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Web Novel • Arc 05

19Le théâtre de la malice

Artiste du fan-art : おわり

Ces paroles avaient été prononcées avec intimité et courtoisie.

En entendant le discours d’ouverture de la silhouette couverte de bandages, la foule ne put que lever les yeux au ciel dans un silence stupéfait. La silhouette qui se tenait au-dessus d’eux avait une apparence particulière et frappante. Sa voix était percutante, mais incroyablement envoûtante.

Toutefois, ces caractéristiques notables étaient secondaires par rapport à quelque chose de beaucoup plus important.

La raison pour laquelle personne n’osait détourner les yeux de cette silhouette était, en fait, incroyablement simple. Il ne serait pas exagéré de parler d’instinct biologique.

――Personne ne serait stupide au point de détourner le regard d’un ennemi mortel.

??? : “Hein, quoi ?”

??? : “Qu’a dit cette personne à l’instant ?”

??? : “C’est une blague, pas vrai ? Le Culte de la Sorcière, qu’est-ce que…”

Une compréhension tardive se répandit progressivement dans la foule.

Cependant, personne ne réagit. Chacun se contentait d’interroger les personnes à proximité, semblant douter de ce qu’ils avaient entendu.

Rachins : “À l’instant, qu’a dit ce bâtard ? Tu l’as entendu ?!”

Rachins, qui s’était précipité vers Subaru, partageait cette réaction. Bien qu’il ait traversé la foule et se soit approché de Subaru tout en gardant un œil sur la tour de l’horloge, Subaru, qui se tenait à l’écart de la foule, ne laissa pas son regard vaciller une seule seconde.

Compte tenu de l’identité de cette silhouette, il n’y avait aucun doute à ce sujet.

――Autrement dit, cette silhouette était une créature de la même race que Petelgeuse.

Subaru : “De plus, se revendiquer comme étant un Romanée-Conti… ?”

La silhouette enveloppée de bandages avait donné son nom, Sirius Romanée-Conti.

Comble du ridicule, Romanée-Conti était en fait le nom de famille de Petelgeuse, bien qu’il soit impossible que cet Esprit maléfique ait de la famille.

Subaru : “Je ne crois pas que tous les Archevêques du Péché aient le même nom de famille.”

Une famille entière nommée Romanée-Conti serait un cauchemar bien trop difficile à gérer.

Une religion maléfique répandant les enseignements de la Sorcière, et une famille du nom de Romanée-Conti, produisant des Archevêques du Péché depuis des générations ? Cette simple pensée semblait si déformée et immonde qu’elle procurait à Subaru une proverbiale odeur nauséabonde.

Au même moment, une vague de colère envers le Culte de la Sorcière émergea à l’intérieur de Subaru.

Bien qu’il ne s’agisse pas de la Gourmandise qu’il poursuivait, s’il s’agissait de quelqu’un qui pouvait lui donner une piste, alors――

Subaru : “――Je vais essayer de le capturer et de le forcer à tout me déballer.”

Même si cela s’avèrait difficile, cela pourrait ouvrir la voie vers la Gourmandise.

Déterminé, Subaru calma son cœur enflammé, et se concentra sur la recherche de son lien avec Béatrice. Béatrice apparaîtrait pour Subaru dès qu’elle serait invoquée.

C’était un effet du contrat entre un Contractant et son Esprit. Au plus profond de lui-même, Subaru s’accrocha à leur lien, et se prépara à le saisir, quand,

Sirius : “――Très bien ! Ça suffit !”

Subaru : “――?!”

Alors qu’il s’apprêtait à appeler Béatrice, une voix stridente et sèche l’interpella bruyamment d’en haut.

Cette voix donnait l’impression de pouvoir imprégner toute la ville. La personne couverte de bandages frappa dans ses mains, et Subaru ouvrit les yeux pour la voir observer la foule en dessous d’elle.

Sirius : “Il a fallu vingt-deux secondes pour que tout le monde se taise. Cependant, je vous remercie tous pour votre attention. Je suis très heureuse. En outre…”

Malgré l’ironie de ces mots, la personne couverte de bandages, Sirius, gardait les bras croisés tandis que son corps entier tremblait. Même si elle avait l’air incroyablement heureuse, la friction entre les chaînes qui pendaient de ses bras et les murs de la tour de l’horloge produisait un son éprouvant pour les nerfs.

Sirius : “Vous et vous là, et les deux copains là-bas, et vous là aussi. Mes excuses, mais ne vous mettez pas en colère. Je suis vraiment désolée de prendre le temps précieux de chacun. Désolée et merci.”

Subaru : “Quoi…”

Sirius se tortilla, comme si elle se plaignait sincèrement.

Subaru s’était apprêté à crier “quelle blague”, mais avant que les mots ne sortent de sa bouche, il remarqua qu’il avait été inclus dans les quatre personnes que Sirius avait pointées du doigt en disant “ne vous mettez pas en colère”.

En jetant un coup d’œil autour de lui, il aperçut les autres personnes que Sirius avait désignées――elles semblaient toutes posséder un certain niveau de compétence. Un demi-humain avec une épée à la taille, une femme avec un bandeau sur les yeux, et Rachins, chacun arborant un visage rougi.

Ceux qui avaient été désignés étaient tous des individus qui étaient prêts à prendre des mesures contre Sirius. C’était un avertissement que leurs plans avaient été découverts.

Subaru : “――――”

Subaru sentit une sueur froide commencer à perler de son front, et arrêta d’invoquer Béatrice.

Il avait compris depuis longtemps à quel point une attaque du Culte de la Sorcière était terrifiante, et il savait que la survie était primordiale. Sur la place autour de Subaru, pas moins de trente personnes s’étaient rassemblées.

S’il n’était pas capable de trouver un avantage d’une manière ou d’une autre, alors sa situation était déjà fatale.

Subaru adressa un clin d’œil aux quatre autres personnes mentionnées par Sirius, établissant un contact visuel.

Le demi-humain, qui ressemblait à un aventurier, capta son regard, et la femme aux yeux bandés sentit son intention, de même qu’un marchand de la ville à l’allure vive. Seul le visage de Rachins révélait une vague confusion en détournant le regard de Subaru.

Rachins détenait la carte la plus puissante――la capacité d’invoquer Reinhard.

La veille, Reinhard avait prévenu Rachins de ne pas oublier le signal en cas d’incident. Il y avait donc un signal bien établi entre eux, et dès que Rachins l’utilisait, Reinhard arrivait. Du moment que Reinhard se précipitait sur les lieux, alors le Culte de la Sorcière ou l’Archevêque du Péché ou Sirius ou n’importe quoi d’autre, n’importe quel ennemi serait abattu sans faute.

Cependant, il y aurait certainement des victimes dès que Rachins donnerait le signal. C’est probablement ce qui faisait hésiter Rachins.

Si les sacrifices n’étaient pas pris en compte, ce serait la meilleure façon de procéder avec Sirius.

Mais devaient-ils y recourir immédiatement ? Ces sacrifices en valaient-ils la peine ?

Sirius : “Parfait, merci. Il semblerait que nous nous soyons tous un peu calmés. Je comprends votre agitation. Entendre le nom du “Culte de la Sorcière” ne vous a pas laissé une bonne impression, n’est-ce pas ? Je n’ai pas l’intention de faire quoi que ce soit de spécial. Si j’ai pris le temps précieux de tout le monde aujourd’hui, c’est parce que je voulais confirmer une chose.”

??? : “Confirmer… une chose…”

Sirius : “Mes excuses, mais s’il vous plaît, ne bavardez pas autant. Ma tête n’est pas très bonne, alors si tout le monde parle en même temps, je me sentirai troublée. Je serai alors très triste. Ce ne serait pas souhaitable, n’est-ce pas ? Si l’un d’entre vous est préoccupé par quelque chose, qu’il me le dise. Je gaspille le temps de tout le monde et je me sens très coupable, alors quelle que soit la question, je répondrai. Cela vous convient-il ?”

Sirius, du début à la fin de ce discours, s’était exprimée de manière intime et rationnelle, mais cette attitude était rebutante. C’était une évidence, compte tenu du sentiment de dégoût que les gens pouvaient éprouver à l’égard d’une silhouette enveloppée de bandages qui ne laissait apparaître que ses dents et ses yeux.

Vraisemblablement, tout le monde pensait ainsi. Même à la suggestion de Sirius, la foule resta silencieuse et chacun scrutait son voisin. Dans ce cas,

Subaru : “Avec tout le respect qui vous est dû, puis-je vous poser une question ?”

Puisque personne n’avait pris l’initiative de lever la main, Natsuki Subaru prit la parole et leva la sienne.

Subaru, détectant qu’il était au centre d’une vague de surprise, garda son regard fixé intensément sur Sirius, qui baissa les yeux vers Subaru.

Sirius : “Oui, je vous en prie. Je vous remercie. Vous vous êtes un peu énervé tout à l’heure, alors je suis très heureuse que vous acceptiez de me parler. Qu’est-ce que vous voulez savoir ?”

Subaru : “Bien que je ne sache pas ce qui se passe ici, je fais attendre quelques filles. Quatre à vrai dire. Ce serait donc sympathique si vous pouviez nous laisser partir dès que possible.”

Sirius : “Oh là là ! C’est vraiment terrible, mes excuses. Mais je ne m’attendais pas à ça de votre part. Est-ce le rêve d’un homme d’avoir quatre filles à servir ? C’est vraiment déplorable. N’est-ce pas triste de laisser certaines d’entre elles pleurer ? Nous devons mettre un terme à cette déloyauté inadmissible qui ne doit absolument pas se produire et qui doit être totalement interdite.”

Subaru : “O-oy ?”

La voix de Sirius devint de plus en plus énergique à la moitié du discours, avant de sombrer dans un murmure. Cependant, après avoir entendu la voix perplexe de Subaru, Sirius releva brusquement la tête.

Sirius : “Non, non, je me suis juste laissée emporter par mes émotions. Mes excuses. Bien que je m’efforce de rester pondérée, je m’énerve toujours involontairement. Merci de vous inquiéter pour moi. Eh bien… vous m’avez demandé quand je laisserais partir tout le monde ?”

Subaru : “…Ah, c’est exact. Nous vous en serions reconnaissants.”

Sirius : “Mes excuses pour le dérangement, je suis vraiment désolée. Mais il n’y a pas de problème. Même si je fais partie du Culte de la Sorcière, réputé pour ne pas être calme et silencieux, je déteste vraiment déranger qui que ce soit. Les autres inquiètent souvent autrui, et j’en suis vraiment désolée.”

Contre toute attente, le dialogue était assez facile à établir, mais Subaru nota quelque chose de mystérieux.

Un comportement doux, une attitude extrêmement humble, et le dialogue qu’ils avaient échangé――en tenant compte de tout cela, se pourrait-il que Sirius soit une femme ?

Le bandage rendait le visage invisible, et le corps était recouvert d’un manteau, ce qui le rendait difficile à discerner. La voix était aiguë, mais au lieu d’être féminine, elle semblait artificielle et mécanique, ce qui rendait le jugement difficile.

“Mais c’est peut-être une femme”, pensa Subaru avec indifférence.

En fait, à en juger par le comportement et l’attitude de Sirius, il n’y avait pas de danger particulier.

Son apparence anormale et la façon dont elle s’était présentée avaient conduit plusieurs personnes à rester sur leurs gardes, mais si l’on ne tenait pas compte de ces facteurs, il était plus facile d’établir le dialogue avec elle qu’avec Priscilla.

Dans la foule environnante, la tension s’apaisa peu à peu, tandis que les gens observaient curieusement, comme s’ils attendaient qu’elle fasse valoir son point de vue.

Subaru fit de même, même s’il se sentait encore un peu nerveux.

Sirius : “Merci. Et je suis désolée. On dirait que j’ai fait peur à tout le monde. Mais je suis très heureuse que vous soyez tous prêts à m’écouter de la sorte.”

Subaru : “Ce n’est pas comme si nous ne voulions pas vous pardonner. Mais passons maintenant aux choses sérieuses.”

Sirius : “C’est vrai, c’est vrai, merci de me le rappeler. Parlons du sujet principal. Je suis apparue devant tout le monde pour affirmer quelque chose, en premier lieu.”

Sirius secoua son corps tout en frottant ses deux chaînes l’une contre l’autre, ce qui produisit un bruit strident.

En fait, au lieu d’être rebutante, cette action semblait humoristique. Elle ressemblait bien plus à une bouffonne ou à une artiste qu’à quelqu’un de dangereux.

Le visage de Subaru se détendit en un sourire, et son appréhension disparut. Il ne jugeait plus nécessaire d’appeler Béatrice. Il espérait simplement pouvoir écouter Sirius rapidement et partir.

Subaru : “Alors, qu’est-ce que vous voulez affirmer ?”

??? : “Ouais, ouais, dépêchez-vous de nous le dire !”

??? : “Ouais, je suis sur le point d’être en retard au travail !”

À peine Subaru l’avait-il encouragée qu’un pandémonium de bavardages commença à se manifester.

Le dernier homme à prendre la parole pointa du doigt le cristal magique au sommet de la tour qu’occupait Sirius, et éclata de rire. Alors que le tourbillon de rires se propageait, Subaru ne put s’empêcher de se détendre encore plus. Sirius avait l’air de s’être perdue dans l’atmosphère et posa une main troublée sur sa tête.

Sirius : “Désolée, mes excuses. Vraiment désolée. Je sais que tout le monde est occupé. Je vais terminer mon discours immédiatement, alors restez avec moi pendant un moment.”

Subaru : “Alors dites-le nous !”

Sirius : “D’accord ! Voilà, c’est parti. Le sujet que je veux affirmer est très simple. Pour parler franchement, il y a quelque chose que je veux dire à propos de l’Amour. Wow, c’était embarrassant.”

Bien que les bandages auraient dû dissimuler tout rougissement, Sirius se couvrit le visage d’une main, essayant de dissimuler sa honte. Alors que tout le monde riait en silence et de manière contagieuse, l’apparence de Sirius semblait de plus en plus inappropriée.

Sirius : “Même si je m’attendais à ce qu’on se moque de moi, je me sens quand même troublé. Merci de m’avoir écouté. Merci, et j’ai également une requête.”

Subaru : “Une requête ?”

Sirius : “Je pense que si tout le monde peut rester avec moi un moment, je peux affirmer cet Amour. Mes excuses, je suis capable de dire des choses vraiment indisciplinées.”

Sirius hésita sur les mots, frottant ses mains et ses chaînes l’une contre l’autre pendant qu’elle faisait sa suggestion.

Devant un spectacle aussi adorable, la foule réagit par un “Quoi, c’est tout ?”. Subaru croisa également les bras, hochant la tête en sentant la joie se répandre dans la foule.

Sirius s’illumina et commença à frapper dans ses mains.

Sirius : “Vraiment ? Merci, merci ! Mes excuses. Le monde est vraiment très délicat. Plein d’amour et de tendresse. Chaque fois que je comprends ça, je ne peux m’empêcher d’exprimer ma gratitude. Les individus sont capables de se comprendre et de prendre soin les uns des autres. Peut-être que je dis “merci” et “mes excuses” pour pouvoir le confirmer.”

??? : “Ouais, ouais, on a compris, Sirius ! Alors, quelle est la suite――?”

Sirius : “Ah, mes excuses !”

L’aventurière aux yeux bandés avait encouragé Sirius. Comme si elle entendait la voix d’une camarade de classe avec laquelle elle était amie depuis une décennie, Sirius capta son regard et se mit à rire avec elle.

Puis, comme si elle se souvenait enfin de son objectif, Sirius se retira dans la tour de l’horloge et tendit la main vers la fenêtre. Et là,

Sirius : “Désolée de t’avoir fait attendre. Bien, viens ici.”

??? : “――――!”

Elle parla d’une voix amicale en tirant quelqu’un par la fenêtre.

Une petite silhouette gémissait et se tortillait sous son emprise――un petit garçon dont le corps entier était attaché par des chaînes.

Il n’avait qu’une dizaine d’années et tout son corps, des chevilles aux épaules, était enveloppé d’une chaîne. Il était également bâillonné par cette chaîne, les coins de sa bouche dégoulinant de sang. Seuls son cou et le haut de son corps étaient libres, et il bougeait désespérément la tête, pleurant comme s’il implorait quelque chose.

Sirius : “Mes excuses pour t’avoir fait si peur. Cependant, en tant qu’homme, il n’est pas bon de pleurer comme ça. Même si je voulais garder le secret pour toi, on dirait que tu es sur le point d’uriner. Si tout le monde l’apprend, tu seras embarrassé et triste.”

??? : “Mmm ! Mmgh !!”

??? : “Oui ! C’est vraiment embarrassant !”

??? : “Si t’es un homme, ne pleure pas !”

??? : “Les hommes ne pleurent que trois fois dans leur vie, et encore, pour un instant seulement ! Haha !”

Alors que Sirius réconfortait le petit garçon en pleurs, la foule en contrebas se moquait de lui.

Tout le monde avait traversé une période de pleurs pour de petites choses, donc leurs taquineries n’étaient pas malveillantes, mais leur manque de considération était criant.

Sirius : “Très bien, ça suffit tout le monde ! Il est vrai que cet enfant est un peu maladroit, mais il est en fait très courageux. N’est-ce pas, Lusbel-kun ?”

Lusbel : “――――!”

Le garçon, enchaîné, n’était sans doute pas très léger, mais Sirius le soutenait facilement d’une main tandis qu’elle faisait des reproches à la foule tout en lui caressant la tête. Lusbel, tel qu’on l’appelait, bougeait désespérément la tête comme pour mettre de la distance entre lui et le visage de Sirius.

Cette vision était plutôt humoristique, et bien que sachant qu’elle serait humiliante pour le garçon, la foule riait quand même inconsciemment.

Sirius : “Excellent. Bien, je vous prie d’être attentif. Mes excuses. Voici Lusbel, un garçon de neuf ans qui vit à Pristella. Son nom de famille est Kallard, son nom complet est donc Lusbel Kallard.”

Lusbel : “Mmph ! MMMMMMMPH !!”

Sirius : “Son père se nomme Muslan Kallard. Muslan-san travaille au maintien de la stabilité des voies navigables. Ina Kallard, la mère de Lusbel-kun, est enceinte. Son ventre vient de commencer à grossir et Lusbel-kun se réjouit d’avoir un petit frère ou une petite sœur. La famille Kallard habite dans la Troisième Rue. Ils vont souvent au parc municipal avec une amie de la famille, Tina. Lusbel-kun et Tina-chan sont des amours d’enfance et ils s’aiment beaucoup. Le rêve de Lusbel-kun est d’avoir Tina-chan à ses côtés pour le soutenir. Tina-chan est une jeune fille aux boucles blondes et pâles, et sa beauté grandissante à mesure qu’elle s’épanouit dans l’âge adulte est très attendue. Cette Tina-chan veut aussi soutenir le rêve de Lusbel-kun. Après avoir entendu la chanson Delphin Trahi par le Soleil Couchant, Lusbel-kun a voulu devenir un aventurier comme Delphin. C’est un rêve très louable pour un garçon de son âge. Si certains se moquent de ce rêve enfantin, ce n’est pas mon cas. Qui pourrait se moquer de cet esprit viril ? Je crois que Tina-chan est également de cet avis, c’est pourquoi elle soutient Lusbel-kun de tout son cœur. Bien entendu, même si le rêve de Lusbel-kun est de devenir un aventurier, il est également impatient de rencontrer l’enfant qui sommeille en sa mère. Son projet initial était de se lancer immédiatement dans l’aventure, mais il l’a mis en attente, par égard pour son frère ou sa sœur qui naîtra. En raison de la grande différence d’âge entre eux, cet enfant sera certainement très aimé. Lusbel-kun est un bon garçon qui a de la considération pour les autres, je pense donc qu’il sera un très bon frère. Je serais également heureuse si tout le monde pouvait soutenir les sentiments de Lusbel-kun. Ah, oui, il ne faut pas oublier Tina-chan. En fait, à l’origine, je voulais amener ici Tina-chan plutôt que Lusbel-kun, parce que je pense que les filles sont plus proches que les garçons du genre d’Amour que je veux affirmer. Cependant, mon cœur a été impressionné par les supplications désespérées de Lusbel-kun. Désolée, je n’ai pas beaucoup de volonté. J’ai donc changé d’avis… Ah, bien que le fait d’être capricieuse ne soit que mon attitude habituelle. Quand je parle de mon Amour, je le fais de tout mon coeur. Oh, comme c’est ennuyeux, je suis tellement gênée. Vraiment, mes affaires n’ont pas d’importance. Nous devrions nous concentrer sur Lusbel-kun et Tina-chan. Parce qu’ils s’aiment déjà beaucoup, je ne sais pas à quel point ils s’adoreront à l’avenir, alors les séparer me rendrait très, très triste. J’ai donc décidé de respecter les sentiments de Lusbel-kun et de l’aider. Ainsi, même si Lusbel-kun a eu un peu peur et a même pleuré un peu, il est en réalité un enfant très courageux. Merci et mes excuses. J’ai fini de parler d’une manière qui convient à tout le monde.”

Lusbel : “Mmph ! Mmmph ! Mmgh !”

En écoutant la vie de cet enfant, de ce Lusbel, tout le monde comprit et acquiesça.

Il s’avéra que, bien que mêlé d’un peu de honte, le courage de Lusbel était en effet louable. Dans ce contexte, Subaru voulut se frapper pour avoir eu une pensée aussi ridicule et dévalorisante plus tôt.

Mais ce n’était pas le moment de s’en vouloir. Témoigner son soutien au garçon était bien plus important que de prendre le temps de se dévaloriser. Et ainsi,

Subaru : “Lusbel, ne pleure pas ! T’es le meilleur !”

Subaru poussa un grand cri, louant le courage du jeune garçon qui versait des larmes.

En connaissant le véritable courage enfoui sous ces larmes, comment pourrait-il se moquer de cette honte ? Rachins, qui se tenait à côté de Subaru, se joignit aux encouragements.

Rachins : “Ouais, ne pleure plus ! T’es un homme, pas vrai ? Si c’est le cas, montre-nous ton côté cool, gamin !”

??? : “Ouais, écoute bien, Lusbel ! T’es la fierté de Pristella !”

??? : “Lusbel――! Incroyable――! Tu seras un grand homme !”

Le public l’acclamait et toutes les personnes présentes commencèrent à applaudir.

Ce n’était pas seulement une scène où le dévouement et le courage d’un jeune homme étaient loués, mais également une magnifique scène illustrant la bonté de la nature humaine.

Peu importe le degré d’usure ou de désespoir d’une personne, ce qui comptait, c’était sa volonté de protéger ce à quoi elle tenait, et c’est cette lumière qui attirait les gens vers elle. Une telle révélation ne pouvait que susciter la gratitude des gens.

Sirius : “Ah… Merci, merci, merci ! Ah, c’est incroyable ! J’étais convaincu que nous pourrions tous le comprendre. Je savais que tout le monde saluerait le courage de Lusbel-kun. Parce qu’il a fait preuve d’Amour dans son courage ! Si vous le connaissez, vous l’aimerez. Grâce à cette compréhension mutuelle, tout le monde a maintenant une compréhension approfondie de l’Amour de chacun !”

??? : “Sirius――! Merci, merci beaucoup !”

??? : “Lusbel-kun――!!”

Les yeux de Sirius s’écarquillèrent tandis que des larmes commençaient à couler librement. En voyant le bandage autour de ses yeux se tacher de ces larmes, Subaru sentit quelque chose de brûlant monter dans ses propres yeux.

Son épaule fut légèrement touchée. Rachins, qui se tenait à ses côtés, riait des pleurs de Subaru. Cependant, les larmes dans ses yeux, même s’il souriait, n’échappèrent pas à Subaru.

En observant les alentours, les groupes de personnes qui les entouraient semblaient également partager leurs émotions, se joignant les bras les uns aux autres. Subaru se souvenait avoir regardé la Coupe du monde de football. Lorsque les gens s’unissaient contre le monde, ils cherchaient toujours à se rapprocher et à partager leur joie avec ceux qu’ils ne connaissaient pas.

Et maintenant, cette sorte d’esprit japonais se répandait peu à peu. Il existait en effet un lien solide entre les individus.

Sirius : “Notre incapacité à nous comprendre mutuellement crée des barrières entre nous. L’incapacité de nos esprits à faire preuve d’empathie conduit à l’antagonisme. Notre incapacité à parvenir à des conclusions nous fait renoncer les uns aux autres. Tout cela est très déchirant. En fait, c’est une tragédie. Mais maintenant, vous tous, êtes-vous tristes ? Avez-vous le cœur brisé ?”

??? : “Pas du tout ! Tristesse ou je ne sais quoi, aucun d’entre nous ne ressent ça !”

Sirius : “Merci ! Alors, vous sentez-vous heureux ? Est-ce que tout le monde se sent heureux ?”

??? : “Bien sûr ! Ça fait longtemps que je n’ai pas été aussi heureux ! Merci, Sirius ! Tu as travaillé si dur, Lusbel !”

Un tourbillon d’applaudissements se forma, donnant naissance à un cercle de gratitude pour l’exalté Lusbel. Désormais, le cœur de toutes les personnes présentes était uni, grâce aux deux personnes qui se tenaient sur la tour de l’horloge.

Lusbel se tortilla et sanglota, puis ouvrit enfin la bouche, ignorant la chaîne et criant à travers ses dents cassées,

Lusbel : “Guh, gah ! Réveillez-vous, sauvez――! S’il vous plaît, …moi ! Aid… hk !”

Sirius : “Je veux saluer ton courage, ton amour, Lusbel-kun ! S’il te plaît, regarde en bas. Tout le monde, tant de personnes affirment tes sentiments ! Ah, merci ! Mes excuses, Lusbel-kun. Bien que tu aies été le dernier recours, je veux juste affirmer cette scène. Ahh, ahh, le monde est si délicat !”

Sirius serra Lusbel très fort dans ses bras.

Devant ce beau spectacle, un tonnerre d’applaudissements retentit. Subaru porta la main à sa bouche et siffla. Le destinataire de ces chaleureux applaudissements, Lusbel, les fixa avec surprise.

C’était un homme qui avait lutté de toutes ses forces. Même s’il n’avait plus la force de pleurer, personne ne s’était moqué de lui.

Sirius : “Bien sûr, le voici. Nous avons l’Amour. Il existait, ici. Le cœur de chacun n’a fait qu’un, et il s’est uni à une scène de joie également. Nous n’avons pas besoin de tragédie. Nous sommes fatigués d’un monde qui voudrait que nous pleurions. Personne ne veut d’un tel monde. Si nos cœurs veulent se connecter, ils doivent le faire en partageant la joie et le bonheur. Qu’il s’agisse d’une tragédie ! Ou de la Colère ! Personne n’en a besoin !”

??? : “C’est vrai ! Tragédies ou que sais-je encore, nous n’en voulons pas !”

Sirius : “Ah, cette Colère interdite qui fait trembler les cœurs ! La rage, cette passion ! Si le péché mortel de la passion est enraciné dans nos cœurs, si nous sommes incapables de déraciner ce châtiment, alors nous devons le remplir de joie ! En ce moment, les cœurs de chacun sont connectés et ne font qu’un !”

Sirius poussa un grand cri et souleva à nouveau Lusbel dans les airs.

Toutefois, le mouvement ne s’arrêta pas là. Sirius, baignant dans l’admiration de tous, lança Lusbel dans les airs.

Sirius : “S’il vous plaît, accordez-le ! Un tonnerre d’applaudissements !”

Artiste du fan-art : おわり

La foule : “――――”

Sirius avait donné au Lusbel volant la meilleure scène possible.

En observant le jeune garçon s’élever dans le ciel, comme s’il volait vers le soleil, Subaru prit l’initiative d’entraîner la foule dans une salve d’applaudissements.

Un tonnerre d’applaudissements, une bénédiction céleste pour Lusbel, qui patinait à travers le ciel.

Ce petit corps tournait et tournait, mais dès qu’il atteignit le sommet de sa trajectoire, il commença à décrire un arc de cercle vers le bas. Lusbel se dirigeait tout droit vers le sol. La foule évacua précipitamment l’endroit où il allait tomber.

C’était le triomphe d’un héros.

Des applaudissements incessants, des louanges pour le garçon qui tombait.

Lusbel : “MMMMMM !!”

En levant la tête et en apercevant le sol qui se rapprochait de lui, Lusbel poussa un gémissement.

Il remua désespérément son petit corps qui aurait dû être épuisé, essayant de faire tout ce qu’il pouvait pour éviter ce sol solide comme un roc, luttant inlassablement jusqu’à ses derniers instants.

Tout le monde versa des larmes en contemplant la ténacité inébranlable de l’humanité. Puis,

Sirius : “――Ah, le monde est si délicat !”

Avant la collision féroce, Sirius poussa un cri. Les applaudissements de la foule, qui avait entendu cette voix, devinrent de plus en plus forts――

La foule : “――――”

Comme si des coquilles d’œufs étaient tombées au sol, le bruit de quelque chose qui se brisait résonna, et le champ de vision de tout le monde se teinta de rouge.

Le corps entier fut broyé par le sol dur, la tête la première, et ce qui était autrefois le corps de Lusbel, qui avait contenu le souffle de la vie, devint une éclaboussure de chair sur la place――le courageux garçon était éparpillé.

――Et juste après avoir assisté à cette scène. Crack.

Le son des coquilles d’œuf qui se brisaient résonna comme une salve d’applaudissements. La place se transforma en une mare d’un rouge éclatant.

Ce fut la fin.


Liliana : “Lorsque la chanson sera terminée et qu’elles discuteront à nouveau, ne devrions-nous pas préparer de la nourriture et des boissons pour elles, Natsuki-sama ? Le fait de se régaler avec des friandises créera certainement une ambiance qui réduira la distance entre elles, vous ne croyez pas ?”

Immédiatement après que Subaru ait cru avoir cligné des yeux, une jeune fille à la peau mate se tint devant lui.

Elle adopta une attitude maladroite et flirteuse en tirant la langue et en se grattant la joue.

Comme s’il était en transe, il tourna la tête pour voir une jeune fille souriante aux cheveux argentés qui l’observait de tout près, et une femme aux cheveux roux qui arborait une attitude irrévérencieuse. Et puis une petite fille qui lui tenait la main――

Liliana : “…Ah, ah, que se passe-t-il ? Ignorée ? Êtes-vous en train de m’ignorer ? S’il vous plaît, arrêtez, ne me regardez pas avec cette amertume. Ah, ah, arrêtez, arrêtez… N-ne soupirez pas comme ça après avoir entendu ma chanson… N’ayez pas l’air aussi déçu, pardonnez-moi… Gk.”

Face à son silence, la jeune fille en face de lui, Liliana, frémit comme si elle se souvenait de quelque chose qu’elle ne voulait pas se rappeler.

Témoin de cette situation, Subaru ouvrit la bouche, et,

Subaru : “…Je me sens mal.”

Liliana : “Hein ?! Est-ce que ça vient vraiment d’arriver ? Vous regardez le visage d’une fille aussi attentivement, à une telle distance, et la première chose que vous dites, c’est que vous vous sentez mal ! Moi, Liliana, j’ai encore plus honte de Natsuki-sama que votre mère !”

Liliana faisait semblant de pleurer, détournant le visage, gardant toujours un œil sur la réaction de Subaru, mais ce dernier ne remarquait même pas son attitude agaçante. Il se mit à trembler, et ne put s’empêcher de s’effondrer sur le sol.

Émilia : “Subaru ? Qu’est-ce qui ne va pas ?”

Béatrice : “Qu’est-ce qui ne va pas, je suppose. Subaru ? Subaru ?”

Béatrice, qui lui tenait la main, et Émilia, qui se tenait à proximité, observèrent avec inquiétude Subaru, qui s’était effondré sur place. Subaru devint si pâle que les deux ne purent s’empêcher de retenir leur souffle.

Subaru : “――Dégoûtant.”

Cela faisait un an qu’il n’était pas revenu d’entre les morts, et l’incident accablant qui avait précédé sa mort l’avait conduit au bord du vomissement alors qu’il se cramponnait à ses genoux tremblants.

Ainsi la spirale de la mort commença une fois de plus. Cette fois, le cycle des cauchemars avait été mis en scène dans la ville de Pristella.

――Une fois encore, le rideau se leva.

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