26 — Lance d’amour

――La situation, déjà désastreuse, s’était considérablement détériorée, entraînant des conditions épouvantables.
Subaru tremblait sous le regard médusé de Sirius et sous ses respirations frémissantes et incandescentes.
La folle ne se souciait pas de la chaleur qui brûlait son visage couvert de bandages, ses yeux fous et brillants étaient concentrés à regarder Subaru――non, pas seulement le regarder, mais le fixer.
Subaru : “Cher… Petelgeuse ?”
C’était le nom d’un fou, un nom que Subaru ne voulait plus jamais entendre. Subaru mentirait s’il disait qu’il ne la considérait pas comme une folle, se faisant appeler Romanée-Conti, et divaguant passionnément sur son amour pour son défunt mari.
Malgré cela, il hésitait à considérer sérieusement cette idée comme correcte, car cela reviendrait à combiner l’existence du lunatique Petelgeuse et de la folle Sirius.
Il ne voulait pas songer à l’union du pire couple possible, avec Romanée-Conti comme nom de famille.
Subaru : “Un couple dont les deux membres sont des cultistes, et des Archevêques du Péché de surcroît, est ridiculement désastreux… Même si c’est inévitable qu’il ait choisi une telle épouse…”
Décidément, tous ceux qui n’avaient aucune morale appartenaient au Culte de la Sorcière. Le moralisateur Petelgeuse, Sirius qui imposait son amour sans permission, et Regulus qui traitait l’amour avec un fatalisme fragile――tous étaient des ordures.
Subaru : “Vos noms se ressemblent un peu. Est-ce qu’ils se terminent tous par un son en S ?”
Subaru essaya d’enfouir cette pensée dans son esprit sous des pensées triviales et inutiles. Mais à cet instant, Subaru avait l’impression d’avoir trouvé quelque chose d’extrêmement étrange, même s’il n’arrivait pas à mettre le doigt sur ce que c’était. Il avait beau essayer, il ne parvenait pas à le trouver.
Sirius : “Ne sois pas aussi silencieux, Petelgeuse. Tu es vraiment quelqu’un de mesquin. Tu vois, tu adoptes déjà, déjà, déjà, cette attitude froide habituelle… Ça me rend vraiment anxieuse !”
Sirius, ignorant la cause du silence de Subaru, l’interpréta à sa façon en gardant ses mains sur son visage et sa taille qui se tordait d’avant en arrière. La scène cauchemardesque se propagea tandis que la foule autour de Sirius adoptait son étrange et délirante expression d’affection.
Regulus : “…Vraiment, je ne peux plus te supporter. Même si son tour de passe-passe à l’instant t’a probablement donné ce genre d’idée, c’est tout de même assez tragique. Le destin devrait vous lier, quels que soient les obstacles rencontrés. Comme moi et mes épouses. Cependant, une séparation marquée par la vie et la mort avant que les résultats ne puissent s’épanouir n’est pas seulement triste, mais aussi très disgracieuse.”
Sirius : “Oui, merci beaucoup. Mes excuses. Maintenant, excuse-moi, mais je suis occupée. Tu le sais, pas vrai ? La compréhension mutuelle est importante. Les concessions mutuelles sont également importantes. Tu as atteint ton objectif, alors peux-tu partir dès que possible ? Après tout, j’ai aussi mes propres affaires privées.”
Regulus : “En effet, mon objectif consistant à trouver ma fiancée a été atteint…”
La folie de Sirius avait laissé place à la rationalité, et Regulus négligea cette implication en posant son regard sur Émilia, toujours dans ses bras. Puis il se tourna vers Subaru.
Regulus : “Mais celui qui veut nous tuer, moi et ma fiancée, et qui me gêne depuis le départ, ne m’a pas encore permis de me venger comme il se doit dans le cadre d’une violation de mes droits. Je n’aime pas prendre une initiative violente, mais dans ce cas, ce ne serait qu’une juste vengeance. Oui, c’est un acte de justice. Bien que je puisse supporter cette situation et partir, je ferais du tort à la légitimité. En d’autres termes, partir serait une perte de justice. Je ne dois pas établir ce précédent.”
Subaru : “Ne prends pas ce ton hautain. Manifestement, tu ne m’aimes pas, alors tu veux me tuer. Ne justifie pas ça avec une doctrine de merde.”
Regulus : “Il est assez surprenant qu’on me réponde. Et que l’on me parle comme si j’étais dans l’erreur, c’est encore plus surprenant. Toi, es-tu le genre de personne qui n’est pas d’accord avec ses adversaires ? Dans ce cas, la seule chose que je puisse dire, c’est que ton réceptacle est à la fois petit et superficiel. Je pense que ce genre de personnes, qui ne peuvent pas écouter les paroles des autres avec sincérité, recevront un jour ce qu’elles méritent, qu’en penses-tu ?”
Subaru : “As-tu le droit de dire ça ?”
Les yeux de Regulus s’écarquillèrent, comme s’il était incroyablement pris au dépourvu.
Peut-être était-il sincère, convaincu que son discours était justifié ? Non, il en était absolument convaincu. Sinon, il ne pourrait pas être un membre important de ce groupe anormal.
L’établissement de conversations rationnelles n’était qu’une illusion. Bien qu’ils parlaient ce qui semblait être une langue humaine, ils étaient des créatures appartenant à un écosystème extraterrestre.
L’oublier, c’était se laisser engloutir par leurs paroles.
Regulus : “Sirius. Tu sembles l’avoir exclu du champ d’action de ton Autorité. Que s’est-il passé ?”
Au lieu de faire face au silencieux Subaru, Regulus dirigea la conversation vers Sirius.
Fronçant les sourcils, Subaru découvrit tardivement que la peur qui lui étreignait le cœur s’était évanouie. Ils n’étaient pas sortis de la sphère d’influence――non, ce n’était pas le cas, comme le prouvait les tremblements légers de Béatrice sur ses épaules.
En d’autres termes, seul Subaru avait été exclu. Et la raison en était la suivante,
Sirius : “N’est-ce pas évident ? Puisque je sais qu’il est cette personne, si je continue à partager mes sentiments, ils pourraient accidentellement se transmettre à lui.”
Regulus : “Ne me jette pas ce regard timide, c’est vraiment flippant. Après avoir proclamé ton amour, amour, amour, ce n’est pas la peine de prétendre être innocente. Je ne te comprends vraiment pas.”
Sirius : “Ne penses-tu pas qu’il est de mauvais goût de permettre à ces sentiments inexplicables, qui ne peuvent être exprimés par des mots, d’être ressentis de cette manière ? Jusqu’à la fin des temps, jusqu’au moment où je ne ferai plus qu’un avec lui, je scellerai ces sentiments en moi. Je l’ai déjà décidé. Oui, au nom de l’Amour !”
Regulus : “En raison de cette malhonnêteté, tes sentiments importants ne pourront jamais l’atteindre, tu sais ? Tu te désignes sous le nom de Sirius Romanée-Conti, pas vrai ? Ne penses-tu pas qu’utiliser le nom de famille de quelqu’un d’autre est plutôt désagréable ? Je suppose que, dans un sens, c’est comme si tu violais l’héritage de Petelgeuse. Eh bien, il est déjà mort, donc ça n’a plus d’importance.”
Sirius : “Moi et cette personne étions amoureux l’un de l’autre !”
En entendant le discours stupéfait de Regulus, Sirius explosa.
La folle s’agrippait frénétiquement à ses cheveux, de la salive s’échappant de sa bouche tandis qu’elle hurlait contre Regulus.
Sirius : “Après tout, chaque fois que je le regardais, il croisait toujours mon regard ! Quand je le touchais, il ne me réprimandait pas ! Quand je lui parlais, il m’accordait son attention ! Quand je respirais son souffle, il ne me le reprochait jamais ! J’avais le droit de dormir avec lui ! Je pouvais librement emprunter ses affaires sans qu’il se fâche ! Il m’a permis d’avoir l’honneur de brûler la demi-démone ! Il m’a donné mon nom ! Il a souri pour moi ! Rien que pour moi ! Rien que pour moi, rienquepourmoirienquepourmoirienquepourmoi !”
Sa respiration s’emballa tandis qu’elle sanglotait des larmes d’un amour non réciproque.
Eh bien, elle avait été claire. L’existence de Sirius était celle d’un amour sombre, tordu et pur.
Regulus : “Ah, oups――traiter de convictions subjectives aussi fortes est délicat.”
Haussant les épaules, Regulus prit la parole comme s’il cherchait à obtenir l’accord de Subaru.
Subaru réprima un “As-tu le droit de dire ça ?” pour empêcher Regulus de s’emporter. Il devait tempérer l’équilibre entre les deux fous extrémistes près de lui. Face aux deux Archevêques du Péché, Subaru ne voyait aucune lueur d’espoir pour sortir de l’impasse. Au contraire, la situation s’était aggravée à cause de l’ingérence de Sirius.
Subaru : “Non, est-ce que la situation a empiré parce que le centre d’intérêt de Sirius s’est déplacé ?”
Même si Subaru s’était libéré de la peur partagée, il n’y aurait pas d’amélioration notable dans sa puissance de combat. Évidemment, Béatrice serait son principal avantage, mais elle était piégée dans une condition défavorable, son jugement aiguisé émoussé par la terreur.
Au moins, affronter seulement Regulus l’aiderait.
Subaru : “…Hey, Sirius.”
Sirius : “Oui, qu’y a-t-il, mon cher ?”
Sirius répondit candidement à son appel. Subaru s’étonna intérieurement de cette réponse aussi sérieuse qu’inattendue,
Subaru : “J’ai une affaire privée avec Regulus, alors pourrais-tu attendre patiemment un moment ? S’il te plaît.”
Sirius : “Souhaites-tu que j’attende ?”
Tirer parti de la méprise de Sirius pourrait donner à Subaru une chance de remporter la victoire.
Sirius semblait avoir confondu Subaru avec Petelgeuse à cause de son Invisible Providence, qui ressemblait aux Mains Invisibles utilisées par Petelgeuse. Bien qu’il s’agisse d’une fausse allégation, Subaru devait en profiter pour l’instant.
Petelgeuse avait été un Esprit. S’il était encore en vie, il était tout à fait possible qu’il ait possédé Subaru pour en faire son prochain hôte. Cependant, Subaru n’avait pas indiqué qu’il avait reconnu Sirius jusqu’à maintenant, mais cette dernière, dans son état d’esprit actuel, n’avait pas semblé s’en apercevoir.
Avec cela en tête, Subaru espérait sortir de l’impasse. Le résultat,
Sirius : “Mes excuses, je ne peux pas faire ça. Je te prie de me laisser refuser, même si c’est très important pour toi.”
Sirius rejeta impitoyablement sa requête.
Voyant le regard déçu de Subaru, Sirius inclina la tête.
Sirius : “Bien sûr, j’ai d’abord voulu obtempérer. Mais tu es assez diligent, et tu vas sûrement glisser loin de mes doigts tendus durant mon attente. Je te connais. Après tout, nous sommes ensemble depuis si longtemps. Tu as toujours fait de ton mieux et tu t’es surmené tout seul pour atteindre les résultats souhaités… et…”
En toute honnêteté, Subaru ne pouvait s’empêcher de ressentir une admiration sincère pour son amour.
Malgré tout, la perception qu’avait Sirius de la nature travailleuse de Petelgeuse était une perspective plutôt aveugle. Cette volonté de travailler serait bienvenue s’il s’agissait d’un simple homme d’affaires, mais en tant qu’Archevêque du Péché par vocation, il ne ferait que nuire au monde.
Sirius : “Enfin, enfin, nous avons pu nous revoir à nouveau. Voilà un an, une année entière, que je n’ai pas été à tes côtés. Au cours de ce siècle, c’est la plus longue séparation que nous ayons connue ! Et même après un an sans me voir… Tu me demandes de partir ? Je ne veux pas. Je refuse. Durant cette période d’absence, j’ai toujours voulu voulu voulu voulu voulu voulu ne faire qu’un avec toi !”
Subaru : “――――”
Sirius : “Pour couronner le tout, tu veux encore que j’attende ?! Et maintenant, tu as un Esprit que je n’ai jamais vu auparavant ! Où l’as-tu trouvée ? Qu’est-ce qui est attirant chez une femme comme celle-là ?! Elle est petite, son visage est arrogant, et elle n’a pas de seins, pas de hanches, pas de fragments de féminité ! Est-ce parce qu’elle est un Esprit ?! Parce que tu es un Esprit, ta femme doit l’être aussi ? Le temps que nous avons passé ensemble est perdu pour une raison aussi futile ? Je vais te brûler.”
La direction de son discours prit une tournure perverse et bizarre, et une lueur de frénésie débridée s’éleva à nouveau dans son regard. La foule, elle aussi, délaissa l’affection pour la colère, et du sang coula de leurs yeux et de leur nez.
Sirius : “Et c’est à cause de la demi-démone qu’il a dans ses bras que tu dois t’occuper de Regulus ? Cette sale demi-démone ! Cette demi-démone aux cheveux argentés ! Pourquoi l’aimes-tu autant ? Arrête immédiatement, ne devrais-tu pas l’avoir compris depuis longtemps ? Cette putain de Sorcière méprisable, répugnante, détestable, abominable… ! Si tu la ressuscites, je la brûle sous tes yeux !”
Subaru : “Tu es… de plus en plus incompréhensible, tu…”
La folle poussa un cri sanguinaire, révélant son animosité à la fois envers Émilia et la Sorcière de l’Envie.
Le but du Culte de la Sorcière n’était-il pas la résurrection de la Sorcière de l’Envie ? Subaru ne comprenait pas l’attitude de Sirius qui détestait la chose à ressusciter du fond de son cœur. En fait, Sirius ne ressemblait en rien au Petelgeuse qu’elle désirait ardemment.
Bien qu’il ait d’abord pensé qu’ils ne pouvaient pas être des compagnons, ils se révélaient n’être rien d’autre que des ennemis.
Subaru : “――――”
L’impasse entre les trois refit surface.
Regulus avait prévu de tuer Subaru et Sirius.
Sirius se défendrait contre Regulus et ferait sortir le Petelgeuse inexistant au sein de Subaru.
Subaru voulait sauver Émilia de Regulus et libérer Tina de Sirius, et, si possible, tuer les deux Archevêques du Péché.
De toute évidence, seule la situation de Subaru était beaucoup trop difficile. Cherchant une solution que Subaru n’avait pas la capacité d’atteindre, son front commençait à perler de sueur.
La Mort Réversible, suivi de l’apparition de Sirius et de l’entrée en scène de Regulus. Après cela, une mêlée entre Subaru et les Archevêques du Péché s’était engagée. Cette boucle avait été la plus longue jusqu’à présent. Au cours de cette période, bien qu’il ait récupéré des informations utiles, il ne s’était passé que des choses horribles.
Subaru : “…Béako.”
Béatrice : “Tu peux tenter l’un ou l’autre, en fait.”
Dans son dos s’élevait la voix timide de sa partenaire, qui le soutenait chaque fois qu’il était sur le point de sombrer dans la peur. Subaru, à qui l’on avait confié la suite des événements, prit sa décision.
Et à ce moment-là.
Regulus : “――Oh.”
Sirius : “…Hk.”
Simultanément, Regulus et Sirius changèrent d’attitude. Ils mirent chacun la main dans leur manteau et en sortirent un livre.
Subaru : “C’est…”
Un livre épais et familier avec une reliure noire.
Subaru possédait un livre de ce type, et ne pouvait donc pas s’y tromper. C’était ce que possédaient tous les cultistes, l’Évangile.
Subaru : “――――”
Ignorant Subaru, qui avait de nouveau levé sa garde, les deux Archevêques ouvrirent leurs propres Évangiles et en tournèrent les pages, observant les écrits.
Puis, bien que la synchronisation ait été identique, ils fermèrent leurs livres respectifs, leurs expressions contrastant fortement l’une avec l’autre.
Regulus : “Je présume que le contenu est le même pour nous deux, n’est-ce pas, Sirius ?”
Sirius : “Ferme-la, Regulus. Pourquoi… Pourquoi maintenant ? Quand enfin, enfin, je l’ai retrouvé…”
Regulus arborait un léger sourire, et Sirius, qui grinçait des dents, parlait d’une voix pleine de remords. Même si le prédateur et la folle avaient des sentiments opposés, leurs volontés étaient unies.
Le duo se tourna vers Subaru.
Regulus : “Bien que ce soit regrettable, il est temps. Mon temps libre avec toi est terminé. Tu devrais remercier l’Évangile… Eh bien, ce n’est pas correct. Ça n’a pas de sens. Après tout, à quoi bon être reconnaissant envers du papier ? Tu devrais plutôt me remercier, moi qui suis fidèlement l’Évangile.”
Subaru : “Merci pour ta foi… Mais c’était quoi cette histoire de temps ? De quoi parles-tu ?!”
Regulus : “C’est comme tu l’as entendu. Nous disposions de temps libre avant de faire ce qui devait être fait. J’ai profité de ce temps utile pour récupérer ma fiancée.”
Sirius : “Je me sens incomplète… Devant cette personne, je ne devrais pas être soumise à un tel traitement. C’est trop cruel. Je suis emportée par la tristesse, tu sais ?”
Regulus parlait avec sang-froid, tandis que Sirius exprimait avec force son chagrin. La foule s’était effondrée, et Béatrice se retenait de pleurer.
Cependant, Subaru et Regulus n’étaient pas du tout affectés.
Regulus : “Désolé, mais ton petit amour superficiel ne me touche pas du tout. Tout au plus, il me fait me sentir un peu sale.”
D’une voix méprisante, Regulus, Émilia toujours dans ses bras, tourna le dos à Subaru.
Il semblait vraiment avoir l’intention de les laisser s’en tirer. Si Regulus partait seul, c’était très bien. Mais,
Subaru : “Arrête, salaud ! Ne t’enfuis pas comme ça ! Laisse-la partir ! Sinon, je…”
Regulus : “Je savais que tu ferais ça.”
Subaru : “――?!”
Regulus s’arrêta et ne tourna la tête que pour sourire.
Sous ce sourire, Subaru eut l’impression qu’une lame frôlait sa colonne vertébrale, et il déglutit, le corps tout entier raide. Il était impossible d’empêcher le prochain mouvement de Regulus.
Regulus : “Je pense que si ma fiancée constate que l’un de ses accompagnateurs est absent, elle se sentira seule, et je pense que c’est plutôt cruel de ma part de ne pas t’inviter, toi qui étais amoureux d’elle――donc, je ne te tuerai pas.”
Regulus tapa doucement le sol avec ses orteils. Bien qu’il s’agisse d’un geste de confort, comme s’il ajustait ses chaussures, son pied s’enfonça proprement dans la dalle de pierre comme s’il s’agissait d’une pelle qui s’enfonçait dans un sol mou.
Les débris de l’ardoise volèrent en direction de Subaru. Les balles du sol semblaient défier la gravité, se déplaçant sans but. Certaines d’entre elles frôlèrent l’extérieur de la jambe droite de Subaru――et l’instant d’après, la jambe de Subaru disparut.
Subaru : “――Eh ?”
Une griffe de bête lui avait transpercé la jambe. Sur son membre inférieur droit, proprement exposé dans une coupe transversale tordue, se trouvaient des os blancs, de la chair rose, des nerfs jaunes et des vaisseaux sanguins verts proprement sectionnés.
Avant qu’il ne puisse comprendre ce qui venait de se passer, la douleur le frappa.
Subaru : “――Hk ?! Gah, ahk ! AaaaAAHH ?!”
Le monde se transforma en un blanc pur, comme si sa tête était transpercée par d’innombrables aiguilles acérées.
Un cri se logea dans sa gorge, Subaru était incapable de supporter son propre poids alors qu’il dégringolait sur le sol. Ses doigts tendus tenaient désespérément sa jambe droite. La blessure était si grande que la paume de sa main droite ne pouvait la recouvrir entièrement.
Béatrice : “Subaru ?! Subaru ! Subaru, attends, je suppose ! Tout de suite !”
Béatrice tomba au sol en même temps que Subaru, remarquant sa grave blessure, et paniqua en entamant une incantation de magie de guérison. Regulus hocha la tête de satisfaction devant la scène.
Regulus : “Il s’agit de représailles adéquates pour ton comportement irresponsable jusqu’à présent, alors je laisse couler. Bien que j’aie envisagé la possibilité que tu recommences, je pense que je veux encore envisager ton avenir. Cette douleur t’arrêtera sûrement si tu envisages de blesser à nouveau une autre personne. Ne me remercie pas. Sauve juste quelqu’un d’autre la prochaine fois.”
Subaru : “AaaAA――hk ! Kah, gah, j’peux pas, kuu, gah !”
Douleur, agonie, souffrance, malmalmalmalmalmalmalmal―!
Un brouillard d’agonie. Des molaires réduites en poussière à force d’être grincées. Un monde qui clignote. L’absence de haut et de bas, de gauche et de droite. Dormait-il ? Ou était-il vivant ? Ou peut-être était-il mort ?
Confusion. Désarroi. Aucuneidéeaucuneidéeaucuneidée. Pourtant, il y avait quelque chose qu’il devait savoir.
Subaru : “É-Émili…a ! Wa, gah――hk, t――hk !”
Béatrice : “Subaru, tu ne peux pas te permettre de faire n’importe quoi ! Si tu dois vomir, tourne-toi sur le côté. Sinon, ta gorge va…”
Endurant la douleur et la folie, Subaru bougea la tête, ses mains tenant toujours sa blessure. Les battements de son cœur étaient comme une sonnerie d’alarme et ses organes internes se resserraient sur eux-mêmes avec un sentiment d’urgence, le faisant vomir à plusieurs reprises.
La petite Béatrice, tout en soutenant désespérément le corps déchaîné de Subaru, faisait de son mieux pour déployer une magie de guérison. Cependant, quelqu’un se moquait d’elle.
Béatrice : “Tu ne peux pas être sérieuse, en fait.”
Sirius : “Mes excuses. Cependant, il ne s’agit évidemment pas d’une plaisanterie. C’est tout à fait naturel, n’est-ce pas ?”
Derrière Béatrice, avec des chuchotements odieux, Sirius répondit d’un ton sombre.
Autour de Sirius, une foule de personnes roulait en hurlant de douleur. Chacun d’entre eux, la main sur la plaie ouverte dans leur jambe droite, cherchait désespérément le salut. Comme Subaru, leur jambe droite avait été arrachée par une bête.
Sirius : “Mon bien-aimé Petelgeuse dirait que ressentir la douleur, c’est vivre, et que ces sentiments permettent à l’Amour de s’exercer. Je le sais mieux que quiconque. Toutefois, je crois qu’il y a une meilleure façon de représenter cette forme d’Amour. Merci. Cette représentation consisterait à ne faire qu’un. Après tout, l’Amour est une prière pour ne faire qu’un ! Voir les mêmes choses, ressentir les mêmes émotions, vivre la même vie, finir avec la même mort, être ensemble, c’est ça l’Amour !”
Ouvrant les mains, celles-ci se frappèrent mutuellement dans une salve d’applaudissements.
Sirius poussa de rudes bouffées d’air tandis qu’elle fixait son regard intense et envieux sur Béatrice.
Sirius : “Qui que ce soit, tout le monde devrait expérimenter les mêmes sentiments que lui. Cependant, seules toi et cette sale demi-démone seront privées de cette expérience. Qui vous accorderait un tel honneur ?”
Béatrice : “Aucune femme dans le monde ne serait aussi folle de jalousie que toi. Mais ce n’est pas grave, car Betty est depuis longtemps la plus proche confidente de Subaru. Betty appartient à Subaru.”
Sirius : “――Hk !”
Béatrice refusa de flancher sous les paroles cruelles de Sirius. La folle et l’Esprit se dévisagèrent, jusqu’à ce que Sirius se détourne, rompant l’interaction.
Sirius : “Pour le moment, je ne peux que te le confier. Après tout, je dois donner la priorité aux instructions de l’Évangile. Oui, il n’y a pas d’autre possibilité. Mes excuses. Mes excuses. Tu sais que je veux revenir à tes côtés le plus vite possible.”
À cet instant, Sirius se comportait toujours en folle amoureuse de Subaru. La démente quitta la place tachée de sang d’un seul bond. Béatrice n’eut d’autre choix que de renoncer à la poursuivre. Elle comprenait que refuser de la laisser s’échapper ne ferait qu’entraîner plus de sacrifices.
Béatrice : “――Subaru.”
Avec des yeux papillonnants, des bulles jaunes jaillissaient de la bouche de Subaru.
Béatrice pressa sa paume contre sa blessure, tentant de stopper l’écoulement du sang. La blessure était trop mortelle, et la moindre erreur de concentration entraînerait la mort de Subaru. Pour Béatrice, sauver Subaru était naturellement sa plus grande priorité. Mais il y avait une autre priorité que Béatrice devait suivre.
Subaru : “Si tu ne soignes pas les autres blessés…”
Le nombre de blessés qui roulaient sur la place était supérieur à trente. Ils avaient tous souffert de la même blessure que Subaru, et dans une tournure cruelle, la guérison effectuée sur Subaru ne les avait pas atteint. Elle allait devoir soigner chaque blessure individuellement.
C’était le fardeau que Béatrice devait assumer. Mais même si elle épuisait ses réserves de Mana, cela resterait insuffisant.
Béatrice : “――Subaru, je suis désolée, en fait.”
Essayant désespérément de soigner la blessure de Subaru, déterminée à garder une forte prestance, Béatrice parlait d’une voix rauque. Un flot de larmes coulait sur ses joues blanches.
Béatrice : “Je suis désolée. Je suis désolée…”
Béatrice exprima une série d’excuses répétées. Même si elle savait que sa voix ne pouvait atteindre Subaru, inconscient à cause de la douleur. Même en sachant que cela ne résoudrait rien.
Béatrice : “Je suis désolée, Émilia――”
Sirius avait provoqué tant de victimes et avait quitté la place. Regulus s’était emparé d’Émilia grâce à son pouvoir écrasant.
――Les deux Archevêques du Péché avaient été relâchés dans la cité Aqueuse de Pristella.
