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Web Novel • Arc 05

15Un silence assourdissant

Le matin suivant, un Subaru aux yeux larmoyant se tenait dans la cour ensoleillée. Sentant le dur gravier et le sable à travers ses chaussures, il prit une grande inspiration de l’air frais matinal.

Émilia adressa un sourire au Subaru satisfait alors qu’il lâchait un “Mmm !” relaxé.

Émilia : “Qu’est-ce qu’il y a ? Subaru semble heureux aujourd’hui, quelque chose de bien est arrivé ?”

Subaru : “Beaucoup de bonnes choses sont arrivées. Un événement important s’est déroulé la nuit dernière, la charmante tresse d’Émilia était un plaisir inattendu, et les bains étaient grands et confortables.”

Émilia : “Ah, je peux dire la même chose. J’ai aussi pris un bain très confortable hier. Les bains du Manoir Roswaal sont biens, mais le bain entouré de pierre ici est très rafraîchissant.”

La nuit dernière, la beauté des cheveux argentés d’Émilia, qui s’étaient écoulés mélodieusement au fur et à mesure que la tresse faite par Subaru se défaisait, avait été à couper le souffle. Bien que ses longs cheveux lisses habituels révélaient également sa beauté glacée, semblable à celle de la neige, observer une coiffure inhabituelle sur elle avait son propre sens du privilège.

En conclusion, on pouvait dire que, quoi qu’il arrive, une fille mignonne restait toujours mignonne.

Avec cela en tête, Subaru reporta son attention sur le présent alors qu’Émilia reprenait la parole.

Bien que situé à l’intérieur, le bain s’était efforcé de ressembler à un bain en plein air, et les décorations évoquaient une image naturelle de l’extérieur. Les rebords de la paroi du bain étaient recouverts de pavés. S’il avait été fait de marbre, le bain aurait perdu une grande partie de son caractère unique.

Émilia : “Puisque c’était la première fois que je voyais ce type de bain, j’ai fini par beaucoup m’amuser à batifoler avec Crusch-san et Felt-chan.”

Subaru : “C’est une scène de fanservice de premier ordre dans un otome. C’est une CG absolument vitale à collectionner.”

(Note de Traduction : CG = images à collectionner dans les visuals novels, notamment dans les jeux otome. Plus d’informations ici.)

Émilia : “C… G ?”

Subaru : “Ce n’est rien, je te taquinais. Tu as l’air heureuse, et surtout, ça t’a plu ?”

Émilia : “Mhm, beaucoup.”

Émilia, qui partageait son bonheur avec Subaru, semblait aussi au premier regard, heureuse, et ce sentiment allégeait l’anxiété initiale et les suspicions qui avaient accompagné leur voyage à Pristella. Le problème était――

Subaru : “Ces deux-là ont des visages si malheureux et si lugubres”

Béatrice : “…Ce n’est rien, en fait.”

Otto : “S’il vous plaît ignorez moi… hic. J’ai juste un peu, hic, trop bu.”

Se tenant là où Subaru pointait son doigt, se trouvait une petite fille avec une expression glaciale sur son visage, ainsi qu’un homme dont les traits actuellement élégants étaient pâles.

Inutile de préciser qu’il s’agissait de Béatrice et d’Otto. Après mûre réflexion, Subaru décida de saluer le presque transparent Otto.

Subaru : “Otto. Tu étais absent au dîner d’hier, où étais-tu allé ?

Otto : “Comme je l’ai dit lorsque nous nous sommes quittés, hic, il est rare que j’aie l’occasion de venir à Pristella, et pendant que hic, nous sommes ici, je voulais établir quelques liens.”

Subaru : “Qu’est ce qui t’as pris? T’es encore plus bourré qu’à notre première rencontre.”

Otto : “… ? Ma mémoire est peut-être défaillante, mais, hic, ma première rencontre avec Natsuki-san ne semblait pas impliquer d’alcool…”

Subaru : “Eh bien, c’est ta propre mémoire, alors pense ce que tu veux.”

Otto, à qui l’on faisait des reproches pour une raison inconnue, arborait une expression impuissante, bien que les commentaires de Subaru fussent sans intérêt.

Du point de vue de Subaru, il avait eu plusieurs premières rencontres avec Otto, mais la première avait été avec un Otto frustré dans une taverne, qui avait été aussi pâle que l’actuel. Cependant, peu de temps après, Subaru était revenu d’entre les morts. Par conséquent, du point de vue d’Otto, leur première rencontre avait été celle, embarrassante, où Subaru avait été responsable de son sauvetage des griffes du Culte de la Sorcière.

Bien sûr, c’était futile de débattre, puisque les deux avaient tort.

Subaru : “Ne fais rien qui pourrait mal influencer Béako. Même si, je peux comprendre que tu aies été pressé d’aider notre faction”

Otto : “J’ai fait tout ceci de ma propre volonté. ――Même si je n’ai aucune idée de la raison pour laquelle je me suis infligé ça.”

Otto, dont la tête semblait peser assez lourde, était incapable de répondre à Subaru. Après un moment il regarda la cour, changeant le cours de la conversation avec un “D’ailleurs…”,

Otto : “Qu’est-il arrivé à Garfiel ? C’est inhabituel qu’il ne soit pas debout à cette heure-ci. N’est-ce pas dans ses habitudes de se lever plus tôt que tout le monde pour trouver la montagne la plus haute d’où il pourra hurler ?”

Subaru : “Il n’y a probablement pas d’endroit élevé ici, mais ce n’est pas pour cette raison qu’il n’est pas là. En revanche, c’est son propre secret juvénile. S’il te plaît, sois gentil avec lui la prochaine fois que tu le verras.”

Otto : “Pour quelqu’un qui n’a aucune idée de ce qui s’est passé, ces mots ne sont-ils pas trompeurs… ?! Ahh, ma tête me fait encore mal.”

Subaru : “Tu es assurément masochiste.”

Observant un Otto comateux s’écrouler sur le sol. Subaru sourit. Il se tourna ensuite vers Béatrice, qui avait gardé le silence depuis le début de leur échange.

Subaru : “Alors, qu’est-ce qu’il y a, Béako ? Hier, tu étais si excitée, mais là tu es toute triste. Ce n’est pas très mignon.”

Béatrice : “Ne va pas croire n’importe quoi, je suppose. Je ne suis pas triste, en fait. Betty s’est soudainement souvenue de certaines choses, qu’elle doit examiner attentivement, je suppose.”

Subaru : “Quel est le problème ? Si tu as un souci, crache le morceau. S’il s’agit de quelque chose de dangereux, tu ne sauras peut-être pas comment t’y prendre.”

Surpris par les mots de Béatrice, Subaru plissa légèrement ses yeux et pris une posture indiquant son sérieux. Émilia hocha aussi la tête comme si elle écoutait attentivement.

Béatrice mordit ses lèvres, révélant une rare hésitation, avant de choisir ses mots d’un air pompeux.

Béatrice : “Ça a commencé hier, après que Subaru m’ait abandonnée pour jouer avec Garfiel, en fait.”

Subaru : “Une interprétation questionnable, mais continue.”

Béatrice : “Betty était partie à la recherche d’Émilia pour tuer le temps avec elle, je suppose. Sur le chemin de sa chambre, j’ai croisé un employé, avec qui j’ai un peu discuté, en fait.”

Subaru : “Béako… qui papote… ?!”

Apprendre que la capacité de communication de Béatrice avait quelque peu augmenté laissa Subaru pantois. Il se tourna vers Émilia, choqué, et elle lui rendit un hochement de tête enthousiaste.

Incroyable ! Le fait que Béatrice engage la conversation avec des inconnus était tout à fait inattendu. Peut-être que la fraîcheur du voyage avait permis à Béatrice de connaître une croissance inattendue. De retour à la maison, il devrait mettre à jour le Journal de Croissance de Béako avec ce développement dès que possible.

Le journal qui immortalisait la croissance quotidienne de Béako, avait déjà atteint trois volumes. Grâce à ce voyage, il pourrait ajouter une nouvelle page.

Inconsciente que ses activités quotidiennes étaient enregistrées, Béatrice trouva l’attention de Subaru et d’Émilia agaçante, et réagit avec un “Vous exagérez, je suppose !” mécontent.

Béatrice : “Je vais continuer de parler, en fait. Quand le serveur a vu Betty, il m’a dit qu’il avait des informations et a pris une expression très mystérieuse, je suppose. Il m’a dit, “La nuit, quelque chose d’effrayant hante cet hôtel”, en fait.”

Subaru : “…”

Béatrice : “Honnêtement, quand Betty l’a appris, elle a hésité à le dire à qui que ce soit pour ne pas créer de confusion inutile, je suppose. J’ai tout de même décidé de me préparer hier soir par précaution, en fait…”

La voix de Béatrice s’élevait au fur et à mesure qu’elle s’emportait, et elle ne remarqua pas que Subaru s’était tu. Puis elle baissa le ton jusqu’à chuchoter, aussi cérémonieusement que si elle divulguait un secret peu connu.

Béatrice : “Au milieu de la nuit, Betty a entendu quelque chose d’étrange, je suppose. Je ne voulais pas réveiller Subaru, qui avait une expression stupide dans son sommeil, alors j’ai silencieusement quitté nos dortoirs seule pour enquêter, en fait.”

Subaru : “Tu ne devrais pas fixer le visage endormi de quelqu’un d’autre, c’est effrayant.”

Béatrice : “B-bien sûr, je n’ai pas regardé fixement, je suppose ! J’ai juste jeté un coup d’œil, comme le dicte l’étiquette d’une dame, en fait !”

Elle n’avait peut-être pas regardé Subaru endormi, mais c’était si mignon que Subaru mit la question de côté pour l’instant. Béako considéra l’acquiescement de Subaru comme un signe pour continuer, et son expression mystérieuse réapparut.

Béatrice : “Betty a remarqué une présence inhabituelle près de l’hôtel, alors je l’ai suivie, je suppose. Au bout d’un moment, j’ai fini par trouver sa source sur le porche frontal…”

Subaru : “Tu l’as trouvé ?”

Béatrice : “Eh bien, il y avait un visage pâle et dangereux qui émergeait lentement de l’obscurité, je suppose. À première vue, il semblait dangereux pour Betty, alors elle l’a affronté, en fait.”

Le petit front de Béatrice brillait faiblement de sueur, comme si elle était totalement immergée dans la sinistre situation dans laquelle elle avait été impliquée la nuit dernière. Bien que Subaru ne comprenne pas le fonctionnement des glandes sudorales d’un Esprit, cela rendait l’atmosphère plutôt tendue, alors il choisit de ne pas faire de commentaires à ce sujet.

Béatrice : “Rapidement après, probablement dû à la peur du pouvoir de Betty, la silhouette a lentement fondu dans les ténèbres, je suppose. Après avoir confirmé à plusieurs reprises qu’il n’y aurait pas de problème plus tard, Betty est retournée dans la chambre, en fait. Puis j’ai enjambé Subaru qui dormait bêtement pour retourner au futon, je suppose.”

Subaru : “N’épie pas quelqu’un qui dort, c’est indécent.”

Béatrice : “Je n’ai fait que confirmer que tu allais bien, je suppose ! Il n’y a absolument rien eu de tel que de toucher ton front ou tes sourcils, en fait !”

C’était certainement un aveu de sa part, mais parce que c’était vraiment mignon, Subaru négligea encore une fois de le mentionner.

Tout compte fait, cela semblait être la fin de l’histoire d’horreur de Béatrice. Subaru se tint le menton et hocha légèrement la tête alors qu’il commençait à considérer ce qu’elle avait dit.

Dans une auberge de style japonais, une histoire de fantôme s’était produite.

En réalité, après avoir vécu dans cet autre monde pendant un an, Subaru s’était rendu compte que de telles histoires de fantômes n’étaient pas très répandues ici. C’était probablement parce que les esprits étaient déjà connus comme des êtres invisibles. Si l’existence des êtres invisibles était reconnue, les histoires de fantômes n’avaient pas lieu d’être.

Malgré tout, ce genre de rumeur bizarre existait toujours, et le fait que l’hôtel ait même hérité d’une histoire spirituelle de style japonais était vraiment assez incroyable.

Subaru admira ce phénomène de bon cœur, tout en prenant une inspiration concluante.

Subaru : “Alors, qu’est ce qui est arrivé la nuit dernière, Otto ?”

Otto : “Ah, je me souviens maintenant. Alors que j’étais allongé sur le porche, encore sur le point de vomir, j’ai remarqué que Béatrice me regardait, mais je n’étais pas en mesure de parler à ce moment-là. Finalement, je n’ai pas pu me retenir et je suis allé vomir dans les buissons, et quand je suis revenu, elle avait disparu.”

Subaru : “C’était donc ça, alors.”

Béatrice : “…Comment est-ce, comment est-ce possible, en fait ?”

C’était presque trop dur à supporter pour Béatrice.

Il était alors incroyablement évident que le vrai visage du soi-disant spectre était en fait un Otto ivre, et elle ne savait pas quoi dire.

Ce qu’elle avait été certaine d’avoir vu avait été implacablement rejeté, et Béatrice semblait avoir perdu sa capacité de raisonnement. Subaru la caressa comme pour la réconforter, mais au fond de lui, il en conclut que Béatrice supportait mal de dormir dans un environnement inconnu.

Le serveur, qui avait décrit le spectre à Béatrice, avait sûrement perçu que cette dernière avait l’aura inhabituelle de quelqu’un de crédule, qui prendrait trop au sérieux n’importe quel type de farce.

Son visage rouge, plein de remords et de mécontentement, était si adorable que Subaru lui accorda le plus grand des éloges.

Felt : “Yo, tout le monde est déjà là.”

C’est alors qu’une légère voix féminine se mêla à la multitude de rires.

Cherchant la source du son, Subaru aperçut une silhouette dans le couloir――une fille qui secouait ses cheveux courts et dorés, Felt. Elle avait remplacé le yukata par sa tenue légère habituelle, balançant ses bras minces avec aisance. Bien qu’elle soit devenue un peu plus féminine, elle avait l’air d’être toujours fermement enracinée en tant que fille des rues.

Subaru : “Salut. Tu es habillée de façon si décontractée que je peux sentir la lamentation de Reinhard.”

Felt : “Ne me sermonne pas à ce sujet. Ce type m’agace énormément, et même Rom-jii est de son côté. C’est tellement ennuyeux.”

Exprimant son mécontentement, une Felt impatiente bondit du couloir et atterrit à côté d’Otto, qui fut promptement ignoré. Elle se tourna alors vers Subaru et pencha la tête pour lui demander,

Felt : “Cela dit, il y a une chose qui m’intrigue.”

Subaru : “Quoi donc ?”

Felt : “Ah, c’est-à-dire, pourquoi vous avez tous fait cette danse bizarre ensemble ?”

Felt arborait une expression curieuse en observant l’étrange danse de Subaru――son habitude quotidienne consistant à faire de la radio gymnastique le matin.

Que ce soit avant d’entamer un long voyage ou de faire quelques pas sur la route, tout le monde commençait sa matinée par une séance de radio gymnastique. Cette scène se répètait depuis longtemps tous les matins, non seulement dans le manoir de Roswaal, mais aussi sur l’ensemble des territoires Mathers.

Subaru : “Oh, c’est juste le secret de la santé et de la longévité. Pratiquée par tous, des enfants aux personnes âgées, l’ère de la populaire “callisténie” du bien-être régnera. Lorsqu’Émilia deviendra la Monarque, notre radio gymnastique deviendra une activité matinale mandatée par le gouvernement !”

Émilia : “Ouais, je serais contente si tout le monde pouvait le faire ensemble.”

Felt : “C’est… Je ne peux m’empêcher de penser que si une telle chose devient réalité, ta réputation de Monarque sera ruinée…”

Scrutant leurs mouvements, Felt marmonna ses pensées cyniques.

C’était triste à voir, mais tôt ou tard, même ceux qui n’avaient pas voulu suivre le mouvement avaient été séduits après avoir réalisé les avantages de cette activité facile à réaliser. La popularité de ce mouvement, après qu’il se soit répandu dans les différents villages, était en effet élevée.

Subaru : “Béako et Otto étaient également réticents au tout début, mais maintenant ils participent malgré une nuit solitaire passée à craindre les fantômes, ou une matinée de gueule de bois !”

Béatrice : “Betty a été entraînée là-dedans par Subaru, en fait.”

Otto : “Je voulais juste dormir pour me débarrasser de mon mal de tête, mais j’ai entendu les applaudissements et j’ai vu la danse…”

Béatrice : “Même si je n’en peux plus, j’en reste accro.”

Otto : “Absolument fascinant.”

Béatrice et Otto donnèrent tous deux une faible explication, tandis qu’Émilia et Subaru se redressèrent, fiers. Felt gratta son cou pâle en réfléchissant à ces réponses bien différentes.

Felt : “En effet, j’entends souvent parler d’activités populaires et étranges qui se déroulent dans le voisinage d’onee-chan. Des danses étranges, des citrouilles vidées de leur substance, des femmes qui préparent soigneusement des plats pour leur bien-aimé en guise de cadeau. Ce genre d’événements…”

Subaru : “Bien que ces événements ne se déroulent pour le moment que dans les territoires frontaliers du domaine, je sais qu’un jour nos exercices deviendront un projet de popularisation national. En considérant ça, on pourrait essayer d’utiliser Anastasia-san dans nos plans.”

La Saint Valentin révolutionnerait l’industrie du casse-croûte, et les marchés croîtraient. Si le sujet d’un grand changement économique était abordé, Anastasia trouverait immédiatement un moyen d’en tirer profit. Si ce n’était pas trop tard, Subaru envisageait de parler de ces opportunités à Anastasia quand elle serait disponible.

Felt : “Est-ce qu’onii-chan a toujours dégagé ce genre de sentiment ?”

Émilia : “Eh bien, Subaru a toujours été comme ça. On dirait qu’il se moque de nous, mais il veut vraiment améliorer les choses, même s’il prétend plaisanter.”

Felt : “Ouais, mais tu ne sais même pas s’il plaisante ou non jusqu’à ce que la poussière retombe…”

La réponse d’Émilia effraya légèrement Felt.

Il arrivait que ce genre de chose se produise en raison de l’âge mental d’Émilia. Il était parfois difficile de savoir qui était le plus jeune ou le plus âgé, et Felt ne faisait pas exception à la règle.

Felt, qui s’était démenée pour trouver une place dans les bidonvilles, avait aussi sa propre façon de vivre.

Émilia : “Pourquoi Felt-chan est toute seule, Reinhard n’est pas inquiet quand vous n’êtes pas ensemble ?”

Felt : “Je ne suis pas une gamine dont il faut s’occuper, et en plus, ce type est juste ennuyeux quand il est près de moi, alors je lui ai simplement dit de se barrer quelque part, puisqu’onee-chan et tous les autres seraient là. C’est tellement ennuyeux, dès qu’il se passe quelque chose, cet enfoiré arrive en un clin d’œil.”

Émilia : “D’accord. Ça me rassure.”

Émilia gloussa négligemment face à la plainte de Felt. Recevant une réponse qui ne correspondait pas à ses attentes, Felt soupira anxieusement et commença à jouer crûment avec ses cheveux blonds.

Émilia : “Felt-chan, tu as de si beaux cheveux, tu ne devrais pas jouer avec comme ça. Subaru et Frédérica-san m’ont appris à les respecter.”

Felt : “Bon sang, tu es si autoritaire… Laisse-moi m’occuper de mes cheveux, et ne t’ai-je pas dit d’arrêter d’ajouter “chan” à mon nom ? Ça me donne la chair de poule !”

Émilia : “Même si tu le dis, je ne peux pas perdre cette habitude d’un coup. Je vais faire de mon mieux, mais si je n’y arrive pas, je serai très désolée. Ça te va ?”

Felt : “Bien sûr que non !”

Comme Émilia ne détenait aucune malice, Felt ne put qu’émettre un grognement grave, semblable à celui d’un chat, pour évacuer son irritation. En apparence, les gens qui entendaient leur conversation souriaient, car cela ressemblait à un échange joyeux entre meilleurs amis.

Subaru : “Bien, notre gymnastique est à présent finie, alors n’hésite pas à aller te coucher. Ou prendre un bain, c’est agréable et rafraîchissant.”

Otto : “J’avais déjà pris un bain… mais, malheureusement, l’odeur de l’alcool ne semble pas disparaître.”

Subaru : “Avant que Garfiel ne vienne te remonter les bretelles, tu ferais mieux d’aller vite te laver. Dans mon pays natal, il y a un dicton qui disait que tout problème pouvait être résolu avec quelques bains chauds.”

Otto : “Ce serait une catastrophe s’il me voyait comme ça… mais puisque tu m’as donné un conseil, je vais le suivre tant que je suis encore en vie…”

Subaru souleva Otto, déprimé, et lui donna une petite tape sur l’épaule. Otto soupira, toujours dépité, tandis que Subaru regardait le ciel.

Un ciel chargé de sourires. De minces nuages flottaient dans le ciel matinal, reflétant le temps calme. Juste au moment où Subaru prit note de ceci,

??? : “――Bonjour, citoyens de Pristella.”

Subaru : “Hein ?!”

Un son puissant surgit de nulle part, résonnant aux oreilles de tous, surprenant Subaru qui n’était pas préparé.

Ce n’était pas une illusion ; alors que Subaru lançait un regard paniqué autour de lui, il aperçut Émilia, Béatrice qui jetaient elles aussi des coups d’œil alarmés.

Subaru : “Hey, qu’est-ce que c’est ? C’est une voix très forte.”

Felt : “Il ne s’agit pas d’un fantasme, mais d’une voix forte dans les rues…”

Felt murmura cela doucement pour elle-même, tandis que Subaru émettait également son propre commentaire, tout en se doutant que ce n’était pas sans rapport avec la magie.

En parlant de magie capable d’envoyer du son à un groupe entier de personnes, Subaru se souvint du sort permettant de partager sa conscience, Nect, que Julius avait utilisé auparavant pour connecter la conscience de tout le monde. Cependant, il s’agissait simplement d’un moyen de connecter les gens mentalement dans un rayon limité, et il ne pouvait pas délivrer de son directement aux oreilles.

En y songeant, Subaru pensa qu’il avait trouvé une réponse convenable. C’était la suivante,

Subaru : “Quelque chose comme un haut-parleur ?”

Felt et Subaru donnèrent des commentaires similaires sur l’origine du phénomène.

Résonnant dans le ciel, le bruit était suffisamment fort pour que la ville entière puisse probablement l’entendre, de manière très similaire aux annonces faites par un haut-parleur.

Le seul problème était que, dans ce monde, il n’y avait encore aucun signe d’un tel développement scientifique et technologique.

Otto : “Ah, vous n’étiez pas au courant ? Cette émission est diffusée à l’aide d’un instrument alimenté par le Mana dans les locaux du gouvernement métropolitan de Pristella.”

Subaru : “Du mana… c’est donc de la magie !”

Otto répondit à la question de Subaru et hocha la tête comme pour dire “oui”.

Otto : “C’est ce que j’ai entendu hier, alors que je buvais avec des personnes très diverses, à savoir que tous les matins, l’Hôtel de Ville utilise un dispositif magique pour transmettre une annonce aux citoyens de Pristella.”

Subaru : “Huh, c’est une routine quotidienne étrange.”

Otto : “Les informations qui doivent être transmises à tous les quartiers de la ville peuvent être entendues immédiatement et facilement. En cas d’urgence, les évacuations ou les instructions peuvent être données facilement. Afin d’éviter que cette période de stress ne devienne trop chaotique, le fait de procéder à cette opération tous les matins permet aux citoyens de s’habituer au haut-parleur.”

Subaru : “Oh… Je n’y aurais jamais pensé.”

Utiliser un dispositif magique pour se préparer aux urgences.

Les petits villages posaient déjà des problèmes, mais si un accident se produisait en ville, la gestion de la situation dégénérerait rapidement de manière catastrophique. Il n’était jamais inutile d’élaborer des contre-mesures préventives pour faire face à ces problèmes à l’avance.

C’était inhabituel et assez innovant pour quelqu’un de prendre le temps de s’assurer que les citoyens seraient bien préparés à cela.

Subaru : “On dirait qu’un type assez intelligent est responsable de ça, peut-être le maire ?”

Otto : “Non, il semblerait que ce soit Kiritaka-san qui ait fourni l’appareil magique en premier lieu, et qui ait pris l’habitude de l’utiliser pour les diffusions. Il est donc normal qu’il soit impliqué dans la gestion de la ville.”

Subaru : “Eh…”

Son admiration fut soudainement interrompue par cet impact.

Kiritaka était très probablement celui qui avait crié la veille “Ne touche pas à ma Liliana !”. Les scènes de la négociation défilèrent dans l’esprit de Subaru. Les cris. L’éclair de la pierre magique. L’homme élégant qui avait pleuré Liliana par la suite.

Subaru : “Non, non.”

Béatrice : “Impossible, en fait.”

Émilia : “Ça semble un peu…”

Devant la synchronisation parfaite de Subaru, Béatrice et Émilia, Otto sourit ironiquement.

Otto : “J’étais sûr que vous alliez réagir de la sorte, mais celui qui s’occupe de la radio est en fait Kiritaka. Écoutez bien, cette voix ne vous est-elle pas familière ?”

Kiritaka : “Le moyen avec lequel je vous parle est un appareil magique qui peut transmettre ma voix dans toute la ville. Si j’ai effrayé quelqu’un qui n’était pas familier avec ça, je présente mes excuses. Vous êtes très chanceux d’entendre cette émission aujourd’hui.”

Subaru : “Qui c’est ?”

Malgré le commentaire d’Otto, Subaru avait encore du mal à associer cette voix à l’image qu’il se faisait de Kiritaka. Il était si sérieux qu’il ne semblait pas du tout être un lolicon.

Subaru : “Non, attends un peu. Clind ne ressemble pas non plus à un dégénéré… se pourrait-il que les lolicons soient bons pour se camoufler ? Les lolicons ayant des statuts sociaux sont terrifiants.”

Subaru se souvient à nouveau du majordome omnipotent. Il était doté d’une intelligence et de capacités extraordinaires, le tout mélangé à une nature irrationnelle. Bien qu’il ne serait pas tout à fait juste de qualifier Clind de représentant de tous les lolicons, il n’était pas impossible qu’il y ait un cas de lolicon de haute classe qui lui ressemble.

Subaru : “Eh bien, ce Kiritaka est encore très suspect, et les impressions provenant seulement des voix ne sont pas les plus fiables…”

Kiritaka : “Et pour celles et ceux qui nous écoutent, permettez-moi de vous livrer, rempli de mes sentiments… non ! Rempli de vos sentiments, un monde de bénédictions ! Le matin est enfin arrivé… Voici la Diva Liliana, ne manquez pas de l’écouter !”

Liliana : “Ah, c’est moi.”

Au plus profond de ce désordre, l’homme des souvenirs de Subaru et l’homme de l’émission s’alignèrent finalement.

Ce tracas avait décidé d’accabler Subaru même au petit matin. Il entendit le bruit de personnes se déplaçant, puis une légère toux qui semblait cacher un sourire.

Liliana : “Eh biiiien~, bonjour tout le monde, voici Liliana, qui vient juste d’être présentée. Faire ça tous les matins me fait sentir le poids des attentes, mais je veux quand même faire de mon mieux pour chanter et jouer afin de créer de la joie. S’il vous plaît, faites-moi cette faveur.”

Subaru reconnut immédiatement la façon caractéristique de parler de Liliana, et eut l’impression de voir son comportement étrange même à travers le dispositif magique.

Curieusement, contrairement à la voix de Kiritaka, qui s’estompait par intermittence à travers la radio magique, pas une once de la voix de Liliana n’était perdue.

Subaru ne savait pas s’il existait un tel concept d’affinité pour les appareils magiques, mais si de telles bénédictions existaient, elles conviendraient à la jeune fille dont la voix était aimée par la Déesse de la Chanson, ce qui lui permettrait de chanter clairement à travers les parasites.

(Note de Traduction : Le nom de famille de Kiritaka, qui est manifestement épris de Liliana, est Muse tout comme la Déesse de la Chanson.)

Liliana : “Eh bien, je suis impatiente de chanter. S’il vous plaît, écoutez――la Chanson d’Amour de la Lame Démoniaque, acte deux !”

Liliana inspira doucement en préparant son instrument.

Le titre de la chanson détourna l’attention de Subaru du discours de Liliana. Si la chanson était bien le récit de ce qu’il pensait, alors――

La chanson qui allait être jouée était l’histoire d’amour tragique et touchante d’une femme et d’un démon qui vivait par l’épée.


L’acte terroriste de la Diva Liliana se conclut par sa chanson, et Subaru retourna vers le salon pour un petit-déjeuner.

Pour être honnête, l’existence de la Chanson d’Amour de la Lame Démoniaque avait frappé Subaru comme un éclair inattendu.

Il aurait dû s’en rendre compte depuis longtemps. Quel que soit le monde, quelle que soit l’époque, les actes héroïques accomplis seraient préservés pour les générations futures. Ils pouvaient être documentés de différentes manières, par exemple sous forme d’écrits ou de peintures.

Il était concevable que l’héroïne qui avait fait arrêter une guerre civile et que la Lame Démoniaque qui avait pris cette héroïne pour femme soient immortalisés en chanson.

Bien sûr, même si Subaru avait été conscient de cette possibilité, il n’aurait rien pu faire par rapport à ce qui s’était passé le matin. Il n’avait jamais entendu parler de l’appareil magique, et il n’aurait jamais pu ordonner à Liliana de reconsidérer ses actions.

À présent, il pouvait seulement maudire la Diva qui avait choisi sa chanson au moment le plus inopportun, sans prendre garde à la situation.

Son impression déjà mauvaise de la Diva s’était encore dégradée par son enthousiasme inexplicablement mal placé. Liliana était une idiote, Kiritaka était un imbécile.

Subaru : “Est-ce que Wilhelm-san…est déjà arrivé ?”

Les plus rapides à atteindre le salon étaient les anciens occupants du jardin, à l’exception de Felt, qui s’était séparée d’eux avant de partir. Elle reviendrait probablement plus tard avec Reinhard.

En pensant à la chanson qu’il avait juste entendue, se souvenant des pensées de Wilhelm sur sa femme et son petit-fils, Subaru était incapable de faire taire ce sentiment qui avait naquit dans sa poitrine.

Quant aux mots à dire en le voyant, Subaru n’avait aucune idée de comment les trouver. Malgré tout, tant qu’il y aurait de la communication, Subaru s’en réjouirait. Toutefois, il espérait sérieusement que Wilhelm avait manqué la chanson.

Subaru : “Ce groupe de personnes trop sérieuses, c’est impossible qu’ils fassent tous la grasse matinée le même jour.”

Les trois membres de la faction de Crusch, même Félix, travaillaient et dormaient à des horaires équilibrés. Même s’il n’avait vécu avec eux que quelques jours, Subaru en était bien conscient.

En vacances dans un endroit inconnu, ils seraient probablement nerveux et maintiendraient leurs horaires plus rigoureusement, il était donc impossible pour eux d’avoir manqué la diffusion.

Émilia : “Subaru, tu n’as vraiment pas l’air bien, qu’est-ce qu’il y a ?”

Émilia ajusta son regard sur Subaru, qui était assis sur un coussin, tapant rapidement des pieds par anxiété.

Après la fin de l’émission, Subaru avait immédiatement proposé que leur faction se rende au salon de thé. Après s’être assuré que le salon de thé était vide, il revendiqua la paix qui y régnait.

Émilia et les autres avaient simplement savouré les paroles tragiques de la Chanson d’Amour de la Lame Démoniaque et se satisfaisaient de la voix de Liliana. Ils ne savaient ni que la Lame Démoniaque de la chanson était en fait Wilhelm, ni les origines de la Lame Démoniaque.

Par conséquent, Subaru était réticent à l’idée de leur partager son anxiété.

Plus effrayant encore, le chant de Liliana avait également captivé Subaru.

Subaru, qui avait été tourmenté par une sensation d’appréhension en entendant le titre de la chanson, n’avait pas réussi à quitter le jardin alors qu’il l’écoutait. Ou plutôt, ce genre de pensées n’avait pas fait surface.

Le chant de Liliana devait contenir de la magie. Pour cette raison, même après avoir récupéré, Subaru ne pouvait se débarrasser d’un sentiment d’anxiété en pensant à cette brune énergique.

Subaru : “…Ce n’est rien. Rien, rien, j’ai juste un peu faim… Tu vois, même si la nourriture de l’auberge est délicieuse, elle ne manque pas un peu de quantité ? Mon corps veut que je chaparde des collations pour pouvoir les manger et grandir.”

Émilia : “Subaru, je ne te crois pas.”

Émilia normalement crédule vit directement à travers le bluff de Subaru à ce moment critique. Était-il si simple à lire ? La confiance de Subaru s’effaça.

Otto : “Vraiment, Natsuki-san. Je ne sais pas ce qui te préoccupe, mais nous sommes en train de discuter de nos projets pour l’après-midi. Tu devrais y prêter attention.”

Subaru : “Nos projets de cet après-midi, oh ouais, la deuxième négociation avec Kiritaka. Hmm… On pourrait prendre Liliana en otage et ainsi l’échanger avec la pierre magique que nous voulons ?”

Otto : “Pourquoi diable proposer un plan aussi audacieux ?!”

Otto, impressionné par les mots de Subaru, éleva la voix et prit une expression morose. En observant cela, Subaru pencha la tête avec un “Eh”. Peut-être était-ce dû à sa colère encore brûlante envers Liliana, mais cela ne servirait probablement pas à augmenter le taux de réussite du plan.

Otto : “Quoi qu’il en soit, cet après-midi, nous allons à nouveau tenter de négocier avec Kiritaka-san, et celui que nous devrions essayer de convaincre est ce membre des Écailles du Dragon Blanc, la personne la plus à même de persuader Kiritaka-san.”

Subaru : “Les Écailles du Dragon Blanc, c’est un nom vraiment cool. Était-il à la réunion hier ?”

Otto : “Oui, les Écailles du Dragon Blanc sont un groupe de mercenaires connus dans la zone. Bien qu’ils se soient établis il y a longtemps, ils ont récemment été embauchés comme troupe privée par Kiritaka-san. Cet homme était leur représentant.”

Subaru : “De toutes les personnes présentes… Ah, c’est probablement la meilleure personne à qui parler.”

Bien qu’il n’ait pas été présent pour observer la pièce dans laquelle la négociation s’était déroulée, Subaru avait un vague souvenir de la présence d’un homme d’âge moyen en blanc avant que la lumière de la pierre magique ne l’engloutisse.

Comparé à Kiritaka, qui était fou de Liliana, qui était elle-même souvent dans un état de folie, Subaru était certainement désireux de parler à quelqu’un de plus rationnel que les deux.

Otto : “À en juger par la diffusion de ce matin, la colère de Kiritaka-san devrait s’être quelque peu calmée, et il devrait être prêt à nous écouter. Cependant, si Natsuki-san est présent, il sera probablement moins raisonnable.”

Subaru : “Je sais que mes yeux qui font peur déstabilisent les gens la première fois qu’ils les voient, mais je ne m’attendais pas à une réaction aussi agressive. Ça me blesse.”

Émilia : “Tout va bien, Subaru. Je ne déteste pas ces yeux féroces. Ma mère avait aussi des yeux très féroces, mais elle était extrêmement gentille.”

Béatrice: “Le visage de Subaru n’est pas si mauvais que ça, en fait… En réalité, je me trompais, je suppose.”

Subaru : “Aucun réconfort n’est préférable, en fait. Ne m’obligez pas à regarder la vérité en face.”

La subtilité supportait les paroles douces et fermes des deux femmes, avant d’inciter Otto à poursuivre. Otto continua en disant, “Donc”,

Otto : “Durant les négociations d’aujourd’hui, je pense que Natsuki-san ne devrait pas nous accompagner. Cela vous convient-il ?”

Subaru : “Quoi qu’il arrive, je n’ai pas d’autre choix que d’accepter, mais si tu réussis, alors quel est l’intérêt de ma présence ici ?”

Otto : “Entre faire venir Natsuki-san pour rien, et tous nous faire venir pour rien, nous devrions choisir la plus petite perte, celle de Natsuki-san, qui ne fait que se promener en jouant avec Béatrice-chan.”

Béatrice : “J’ai l’impression que tu sous-estimes Betty, en fait ! C’est embêtant, je suppose !”

La colère de Béatrice fut écartée, et leur plan d’action fut finalisé pour le moment. Néanmoins, Subaru avait également considéré ce qu’Otto pensait probablement.

Subaru : “Cet après-midi j’irai me promener avec Émilia-tan et Béako.”

Émilia : “Ehh? Je n’irai pas voir Kiritaka-san avec Otto-kun ?”

Otto : “Ils ont sûrement anticipé que nous reviendrions négocier, et si nous emmenions Émilia-sama, nous ferions une visite surprise, sans prévenir, et nous échouerions comme hier… Natsuki-san, je suis content que tu t’en rendes compte, mais je ne peux pas m’empêcher de penser que tu mijotes quelque chose.”

Otto dévisagea Subaru, qui répondit avec un sifflement innocent.

Il avait raconté à Otto qu’il avait rencontré Liliana la veille, mais il avait omis de dire à quel endroit ils s’étaient rencontrés. Et Kiritaka avait très probablement prédit que le camp d’Émilia chercherait à négocier à nouveau. Maintenant, que ferait Kiritaka de Liliana s’il ne voulait pas qu’elle rencontre Subaru et les autres ? L’indice était les actions de Liliana la veille.

Subaru : “J’ai trouvé un joli parc et j’aimerais qu’Émilia-tan vienne avec moi. Nous pourrions nous promener en tenant les mains de Béatrice placée entre nous.”

Émilia : “Wow, ça a l’air amusant. Mais je me demande si nous avons le droit de nous détendre ainsi. Qu’en dis-tu, Otto-kun ?”

Otto : “Je ne peux pas refuser si vous me regardez avec des yeux pleins d’espoir. Natsuki-san et Émilia-sama ne peuvent pas être présents pour diverses raisons, alors j’irai en compagnie de Garfiel. Ne causez pas d’ennuis, s’il vous plaît.”

En confirmation des paroles d’Otto, Émilia et Subaru hochèrent sincèrement la tête. Toutefois, Subaru tira également la langue en direction d’Otto pour s’excuser.

Liliana ne serait certainement pas présente dans la Chambre du Commerce de Muse aujourd’hui. Dans ce cas, Subaru ne pouvait que supposer qu’elle irait au même parc que la veille. Si elle ne s’y trouvait pas, Subaru accepterait son impuissance, mais il souhaitait tout de même établir une relation avec elle s’il le pouvait.

Si Kiritaka aimait vraiment Liliana du fond du cœur, il y avait de fortes chances qu’il accepte une demande directe de sa part.

Bien sûr, il ne songeait pas seulement à utiliser Liliana. S’il abusait de ses bonnes intentions, Émilia s’y opposerait, et la propre conscience de Subaru ne le laisserait pas s’en tirer à si bon compte. Subaru décida donc de raconter son histoire à Liliana sans aucune réserve.

Subaru espérait que le résultat serait honnête, même s’il s’éloignait de la biographie héroïque qu’elle attendait et finissait par la décevoir.

Immortalisé dans l’histoire en tant que héros, dans une chanson. Rien que cette pensée donnait la chair de poule à Subaru, mais s’il devait jeter de l’huile sur le feu, il voulait laisser une impression honnête. Au moins, son public serait désabusé quant aux fameux actes héroïques de Subaru en apprenant ses misérables erreurs de parcours.

Anastasia : “――Bonjour. Vous vous êtes tous levés tôt.”

Au moment où la faction d’Émilia décida de leurs plans internes et externes, la porte du salon de thé s’ouvrit sur la silhouette d’Anastasia. Aujourd’hui, Anastasia portait son habituelle écharpe en forme de renard associée à un kimono.

C’était en effet une surprise de voir soudainement un kimono, et Subaru en était tout excité. Les yeux d’Émilia brillaient pour une autre raison, elle était ravie d’apercevoir ces vêtements inhabituels. Anastasia les regarda avec fierté.

Anastasia : “Très bien, très bien. Je suis ravie de choquer du monde de si beau matin.”

Émilia : “Anastasia-san, cette robe est si belle. C’est ce dont tu parlais hier ?”

Anastasia : “Ouep. C’est le kimono que j’ai mentionné au bain hier. Bien qu’il ressemble beaucoup à un yukata, il faut beaucoup de préparation pour le porter.”

Anastasia tourna sur elle-même avec plaisir, montrant sa tenue bleue, qui était magnifiquement composée de motifs de pétales flottants et parsemés. Il ne cessait de s’étonner de la capacité de Kararagi à recréer le style japonais. Et ce qu’il pensait être une quasi-certitude s’avéra être une certitude.

――Kararagi partageait manifestement beaucoup de choses avec la culture japonaise que Subaru connaissait.

Subaru : “Ce type de vêtements a-t-il été transmis de génération en génération ?”

Anastasia : “Eh bien, tu es bien informé, Natsuki-kun. Ce type de vêtement semblait plus courant à l’époque d’Hoshin. Mais cette méthode de production a été temporairement perdue, et ce n’est que depuis une dizaine d’années que les artisans sont capables de les reproduire.”

Subaru : “L’ère d’Hoshin.”

Cet homme mystérieux, Hoshin des Terres Désolées, apparut une fois de plus. Subaru n’avait d’autre choix que de suspecter Hoshin, comme Subaru et Al, d’avoir été invoqué. Cependant, contrairement à Subaru et Al, Hoshin était originaire d’il y a quatre cents ans.

Subaru : “La priorité est de saisir la situation actuelle, mais ensuite, j’aimerais peut-être jeter un coup d’œil à ce Hoshin…”

Concernant son invocation, Subaru n’avait pas l’intention de commencer à creuser pour en savoir plus pour l’instant.

Il ne connaissait pas le mécanisme de l’invocation, ni le but de l’invocateur. Cependant, cet appel était unilatéral et ne faisait que l’attirer dans cet endroit. Rien ne lui permettait de rentrer chez lui.

En la matière, l’envisager serait comme pêcher la lune dans une flaque d’eau. Il n’y avait pas de solution. Ce que Subaru voulait savoir, c’était quels prédécesseurs il avait eus, quel genre d’empreintes ils avaient laissées dans ce monde, et où ils avaient fini. Rien de plus.

Reinhard : “Bonjour, Subaru. As-tu bien dormi la nuit dernière ? Tu as été d’une grande aide en rappelant à Felt-sama de retourner à sa chambre ce matin.”

Felt : “C’est ennuyeux. Je n’avais pas l’intention d’y retourner.”

Après Anastasia, Reinhard entra dans le salon de thé avec Felt dans ses bras. Il la déposa sur un coussin, sans préciser s’il avait entendu la chanson ce matin-là ou non.

Il devait certainement savoir que la Chanson d’Amour de la Lame Démoniaque faisait référence à son propre grand-père.

Reinhard : “Anastasia-sama, vous semblez plus belle chaque nouvelle matinée. J’étais un peu inquiet à propos de votre modestie, mais maintenant elle semble infondée.”

Anastasia : “Héhéhé, c’est mon bien le plus précieux. Je ne peux pas aller à Pristella sans me préparer. À ce propos, je dois encore le montrer à Julius.”

Après cela, Julius se joignit à eux et Anastasia présenta sa tenue à son Chevalier. Après avoir reçu les flatteries qui lui étaient dues, Anastasia inclina la tête en sa direction.

Anastasia : “Mimi et les autres ne se sont pas joints à toi ?”

Julius : “Ricardo a dit qu’il avait quelque chose à faire et il est sorti en ville hier soir, mais Mimi et ses frères… ils semblent suivre Garfiel du camp d’Émilia.”

Émilia : “Ils suivent Garfiel ?”

Émilia leva les yeux quand elle entendit le nom de l’un de ses servants. Julius acquiesça.

Julius : “Mimi a aperçu Garfiel sortant de l’auberge et s’est immédiatement lancée à sa poursuite. Hetaro l’a poursuivie, et Tivey, qui nettoie leurs dégâts, a dit qu’il s’en occuperait, aussi ont-ils tous quitté Joshua.”

Anastasia s’abattit sur Joshua, les mains sur les hanches, ce dernier se cachant derrière le grand Julius. Le beau jeune homme s’inclina devant sa maîtresse en colère et s’avança timidement, extrêmement pâle et inquiet.

Joshua : “Je suis profondément, extrêmement désolé… J’ai désespérément tenté de les arrêter, mais Mimi et Hetaro ne m’écoutaient pas du tout. Tivey m’a demandé de le laisser s’en occuper.”

Anastasia : “Eh bien, si Tivey est là, ils ne devraient pas causer de problèmes. Laissons-les de côté, nous sommes les hôtes, mais nous montrons un sacré spectacle devant nos invités.”

Tapotant patiemment les épaules du honteux Joshua en signe de pardon, Anastasia se tourna vers toutes les personnes présentes avec un sourire gracieux. Elle secoua ses cheveux souples, ses doigts jouant avec son écharpe.

Anastasia : “Comme vous l’avez remarqué, un embarrassant fiasco est en cours, j’espère que vous le pardonnerez… Notre adorable capitaine adjointe, visiblement distraite par son premier amour, a du mal à combattre ses pulsions.”

Mimi était obsédée par Garfiel et voulait rester à ses côtés, tout le monde pouvait s’en rendre compte. Tout le monde, à deux exceptions près. Émilia avait penché la tête en signe de confusion, et Joshua avait émis un soupir disant “C’était donc ça”.

Subaru : “Au fait, Felt, je n’ai pas du tout vu le trio TonChinKan. Ils sont tous là ?”

Felt : “Vous voulez dire Gaston et les autres ? Les laisser vivre ici serait un gâchis et une plaisanterie, et ils sont si peu habitués à ce genre d’endroit qu’ils s’y sentiraient mal à l’aise. Ils vivent dans un endroit moins cher en ville, mais…”

Tout en répondant à la question de Subaru, Felt sourit, dévoilant sa dent.

Felt : “Hey, ce surnom TonChinKan n’est pas mauvais, puisque leurs noms sont Gaston, Rachins et Camberley. C’est pas du tout déroutant et ils ne semblent pas s’en préoccuper.”

Subaru : “Je pense aussi que c’est un super surnom, je veux féliciter le moi d’il y a un an. Quand j’ai entendu leurs vrais noms pour la première fois, j’ai cru à un miracle.”

Les TonChinKan s’appelaient TonChinKan, bravo à son ancien lui qui n’avait pas fait d’eux des AnPonTan. Et il semblait qu’il était en quelque sorte satisfait de cela, acclamant l’avenir des TonChinKan, qu’il continuerait de nommer avant tout TonChinKan à partir de maintenant.

Crusch : “――Nous sommes en retard, il semblerait que nous soyons les derniers.”

Elle entra d’un pas rapide dans la pièce, suivie par Félix et Wilhelm, qui était, comme toujours, habillé solennellement, le dos droit. Admirant la posture du vieil homme, Subaru ne put s’empêcher de secouer ses épaules. Il déglutit, essayant de jeter un coup d’œil en direction du visage du vieil homme, et Wilhelm capta le regard de Subaru.

Wilhelm : “――――”

Il afficha un léger sourire et s’inclina légèrement. Témoin de cette action, Subaru reçut le message contenu dans le sourire précédent : “Tu n’as pas à t’inquiéter”.

Le cœur de Subaru se mit à battre plus vite, jusqu’à ce qu’il aperçoive Félix, assis aux côtés de Crusch, en train de faire un clin d’œil et un signe de paix.

――Pas d’inquiétude, nous nous en sommes occupés.

C’était le message que Subaru avait reçu de Félix. Peut-être avait-il remarqué l’attention de Subaru. Il cessa de gesticuler et commença à s’accrocher au flanc de Crusch comme il le faisait toujours.

Subaru était conscient de ce que c’était que d’être inutile et craignait de paraître indiscret.

Crusch et Félix en savaient certainement plus que Subaru sur les liens entre Wilhelm et ces chansons. Ils étaient plus sensibles et avaient plus de proximité avec Wilhelm. C’était naturel, car ils étaient ses compagnons. Subaru n’avait pas à s’inquiéter.

Subaru : “Mieux vaut dire que c’est par négligence que nous n’avons pas pu aider Garfiel.”

Cela ne voulait pas dire qu’il ne devait pas se soucier des autres. Au contraire, il était préférable d’agir d’abord pour sa propre faction, ce qui lui laisserait le loisir d’aider les autres.

Cependant, la dépression turbulente dans le corps de Garfiel ne pouvait être surmontée que par les propres efforts de Garfiel, donc ce raisonnement ne résoudrait rien.

Anastasia : “Eh bien, il reste quelques personnes qui ne se sont pas encore montrées, mais de toute évidence ils ne viendront pas.”

Anastasia déclara cela en tapant dans ses mains. Même si le nombre de participants était inférieur à celui de la nuit précédente, il n’en était pas moins impressionnant. Après tout, parmi les événements de la nuit dernière, le repas lui-même avait été très excitant.

Qu’avaient-ils préparé ce matin――après une courte pause d’anticipation, Anastasia sourit et déclara,

Anastasia : “Apportez-le.”

Sur ses instructions, un employé de l’auberge ouvrit la porte et, immédiatement après, un gros bloc de fer chauffé fut apporté par le personnel.

Anastasia : “Le délice d’aujourd’hui est un déjeuner traditionnel de Kararagi――la crêpe daisukiyaki !”

(Note de traduction : Daisukiyaki = crêpe de style japonais contenant divers ingrédients dans une pâte à base de farine de blé.)

Anastasia retroussa légèrement ses manches et éleva la voix.

Devant une foule silencieuse, le personnel de l’auberge enduisit le fer d’une couche d’huile et introduisit un à un les ingrédients dans la pièce.

La crêpe daisukiyaki――grâce au nom, à la plaque de fer, et aux ingrédients, Subaru vit quelque chose d’incroyablement familier. Quelque chose qui se nommait,

Subaru : “Un okonomiyaki… japonais… ?!”

Transmise de génération en génération sous le nom de daisukiyaki, la crêpe japonaise okonomiyaki fit son entrée en scène.


Émilia : “Subaru, Subaru, regarde mon chef-d’œuvre !”

Béatrice : “Subaru, c’est la meilleure crêpe faite par Betty, je suppose. Tu peux l’avoir, en fait.”

Émilia souriait sincèrement, et le visage de Béako était un peu rougi. Chacune plaça devant lui sa meilleure crêpe, des daisukiyaki qui n’avaient pas réussi à devenir des daisukiyaki. Pour Subaru, ce n’étaient que des blocs de charbon noir carbonisés. Les deux, cependant, n’étaient pas du tout conscientes de leur manque d’habileté, et Subaru ne rejeta pas leurs sentiments avec dédain.

Subaru : “Goûtez le avant d’en proposer.”

Après cette suggestion sensée, Subaru réprima un regard de douleur tandis que les deux commençaient docilement à manger leurs crêpes, et il reporta son attention sur les autres factions.

Reinhard : “C’est terminé, Felt-sama.”

Felt : “Oh, c’est bon, fais-m’en plus. Je te suis toujours reconnaissante de tes talents de cuisinier et de tes délicieuses sucreries.”

Reinhard : “Si vous comptez sur moi pour autre chose, je serai à la hauteur de mon titre de Chevalier.”

C’était la faction de Felt. Reinhard faisait des crêpes parfaites à un rythme impossible, et Felt les engloutissait tout aussi vite. Quelque part dans la mince silhouette de Felt se cachait le roi des estomacs. Ou bien elle était simplement gourmande. Quoi qu’il en soit, elle mangeait bien plus que sa part.

En tout, alors que Reinhard n’avait pas encore mangé, Felt en avait aligné dix.

Au passage, la faction d’Émilia s’en sortait très mal, comme mentionné plus haut. Comme cela avait été démontré, Émilia et Béatrice n’avaient pas fait le poids, et les seuls membres performants étaient Otto et Subaru.

Otto : “Regardez, Émilia-sama et Béatrice-chan. Oh, mangez ça… Ah ! Émilia-sama ! L’introspection est bien, mais ne les mangez pas crus ! Béatrice-chan, il y a beaucoup trop de sauce !”

Grâce à Otto, qui se comportait comme un père, les maux d’estomac avaient pu être évités pendant un certain temps.

Parmi les autres factions, la personne qui s’était le plus démarquée était Anastasia. C’était le petit déjeuner surprise qu’elle avait elle-même planifié. Elle avait à la fois une grande confiance en elle et de l’amour pour les daisukiyaki.

Anastasia : “Regardez bien ! Voilà un véritable daisukiyaki !”

Elle retournait soigneusement et rapidement les crêpes et en avait posées de magnifiques dans l’assiette de Julius.

Julius : “Je ne suis pas digne de déguster les plats d’Anastasia-sama, mais je pense qu’ils seraient meilleurs s’ils étaient cuits moins longtemps. Bien sûr, je ne veux pas déranger Anastasia-sama.”

Anastasia : “Ouais, ouais, il faut qu’ils soient moins carbonisés. Même si Julius est un homme, il parle comme une tendre jeune fille.”

Contrairement à Subaru, qui avait réorienté ses offrandes et demandé aux personnes qui lui avaient fait un cadeau de se remettre en question, Julius avait non seulement mangé les crêpes légèrement brûlées, mais il avait aussi gardé la tête froide et donné à Anastasia des conseils pour s’améliorer.

Cette personne était un exemple à suivre en tant que Chevalier. Subaru ne voulait absolument pas l’imiter, et n’en avait de toute façon pas la capacité.

Assis à leurs côtés, mangeant des crêpes crues et collantes, Joshua avait l’air pitoyable. Son monocle semblait s’embuer, l’empêchant de voir correctement, et il essayait désespérément de cacher son trouble. Il se sentirait mortifié si Subaru, qu’il détestait, remarquait ce spectacle embarrassant, c’est pourquoi Subaru ne l’interpella pas.

Après avoir constaté la différence d’élégance entre les frères, Subaru ne pouvait que conclure que la faction la plus stable était celle de Crusch.

Félix : “Oh, Crusch-sama, Ferri-chan a fait de magnifiques crêpes, regardez un peu !”

Crusch : “Hmm, c’est vrai, mais je ne me laisserai pas faire.”

Telle une compétition passionnée entre deux femmes, Crusch et Félix conversaient. Leur assurance était soutenue par leurs résultats――les crêpes qu’ils avaient préparées étaient parfaites. Félix avait même ajouté des oreilles de chat à la sienne.

Félix : “Appréciez mes daisukiyaki, ils sont remplis avec l’amour de Ferri-chan. Crusch-sama, ouvrez grand !”

Crusch : “Hey, hey… C’est, um…”

Pourtant, la scène joyeuse semblait un peu étrange. C’était peut-être parce que Subaru savait qu’ils étaient un homme et une femme, ou parce qu’il savait à quel point le tempérament de Crusch avait changé après sa perte de mémoire.

Quoi qu’il en soit, la maîtresse et le serviteur ne semblaient pas avoir de problèmes. Le dernier membre de leur faction, assis à côté de l’espace couleur pêche et concentré sur sa propre crêpe, était Wilhelm.

Wilhelm : “Hmmm…”

Wilhelm, qui essayait de retourner la pâte, ferma les yeux et soupira. Il semblait que sa crêpe avait été déchirée après que Wilhelm l’ait laissée trop longtemps sur le fer, ce qui l’avait fait coller.

Il avait vu de façon inattendue le côté maladroit de Wilhelm.

Subaru : “J’ai le sentiment d’avoir vu quelque chose que je n’aurais pas dû voir, mais dans ce cas…”

Sentant qu’il devait aider Wilhelm, Subaru se leva, puis se rassit en réfléchissant. Il fit alors un signe de tête en direction de Wilhelm,

Subaru : “Wilhelm-san.”

Wilhelm : “…Subaru-dono ?”

Entendant son nom, Wilhelm leva la tête. Remarquant que Subaru avait vu sa maladresse, ses sourcils se contractèrent de honte.

Subaru lui adressa un signe de tête encourageant, et désigna doucement son voisin avec sa mâchoire. Wilhelm, qui avait compris ce qu’il voulait dire, déglutit doucement.

Wihelm : “――――”

Se dirigeant vers l’endroit indiqué par Subaru, Wilhelm prit place aux côtés de Reinhard. Il suivait docilement chacune des instructions de Felt, produisant des crêpes sans discontinuer et n’avait pas remarqué l’échange entre Subaru et Wilhelm.

Toutefois, Subaru avait déjà communiqué à Wilhelm tout ce qu’il voulait dire.

Consternation, confusion, hésitation, doute, tous ces sentiments vacillaient dans les yeux de Wilhelm. Il prit un long moment à se décider. Finalement,

Wilhelm : “――Reinhard.”

Reinhard : “――――”

Reinhard se figea lorsque Wilhelm se força à prononcer le nom de son petit-fils.

Sa spatule se stoppa en l’air alors que ses mains cessaient tout mouvement, et Felt rattrapa la crêpe d’un mouvement parfait.

Son acte était inélégant, mais Reinhard ne le remarqua pas.

Le jeune homme aux cheveux rouges fit face à Wilhelm, les yeux écarquillés. Wilhelm croisa son regard, sans même reprendre son souffle.

Wilhelm : “――――”

Reinhard : “――――”

Soudainement, le silence tomba.

Non seulement entre les deux, mais aussi entre les personnes autour d’eux qui l’avaient remarqué. La pièce entière s’arrêta, et les seuls sons restants furent ceux des daisukiyaki brûlant sur une plaque de fer.

Le temps sembla stagner tandis que tout le monde retenait son souffle.

Wilhelm : “Je, um, en fait…”

Reinhard : “Qu’y a-t-il, oji-sama ?”

Wilhelm : “Je… je ne suis pas très doué pour ça, alors, tu, si tu connais une astuce pour rendre ça plus facile, pourrais… pourrais-tu me l’enseigner ?”

Ce furent les mots maladroits et bégayants de Wilhelm.

Seuls Crusch, Félix et Subaru écarquillèrent les yeux, comprenant la détermination dont Wilhelm avait dû faire preuve pour prononcer ces mots. Wilhelm lui-même sembla s’affaisser d’épuisement après avoir posé la question.

Sans rien dire, Reinhard déglutit alors qu’il réfléchissait à la réponse à donner. Ses traits pâles s’immobilisèrent tandis qu’une émotion inconnue s’emparait de ses yeux bleus.

Reinhard ferma les yeux et dissimula cette émotion sous un doux soupir. Puis,

Reinhard : “Oui, je comprends, oji-sama.”

Les coins de sa bouche se relevèrent alors qu’il fermait les yeux. Cette expression ne pouvait être décrite que comme un sourire.

Ce n’était pas le sourire rassurant qu’il arborait habituellement pour procurer aux autres un sentiment de sécurité. C’était peut-être la seule fois que quelqu’un avait vu le jeune homme nommé Reinhard sortir de son rôle de Maître Épéiste et afficher un véritable sourire.

L’expression stupéfaite de Wilhelm reprit lentement sa contenance. Il baissa le visage, fermant les yeux comme s’il endurait quelque chose. Il avait probablement du mal à assimiler ce sentiment immédiatement.

Cependant, le véritable sentiment d’authenticité était là. Une fois livré, il ne restait plus qu’à l’accepter.

Le long fossé qui les séparait, grand-père et petit-fils, ne pouvait être compensé que par un laps de temps équivalent.

Subaru, voyant une telle possibilité se dessiner devant lui, serra le poing sous le coup d’une pléthore d’émotions.

Du fond de son cœur, il voulait acclamer Wilhelm avec joie. Et,

??? : “――Ce ne sera pas aussi simple, Honorable Père. Ne crois pas que ta relation va s’arranger avec ça.”

(Note de Traduction : La formule exacte utilisée ici est “oyagi-dono”, une façon très respectueuse de s’adresser à son père.)

Soudain, une silhouette aux cheveux rouges ouvrit la porte coulissante du salon de thé.

Le visage de l’homme aux cheveux rouges qui avait prononcé ces mots était empreint d’une telle malice que tout le monde se figea sur place, oubliant le cours du temps.

Artiste du fan-art : sacosaco_re0

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