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Web Novel • Arc 05

57Là où le cœur réside

――Une dizaine de minutes s’étaient écoulées depuis que Subaru avait laissé sa vie entre les mains du destin.

Regulus : “Allez ! Efforce-toi de faire quelque chose pour une fois, et si tu mourais ici docilement ?”

Subaru : “Uwaaah !”

Regulus donna un coup de pied dans le bâtiment, le découpant avec une précision terrifiante, et sans son soutien, il s’écroula, impuissant.

Le nuage de débris accompagnant l’effondrement emplit les environs, et Regulus, dont la propre vision allait se troubler, claqua la langue avec impatience――écoutant ces petits bruits, Subaru retourna sur le champ de bataille, ayant épuisé ses pièges improvisés.

Regulus : “Tu te déplaces sans cesse… Tu n’as pas la moindre intention d’attaquer de front ? Je me fiche éperdument de ta relation avec cette pute, mais est-ce une façon de se battre pour quelqu’un qui prétend être son Chevalier ou quoi que ce soit d’autre ?!”

Subaru : “Dis ce que tu veux, parle jusqu’à ce que tu sois satisfait !”

Regulus : “Te voilà !!”

Si Subaru tentait de se défendre contre Regulus, qui ne cessait de marmonner avec malice, il recevrait en retour une poignée de sable qui mettrait fin à ses jours.

Dès l’instant où Subaru s’échappa loin de la poussière meurtrière projetée sur lui, les débris derrière lesquels il se cachait furent vaporisés.

Le fait d’être frôlé entraînerait des blessures mortelles, et un seul coup signifierait une mort instantanée.

Jusqu’ici, les attaques de Regulus avaient toutes miraculeusement manqué. Comme un contact signifierait instantanément la fin, remercier la chance pour cela serait un peu inapproprié.

Subaru : “Concentre-toi ! Concentre-toi ! Concentre-toi――”

Essoufflé, essuyant sa sueur, il concentra toute son attention pour se préparer à l’évasion.

La poussière qui s’élevait tachait son visage, et Subaru cracha une gorgée de salive, teintée de la poussière qui s’était accumulée dans sa bouche.

Il mit en pratique les résultats de son entraînement au parkour.

Contrairement aux jours où son exercice avait été sans but, le nouveau sens de l’objectif et des aspirations avait eu un impact énorme sur l’état d’esprit de Subaru. Dans la forêt près du nouveau manoir Roswaal, répété tous les jours, au point d’en être malade――le temps passé n’avait pas été inutile.

Subaru : “Hah, peu importe, hah, je ne suis qu’un gars qui peut tout au plus s’amuser avec un bâtard doté de l’habileté d’un amateur… !”

Quand bien même, il s’agissait d’un Archevêque du Péché du Culte de la Sorcière.

Compte tenu de la situation de la bataille et des capacités personnelles de Subaru, dire qu’il accomplissait quelque chose de spécial ne serait pas exagéré.

Pour que Pristella puisse s’échapper en toute sécurité des mains sinistres du Culte de la Sorcière, quoi qu’il arrive, il essaierait de contribuer un peu plus――

Subaru : “Donc… !”

Regulus : “Vas-tu continuer à essayer de tuer le temps par ce biais, penses-tu sérieusement que quelqu’un comme toi puisse réussir à faire quoi que ce soit ? Tu es juste un individu qui a compris un peu le mécanisme de l’Autorité de l’Avarice, mais ne crois pas que ça te donne la capacité de me tenir tête !”

Sans même avoir le temps de reprendre son souffle, Regulus, furieux, augmenta l’ampleur de sa destruction. Regulus ne se souciait plus des dommages collatéraux qu’il causerait pour tuer Subaru.

La ville de Pristella, qui était réputée pour la beauté de ses paysages, perdait peu à peu de sa superbe à cause des crimes violents du Culte de la Sorcière.

Le pont en pierre qui enjambait la voie navigable fut brisé, le magasin méticuleusement décoré de verre fut détruit. Trouvant un étrange sentiment de beauté dans le scintillement du verre, si discordant par rapport à la scène, Subaru crut en sa jambe droite, et interpréta l’élan de la destruction comme un signal de fuite.

Ironiquement, de sa jambe droite jaillit une vague de puissance. Absolument noire, infectée par quelque chose d’inconnu, cette jambe droite était actuellement la bouée de sauvetage de Subaru.

S’élançant avec son fouet, il s’accrocha à la gouttière de l’immeuble juste à côté de lui. Croyant en la force ligotante de son fouet, Subaru piétina durement le sol, traversant les rues en courant le long du mur――passant à côté de Regulus comme pour forcer spécifiquement le malfaiteur à l’observer avec des yeux écarquillés, et il tira la langue pour une provocation supplémentaire.

Regulus : “Toi !! Tu n’as aucune idée de ce que tu vaux !!”

La pierre lancée depuis son bras oscillant vola au loin, manquant complètement Subaru, qui s’enfuit en utilisant l’élan acquis en tirant sur son fouet.

Sans même envisager une attaque, il essayait simplement de s’échapper.

Ceux qui avaient péri aux mains de l’Avarice étaient morts à cause de leur courage excessif. Faible, fragile, et timidement insistant pour s’échapper. Une telle personne ne pouvait certainement pas perdre.

Ainsi, ce malheur pourrait être effacé ici. Dans ce but――

Subaru : “Toujours pas, Émilia ? ――Le Cœur de ce type !”


Émilia : “Quelqu’un avec un indice… il n’y a personne ?”

Devant les épouses à qui elle avait demandé de coopérer, Émilia se mordit la lèvre en recevant un rapport d’urgence.

Les cinquante-trois épouses rassemblées se jetèrent des regards en coin à la question d’Émilia, avant de secouer docilement la tête.

??? : “Je te présente mes excuses les plus sincères. Le fait de mettre de côté le contrôle de cet homme et de vouloir t’aider est certainement sincère. Seulement…”

Inclinant la tête avec remords, c’était la représentante des épouses――la femme blonde qui répondait au nom de Sylphy.

Parmi toutes les épouses de Regulus, elle était celle qui était la mieux informée de leur situation actuelle, et donc, elle était devenue une sorte de représentante.

Sylphy : “J’ai du mal à croire que cet homme nous ait confié quelque chose d’aussi important. Bien que cet homme nous appelle des épouses et des mariées et tout le reste… il n’a jamais agi comme si nous étions mari et femme.”

Émilia : “Je vois bien que Regulus est quelqu’un de vraiiiiment problématique, mais ce que tu dis n’est pas possible. Le Cœur de Lion… de Regulus vous a définitivement été confié.”

Même si Sylphy avait commencé à se décourager à cause du manque d’indices, Émilia ne se laisserait pas abattre aussi facilement.

Au bout du compte, Sylphy et les autres épouses, de leur propre volonté, avaient trouvé la résolution d’échapper à l’emprise de Regulus. Ce n’était que le début de leur détermination. Se décourager dès ce premier pas était absolument inadmissible.

Quant à Émilia, elle croyait en Subaru sans le moindre doute.

Subaru était extraordinaire. Non seulement il était au courant de tant de choses qu’Émilia ignorait, mais il savait mettre ses connaissances et sa vivacité d’esprit au service d’une solution, quelle que soit l’adversité à laquelle ils avaient dû faire face par le passé. C’est pourquoi Émilia n’avait aucun doute quant à ses soupçons sur le fait que l’Autorité de Regulus était le Cœur de Lion.

Cela ne signifiait pas qu’elle agissait de manière irréfléchie ou avec une confiance aveugle. Ce n’était pas parce qu’il s’agissait de Subaru que tout irait bien. Même Subaru faisait des erreurs, et il lui arrivait d’échouer.

Cependant, cette erreur pouvait être corrigée. Ou bien elle prendrait sa main, et deviendrait une force qui pourrait l’aider, c’était devenu une source de confiance d’Émilia à son égard.

Émilia : “Subaru pense que le Cœur de Lion doit résider dans les épouses…”

Se touchant le menton, comme perdue dans ses pensées, Émilia se souvint du mystère de l’Autorité de l’Avarice que Subaru avait partagé avec elle.

――Une Autorité qui pouvait arrêter le temps d’un objet, qui pouvait le rendre inaltérable.

Bien qu’elle ait d’abord pensé qu’un tel pouvoir était inconcevable, elle trouvait que trop de choses concordaient avec cette explication.

Cela pourrait-il vraiment exister dans la réalité ? Plutôt qu’une incertitude, il vaudrait mieux dire que――

Émilia : “Il y a un pouvoir vraiiiiment mystérieux à l’œuvre.”

Apparemment, c’était quelque chose d’encore plus irrationnel qu’une Protection Divine. Malheureusement, Émilia, qui ne disposait pas elle-même d’une Protection Divine, ne pouvait pas comprendre le pouvoir unique inhérent aux personnes dotées de Protections Divines.

Toutefois, chez Regulus, elle pouvait sentir quelque chose de similaire. Ces Autorités étaient bien plus féroces et laides qu’une Protection Divine.

Émilia : “Le cœur, le cœur…”

Pour Émilia, le pire scénario serait que l’une des épouses soit véritablement une confidente, liée au véritable cœur de Regulus. Cette véritable épouse prendrait alors le parti de Regulus et cacherait son cœur à Émilia.

Émilia : “――――”

Laissant de côté la contemplative Émilia, les mariées se rassemblèrent autour de Sylphy, scrutant leurs précédentes conversations à la recherche d’indices.

Les yeux améthyste d’Émilia scrutaient attentivement leurs visages, tandis qu’elles engageaient la discussion avec des visages sérieux.

En même temps, elle avait demandé aux Esprits Mineurs de rechercher des changements dans leur corps. Ces Esprits Mineurs n’étaient pas particulièrement sensibles aux changements chez les gens, donc leur comportement, comme pour tester ceux qui avaient demandé une coopération, était décidément désagréable.

Cependant, ses doutes avaient depuis longtemps dépassé le niveau que des sentiments tels que “je ne veux pas douter” pouvaient freiner.

Esprits : “Mmm…”

Les Esprits Mineurs donnèrent une réponse.

Il n’y avait pas de réaction notable de la part des épouses, mais elle n’en était pas sûre. D’après ce qu’Émilia avait pu constater, aucune épouse ne servait de confidente à Regulus, du moins extérieurement.

Dans ce cas, la seule autre possibilité qui venait à l’esprit était――

Émilia : “Eh ?”

Sentant soudainement qu’on lui tirait les cheveux, Émilia releva immédiatement la tête.

Devant ses yeux, dansant dans le champ de vision d’Émilia, se trouvait un Esprit Mineur qui brillait d’une lumière bleue. L’Esprit Mineur qui aurait dû être associé à l’une des mariées, se balançait dans les airs comme s’il voulait transmettre quelque chose à Émilia.

En suivant des yeux la trajectoire de l’Esprit, elle constata qu’il se trouvait maintenant face à Sylphy. Elle aussi travaillait dur actuellement, en tant que chef d’orchestre du chœur de la révolte des épouses contre Regulus.

L’Esprit Mineur s’était enroulé autour de son dos, flottant comme s’il montait et descendait en signe d’appel.

Émilia : “Hey, as-tu un moment pour parler ?”

À l’interpellation d’Émilia, avec une expression de surprise, Sylphy se retourna. Émilia s’avança vers elle, jetant furtivement un coup d’œil à l’Esprit Mineur qui soulignait sa présence, au niveau de la poitrine de la femme blonde.

Sylphy : “Qu’y a-t-il ?”

Émilia : “Excuse-moi une seconde.”

Aucune personne en dehors d’Émilia ne pouvait voir les Esprits Mineurs, dépourvus de forme physique. Ainsi, les Esprits Mineurs avaient beau essayer de communiquer, leurs appels désespérés ne pouvaient atteindre personne d’autre qu’Émilia.

Ainsi, lorsque Émilia porta soudainement une main à la poitrine de Sylphy, cette dernière reporta son regard sur Émilia, choquée.

Sylphy : “Eh ? Eheheh ?”

Émilia : “Attends un peu, s’il te plaît reste silencieuse. Je suis en train de vérifier quelque chose.”

Sylphy : “Qu’est-ce que tu vérifies, hey, qu’est-ce que tu vérifies… ?”

Les joues rougeoyantes, Sylphy interrogea Émilia sans pouvoir masquer sa surprise.

Émilia répondit alors à Sylphy d’un air sérieux.

Émilia : “Le rythme de ton cœur.”

Sylphy : “――!”

Émilia : “C’est parce que je suis une Spiritualiste. Bien que mon partenaire contractuel initial soit actuellement absent, je peux toujours communiquer avec les Esprits Mineurs. J’ai demandé à ces Esprits Mineurs d’examiner les corps de tout le monde et j’ai reçu la réponse que seul ton rythme cardiaque était étrange.”

Sylphy : “Mon cœur… ?”

Sylphy avala une gorgée de salive.

Son expression était entièrement faite de surprise et d’incrédulité. Le choc n’était qu’une évidence. Après tout, elle venait juste d’entendre un bref résumé du Cœur de Lion, avant d’apprendre que son rythme cardiaque avait changé.

Et si les choses en étaient arrivées là, il n’y avait qu’une seule explication――

Émilia : “C’est terrible… Regulus combine son cœur avec celui d’une personne qu’il prétend être son épouse… !”


??? : “Quelle que soit la manière dont on considère la chose, bien que tu arbores l’image de la vertu en récitant ta respectable rhétorique, l’origine de l’idée que ta bataille pour gagner du temps porterait réellement ses fruits est un mystère complet pour moi. Et bien que je ne sache pas comment tu as pu conceptualiser mon Autorité, mais maintenant que tu l’as clairement comprise, pourquoi voudrais-tu quand même continuer à te battre ?”

Alors qu’il jetait un coup d’œil sur Subaru ensanglanté, les joues de Regulus se soulevèrent, en signe de fierté de sa victoire.

Effondré sur le sol, allongé à côté des décombres d’un immeuble, respirant péniblement, la moitié du visage de Subaru était maculée de sang frais.

Subaru : “Ah, guh…”

Regulus : “Bien que je t’aie laissé courir ici et là, tu es vraiment ennuyeux après être tombé. Eh bien, il fallait s’y attendre. Il devait en être ainsi. Compte tenu de la différence entre toi et moi, il s’agit simplement de récolter la moisson une fois qu’elle est terminée. Sur ce, enfin, sans états d’âme désagréables, la fin est arrivée.”

S’approchant de Subaru, les talons de Regulus écrasèrent les pierres qui jonchaient son chemin. Son Autorité était toujours active, comme s’il voulait attirer l’attention sur elle.

Regulus : “En résumé, ne ressens-tu pas que c’est la faute à ton arrogance démesurée ? Jusqu’à présent, il y a eu beaucoup de personnes comme toi, qui voulaient me battre ou se lancer dans une bataille contre moi. Mais aucun d’entre eux ne m’a jamais touché. C’est le destin de ceux dont les désirs sont plus grands que leurs capacités, une loi absolue de la nature. Tu comprends ?”

L’Archevêque du Péché de l’Avarice, en discutant de la nature du désir, affirma son mépris envers ceux qui laissaient un désir excessif les immoler.

Avoir du désir créerait une lutte dépourvue de sens. Avoir du désir créerait une famine sans limite. Avoir du désir créerait une impitoyabilité sans limite.

C’était précisément pour cette raison qu’il était précieux d’être sans besoin et sans désir. L’optimal serait de souhaiter la pureté et la pauvreté, et de s’imposer la vertu.

Regulus : “Se contenter du présent est suffisant, mais vouloir ce qui est au-delà de ses propres capacités mène à sa propre destruction. En vous rassemblant les uns après les autres, mais en refusant d’apprendre, vous n’êtes qu’une bande de créatures sans espoir.”

Avec un soupir, Regulus passa une main dans ses cheveux blancs, secouant la tête comme s’il était ivre des affres d’une tragédie.

Cependant, le chagrin dans cette voix n’était pas de la comédie. Regulus était, plus ou moins, du fond de son cœur, en train de déplorer et de soupirer devant la bêtise de Subaru et de tous les autres.

C’était la voix bien-pensante et indétectablement solitaire de quelqu’un d’omnipotent.

Subaru : “Avant… que je ne meure… ta… capacité…”

Regulus : “Hah ? Ahhhhh, quelque chose pour se sentir en paix au moment de mourir, c’est comme ça qu’on dit ? Je te fais confiance pour connaître quelque chose d’aussi archaïque. Tu m’as surpassé dans le domaine des connaissances sans intérêt, c’est ce que tu essaies de dire ?”

Regulus rit en observant Subaru, dont la respiration semblait sur le point de s’interrompre, ne souhaitant qu’une réponse à sa dernière question concernant son Autorité. Sans la moindre échappatoire, il ne restait plus qu’une mort imminente à sa triste existence.

Regulus : “Eh bien, tu es déjà parvenu aussi loin. À la toute fin, je vais récompenser ta petite personne pour ses efforts. Je vais te dire que tout ce temps que tu as essayé de gagner jusqu’au dernier moment, n’avait aucun sens.”

Subaru : “Aucun sens… tu veux dire…”

Regulus : “C’est très simple. Mon Cœur, que toi et cette femme cherchez, est en effet porté par mes épouses――mais ni moi ni aucune d’entre elles ne savons qui le porte. Des droits égaux, un amour équitablement divisé, et les responsabilités et obligations qui leur incombent le sont également.”

Face à l’étonnement de Subaru, Regulus haussa les épaules avec un “Eh bien, c’est un peu comme ça ?”.

Regulus : “Pour ceux qui ont assumé plusieurs épouses, les traiter toutes sur un pied d’égalité est une évidence. Je ne peux exercer mes droits que parce que je peux le faire, c’est un peu logique. En d’autres termes, je risque ma vie en manifestant constamment mon amour pour elles.”

Subaru : “Et les épouses ne savent pas qu’elles ont ce Cœur ?”

Regulus : “Ce n’est pas comme s’il y avait une raison particulièrement compliquée à cela――personne n’est constamment conscient du son de son propre battement de cœur, je me trompe ?”

En observant Regulus, qui riait la bouche ouverte, Subaru comprit.

La méthode avec laquelle Regulus cachait son cœur, cette méthode vicieuse.

À la fois simple et efficace, et surtout impossible à appréhender.

Subaru : “Avec ton Cœur et le cœur de tes épouses, tu… !”

Regulus : “La gestion des biens du mari fait en effet partie des obligations de l’épouse. Mais vois-tu, je suis un homme altruiste. Tout d’abord, je n’ai pas autant de biens insignifiants que des personnes comme toi. Et donc, ce que j’ai confié à mes femmes, c’est mon existence même… Une telle magnificence, n’est-ce pas l’essence même de l’amour matrimonial ?”

――Dégoûtant.

L’Autorité de Regulus était consciemment impitoyable. Sans malice, sans condamnation, il pensait que c’était l’ordre et le processus naturels.

Subaru avait émis un certain nombre de théories sur les méthodes par lesquelles le Cœur de Lion avait été caché, avant d’envoyer Émilia à l’église. Cependant, ce n’était pas l’une d’entre elles.

De plus, personne ne pouvait le briser――

Subaru : “Quelque chose qui dépasse la raison… Émilia, elle ne pouvait rien faire.”

À l’instant, si ce dont Regulus s’était vanté avec un visage plein de fierté était en fait l’étendue complète du pouvoir du Cœur de Lion, alors il devrait encore y avoir une méthode pour le percer. Si cela pouvait être transmis à Émilia, avec son pouvoir, elle pourrait s’en occuper en toute hâte.

La question n’était pas celle de la possibilité, mais celle de la justesse.

――C’était le choix entre la vie et la mort.

Regulus : “Hah ? Hey, tu…”

En se levant avec une expression de dégoût, Subaru fixa Regulus, ce dernier affichant un regard incompréhensif face à l’action de son interlocuteur.

Ayant été pris dans la démolition de la ville, Subaru, qui semblait jusqu’à présent au bord de la mort, balaya la poussière sur ses genoux en se tenant debout, toujours en le fixant du regard. Après un moment, Subaru leva les sourcils avec un “Ahh”, en remarquant l’incrédulité de Regulus.

Subaru : “Jouer au mort… Ah, non. Jouer à être sur le point de mourir. Comme une pierre volante m’a entaillé le front, j’ai voulu essayer, c’est tout.”

S’appliquer du sang sur le visage et faire semblant d’être à l’agonie, avait mené à ceci. Avec un visage souriant, Subaru regarda Regulus, qui s’était trouvé au creux de sa main depuis le départ.

Subaru : “J’avais confiance en toi. Tu es vraiment le genre de personne qui, après avoir trouvé un ennemi mourant, se vante avec arrogance de sa victoire en radotant sans arrêt.”

Regulus : “――TOIIIIIII !”

Subaru : “Whoa !”

Se soulevant d’un bond, le corps de Regulus s’élança en ligne droite vers l’avant.

Avec une vitesse incroyablement agile, et des mouvements d’une désinvolture crasse, il volait en ligne droite. En ce rare instant, Regulus pouvait atteindre une accélération qui pourrait même choquer Reinhard.

Toutefois, le mécanisme n’avait été compris qu’après la révélation de l’Autorité.

Subaru : “Fuuu !”

Accélérant avec son pied droit, sans hésitation son corps s’envola vers la gauche. L’objectif de Regulus était de percuter Subaru de plein fouet, mais il fut contrecarré par la limite de la linéarité.

En résumé, les capacités surhumaines momentanées de Regulus résultaient de l’application d’un gel temporel sur sa forme physique. Il s’agissait d’une Autorité qui permettait au temps de son corps d’être coupé du monde, et de ne plus être interféré. S’il attaquait soudainement de cette manière, que ce soit la gravité, la résistance de l’air ou l’inertie, rien ne pourrait l’arrêter.

Ce n’était pas toujours en vigueur, ce qui devait être le cas parce qu’il y avait des restrictions――

Regulus : “――Guh, espèce d’enfoiré !”

Subaru : “Celui qui veut crier, c’est moi… ! Je dois trouver un moyen d’atteindre Émilia, d’une manière ou d’une autre…”

La localisation du cœur de Regulus devait absolument être communiquée.

La communiquer et faire un choix. Quelle méthode y avait-il――

Afin de sauver la ville, Émilia était nécessaire.

Subaru : “Émilia…”

Contrairement à Regulus qui prenait de l’élan, Subaru regardait en direction de l’église où devrait se trouver Émilia.

Au milieu de la ville en ruine et effondrée, se dressait une église à moitié détruite, que les conséquences des actions de Regulus avaient à peine atteintes.

――Et cet endroit, à l’instant suivant, fut englouti dans un éclat bleu et blanc.


Les cœurs des épouses ne faisaient qu’un avec celui de Regulus.

Les conclusions d’Émilia provoquèrent des frémissements chez toutes les épouses environnantes qui l’entendirent. La plus touchée fut Sylphy, qui s’était retrouvée réceptacle du cœur partagé de Regulus.

Sylphy : “Mon coeur… et… ?”

Après que la main d’Émilia soit retombée, le visage de Sylphy blêmit et elle recula pas à pas. La femme qui se tenait derrière elle posa avec inquiétude sa main sur le dos de Sylphy,

Sylphy : “Ne me touche pas !”

L’instant d’après, Sylphy prit la parole par réflexe en déployant un bras. Comme pour éloigner les autres femmes d’elle, en gardant cette posture, elle observa Émilia.

Sylphy : “Es-tu sûre qu’il n’y a pas d’erreur ?”

Émilia : “L’Esprit Mineur dit que ce n’est pas naturel. Je peux également ressentir un léger sentiment de chevauchement dans le son de ton battement de cœur.”

Sylphy : “――――”

Sylphy posa une main sur sa poitrine, fermant les yeux comme pour confirmer ce que venait de dire Émilia. Alors que la vitesse, la force et l’intervalle des battements de son cœur résonnaient dans sa gorge, elle poussa un profond soupir.

Sylphy : “Je vois… à quel point, à quel degré, il veut piétiner l’esprit des autres, cet homme !”

Émilia : “Attends un peu, qu’est-ce que tu fais ?!”

Affichant un sourire incroyablement sec, Sylphy s’avança dans les profondeurs de l’église. À moitié détruite par l’attaque de Reinhard, dans un coin de l’église se trouvaient des éclats éparpillés du vitrail, d’un verre délicieusement taillé.

Sylphy arracha un fragment de verre et fit demi-tour.

Sylphy : “Tu comprends, pas vrai ? La nature de cet homme. Imposer ses faiblesses aux autres et leur imposer des décisions.”

Émilia : “Des décisions… qu’est-ce que tu racontes ?”

Sylphy : “Afin d’arrêter le cœur de cet homme, arrêter le mien est le seul moyen possible. Comme le dit cet homme, “jusqu’à ce que la mort nous sépare”, n’est-ce pas le cas ici ?”

Tout en jouant avec le morceau de verre, Sylphy parla d’une voix désinvolte. Émilia comprit ce qu’elle voulait dire, tout en captant le message sous-jacent. La révélation de Sylphy et la malice de Regulus.

Émilia : “Attends, tu ne peux pas ! Il doit y avoir quelque chose, il doit y avoir un autre moyen…”

Sylphy : “Un moyen aussi pratique, crois-tu vraiment qu’il existe ? Nos cœurs étant déjà unis, arrêter le battement du cœur de cet homme sans arrêter le mien ne peut être possible… et――”

Émilia : “N’abandonne pas aussi facilement ! Si je peux permettre une telle chose, pourquoi ai-je… Pourquoi ai-je quitté cette forêt… !”

Une fois de plus, il y aurait des sacrifices.

À cause du manque de pouvoir et de connaissances d’Émilia, un sacrifice allait une fois de plus se produire devant elle. Comme tout le monde dans la forêt. Comme Fortuna ou Geuse. Pour compenser ce qu’Émilia ne pouvait pas atteindre, tout le monde, sauf Émilia, avait tendance à user de sa vie.

Sylphy : “Les journées passées à servir d’épouse à cet homme… ont été vraiment pénibles.”

Désespérément, Émilia se demanda s’il y avait une autre solution.

Pendant ce temps, le cœur de Sylphy se calmait peu à peu, et avec la clarté de l’approche de sa fin, elle commença lentement à devenir plus résolue.

Sylphy : “Pour éviter de déclencher la colère de cet homme, j’ai désespérément fait de mon mieux. Je laissais passer toutes les atrocités commises par cet homme, j’accueillais les nouvelles mariées… ces filles, qui étaient dans la même situation que moi. Quoi qu’il arrive, je voulais les protéger. Comme celle que j’ai rencontrée la première fois, comme celles qui m’ont précédée et qui les ont protégées…”

Agissant en tant que représentante des épouses, se présentant devant toutes les autres quoi qu’il arrive, le véritable objectif de Sylphy était désormais clair.

Avant elle, il y en avait eu d’autres. Quelqu’un qui s’était tenu au premier rang de toutes ces femmes saisies avait déclenché le courroux de Regulus. Et Sylphy avait repris cette volonté, car même maintenant, ces épouses restaient immobiles.

Sylphy : “Même si nos esprits étaient souillés par cet homme, parce qu’il ne toucherait jamais nos corps… Assurément, si les deux avaient été souillés, nous aurions été très vite incapables de le supporter. Ainsi, jusqu’à aujourd’hui, quel que soit le langage, la voix ou le comportement de cet homme, nous avons enduré et enduré et enduré et enduré et enduré et pourtant… !”

Arrivée à ce point, Sylphy, qui se mordait les lèvres, releva le visage. Dans ses yeux, il y avait de grosses gouttes de larmes, ainsi qu’une rage brûlante, assez brûlante pour évaporer même ces larmes.

Sylphy : “La main de cet homme… Elle a même entaché mon corps ! Je croyais pouvoir au moins protéger mon corps, mais ce que je voulais tant protéger n’a jamais été sauvé en premier lieu ! Nous avons toujours été les servantes de cet homme !”

Des larmes coulèrent tandis qu’un rugissement de son âme s’arrachait à elle, et la main de Sylphy pleura du sang. Le verre qu’elle tenait fermement avait traversé la paume de sa main, et bien qu’elle fronçait les sourcils sous l’effet de la douleur, les coins de sa bouche se détendirent rapidement de façon pitoyable.

Artiste du fan-art : ???

Sylphy : “Puisque la moindre blessure est atypique sur une femme, le moindre hématome signifierait la mort des mains de cet homme… Cette blessure est ma liberté.”

Émilia : “――――”

Sylphy : “Ce n’est en aucun cas de ta faute. Je te suis incroyablement reconnaissante. Se venger de cet homme, pour chaque jour jusqu’à aujourd’hui, c’est une excellente façon de faire qui ne peut être trouvée nulle part ailleurs.”

Avec un léger sourire adressé à Émilia, Sylphy jeta un regard vers les autres épouses――jeta un regard vers celles qui pouvaient être appelées ses compagnes.

Puis, serrant le verre dans sa main droite avec sa main gauche, elle le pressa contre sa poitrine.

Sylphy : “Si je meurs, son cœur sera transféré à quelqu’un. C’est une certitude. Cet homme ne se contenterait pas seulement de moi comme bouclier pour son cœur. De cette façon, tout le monde n’a aucune raison d’ignorer l’obstination de cet homme.”

Épouse 1 : “Il en sera certainement ainsi.”

Laquelle des épouses avait murmuré cela aussi doucement était inconnu.

Comme pour approuver les propos de Sylphy, l’épouse qui avait répondu émergea de la foule. Une femme aux longs cheveux châtains, elle s’empara elle aussi d’un des éclats de verre éparpillés sous les pieds de Sylphy.

Épouse 1 : “J’ai moi aussi envisagé la mort à plusieurs reprises. Même en vivant ainsi, je ne peux pas dire que je suis vraiment en vie. Je préfère retrouver ma famille dans l’au-delà…”

Épouse 2 : “La raison pour laquelle je ne l’ai pas fait tenait au fait que je ne voulais pas mourir. Même si je devais être libérée de cette douleur, je ne garderais aucun souvenir heureux de ma vie.”

Épouse 3 : “Mais si mourir… Si cette vie pouvait apporter la vengeance sur cet homme… Si ma mort n’était pas quelque chose de dénué de sens…”

Les unes après les autres, les épouses s’avancèrent et prirent des éclats de verre. Les mariées contemplaient ces bords tranchants, comme si elles y voyaient leurs espoirs. Avec les mots d’Émilia comme opportunité, les épouses avaient trouvé leurs espoirs, trouvé quelque chose à quoi leur vie pouvait être consacrée.

Sylphy : “Merci, nous te sommes infiniment reconnaissantes――cet homme, en dehors de nous, n’a vraiment pas d’autres épouses disponibles. C’est quelque chose que je peux absolument garantir. Alors, je te le demande.”

Émilia : “――――”

Sylphy : “S’il te plaît, assure-toi de nous aider à l’exprimer. Notre colère doit absolument atteindre cet homme――tout ce que nous pouvons faire, c’est te troubler, toi qui es la seule à avoir été forcée par cet homme et à l’avoir rejeté avec succès.”

La requête de Sylphy avait été formulée d’une voix pleine de chaleur.

Les épouses se rapprochèrent toutes du vitrail brisé de l’église qui aurait dû être le témoin d’un mariage, en prenant les fragments dans leurs mains, comme un symbole de la fin qu’elles avaient choisie.

En pointant les bords tranchants contre leur cou pâle, d’un souffle elles les poussèrent afin de se suicider――

Émilia : “Attendez.”

Cette action de mort certaine fut stoppée par les paroles d’Émilia.

Émilia s’était murée dans le silence jusqu’à présent. De la puissance était contenue dans ses mots. Tant sur le plan physique que métaphorique.

Des mains de glace jaillirent du sol et bloquèrent les mouvements des épouses. Le mouvement consistant à enfoncer les morceaux de verre dans leur gorge avait été entravé avec succès, ce qui avait permis d’éviter leur suicide.

Sylphy observa les actions d’Émilia avec des yeux écarquillés, puis prit la parole d’une voix tremblante――

Sylphy : “Je t’en supplie, comprends-nous ! Je te suis vraiment reconnaissante pour tes sentiments, mais c’est la seule méthode…”

Rien d’autre que la mort ne pouvait servir de contrepartie.

Rien d’autre que la mort ne pourrait porter un coup à cet homme, à Regulus.

Telle était la conclusion de Sylphy et des épouses.

Cette réponse douloureuse qui consistait à arrêter leur propre cœur, Émilia la comprenait également. Alors, pour trouver comment la rejeter, elle avait réfléchi, réfléchi, réfléchi, tout le temps, à un moyen. Et ainsi――

Émilia : “Je suis désolée. Pas comme ça.”

Sylphy : “Eh… ?”

Émilia : “Si c’était Subaru, il aurait peut-être trouvé un autre moyen. Mais ma tête est un peu lente, alors j’ai eu beau réfléchir, je n’ai pas eu la moindre idée… Donc…”

Entourant Émilia qui murmurait, de brillantes lumières bleues et blanches se mirent à danser.

Le Mana acquis, la lumière oscillante, étaient les Esprits Mineurs qui étaient entrés dans un état visible. Comme pour engloutir tout le bâtiment effondré, l’important rassemblement d’Esprits Mineurs se manifesta――c’était, en un sens, un spectacle aussi sacré qu’un rêve, et Sylphy et les autres retinrent leur souffle.

Émilia : “Je veux faire cesser les battements de vos cœurs――parce que si vous poignardez vos gorges avec une telle arme, vous ne mourrez pas aussi facilement.”

Après qu’Émilia ait levé la main, les Esprits Mineurs semblèrent suivre ce mouvement en brillant, et une neige bleutée se mit à tomber dans l’église. La neige se déposa en fines couches autour des mariées et se transforma en cristal blanc lorsqu’elle effleura leur peau.

Cette magie dont Émilia était capable, était à la fois la plus douce et la plus cruelle.

Émilia : “――Désolée. Je ne peux utiliser que cette méthode.”

Sylphy : “Je te prie de ne pas t’excuser.”

Après avoir compris les intentions d’Émilia, Sylphy poussa un soupir de soulagement. Les cœurs des épouses étaient en harmonie. Elles regardèrent Émilia, qui était incapable de former le moindre son, et parlèrent d’un commun accord.

Épouses : “Merci.”

Émilia : “――――”

Puis, un éclat bleu et blanc engloutit l’église――


Des stalactites s’élevèrent comme si un assaut du ciel avait érigé un sceau de glace autour de l’église.

Le son était si triste qu’il se répercutait dans le ciel, comme si le ciel lui-même avait blanchi et mourait. Au sein de la structure en glace qui s’était dressée, combien de chagrin s’était accumulé ?

Personne, à l’exception de la responsable de cette scène, ne pouvait le comprendre.

Subaru : “…Émilia.”

La glace créée par le vortex magique d’une puissance incomparable était inégalable, et n’aurait pu être fabriquée par personne d’autre qu’Émilia.

Le Cœur de Lion… avait vraiment été maîtrisé――tout comme les vies des mariées rassemblées, leurs battements de cœur s’étaient arrêtés. Subaru avait déjà songé à cette méthode. Il ne pouvait pas imaginer d’autre méthode plausible.

Et cette méthode aurait été impossible à concrétiser. Il s’était même préparé émotionnellement à ce qu’il échoue à rejoindre Émilia à l’église.

Mais en voyant ce spectacle, la réponse était limpide.

――Choisie par Émilia, cette réponse.

Regulus : “Hey, hey, n’est-ce pas un peu…”

Regulus, qui regardait dans la même direction que Subaru, pouvait imaginer le résultat de cette structure de glace, et ses joues se mirent à tressaillir. Il comprenait bien sûr que l’endroit où le stalactite avait été dressé était l’emplacement actuel de ses épouses. Il en allait de même pour la signification de ce spectacle.

Et donc――

Regulus : “Vous deux ! Est-ce là ce que vous avez décidé de faire ? Est-ce quelque chose dont les humains sont capables ?! S’emparer des personnes bien-aimées d’autrui, égoïstement et sans permission ! À… à quel point pouvez-vous être insensibles pour faire une chose aussi cruelle ! Hein――?!”

Regulus piétina le sol en criant ainsi en direction de Subaru ensanglanté. Ses semelles brisèrent l’ardoise, et déformèrent même la terre au point de créer l’illusion que la ville elle-même était en train de voler en éclats.

S’élançant en avant sans la moindre hésitation, Regulus abattit ses doigts sur Subaru.

Regulus : “Satisfait ? Êtes-vous satisfait ?! Dans le but exclusif de me tuer, vous avez osé arracher la vie à toutes mes épouses irréprochables, et vous vous êtes même senti heureux de l’avoir fait, votre humanité――”

Tandis que sa bouche crachait des injures, le corps de Regulus, qui parlait de la douleur d’être dévalisé, fut soudain projeté dans les airs.

La raison en était la lance de glace envoyée par la fille qui était sortie de l’entrée de l’église, à l’autre bout de la rue.

La lance de glace frappa Regulus avec un élan et une rotation stupéfiants, frappant sans cesse le corps de Regulus debout. Son corps fut envoyé valdinguer comme une poupée, et dans le processus, plusieurs autres lances de glace volèrent vers lui.

L’élan ne s’arrêta pas là, et de cette façon, le corps de Regulus fut projeté directement dans la voie navigable, et, avec un craquement sonore, la voie navigable fut gelée, devenant une sculpture de glace à l’image de Regulus.

Émilia : “――Tout ça à l’instant, considère-le comme un divorce vis-à-vis de tes épouses.”

Traversant à grandes enjambées la rue givrée, Émilia revint sur le champ de bataille dans un éclair d’argent. Elle se tenait dans la rue effondrée, observant Subaru alors qu’elle courait vers lui, et rétrécit ses yeux améthyste face à cette vision pitoyable.

Émilia : “Subaru, cette blessure…”

Subaru : “Je vais bien ! C’est juste quelque chose que j’ai coupé pour que ça saigne davantage. Plus important, l’église… qu’en est-il des épouses ?”

Émilia : “…Tout le monde souhaitait vaincre Regulus. C’est pourquoi…”

Détournant le regard, l’attention d’Émilia se reporta légèrement sur l’église glacée.

Cette réaction était suffisante, suffisante pour faire comprendre que le choix d’Émilia n’avait pas appartenu à elle seule. Et le poids de ce choix, Subaru allait devoir le porter à son tour.

Subaru : “M-mais l’effet du Cœur de Lion aurait dû être interrompu. L’invincibilité de cet homme aurait dû cesser…”

Émilia : “Non. Le problème ne semble pas pouvoir être résolu aussi facilement.”

Subaru : “Eh ?”

“Les sacrifices résultant de nos choix auraient dû être le prix à payer pour la réponse”, et alors que ces pensées traversaient l’esprit de Subaru, Émilia secoua légèrement la tête.

Immédiatement après avoir été stupéfait par sa réaction, la glace qui remplissait la voie navigable derrière eux commença à se fissurer. La fissure commença à s’étendre, affectant même l’écoulement des voies navigables qui avaient été bloquées. L’effondrement s’étendit à l’endroit où les voies navigables rejoignaient l’écoulement de l’eau, les semelles de Subaru furent immergées dans l’eau qui débordait en direction des rues.

Regulus : “Une arrogance vraiment dérisoire, une vulgarité incorrigible, une incompétence qui laisse sans voix, une impudeur qui suscite l’incrédulité, une infériorité qui est au-delà de tout salut… !”

Quittant le canal, le meurtrier, trempé mais pas mouillé le moins du monde, s’approcha.

Son costume blanc non taché, ses cheveux blancs non secoués par le vent, son visage blanc sans blessure, sans même une goutte de sueur. Cette existence était presque un rêve éveillé――non, il valait mieux parler d’un cauchemar apparu en plein jour.

Regulus : “Et maintenant, qu’allez-vous faire ? Vous deux, comment comptez-vous prendre vos responsabilités ? Vous avez beau parler comme si vous aviez fait quelque chose de grand, ce n’est finalement qu’un mauvais calcul, il n’y a eu que des sacrifices. Comment comptez-vous vous remettre de cette situation ?!”

Sous les traits de ce Regulus enragé au point d’en devenir fou, l’effet du Cœur de Lion demeurait inchangé.

Émilia avait fait un assaut de cette ampleur, mais en mettant de côté les blessures, aucune trace de ce qui s’était passé ne pouvait être perçue.

Subaru : “Comment est-ce possible ?! Tout à l’heure, tu parlais des effets continus du Cœur de Lion… Comment quelqu’un comme toi peut-il avoir la présence d’esprit de bluffer dans une telle situation ?!”

Regulus : “Me crois-tu aimable au point de faire la sourde oreille à ce qui ne peut être ignoré ? Je vais d’abord dire ceci, la notion de ne pas empiéter sur le cœur d’autrui n’est-elle pas un principe de base de l’étiquette ?! Il est clair que personne ne méprise les droits d’autrui, alors comment se fait-il que vous commettiez toujours quelque chose d’aussi déficient mentalement ? La conscience mise à part, êtes-vous dépourvus de l’intelligence la plus élémentaire ?”

Confronté à ces paroles involontairement provocantes de Subaru, Regulus regarda vers le bas d’un air peu impressionné, en frappant sa tête aux cheveux blancs.

Regulus : “Il semblerait que cette prostituée méprisante les ait mal comptés, n’est-ce pas ? Ne pas se souvenir du nombre de vies qu’elle a fauchées, même si c’est elle qui l’a fait, c’est la façon de penser d’un tueur. Il y a assurément quelque chose qui ne tourne pas rond.”

Subaru : “Depuis quand as-tu le droit de prononcer ces mots…”

Regulus : “N’essaie pas de changer de sujet sournoisement. Tout ce que j’ai fait jusqu’à présent n’a absolument rien à voir avec l’ingratitude de cette femme. Ne tournez pas le dos aux péchés que vous avez commis. Ne détournez pas le regard. En mettant de côté vos propres problèmes pour blâmer l’autre camp, n’avez-vous pas honte de vous considérer comme une personne ?”

Où qu’il aille, Regulus était animé d’une rage exaspérante à imposer aux autres. Ne pas avoir le moindre doute sur son mode de vie, c’était le fondement de Regulus Corneas.

Combien de contradictions apparaîtraient dans sa série de discours avant qu’il ne soit satisfait ?

Les discussions avec Regulus étaient vraiment préjudiciables à la santé mentale. Face à un Archevêque du Péché du Culte de la Sorcière, c’était à se demander si l’on avait tort de ne pas être fou.

Regulus : “Mais… Regardez, vous avez mal calculé.”

Les substituts à son cœur, même détruire toutes les alternatives de ces derniers ne suffirait pas à lever l’invincibilité de Regulus ?

En théorie, il n’aurait pas dû y avoir de problème. Lors de son pari risqué avec sa vie, Regulus avait prouvé qu’il n’était pas assez intelligent pour pouvoir calculer avec des mots habiles comme le faisait Subaru.

Regulus n’avait pas la capacité de tromper ou de compter sur son éloquence pour induire les autres en erreur.

Il était complètement dépourvu de capacité d’empathie. Dans son monde, il n’y avait personne d’autre que lui. Le mariage n’était qu’une imitation, les discours n’étaient qu’idéologiques, les batailles n’étaient menées qu’en tant qu’amateur. Sa façon d’être n’était que pure malice――presque exactement comme un Petit Roi.

Émilia : “Cinquante-trois personnes…”

Debout à côté de Subaru qui tremblait, Émilia murmura cela.

Elle n’avait, jusqu’à présent, face aux sophismes, aux malédictions, aux plaintes inavouables de Regulus, manifesté aucune réaction. Seulement une phrase, tout ce qu’elle avait dit, c’était cette phrase.

Regulus : “Hein ? Quoi ? À l’instant, qu’est-ce que tu as dit ?”

Émilia : “J’ai dit cinquante-trois personnes. Le nombre de femmes que tu as amenées de force à tes côtés. Se pourrait-il que je me trompe ? C’est absolument impossible. Je ne pourrais jamais me tromper sur le nombre de vies.”

Regulus : “Hmmmm. Et ? Alors quoi ? Qu’essaies-tu de dire ?”

Avec une attitude méprisante, Regulus écarta l’affirmation tranquille d’Émilia comme celle d’un imbécile. Il s’enfonça un doigt dans l’oreille, une attitude pleine de dérision.

Même Subaru, dont le sarcasme était le point fort, avait envie de l’applaudir pour sa désinvolture. Alors que Subaru s’apprêtait à accepter la provocation de Regulus, Émilia le regarda droit dans les yeux. Puis elle secoua légèrement la tête en direction de Subaru, qui retint son souffle.

Émilia : “Tout va bien, Subaru. Je comprends tout maintenant.”

Subaru : “Par comprendre, tu veux dire…”

Émilia : “Et, parce que je suis incroyablement en colère actuellement… Je ne lui pardonnerai plus.”

Sentant la peur lui serrer la poitrine, Subaru le vit.

Émilia fit tranquillement disparaître tout sentiment de sa douce expression, le ton de sa voix diminuant. Elle, qui avait figé ses sentiments de la sorte, n’avait jamais été autant en colère qu’à cet instant.

Alors qu’une flamme glaciale parcourait ses yeux gelés, Émilia toucha sa poitrine.

Et puis, elle parla.

Émilia : “Le cœur de Regulus est ici――en ce moment même, il bat dans ma poitrine.”

Artiste du fan-art : Pabobingu

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