Re:Zero Lore FR
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Web Novel • Arc 05

18Un temps pour le chant et la danse

Artiste du fan-art : HaruSabin

Subaru termina sa conversation à la fois importante et futile avec Julius et quitta le Pavillon du Sylphe Marin avec Émilia et Béatrice.

Émilia : “Dans la cour, tu as discuté de façon amicale avec Julius pour une fois. De quoi parliez-vous ?”

Subaru : “Tout d’abord, croire que je m’entendais bien avec ce type était une erreur, mais de quoi penses-tu que nous parlions ?”

Émilia : “Où devrions-nous aller jouer la prochaine fois ? Quelque chose comme ça.”

Subaru : “Sommes-nous des amis d’école ?!”

Même si l’hypothèse désinvolte d’Émilia sur leur relation était correcte, en supposant que Julius et Subaru aillent dans la même école, ils se trouveraient dans des groupes sociaux totalement différents. Les écoles, tout comme la société, fonctionnaient selon une hiérarchie.

D’une certaine manière, la division entre les classes n’existait-elle pas universellement, et pas seulement dans la société aristocratique ?

Subaru : “Que ce soit dans ce monde ou dans un autre, ces difficultés sont les mêmes…”

Émilia : “Hey, hey, de quoi avez-vous parlé ?”

Subaru : “J’avais très envie de poser des questions concernant les récents événements hostiles qui se sont produits au salon de thé. Que s’est-il passé exactement auparavant ? Qu’est-ce qui a précédé ? Que va-t-il se passer ensuite ? Ce genre de sujets.”

Émilia : “N’est-ce pas être amical ?”

Émilia inclina la tête en signe d’interrogation. Subaru lui emboîta le pas en soupirant.

En ne regardant que leurs paroles triviales à la fin de leur conversation, peut-être avaient-ils l’air d’amis. Mais c’était lui et Julius, donc ce n’était pas possible. Il n’était pas un ami, il était quelque chose d’infiniment plus ennuyeux.

Bien qu’il soit impossible de dire exactement ce que c’était.

Subaru : “Eh bien, ce n’est certainement pas un ami. Il n’y a aucun doute là-dessus.”

Émilia : “Honnêtement…”

Émilia se retourna pour regarder Béatrice, qui sans aucun mot soupira en réponse. Subaru se sentit quelque peu agacé par l’air de compréhension mutuelle entre les deux.

En tout cas, sa conversation avec Julius dans la cour avait concerné Reinhard, Wilhelm, et leur relation avec Heinkel Astrea. Donc, s’il rapportait sincèrement le contenu de leur conversation à Émilia, Subaru se sentirait plutôt coupable. En plus d’hésiter à révéler les affaires privées de la famille Astrea, Subaru ne voulait pas causer de stress inutile à Émilia.

――Après tout, il s’agissait d’une situation sans issue et délicate.

L’histoire de la famille Astrea n’était pas quelque chose que les étrangers pouvaient facilement aborder. Julius avait été impliqué dans l’histoire lui-même et, reconnaissant l’inquiétude de Subaru, lui avait tout transmis.

――Et pourtant, Subaru sentait une démangeaison nauséeuse dans son estomac.

Émilia : “Alors, Subaru. Même si c’est un plaisir de se promener comme ça, qu’est-ce que tu as prévu ?”

Subaru : “――――”

Alors que Subaru se débattait avec son anxiété intérieure, Émilia sourit soudainement et fit une telle remarque.

Subaru, pris par surprise, fut momentanément sans voix. Il s’empressa de cligner des yeux et de hausser les épaules.

Subaru : “C’est dur à entendre, Émilia-tan. Je n’avais qu’un seul désir, celui de me promener dans la belle cité Aqueuse avec Émilia-tan. Tout au plus, je n’ai qu’une once de tentation de t’attirer trop près d’un endroit où il y a des dragons aquatiques et d’apprécier ton apparence imbibée d’eau.”

Émilia : “Huuuu, Subaru, voilà que tu dis une chose pareille. Tu es vraiment une personne têtue. Même moi, je sais que quelque chose d’aussi insignifiant n’est pas ta véritable intention.”

Béatrice : “…”

Émilia haussa les joues en faisant la moue, et Subaru pressa une main sur son front, mal à l’aise. Il chercha de l’aide auprès de Béatrice, mais la jeune fille qui marchait entre Émilia et Subaru toisa ce dernier avec la même expression que celle d’Émilia.

Sans aucun soutien, Subaru leva rapidement les mains en signe de reddition.

Subaru : “D’accord, je me rends. Je suis désolé. J’abandonne le Plan des Vêtements Mouillés d’Émilia-tan.”

Émilia : “Su-ba-ru.”

Lorsque son nom fut appelé avec colère, Subaru laissa tomber ses mains levées et se rendit pour de bon cette fois.

Émilia : “Subaru, tu es vilain.”

Subaru : “Tu as lu en moi, Émilia-tan. Toutefois, j’ai été ton mentor, je devrais donc être récompensé… D’accord, d’accord, je vais être sérieux maintenant.”

Émilia : “Arrête donc.”

En réponse à Émilia, qui avait levé la main dans un geste signifiant “Je vais te frapper”, Subaru ne put que sourire ironiquement.

Subaru : “Je n’essayais pas de cacher quoi que ce soit, je voulais juste te faire une petite surprise. En ce moment, nous nous dirigeons vers le parc municipal de Pristella, où j’ai rencontré de manière inattendue la Diva, hier.”

Émilia : “Wow, la Diva-san ? Um, alors, sera-t-elle là aujourd’hui ?”

Subaru : “Tes yeux brillants sont adorables. Ouais, j’ai les coordonnées de la célèbre Diva. Bien que j’ai foi en la capacité d’Otto à négocier, je crois aussi que sa malchance va probablement nous coûter cette opportunité. Donc c’est une assurance.”

Émilia : “Je vois. Et si nous sommes en bons termes avec la Diva-san, alors demander à Kiritaka-san de nous échanger le minerai serait comme une faveur personnelle.”

Subaru : “C’est ça. Bien joué.”

Subaru fit un geste des bras au-dessus de sa tête en forme de cercle. Émilia était innocemment heureuse.

En fait, même si la transaction ne serait pas aussi simple et directe qu’Émilia l’avait dit, il n’y avait pas besoin de souligner son erreur. Émilia était simplement impatiente de s’entendre avec Liliana. Subaru pouvait s’occuper de toutes les autres choses en secret.

Subaru : “Je ne peux pas m’empêcher de penser que des personnes comme Émilia-tan et Liliana auront une sorte de réaction chimique…”

Émilia : “Une réaction chimique ?”

Subaru : “À première vue, je pense qu’Émilia-tan et Liliana vont bien s’entendre.”

Émilia : “Ah bon ? Haha, je l’espère.”

Bien qu’il se soit quelque peu excusé auprès d’Émilia, qui était simplement impatiente de la rencontrer, Subaru avait déjà été quelque peu assailli par la fatigue qui suivrait sûrement toute rencontre avec Liliana.

Tout en espérant que Liliana soit dans le parc pour atteindre ses objectifs, Subaru priait pour ne pas la revoir. Bien sûr, si elle n’était pas là, l’après-midi ne serait qu’un rendez-vous avec Émilia――même s’il souhaitait éviter cela, Subaru ne pouvait pas nier qu’il l’apprécierait.

Subaru : “Émilia-tan, tu ne veux pas cruising sur un dragon aquatique avec moi ? Je pense que ce serait amusant et ça renforcerait nos liens.”

Émilia : “Je ne suis pas sûre de ce qu’est cruising, mais s’il s’agit de quelque chose en rapport avec un bateau, je pense que Subaru aurait le mal de mer si nous le faisions. Ça te fatiguerait, donc nous devrions l’éviter.”

Béatrice : “Sans compter que le parc est juste en face de nous, en fait. Ce n’est pas le moment d’abandonner, je suppose.”

Béatrice tira sur le poignet d’un Subaru mal à l’aise, et l’entraîna vers l’avant tandis qu’elle continuait à avancer.

Ils arrivèrent à destination sans aucune hésitation, et Subaru abandonna toute résistance après avoir vu l’entrée du parc. La fontaine située au centre du parc de la ville offrait un spectacle inattendu. Le public rassemblé dans le parc était plus nombreux que celui de la veille.

Subaru : “Puisque nous sommes venus ici plus tôt, je m’étais préparé à la possibilité que Liliana ne soit pas là…”

En voyant la foule rassemblée, cependant, cette pensée s’avéra n’être qu’une simple inquiétude. La prestation d’aujourd’hui semblait optimiste, avec à la fois des rassemblements et des applaudissements de la part d’auditeurs fanatiques, une atmosphère qui dominait le parc.

Subaru : “Des applaudissements et des cris ?”

Béatrice : “Aujourd’hui, ça a l’air un peu plus animé qu’hier, en fait.”

Confrontée à la même confusion que Subaru, Béatrice inclina la tête sur le côté.

Tout comme la diffusion magique de la matinée, le chant de Liliana était typiquement paisible, et entraînait tranquillement son public à s’éloigner de la réalité. C’est précisément à cause de cette nature que la présence de cette foule frénétique semblait déplacée.

La situation attendue avait été mélangée avec quelque chose d’inattendu.

Émilia : “Tout le monde a l’air de s’amuser. Elle mérite vraiment son titre de Diva-san.”

Bien qu’Émilia soit impatiente de se frayer un chemin à travers l’agitation pour jeter un coup d’œil, Subaru avait un mauvais pressentiment à propos de la situation dans son ensemble.

Alors qu’ils s’approchaient de l’avant du public, Subaru commença à éprouver un sentiment de regret.

Subaru : “――――”

Cependant, il ne pouvait pas vraiment exprimer ce sentiment, et Subaru n’avait donc aucune excuse pour s’arrêter.

Sans compter qu’Émilia avait hâte de voir l’agitation par elle-même. Après tout, Subaru ne pouvait pas trahir ces yeux améthystes qui brillaient d’impatience. Ou plutôt, il ne pouvait pas prendre de décision à temps.

Peu après, le fanatisme des masses se transforma en un tonnerre d’applaudissements alors qu’ils continuaient à se frayer un chemin dans la foule.

En d’autres termes, la cause de cette agitation touchait à sa fin. L’endroit où se concentrait le regard excité de la foule devint visible. Et là,

??? : “C’était une danse vraiment incroyable ! Après avoir assisté à cette danse extraordinaire, j’ai commencé à me perdre !”

??? : “Pas du tout, c’est ta performance et ton chant qui ont beaucoup amusé ma personne. Tu as travaillé pour une grande cause. Ça fait bien longtemps que les arts de la scène ne m’ont pas procuré une telle excitation.”

À cet endroit, discutant et se serrant la main, se trouvaient la Diva et une femme de couleur cramoisie.

L’intuition de Subaru avait été bonne.


Source : Re:ZERO Death or Kiss

Aujourd’hui, Subaru fut de nouveau témoin d’un public qui versait des larmes en écoutant Liliana jouer et chanter.

Si quelque chose aujourd’hui était différent de la veille, ce serait la présence de Priscilla, qui se tenait aux côtés de Liliana, elle aussi abreuvée de “votre danse était trop puissante”, “si touchant”, “je reviendrai sans aucun doute”. La bénéficiaire de tous ces éloges généreux, Priscilla, s’était éventée et avait écarté les bras en guise de réponse.

Après cette rude interaction avec leurs fans, il ne restait plus que Subaru, Émilia et Béatrice. Remarquant leur désœuvrement ostentatoire, les deux couettes de Liliana rebondirent une fois de plus.

Liliana : “Oh, hey ! Si ce n’est pas Natsuki-sama et Émilia-sama ! Et la petite fille-sama de Natsuki-sama ! Qu’est-ce que vous faites tous ?”

Béatrice : “Je ne saurais dire qui est cette fille-sama, je suppose. Subaru, explique-moi, en fait.

Subaru : “Pourquoi ne pas laisser celle qui a trouvé le nom l’expliquer ? Tiens, je vais te donner des bonbons, alors comporte-toi bien.”

Béatrice : “Tu ne vas pas mmm… me tromper comme ça, je suppose mmm…”

Mettant de côté Béatrice, qui était occupée à sucer le bonbon dans sa bouche, Subaru se tourna vers Liliana, dont les deux queues de cheval rebondissaient avidement comme des queues de chien. Bien qu’Émilia ait écarquillé les yeux face à la réaction exagérée de la Diva, la présentation du comportement étrange de Liliana ne faisait que commencer.

Subaru : “Bien que ça ne fasse qu’un jour, te voilà en train d’organiser un nouveau spectacle grandiose. Kiritaka t’a encore mise à la porte ?”

Liliana : “Eeeh ! Eh bieeeeen, c’est vrai. Celui qui m’aimait m’a supplié si fort que je me suis exécutée. N’est-ce pas la marque d’une excellente femme ? Je pense que ça l’est.”

Subaru : “Donc, même après avoir été expulsé, tu as estimé que l’organisation d’une performance serait tout à fait acceptable…”

Liliana redressa sa fine poitrine et caressa une moustache inexistante. À côté d’elle, Priscilla se tenait debout, les bras croisés sur sa large poitrine. Apercevant Subaru, elle lui adressa un rictus méprisant.

Priscilla : “Qu’est-ce que tu faisais ? Même si tu as été séduit par mon allure, poser ton regard sur moi de cette façon est incroyablement grossier. Les hommes qui sont obsédés par ma beauté ont tout au plus le droit de respirer mon parfum pour alimenter leurs doux rêves.”

Subaru : “Je n’ai pas vu ta danse, mais même si je l’avais vue, je n’aurais pas été très enthousiaste. Je n’aime que les filles délicates comme Émilia-tan, alors ton corps séduisant ne m’attire pas beaucoup.”

Priscilla : “Préférer une demi-sorcière à moi est une marque de désarroi total. Bien sûr, je ne suis pas étroite d’esprit au point de ne pas accepter les goûts étranges. De plus, si tu ne peux pas comprendre la vraie beauté, alors ton regard ne peut être considéré que comme désespérément étriqué.”

Subaru sentait qu’il était inutile de tenter d’argumenter avec elle. Leurs valeurs étaient trop différentes. Subaru ne pouvait pas faire preuve de bon sens envers Priscilla, qui croyait sincèrement que le monde lui-même lui appartenait.

Quoi qu’il en soit,

Émilia : “Une danse vraiment incroyable”, c’est-à-dire que Priscilla dansait ?”

Priscilla : “Je regrette que vous l’ayez manqué. Danser n’est pas quelque chose que je fais à la légère. C’est dire combien la chanson de cette artiste avait quelque chose à offrir.”

Priscilla présenta Liliana à Émilia, stupéfaite.

Subaru fut choqué par sa réponse, tandis que Liliana roulait des yeux en sa direction. Ignorant Liliana, qui commençait à prétendre faire des bulles, Subaru fixa Priscilla.

Subaru : “Tu as dansé pour des gens ? Hey, c’est complètement inattendu.”

Priscilla : “Alors, que penses-tu de la frénésie de cette foule d’imbéciles à l’instant ? Bien que la chanson de l’artiste soit magique, sans la présence de ma danse, le public aurait simplement sombré dans la stupeur et serait devenu une marionnette qui n’aurait fait qu’écouter. Bien que ça puisse être considéré comme une forme de divertissement, je n’aime pas trop ça. Les imbéciles resteront des imbéciles, et les ignorants resteront des ignorants. Pourquoi ne pas ajouter de la couleur à ma journée et à la leur ?”

Subaru : “…En d’autres termes, les imbéciles qui se livrent à la bêtise seront plus heureux ?”

Priscilla : “Ho. Tu es manifestement un roturier, mais tu es assez doué pour la compréhension.”

Se sentir reconnaissant devant les louanges de Priscilla serait impossible.

Sans compter que Priscilla ne montrait aucun signe qu’elle s’était souvenue de sa présence dans l’auberge. Il se contenterait d’être heureux que Priscilla se souvienne d’Émilia.

Liliana : “Mais, mais, Priscilla-sama et Émilia-sama. Tant de personnes passionnantes sont réunies ici, j’apprécie vraiment.”

Liliana avait résisté à l’atmosphère sinistre et avait offert cette réaction.

Elle avait compris la rivalité entre les deux et s’était désignée comme médiatrice, plutôt que d’agir comme le maladroit Subaru. Peut-être que ses bizarreries et son étourderie n’étaient qu’une façade.

Liliana : “Héhéhé. Ma chanson était-elle si belle ? Honnêtement, ça m’embarrasse. Héhéhéhé.”

Subaru : “Non, c’est sa vraie nature.”

Liliana était aveuglée par son état délirant et tomba dans l’embarras en s’agitant. Subaru se rendit compte qu’il l’avait surestimée et affaissa ses épaules d’un air déçu. Puis, il remarqua soudain qu’il n’y avait personne autour de Priscilla.

Subaru : “Tu es seule ? Sans Al, ni cette ordure, ni l’adorable majordome ?”

Priscilla : “J’ai permis à Schult de se promener, mais il semble s’être perdu. Il fait beaucoup d’efforts, mais c’est un bon à rien dans tout ce qu’il fait, c’est le genre d’enfant mignon qu’il est. Comme les jacasseries incessantes d’Al sont agaçantes, je l’ai envoyé à la recherche de Schult. Pour ce qui est de cette ordure, je ne sais pas trop. Peut-être est-il dans une taverne quelque part.”

Subaru : “Donc, “ordure” est en fait un langage commun entre nous…”

Subaru fut déconcerté par le sérieux inattendu de la réponse. Il semblait qu’Heinkel était mal considéré, même par sa propre faction.

Bien qu’il comprenne parfaitement pourquoi Heinkel avait été traité de la sorte, pourquoi Priscilla avait-elle pris la peine d’inviter quelqu’un comme lui au sein de sa faction ?

Subaru : “Elle dirait certainement quelque chose comme “parce que l’avoir à proximité serait intéressant”, cependant…”

Priscilla : “Tu sembles comprendre parfaitement. Eh bien, je l’ai recueilli pour des raisons plutôt modestes. Ceux qui m’approchent et tentent de se vendre sont les bienvenus tant qu’ils trouvent matière à me divertir. S’ils deviennent un obstacle, je peux m’en débarrasser à tout moment. Cet homme est, au mieux, ce genre de personne.”

Subaru : “Non, comment dire… Il n’a pas l’air de répondre à tes attentes, de quelque manière que ce soit.”

Il semblait que c’était précisément parce que ses attentes n’avaient pas été satisfaites que Priscilla s’était mise dans une violente colère. Mais peut-être avait-elle déjà oublié cet événement depuis longtemps.

Subaru : “Mais tu n’as pas l’impression que c’est dangereux ? Pour le moment, je ne laisserais jamais Émilia-tan sortir seule.”

Priscilla : “En quoi suis-je en danger, maintenant que mes trois accompagnateurs sont absents ? Le seul avantage qu’ils m’accorderaient serait la possibilité de voir ce qui se trouve derrière ma personne.”

Subaru : “Ah, vraiment ?”

C’était un jugement assez dédaigneux envers les capacités d’Al et des autres. Cependant, après avoir vu Priscilla en action, ce point de vue était compréhensible. Dans la salle des tatamis, les capacités dont Priscilla avait fait preuve étaient bien supérieures à celles d’un humain.

Subaru : “En parlant de ça, j’ai aussi déjà reçu un coup de pied dans la mâchoire.”

Au cours des boucles qui s’étaient produites dans la Capitale Royale, Subaru avait un jour suffisamment déplu à Priscilla pour recevoir un coup de pied au visage. Son corps avait volé si haut qu’il avait touché le plafond, et il avait été mis dans un état de semi-mort avec un seul coup.

S’en souvenir provoqua chez Subaru une vive douleur, comme si on lui avait cassé la mâchoire.

Subaru : “Alors, tu as mis Al de côté et tu es venue voir Liliana ?”

Priscilla : “Ce simple paysage urbain a bien réussi à calmer mon ennui. Contrairement à la structure étroite de la Capitale Royale, la ville compte de nombreux endroits dignes d’intérêt. Au fil de mes explorations, une belle rivière de chansons s’est écoulée jusqu’à moi.”

Liliana : “Ouais~, au début, quand la danse a créé une frénésie, je n’avais vraiment aucune idée de ce qui allait se passer. Parfois, il y a des personnes qui se joignent imprudemment à ma performance et qui changent l’ambiance. Mais la plupart du temps, ma chanson les touche et ils changent d’avis.”

Subaru : “Tu n’agis pas du tout comme la Diva le devrait…”

Envahir une chanson comme cela, c’était trop audacieux.

Et, en effet, c’était plutôt un choc que Priscilla se soit jointe avec une danse. Le fait que le public ait été aussi enthousiaste signifiait que sa danse était à la hauteur de la chanson elle-même.

Priscilla : “Même s’il serait exagéré de dire que tu peux gagner les cœurs et les esprits comme je le fais, ta voix a une certaine valeur. Qu’en penses-tu ? Rejoins-moi. Laisse mon influence te donner un statut, et permets-moi de t’offrir l’honneur de jouer pour mon manoir.”

Liliana : “――――”

En d’autres termes, Priscilla avait plutôt apprécié la chanson de Liliana et lui avait fait une demande déraisonnable. Bien que l’idée ait dépeint Liliana comme la musicienne personnelle de Priscilla, des implications plus sombres derrière les mots de Priscilla étaient également présentes.

Si sa colère de ne pouvoir gagner Liliana atteignait le même niveau que son appréciation de la musique de Liliana, que ferait-elle ? C’était cette terrible implication.

Puis, Liliana répondit,

Liliana : “Merci beaucoup ! C’est une évaluation très encourageante qui me fait vraiment plaisir ! Mais ! Mais ! Mais ! Permettez-moi de refuser…”

Elle ne connaissait pas la terrible colère de Priscilla, et n’était pas capable de lire son humeur.

Avec cette ignorance horrifiante, elle rejeta la proposition de Priscilla avec un enthousiasme désinvolte.

Priscilla : “Ho, tu refuses. Pourquoi ?”

Bien sûr, la voix de Priscilla se baissa, et son regard s’assombrit.

Frisson. Subaru, qui n’avait aucun rapport avec la situation entre elles, sentit une lame de froid effleurer son dos.

En une phrase, l’atmosphère devint mortelle.

Dans son propre monde, libre de toute tension, Liliana caressait la boîte qui contenait son instrument.

Liliana : “Je suis Liliana, une barde itinérante. Même s’il est vrai qu’on me demande de rester en ville de la sorte, je suis une voyageuse qui retournera tôt ou tard errer au gré du vent. Ne pas être liée à la terre, ne pas être liée aux autres, c’est ainsi que je sers ma profession――une façon de survivre qui a été décidée depuis longtemps.”

Priscilla : “Par conséquent, mon invitation a été refusée.”

Liliana : “Que ce soit ma mère, sa mère ou la mère de sa mère, ma famille a toujours suivi cette voie. Nous sommes tous des individus qui avons choisi de renoncer à tout ce qui est matériel, afin de pouvoir continuer, en ne laissant que la chanson dans le cœur des autres. Tout comme personne ne peut capturer le vent, personne ne peut arrêter une chanson. C’est pourquoi――”

Priscilla : “――――”

Liliana : “Bien que je sois très ravi de votre invitation, permettez-moi de la refuser. Après tout, même moi, je ne sais pas où ma chanson voyagera, car toutes les décisions ont été confiées au vent.”

Levant son instrument, parlant fièrement, l’expression de Liliana ne portait aucune trace d’hésitation. Son habituelle expression délicate avait disparu, tout comme l’atmosphère délibérément affectée qui existait pour provoquer les nerfs des autres.

Il n’y avait qu’une barde――la fierté de ces créatures qui souhaitaient préserver leurs histoires en chansons.

Après avoir écouté la réponse de Liliana, Priscilla leva une main et ferma un œil. De l’autre œil, elle fixa sur Liliana un regard cramoisi torride, comme s’il contenait du magma en ébullition.

Puis, devant l’expression inébranlable de Liliana, Priscilla poussa un soupir.

Priscilla : “――Excellent. Cette détermination est également agréable. Excuse-moi, la personne vulgaire ici semble avoir été moi.”

Liliana : “Non, non, pas du tout. Je suis très, très profondément désolée.”

En direction de Priscilla, dont la bouche était sur le point de s’épanouir en un sourire, Liliana offrit une réponse sincère.

Vraiment, l’interaction entre les deux laissait Subaru bouche bée. Plissant les yeux devant son expression figée, Priscilla fronça les sourcils comme si elle était mécontente.

Priscilla : “Qu’y a-t-il, roturier ? Tu as l’air ennuyé.”

Subaru : “Ce n’est vraiment rien d’autre qu’un choc. J’ai cru que tu allais découper Liliana après qu’elle t’ait rejetée et j’ai commencé à frissonner…”

Priscilla : “C’est une inquiétude plutôt ridicule.”

Il ne se passerait rien de tel, c’est ce qu’indiquait le “Hmph” de Priscilla.

Cependant, avant d’entendre le raisonnement de Liliana, Priscilla avait sans doute eu l’intention de la tuer. Mais avant que cette décision ne soit prise consciemment, les paroles opportunes de Liliana avaient fait pencher la balance du côté de la chance. Du moins, c’est ainsi que Subaru percevait les choses.

Émilia : “Mais, j’ai aussi été un peu surprise. Puisque Priscilla-san a l’air d’être une personne du type “je prends ce que je veux.”

La mine que Subaru avait pris la peine d’éviter fut déclenchée de façon inattendue par Émilia.

Émilia fit totalement part de son impression sur Priscilla. Subaru redressa involontairement son dos et se retourna pour faire face à Priscilla. Mais, Priscilla ferma simplement les yeux, et――

Priscilla : “Quelles paroles insensées, demi-sorcière. Comment tes yeux troubles pourraient-ils juger de mon caractère ? Il y a une limite au nombre d’insultes impolies que je peux tolérer.”

Béatrice : “Quelle fille impardonnable, en fait. Si vous avez le temps de réfléchir sur l’impuissance des autres, alors vous devriez méditer sur vous-même et sur votre propre comportement, je suppose. Betty pense que ce serait plus significatif pour les deux parties, en fait.”

Émilia : “Béatrice…”

En écoutant l’implacable dérision de Priscilla, Béatrice saisit la main d’Émilia, confuse. Priscilla, cependant, haussa les sourcils, regardant Béatrice comme si elle la remarquait pour la première fois.

Priscilla : “Une si petite fille ose parler ainsi. Ma magnanimité n’est pas déterminée par l’âge. Si tu penses à tort que ta jeunesse t’épargnera ma colère, tu ferais mieux de changer d’attitude dès maintenant.”

Béatrice : “Votre intervention n’est vraiment pas nécessaire, je suppose. Faites attention à qui vous qualifiez de petite fille, en fait. Prendre l’apparence de Betty pour argent comptant vous coûtera cher.”

Des flammes d’hostilité éclatèrent entre Priscilla et Béatrice.

Les deux filles vêtues de robes élaborées avaient l’air terriblement en colère.

Les deux filles vêtues de robes élaborées ne semblaient pas être compatibles. Bien que Subaru n’ait jamais douté une seconde de la victoire de Béatrice, il savait que ces conflits étaient inévitables lorsque les Candidates Royales se rencontraient. C’était justement le type de relation qu’elles entretenaient.

Subaru : “Ne sois pas aussi têtue, Béako. Priscilla est juste volatile de cette manière, et se disputer avec elle ne sert à rien.”

Béatrice : “Subaru, n’arrête pas Betty, en fait. N’es-tu pas fâché qu’Émilia soit rabaissée, je suppose ? Prouve-moi que tu es un homme, en fait.”

Subaru : “Pourrais-tu ne pas dire des choses aussi terribles ?! Sans parler de…”

Subaru était choqué de voir que Béatrice, qui se préoccupait rarement d’autres personnes que lui, se mettait en colère pour le bien d’Émilia. Même Émilia, la destinataire de cette sollicitude, était surprise.

Émilia : “Béatrice, je vais bien.”

Déplaçant la main de Béatrice, Émilia toucha doucement la tête de la jeune fille. Pendant une seconde, une expression larmoyante apparut sur le visage de Béatrice.

Mais cela ne dura qu’un instant. Béatrice adopta son expression habituelle et se retourna vers Priscilla.

Béatrice : “Soyez reconnaissante d’avoir été épargnée, je suppose.”

Priscilla : “C’est ce que tu devrais ressentir. Remercie ton propre visage adorable.”

Béatrice et Priscilla reniflèrent toutes deux légèrement.

Bien qu’à la fin Priscilla ait fini par complimenter l’apparence de Béatrice, cette dernière, exaspérée, ne s’en était pas du tout rendu compte. “Je laisse passer parce que tu es mignonne”, c’était une explication étrange. Subaru ne la comprenait pas du tout.

Subaru : “Tu es vraiment une femme irrationnelle…”

Priscilla : “Bien sûr. Es-tu si arrogant que tu te crois capable de voir au travers de n’importe quelle femme, sans parler de moi ?”

Subaru : “Tu veux dire que c’est ma faute… ? Ce qui a vraiment déclenché cet incident, c’est le fait que tu aies dit à Liliana que tu la convoitais.”

La raison pour laquelle Priscilla avait permis à Liliana de s’échapper de la paume de sa main restait un mystère. Subaru dirigea un regard curieux vers elle. Contre toute attente, Priscilla se couvrit la bouche avec son éventail.

Priscilla : “Tout ce qui existe dans ce monde m’appartient déjà. Il n’est donc pas nécessaire de tenir tout ce qui est beau et noble dans ma paume. Ces choses doivent simplement exister. Tant qu’elles continuent d’exister, il n’y a pas de problème.”

Subaru : “…”

Priscilla : “Ce monde est déjà ma cour, autrement dit, l’endroit où chante un oiseau est sans importance. Le mettre en cage ? Vulgaire. La protéger des mains d’un ennemi extérieur ? Vulgaire. En fait, il s’agit là d’actions plutôt gênantes.”

La vision de Priscilla réduisit à néant toutes les présomptions de Subaru. Son aliénation de l’aliénation elle-même laissa Subaru sans voix.

Cela ne voulait pas dire que Subaru était incapable de comprendre ce qu’elle disait. Cependant, ce qu’elle voyait était trop différent de ce que Subaru percevait.

Par conséquent, Subaru ne la comprendrait jamais aussi longtemps qu’il vivrait.

Franchement, il pensait que c’était horrible. Mais peut-être que cela pourrait être vu sous un autre angle. Ce sentiment terrible, peut-être, pourrait aussi inspirer l’admiration ou le désir chez les autres. C’était peut-être pour cela qu’Al avait choisi de suivre Priscilla.

Liliana : “Hey, hey, hey ! Maintenant que tout le monde s’est calmé, laissez-moi servir d’ambassadrice et faire preuve de bonne volonté tout en montrant ma voix ! Ouais, c’est ce que je vais faire !”

Ainsi, tranchant dans l’atmosphère, Liliana fit brusquement sa proposition. Elle prit sa Lyulyre et joua un accord rapide sur ses cordes, avant de se concentrer sur le balancement de son propre corps.

Liliana : “Mais cette fois-ci, Priscilla-sama n’a pas besoin de se joindre à moi avec une danse, apprécier la chanson est suffisant. Je vais ouvrir le feu avec toute la passion de la Diva ! Veuillez écouter attentivement !”

Priscilla : “Ho ?”

Les mots de Liliana firent apparaître une expression d’intérêt sur le visage de Priscilla.

Liliana : “Émilia-sama semble également être arrivée juste au moment où ma première chanson se terminait. J’espère qu’au lieu de me percevoir comme une chanteuse dont l’argument de vente est sa mignonnerie, vous me verrez comme une poétesse qui a gagné un peu d’argent grâce à sa voix bénite et à son excellente maîtrise des instruments.”

Émilia : “Wow, vraiment ?”

Liliana : “Bien que je ne sois pas la plus qualifiée des musiciennes, j’espère que vous serez satisfaite.”

Indépendamment de l’affirmation de Liliana, Émilia était sans aucun doute intéressée par sa performance et son chant. C’était pourquoi Émilia, qui s’était laissée prendre par leur précédente interaction, attendait avec impatience la proposition de Liliana.

Prenant acte du subtil sentiment de distance entre Émilia et Priscilla, Liliana sembla entrer dans un état de préparation. Elle adressa discrètement un signe de la main à Subaru et lui dit d’une voix calme,

Liliana : “Natsuki-sama, Natsuki-sama. Bien que ce ne soit que mon opinion personnelle, est-ce qu’Émilia-sama et Priscilla-sama sont en mauvais termes ?”

Subaru : “Ce n’est pas une question d’opinion, c’est évident d’après leurs échanges. De plus, Priscilla ne s’entend avec personne, bien sûr qu’il y a des tensions avec Émilia-tan.”

Liliana : “C’est énorme !”

Liliana semblait choquée, et ses cheveux bondissaient comme la queue d’un chien en alerte. Les nerfs étaient-ils liés à ses cheveux ? Il avait vraiment envie de tendre la main et de les attraper.

Liliana : “Alors, alors, laissez-moi intervenir pour couper cette tension, et unir les deux dans un monde de charme et de chansons. Ah ! À l’instant, est-ce que votre imagination s’est égarée dans un endroit dangereux quand j’ai dit “couper” ? Ça ne va pas du tout !”

Subaru : “C’est épuisant quand tu dis à la fois des choses inspirantes et non inspirantes dans une même phrase, alors ne fais plus ça.”

Subaru s’émerveilla devant Liliana, qui semblait être folle, mais qui était capable de prendre soin des autres. Balayer la mauvaise atmosphère avec une chanson était quelque chose de simple et de direct.

Toutes deux partageaient le même intérêt pour le chant de Liliana. Même Priscilla ne ferait pas preuve de cynisme à l’égard d’Émilia en écoutant la Diva qu’elle admirait tant.

Liliana : “Lorsque la chanson sera terminée et qu’elles discuteront à nouveau, ne devrions-nous pas préparer de la nourriture et des boissons pour elles, Natsuki-sama ? Le fait de se régaler avec des friandises créera certainement une ambiance qui réduira la distance entre elles, vous ne croyez pas ?”

Subaru : “Non, je ne crois pas.”

Liliana : “Lorsque la chanson sera terminée et qu’elles discuteront à nouveau, ne devrions-nous pas préparer de la nourriture et des boissons pour elles, Natsuki-sama ? Le fait de se régaler avec des friandises créera certainement une ambiance qui réduira la distance entre elles, vous ne croyez pas ?”

Subaru : “S’agit-il d’une parodie où je ne peux avancer que si je dis oui ?”

Liliana présenta ce faux choix avec la même inflexion et le même ton, et Subaru n’eut d’autre choix que de renoncer et de choisir “Oui”. L’expression de Liliana redevint soudainement plus claire.

Le haut degré de difficulté de communication entre l’espèce humaine et l’espèce Liliana était certainement une question à examiner correctement à l’avenir.

Subaru : “Très bien, je vais acheter de quoi grignoter pendant que Liliana chante. Émilia-tan, je reviens tout de suite, alors ne te dispute avec personne et attends ici tranquillement, d’accord ?”

Émilia : “Sérieusement. Tu n’as pas besoin de t’inquiéter autant, et d’ailleurs ça n’arrivera pas de toute façon. Je ne veux pas me battre avec Priscilla-san.”

Subaru avait mis en garde Émilia, juste pour être sûr, mais celle-ci arborait un grand sourire. Même s’il ne doutait pas d’Émilia, et même si elle ne déclenchait pas de dispute, la présence de Priscilla rendait la probabilité plutôt élevée.

Subaru : “Béatrice. Si quelque chose arrive avec Émilia-tan, je te laisse faire.”

Béatrice : “Je sais, en fait. Si cette fille essaie encore de parler, je la réduirai en cendres, je suppose.”

Subaru : “Tu ne te disputeras pas non plus, pas vrai ?”

Confiant cette tâche à Béatrice, qui était beaucoup plus volatile qu’Émilia, Subaru se prépara à quitter le parc. Mais, avant cela,

Subaru : “Priscilla, y a-t-il quelque chose que tu ne veux pas manger ?”

Priscilla : “Comme c’est inattendu. Un roturier comme toi fait preuve de considération. Dans ce cas, prépares quelque chose d’intéressant. Si tu trouves quelque chose d’ennuyeux, je te le rendrai avec ta tête décapitée.”

Subaru : “Deviner ce que tu aimerais reviendrait à jouer à pierre-feuille-ciseaux, pourquoi as-tu imposé cette condition cruelle ?!”

Subaru pensa à lui donner la première friandise qu’il pourrait trouver. Priscilla étant Priscilla fronça les sourcils à sa réponse.

Priscilla : “Pierre, feuille… ciseaux ?”

Elle pencha la tête sur le côté.

Puisqu’elle avait oublié Subaru, peut-être avait-elle même oublié qu’ils avaient joué à pierre-feuille-ciseaux par le passé.

(Note de Traduction : Après avoir rencontré Priscilla pour la première fois, et s’être enfui des ruelles pour échapper aux bandits, Priscilla avait entamé un pari avec Subaru pour ses pommes ; si elle gagnait, elle recevrait une de ses dix pommes, si lui gagnait, elle permettrait à Subaru… de lui tripoter les seins. Dans un premier temps, ils avaient essayé de jouer à pile ou face, et Subaru avait perdu sept fois d’affilée. Juste après, Subaru avait proposé de passer au jeu du pierre-feuille-ciseaux… Et il avait encore perdu deux fois, avant qu’un groupe de bandits ne les interrompe.)

Subaru ne savait plus quoi dire. Elle était vraiment impossible à traiter dans tous les sens du terme.

Émilia : “Subaru, fais attention.”

Béatrice : “Si quelque chose arrive, appelle Betty, en fait.”

Sous le regard d’Émilia et de Béatrice, Subaru agita la main. Il fit ensuite un signe de la main et un clin d’œil en direction de Liliana, comme pour flirter, puis sortit du parc en courant.

Peu après, la mélodie légère de la Lyulyre de Liliana arriva dans le vent.

En l’entendant, Subaru songea à retourner au parc le plus vite possible, se disant qu’il devait à tout prix faire partie du récital. Il injecta plus de puissance dans son pas de course.


Cela faisait dix minutes que Subaru avait quitté le parc.

Subaru : “Je suis tellement inutile, vraiment.”

Après avoir quitté le magasin, Subaru regarda le contenu de son sac et soupira.

Afin de se procurer des desserts appropriés, le garçon de courses Subaru s’était rendu dans le premier magasin approprié qu’il avait trouvé et avait terminé ses achats dès que possible. Bien qu’il ait été intrigué par la célèbre friandise de Pristella, un produit rare appelé Gelée Gina, il n’avait pas eu le courage de le rapporter à Priscilla.

Bien que le formuler comme étant la crainte d’une détérioration des relations entre les deux factions semblait agréable, ce que Subaru craignait en fait était la réaction insatisfaite de Priscilla elle-même.

Subaru : “Mais je me demande si le goût est le même que celui de la gelée Unagi. Même si j’ai honte de ne pas avoir eu le courage de le confirmer par moi-même, je ne me déteste pas tout à fait.”

Subaru siffla après son examen de conscience compliqué, en courant sur le chemin du parc à un rythme soutenu.

Il avait compté dix minutes depuis son départ, et il n’y avait eu aucun changement dans son lien contractuel avec Béatrice. Malgré tout, sa fierté masculine l’incitait à revenir dès que possible, mais,

Subaru : “Gah, désolé.”

En tournant rapidement à un angle de rue, il heurta presque quelqu’un. Bien qu’il l’ait évité à la hâte, Subaru tourna la tête pour s’en assurer.

Subaru : “Désolé, c’est de ma faute. Je ne pense pas vous avoir heurté, mais vous allez bien ?”

??? : “Hey, frangin, c’est comme ça qu’on s’excuse ? Tu devrais faire preuve de plus de sincérité !”

L’homme avec qui Subaru avait failli entrer en collision répondit d’une voix rude, son expression changeant lorsqu’il vit Subaru.

Au même moment, Subaru lui-même fut également stupéfait.

Subaru : “Whoa, c’est Chin ? Tu as même été embauché par Felt, pourquoi es-tu toujours aussi mal intentionné ?”

Rachins : “T’es tellement ennuyeux ! Je t’ai déjà dit que ce n’est pas Chin ! Et qu’est-ce que tu fais ici ?!”

L’homme qui cracha ces mots avec colère était le messager de la veille. Celui qui s’était planté dans la transmission de son message. D’après ce que Felt avait dit, il avait été chargé de passer la nuit dans un autre hôtel de la ville.

Subaru : “Tu es tout seul, et pas avec Ton et Kan ? C’est vraiment curieux.”

Rachins : “Curieux ou pas, qu’est-ce que tu sais de moi ? Il n’y a rien entre nous, alors pourquoi tu continues à essayer de créer quelque chose ? T’es tellement ennuyeux, bouge de là, bon sang.”

Subaru : “Tu es si froid, même si nous avons une relation de vie ou de mort.”

Rachins : “Je ne me souviens pas de ce genre de choses ?!”

Rachins, qui n’était pas familier avec Subaru, afficha un visage irrité en essayant de l’éviter.

Subaru lui-même avait du mal à comprendre pourquoi il ressentait un tel lien affectif. Peut-être que les capteurs de personnes ordinaires dans le cœur de Subaru traitaient TonChinKan comme des personnes ordinaires. De nombreuses personnes dans ce monde étaient ridiculement fortes, alors les affronter permettrait à Subaru de pousser un soupir de soulagement.

Même s’ils l’avaient déjà tué une fois. Il devenait vraiment plus audacieux.

Rachins : “Quoi qu’il en soit ! Ne me dérange pas ! Je travaille en ce moment même !”

Subaru : “Tu avais l’habitude de t’amuser avec les gens, et maintenant tu fais du bon travail… Je suis si heureux pour toi.”

Rachins : “Qui est ce “toi” ?”

Alors que Subaru faisait semblant de pleurer, Rachins lui échappa et se dirigea vers la foule. Ayant reçu une réaction froide, Subaru se gratta la tête en réfléchissant.

Si l’on avait la mauvaise habitude de ne pas prendre l’initiative de parler aux gens, il y aurait également un sentiment persistant de distance.

Observant Rachins disparaître dans l’océan de personnes, Subaru se tourna à nouveau vers le parc. Et puis ses pieds s’arrêtèrent soudainement.

Subaru : “Hmm ?”

Subaru tourna la tête et commença à se méfier. Devant ses yeux, dans ce moment subtil, se trouvait la raison pour laquelle Subaru s’était arrêté――il y avait des individus qui s’étaient arrêtés.

La foule vers laquelle Rachins s’était dirigé était figée sur place, et Subaru avait fait de même par inadvertance. Rachins retroussa ses lèvres et se fraya un chemin hors de la foule.

Rachins : “Ce type, ce type, et ce type aussi ! Qu’est-ce que vous regardez tous ?!”

Chargé d’insultes irritées, Rachins aligna également son regard sur celui des masses, qui étaient dirigées vers le sommet du toit d’un bâtiment imposant.

Un bâtiment exceptionnellement haut qui faisait office de tour d’horloge, incrusté d’une mosaïque de gravures de cristal et d’un cristal magique placé tout en haut. Dans n’importe quelle métropole ou ville, ce bâtiment allait de soi. Chaque ville ou village possèdait plusieurs tours d’horloge de ce type.

Dans la ville de Pristella, il y avait également un certain nombre de tours d’horloge disséminées. La tour de l’horloge n’en était qu’une parmi tant d’autres. Cependant,

??? : “――Mon Dieu, honnêtement. Veuillez m’excuser de faire du grabuge, je vous prie de m’excuser sincèrement.”

Une silhouette se tenait là, scrutant à travers la fenêtre ouverte de la tour de l’horloge, dangereusement proche de son bord. Sa tenue attirait l’attention de tous ceux qui se trouvaient à proximité, et sa voix tremblait, comme si elle baignait dans le poids de toute cette attention.

??? : “Merci. Je n’en ai vraiment besoin que d’un tout petit peu, alors s’il vous plaît, laissez-moi vous emprunter votre temps.”

Elle prononça des mots d’excuse, mais, comparés à de véritables mots de regret, ses mots semblaient bien plus moralisateurs, comme s’ils donnaient la priorité à ses propres intentions.

Cette voix tremblante se brisa, brusquement. L’écouter était douloureux pour les oreilles, et le besoin féroce et désespéré d’éliminer cet inconfort immédiatement se faisait sentir.

La raison de ce sentiment étrange pouvait peut-être être attribuée à l’apparence rebutante de cette silhouette.

――La tête de la silhouette était entièrement enveloppée de bandages, ne laissant à découvert que ses yeux éblouissants. Son corps était enveloppé d’un manteau noir et ses deux poignets étaient attachés à une longue chaîne dont les extrémités traînaient sur le sol et se balançaient de gauche à droite tandis que son propriétaire arpentait la tour.

Elle offrit aux masses un geste étrange――un sourire, peut-être, mais les bandages cachaient et déformaient trop sa bouche pour que l’expression soit réconfortante.

??? : “Mes excuses, je suis l’Archevêque du Péché du Culte de la Sorcière, représentant la Colère.”

Après avoir prononcé ce terrible titre, la silhouette communiqua son nom.

??? : “――Je m’appelle Sirius Romanée-Conti.”

Avec malice, elle sourit.

Artiste du fan-art : おわり

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