53 — Une ville de luttes

(Avant de commencer le chapitre il est conseillé de lire cette histoire annexe pour avoir du contexte : “La deuxième encyclopédie prudente de Joshua Juukulius”.)
Subaru : “――Vérifie si son cœur bat toujours !”
L’intuition était l’instinct qui avait éveillé la conscience de Subaru.
Il n’en était pas absolument convaincu, et il n’avait pas de fondement pour le penser. Tout ce qu’il pouvait imaginer, c’était que cette pensée n’était pas dénuée de sens.
Les Archevêques du Péché, les noms des étoiles, Kararagi, qui portait les influences de son monde d’origine, et les autres personnes en dehors de Subaru qui avaient été invoquées ici.
Le monde portait encore les marques de leurs griffes. Si le Culte de la Sorcière était également gravé de la sorte, alors les noms des étoiles auxquels Subaru avait pensé n’avaient pas forcément qu’un rapport passager avec eux.
Si le pouvoir de Regulus Corneas ne pouvait être considéré comme une invincibilité pure et simple, il lui faudrait alors sortir des sentiers battus, et c’est ainsi qu’une idée avait germé dans son cœur.
Espérant qu’il n’y aurait pas de lien, Subaru avait déjà fait une sorte de prière en demandant cela.
Et, l’instant d’après.
Subaru : “――――”
Un sentiment nocif d’oppression apparut, créant une illusion qui donnait à Subaru l’impression que le soleil avait été occulté.
L’air était chargé de pollution. Il aurait du mal à trouver les mots pour exprimer ce malaise, ce dégoût.
Le dégoût du grattage d’une croûte, l’inconfort d’une puanteur exhalée au visage, l’aversion d’une langue collante sur une peau nue.
L’origine de cet air trouble, c’était le mal qui lui avait fait tourner la tête pour regarder en arrière.
À l’instant où il croisa son regard, le corps de Subaru se mit à trembler involontairement.
Sans expression et vides, ces yeux, comme une malédiction, s’enfonçaient profondément dans son âme. Comme transpercés par une aiguille rouillée, ses poumons et son cœur furent glacés par la terreur.
Cependant, alors même que Subaru se retrouvait immobile, submergé par de tels sentiments――
Reinhard : “Ne regarde pas ailleurs inutilement. Ton adversaire, c’est moi !”
Se tourner pour observer Subaru signifiait tourner le dos au Maître Épéiste.
Levant les mains bien haut, Reinhard tenait dans ses mains ce qui ne pouvait être décrit que comme des panneaux de signalisation cassés et de la ferraille. De tels matériaux n’étaient destinés qu’à être des déchets, mais dans les mains de Reinhard, ils n’étaient pas inférieurs à une lame précieuse.
Une longue lame fendit l’air et vint frapper le dos de la tenue de Regulus. L’onde de choc se propagea en plein vol, laissant dans son sillage une plainte douloureuse de l’atmosphère assaillie, soulevant des tourbillons dans les grands canaux où flottaient de minces feuilles de glace.
C’était le contrecoup du coup d’épée. Si la force du mal avait été réduite en miettes, cela n’aurait pas été une surprise.
Toutefois, avant qu’il ne puisse faire un seul pas.
Regulus : “Ne te méprends pas, Maître Épéiste. Si je t’ai diverti, c’est parce que mon cœur est serviable et attentionné. Mais même ma gracieuse personne a des limites.”
Reinhard : “――――”
Regulus tapota légèrement l’endroit où il avait été frappé par l’épée et pencha la tête.
Reinhard, alerté par ce mouvement, jeta les débris qu’il tenait dans ses mains et s’apprêta à bondir vers l’arrière selon un angle très large――au moment où il se prépara à sauter, ses pieds se figèrent sur place.
L’intuition surhumaine de Reinhard.
Elle l’informait des menaces graves et imminentes qui pesaient sur lui et lui permettait de détecter à l’avance les attaques à venir. Son instinct lui indiquait qu’il ne pouvait pas esquiver par l’arrière. Il se redressa immédiatement et commença à chercher d’autres itinéraires.
Regulus : “L’air là-bas a déjà été touché par mes soins.”
En raison de l’aiguisage de ses sens qui le bloquait sur place, Reinhard avait été pris au dépourvu à ce moment-là.
Son adversaire l’avait pris au piège dans une enveloppe invisible et pourtant bien présente. Le jugement de Reinhard lui disait de se glisser du côté de la force du mal, mais, pour cela, il serait contraint d’effectuer une frappe défensive.
Reinhard : “Haa !”
Le coup qu’il porta avait assez de force pour cisailler la pierre.
La garde de l’Épée Dragon se planta dans la poitrine de Regulus, mais la force du mal la saisit facilement.
Regulus : “Un effort inutile, merci de t’être donné du mal. Prie pour que tu ne sois pas trop blessé.”
Reinhard : “Comme l’a dit Subaru, ton cœur ne semble pas battre.”
Regulus : “――!”
Le sourire détendu de Regulus se durcit, tandis qu’il baissait les yeux sur sa poitrine.
La poignée qui y était enfouie, et Reinhard qui sollicitait ses sens aiguisés ; il n’aurait manqué aucun mouvement de vie, aussi subtil soit-il.
Après avoir encaissé ce coup, Regulus bondit en l’air, agité.
Directement, comme s’il reproduisait la scène précédente.
Reinhard bloqua le coup de pied avec le fourreau de l’Épée Dragon, et son corps fut projeté en l’air par l’impact. Toutefois, ce qui se passa ensuite fut différent.
Subaru : “Reinhard !”
Comme indiqué, l’air derrière Reinhard avait été rempli d’innombrables pièges de respiration mis en place par Regulus. En se faisant projeter dans ces pièges alors qu’il n’était pas protégé, les résultats n’étaient pas difficiles à imaginer.
Tandis que ses vêtements blancs étaient tachés de sang, tout le corps de Reinhard était déchiré. Il bondit en l’air, mais il était impossible de savoir dans quelle mesure cela pouvait atténuer ses blessures. De nouveau enseveli sous des décombres, Reinhard amplifiait l’effondrement de la ville, ce qui rendait impossible l’évaluation de son état.
Mais ce qui pouvait être déterminé avec certitude, c’était la réponse de Reinhard.
Subaru : “Pas mal, Reinhard… !”
Émilia : “Subaru !”
Subaru : “Tout va bien. Reinhard, il devrait aller bien ! Inquiète-toi de lui plus tard !”
Émilia : “Je comprends ! Qu’est-ce que tu veux que je fasse ?”
Il avait pensé qu’Émilia se préoccuperait avant tout de l’intégrité de Reinhard, et fut décontenancé par sa réponse. L’Émilia qui regardait Subaru était attentive, et comprenait parfaitement où elle devait se situer sur ce champ de bataille.
Il y avait à la fois une forte dépendance à l’égard de Reinhard et peut-être une confiance à l’égard de Subaru.
Émilia : “Reinhard également, il a subi tous ces désagréments parce qu’il te faisait confiance. Qu’as-tu compris à propos de Regulus ? Raconte-moi.”
Une grande confiance. De lourdes attentes. La réalité de cette croyance était trop lourde, suffisamment pour réveiller son esprit combatif.
Il devrait certainement remercier Reinhard comme il se devait. Plus tard, il aiderait définitivement à récupérer ses restes.
Regulus : “Vous deux, vous êtes toujours en train de divaguer, mais agir avec simplicité dans votre désespoir, ne serait-ce pas plus simple ? Votre comportement méprisable et diabolique m’a mis en colère, donc il en découle que vous devez être punis, n’est-ce pas ? Oui ? N’est-ce pas vrai ? L’impolitesse, l’infidélité, quelles qu’elles soient, sont des actes de rébellion dignes de dix mille exécutions.”
Après avoir repoussé Reinhard, Regulus ricana de ce désagrément.
De l’autre côté du canal, un esprit maléfique commença à émerger et, en vérité, Subaru ne pouvait presque pas se résoudre à y faire face.
Néanmoins, s’enfuir maintenant n’aurait aucun sens. Natsuki Subaru ne pourrait pas rembourser Émilia et Reinhard van Astrea.
Subaru : “Une héroïne pure, encore jamais vue en ce siècle, la soupçonner d’infidélité fait de toi un salaud, idiot.”
Regulus : “Ah ?”
Subaru : “N’est-ce pas grossier d’énumérer toutes les raisons pour lesquelles nous devrions avoir peur ici ? Essaie un tant soit peu de réorienter cet esprit vide qui est le tien.”
En entendant la force soudaine de son discours, Regulus écarquilla les yeux.
Subaru cogna sa propre tête, comme pour se vanter.
Subaru : “Je ne sais pas, et je ne veux pas savoir à quel point tu as eu une vie agréable et sans heurts jusqu’à présent… mais ne l’as-tu pas encore remarqué ? Ta personne actuelle est en échec et mat.”
Regulus : “En échec ? Tu es tellement vague que je ne peux même pas rire. Qu’essaies-tu de dire ? Non, le fait que tu sois incapable de t’expliquer dans un langage compréhensible est aussi une possibilité. Il n’est pas nécessaire de se forcer à dire des choses non pertinentes, n’est-ce pas vrai ?”
Subaru : “Eh, ne dis pas ça, après tout tu as le droit d’écouter, ton droit préféré ?”
Regulus : “Mon droit… ?”
Regulus fronça les sourcils et Subaru, avec un léger sourire moqueur, poursuivit “Oui, après tout――”.
Subaru : “Perdre sans même savoir comment la défaite est survenue, te laisserait certainement des regrets.”
Regulus : “――J’en ai assez de toi ! Disparais !”
Ce mouvement de repli sur soi devint un ressort, et Regulus sauta depuis le bord du canal. Faute d’une puissance de saut suffisante, son corps plongea dans l’eau, mais ses mouvements ne furent pas affectés par les flots, et il ne rencontra pas de résistance dans l’eau.
Après avoir confirmé son comportement dans l’eau, Subaru tapota les épaules d’Émilia.
Subaru : “Émilia, maintenant !”
Émilia : “Ul Huma !”
Recevant l’instruction de Subaru, Émilia rassembla de la magie pour libérer les stalactites.
Les lances de glace étaient si énormes qu’il fallait les regarder depuis le haut pour les voir pleinement. Elles étaient dirigées directement vers Regulus, formant une rampe de glace en surplomb qui l’entourait alors qu’il remontait à la surface.
Regulus : “J’avais pensé que vous essaieriez quelque chose, mais quoi que vous fassiez, c’est futile, il semblerait que peu importe le nombre de fois que l’on vous l’enseigne, vous n’apprendrez jamais ! Quoi, vous comptez vous en tenir à vos erreurs ? Sans même ce degré de sagesse, en répétant la même chose encore et encore. Traitez-vous toujours les autres avec autant de futilité tout en les méprisant ? Ne vous emportez pas, quelle incomplétude !”
Regulus serra les dents, découpa la rampe de glace, la brisa et, avec une force écrasante, la fit voler en éclats. La barrière s’effondra avec facilité, et malgré tous ses efforts, la magie d’Émilia ne put soutenir la cage de glace.
Mais c’était suffisant. C’était très bien.
Émilia : “Je ne peux pas, je n’ai même pas pu gagner du temps correctement.”
Subaru : “Ce n’est pas vrai, Émilia-tan.”
Voyant l’inefficacité de son pouvoir, Émilia arbora un visage sombre, mais Subaru secoua la tête.
Un regard sous un angle différent. Cela avait suffi à Subaru pour atteindre son objectif.
Subaru : “Le caractère de cet homme est insidieux. Il ne peut s’empêcher d’écraser ce qu’il méprise. Même s’il n’est pas nécessaire de détruire l’obstacle auquel il est confronté, il ne peut se sentir vainqueur sans le briser complètement.”
Regulus entonnait des ballades d’épanouissement, débitant sa rhétorique d’autosatisfaction.
La nature pitoyable de son cœur, la rareté de sa tolérance et le volume de sa vanité étaient évidents.
Subaru : “En premier lieu, il n’était pas nécessaire qu’il traverse l’obstacle. Mais il a fait cette action superflue. Même une seconde, même une milliseconde, c’est le résultat.”
Émilia : “Avec cette seconde, peux-tu vaincre Regulus ?”
Subaru : “Tant que je les accumulerai, je vous montrerai la victoire. Je vais arracher la peau de ce monstre de son corps.”
Pour cela, Reinhard avait posé les bases. En testant les battements du cœur de Regulus, il avait indiqué qu’il n’y avait aucun mouvement à Subaru. Il n’y avait pas de chaleur, pas de battements du cœur, pas de respiration, et aucune influence extérieure de son environnement.
Bien qu’il s’agisse sans aucun doute d’une invincibilité, son essence n’était pas imbattable.
Subaru : “Émilia, par ici !”
Subaru attrapa le poignet d’Émilia et traversa avec elle les ruelles bosselées. Émilia suivit le rythme de Subaru, alors qu’elle se retournait pour attaquer Regulus avec une stalactite.
Regulus, voyant les deux s’enfuir, serra ses lèvres avec une rage qui couvait dans sa poitrine.
Regulus : “Même après toutes ces vantardises, pourquoi diable fuis-tu ? Traiter quelqu’un de stupide, proclamer que tu vas le tuer, jusqu’à quel point comptes-tu te moquer de moi ? Pour qui te prends-tu ? Espèce de lâche !”
Puisque ses capacités physiques n’étaient pas supérieures, la vitesse du poursuivant Regulus n’était guère différente de celle des fuyards. En fait, on pouvait même dire qu’il était plus lent que Subaru.
Toutefois, comme il était doté d’une composition inébranlable, la poursuite incessante du mal finirait par les rattraper.
Émilia : “Subaru ! Où cours-tu ?”
Subaru : “Notre destination est l’église ! Les femmes de Regulus sont notre cible ! Entre-temps…”
En entendant l’interrogation d’Émilia, il lui répondit.
Soudain, à mi-chemin de ses paroles, il remarqua de l’arrière――
Regulus : “――Toi, arrête de prêter attention à des choses superflues !”
Subaru : “Uwaaaaah ?!”
La distance qui avait existé jusqu’à présent disparut sans laisser de trace, tournant la tête, Regulus était déjà apparu devant lui.
Forçant une approche à un pas seulement, Regulus agita la main dans leur direction, et Subaru écarta à peine la tête de la trajectoire. Sentant que son adversaire était déjà sur ses talons, il empoigna Émilia et s’approcha d’un mur proche, l’enjambant et le longeant d’un seul mouvement.
Émilia : “Wowowow, Subaru est incroyable.”
Subaru : “Émilia-tan, accroche-toi bien à moi !”
Émilia, stupéfaite par les acrobaties de Subaru, se serra contre son cou et enroula ses pieds autour de sa taille. Douce et parfumée, elle emplit Subaru d’une nouvelle vague d’énergie. D’un coup de pied sec sur le bord du mur, il vola par-dessus.
Les résultats de sa pratique du parkour avaient été révélés. Le simple fait de gagner de la distance ainsi――
Regulus : “J’ai déjà dit que vos efforts de roturiers étaient futiles.”
Ce faisant, Regulus toucha avec sa paume la partie inférieure du mur que Subaru était en train d’escalader.
Un bruit de pierre se fit entendre, et le mur de pierre s’effondra comme s’il s’agissait de tofu. Le mur perdit son support et tomba. Il allait sans dire qu’il en allait de même pour ceux qui grimpaient sur le mur.
Subaru : “Uwah !”
Dans sa chute, il sortit son fouet et l’agita sans véritable direction. L’extrémité avant s’accrocha à quelque chose et Subaru tira avec force son corps vers le haut.
D’un geste du pied, il donna un coup de talon violent au moment où il toucha le mur. Combinée à la force de la collision, la force centrifuge générée par le fouet permit à son corps d’être projeté de plus en plus loin, réalisant une ascension étonnante avec Émilia toujours sur son dos.
En y regardant de plus près, ils étaient arrivés tous les deux à un entrepôt qui avait déjà perdu près de la moitié de son volume.
Subaru s’écrasa sur le balcon qui dépassait de l’avant-toit et regarda sa paume.
Subaru : “Wow, je ne m’attendais pas à réussir une évasion par la force brute… !”
Émilia : “Subaru ! En bref, nous devons juste aller à l’église ! La direction est ?!”
Ne fixant plus sa paume fendue avec une faible douleur, il suivit la voix d’Émilia pour observer les alentours. Heureusement, la hauteur du balcon, en plus des prouesses de Regulus, leur permettait de tout voir clairement.
Loin, très loin, il pouvait distinguer l’église qui s’était effondrée lors de la première attaque de Reinhard. D’une manière ou d’une autre, à un moment donné, elle s’était éloignée.
Subaru : “Bordel de merde ! Nous avons fui dans la direction opposée ! Qu’est-ce qu’on fait maintenant ?!”
Émilia : “C’est ça, là-bas ?”
Subaru : “C’est juste là, qu’en est-il…”
Émilia : “Voyageons comme ça !”
Émilia, en entendant la réponse de Subaru, claqua des mains, et un pont se forma sur le balcon.
Le mystérieux pont bleu et blanc partait du balcon et reliait les ruelles jusqu’à l’église, imitant une grande route dans les airs.
Regulus : “Quoi ?!”
Observant le pont de givre, Regulus, qui s’attendait à ce que le duo se laisse tomber, fut lui aussi pris de court. Répondant rapidement à la décision d’Émilia de résoudre leur énigme par une méthode brute, Subaru se leva, frappa ses mains sur ses cuisses, puis monta les escaliers menant au chemin glacé.
Regulus : “Je ne vous laisserai pas partir, vous savez !”
Marchant sous la nouvelle construction glacée, Regulus ramassa une pierre sur le sol, et la lança sur le pont. Le chemin construit à la hâte reçut un coup critique, des fissures se répandirent immédiatement sur toute sa surface.
Le terrible effondrement se répandit, brisant le pont et le transformant en un tragique étalage de lumière cristalline. Témoin de ce spectacle, Regulus rit d’un air diabolique. Mais,
Émilia : “C’est nous qui allons gagner, alors peu importe si tu détruis le pont !”
Regulus : “Quo――?!”
Des éclats de glace brillants s’éparpillèrent dans tous les sens, tandis que Subaru glissait vers l’avant sur une structure de glace créée par Émilia.
Utilisant la pente du pont comme rampe de lancement, utilisant les principes du saut à ski, ils sautèrent par-dessus la ruelle, et survolèrent Regulus, en direction de l’église.
Subaru : “Émilia-tan, tu es devenue si vive d’esprit !”
Émilia : “Peut-être que Subaru m’a égaré.”
Subaru : “Cette déclaration ne devrait pas être utilisée en réponse à des éloges !”
Bien qu’il dispose d’un moyen d’attaque à longue portée, Regulus ne pouvait toucher que ce qui se trouvait à portée de ses bras.
Ils se tenaient à bonne distance de sa silhouette, délirante de rage. Fixant l’église qui s’approchait, les yeux de Subaru se rétrécirent.
Émilia : “Qu’allons-nous faire lorsque nous retrouverons les femmes dans l’église ?”
Subaru : “Je ne sais pas si elles ont été menacées, ou si elles l’admirent vraiment…”
Devant la question d’Émilia, Subaru abaissa son menton dans sa paume, s’interrompant lui-même.
Ce qui émergeait dans son esprit, c’était les femmes, choquées par les actions de Regulus dans l’église. La peur qu’il avait vue alors, si seulement elle était authentique, ainsi priait-il. Mais si cela avait été de la comédie――
Subaru : “Sans parler de l’esprit, il se peut que même leur cœur ait été volé――j’entends par là le cœur au sens littéral du terme.”
Des rafales de vent accueillaient son visage, et la hauteur de la structure de glace commençait à diminuer à mesure qu’elle s’approchait de l’église.
Derrière, Regulus les poursuivait. La vie de Reinhard restait en suspens. Les chances de victoire étaient minces, mais le dilemme approchait toujours――
Est-ce que tous les autres s’en sortaient bien ?
Il n’avait manifestement pas la possibilité de songer à de telles questions, mais il ne pouvait s’empêcher d’y penser.

Pour récupérer la responsabilité de la tour de contrôle auprès de la Gourmandise, Julius, Ricardo et Alphard s’affrontaient.
Julius : “――El Clausel.”
Grâce à la puissance des Quasi Esprits de six couleurs, un rayonnement arc-en-ciel émana de la pointe de l’épée de Chevalier. Il s’agissait d’un coup préventif visant directement la mort de son adversaire.
Clausel était une technique magique du même type que Clarista, qui avait même réussi à endommager le corps de Petelgeuse. Toutefois, contrairement à Clarista, dont la lumière brillante destructrice était collée à l’épée elle-même, Clausel était une attaque à longue portée.
L’impression que donnaient les Archevêques du Péché était encore très présente dans l’esprit de Julius à cause de Petelgeuse.
Le sentiment que Julius avait éprouvé en combattant le fou, l’Archevêque du Péché de la Paresse, un énorme pécheur et quelqu’un qui avait infligé de grandes souffrances au monde sur une longue période, avait été complètement différent de la situation actuelle――c’est-à-dire que le combat contre l’ennemi actuel était complètement différent.
Julius Juukulius, qui avait obtenu le titre du plus grand des Chevaliers, se méprenait souvent sur les gens en raison de leur comportement, mais il croyait en cette soi-disant théorie selon laquelle la nature humaine était fondamentalement bonne. Il estimait que toute action humaine était sujette à interprétation, mais qu’il y avait certaines choses auxquelles l’humanité devait réfléchir, comme l’influence des actions des uns sur les autres.
Ainsi, pour Julius, l’Archevêque du Péché nommé Petelgeuse Romanée-Conti et ses poupées conscientes d’elles-mêmes, les cultistes, n’avaient été que trop accablants.
Quelqu’un qui ne pourrait pas comprendre cela, qui ne tiendrait pas compte du travail et des efforts d’autrui, deviendrait inévitablement un ennemi à ses yeux.
Pour Julius, le pire que le Culte de la Sorcière lui ait fait subir, c’était de porter atteinte à sa Chevalerie.
Pas de coups fourrés, pas d’atouts gardés pour la fin. Dès le départ, Julius n’hésitait pas à abattre ces démons.
Une technique extraordinaire qui permettait de gérer simultanément les six couleurs de magie avec l’aide de six Quasi Esprits. Aucune divergence de puissance magique, même minime, n’était permise. Cette technique avait été mise au point après l’établissement d’un lien entre les Quasi Esprits, grâce aux efforts et au talent d’un Spiritualiste de génie nommé Julius.
Ce n’était pas exactement la même chose que ce que pouvait faire Roswaal L. Mathers, qui était au sommet de la magie. Cela avait été créé par Julius et était propre à Julius.
Au premier coup d’œil, la magie ne semblait pas trop effrayante, et l’adversaire serait dispersé sans avoir l’occasion de se raviser par la suite.
Julius n’avait qu’une conviction dans sa poitrine――il devait donner la priorité à l’élimination de l’ennemi plutôt qu’à l’étude de l’incompatibilité entre eux.
La lumière destructrice extrêmement brillante brisa le pavé de pierre et s’attaqua aux deux bras d’une petite ombre. Les longs cheveux bruns, les haillons sales, les poignards ternis et brillants furent engloutis par l’éclat de la lumière arc-en-ciel――
Roy : “C’est sûrement quelque chose auquel nii-sama ne s’attendait pas, il a la faiblesse de détourner les yeux de ce qu’il ne veut pas voir, n’est-ce pas ?”
Ricardo : “――Quoi ?!”
Alors qu’il s’effondrait sur sol, la voix marmonnée d’Alphard se fit entendre. Le blasphémateur, avec sa longue langue pendante, frappa le terrain d’un coup de pied avec une posture suffisamment basse pour que l’on puisse presque dire qu’il était couché au sol.
La vitesse de la lumière brillante ne serait jamais assez tardive pour ne pas atteindre son adversaire. Pour éviter cette flèche en approche, il faudrait une capacité physique comparable à celle de Reinhard ou――
Roy : “Nous t’admirions, nii-sama. Nii-sama, qui déteste montrer son dur labeur aux autres, utiliserait de tels talents diaboliques en désespoir de cause, comment ne l’aurions-nous pas su ~tsu.”
Julius : “Qu’est-ce que tu racontes ?!”
Roy : “Pensant que nous ne le saurions pas, Julius-niisama est vraiment innocent. Mais nous aimons cette partie de toi ~tsu ! Gyahahahaha ~tsu !”
Alphard sauta autour du sol et évita la magie, avec un mouvement qui suggérait qu’il savait déjà que cet atout serait utilisé. Ricardo courut ensuite pour frapper Alphard, qui avait échappé à la magie, mais cette poursuite était également un mouvement qu’il avait anticipé.
Ricardo plongea sur lui devant la rivière, tandis que les dagues s’entrechoquaient et que des étincelles s’éparpillaient. Ricardo était d’une supériorité écrasante en termes de force. Alphard compensa la différence de force par un maniement à l’épée d’une habileté inimaginable. Le pavé se brisa sous le coup de la hachette et plut à côté du blasphémateur.
Au même moment, Ricardo cria alors qu’Alphard tailladait son torse hirsute.
Roy : “Regaaaarde, un bout de viande de chien ~tsu ! La viande dure et succulente doit être rendue collante et molle pour la rendre plus facile à manger pour la rendre plus facile à mordre pour la rendre plus facile à digérer pour la rendre plus facile à chier pour la rendre plus facile à décomposer pour la rendre plus facile à fertiliser les légumes et après avoir rendu tout cela aussi facile, la viande doit être mangée pour démarrer le cycle le cycle le cycle le cycle de la chaîne alimentaire ~tsu ! Aaaah, comme c’est merveilleux ~tsu !!”
Ricardo : “Nguh, gah, ghk ?!”
La vitesse d’Alphard, qui enchaînait les mots qui faisaient tourner la langue tout en brandissant des dagues attachées à ses deux bras, était quelque chose d’extraordinaire. Sa période de croissance n’était pas encore terminée, et son corps ne s’était pas encore endurci, mais ses capacités physiques avaient contredit ces apparences jusqu’à présent, alors qu’il se déchaînait sur le corps de Ricardo, qui était entièrement sur la défensive.
Julius : “Ricardo !!”
De la fourrure semblable à des fils de fer, et des muscles épais. Le corps de Ricardo, qui était une véritable armure comparé à un corps humain normal, n’avait subi aucune blessure par aucune technique jusqu’à présent――jusqu’à l’attaque d’Alphard.
Les yeux grands ouverts, Julius était stupéfait de voir la blessure de Ricardo qui saignait.
Alphard attaquait avec des mouvements rapides, chaque mouvement ciblant et visant précisément les articulations et les parties fines de la fourrure. Quelles que soient les qualités du corps de Ricardo, si ses zones clés étaient attaquées, il serait blessé, il verserait du sang et il perdrait la vie.
Julius : “――Hk.”
Au moment où Julius vit le bombardement de coups, il invoqua à nouveau les Quasi Esprits. Les taillades de vent se mêlèrent aux flammes d’un feu, et l’épée commanda les Quasi Esprits de deux couleurs――Ia du Feu et Aro du Vent. Depuis le côté, une taillade avec une flamme rougeâtre se dirigea en direction d’Alphard.
Roy : “Oui, nous connaissions déjà ce schéma également ~tsu !”
Julius : “Quoi ?!”
Roy : “Cette surprise est complètement honnête ~tsu ! Notre estomac n’aura pas de difficulté non plus ~tsu !”
Néanmoins, Alphard n’en fut ridiculement pas affecté, avec un bras qui attaquait précisément comme s’il avait des yeux dans le dos, pour voir si ce à quoi il pensait allait se produire, alors qu’il donnait un coup de pied dans son torse vide.
Son talon pénétra dans les muscles abdominaux, comme s’il brisait Julius, son corps se pliant avec un cri. À l’avant, au moment où Ricardo entama sa contre-attaque, l’orteil d’Alphard s’élança en plein dans sa mâchoire inférieure.
Roy : “Comme c’est agréable comme c’est agréable, c’est devenu amusant ~tsu ! Ce nii-sama l’est ! Ce Ricardo-san l’est ! Ils mènent tous les deux cette grande bataille et nous sommes leur adversaire ! Même si nous, avec notre corps faible, n’aurions absolument pas pu le faire, l’atteindre, le voir, le comprendre, et que nous aurions déjà dû abandonner dans cette position ~tsu ! Aaah ! Rendre ça aussi amusant, comme c’est injuste injuste injuste ~tsu !”
Julius et Ricardo tombèrent à genoux en même temps. Alphard, qui avait arrêté sa poursuite, effectua plusieurs sauts périlleux sur le pavé, comme pour les maintenir sous pression.
Ils devaient prendre en considération son incroyable habileté et sa brutalité enfantine.
Ricardo : “C’est… bien supérieur à ce que j’ai entendu. Ce type me fait vraiment chier. La façon dont il marche, la façon dont il parle, tout à son sujet est vraiment sinistre !”
Ricardo, qui ne se blessait presque jamais et n’avait pas d’anciennes blessures, déclara cela d’une voix brumeuse, tout en léchant les plaies sur ses bras. Julius se leva, en respirant lourdement, et partagea la colère de Ricardo.
Julius : “C’est la même chose qu’à l’Hôtel de Ville… Non, simplement son comportement est toujours aussi incompréhensible. C’est sans doute une tentative de se moquer de nous, mais c’est contre-productif et rien d’autre.”
Roy : “Même si tu dis ça, c’est toujours l’humain nii-sama qui cache ses sentiments d’inquiétude au non-humain Ricardo-san, non ? Nous avons dit que nouuuuus savions déjà tout ça ~tsu !”
Julius : “Espèce de salaud…”
Alphard joignit les mains et éclata d’un rire incontrôlable, et Julius envoya le Quasi Esprit de l’Eau, Kua, sous Ricardo pour soigner les blessures de ce dernier tandis qu’il s’avançait.
Ricardo : “Ah ! Hey, Julius ! N’y va pas !”
Julius : “Reste tranquillement ici, jusqu’à ce que tes blessures guérissent suffisamment pour que l’hémorragie s’arrête !”
Pointant son épée de Chevalier vers l’avant, Julius s’élança vers Alphard. Cependant, le mouvement n’était pas le même qu’auparavant. Au milieu des pas et des coups, Alphard, qui avait reçu la première attaque, sentit que son sourcil avait été légèrement entaillé.
Roy : “C’est…”
Julius : “Le pouvoir du Quasi Esprit du Yang, In, et en même temps――”
Roy : “Oh ?”
La question d’Alphard se superposa à la réponse de la voix.
Les longues jambes de Julius bondirent et assénèrent un coup de pied à la tête d’Alphard, enfonçant les joues du blasphémateur dans la défaite. Cette fois, sa défense n’arriva pas à temps. Ses bras pendants étaient à la traîne, et Alphard, roulant des yeux, se retourna et tenta désespérément d’esquiver.
Roy : “Uwa-kya ! Celui à l’instant, c’était ?”
Julius : “Mon Quasi Esprit du Yang. Celui avec mon épée est le Quasi Esprit du Yin. C’est un partenariat mutuel qui améliore mes capacités physiques et diminue les tiennes. C’était la première fois pour toi, non ?”
Roy : “…Oh, héhé, comme on peut s’y attendre ! Julius-sama est merveilleux ! Toujours chargé d’un charme que nous ne soupçonnions pas, n’est-ce pas ~tsu !”
Julius : “――?!”
Les joues teintées de rouge, Alphard regarda Julius avec une attention toute particulière.
Au moment où Julius fronça les sourcils devant ce regard chaleureux, Alphard retira et jeta les dagues attachées à ses bras. Un son strident résonna alors qu’elles frappaient le sol. Immédiatement après, son talon brisa le pavé.
Roy : “Puisqu’il semblerait que tu ne puisses plus nous surprendre avec les épées, cette fois-ci nous avons l’intention de le voir en utilisant nos poings ~tsu.”
Julius : “Gah――hk !”
Alphard réduisit la distance en un clin d’œil, en projetant le bas de sa paume tout en faisant pivoter sa taille. Julius contra le coup avec sa main gauche vide, mais le choc traversa son bras jusqu’à sa poitrine.
De manière inimaginable, la force de l’inclinaison à partir du sol et la torsion de la taille avaient augmenté la force destructrice de son coup de paume, et Julius, sans aucun décalage, fut propulsé en l’air.
Si Subaru avait été témoin de ce spectacle, il aurait pensé à un accident de voiture. C’était un spectacle violent, un peu comme une voiture à la dérive dont les freins auraient lâché et qui aurait fauché des individus sans défense.
Roy : “Nos poings qui ont abattu plus de quatre-vingt-huit personnes… nous supposons qu’ils ont secoué nii-sama jusqu’à la moelle de ses os, non ?”
C’était un spectacle tout aussi violent, comme si une voiture incapable de s’arrêter écrasait et envoyait voler des êtres humains sans défense.
Julius ne pouvait pas se permettre de répondre au sourire fou d’Alphard.
Les os de sa poitrine et ses organes internes avaient tous craqué, le sang avait inondé ses vêtements et son grand corps avait été pulvérisé. Ricardo, qui était en train d’être soigné, réagit rapidement face à la situation.
Ricardo : “Julius, attention !!”
Ricardo étreignit et défendit Julius, qui allait s’écraser contre le mur la tête la première, sans aucune protection. Même l’énorme chien avait été avalé par l’impact et avait été projeté dans le bâtiment, écrasant la pierre elle-même.
Ricardo, qui s’était précipité pour aider Julius, secoua la tête tandis qu’un panache de terre s’élevait. Le sang dans sa tête se concentrait d’un côté, et il crachait le sang dans sa gorge pour éviter de s’étouffer.
Ricardo : “Esprits ! Je ne sais pas si vous m’entendez, mais votre maître a des problèmes ! Au travail ! Pensez à moi plus tard !”
Que ce soit grâce à l’appel de Ricardo ou non, la lumière bleue déversa sa puissance dans le corps mourant de Julius. Lorsqu’il fut au moins à l’abri de la mort, Ricardo bondit, frustré, dans la situation qui prévalait après avoir fait une bonne pause dans le combat.
Roy : “Content de te revoir ! Veux-tu un repas ? Veux-tu une gâterie ? Ou peut-être, d-i-n-n-e-r ?”
Ricardo : “Rentre ta langue dans ta putain de bouche, satané morveux… Je vais t’apprendre ce qui se passe quand tu te moques des adultes, à la manière des morveux de chez nous.”
Roy : “Eh bien eh bien, ne poussons pas les choses plus loin. De toute façon, nous ne voulons pas d’un chien comme repas. Si tu ne veux pas jouer avec des épées ou des poings… Es-tu satisfait avec ça ?”
Alphard, avec un sourire, écarta ses mains, et Ricardo augmenta immédiatement sa vigilance. Ricardo serra les dents avec acharnement et ne put détacher son regard.
――Dans la voie navigable derrière Alphard, un panache d’eau s’éleva en forme de tourbillon, ce qui ressemblait au cou d’un dragon aquatique pour Ricardo.
Ricardo : “La maîtrise à l’épée, les arts martiaux et, cette fois, la magie. Qu’est-ce que tu es bordel ?”
Roy : “Nous sommes des magiciens anonymes non pratiquants, qui ne pourraient même pas être considérés avec fierté par notre famille. Quelque chose comme ça ~tsu !”
Immédiatement après qu’Alphard ait tiré la langue, la tête du jet d’eau se dirigea vers Ricardo. Même si ce n’était que de l’eau, son élan et sa masse étaient suffisants pour écraser le corps d’un être vivant. Pour couronner le tout, il y avait Julius derrière lui, donc il ne pouvait pas non plus choisir de l’éviter.
Ricardo : “Je t’avais prévenu. Hah, hah――HAAAAAAA !!”
Ouvrant sa grande bouche avec son corps fermement ancré au sol, Ricardo libéra une vague de rugissements.
Il s’agissait d’une vague rugissante originale qui pouvait être produite grâce à la coopération de deux des trois frères et sœurs qui constituaient les Commandants Adjoints du Croc de Fer. Cependant, à l’origine, Mimi avait développé cette technique en imitant Ricardo, et Ricardo soutenait que c’était initialement la sienne.
Néanmoins, comparé à Mimi, qui réduisait le fardeau en le répartissant, cette vague rugissante, lorsqu’elle était utilisée par une seule personne, était un énorme fardeau pour le corps.
Le rugissement destructeur jaillit de la gorge de Ricardo, qui sentit de l’eau boueuse tomber sur son corps cramponné au sol.
Roy : “Wow, incroyable ~tsu.”
Incapable d’entendre la voix admirative, la vague rugissante de Ricardo s’écrasa dans le torrent d’eau boueuse.
La vague heurta de plein fouet l’eau, la dispersa, et l’eau d’une masse de plusieurs tonnes se répandit et s’évapora en brume. Au bout de quelques secondes, le torrent boueux détruit frappa la place comme une pluie, inondant la chaussée de pierre et faisant s’écrouler Ricardo, qui était penché.
Ricardo : “C’était vraiment quelque chose… même le bord de ma bouche a été un peu coupé, hein.”
Les dommages résiduels laissèrent Ricardo dans le noir pendant un long moment, ce qui l’accabla encore plus après la vague de rugissements. Ses épaules se soulevaient à cause de ses grandes respirations, mais Ricardo parvint tout de même à se lever grâce à ses sentiments.
Alphard n’était absolument pas affecté, il ne montrait aucun signe d’épuisement, il se contentait de danser sur place.
Roy : “Incroyable incroyable ~tsu ! Ça fait longtemps que nous n’avons pas vu quelqu’un endurer ça. Si longtemps qu’il n’en reste aucune trace dans nos ou notre mémoire. Comme c’est agréable, assez agréable, plutôt agréable, peut-être que c’est agréable, n’est-ce pas agréable, possiblement que c’est agréable, sans doute que c’est agréable, probablement que c’est agréable, parce que c’est probablement agréable ~tsu !”
??? : “Ton discours répétitif s’arrête ici.”
Roy : “Eh bien, c’est le grand retour de nii-sama. Effrayant, mignon, enviable.”
Alphard secoua la tête. Julius se tenait à côté de Ricardo.
Son visage était pâle et son uniforme de Chevalier était teinté de sang. Sa respiration était même légèrement saccadée, et il était impossible de dire qu’il était au mieux de sa forme. Bien que cela ne puisse être dit,
Julius : “Merci pour ton aide, Ricardo.”
Ricardo : “Je t’ai certainement aidé. Je te demanderai de signaler mes efforts à la dame pour que je reçoive cette prime temporaire.”
Julius : “À ce sujet, je t’assure que tu n’as aucune inquiétude à avoir de mon côté.”
Saisissant son épée de Chevalier, Julius tapa sur l’épaule de Ricardo et jeta ensuite un coup d’œil à Alphard. Sentant ce regard, le blasphémateur sourit, les joues teintées, et tordit ses lèvres avec irritation. Ses expressions faciales, ses actions, et même sa façon de se battre, étaient toutes empreintes d’un sentiment d’effroi et de terreur.
Ou peut-être était-ce lié à son Autorité de la Gourmandise.
Julius : “Avec de telles prouesses dans le domaine de l’épée, des arts martiaux et même de la magie, pourquoi t’es-tu allié au mal ? Ce pouvoir aurait pu être utilisé pour autre chose, quelque chose de mieux.”
Roy : “Autre part, hein. En donnant quelques exemples, qu’est-ce que nii-sama considérerait comme tel ?”
Nii-sama, même sa façon de s’adresser à lui était troublante.
Chaque fois que la langue d’Alphard le touchait, chaque fois qu’il le disait avec un ton flamboyant et une attitude coincée, ce mot perdait de sa valeur pour Julius.
――Même s’il n’avait aucun membre de sa famille pour l’appeler ainsi.
Julius : “Par exemple, un Chevalier. Par exemple, un mercenaire. Par exemple, un héros. Le pouvoir non maîtrisé tombe facilement entre les mains du mal, et la force se transforme en violence. C’est pourquoi…”
Roy : “Nous savions que tu le dirais ~tsu ! Nous savions que tu dirais ça, nii-sama ! Nous savions que le nii-sama que nous connaissons, que le nii-sama en qui nous avons confiance, dirait ça. Nous le savions ~tsu !”
Mettant brusquement fin à la conversation, Alphard bondit et s’approcha de Julius.
Il tint son épée de Chevalier à la verticale et trancha ce coup de pied. Comme s’il avait des plaques de fer attachées à ses talons, le coup ne fit aucun dégât. Alphard se retourna brusquement et continua son barrage de coups de pied à partir d’un angle bas, tout en se balançant et en dansant sur place, tout en poussant Julius à s’écraser contre un échafaudage.
Face à ses mouvements intenses et puissants, même Ricardo perdit le fil de son timing et devint incapable de l’interrompre.
Roy : “Te souviens-tu, quand nous étions enfants ! Quand nous étions malades et effondrés, nous avions demandé à nii-sama si nous pouvions rapporter une pamme de l’arbre dans le jardin ~tsu !”
Julius : “Tu dis des choses de ton propre chef… ! Pourquoi m’en souviendrais-je ? Arrête d’imposer tes propres délires arbitraires aux autres !”
Roy : “Nii-sama et nous étions encore petits, et nii-sama nous a d’abord dit que c’était impossible, il nous a dit d’abandonner ~tsu ! T’en souviens-tu ? Tu ne te souviens pas ? Mais nous, juste parce que nii-sama avait essayé de nous arrêter, nous avons fini par vouloir cette pamme encore plus tsu ! Quand nous avons accompli ce que nii-sama disait être impossible, nous avons pensé que nous avions fait du bon travail ! Notre confiance en nous s’était accrue ! Nous avons vraiment pensé çaaaaa !”
Julius : “Qu’est-ce que tu… qu’est-ce que tu racontes ?! Je ne suis pas au courant d’une telle chose… pas au courant !”
Julius accepta ses coups de pied, son talon, son coup de pied circulaire, son coup de pied droit, son coup de pied en hauteur, son saut périlleux, son coup de pied retourné avec son épée de Chevalier.
Ses bras étaient engourdis, ses organes internes étaient marqués par la douleur et il pouvait sentir le goût du sang dans sa bouche. Non, ce n’était pas le goût du sang pur, car il s’agissait de son sang mélangé à du vomi. Il se mordit les lèvres. Il, en ce moment même, pour une raison ou une autre.
Il ne pouvait s’empêcher d’écouter attentivement les délires d’Alphard.
Roy : “À cause de ce qui s’est passé après, nous sommes ~tsu ! Nous sommes ~tsu ! Nii-sama est ~tsu !”
Julius : “――Hk !”
Roy : “Nous y avons toujours, toujours pensé ~tsu ! Nous l’avons toujours, toujours ressenti ~tsu ! Que c’était différent ! Que ce n’était qu’un bagage tsu ! Comment c’était avant ! Comment c’est maintenant ! Quel sentiment agréable ! C’était donc un tel sentiment ! Aaaah, ça fait du bien ! Nous avons enfin compris !”
Julius : “Je ne sais absolument rien, rien de toi !”
Julius était incité à devenir de plus en plus violent.
Retenant son épée de Chevalier avec une force immense, il tentait d’attaquer dès qu’il trouvait une faille dans la position d’Alphard. Frapper vers le bas, percer à l’intérieur, donner des coups de pied, marteler, s’enchevêtrer, esquiver.
Une entaille teintée de colère et d’hostilité traversa l’air, et certains des cheveux d’Alphard, qui arrivaient trop tard pour l’éviter, furent tranchés et tombèrent au sol. Cependant, il ne fallait pas seulement prêter attention à l’entaille.
Julius : “Ia ! Qua ! Aro ! Ik ! In ! Ness !”
En prononçant les noms des Quasi Esprits, ils se mirent à tournoyer comme un sort magique. Avec leurs noms prononcés, les six couleurs des Quasi Esprits se mirent à rayonner, transformant la simple affirmation de leur existence en une force puissante qu’ils déversèrent sur l’adversaire de leur Chevalier.
――Les six lumières colorées encerclaient Alphard dans les six directions, bloquant toute possibilité d’évasion.
Julius : “C’est ainsi que ça se termine――!”
Julius croyait fermement en sa victoire, puisque Alphard ne pouvait plus s’échapper. La puissance traversa directement le milieu de la poitrine d’Alphard――
Roy : “Paume Ultime.”
La paume sombre devant sa poitrine entra en collision avec l’épée de Chevalier et la réduisit en morceaux. Les débris s’éparpillèrent et le coup mortel perdit de son efficacité.
Toutefois, il y avait la magie qui s’approchait depuis les six directions――
Roy : “Mage du Crépuscule.”
Une puissance magique inattendue et déroutante surgit derrière Alphard et balaya les six sorts magiques qui s’approchaient. La magie d’une couleur se heurta à la magie de cette même couleur, et toute magie fut annulée.
Finalement, les yeux de Julius, qui avait soi-disant scellé la victoire avec cette attaque, s’ouvrirent.
Roy : “Serpent des Épées Jumelles.”
Les orteils d’Alphard firent apparaître une dague qu’il était censé avoir jetée.
Elle avait été poussée à cet endroit par l’attaque de Julius. Recevant les lames tournoyantes avec ses deux mains, le corps d’Alphard pivota. Une tempête de taillades se déchaîna, et Julius n’utilisa que son épée de Chevalier brisée.
Julius : “――――”
Roy : “Nii-sama a obtenu la pamme pour nous. C’est pourquoi nous détestons nii-sama.”
Un bras tranché au niveau du coude tournoya dans les airs et tomba sur le pavé en émettant un son.

