposée que, pour toujours et à jamais, cette obscurité n’ouvrirait jamais la voie au soleil matinal.

C’était précisément pour cette raison que ce rayon était aussi rafraîchissant.

??? : “――Hey, réveille-toi.”

Elle entendit la voix de quelqu’un. Au-delà de la lumière blanche, quelqu’un l’appelait. Guidée par une telle voix, par une telle main, elle s’éloigna de ces ténèbres.

Cette lumière blanche aperçue au loin finit par engloutir complètement sa vision.

??? : “Bonjour. Quel que soit ton degré d’endormissement, il est temps de te réveiller, tu sais.”

Elle ouvrit les yeux et jeta un coup d’œil, et une timide jeune fille aux cheveux argentés sourit en prononçant ces mots.

――Ces mots firent couler des larmes sur les joues de Sylphy.


La lumière céruléenne inonda le ciel, tandis que l’enchantement de la glace se dissipait. La glace qui avait englouti l’église à moitié démolie se transforma peu à peu en lumière, et le Mana dispersé qui enveloppait les Esprits Mineurs disparut.

Le spectacle d’une fantaisie insondable dépassée par une autre fantaisie insondable grava un sentiment terriblement agonisant dans le cœur des spectatrices.

Bien qu’il ne soit pas étrange d’être ému aux larmes par un tel spectacle, la raison pour laquelle elles pleuraient et gémissaient était certainement quelque chose de plus grand que cela.

Elles avaient été libérées de ce qui avait accablé leur vie――d’un cauchemar qui avait entravé l’époque la plus brillante et la plus étincelante de leur vie.

??? : “À ce propos, Émilia-tan est un sacré numéro.”

Desserrant inconsciemment ses lèvres, Subaru murmura cela distraitement.

Devant ses yeux, il y avait Émilia, et la mariée qui s’accrochait à elle en larmes――une des ex-épouses, en pleine forme.

Le nombre de femmes en robe atteignait précisément cinquante-trois, sans qu’il y ait eu la moindre erreur de comptage.

Subaru : “…Quand je lui ai dit que ses épouses avaient assimilé son cœur, j’ai pensé qu’il n’y aurait pas moyen de sauver les mariées sans les faire mourir.”

Ôter la vie des mariées, priver le Cœur de Lion d’un endroit où se réfugier. Subaru avait partiellement, sérieusement abandonné l’idée qu’il y avait un autre moyen d’arrêter cet homme abominable. Il avait été préparé à faire des sacrifices.

Cependant, contrairement à Subaru, Émilia n’avait pas baissé les bras.

Il était vrai que lors de l’affrontement féroce et risqué contre Regulus, sa réflexion s’était arrêtée, estimant qu’il n’y avait pas d’autre choix. Toutefois, Émilia ne s’était pas arrêtée de cogiter.

Avec les cartes qu’elle avait en main, et en considérant tout ce qui était possible pour elle, elle avait agi. C’est pourquoi,

Subaru : “Cette fois-ci, Émilia-tan nous a complètement supportés, hein.”

Émilia : “Ce n’est pas le cas.”

Laissant échapper un soupir d’épuisement, près du mur, Subaru remarqua son propre échec. En entendant son expiration soulagée, Émilia revint vers lui. Sa robe blanche était déchirée, et ses cheveux argentés, qui avaient surmonté la lutte pour la vie ou la mort, étaient ébouriffés. Malgré tout, après la fin du combat, Émilia était magnifique.

Inspirant en gardant cela à l’esprit, Subaru fit un geste du menton.

Subaru : “Ces personnes, elles ont encore des expressions pleines d’insatisfaction qui ne traduisent pas suffisamment leur gratitude à l’égard d’Émilia, tu sais ?”

Émilia : “Arrête de tourner ça en dérision. Et je suis incapable de leur dire quoi que ce soit de grandiose. Même si ce n’est que pour un bref instant… le choix de mourir leur a été imposé.”

Subaru : “Mais personne n’est mort. Tout le monde est encore en vie――ce point est plus important que tout le reste.”

Ce résultat, c’était le plus parfait possible.

Ayant trouvé la réponse qu’il cherchait, Subaru se sentit soulagé. Émilia plaça ses mains sur ses hanches, et éleva la voix en s’adressant à Subaru, qui continuait à se considérer trop bas et donc à se rabaisser.

Émilia : “Blessé de partout, en te forçant malgré tout… Si Subaru n’avait pas travaillé aussi dur, personne n’aurait réussi à aller aussi loin. Le Cœur de Lion également, c’est grâce à Subaru qui l’a remarqué.”

Subaru : “L’absence d’atout est habituelle… Cela dit, quelque chose ne tournait pas rond depuis le départ. Mais, Dieu merci, tu l’as remarqué. Congeler les femmes, pour les placer dans une transe de mort.”

Émilia : “Moi aussi, j’ai été congelée un peu trop longtemps.”

“Héhé”, et Émilia tira la langue avec ce genre de sentiment. Adorable.

Cependant, pour une raison ou une autre, cela ne semblait pas être un sujet à discuter en riant.

Néanmoins, les actions et l’ardeur d’Émilia avaient permis d’obtenir la plus grande efficacité pour abattre Regulus, sans sacrifice inutile.

Cinquante-trois vies, celles des précieuses épouses, avaient été sauvées.

Émilia : “Quant à savoir si j’en étais capable ou non, je manquais un peu de confiance en moi.”

Subaru : “Mais malgré tout, tu as réussi. Émilia-tan, tu as travaillé dur pour améliorer tes compétences et ta force.”

Émilia : “Mais la possibilité qu’elles restent gelées ainsi existait aussi. Libérer tout le monde parfaitement comme ça, c’est ce qui me permet enfin de me détendre.”

Et puis, comme pour cacher son sourire timide, elle toucha sa poitrine. Sous la paume de cette main, semblait se confirmer qu’il ne restait que son pouls et ses battements de cœur.

Émilia : “De plus, si Subaru n’avait pas retiré le cœur de Regulus de ma poitrine, j’aurais eu besoin d’utiliser la même magie sur moi-même. Dans ce cas, que ce soit pour Sylphy et les autres ou pour moi, je pense que ça aurait été vraiiiiiment pire que de fondre de la sorte. Parce qu’alors, ça aurait pu prendre encore cent ans.”

Subaru : “Encore ça――n’est-ce pas une exagération, quelle que soit la façon dont on le considère ?”

Émilia : “…”

Subaru : “Donc ce n’est pas de l’exagération ?! Pire encore, ne s’agit-il pas d’un extrémisme sans pareil !”

Observant Émilia qui souriait amèrement et silencieusement, Subaru ressentit un choc brutal.

À cause de la provocation de Regulus, Émilia avait voulu stopper l’effet du Cœur de Lion sur elle. Si un œil n’avait pas été gardé sur elle, si la situation avait été mal gérée, alors peut-être qu’Émilia se serait séparée de cette vie. Bien sûr, l’idée de chercher partout un moyen de faire fondre la glace pour éviter cela existerait toujours dans son esprit.

Subaru : “Quelque chose comme deux beautés endormies, ce dieu pestilentiel n’est vraiment pas ordinaire, s’il te plaît, accorde-moi ton pardon.”

Bien que se plaignant, le cœur de Subaru s’était calmé.

Quoi qu’il en soit, Émilia avait été sauvée et se trouvait saine et sauve, et les épouses avaient été libérées sans dommage. Bien que la bataille contre Regulus ait donné lieu à une destruction d’une ampleur supérieure à celle dont un seul adversaire semblait capable――en résumé, leur camp n’avait subi à peu près aucune perte.

Malgré cela, la chair de Subaru portait toutes sortes de fardeaux, ainsi qu’un lien inutile avec le Culte de la Sorcière. Et en plus――

Émilia : “Reinhard est parti sans même soigner ses blessures, je me demande s’il va s’en sortir.”

En direction de Subaru qui était perdu dans ses pensées, Émilia prit soudainement la parole. Subaru leva la tête et agita la main.

Subaru : “Tout ira bien. Même si ce type laisse ses blessures telles quelles, les Esprits Mineurs viendront les soigner. C’est ce qu’il a dit lui-même.”

Émilia : “Ah, ça se tient. À l’origine, il y avait un grand nombre d’Esprits Mineurs ici, mais dès que Reinhard est parti, tout le monde est parti également… Reinhard a peut-être les capacités nécessaires pour devenir un Spiritualiste.”

Subaru : “Mon domaine d’activité serait complètement anéanti, ce n’est donc pas possible !”

Et concernant les circonstances de Reinhard, même sans rien de tel, il était suffisamment fort. Même si celui qui avait confié Regulus à Reinhard était Subaru lui-même, la façon dont Reinhard s’était battu lors de ce duel final ne pouvait être décrite froidement qu’en une seule phrase.

Un humain pouvait-il sauter avec une telle facilité au-dessus des nuages ? Même s’il ne pouvait pas du tout être classé comme humain, Reinhard était un Chevalier relevant d’une candidate de la Sélection Royale, tout comme lui.

Subaru : “Émilia-tan, aussi faible que je sois, s’il te plaît, ne me rejette pas.”

Émilia : “――? Je suis particulièrement dépendante de Subaru, pourtant ?”

Subaru : “Est-ce vrai ? C’est vrai ! À partir de maintenant et jusqu’à l’avenir, je travaillerai aussi de mon mieux !”

Émilia : “Mes excuses, ta soudaine précipitation sur le travail acharné est un peu déroutante…”

En tout cas, mieux valait arrêter de comparer ceci à cela. Ce serait faire la même chose que Regulus, qui ne pouvait agir en toute sérénité sans prendre les autres comme point de référence. Certes, il avait toujours été considéré comme un homme sans qualités à admirer, mais, contre toute attente, le traiter comme un cadre de référence négatif fonctionnait très bien.

Émilia : “…Tous les autres, est-ce qu’ils vont bien ?”

Subaru : “Reinhard est là pour ça. En toute honnêteté, tout le monde est plus fort que moi.”

Pour se confier à l’autre, ou plutôt pour que l’un s’appuie sur l’autre, l’expression maladroite de “foi” serait la plus appropriée.

Bien qu’appartenant à des factions différentes, qui allaient un jour s’affronter dans la lutte pour le trône, Subaru croyait toujours en eux. Malgré des personnalités, des capacités et des croyances différentes.

Au moins, il estimait qu’ils ne perdraient pas face à ces ignobles et irrécupérables types du Culte de la Sorcière.

Subaru : “――――”

De plus, si quelqu’un venait à échouer, si la vie de quelqu’un d’important était en danger――autant dire que Subaru devrait envisager d’utiliser la Mort Réversible. Même si le Contrat avec Roswaal n’existait pas, tant qu’il restait une petite chance de salut, ils seraient certainement sauvés.

Il détestait la douleur et la souffrance. Mais les tragédies étaient sûrement encore plus dignes de son dégoût.

Émilia : “Subaru.”

Subaru : “――――”

Ignorant ce que Subaru voyait alors qu’il envisageait la possibilité de mourir, Émilia s’était assise à côté de Subaru. Son corps était appuyé contre son épaule gauche tandis qu’elle caressait doucement sa tête baissée. Ça chatouillait. Mais il était difficile de s’en séparer.

Subaru : “Émilia-tan ?”

Émilia : “En ce moment, je partage les mêmes sentiments que Subaru. Bien que je m’inquiète pour tout le monde, mes propres forces sont épuisées. Même tendre la main est impossible. Alors moi aussi, permets-moi de prier avec Subaru ? Dans l’espoir que tout le monde puisse s’en sortir sain et sauf.”

Subaru : “――――”

Émilia : “Il n’y aura certainement aucun problème, car ils sont tous vraiiiiment forts, vraiiiiment intelligents et vraiiiiment travailleurs par rapport à nous.”

Afin de rassurer Subaru, Émilia réfléchit attentivement au choix de ses mots. Sa formulation lui ressemblait particulièrement et Subaru se détendit à son tour.

La foi. Avoir foi en tout le monde. Et Reinhard qui s’était déjà mis en route.

Immédiatement après avoir vaincu Regulus, Reinhard était parti aider ses compagnons. Un champ de bataille où il serait présent ne serait pas une source d’inquiétude.

Sans perdre une seule personne, ils souhaitaient accueillir le matin qui s’annonçait. Dans ce cas, capturant l’inquiétude de Subaru, il ne restait plus qu’un seul problème――

Émilia : “――――”

Aux côtés de Subaru, qui observait le ciel comme pour prier, Émilia regardait elle aussi à travers le plafond de l’église démolie pour contempler le ciel nocturne. Comme pour empêcher Émilia de le voir, Subaru serra fortement sa poitrine.

――En même temps que la mort de Regulus, il avait eu l’impression que quelque chose d’informe et de noir s’était glissé dans sa propre poitrine, en pulsant.

C’était sûrement la même chose qui s’était produite avec Petelgeuse à l’époque.

Il se contenterait donc, pour éviter qu’Émilia ne s’en aperçoive, de se taire.

Adresser des prières au ciel, se préparer, simplement se taire.


――Le temps revint en arrière, juste un peu avant que Regulus ne soit vaincu.

Une demi-heure auparavant, après que Subaru et les autres soient partis vers les tours de contrôle, et après qu’Otto, qui les avait salués, soit parti récupérer le Livre de la Sagesse.

C’était au moment où Otto et Felt avaient rencontré la Gourmandise et avaient commencé à se battre, c’était au moment où Garfiel et Kurgan avaient atterri dans le canal, c’était au moment où Wilhelm avait dévoilé la capuche de Thérésia, c’était au moment où Julius avait froncé les sourcils en entendant parler d’une rancune dont il ne se souvenait pas, c’était quand l’église où la fiancée qui avait été contrainte de se marier dans une farce de mariage avait été à moitié détruite, c’était au moment où les voies navigables au nord de la ville s’étaient soudainement enflammées――que l’Hôtel de Ville, où il ne restait plus que des non-combattants, avait été attaqué.

??? : “Kyahaha ! Il est temps pour cette charmante dame de faire ses débuts !”

Au dernier étage de l’Hôtel de Ville, qui en comptait cinq, une force phénoménale fit voler les murs en éclats sans qu’aucune résistance ne soit possible.

L’énorme vibration brisa les vitres de l’architecture et, combinée aux dommages causés aux fondations du bâtiment pendant la journée, elle causa maintenant des dommages mortels. L’Hôtel de Ville de Pristella, un bâtiment qui avait été le centre de la ville, était tombé en ruine en l’espace d’une seule journée, sans qu’il ne reste la moindre trace de sa gloire d’antan.

Cependant, la question de savoir si le rideau se refermerait sur lui au bord de la ruine dépendait de ce qui se passerait ici――et se déciderait en fonction du résultat.

??? : “Quatre tours correspondant à quatre écluses. Quelle que soit celle qui s’ouvre, la ville sera bel et bien inondée… Ne pas parier sur la possibilité de reprendre toutes les tours ne servirait à rien. Même si ça ne vous plaît pas, à vous les viandes pourries, vous avez quand même besoin de disperser vos forces et de mener une guerre totale, pas vrai ?”

Une voix qui assaillait les oreilles décrit longuement les circonstances actuelles de la ville.

Et puis, en écho, des voix opposées se firent entendre.

??? : “Tout le monde ! Soyez certains de survivre, afin de protéger cette ville !”

??? : “En utilisant nos forces, nous récupérerons les beaux paysages de notre ville !”

??? : “Nous qui défendons la justice, nous ne pouvons pas perdre !”

??? : “Le bien se paie par le bien, et le mal se paie par le mal. Cette bataille sera la victoire que nous attendons――!”

La voix sévère d’un jeune homme.

La voix brave d’une jeune femme.

Un cri d’une voix sévère d’un soldat masculin qui semblait tangiblement être celle d’un vétéran, un cri d’une naïveté rationnelle d’une jeune femme, encourageant tout le monde.

En tout cas, seule l’innocence de ces volontés implacables et sans honte avait prouvé ces lignes de discours inflexibles――seulement, la bouche qui abordait cela était unique.

??? : “Commeeeent~ se fait-il que vous soyez si peu enclin à réfléchir ne serait-ce qu’un tout petit peu~ ?”

Puis, de la bouche même qui avait prononcé ces mots efficaces, comme pour trahir toutes les remarques précédentes, insultantes et moqueuses, une voix, si enracinée dans la méchanceté qu’elle n’avait même pas l’intention consciente de les souiller, s’exprima ainsi.

Et puis, la propriétaire de la voix serra sa petite taille comme si elle voyait quelque chose de dégoûtant, secouant ses épaules d’avant en arrière.

??? : “Kyahahahaha ! Arrêtez arrêtez arrêteeeez~, s’il vous plaît ne faites pas ça ! Pourquoiiii~ cette charmante dame n’a-t-elle pas d’autre choix que de saluer ceeette~ justice qui dégage la même puanteuuuur~ que la terre et la sueur ? Viandes pourriiiies~, êtes-vous toutes réunies pour que vos cerveaux puissent bouillir en beautééé~ ?”

En élevant la voix, elle produisit un rire perçant comme une clameur.

Sans la capacité de se cacher, sans même l’intention de dissimuler sa malice, se trouvait cette voix, dont la source était une jeune fille qui n’avait pas encore atteint la maturité.

De grands yeux ronds et des lèvres fines et délicates, des cheveux blonds montant jusqu’aux épaules et des joues légèrement rougies, comme pour prendre la forme du concept de mignonnerie, ce visage ne semblait pas correspondre à l’éclat et à la fougue de la jeune fille. Vêtue de bouts de tissus qui n’étaient pratiquement que de la lingerie, oubliant le fait d’être une femme, pour une jeune fille dont les caractéristiques du corps humain n’étaient pas encore développées, cette tenue était bien trop exposée. Tout humain normal qui la contemplerait éprouverait un sentiment d’aversion.

Le but de la terrifiante jeune fille――ou plutôt, le but du monstre résidait là-dedans.

L’Archevêque du Péché du Culte de la Sorcière, représentant la Luxure, Capella Emerada Lugnica, un monstre dont le but était de ridiculiser le plus possible la morale et la dignité humaine, était présent.

Capella : “Il est pratiquement incompréhensible que vous ayez cru que cette charmante dame respecterait la bienséance et attendrait docilement dans la tour ! Être gentille au point de vouuuus~ autoriser à vivre ces jours-ci, c’est déjà de la charité ! Ce qui est appelé bataille consiste à ne pas permettre à l’adversaire de faire ce qu’il veut, et ensuite de faire précisément ce qu’il ne veut pas que vous fassiez. Ce genre de principe est compris même par les fleurs dans une seeeerre~, espèces de viandes immondes immondes immondes immondes.”

Au milieu de ces mots grossiers d’un ridicule insupportable se trouvait le monstre qui n’était mignon qu’en apparence. Capella.

Ce monstre, qui se tordait le corps en se palpant les joues, avait repris forme humaine dès qu’il avait réussi à s’infiltrer dans l’Hôtel de Ville et à pénétrer dans une salle voisine――à la rencontre de Capella se trouvait un Chevalier aux oreilles de chat, qui avait été plongé dans ses propos injurieux un peu plus tôt. Une femme aux cheveux longs était également allongée sur le lit derrière lui.

Il s’agissait de l’étage supérieur au corridor, où se trouvait la salle qu’occupait le duo maître-serviteur Félix et Crusch.

Félix : “Tu es l’Archevêque du Péché de la Luxure… !”

Félix s’écria d’une voix tremblante de rage, fixant Capella alors qu’il protégeait le lit. Capella pencha la tête sous le regard de Félix, puis observa le lit derrière lui avant de hocher la tête d’un air d’acceptation.

Capella : “Ahhhh~, d’accord d’accord, ton ressentiment est compréhensible. Elle aaaa~ en effet perdu contre le sang. Dès le départ, j’ai considéré que ça ne pouvait pas marcher. Mêêêême~ si j’estimais ça, cet échec est vraiment décevant. Le plus noble saaaang~ de Lugnica m’a induit en erreur et m’a fait espérer un tout petit peu.”

Félix : “Pourquoi imposer une telle chose à Crusch-sama ?! Que faut-il faire pour sauver Crusch-sama ?! Réponds-moi !”

Face à Capella, qui soupirait avec plus d’apathie que de déception, le visage mignon de Félix se teinta d’un rouge de colère tandis qu’il hurlait. Il brandit à deux mains l’épée courte de soldat qu’il portait jusqu’à présent.

Cette épée avait été gravée de décorations ornementales et de l’emblème d’un lion, ressemblant plus à un ornement de première classe qu’à une arme de combat. En accord avec les compétences immatures de Félix, elle ne permettait pas d’effectuer des attaques efficaces.

Capella : “S’agit-il d’un jouet ? Un cadeau important ? Quoi qu’il en soit, utiliser ses bras frêles pour agiter un teeel~ objet est assez daaaangereux~, petite fille… Non, hmm ?”

Capella, qui avait tiré la langue pour se moquer, coupa court à ses paroles en fronçant soudain les sourcils.

Capella : “Uwah, dégoûtant. Eh ? Toooon~ corps n’est pas très naturel. Clairement un homme, mais ce corps… Quelque chose qui aurait dû être enlevé ne l’a pas été, alors commeeeent~ es-tu devenu comme ça ? À première vue, c’est fondamentalement différent de ces pervers qui s’habillent en femmes ? Même cette charmante dame est déconcertée.”

Félix : “――Hk.”

Non seulement elle avait décelé le genre de Félix, mais Capella avait également manifesté du dégoût pour son caractère artificiel. Le monstre examina attentivement Félix de haut en bas, en faisant un geste délibéré.

Capella : “Cette façon de s’habiller, est-ce pour séduire d’autres hommes ? En tout cas, tout ce que ça vaut, c’est de faire comprendre la futilitéééé~ des humains. Les hommes sont tous des imbéciles, les femmes sont toutes des catins, et l’humanité dans son ensemble est une véritable poubelle… C’est ce que cette charmante dame a conclu de ses préférences.”

Félix : “Tu es bruyante ! Arrête avec les inutilités… Réponds maintenant à ma question ! Qu’as-tu fait exactement à Crusch-sama ?!?!”

Capella : “Ahhh~, vraiment, c’est vraiment ennuyeux.”

En direction de Capella avec qui il n’avait pas encore établi de dialogue, Félix poussa à nouveau un rugissement de rage, incapable de supporter la dérision. Capella détendit ses épaules en l’entendant, et, au bout d’un moment, le visage de la jeune fille se dissipa.

Félix : “――?!”

Devant Félix, qui inspirait avec stupeur, le corps de la jeune fille commença à se dissoudre et à se reformer.

Sa petite taille s’allongea comme dans un cauchemar, ses cheveux dorés et brillants commencèrent à changer de couleur. Le visage doux et tentant qui provoquait l’envie de le protéger de n’importe qui à sa vue devint sévère, et les vêtements ressemblant à de la lingerie se transformèrent en une tenue indigo.

Bien qu’il en ait été informé, c’était la première fois que ce processus de variation et de changement apparaissait devant Félix. Elle créait des cauchemars, transformait les corps de ceux qu’elle touchait en ce qu’elle souhaitait, et pouvait le faire sur elle-même également.

Et puis, face à la manifestation de ce cauchemar, Félix fut figé de stupeur.

Félix : “Ahh, uhh…”

Capella : “――Qu’y a-t-il de si surprenant ?”

Prononçant ces mots, caressant de longs cheveux verts, c’était le visage que Félix chérissait le plus.

La silhouette de Capella, qui se tenait maintenant devant lui sans bouger, avait pris l’apparence de la maîtresse bien-aimée de Félix. Le visage de Félix devint tout blanc, et même la main qui tenait l’épée courte se mit à trembler légèrement.

Capella : “Regarde ça, la férocité précédente a complètement disparu. Ce visage, ce corps, cette voix, sont devenus ainsi sous tes yeux.”

Le visage de Crusch se mit à rire, une chose qu’il n’avait jamais vue auparavant, et Capella s’avança lentement.

Elle atteignit le flanc de Félix, s’arrêtant à une distance telle qu’elle pouvait le toucher en tendant la main. Comme si elle songeait à quelque chose, elle pointa l’épée courte que tenait Félix vers sa propre poitrine.

La pointe de l’épée reposait juste au centre de la large poitrine de Crusch. En se penchant légèrement vers l’avant, l’épée transpercerait la poitrine, c’était la position dans laquelle ils se trouvaient.

Capella : “Ton ennemi méprisé est juste devant toi. Venge-moi. Ça fait mal, ça fait mal. Même respirer me procure de la souffrance. Je ne peux pas ouvrir les yeux. Ce n’est pas du sang qui coule dans ma poitrine, c’est quelque chose qui ressemble à du poison qui coule dans tout mon corps. Alors dépêche-toi, venge-moi――c’est ce qu’elle dit, tu sais.”

Félix : “Huu, huu… huuuuuu… !”

Capella : “Enfonce la lame d’un seul coup, remue la plaie comme tu veux et retire-la d’un seul coup. Le cœur sera alors détruit, les artères seront coupées et le sang jaillira en permanence. Tu peux la tuer.”

Les respirations de Félix commencèrent à devenir trop rapides, son regard commença à s’égarer.

Plus précieuse que l’or, la vie de l’ennemi de sa maîtresse lui était offerte sous ses yeux. Comme elle l’avait dit, une telle attaque pouvait vraiment être efficace. Il pouvait détruire son cœur. Il pouvait la tuer.

Néanmoins, précisément parce qu’elle portait ce visage trop familier――

Capella : “Poignarde, poignarde, poignarde, poignarde, poignarde, poignarde.”

Félix : “――――”

Capella : “Poignarde――!”

Félix : “Uhh, AHHHHHHHHHHHHHHHHHHH !”

Comme ordonné par une malédiction, l’épée de Félix transperça la poitrine.

La lame transperça le corps avec facilité, s’insinuant entre les os pour détruire le cœur qui s’y trouvait. D’une torsion de la lame, le bruit impitoyable d’un muscle tranché se fit entendre, et finalement, en même temps que le sang qui giclait, l’épée courte fut retirée.

Félix : “Haaaa, haaaaaaaaaa.”

Félix s’efforça d’éviter d’être taché par le sang qui jaillissait, reculant avec des respirations irrégulières. L’épée courte glissa de ses mains vers le sol, éclaboussée par le sang qui dégoulinait sur ce dernier.

Capella : “Haaaa, kaaaaaaa…”

Et puis, Capella, qui avait été poignardée à la poitrine, s’agenouilla sur le sol, crachant de grandes quantités de sang par la bouche. Elle avait encore l’apparence de Crusch, son visage douloureux taché de sang, ses yeux ambrés remplis d’incrédulité fixés sur Félix.

Capella : “Mal, ça fait mal… Pourquoi, pourquoi faire quelque chose comme…”

Félix : “C’est toi qui m’as poussée à poignarder… ! Qui m’a poussée à blesser Crusch-sama !”

Capella : “C’est douloureux, si douloureux… C’est trop impardonnable. Alors que j’avais dit des choses telles que t’apprécier, t’aimer… Nous nous aimions clairement mutuellement…”

Félix : “――! Ne dis pas des choses aussi ridicules ! Je ne partage pas ce genre de relation avec Crusch-sama !”

Capella : “Ah, vraiment ? Dans ce cas, l’interprétation du scénario lui-même était erronéééée~.”

Avec une expression franche, Capella utilisa une manche pour essuyer le sang sur son visage tout en se relevant.

Elle effleura la plaie sur sa poitrine, et la blessure fraîche disparut en un instant. L’expression tordue de son agonie disparut également, ne laissant qu’un soupir.

Capella : “En effet, si l’on veut jouer de la sorte, ça n’a pas de sens si ce n’est pas fait dèèèès~ le départ, pas vrai ? Quelque chose comme ça ? Un maître et un vassal qui s’aiment, et cette charmante dame qui ressemble à l’un d’eux, puis qui oblige l’un à tuer l’autre. Et puis dérouler la catharsis de l’amour, c’est ce qui était prévu à l’origine… un échec, un échec en effet.”

Félix : “En mettant en place une telle farce… Quelles sont tes intentions ? Que veux-tu de nous ?!”

Capella : “Rien de particulier ? Il n’y a paaaas~ beaucoup d’intention derrière, et il n’y a rien à vous demander. Observer un mari tuer sa femme, c’est quelque chose qui permet de tuer le temps. Je me demandais simplement si le fait d’avoir à ses côtés un Chevalier déguisé en femme était un tel passe-temps, dans une telle relation.”

Félix : “Ma promesse avec Crusch-sama n’est pas aussi superficielle que ça !”

Capella : “Exposer des choses comme les fétiches et la sexualité à la surface comme ça est quelque chose que cette charmante dame trouve plutôt frivole, tu sais ?”

Concernant Félix, qui ne pouvait s’empêcher de crier, Capella inclina la tête tandis qu’elle parlait. Puis Capella leva sa main droite, et sa forme extérieure changea à nouveau radicalement.

Sa paume prit une forme similaire à un pétale géant de fleur, et les tentacules qui s’étendirent envoyèrent voler le corps de Félix, avant de l’enchevêtrer et de le soulever, puis de resserrer leur emprise et de le plaquer contre un mur.

Félix : “Kah, huu…”

Capella : “Que je le voie ou que je le palpe, c’est pareil, queeeel~ corps à la fois si mince et si fragile. Si tu veuuuux~ tant devenir une femme, que dirais-tu si cette charmante dame te donnait un coup de main ? Entre les mains de cette charmante dame, ce ne serait qu’un jeu d’enfant. Que dirais-tu de te le faire enlever et de former tes trous en quelques minutes ?”

Félix : “Kuh… mon corps n’a aucune importance… Ce qui est plus important, c’est que Crusch-sama est… !”

Capella : “C’est d’un ridicule. Quelque chose comme valoriser l’autre par rapport à soi, que dirais-tu d’arrêteeeer~ de dire audacieusement des banalités. À ce propos, tu me demandes comment rétablir l’état d’origine d’un corps infecté par le sang ? Haa~, si une telle méthode existe, il faut dire que cette charmante dame seraaaait~ bien plus désireuse de la connaître.”

Le tentacule continua à se tordre avec force, provoquant des convulsions dans les extrémités délicates de Félix. Il écarquilla les yeux d’agonie et le bruit des os brisés qui se tordaient résonna dans la pièce.

Par rapport à la main droite qui avait pris la forme d’une plante carnivore, la main gauche levée prenait la forme de la faux d’une mante. Conservant les traits de Crusch, elle était devenue un monstre répugnant dont la main gauche était un insecte et la main droite une plante.

Même ainsi, ce visage ne portait aucune trace de changement, d’autant plus horrible qu’il restait paré de beauté.

Capella : “Te transformer directement en viande hachée serait également très divertissant, et cette charmante dame n’aaaa~ de toute façon pas beaucoup de temps à perdre. Avant que d’autres personnes indésirables n’apparaissent, il ne seraiiiit~ pas bon de ne pas s’occuper deeee~ toi et de ta maîtresse.”

Félix : “Uh, kuuu――”

Capella : “Cela dit, vous êtes vraiment d’une bêtise sans limite. Sans prévoir l’arrivée de cette charmante dame, même une stratégie de contre-attaque seeemble~ bien lente à se mettre en place. Jusqu’où faudra-t-il aller avant que…”

En disant cela, le visage de Capella, autrefois ravi, afficha à présent un léger froncement de sourcils. Comme si elle avait des doutes sur ce qu’elle venait de dire, elle attira Félix, toujours haletant, devant elle.

Capella : “Quoi qu’il en soit, n’est-ce pas un peu trop lent ? Même si cette charmante dame s’est infiltrée par le haut, ça prend trop de temps pour que d’autres arrivent à cet étage.”

Félix : “…Ah.”

Capella : “Vous êtes en train de préparer quelque chose, te dépêcher de tout révéler c’est pour ton bien, tu sais. Auuuutrement~, ta très, très, très précieuse maîtresse-sama va subir une transformation encore plus affreuse…”

La faux de Capella, qui partait de son poignet gauche, était pointée sur Crusch, qui gisait sur le lit, et Félix était contraint de faire un choix incomparablement cruel. En guise de réponse à cette question, ce fut la voix tremblante de Félix qui s’échappa,

Félix : “――Toi.”

Capella : “Ahhh~ ? Quelle façon d’implorer la clémence vas-tu…”

Félix : “Tu es une créature profondément… inutile.”

Capella : “Haa ?”

Des pupilles jaunes, empreintes de dégoût, fixaient Capella, et une phrase fut prononcée comme si elle avait été crachée.

Immédiatement après, les tentacules qui retenaient Félix commencèrent à dégager de la fumée, et les pétales se décolorèrent et pourrirent. Capella afficha une expression de surprise en observant son propre bras droit qui avait été rongé par la corrosion.

Capella : “Aaara ara~ ? Qu’est-il arrivé à la main de cette charmante dame…”

??? : “Eh bien, considère simplement que les personnalités malhonnêtes ne sont pas l’apanage de ton camp.”

Les tentacules se décomposèrent et le corps de Félix fut libéré.

Un autre son couvrit celui de Capella, qui tournait la tête. C’était une voix mignonne avec une cadence unique. Capella regarda dans la direction du lit d’où provenait ce son――au même moment, de la lumière inonda toute la pièce.

Un rayon blanc créa pratiquement l’effet d’un pic de température instantané. Ce rayon énergétique brûla le visage de Capella, détruisant toute la moitié gauche de son faciès.

La carbonisation de la moitié de son visage s’accompagna d’une odeur nauséabonde de chair brûlée, et Capella recula de plusieurs pas. Puis, tendant une langue serpentine pour caresser la surface de la blessure, elle sourit.

Capella : “C’est le visage d’un de tes propres alliés, et tu ne fais pas preuve de la moindre indulgence, heiiiin~… Eh bien, ce n’est pas comme siii~ ça avait eu beaucoup d’effet. La présence de quelqu’un ici était prévisible, ce n’est donc paaaas~ une grande surprise que les choses se soient passées ainsi.”

??? : “Quelque chose comme un allié est un malentendu. Nous sommes des concurrentes commerciales… Nan, plutôt des adversaires compétitives. De plus, nous ne menons pas une vie assez facile pour hésiter à attaquer même si nous apercevons le visage d’un adversaire.”

Capella : “Un allié conditionnel deviendra tôt ou tard un ennemi. Dans ce cas, le fait de viser particulièrement le visage était-il une manœuvre préventive délibéréééée~ ? Si c’est le cas, ta personnalité est peut-être un peu trop tordue.”

??? : “Je te l’ai déjà dit, les affaires et les questions personnelles n’ont pas été mélangées de la sorte. Si j’ai visé la tête, c’était uniquement pour voir si sa destruction pouvait s’avérer fatale, je l’ai espéré un instant, c’est tout.”

En disant cela, la personne qui sortit du lit poussa un soupir reflétant une espérance trahie.

À la place de Crusch, Anastasia avait été allongée sur le lit. Elle toucha ses propres cheveux ondulés colorés en vert, répondant par un léger sourire à Capella, qui avait survécu avec la moitié de son visage brûlé.

Anastasia : “Alors que je l’avais clairement espéré, il semblerait que tu ne sois pas morte.”

Capella : “Tu as l’air différente du genre de femme qui ne sourit que lorsqu’elle voit de l’aaaargent~. Mais quelque chose comme brûler sans hésitation la moitié du visage d’une femme, avec une personnalité dépassant une quantité raisonnable d’intérêt personnel, tu es vraiment une viande féminine à laquelle cette charmante dame pourrait s’intéresser !”

Anastasia : “Si une personne comme toi s’intéressait à nous, même nous, ici, nous éprouverions un peu de résistance. Tu vois, j’ai décidé que je préférais les longues fourrures soyeuses au toucher.”

Audacieusement, Anastasia répondit aux paroles du monstre Capella avec franchise. Avec une petite toux, elle s’approcha de Félix qui était près du lit, lui prit le poignet et l’aida à se relever.

En observant Félix aux yeux pleins de larmes, Anastasia s’exprima avec la question “Est-ce suffisant ?” comme préambule,

Anastasia : “Aucune information n’a été recueillie. Tout du moins, laissons de côté le cas de Crusch pour l’instant.”

Félix : “…Je comprends. Vous m’avez déjà accompagnée jusque-là, dans un pari aussi risqué.”

Anastasia : “Nous avons une part de responsabilité assez importante dans cette affaire, alors restons-en là.”

Même les capacités de Félix, le summum des guérisseurs du Royaume, ne pouvaient rien faire pour soigner l’actuelle Crusch. Pour la sauver, il n’y avait pas d’autre moyen que de trouver la cause et la solution auprès du responsable. Quant à la proposition de Félix, Anastasia n’avait pas pu la refuser.

C’était Anastasia qui avait invité chaque candidate dans la ville de Pristella. Et puis la situation avait pris une telle ampleur. Parce qu’elle était en partie responsable de l’affaire, Anastasia n’avait pas pu réfuter le plaidoyer de Félix.

Anastasia : “C’est vraiment décevant de constater que ça n’a rien donné malgré tout.”

Capella : “Pour être accablé d’attentes de la sorte, je vous présente mes plus sincères excuuuuses~, mais ces sentiments sont vraiment, complètement absents. Pourtant, il n’y avait aucune garantie que je me présente ?”

Anastasia : “N’y a-t-il pas eu une déclaration de Natsuki-kun ? Il semblerait que tu aurais agi en l’entendant.”

Envoyer la principale force de combat ailleurs en laissant le camp de base sans défense ne manquerait pas de susciter l’activité de l’ennemi. En premier lieu, le Culte de la Sorcière n’avait aucune obligation de les accueillir avec intégrité. En fait, cela correspondait au contenu du discours antérieur de Capella.

Anastasia : “Natsuki-kun est devenu naïf à un moment critique.”

Bien qu’il n’y ait en aucun cas une possibilité de garantie, en considérant strictement la nature des Archevêques du Péché, ceux qui seraient enclin à se montrer et à attaquer ne pourraient être que la Colère ou la Luxure.

Anastasia avait donc tendu un piège et permis l’attaque sur l’Hôtel de Ville. La véritable Crusch avait, bien sûr, été évacuée vers un abri proche avec les autres blessés.

Bien entendu, personne ne pénétrerait à cet étage supérieur. Les individus restant dans ce bâtiment, à part ceux de l’étage le plus élevé――

Capella : “…Hmmmph~, héééhé~. Les individus dont l’esprit va un peu trop vite sont un tantinet irritants pour les autres. Mais alors, ne sous-estimez-vous pas cette charmante dame ? Cet homme aux oreilles de chat là-bas, et cette petite dame ici, niiii~ l’un niiii~ l’autre n’ont l’air d’être capables de se débrouiller au combat.”

Anastasia : “Se faire traiter de petite dame est plutôt embarrassant. Même si je ressemble à ça, je suis techniquement une adulte.”

Face aux remarques de Capella, Anastasia répondit par un clin d’œil.

Capella : “C’est décidé. Ton beau visage est tout ce qui restera après que l’intégralité de ce qui se trouve en dessous de ton cou aura été transformé en sauterelle. Après ça, nous verrons si tu peux encore parler avec ta bouche grossièèère~, veux-tu ?”

Anastasia : “C’est plutôt horrible… Dans ce cas, mieux vaut faire nos adieux pour l’instant.”

Capella : “――――”

Le refus d’Anastasia surprit Capella, le camp menaçant. Anastasia tira sur ses cheveux encore verts et jeta un coup d’œil dans la pièce.

Anastasia : “Nous avons déjà dû le mentionner, mais nous t’attendions depuis le départ――dans ce cas, nous n’avons pas pu attendre sans faire de préparatifs.”

Immédiatement après avoir formulé cette déclaration, Anastasia frappa doucement le sol avec ses doigts.

Deux sons retentissants, comme une sorte de signal――et immédiatement après, des fissures apparurent sur le sol à hauteur des pieds de Capella, et le corps brisé de la jeune fille dégringola vers le bas.

Capella : “Oh là là~.”

Le bas de l’étage se déroba, et une ouverture similaire apparut dans l’étage où elle avait dégringolé. De cette manière, Capella continua à tomber étage par étage, faisant une chute de quatre étages en un seul souffle, avant d’atterrir dans une chambre souterraine située sous le premier étage.

Dans un bruit d’éclaboussure, le corps de Capella explosa.

S’écrasant sans défense sur le sol, le corps de la jeune fille fut complètement aplati sur la surface froide. Du sang jaillit de son visage, et ses membres étaient repliés et brisés avec une apparence misérable. Mais le corps qui était devenu un morceau de chair commença immédiatement à bouger lentement ses membres, et le cadavre de la jeune fille changea de forme comme une entité aqueuse et amorphe, et se leva.

La silhouette d’une femme séduisante apparut alors.

Vêtue de vêtements extrêmement révélateurs, elle exhibait sa chair généreuse sans la moindre pudeur, avec, chose rare, des cheveux noirs noués en trois tresses. Elle dégageait une aura dangereuse et une beauté qui troublait tous ceux qui la regardaient.

Qu’il s’agisse de Félix ou d’Anastasia, tous deux ignoraient à qui appartenait cette apparence. Tout d’abord, les deux personnes restées au quatrième étage n’étaient pas en mesure de voir sa transformation.

Ainsi, personne n’aurait dû réagir avec surprise à la vue de cette silhouette.

Capella : “Aah~, aah~, vraiment vraiment… celaaa~ ne va-t-il pas me rendre follement ravie, follement excitée ? Kyahahahaha !”

À la manière d’une mort agonisante et d’une manière qui ne pouvait ressentir l’agonie, Capella relâcha sa voix. Un son frivole, incongru avec son apparence mutante, résonna dans toute la salle souterraine de l’Hôtel de Ville.

Ombrageux, son air était à la fois froid et humide. Ce n’était pas seulement le paysage d’un sous-sol, mais une partie des nombreuses voies navigables réparties dans la ville――une partie des installations de gestion utilisées pour entretenir ces voies navigables.

De quelque part provenait le bruit de l’eau qui s’écoulait, et d’un autre endroit, au-dessus de la tête, une brise soufflait.

Capella : “En recevant un accueil aussi chaleureux, cette charmante dame est tellement excitée qu’elle se permet de changer librement la taille de sa poitrine. Pour qu’ils reviennent et les étreignent, pour qu’ils rectifient leur éducation dans les bras de cette charmante dame, pour qu’ils n’aiment jamais rien d’autre que cette charmante dame…”

??? : “Pas de retour possible.”

Capella : “――――”

Les joues teintées de cramoisi, Capella, exaltée au point de trembler, se fit barrer la route par un inconnu. Une voix grave retentit, une voix d’homme, étouffée et maussade.

En entendant cette voix, Capella leva la tête, et depuis les ombres souterraines émergea la silhouette d’une personne. En la voyant, son expression changea du tout au tout. L’expression extatique qu’elle arborait jusqu’à présent se transforma immédiatement en une expression de dégoût, tandis qu’elle fixait son adversaire du regard.

Capella : “Selon les valeurs esthétiques de cette charmante dame, les plus intolérables sont ceux qui essaient de cacher leur laideur, ne le sont-ils paaaas~ ?”

??? : “Je vois. Rassure-toi. Selon mes valeurs esthétiques, tes sentiments ne peuvent pas être tolérés non plus.”

Il répondit à Capella d’une manière apathique, poussant un soupir comme si quelque chose lui pesait. Et puis,

??? : “Ne l’as-tu pas entendu, là-haut ? Tes actions ont été percées à jour par cette malfaisante de notre camp. Ce qui revient à dire… En termes de malfaisance, comment peux-tu espérer triompher de la Princesse ?”

Tandis qu’il parlait, parallèlement aux notes graves de sa voix, le bruit d’un fourreau dégainé se fit entendre. L’épée attachée derrière son flanc avait été tirée de son fourreau, et une lumière paresseuse se reflétait sur elle depuis le trou situé au-dessus de leur tête.

Un homme avec un seul bras se tenait là. Une ombre coiffée d’un casque noir. C’était un homme étrange, vêtu de façon excentrique.

L’étranger qui faisait face à Capella pointa vers elle le dao qu’il tenait avec son unique bras.

(Note de Traduction : Cette épée est appelée “青竜刀”, ce qui signifie littéralement “Épée Dragon Bleu/Azur”, mais un nom plus précis et plus neutre serait un “dao chinois”. Le nom littéral pourrait toutefois avoir certaines implications. Plus d’informations sur ce qu’est un dao ici.)

Al : “Bien que je vienne à peine de te saluer, je suis d’une humeur massacrante aujourd’hui――avant que je ne meure, dépêche-toi de foutre le camp d’ici. Mollusque.”

Artiste du fan-art : Owari

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