Re:Zero Lore FR
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Web Novel • Arc 05

27Bruit

Source : Animé

Un son perçant.

Abrupt, vibrant, lourd, vide, distant, proche.

La vibration se situait à proximité de lui. Le son provenant de ses tympans secoua son crâne, traversant ses os jusqu’à l’extrémité de ses membres.

Le flux de son sang s’émoussait, comme si ses vaisseaux sanguins étaient infectés par un afflux de boue. Ses organes étaient léthargiques, comme s’ils étaient remplis d’argile. L’oxygène n’atteignait pas son cerveau, ce qui rendait ses pensées brumeuses et incertaines.

Ce lourd son en écho ne montrait aucun signe de relâche, lui donnant l’impression que ses globes oculaires roulaient sans but derrière ses paupières.

??? : “――――”

La sensation dans son corps était très lente, et il se sentait fatigué et incapable de bouger. Accompagné de nausées et de léthargie, Subaru ouvrit lentement les yeux.

L’obscurité à laquelle il s’était habitué s’estompa pour laisser place à une soudaine lumière blanche, que ses yeux ne purent accepter. Dans cette lumière blanche, des formes se déplaçaient, comme si des enfants avaient jeté de la peinture partout dans une pièce blanche.

Ces émotions s’éloignèrent au fur et à mesure que le monde qu’il voyait se stabilisait.

Tout s’éloigna tandis qu’il pénétrait dans un monde calme et, après quelques dizaines de secondes, ses yeux retrouvèrent leur état d’origine, tandis que se révélaient des salles obscures et des plafonds sales. Il sentit le souffle de nombreux corps qui se déplaçaient et s’activaient dans son environnement. Des personnes qui se déplaçaient pour occuper leur environnement et leur corps.

??? : “――Hey, frangin, t’es réveillé !”

Les oreilles bourdonnant d’acouphènes, Subaru fut attaqué par un son soudain d’une force inutile. Il avait retenti avec un tel volume que les personnes qui étaient occupées à proximité s’étaient arrêtées de bouger, leurs yeux se concentrant sur la source.

??? : “Jeune fille aux oreilles de chat, par ici ! Tous les autres, continuez à travailler ! Désolé, mais continuez à travailler ! Nous luttons contre le temps !”

??? : “Vraiment, tu es ennuyeux. Les gens ont besoin de calme ici, alors remets-toi vite au travail.”

Avec une inclinaison de la tête, le grand être s’excusa pour sa voix forte. Une jeune femme en colère――non, un jeune homme s’approcha de l’homme-bête à tête de chien, qui parlait dans un dialecte du Kansai. Vêtu d’une robe révélatrice digne d’une femme, Félix, couvert de sang, regarda Subaru avec un soupir de soulagement.

(Note de traduction : Le dialecte du Kansai est principalement utilisé par les habitants de Kararagi, dans le monde de Re:Zero.)

Félix : “Maintenant que tu t’es réveillé, comprends-tu la situation… En fait, peux-tu parler dans l’immédiat ?”

Subaru : “…Ah, Ferris ?”

Félix : “Ouep, c’est le Ferri-chan favori de tout le monde. Tu es Natsuki Subaru-kyun, et nous sommes dans un hôpital de campagne en ce moment car tu as été gravement blessé, compris ?”

Félix expliqua rapidement la situation à un Subaru éraillé. À contrecœur, son cerveau digéra son discours mot par mot.

En regardant autour de lui, Subaru identifia son environnement. Il remarqua enfin qu’il était allongé sur un simple lit fait de morceaux de tissu. Et, comme l’avait dit Félix, les environs ressemblaient à un hôpital de campagne.

Autour de lui, des personnes se tordaient de douleur, attendant un traitement comme Subaru.

L’odeur du sang, et des cris misérables, chuchotés. La magie de guérison ne pouvait pas suivre, il pouvait voir que les blessures avaient été recousues par des aiguilles et des fils.

Subaru : “Qu’est-ce… Qu’est-ce que c’est que ça ?”

Félix : “On dirait que tu es encore confus. Lentement, essaie de te rappeler ce qui s’est passé avant que tu ne t’évanouisses. Si tu t’en souviens, tu trouveras la réponse.”

Les paroles de Félix n’étaient pas douces, mais ce n’était pas à cause de son humeur. Au contraire, il n’avait pas d’énergie à consacrer à la douceur. Ses manches étaient retroussées, sa peau blanche et son visage étaient tachés de sang.

Il n’était pas difficile d’imaginer la quantité de travail que Félix, un guérisseur de premier ordre, avait dû fournir face à cette tragédie. Et la cause de cette tragédie était――

Subaru : “Le Culte de la Sorcière…”

Félix : “Vraiment, ces types sont les pires. J’avais une vision trop naïve d’eux… Je ne m’attendais pas à ce qu’ils fassent une chose pareille. Bien sûr, pyersonne d’autre ne s’y attendait non plus.”

Il se mordit les lèvres avec remords. Félix baissa le menton devant Subaru.

Le regret qui faisait trembler Félix était douloureusement clair pour Subaru. Bien que Subaru l’ait compris, il y avait d’autres incertitudes. Il y avait d’autres choses qu’il devait vérifier.

Subaru : “É-Émilia ?! Qu’est-il arrivé à Émilia ? Elle est ici ?”

Félix : “…”

Subaru : “Ce salaud, l’Avarice… l’Archevêque du Péché a enlevé Émilia. Ensuite, j’ai…”

Il prononça ces derniers mots avec un tremblement, car il savait qu’il avait eu raison d’être inquiet. Dans le regard baissé et le silence de Félix, Subaru trouva une réponse claire. Du moins, Émilia n’était pas ici.

Alors, si son impression avant de s’évanouir était correcte, elle avait été enlevée par Regulus.

Subaru : “Et Béatrice ?”

Félix : “…Béatrice-chan ?”

Subaru : “Oui, la petite fille qui était avec moi ? Elle a un visage arrogant et adorable, et des couettes jumelles bouclées comme… Qu’en est-il de Béatrice ?”

Émilia avait très probablement été kidnappée par Regulus.

À en juger par l’attitude de Regulus, la probabilité qu’il fasse du mal à Émilia était faible――bien qu’incertaine. Même s’il ne pouvait pas être pardonné, c’était le cas pour le moment.

Mais qu’était-il arrivé à Béatrice ? Sirius et Regulus avaient tous deux été présents, et Sirius avait manifesté une forte hostilité à l’égard de Béatrice. Subaru ayant été transporté sain et sauf à l’hôpital de campagne, ils avaient échappé à Sirius. Alors, qui avait protégé Subaru ?

Subaru : “Hey, s’il te plaît. Dis-moi. Béatrice…”

Félix : “――――”

Ne trouvant pas de réponse à son malaise, Subaru chercha désespérément une explication auprès de Félix, qui avait fermé les yeux. À proximité de lui, un homme-bête géant fermait les yeux――Ricardo, le capitaine du Croc de Fer, qui regardait à côté de lui.

Suivant son champ de vision, Subaru écarquilla les yeux.

Subaru : “Béatrice…”

Allongée à l’écart des personnes soignées, se trouvait une jeune fille seule, vêtue d’une robe. La voyant ne pas bouger, dans un lit de fortune comme le sien, Subaru souleva la serviette qui lui couvrait le ventre et tenta de courir vers elle.

Cependant, à mi-chemin de ses pieds, une douleur intense le paralysa. De plus, sa jambe droite cessa de lui obéir et sa posture se dégrada complètement.

Sa tête était lourde de fatigue, et il ne comprenait pas pourquoi il était incapable de bouger sa jambe droite. Il se dépêcha de jeter un coup d’œil, mais l’horreur de sa propre jambe laissa Subaru sans voix.

Subaru : “Oh…”

Félix : “Subaru-kyun aurait perdu un pied sans la magie de guérison de Béatrice. Tu devras remercier cette enfant plus tard.”

La jambe droite de Subaru était amputée d’environ la moitié de sa chair, et était manifestement en moins bon état que la gauche. La blessure était également enveloppée de plusieurs couches de bandages épais, et une planche avait été fixée à son talon. Tout cela lui avait fait perdre l’équilibre.

Il ne put s’empêcher de l’effleurer avec ses doigts et, à ce moment-là, une prise de conscience le frappa.

Subaru : “Je me souviens… !”

Les conséquences du dernier coup de Regulus avant son départ.

Avant de s’emparer d’Émilia, il avait dit des absurdités, et avait donné un coup de pied dans le sol aussi facilement qu’un coup de pied dans du sable, et cette terre s’était déversée sur la jambe de Subaru. À ce moment-là, la jambe droite de Subaru avait été blessée comme par les griffes d’un animal sauvage. C’est ainsi que la jambe droite de Subaru s’était retrouvée dans l’état où elle se trouvait actuellement.

Ricardo : “Quand je suis tombé sur la scène, ta jambe semblait n’être reliée qu’à un morceau de chair et de peau. Cette petite fille qui pleurait t’a désespérément soigné avant que nous n’ayons un guérisseur digne de ce nom.”

Félix : “Après ça, Subaru a été transporté ici et traité par Ferri-chan. Bien que le traitement de Ferri-chan ne puisse pas garantir que ta jambe sera la même qu’avant, les os et les nerfs sont myaintenant liés, et la chair se régénère, donc tu dois te reposer.”

Croisant les bras, Félix fit une croix, prêt à faire face à la réticence de Subaru, cependant, ce dernier obéit en silence, son attention focalisée sur le lit de Béatrice. Alors que Félix soupirait de soulagement, une grande main se posa sur l’épaule de Subaru, s’y accrochant comme un ver, et,

Ricardo : “Pour ce qui est de t’amener auprès de cette petite demoiselle, j’peux m’en charger.”

Subaru : “Désolé pour ça… Merci.”

Ricardo : “Pas de soucis.”

Ricardo déplaça le lit entier de Subaru près de celui de Béatrice. De là, Subaru se pencha en avant pour mieux la voir. Immobile, la petite fille dormait si tranquillement que Subaru ne pouvait même pas entendre sa respiration.

Même si elle était un Esprit, Béatrice dormait comme un humain. Contrairement à Puck, elle ne pouvait pas se dématérialiser dans une Ancre, et c’est ainsi qu’elle réduisait le poids de la matérialisation sur son Mana.

C’est pourquoi il n’était pas rare pour Subaru de voir le visage endormi de Béatrice. Seulement, c’était la première fois qu’il la voyait dormir tranquillement, au point qu’elle semblait presque morte.

Subaru : “Elle est simplement endormie… pas vrai ? Pourtant, je suis inquiet…”

Félix : “Endormie n’est pas le bon terme. Pour l’instant, elle a perdu sa fonction d’Esprit… Un état d’animation suspendue serait plus proche.”

Subaru : “Animation suspendue ? Pourquoi… ?!”

En touchant le front de Béatrice, il fut surpris de constater que sa température était basse. En effleurant ses adorables cils et son visage, il n’y eut aucune réaction, comme l’avait signalé Félix. Devant l’expression du visage de Subaru, Ricardo s’accroupit.

Ricardo : “D’après la dame aux oreilles de chat, c’est arrivé parce qu’elle a trop utilisé son Mana. C’est tout ce qu’il y a à dire. J’ai trouvé la place où vous étiez par hasard, frangin. Tout le monde avait à peu près la même blessure, que cette petite demoiselle soignait toute seule.”

Subaru : “――――”

Ricardo parla avec un soupir, laissant Subaru silencieux pendant un moment.

Des personnes blessées avec la même blessure que Subaru――c’était le résultat du partage sensoriel. La blessure que Subaru avait reçue de Regulus s’était propagée à tous les autres, ce qui était imputable à Sirius. La folle semblait avoir quitté les lieux, et le combat de Béatrice avait commencé là.

Elle avait prodigué des soins tout aussi minutieux à Subaru et à tous les autres blessés.

Bien sûr, Subaru était un homme avide qui en demandait trop, et l’enfant qui accompagnait ce Subaru refusait lui aussi d’abandonner qui que ce soit. Béatrice avait donc puisé jusqu’à la dernière goutte de son Mana pour sauver tous ces gens, à ce lourd prix.

Subaru : “Béatrice va bien, pas vrai… ? Elle a juste besoin d’un peu de repos…”

Félix : “…Pour être honnête, je nye suis pas trop optimiste. Ferri-chan est un guérisseur hors pair, mais il ne connaît pas grand-chose aux Esprits. Et cette enfant n’est pas non plus un Esprit ordinaire, pas vrai ? Je ne connyais donc pas vraiment de solutions.”

Subaru : “Il… il doit y avoir une solution ! Je dois aider Béatrice, je…”

Une année seulement s’était écoulée. Il lui avait dit qu’il la libérerait de la Bibliothèque, afin de lui apporter le bonheur. Béatrice était une existence qui ne pouvait pas s’arrêter là.

Bonheur, bonheur, bonheur, personne ne méritait plus le bonheur que cette enfant. Il fallait qu’elle soit plus heureuse que n’importe qui d’autre.

Ricardo : “Le problème, c’est qu’elle n’a plus de Mana, pas vrai ? Elle ne peut pas en trouver ailleurs ? Si frangin est son Contractant, elle devrait pouvoir en obtenir de lui, non ?”

Félix : “…Espèce d’idiot, Subaru-kyun. Son Portail est fracturé, je ne peux donc pas envoyer de Mana depuis un autre endroit. Le moyen le plus rapide de le faire serait d’envoyer du Mana à travers Subaru-kyun.”

Subaru : “C’est vrai… les fruits de bocco. Et si nous avions des fruits de bocco ? Avec ça, je pourrais restaurer mon propre Mana, et ensuite j’en donnerais à Béatrice… !”

(Note de Traduction : Si vous ne vous en souvenez pas, Émilia a donné un fruit de bocco à Subaru dans l’Arc 2, après que ce dernier ait été drainé suite à la première utilisation de Shamak. Le fruit restaure le Mana, mais ce n’est pas bon pour le corps.)

Félix : “Idiot !”

Félix se fâcha en fixant le désespéré Subaru, qui relevait la tête. Il fut surpris par cette réprimande inattendue, et Félix adopta immédiatement une attitude timide et hésitante.

Félix : “Combien de fois l’ai-je dit ? C’est vraiment dangereux pour le corps de Subaru-kyun. En fait, ce serait comme du poison. Si tu faisais ça, nous aurions deux victimes… Alors tu ne peux pas.”

Subaru : “…”

Les paroles strictes de Félix étaient teintées de tristesse. En comprenant cette pensée sincère, Subaru ferma la bouche et ravala son jugement irréfléchi.

Félix était un expert en guérison, il avait donc bien sûr envisagé une myriade de moyens pour aider Béatrice. La pensée soudaine de Subaru avait donc déjà été considérée.

Félix : “Je comprends les inquiétudes de Subaru au sujet de Béatrice-chan. Et bien que je comprenne, il n’y a rien que nous puissions faire pour elle actyuellement. Il y a beaucoup d’autres choses dont nous devons nous préoccuper, en plus de cette fille…”

Subaru : “Béatrice… C’est vrai, il y a aussi Émilia…”

Les mots de Félix ramenèrent Subaru à la réalité.

Il porta son attention sur l’hôpital de campagne――et constata que quelque chose ne tournait pas rond. Il y avait des personnes blessées à la jambe droite, la même blessure que Subaru, mais il y avait aussi beaucoup de personnes avec des blessures différentes.

Subaru : “Quelle est la situation… ? Non, que s’est-il passé d’autre ? Qu’est-ce que c’est que toutes ces blessures ?”

Ricardo : “Les Archevêques du Péché du Culte de la Sorcière sont ici comme tu l’as dit, frangin.”

Subaru : “Mais ça ne peut pas être qu’eux, pas vrai ? Je n’ai vu que deux Archevêques. Ce niveau de dégâts ne peut pas être le fait de deux personnes seulement. En d’autres termes, ils ont aussi amené des cultistes.”

Deux personnes dotées d’un pouvoir écrasant avaient été le premier signe d’une menace. Subaru avait donc simplement supposé que les deux Archevêques seraient les seuls cultistes présents――mais il était tout à fait naturel que, comme Petelgeuse l’avait fait, ils aient également amené des subordonnés dans la ville.

C’est la seule explication possible pour de tels dégâts.

Subaru : “Les deux Archevêques et les cultistes sous leurs ordres sont-ils ceux qui attaquent la ville en ce moment ?”

Félix : “À ce sujet, il y a une variété de…”

La voix de Félix était amère lorsqu’il commença à répondre à la conclusion de Subaru.

Cependant, avant qu’il ne puisse le confirmer ou le nier, une interruption inattendue survint d’une direction qu’il n’avait jamais imaginée. Il s’agissait de,

??? : “Yahoo, yahoo, yahoo !”

Une voix aiguë retentit dans l’espace.

Le ton détendu de la voix contrastait fortement avec l’atmosphère sombre, comme si quelqu’un avait accidentellement branché une chaîne de télévision diffusant un programme de divertissement, au cours d’une conversation sérieuse.

Subaru : “Qu-quoi ?”

En entendant le son, Subaru jeta un coup d’œil autour de lui et, incapable d’en trouver le propriétaire, il en comprit immédiatement la source.

L’impression immédiate de Subaru à propos de cette voix soudaine était qu’elle semblait provenir d’un haut-parleur ou d’une radio――une pensée qui reflétait celle qu’il avait eue dans la matinée.

Subaru : “Le dispositif magique de radiodiffusion de la ville ?”

??? : “Bonjour à toutes les créatures de viande ! Peu importe le nombre de fois que vous l’avez entendue, ma beauté et ma belle voix ne vous excitent-elles pas ? Gahahahaha !”

Comme pour prouver l’idée de Subaru, la voix réapparut, diffusée par un haut-parleur magique.

Cette voix résonnait avec une cruauté enfantine, comme celle d’une fille qui bafouait l’étiquette et piétinait les manières conventionnelles de parler. Ses rires aigus semblaient capables de transpercer l’esprit de chacun, provoquant une aversion à la fois mentale et physique.

Subaru : “Quelle voix stupide, c’est…”

Félix : “Chut, Subaru-kyun, silence.”

Félix redressa son oreille avec un doigt et en posa un autre sur sa bouche. Félix était sérieux, apparemment complètement absorbé, et Ricardo arborait une expression vigilante. Les blessés alités mettaient tous leurs mains sur leurs oreilles en sanglotant.

Apparemment, ce n’était pas la première fois qu’ils l’entendaient.

??? : “Très bien, créatures de viande captivées par la voix séduisante d’une magnifique fille, j’ai une nouvelle pour vous――nous sommes tous fatigués, alors nous rentrons à la maison maintenant. Je plaisante ! Le vrai remue-ménage du jour et de la nuit commence maintenant ! Gahahahaha !”

Une voix rude et grinçante, comme un miroir à côté de l’oreille que l’on gratterait avec des griffes acérées, remplie d’une joie sadique.

Quelle, quelle, quelle était cette voix, quelle était cette femme ?

Le front ruisselant de sueur froide, Subaru était bien conscient de l’état anormal de son corps. Alors que l’esprit de Subaru s’efforçait de rattraper son retard, son corps avait remarqué quelque chose d’inhabituel.

??? : “Laissons de côté ma drôle de blague à mourir de rire, continuons avec les nouvelles. Comme je viens de le dire, nous avons occupé la ville. Vous êtes tous des oiseaux en cage… Non, vous êtes tous des insectes dans une cage à insectes.”

Subaru : “――?!”

??? : “Les insectes ne sont que des insectes, et c’est le propriétaire de la cage qui décide de ce qu’il veut faire de vous. Ailes et tête, préparez-vous à vous les faire enlever… Kahahaha, comme c’est laid, comme c’est affreux ! Quelle vie impitoyable ! Vous devriez être reconnaissant d’avoir été laissé à mes bons soins. Gahahaha !”

Des rires aigus répétés et malveillants. Ceux d’une présence maléfique qui méprisait autrui et prenait un malin plaisir à piétiner leur existence.

Subaru connaissait ce genre de présence mieux que quiconque.

??? : “Attendez, attendez, attendez. Vous, les idiots, ne pouvez pas comprendre le sens réel de mes précieux mots. Pauvres idiots incompétents, qui ne pensent qu’à des morceaux de viande et à l’accouplement pendant leur temps libre. Ma douce et aimante personne va vous aider à comprendre. Je vous le dirai avec ma salive, ce que vous adorez, vous les masochistes.”

Subaru : “――――”

??? : “Les insectes en cage ne peuvent rien faire contre l’humeur de leur propriétaire. Tout ce que vous pouvez faire pour nous plaire, c’est de vous allonger craintivement dans votre cage. Quand nous sommes de mauvaise humeur, vous ne pouvez que trembler de peur pendant que nous vous arrachons les ailes ou les pattes. Quand je vous apporterai du miel, je serai comme votre mère, je vous caresserai doucement la tête. C’est pour cette raison, kahahahaha !”

Face à cette vilenie constante, Subaru imitait Félix et les autres, et écoutait en silence. Un souffle, un mot, et des sentiments boueux dans sa poitrine s’accumulaient, tandis que Subaru scellait sa volonté avec du fer.

Et puis, il remarqua. Il le remarqua.

Qu’est-ce que c’était ?

??? : “Plus tard, nous aurons d’autres choses à demander à la racaille. Vous prendrez des expressions désespérément laides, vous pleurerez parce que vous ne voulez pas mourir vous ne voulez pas mourir vous ne voulez pas mourir, vous chercherez des moyens de vous extraire de la foule et de nous donner ce que nous voulons, nous les agresseurs. Dans ce cas, ma gentillesse reconnue sur le continent pourrait me faire envisager de poser la cage que j’ai dans la main. Gah――n’est-ce pas vraiment facile à comprendre ! Gahahaha !”

Avec excitation, l’oratrice applaudit, tapant du pied depuis son siège.

Son discours, son attitude, sa voix, Subaru les trouvait tous insupportablement irritants――mais là n’était pas le problème.

Depuis le début, il pouvait entendre ce son. Il avait pensé qu’il provenait de la même pièce que l’appareil magique utilisé pour la diffusion. La voix de cette femme était accompagnée d’un son qui avait atteint Subaru.

Cependant, il n’était pas sûr de la nature exacte de ce son. Le pire, c’est qu’il avait presque trouvé la réponse, mais pas tout à fait. Sans le savoir, sans en avoir conscience, sans le vouloir.

Il se concentra. Il entendit les battements bruyants de son cœur, le flux bruyant de son sang. Rejeter et comprendre, rejeter et comprendre.

――Un très léger bourdonnement, comme le battement d’ailes d’une myriade d’insectes.

Il était très proche, infiniment proche de la bonne solution. Bien que proche, il n’y était pas tout à fait. Un panache de plumes battantes, tel était le bruit qui semblait se mêler à l’émission. De nombreux phénomènes magiques n’étaient pas clairs pour Subaru, alors peut-être n’était-ce que son imagination. Mais le bon sens de Subaru sentait que quelque chose n’allait pas. Un sentiment de malaise s’installa.

Ce sentiment de violation et le bruit de ces plumes restaient gravés dans l’esprit de Subaru et ne le quittaient pas.

??? : “Et c’est la fin de mes précieuses paroles. Les créatures de viande et les insectes pervers doivent travailler dur. Comme je l’ai dit plus tôt… nous, les agresseurs, avons pris le contrôle des quatre tours qui gèrent les voies navigables de cette ville. Je pense donc qu’il vaut mieux que vous n’essayiez rien d’étrange ? Je ne supporte pas de voir le visage mort d’un noyé, c’est d’une laideur insupportable ! Gahahahaha――”

Ce rire aigu et cruel fut interrompu lorsque le son s’estompa. Le bruit des ailes disparut également. Subaru put finalement désengager son corps, et il vola immédiatement vers Félix et Ricardo.

Subaru : “Qu’avez-vous pensé de cette diffusion à l’instant ?”

Félix : “Ce que j’en pense… Nos membres ont été arrachés sans pitié, et nous avons été réduits à une simple tête, c’est ainsi que Ferri-chan voit les choses.”

Un Félix acerbe se rongea les ongles en répondant à un Subaru qui fronçait les sourcils. Différents lieux étaient devenus des scènes, dans le but d’être saisis par l’ennemi.

Subaru : “Donc, à l’instant, c’était le Culte de la Sorcière…”

Félix : “La première diffusion a eu lieu pendant que Subaru-kyun dormait. C’est la deuxième. Lors de la première diffusion, il s’est présenté comme l’Archevêque du Péché du Culte de la Sorcière, représentant la Luxure.”

Félix marqua une pause, semblant ne pas savoir s’il devait continuer ou non. Subaru, ignorant la raison de son hésitation, inclina la tête.

La coutume chez les Archevêques du Culte de la Sorcière était d’annoncer d’abord leur Péché. Ce n’est qu’après cela que leur nom était communiqué. L’Archevêque du Péché du Culte de la Sorcière représentant la Luxure――le troisième Archevêque que Subaru n’avait pas imaginé était présent. Son nom était,

Félix : “Bien que ce soit dégoûtant, et que Ferri-chan n’y croit pas le moins du monde, c’est le nom qui a été donné.”

Félix préfaça sa déclaration en partageant son opinion selon laquelle la crédibilité du témoignage qu’il s’apprêtait à répéter était très faible.

Félix : “Capella Emerada Lugnica――bien que ce ne soit pas possible, c’est le nom de la Famille Royale.”

Artiste du fan-art : Harusabin

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