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Web Novel • Arc 05

13Paisible dîner

Artistes des fan-arts : 亞波波 (Garfiel) et Re:Zero Lost in memories (Reinhard)

La cour rustique du Pavillon du Sylphe Marin, pavée de gravier, débordait d’hospitalité japonaise. Bien que s’attendre à un bassin serait trop, les plantes similaires aux bambous sur les bords de l’allée étaient une touche agréable.

Subaru : “Quand bien même, Wilhelm ne nous a pas rejoints.”

Subaru s’assit dans un couloir face à la cour, ses pieds reposant sur le gravier.

Il pensait au vieil homme aux cheveux blancs qui avait indifféremment décliné l’invitation de Subaru avec une expression désolée. Que pouvait bien faire Wilhelm ?

Seul dans sa chambre, il s’ennuierait probablement jusqu’au dîner.

Subaru : “Ceci dit, il ne semble pas être le type de personne qui s’inquiète de comment les autres tuent le temps.”

Julius : “Formulé ainsi, ça donne l’impression que nous espionnons, alors que nous avons été invités ici.”

Subaru : “Ce n’est pas comme si j’étais là par choix… bien que je sois là…”

Subaru avait répondu à Julius avec sarcasme, alors qu’il était assis à ses côtés les jambes gracieusement croisées. Julius approuva d’un sourire, semblant dire “C’est vrai”. En revanche, l’homme assis de l’autre côté de Subaru ne voulait pas l’admettre aussi franchement.

Félix : “Oh, par pitié. Haaaa, tu penses que Ferri-chan est ici parce qu’il voulait le voir ? Subaru-kyun m’a traîné ici, et il était trop agaçant pour protester.”

Subaru : “Eh bien, je suis désolé, je suppose. Tu dois être ici au cas où quelque chose de grave arriverait. Bien qu’il semble que ce ne sera pas nécessaire.”

Subaru lorgna Félix, qui secouait ses oreilles de chat en signe d’agitation, puis jeta un coup d’œil vers la bataille qui se déroulait à vive allure dans la cour.

Franchement, la bataille se déroulait si rapidement que les yeux de Subaru avaient du mal à suivre. Malgré tout, il pouvait affirmer une chose.

Subaru : “Vraiment, ce fichu Reinhard est un sacré monstre.”

Julius : “Bien qu’il soit dur de le nier, je n’aime pas utiliser un tel mot pour décrire un ami.”

Félix : “C’est déjà assez dur de le réfuter dans des circonstances nyormales.”

――Le spectacle qui se déroulait devant eux renforçait leurs conclusions.

Dans la cour pavée de gravier, un match acharné se déroulait entre un adolescent blond rugissant et le héros aux cheveux rouges qui se défendait contre la pression bestiale de ce dernier.

Le challenger, Garfiel, brûlait un flot inépuisable de motivation en frappant Reinhard sous tous les angles possibles. Cependant, qu’il utilise ses griffes, ses crocs, ses jambes, ses coudes ou ses genoux, chacune de ses attaques était facilement repérée et esquivée. Sans parler de,

Subaru : “Ce type, il reste vraiment planté là sans bouger ?”

Julius : “C’était la condition originale, après tout. Reinhard ne la violerait jamais. Néanmoins, échouer à le contraindre à le faire est probablement humiliant pour Garfiel.”

Garfiel continuait de porter des attaques sur Reinhard depuis différentes directions, essayant de profiter de ces opportunités pour exposer un point faible. Mais peu importe ses efforts, Garfiel ne trouverait pas un point faible qui n’existe pas. Non seulement cela, mais Reinhard esquivait également sans trop d’efforts.

Reinhard était resté au même endroit depuis le début de ce défi téméraire, sans jamais céder un millimètre.

Alors que Garfiel se précipitait sur lui à plusieurs reprises, les deux pieds de Reinhard restaient immobiles.

――Au départ, lorsque Garfiel s’était rendu dans la chambre de Reinhard pour le défier, Subaru avait résumé son geste comme étant une action téméraire à bien des égards.

En y repensant, le fait que Reinhard ait accepté de relever le défi de Garfiel était inattendu.

Franchement, le match n’était que le fruit du désir de Garfiel. Accepter le défi n’apporterait aucun avantage à Reinhard. Compte tenu de la différence de force entre les deux, Reinhard n’aurait vraisemblablement pas de sentiment de masculinité puérile à exhiber.

Si l’on considérait les relations compliquées entre Reinhard, le Garde Royal, et ses opposants politiques, le combat contre Garfiel représentait, à certains égards, un danger inutile. Même s’il estimait que personne n’avait tendu de pièges, accepter le défi n’était pas nécessaire.

Compte tenu de cela, il avait été peu probable que le match ait lieu, et Subaru avait certainement envisagé de rejeter complètement l’idée.

Cependant, du fond de son cœur, Subaru voulait être témoin de son déroulement.

Celui qui avait comme responsabilité de servir comme force de combat pour la faction d’Émilia était, sans aucun doute, Garfiel Tinzel. Cependant, des variables inconnues pouvaient assez souvent influencer le résultat d’un conflit, alors obtenir la victoire par la force seule était simplement impossible. De plus, les défauts de Garfiel n’étaient pas peu nombreux non plus.

La faction d’Émilia avait gagné beaucoup de renommée l’année passée et beaucoup d’attention se dirigeait vers Garfiel. Et puisque tous au sein de la faction reconnaissaient et vantaient sa puissance, Garfiel lui-même était assez arrogant. Il avait toujours su répondre à ces attentes par ses performances et ses réalisations.

Cependant, cette considération unilatérale de Garfiel posait également un problème. Depuis son départ du Sanctuaire, Garfiel n’avait pas encore affronté suffisamment d’adversaires aussi forts que lui.

La seule personne qui l’avait affronté à armes égales était le démon meurtrier Elsa, lors de la bataille dans le vieux manoir de Roswaal, et elle s’était soldée par la victoire de Garfiel. Depuis, il n’avait pas connu de combats acharnés le poussant à faire étalage de toute sa force.

Bien que Garfiel ait effectivement perdu une fois contre Subaru, Otto et Ram, les conditions de cette victoire pouvaient être entièrement attribuées à leurs sales tours. En termes de combat propre, à la loyale, Garfiel Tinzel était un homme qui n’avait jamais connu la défaite depuis sa naissance.

――C’est pourquoi, tout en sachant que c’était cruel, Subaru souhaitait ardemment qu’une bataille entre Reinhard et Garfiel ait lieu.

Continuer sans défaite, et rester inconscient de ses limites. Ce n’était pas une voie impossible. Cependant, s’il ignorait ses propres limites et s’en remettait à la chance d’affronter continuellement des adversaires plus faibles, Garfiel ne saurait jamais exactement où se situait sa propre force.

Reinhard van Astrea, le héros que Subaru n’avait vu en action qu’une seule fois. Il décida de se fier à sa puissance.

Subaru : “Je croyais en sa puissance… Mais je n’imaginais pas que le fossé serait aussi grand.”

La situation s’était déroulée exactement comme Subaru l’avait espéré. Cependant, il n’était pas aussi surpris qu’étonné, au point que des réactions excessives auraient été superflues.

En apportant un Garfiel impatient dans la chambre de Reinhard, Subaru avait fait une demande déraisonnable et Reinhard l’avait acceptée. Subaru avait été si surpris qu’il en était presque tombé. Après cela, en réponse à la suggestion de Garfiel de sortir de la ville pour éviter tout imprévu, Reinhard avait répondu avec un sourire, “La cour est assez spacieuse, même si on devrait mentionner au gérant que l’on abimera pas son terrain.”

Reinhard n’avait probablement pas voulu que ses paroles soient malveillantes, mais elles constituaient une provocation plus que suffisante pour Garfiel.

Garfiel avait accepté la proposition de Reinhard, dégageant une aura de colère si intense que Subaru, qui se tenait à côté de Garfiel à ce moment-là, eut du mal à garder son sang-froid en sentant sa rage transpercer Reinhard.

Ils s’étaient ensuite dirigés vers la cour de l’hôtel où plusieurs règles avaient été imposées. Les armes n’étaient pas autorisées, de même que les Protections Divines dangereuses. Blesser l’autre était également interdit.

Pendant ce temps, Subaru avait appelé Félix en cas de blessures. Subaru avait aussi invité Julius et Wilhelm comme commentateurs pour la bataille. Malheureusement, Wilhelm avait refusé, alors il n’y avait que Julius et Félix pour suivre le combat avec lui. À ce propos, Otto n’était toujours pas rentré.

Subaru : “D’ailleurs, je n’en ai pas parlé aux filles ou aux frères de Mimi.”

Julius : “Je pense que c’était judicieux. Si Anastasia-sama l’apprenait, elle en ferait sans doute un spectacle. Si ça parvenait à Hetaro ou à Tivey, Mimi serait certainement contrariée.”

Julius était d’accord avec Subaru tandis qu’ils inspectaient la cour. Bien sûr, avec une bataille aussi passionnante, les gens allaient inévitablement s’exciter.

Une poignée de spectateurs rassemblés était quelque chose que Garfiel avait sûrement considéré au tout début du match. Plutôt que de regretter une piètre performance où il ne pouvait pas se donner à fond, il voulait que le combat ait lieu dans un endroit où seules les vraies compétences importaient.

La cour de l’hôtel était spacieuse et le paysage pouvait être apprécié, mais si elle devait servir de décor à une bataille féroce, elle ne serait pas assez spacieuse. Reinhard avait également imposé la condition de “ne pas nuire à l’environnement”.

La configuration avait été choisie pour pousser Garfiel à se montrer prévenant ou à regretter de s’être laissé emporter par la colère, comme le ferait naturellement un garçon. Quels résultats en découleraient ?

Subaru : “Hey, Julius, je peux te poser une question ?”

Julius : “Tu peux m’en poser plus d’une si tu le souhaites, mais que j’y réponde ou non est une tout autre histoire.”

Subaru : “Arrête d’être aussi ambiguë. C’est pour ça que je te déteste.”

Subaru se laissa tomber la tête dans une main, et commença à parler d’un ton sérieux.

Subaru : “Selon toi, comment est Garfiel ?”

Julius : “――Il est fort. D’après les rumeurs, il est le bouclier qui protège Émilia-sama. C’est une réputation bien méritée. Cependant, sachant qu’il est associé à toi, mes attentes ont été psychologiquement réduites.”

Subaru : “Je vais te frapper.”

Julius : “Il est fort. Son talent est assurément réel. En termes de combat seulement, je ne sais pas si je pourrais le battre ou non. Et il a une grande marge de progression. Une fois qu’il sera sorti de sa coquille, il sera capable de concourir au plus haut niveau des arts martiaux.”

La puissante affirmation de Julius révéla qu’il était enthousiaste à l’idée de cette possibilité et que le potentiel dormant au sein de Garfiel était tout à fait authentique.

Il semblait également accepter l’admiration envieuse qu’il éprouvait pour le talent de Garfiel. Ce n’était pas une surprise. Julius était aussi un combattant.

Félix : “Mais même si un avenir radieux l’attend, c’est triste de voir qu’on ne fait que jouer avec lui pour l’instant.”

Félix énonça une vérité cruelle. Cependant, personne ne pouvait la nier. Elle était évidente pour tous. Garfiel lui-même le voyait plus clairement que quiconque.

Peut-être que Garfiel marcherait un jour parmi les plus forts. Peut-être qu’il serait le plus fort.

Mais pour l’instant, face à l’homme le plus fort du monde, ce qu’il vivait pouvait être décrit comme servir de jouet.

Garfiel : “――Tch.”

Reinhard : “Quel dommage. Trop précipité.”

Le Maître Épéiste se pencha vers l’avant et attrapa le bras de Garfiel. D’un grand mouvement, il le projeta sans ménagement sur le gravier dur.

Un nuage de poussière l’entoura, coupant le souffle de Garfiel. Il tenta rapidement de se remettre sur pied, mais la main de Reinhard se posa sur son front, immobilisant Garfiel avant de pousser un soupir.

Garfiel : “J’ai perdu.”

Avant même d’être scruté par les autres, il admit sa défaite.

Sa capacité à faire cet aveu indiquait très probablement que Garfiel conservait encore une certaine estime de lui-même, ne serait-ce que de façon très limitée.

Subaru espérait que cela lui apporterait un peu de réconfort, tout du moins.


――Garfiel n’apparut pas pour le dîner cette nuit-là.

Anastasia : “Pourquoi êtes-vous partis seuls en nous cachant une chose aussi intéressante ?”

Anastasia fixa les hommes en exprimant ses plaintes amères, lorsqu’elle les retrouva dans la salle des tatamis.

Au lieu d’être vêtue de sa fourrure blanche habituelle, elle portait un yukata, ses cheveux violets dégoulinant d’eau. Sa peau blanche était légèrement rougeâtre et elle dégageait un léger parfum qui ne correspondait pas à son apparence enfantine.

Source : Re:Zero Lost in memories

Julius : “Je pense que c’est différent de la façon dont vous le formulez, mais je n’ai pas invité Anastasia-sama car vous sembliez avoir des conversations amicales avec les autres candidates.”

Julius répondit à ses paroles directes par un sourire amer et une révérence, puis s’assit à côté d’elle. Les hommes avaient fini de nettoyer la cour après la compétition et venaient à peine de revenir.

En entendant cette remarque, un sourire malicieux apparut sur le beau visage d’Anastasia.

Anastasia : “Ahh… Mon Chevalier semble parler avec un sophisme assez sophistiqué. On ne peut pas tout relier à l’argent, n’est-ce pas ? Mais mon esprit de Kararagi, qui aime l’agitation, est encore un peu contrarié.”

Subaru : “L’esprit de notre plus grand bouclier souffre davantage, alors n’en parlons plus. Ah, il ira mieux après avoir passé une nuit à se morfondre, mais d’ici là, laissez-le se rétablir en paix, s’il vous plaît.”

Suite aux propos d’Anastasia, Subaru formula cette demande par souci pour son petit frère honoraire en proie à des troubles émotionnels. Toutes les personnes présentes acquiescèrent. Cependant,

Felt : “Alors, c’est ce qui s’est passé ? Ce Chevalier sans pitié ne sait pas comment être bon avec ses adversaires. Désolé pour ça, onii-chan.”

Après avoir appris l’incident, Felt adressa à Subaru un rire en frappant férocement les épaules de Reinhard à plusieurs reprises, tandis que le Chevalier aux cheveux rouges s’asseyait à côté d’elle avec un sourire en coin.

Reinhard : “Felt-sama, parler de la sorte conduira à des malentendus. Je n’ai pas exercé de pression excessive lors du combat de tout à l’heure, et j’ai moi-même été mis en danger à plusieurs reprises. Mon corps et mon esprit ont été enrichis par cette expérience.”

Felt : “C’est loin d’être convaincant quand on sait à quel point Gaston et les autres ont peur de toi. Il fallait vraiment que tu les effraies à ce point lors de votre première rencontre ?”

Reinhard : “Quel que soit l’adversaire, je ne peux pas me permettre d’être arrogant. Si j’accorde trop de confiance à mes capacités, ça se soldera par un échec.”

Face à la détermination résolue de Reinhard, Felt lâcha un soupir désintéressé.

Bien que leur dialogue reflétait la nature de leur transition incertaine vers un véritable statut de maître et de subordonné, les paroles de Reinhard préoccupaient davantage Subaru. Témoin de la bataille dans la cour, il comprenait clairement l’origine de l’inquiétude de Garfiel. Dans une brève révélation, il réalisa que les paroles de Reinhard ne contenaient ni ironie ni hypocrisie.

Reinhard disait simplement ce qu’il pensait être la vérité. Même si son discours pouvait être déplaisant, l’authenticité de ses mots semblait empêcher quiconque de le penser.

Peut-être qu’il s’agissait là de sa plus dangereuse capacité.

Reinhard : “D’ailleurs, Felt-sama. À propos de cette tenue.”

Felt : “Quoi, tu te plains ? Je prenais un bain avec les autres, et tout le monde s’est changé comme ça, alors j’ai fait pareil. “C’est embarrassant, c’est décevant”, c’est ce que tu essaies de me dire ?”

Reinhard : “Pas du tout, je voulais juste vous dire qu’elle vous va bien.”

Felt : “Insupportable !”

Ces mots doux de la part du plus respecté, du plus vénéré et du plus puissant des Chevaliers.

D’innombrables femmes seraient incroyablement envieuses du magnifique bouquet de compliments que Felt avait repoussé avec une expression frustrée. La façon dont elle portait son peignoir suggérait qu’elle était aussi quelqu’un d’assez rude sur les bords.

――Comme Anastasia l’avait dit plus tôt, les femmes avaient été dans les bains pendant que le match entre Garfiel et Reinhard se déroulait à l’extérieur.

C’est pourquoi toutes les femmes présentes au dîner étaient vêtues de yukatas. Non seulement Anastasia et Béatrice, mais aussi Mimi, Crusch, Émilia, et même Béatrice étaient toutes vêtues de peignoirs.

Subaru : “Béako, tu as étonnamment pris un bain…”

Béatrice : “Après que Subaru ait laissé Betty seule à l’hôtel, j’ai été capturé par Émilia, en fait. Elle a forcé Betty à y aller, je suppose.”

Étonnamment habillée d’un peignoir bleu pâle, l’adorable Béatrice semblait avoir du mal à comprendre comment correctement porter le yukata. Étrangement, les cheveux humides de Béatrice conservaient leurs formes de foreuses. S’il avait tiré ses cheveux, ils auraient probablement rebondi plus que d’habitude.

Subaru : “Donc, c’est le témoignage de Béako, mais quelle est la véritée ?”

Émilia : “Hm ? Béatrice avait l’air si seule quand elle m’a dit que Subaru l’avait quittée, et comme je venais d’être invitée à aller me baigner, je l’ai emmenée avec moi. J’ai trouvé qu’elle avait l’air contente…”

Béatrice : “C-c’est un mensonge, en fait ! Ne modifie pas la vérité, je suppose ! Betty ou Émilia, qui Subaru croit-il le plus, je suppose !”

Subaru : “Je vais prendre ça comme ta confession.”

Subaru arriva à une conclusion naturelle en combinant la réclamation peu flatteuse de Béatrice et le jugement assertif d’Émilia.

Voyant Béatrice peu disposée à céder, Émilia esquissa un sourire joyeux. Elle portait également un peignoir, ses cheveux argentés fraîchement lavés rassemblés dans le dos. Subaru se réjouit tranquillement de voir la blancheur de son cou.

Émilia : “Subaru, tu respires bruyamment. Tu as de la fièvre ?”

Subaru : “Ce n’est que la chaleur de l’amour. Émilia-tan, est-ce que je peux tresser tes cheveux ?”

Émilia : “Bien sûr, mais le repas sera bientôt servi. Après ?”

Émilia désigna la table, et Subaru rétracta à contrecœur la main qui caressait ses cheveux. Les personnes autour d’eux semblaient les regarder étrangement.

Subaru pencha la tête vers la personne en face de lui, qui se trouvait être Felt.

Subaru : “Qu’est-ce qui est si bizarre ?”

Felt : “Je ne sais pas grand-chose de vous deux, mais je ressens une certaine distance entre vous. Ce genre d’interaction n’a rien d’érotique. Il semblerait que votre relation n’a pas changé depuis notre dernière rencontre.”

Subaru : “Ce n’est pas comme si le flirt érotique existait de nos jours ! Et ce n’est pas la peine de parler de ce qui s’est passé au Château Royal, et j’ai mal à la poitrine, alors arrête s’il te plaît !”

Subaru réagit aux propos de Felt, semblant ne pas comprendre ce qu’elle disait. Au cours de l’année écoulée, en tant que Chevalier d’Émilia, la conscience personnelle de Subaru avait augmenté à un point suffisant, et il était conscient que la distance dans leur relation en tant qu’homme et femme n’avait pas été raccourcie.

En toute honnêteté, leur relation romantique était probablement plus faible qu’avant que Subaru ne devienne son Chevalier.

C’était en grande partie dû à l’âge mental d’Émilia. La maturité émotionnelle d’Émilia n’avait pas encore atteint un degré lui permettant d’accepter les avances romantiques de Subaru à son égard. Le fait qu’elle s’entende bien avec lui n’était donc pas très significatif.

Son amour ne s’était pas estompé, mais l’intention derrière ses interactions avec elle avait changé. Tant qu’il n’y avait pas de changement dans la conscience émotionnelle d’Émilia à son égard, leur relation persisterait ainsi, intacte.

En tout cas, Subaru comprenait que même s’il faisait le premier pas, il n’en résulterait rien.

Subaru : “Dit comme ça, ce sentiment pourrait être proche de ce que Crusch-san traverse dans ses relations.”

Crusch : “Ma relation, quoi ?”

Subaru soupira distraitement et sa main se frotta contre sa mâchoire. Crusch le regarda, l’air incrédule.

Bien sûr, elle s’était baignée avec les femmes, donc elle était aussi vêtue d’un peignoir. La poitrine que ses anciens habits masculins avaient cachée était mise en valeur par la légèreté du peignoir. Sans son aura inspirante, le visage de Crusch était à la fois beau et innocent, même dans le yukata qu’elle avait revêtu selon les instructions minutieuses de Félix.

Crusch jeta un coup d’œil sur le côté, tandis que Subaru se frottait le nez avec ses doigts.

Subaru : “Ouais. Même si Ferris est toujours attaché à Crusch-san, on peut dire qu’ils ne se considèrent pas comme un homme et une femme, pas vrai ? Et le point de départ entre vous deux n’est qu’un peu avant nous, alors peut-être que nous traitons les personnes que nous aimons de la même façon.”

Crusch : “Eh bien, c’est un peu gênant lorsque vous le présentez de cette manière. Haha. Pas vrai, Ferris ?”

Félix : “Ferri-chan est dévoué, même si Crush-sama rejette mon cœur.”

Crusch : “――――”

Pendant un instant, la salle resta gelée après la déclaration de Félix.

Le sourire de Crusch se figea et Félix accueillit sa réponse avec un sourire. D’ailleurs, Félix était lui aussi vêtu d’un peignoir, comme s’il était en compétition avec les filles. Toutefois, ce n’était pas le moment de s’attarder sur ce point.

Subaru : “Je suis désolé d’avoir révélé le secret que j’avais percé. Sur ce, j’imagine que c’est l’heure de manger.”

Crusch : “Ne vous enfuyez pas après avoir déterré une telle bombe !”

Subaru tenta de réorienter le sujet vers la nourriture, une idée qui fut immédiatement rejetée par les yeux larmoyants de Crusch.

C’était vraiment une bombe inexplosée qu’il avait déterrée, et que Subaru ne s’attendait pas à rencontrer. Subaru parcourut la pièce des yeux, se demandant ce qu’il devait faire,

Wilhelm : “Ferris. Essaie de ne pas effrayer Crush-sama. Ton côté vif et dangereux est plus prononcé qu’auparavant.”

Avant que le silence ne devienne lourd, Wilhelm intervint et l’ambiance changea à nouveau.

L’homme âgé était la seule personne du côté masculin à porter un peignoir. Il semblait s’être rendu aux bains juste après le départ des femmes. Sa posture et son yukata contribuaient à démontrer l’harmonie japonaise que l’on ressentait lorsqu’il s’asseyait bien droit.

S’il avait eu une épée à ses côtés, la représentation aurait été parfaite.

Félix : “Quoi, pourquoi Wil-jii dirait ça ?”

Wilhelm : “Un amour respectueux, un amour chéri, un amour romantique. L’amour est souvent considéré comme acquis. Susciter la confusion dans le but de cacher ses sentiments est désagréable pour les cœurs innocents. Ne devrais-je pas être sévère à ce sujet ?”

Félix : “Ha-nyah. Ne le dis pas ainsi, c’est un peu excessif.”

Attentif au lourd sermon de Wilhelm, Félix marmonna cela à voix basse, manifestant ainsi sa reddition, et se blottit contre l’épaule de Crusch.

Félix : “C’est bon. C’était une blague évidente, alors ne sois pas autyant à cran. Si Ferri-chan énervait vraiment Crush-sama, ce serait un gros problème.”

Crusch : “C-c’est vrai, n’est-ce pas ? Ouf, j’ai eu un peu peur puisque je n’en avais pas l’habitude, mais il semblerait que j’ai mal compris les pensées de Ferris car je ne peux pas utiliser ma Protection Divine au maximum pour l’instant.”

Félix : “――Pas du tout.”

Crusch soupira de soulagement, et une émotion fugace traversa les yeux de Félix qui la regardait, mettant Subaru mal à l’aise.

Cette émotion complexe était quelque chose qu’il ne pouvait pas facilement révéler.

Au cours de cette année, Félix avait été celui qui avait dû faire face à l’amnésie de sa maîtresse.

Durant cette période, il avait dû faire de son mieux mais se sentait toujours anxieux et coupable, tout comme Subaru. Malgré tout, sa maîtresse, privée de la base de sa mémoire, avait dû s’en remettre à lui, si bien qu’il ne pouvait pas se montrer désemparé.

??? : “Les préparatifs pour le dîner sont achevés. Il va être servi, ça dérange quelqu’un ?”

Alors que la conversation touchait à sa fin, le personnel de l’hôtel arriva à point nommé. Joshua, qui était jusqu’alors assis dans un coin en toute discrétion, donna l’autorisation au gérant d’apporter un flux régulier de nourriture.

Tous regardaient leur repas disposé sur la longue table, leurs regards se colorant d’étonnement. Cependant, la surprise de Subaru venait d’un vecteur différent des autres.

Émilia et les autres étaient surpris par la variété des plats, dont beaucoup qu’ils n’avaient jamais vus auparavant, tandis que Subaru était surpris par la vue de plats familiers. Comme il n’y avait pas de mer dans ce monde, il avait été presque impossible de trouver un tel plat, mais Subaru focalisa immédiatement son attention sur le sashimi qui se trouvait devant lui.

(Note de Traduction : Sashimi = spécialité japonaise composée de poisson frais cru mais qui peut être préparée avec de la viande.)

Subaru : “Ceci, puis-je le manger tel quel ?”

Anastasia : “Je suppose que tu n’y es pas habitué, dans la mesure où tu ne connaîtrais jamais ce genre de plat si tu ne vivais pas au bord de l’eau. Le Pavillon du Sylphe Marin est en fait célèbre pour ça.”

Le sashimi n’était pas la seule chose que Subaru reconnaissait. Il y avait une variété de plats japonais placés ensemble sur la table. Au milieu de toute cette confusion, Anastasia commença à porter la nourriture à sa bouche, et Subaru prit cela comme un signal pour commencer.

Il opta immédiatement pour le sashimi raffiné et la sauce soja. Émilia et Béatrice, assises à ses côtés, lancèrent toutes deux un “Ah !”. Des inquiétudes au sujet d’une espèce de parasite apparurent lorsqu’il avala, mais, compte tenu du standing de l’hôtel et de l’hôte, ce n’était pas une inquiétude plausible.

À la place, Subaru se contenta d’apprécier les saveurs.

Subaru : “Délicieux ! Ah, ça faisait si longtemps que je n’avais pas mangé de sashimi !”

Émilia : “C-c’est délicieux ?”

Subaru : “Il ne s’agit même pas de savoir si c’est délicieux ou non, car il s’agit tout simplement d’un véritable délice. C’est probablement dû à sa fraîcheur, mais il est probablement en tête de ma liste. S’il reste du vinaigre de sushi et du riz, je pourrais vous montrer comment on prépare des sushis à la tokyoïte.”

Émilia : “Désolée. Je n’ai aucune idée de ce dont tu parles. Mais tu as raison, c’est délicieux.”

Écoutant partiellement le rapide discours de Subaru, Émilia l’imita et plongea le sashimi dans la sauce soja. En le goûtant, ses yeux améthyste s’agrandirent et elle serra les mains d’excitation en s’exclamant “Mmmm !”.

En voyant la réaction honnête de ce duo maître et serviteur, les autres commencèrent également à goûter la nourriture.

Anastasia, qui était mécontente d’avoir été privée de sa part, détendit son regard en observant les réactions honnêtes et pures de Subaru et Émilia, marmonnant pour elle-même “Ahh, c’est sans espoir”.

Malgré le fait que certaines personnes aient manqué le dîner, et malgré la présence de quelques angoisses, les participants purent s’amuser en toute décontraction.

――En cette nuit, avec sa lune brillante, le monde compatissant et indulgent permit cette paix.

Source : Re:Zero Lost in memories

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