Re:Zero Lore FR
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Web Novel • Arc 05

16Invités imprévus

Artiste du fan-art : Angelo Art

Ce moment touchant fut gâché de la pire des façons.

Le comportement et l’attitude de l’homme aux cheveux rouges trahissaient une nature hideuse. Un sourire plutôt repoussant se répandait sur son visage mal rasé. Il semblait être dans sa quarantaine et une désagréable odeur d’alcool se dégageait de lui.

Bien que ses actions et son apparence suscitaient un sentiment de dégoût qui semblait refléter son caractère, l’homme sous son apparence mal soignée était plutôt beau.

Les belles caractéristiques――leur forme désirée, étaient contaminées par quelque chose de complètement différent. Quelque chose dans la posture du grand homme dégageait une aura de répulsion.

Subaru : “…Qui es-tu ?”

??? : “Ahh ?”

Le premier à rompre le silence consterné qui s’était abattu sur le salon de thé ne fut autre que Subaru, qui porta sa main à sa taille et saisit le manche de l’arme qui s’y trouvait.

Ayant perdu son sang-froid, la tête qui tournait de Subaru le poussa à agir de manière impulsive. Rien n’aurait pu l’énerver plus que l’interruption de la réconciliation entre le duo maladroit du grand-père et du petit-fils.

Seul Subaru savait pourquoi il était dans une telle frénésie.

Ce n’était pas seulement la réconciliation entre un ami et quelqu’un qu’il respectait qui avait été interrompu. C’était la réconciliation entre membres d’une même famille. Le début d’une famille cherchant à se reconnecter. Pour oser traiter ça comme ça,

Subaru : “Réponds-moi. T’es qui bordel ?”

??? : “…Tu me portes vraiment un regard hostile, gamin. En tant que Chevalier, tu sais qui tu essaies de provoquer, pas vrai ?”

Subaru : “Ne me fais pas rire, monsieur. Le provocateur, c’est toi. Je te demande juste ce que tu fais exactement ici.”

Sa patience avait atteint un point de non retour, et Subaru se leva du banquet.

Béatrice, qui était assise à côté de lui, sentit les sentiments causant sa réaction et modifia sa position pour pouvoir prendre sa main à tout moment. Son partenaire fiable avait perçu avec précision les flammes de la colère résidant dans le cœur de Subaru.

Jetant un coup d’œil à Subaru avec une expression désagréable, l’homme gratta sa tête avec un geste grossier.

??? : “T’es vraiment énervant, gamin. Hey, Maître Épéiste. Ou Juukulius aussi, ou même Argyle. Exécutez ce gamin grossier pour moi.”

Subaru : “――Hk !”

Pointant Subaru de la main avec laquelle il se grattait la tête, l’homme insolent donna négligemment un ordre à trois personnes dans la salle, dont Reinhard.

En voyant l’humiliation infligée à ses camarades, ou plutôt aux personnes qu’il pouvait appeler ses camarades, Subaru voulut frapper ce sourire avec son fouet.

Julius : “S’il te plaît, fais attention aux mots que tu emploies.”

Mais il fut interrompu par les mots de Julius avant de pouvoir agir.

Julius, qui s’était levé entre-temps, posa délicatement sa main sur l’épaule de Subaru par-derrière. Il adressa un signe de la tête en direction de Subaru pétrifié, avant de se retourner pour faire face à l’homme.

Julius : “Actuellement, Ferris et moi, ainsi que Reinhard, nous sommes tous les trois en congé temporaire de nos fonctions habituelles, puisque nous sommes au service de nos maîtresses respectives. Par conséquent, même le Commandant Adjoint n’est pas en mesure de nous donner des ordres.”

Félix : “Yep. Ferri-chan est désormais un serviteur obéissant de la vénérable Crusch-samaaa~. Par conséquent, je n’ai aucune obligation de me conformer aux ordres.”

Restant assis, Félix se cramponna au bras de Crush, donnant une approbation immédiate aux paroles de Julius. Même si Crush, dont le bras venait d’être attrapé, fut un peu surprise, ses yeux étaient emplis de leur volonté habituelle lorsqu’elle se retourna vers l’homme aux cheveux rouges.

La même expression se trouvait sur le visage de tout le monde ; personne ne cachait son hostilité envers l’homme. C’était naturel, ils venaient tout juste de partager une atmosphère plaisante, qui avait été gâchée par cet homme.

Toutefois,

??? : “Ohh ohhhh, je suis effrayé, comme c’est effrayant. N’était-il pas évident que je ne faisais que plaisanter ? Ce n’est pas comme si je ne connaissais pas la gravité de mes ordres en tant que Commandant Adjoint.”

Subaru : “Le… Commandant Adjoint ?”

L’homme alcoolique semblait trouver quelque chose drôle, claquant sa cuisse en riant face à la réaction de Julius et Félix. Au cours de leur échange, un mot qu’il ne pouvait laisser passer parvint à Subaru. Il fronça donc les sourcils et posa sa question.

En réponse, l’homme dirigea à nouveau son regard moqueur vers Subaru.

??? : “C’est ça. Il s’agit de mon délectable titre. Commandant Adjoint des Chevaliers du Royaume de Lugnica, Heinkel, c’est bien moi.”

Subaru : “Ne me regarde pas avec un tel air.”

Heinkel : “Hahaha, la voix de ce gamin est vraiment pénible. Ça me fait mal, mal, mal… Je vais faire taire ta sale gueule, chien.”

Subaru : “――Hk !”

Les ténèbres qui scintillaient au fond des yeux de l’homme firent frissonner Subaru. C’était différent de l’aura d’une personne forte, ou d’un être écrasant comme la Baleine Blanche ou une Sorcière. C’était quelque chose de bien plus indescriptible.

Ce quelque chose était familier pour Subaru, et pourtant il était incapable de se souvenir exactement de ce que c’était. Il n’y avait aucun moyen d’échapper à ce sentiment, et Subaru sentit un bourdonnement dans ses oreilles.

Julius : “Calme-toi, Subaru. Ne laisse pas l’aura du Commandant Adjoint t’absorber.”

Julius, qui se tenait à ses côtés, interpella le Subaru étourdi.

En l’entendant, cet homme――Heinkel, fit face à Julius avec un sourire sombre.

Heinkel : “Ha ! Une réponse digne de ce nom. Une réponse exemplaire et polie. Pour manifester ce respect en tant que Chevalier, tu es vraiment le plus grand des Chevaliers.”

Julius : “Permettez-moi d’accepter le compliment, Commandant Adjoint Heinkel… si je puis me permettre, quelle est la raison de votre visite ? Si ma mémoire est bonne, votre devoir de Commandant Adjoint devrait être de garder la Capitale Royale.”

Heinkel : “Laisse tomber ce sarcasme. Comment l’absence d’un seul homme pourrait-elle influencer les forces de défenses de la Capitale ? Le Capitaine Marcus-sama peut très bien s’en occuper seul, bien mieux que je ne pourrai le faire… Ah, même s’il manque une Famille Royale qui pourrait subir un désastre.”

Wilhelm : “Heinkel !”

Considérant sa position, le discours d’Heinkel était incroyablement irrespectueux. Wilhelm hurla son nom en furie dès lors que ces paroles parvinrent à ses oreilles. La Lame Démoniaque, tremblant de colère jeta un regard acéré à Heinkel, qui se contenta d’hausser les épaules

Wilhelm : “Heinkel…”

Heinkel : “M’appeler une seule fois est suffisant. Je n’ai pas encore perdu l’ouïe à cause de la vieillesse. Eh bien, considérez ça comme une absurdité d’un idiot ivre et ignorez-le. Plus important――”

Heinkel répondit à la voix amère de Wilhelm en mettant un doigt dans son oreille et en fermant ses yeux bleus. Il les ouvrit ensuite avant de regarder Wilhelm.

Heinkel : “N’est-ce pas un sentiment très agréable ? Je voulais te féliciter pour ta victoire contre la Baleine Blanche, mais tu m’as évité. C’est un exploit qui a nécessité quatorze longues années pour être accompli, après tout. Je pense que j’ai le droit de me joindre aux célébrations. N’est-ce pas, Honorable Père ?”

Wilhelm : “Heinkel, je…”

Heinkel : “Reinhard, qu’en est-il de toi ?”

Reinhard : “――――”

Heinkel avait poignardé vicieusement ces mots dans la poitrine de Wilhelm.

Bien que le visage du vieil homme témoignait d’une douleur semblable à celle causée par une lame, Heinkel ne montra aucun signe d’attention. À la place, il dirigea sa malice vers une nouvelle cible, Reinhard, qui avait observé silencieusement la situation jusqu’à présent, et qui tourna lentement son regard vers Heinkel lorsqu’il entendit son nom.

Heinkel : “Ne devrais-tu pas aussi féliciter père pour le fardeau qui a été enlevé de ses épaules ? Puisqu’il a assouvi la vengeance d’une femme, d’une mère, d’une grand-mère. Offre-lui au moins quelques mots aimables. Cela dit…”

Reinhard : “――――”

Heinkel : “――Ce faisant, Honorable Père a enfin vengé la précédente Maître Épéiste que tu avais assassinée, n’est-ce pas ?”

――Subaru retira sa précédente affirmation.

Prétendre qu’Heinkel portait un regard malicieux sur son visage était une erreur.

Il était plutôt le visage de la malice elle-même.

Les mots d’Heinkel, son expression, son attitude, son ton, son comportement et son regard――tout ceci était la manifestation de ses intentions, ses intentions qui ne pouvaient être décrite que par le mot “malice”.

En effet, chaque parcelle de l’attitude d’Heinkel ne contenait que de la pure malice.

Subaru : “La précédente Maître Épéiste, assassinée… ?”

Subaru laissa discrètement échapper des mots considérables. Au fond de lui, d’autres questions se bousculaient, mais Subaru n’était pas capable de les trier.

Cependant, la malice profitait toujours de ce genre d’opportunités.

Heinkel : “Ouais, la précédente Maître Épéiste a été assassinée. Je ne sais pas à quel point tu es ignorant, mais tu dois bien connaître le titre de Maître Épéiste, pas vrai ? Notre actuel Maître Épéiste est le héros le plus puissant de notre époque… Mais il a obtenu ce titre en assassinant son prédécesseur, en le volant à sa propre grand-mère. Bien que ce fait ait été immédiatement caché au public.”

Wilhelm : “Silence, Heinkel ! Tu… jusqu’où as-tu l’intention d’aller ?”

Heinkel : “Si tu veux dire quelque chose qui sonne bien à l’oreille, alors s’il te plaît arrête, Honorable Père. Parce que tu n’as pas d’autre choix que d’être d’accord avec moi. Après tout, à la mort de la précédente Maître Épéiste, le premier à condamner Reinhard n’était nul autre que toi.”

Wilhelm: “――Hk.”

Les mots d’Heinkel contenaient un poison dense et mortel accompagné par du dégoût. Et le contenu de son discours n’était rien de plus que de vulgaires malédictions.

Reinhard aurait assassiné son prédécesseur ? Inconcevable.

Wilhelm aurait amèrement condamné Reinhard ? Inconcevable.

Après tout, pour Reinhard, son prédécesseur avait été…

Et pour Wilhelm, Reinhard était…

Donc, évidemment, ce n’était pas possible.

Reinhard et Wilhelm : “――――”

Ni Reinhard ni Wilhelm ne nièrent.

Pourquoi ? Si juste l’un d’entre eux le niait, ou disait un simple “non”, alors Subaru l’aurait instantanément cru.

Un camarade et un mentor bien-aimé. Un homme malveillant couvert d’une odeur d’alcool. Il n’y avait aucun doute quant à savoir qui Subaru allait croire. Il voulait donc que l’un d’entre eux nie ces paroles.

Heinkel : “Est-ce difficile de communiquer maintenant ? Bien sûr que oui. C’est comme ça depuis quatorze ans. Ni toi ni mon père n’avez changé. Sans changement, il vous est impossible de vous réconcilier. Ce serait trop commode. Thérésia van Astrea pardonnerait-elle une affaire aussi égoïste ?

Au milieu du silence du salon de thé, seuls les mots accusateurs d’Heinkel résonnèrent.

La précédente Maître Épéiste――elle était la femme de Wilhelm, mais également la grand-mère de Reinhard. Et, pour Heinkel,

Heinkel : “Ma défunte mère nous a maudits. Trois générations, et aucune n’a été pardonnée.”

Le père de Reinhard. Le fils de Wilhelm. Analysant les paroles et les actes d’Heinkel, Subaru détermina petit à petit ses origines.

Subaru : “Heinkel van Astrea…”

En prononçant son nom, il trouva que celui-ci sonnait juste.

L’homme en face de lui avait sans aucun doute un lien avec la famille Astrea. Même si au vu de sa nature, il semblait bien différent des nobles Astrea que Subaru connaissait.

Heinkel : “N’attache pas ce “van” à mon nom, gamin. Je n’ai pas eu l’honneur de le recevoir. C’est juste Heinkel Astrea.”

Subaru : “…?”

En entendant le souffle interrogateur de Subaru, Heinkel claqua sa langue et détourna le regard.

Pour la première fois depuis son arrivée ici, de l’amertume apparut sur son visage à moitié visible. Ses yeux, qui n’avaient contenu qu’une jubilation sadique lorsqu’il avait insulté sa famille, semblaient porter un regard de douleur.

――Subaru fut interrompu avant même d’avoir le temps de réfléchir aux événements précédents.

Émilia : “Alors… pourquoi êtes-vous venu ici ?”

Subaru : “Émilia ?”

Tout le monde avait frémi face à l’attitude impardonnable de Heinkel. Cependant c’était Émilia qui s’était levée la première pour l’interroger.

Ses cheveux argentés flottant derrière elle, elle se tenait aux côtés de Subaru, qui pouvait sentir une vague de colère émaner d’elle. Pour Émilia, il était impossible de ne pas être en colère après cette ambiance ruinée et cette impolitesse. Elle ne se mettait vraiment en colère que lorsque la situation concernait les sentiments des autres. Et elle était également consciente de la façon dont Wilhelm et Reinhard avaient été blessés.

Émilia : “À l’origine, nous étions en train de dîner joyeusement. En gachant délibérément un moment aussi paisible, qu’est-ce que vous vouliez exactement ?”

Heinkel : “…Oh, c’est inattendu. N’êtes-vous pas Émilia-sama ? J’ai entendu les rumeurs. Une pauvre demi-sorcière qui n’a aucune chance de gagner mais qui se bat malgré tout.”

Émilia : “Même si un jour j’aimerais vous parler et vous demander votre avis sur ma personne, là maintenant je ne veux entendre qu’une seule réponse de votre part. Pourquoi êtes-vous venu ici ?”

Heinkel : “――――”

Tentait-il de déstabiliser Émilia par des insultes ? Subaru avait vu juste, et Heinkel, surpris, sembla déçu. Les membres des autres factions semblaient également surpris par le comportement calme d’Émilia.

C’était une différence surprenante au vu de l’innocence qu’elle avait montré la veille. Dire qu’elle faisait semblant d’être innocente était un mensonge, cependant. Émilia restait fidèle à elle-même.

Émilia : “Si nous sommes tous réunis ici, c’est parce que nous avons été invités par Anastasia-san. Il est rare que nous soyons tous réunis au même endroit, alors je ne pense pas que vous ayez ciblé au hasard une telle opportunité. Si vous êtes quelqu’un d’important au sein de la Garde royale, dites-moi exactement ce que vous voulez.”

Heinkel : “Tch. Ce n’est pas comme les rumeurs…”

Émilia : “Répondez-moi.”

Heinkel, qui se grattait encore la tête, fut secoué par l’élan d’Émilia.

Bien qu’Émilia soit en colère, elle ne préparait en aucun cas une attaque. La pression qui émanait d’elle n’avait rien à voir avec la magie. C’était simplement la force de ses sentiments.

Felt : “Vous êtes entré avec une incroyable confiance, juste pour reculer quand une fille vous regarde. Monsieur, c’est assez embarrassant.”

Anastasia : “C’est vrai. J’avais hâte de partager une histoire amusante. Le fait que la Diva-san soit apparemment une personne très fantasque, ne serait-ce pas plus intéressant ?”

Crusch : “Vraiment, est-ce le cas ? Par conséquent, j’apprécierais que cet homme curieux s’en aille, car j’aimerais discuter de ces rumeurs concernant la Diva-san avec tout le monde ici.”

Heinkel : “――Hk.”

Suivant Émilia, Felt, Anastasia, et Crusch prirent également la parole.

Comme Émilia, les trois unirent leurs forces dominatrices pour s’opposer à Heinkel. Face à la pression des quatres candidates, le visage d’Heinkel ne pouvait que tressaillir.

Elles étaient à des niveaux complètement différents. Compte tenu de son titre, sa position était plutôt faible.

Julius : “Je suis désolé, Commandant Adjoint. S’il n’y a rien d’autre pour le moment, je considère, dans l’intérêt de toutes les personnes concernées, que vous devriez prendre congé.”

La réaction d’Heinkel, et l’attitude des Candidates Royales.

Julius avait calculé que c’était le bon moment pour tirer Heinkel d’affaire. Subaru aurait préféré écraser Heinkel sur place, mais il changea d’avis après avoir aperçu Reinhard et Wilhelm.

Il n’avait pas pris toute la mesure de la situation et ne pouvait donc pas porter de jugement hâtif.

Heinkel : “Grr…”

Julius : “Commandant Adjoint. Veuillez prendre une décision. Si possible, il est préférable que chacun se taise…”

??? : “――Nul besoin de ça, roturier.”

Cette voix étincelante brillait de l’assurance de quelqu’un qui regardait tout de haut.

La propriétaire de cette voix confiante, qui pouvait faire trembler la volonté de ses auditeurs, semblait capable d’imposer sa propre supériorité partout où elle allait.

Capable d’écarter le bon sens et d’établir un nouvel ensemble de règles, n’admettant aucune protestation ou objection.

Tous les membres du salon de thé dirigèrent leur regard vers la porte coulissante près d’Heinkel.

Tout le monde était conscient que quelqu’un était sur le point d’arriver à grands pas depuis le couloir. Heinkel n’existait plus depuis longtemps dans les esprits de chacun. Il ne restait plus que de la méfiance à l’égard du soleil brûlant qui éclairait le couloir à mesure qu’il avançait.

??? : “Ainsi, toutes les personnes insignifiantes sont arrivées ? Tu as préparé une scène pour mon apparition. Tu mérites des éloges pour ton comportement, et seulement cela.”

Une poitrine audacieusement exposée, enlacée dans une robe rouge sang, ainsi qu’une bouche coquettement couverte par un éventail. Ses bras étaient croisés sous sa poitrine généreuse, la soulevant dans un geste glamour pour exhiber sans réserve sa peau blanche. Le comportement d’une femme diabolique.

Ses yeux rouges ressemblaient aux lueurs d’une flamme, un enchantement capable d’envoûter tous les hommes du monde.

Il suffisait de la voir une seule fois pour que sa beauté violente s’inscrive à jamais dans les mémoires. L’excès de beauté pouvait aller jusqu’à la violence――son existence le prouvait.

Une adolescente nommée Priscilla Barielle.

La cinquième candidate de la Sélection Royale non invitée.


Priscilla : “Alors, c’est ça ? Des visages figés dans un environnement sans vie. Vous aimez tant cet air vicié ? Ou est-ce qu’à chaque fois que nous nous rencontrons, une telle atmosphère se forme ? Si c’est le cas, c’est incroyablement pitoyable.”

Priscilla fronça les sourcils en regardant toute la pièce et parla d’un ton provocateur en s’éventant le visage.

En raison de son entrée en scène brutale, personne ne put réfuter ses insultes.

Priscilla : “Quel mauvais accueil. J’ai délibérément honoré cet endroit de ma présence. Poser son front sur le sol et me traiter avec admiration et louange, telle devrait être la réaction correcte.”

Subaru : “…C’est ainsi que les gens traitent une divinité. Ça n’arrivera pas à moins que tu ne deviennes la Monarque.”

Priscilla : “Hmm ?”

Subaru n’avait pas pu s’empêcher de commenter l’arrogance de Priscilla. En entendant son murmure, Priscilla se retourna pour le regarder, piégeant Subaru à travers son regard perçant.

Subaru : “Quoi ?”

Priscilla : “…Qui es-tu ? J’ai entendu dire qu’il s’agissait d’un rassemblement d’imbéciles qui ne connaissent pas leur place et qui se disputent le trône. Bien sûr, ils amèneraient aussi des imbéciles qui les soutiendraient. Mais pourquoi un vulgaire roturier comme toi est-il présent ?”

Subaru : “Sérieusement ?”

Subaru fut gelé par l’hostilité qui lui faisait face.

Les mots de Priscilla n’étaient ni des blagues ni des moqueries. En réalité, elle était sincère. Priscilla avait complètement oublié l’existence de Subaru. Bien qu’ils ne se soient pas revus depuis un an, l’idiotie de Subaru à la Capitale Royale n’aurait pas dû être si facilement oubliable.

Bien qu’il soit correct de dire qu’il s’agissait d’une attitude très caractéristique de Priscilla, ce n’était pas une attitude particulièrement appréciée.

??? : “Princesse, vous en faites un peu trop, n’est-ce pas ? Je ne sais pas ce qu’il vaut pour vous, mais pour moi, c’est presque comme un frangin. C’est un adversaire très intéressant, ouais ?”

C’est alors qu’une voix frivole traversa l’atmosphère lourde qui allait empirer. Cette voix était étouffée et accompagnée d’un bruit de métal. Un homme au bras unique prononça des paroles apaisantes en sortant du couloir pour rejoindre le flanc de Priscilla.

Son visage était entièrement recouvert par un casque, et son physique solide et large donnait l’impression qu’il était un homme fort. Il était à la fois un serviteur de Priscilla et, comme Subaru, un homme invoqué d’un autre monde. Al.

Et, bien sûr, il avait accompagné sa maîtresse jusqu’ici, s’interposant entre Priscilla et Subaru.

Al : “Hey, vous vous en souvenez, pas vrai ? On ne peut pas oublier un type qui est apparu dans le Château et qui a fait quelque chose de stupide au point de se mettre dans l’embarras devant tant de personnes. C’est lui. La Princesse s’est même tordus de rire en se serrant l’estomac.”

Priscilla : “Je n’en ai pas le moindre souvenir. Tout d’abord, Al, je ne rirais jamais au point de devoir me serrer l’estomac. Ne rabaisse pas une présence honorable comme la mienne au niveau d’un simple roturier. Je ne serai pas aussi tolérante la prochaine fois. Je te couperai la tête.”

Al : “Tu vois, frangin ? Désolé, je n’ai rien pu faire. Peut-être que si tu travailles dur pour devenir meilleur…”

Subaru : “Accorde-moi un peu plus de crédit pour les choses que j’ai accomplies au cours de l’année écoulée !”

Al renonça rapidement à rafraîchir la mémoire de sa maîtresse et se tourna vers Subaru, la tête baissée en signe d’excuse. Subaru soupira, ayant l’impression que même après un an, Al n’avait pas changé.

Cependant, pour l’homme d’âge mûr qu’était Al, il serait impossible de changer de façon notable son attitude enjouée.

Heinkel : “Vous êtes un peu en retard, Priscilla-sama. Combien de temps alliez-vous me laisser agir seul ? J’avais entendu dire que vous étiez supposée arriver plus tôt…”

Priscilla : “Silence, roturier. Tu danseras conformément à l’ordre reçu. Jusqu’à ce que je donne l’ordre d’arrêter, tu devras danser jusqu’à ce que tu meures. Ceux qui ne comprennent pas leurs devoirs ou qui tentent de corriger une erreur qu’ils pensent que j’ai commise sont condamnés à mort.”

Heinkel : “Guh…”

D’autre part, Heinkel, qui avait réalisé que l’atmosphère de la pièce avait changé, s’était tourné immédiatement vers Priscilla, qui se tenait derrière lui. Cependant, n’importe quel type d’attitude argumentative adoptée contre Priscilla serait inefficace.

Bien qu’Heinkel soit embarrassé par l’intransigeante Priscilla, Subaru leva son regard après avoir écouté leur conversation.

Subaru : “Priscilla. Tu as amené ce type ?”

Priscilla : “Écoute, roturier. Qui au juste t’a autorisé à oser me parler sans les honneurs qui s’imposent ? Même la compatissante et généreuse que je suis, face à une personne sans espoir, trouve une limite à sa patience.”

Al : “Princesse.”

Al l’appela brièvement en voyant la lueur brutale dans ses yeux alors qu’elle fixait Subaru. Puis, Priscilla ferma un œil avant de prendre une légère inspiration.

Priscilla : “Pour une raison que j’ignore, mon serviteur semble s’être pris d’affection pour toi. Envers Al, qui a épargné ta vie… Non, il n’est pas nécessaire de le remercier. Vénère mon pardon. Si tu le fais, je t’épargnerai.”

Subaru : “…Merci pour votre générosité et votre considération. Alors, la réponse à ma question est…”

Priscilla : “Si tu crois que c’est moi qui ai amené ce roturier ici, tu as raison. Il a répondu présent à mon appel.”

Subaru : “Dans quel but !”

Subaru haussa le ton face à l’affirmation de Priscilla et questionna son objectif.

Des invités imprévus étaient arrivés les uns après les autres. Subaru devait découvrir quel genre de complot se tramait ici.

Cependant, face à la question de Subaru, Priscilla se contenta d’incliner la tête, et――

Priscilla : “Peut-être parce que j’ai pensé que ce serait un spectacle intéressant à voir.”

Subaru : “…Un spectacle intéressant ?”

Priscilla : “C’est exact. Des conflits familiaux perturbés, ainsi que la joie et la tristesse qui découlent des relations. De telles performances laides sont très excitantes. D’ailleurs, le voyez-vous ? Le Maître Épéiste et la Lame Démoniaque se sont montrés plutôt humains. Un tel spectacle est très rare.”

Subaru : “Priscilla !”

Cette perspective tordue rendit Subaru furieux.

Comme l’avait dit Priscilla, les conflits familiaux de Reinhard n’étaient guère visibles. Et cette mer d’amertume n’avait pas besoin d’être connue par qui que ce soit dans le monde.

Si Heinkel n’était pas apparu, une histoire aussi sombre ne serait jamais ressortie au grand jour. Sans lui, le rétablissement des relations normales entre grand-père et petit-fils aurait été entamé.

Pour avoir détruit cela――

Al : “Arrête, frangin. Il n’y a pas de sens à ce qu’une dispute ait lieu ici. Le mauvais caractère de la Princesse n’est pas là depuis un jour ou deux. Il suffit de penser que c’est de la malchance… une mauvaise étoile, et d’essayer de laisser tomber.”

Subaru : “Si tu sais que ta maîtresse a un mauvais caractère tu devrais essayer de la ramener sur le droit chemin. Se contenter d’être indulgent est irresponsable.”

Al tendit son bras unique vers Subaru, secouant lentement la tête. Puisque sa main saisissait le poignet de Subaru, si quelque chose se produisait, il ne pourrait pas dégainer son épée en si peu de temps.

En d’autres termes, il montrait qu’il n’avait aucune intention de se battre.

Remarquant cela, Subaru prit une longue inspiration, il regarda autour de lui et constata qu’il était le seul à avoir perdu son calme. Les étrangers mis à part, même Julius et Félix ne voulaient pas lancer d’offensive.

Bien sûr. Il s’agissait d’un rassemblement des candidates au trône. Personne ne souhaitait envisager la possibilité que quelqu’un soit blessé ici.

Subaru : “Mais, même dans ce cas, peu importe à quel point leurs cœurs souffrent… !”

Émilia : “Subaru…”

Les yeux tremblants d’Émilia appelèrent Subaru, qui était plongé dans sa fureur. Sentant qu’on tirait sur sa manche, Subaru savait aussi que Béatrice le soutenait.

Sentant le soutien du duo, Subaru fut incapable de baisser la tête.

Anastasia : “La fureur de ce chien vicieux semble terminée. Je me pose une question… bien que je ne t’aie pas envoyé d’invitation, comment as-tu appris l’existence de ce rassemblement ?”

Priscilla semblait prête à prendre congé avant de poursuivre son programme. Cependant, Anastasia sauta sur l’occasion de l’interrompre.

Bien que le ton d’Anastasia soit calme, elle était en réalité assez méfiante.

Anastasia : “Après tout, un enfant qui a la langue bien pendue ne devrait pas être laissé en liberté.”

Priscilla : “Ne me parle pas avec cette affectation, mes oreilles se décomposent. Je suis tout à fait capable de tenir tête à un renard à l’esprit vif.”

Anastasia : “Oh là là. Se pourrait-il que tu aies négligé de te moquer de moi en me qualifiant de “roturière” ?”

Priscilla : “Si tu n’as pas encore vu ce que tu aurais dû voir, alors ce niveau d’ignorance te place dans la même catégorie que tous ces autres imbéciles. Se pourrait-il que tu sois assez folle au point de souhaiter que je te néglige ?”

Les deux femmes étaient engagées dans une joute verbale――cependant, Priscilla avait peut-être ou non délibérément provoqué la rhétorique naturelle d’Anastasia, axée sur le monde des affaires.

Anastasia caressa doucement son écharpe.

Anastasia : “Les fuites d’informations sont plutôt inquiétantes, tu sais.”

Priscilla : “Tout ce qui arrive à l’oreille de quelqu’un d’autre est sorti d’une bouche peu prudente. Et plus quelqu’un en apprend, plus il y a de failles, c’est une évidence. Tu n’es pas la seule à observer et écouter les autres.”

Anastasia : “Ah, mais vois-tu, je pensais que tu n’étais pas du genre à t’engager dans l’espionnage pour traiter avec des individus comme nous.”

Priscilla : “Un insecte volant bourdonne près de mon oreille. Mais que puis-je faire sans savoir où il se trouve ? Il me faudrait attraper l’insecte à l’aide de mes yeux et de mes oreilles, et c’est précisément ce que j’ai fait. Il en va de même pour toi.”

Priscilla sous-entendait qu’elle traitait chaque candidate adverse comme une mouche près de son oreille, indiquant ainsi qu’elle ne devrait jamais être négligée.

Subaru était du même avis qu’Anastasia. Il était inconcevable que Priscilla ait réellement adopté les tactiques appropriées et les ait mises en pratique contre les factions adverses.

Et c’est cette négligence qui avait causé la terrible situation actuelle.

Felt : “Ce monsieur est le père de Reinhard, ouais ?”

Ignorant la conversation actuelle, un voix frivole changea de sujet.

Son regard balayant la pièce, Felt toujours en train de manger, la bouche recouverte de sauces, trouva le regard de Priscilla et lui lança un regard noir.

Felt : “Après tout, j’ai vécu quelques expériences au Château, alors j’ai compris ce qui se passait dans la conversation. Les relations familiales de ce type ne m’intéressent pas vraiment. Seulement, si Reinhard et le monsieur sont ensemble, c’est différent.”

Priscilla : “…Ho. Et qu’a donc remarqué la petite fille des bidonvilles ?”

Felt : “Bien que je ne me soucie pas vraiment de lui, je ne suis pas sans lien avec lui. Les terres de la Maison Astrea sont en fait une bouée de sauvetage pour nous. Sauf que ce type n’a pas encore donné les terres à Reinhard. Le pouvoir de la famille est toujours entre les mains de ce monsieur.”

À côté de Felt, les joues de Reinhard se figèrent. Subaru avait compris les inquiétudes de Felt.

Élevée comme une orpheline, Felt n’avait rien à son nom et utilisait actuellement les terres des parents de Reinhard――les terres de la famille Astrea comme sa base, où, petit à petit, elle accumulait des soutiens en produisant des résultats.

Mais ces territoires n’appartenaient pas à Reinhard. Lui-même les avait empruntés.

Heinkel : “Heh. On dirait que vous vous êtes finalement rendu compte de la gravité de votre situation, idiots.”

Heinkel s’immisça dans leur conversation, arborant une expression d’orgueil et riant d’un “comme je m’y attendais”. Il donnait l’impression d’avoir attendu que le sujet revienne sur Reinhard et Felt, son regard oscillant entre les deux.

Heinkel : “C’est ça. Le chef de la famille Astrea, c’est toujours moi. Je n’ai pas transmis le poste à Reinhard, et je n’ai pas l’intention de le faire. Après tout, les affaires politiques ne devraient pas encombrer notre très occupé Maître Épéiste.”

Felt : “Un chef de famille uniquement de nom. Tu devrais avoir honte. Lorsque nous sommes allés dans les territoires des Astrea, seule une poignée de fonctionnaires et de servantes aux yeux injectés de sang en assuraient la maintenance. Maintenant que nous les avons restaurés, tu oses revenir pour les gouverner ?”

Heinkel : “Même si ce n’est que de nom, même si je suis irresponsable, la couronne de chef de famille est toujours la mienne. De plus, mes terres n’ont-elles pas commencé à s’améliorer ? Le peuple devrait soutenir son seigneur à grands cris maintenant. Je suis tellement aimé de mon peuple que j’en ai les larmes aux yeux.”

Heinkel se moquait sans s’arrêter de Felt, qui tentait de ravaler sa rage.

En entendant ces mots ignobles et empoisonnés, la vision de Subaru devint blanche de rage. La salle était remplie de colère face à ce spectacle dégoûtant.

Pendant ce temps, Heinkel, sous une pluie de mépris, conservait un visage joyeux.

C’était clair maintenant. Cet homme était complètement anormal.

Heinkel : “Votre sentiment de détresse est juste, maîtresse de Reinhard. Les territoires des Astrea sont à moi. Cependant, je ne vous soutiendrai jamais. Vous pouvez aisément constater qui je soutiens !”

Heinkel se tenait comme sur une scène, s’attendant à des applaudissements. Il fit un geste en direction de Priscilla, une déclaration claire qu’il soutiendrait une candidate différente de son fils et de son père.

Heinkel : “J’ai entendu parler de vos réalisations au cours de l’année écoulée, en prenant ma place, celle du seigneur. En plus de reconnaître qu’il s’agit d’une grande réussite, je dirai également――qu’il est temps pour vous de prendre congé maintenant. Si vous comprenez, dépêchez-vous de me les remettre…”

Priscilla : “Hey, roturier.”

Heinkel : “――Ahh ? Qu’y a-t-il, Priscilla-sama ? Je suis en train de faire quelque chose de très important.”

Priscilla : “Tais-toi.”

La violence qui s’ensuivit devait être vue pour être cru.

Peu après avoir fini de parler, Priscilla lança son éventail sur Heinkel, qui écarquilla les yeux. Le déploiement de l’éventail fut suivi d’une terrifiante rafale qui projeta le corps mince d’Heinkel vers le sol avec un puissant élan.

Les yeux d’Heinkel roulèrent dans sa tête, ayant perdu connaissance après l’impact. Mais l’attaque de Priscilla alla plus loin.

Elle l’envoya en l’air d’un coup de pied, et tendit rapidement sa main vers son corps.

Al : “Princesse, arrêtez votre colère ici. Sinon, il va mourir.”

Priscilla : “――――”

Priscilla fut stoppée par Al, qui avait prédit sa rage, avant de pouvoir porter le coup final. Priscilla se tourna alors vers son serviteur casqué.

Une épée d’un rouge cramoisi était apparue dans son poignet. Elle avait une courbe à l’occidentale et une lame étroite, mais elle était gravée de flammes en forme de vagues. C’était une épée très particulière, qui s’était matérialisée dans la main de Priscilla et qui avait disparu en un clin d’œil.

Voyant cela, Al relâcha lentement le poignet de Priscilla.

Al : “Franchement, épargnez-moi. Vous avez même dégainé votre épée Yang, ce n’est vraiment pas bon pour mon coeu――Gah !”

Priscilla : “C’était très impoli, Al. De qui as-tu reçu la permission d’oser toucher ma peau sans défaut ? Tu as gagné mes faveurs sur un coup de tête, alors souiller mon corps n’est qu’un simple rêve qui se trouve à la fin d’un rêve.”

Priscilla frappa avec force sa main libre sur le ventre d’Al. Elle expira bruyamment par le nez, puis baissa les yeux vers le pitoyable Heinkel qui se tordait sur le sol.

Après avoir vu le regard brutal dans ses yeux, il méritait certainement cela. Cependant, ce qu’Al avait dit était également vrai.

Priscilla : “Toutefois, il y a une part de vérité dans ce que tu as dit. Il serait excessif de le tuer.”

Al : “Si vous pensez ça… alors j’espère que vous serez plus douce avec moi à l’avenir, gah.”

Priscilla : “Silence. Je ne suis pas un démon. Je t’autoriserai à lécher mes pieds plus tard comme récompense.”

Al : “Ne le dites pas comme si ça m’excitait ?! Ça va créer des malentendus !”

Al, qui était tombé à genoux après avoir reçu un coup, se défendit désespérément, mais ne reçut pas l’attention de Priscilla. Elle fixa Heinkel de ses yeux rouge sang, s’étant calmée pour l’instant, et fit claquer ses doigts.

Priscilla : “Schult. Fais sortir le roturier d’ici. Bien qu’ennuyeux, il semble être une recrue valable. Compte tenu des difficultés rencontrées pour son intégration, il serait dommage de l’abandonner.”

Schult : “Oui, Priscilla-sama.”

En réponse à son appel, une autre silhouette émergea du hall.

Il semblait qu’un enfant qui était à plusieurs années de sa pleine maturité avait attendu dans le couloir.

Il avait des boucles roses et floconneuses, une silhouette mince et féminine, un visage clair et une voix aiguë qui indiquait qu’il n’avait pas encore atteint la puberté. Voir un enfant non développé vêtu d’un uniforme de majordome semblait contraire à l’éthique.

Un jeune garçon qui, en se fiant uniquement aux apparences, semblait avoir l’âge de Béatrice.

Schult : “Je m’excuse, Heinkel-sama.”

En direction d’un Heinkel inconscient, Schult prit ses pieds et commença à lutter pour le tirer dehors. Bien sûr, il était très déraisonnable de demander à un enfant de porter Heinkel dehors. Cependant, Schult ne s’était pas plaint de l’ordre de Priscilla, et en même temps il traitait Heinkel avec une attitude respectueuse.

Al : “Schult-kun essaie toujours d’être courageux et fort, peu importe le type d’ordre qu’il reçoit. La Princesse devrait se souvenir de le féliciter plus tard.”

Priscilla : “C’est tout à fait naturel. Il est à mon service et me sert de tout cœur. Ce statut indéfini n’est pas simplement une loyauté insensée et imprudente. Plus tard, je lui permettrai de me lécher les pieds.”

Al : “Schult-kun ne se rendrait pas compte que vous plaisantez et ferait exactement ce que vous demandez en pleurant. S’il vous plaît, donnez-lui une récompense plus conventionnelle.”

Priscilla : “Hmmm. Alors peut-être que je vais lui donner l’honneur d’être tenu par mon corps pendant que je dors.”

Al : “…Eh bien, ça ne devrait pas être un problème. Mais maintenant je veux prendre sa place.”

Tel était le dialogue apathique entre Priscilla et Al alors qu’ils regardaient Schult et Heinkel partir.

Finalement, tous les étrangers avaient été éliminés. Il ne restait plus que les membres des factions de la Sélection Royale.

Felt : “Alors, que va-t-il se passer avec ce type ? Tu veux sérieusement nous chasser du territoire Astrea pour nous affaiblir ?”

Priscilla : “Tu n’as pas à traiter les paroles de ce roturier avec une telle gravité. N’étais-tu pas responsable de la revitalisation de ce territoire ? Si le seigneur retourne dans sa maison avec l’intention de vous chasser, qui le suivra ? Bien que le peuple soit stupide et ignorant, ce ne sont pas des fous sans cœur qui oublient leur grâce. Si vous faites une grande vague, une grande vague correspondante vous reviendra. Il ne sera pas en mesure d’invoquer des vagues.”

Felt : “…Alors, pourquoi ce type a été invité ?”

Priscilla : “Ça a déjà été dit, n’est-ce pas ? J’ai trouvé la situation intéressante. Tôt ou tard, tout ce que je veux sera entre mes mains. C’est un fait établi. Dans ce cas, seule ma route variera en fonction de ce qui est divertissant et de ce qui ne l’est pas. Et cette route, c’est précisément moi qui la décide. En fin de compte, je l’ai amené en tant que jouet pour tuer le temps.”

Quoi qu’il arrive, le résultat ne pouvait être changé――la confiance absolue de Priscilla transcendait le sens commun et imposait de manière déraisonnable sa volonté au monde. La seule façon d’y faire face serait d’abandonner et de s’incliner, ou de la combattre avec une attitude similaire. Et ainsi,

Les candidates : “――――“

Ici, quatre candidates rencontrèrent son regard sans hésitation dans une expression de confrontation. En acceptant ces regards, Priscilla émit un rire franc et ravi.

Priscilla : “Excellent. Le résultat a été décidé mais mon voyage aura naturellement sa part de joyeuses excitations. J’ai décidé que vous étiez toutes un cran au-dessus des roturiers. Et, une fois que vous serez dignes d’être mes adversaires… alors, ma personne vous accueillera bien sûr avec toutes ses capacités.”

“Vous n’êtes pas encore dignes d’être mes ennemis”, tel était le jugement que Priscilla venait de porter.

Non, elle l’avait dit il y a longtemps. Elle traitait toujours Émilia et les autres comme des insectes. Elle ne les considérait même pas comme des ennemis. Alors,

Felt : “Je vais m’assurer de te faire pleurer et regretter cette arrogance.”

La déclaration de Felt avait été une représentation précise de la volonté de tous les occupants de la salle.

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