07 — Une dernière chose

Subaru : “Mais sérieusement, je me demande si ça va vraiment marcher…”
Émilia : “Vraiment ? Mais je pensais que notre plan était suuuper ? Je suis sûre que le jeu d’acteur d’Anne et Lewes-san a complètement berné Garfiel et Frédérica.”
Subaru : “T’en es sûre ? … Honnêtement j’ai trouvé le coup de Lewes-san et le trac de dernière minute d’Anne-Rose absolument choquant.”
Anne : “Tais-toi, Subaru.”
Tous les trois étaient assis à la table à manger, attendant de voir les résultats du plan, quand Anne-Rose coupa Subaru. Ses joues brûlaient d’un rouge éclatant de gêne, ce qui lui donnait pour une fois l’air de son âge.
Le plan d’Anne-Rose pour arranger leurs relations fraternelles était extrêmement simple. La proposition d’Émilia, combinée à la partie que Subaru ne pouvait imaginé, c’est-à-dire comment jeter Garfiel et Frédérica dans la même pièce et qu’ils partagent le même but. Anne-Rose avait utilisé un de leurs souvenirs communs pour surmonter facilement le problème.
Les tourtes à la viande que Frédérica préparait de temps en temps étaient sa spécialité depuis son séjour au Sanctuaire. Ils ne pouvaient pas être certains que Garfiel savait aussi les faire, mais,
Anne : “Frédérica le mentionnait parfois. Que sa Grand-Mère lui avait appris la recette, et qu’elle se souvenait que sa Mère la lui préparait. Naturellement, Garfiel devait aussi avoir été élevé avec, et je crois qu’il est très probable qu’il ait hérité de la recette par Lewes-san. D’après mes observations, Garfiel est une sorte de fils à mamie.”
Subaru : “J’ai rien à y redire. Mon problème n’est pas de savoir comment tu l’as déduit.”
Anne : “Hrmp.”
Anne-Rose gonfla les joues, mais Subaru ne laissa pas passer son erreur. Ils avaient réussi à attraper Frédérica et à lui donner une excuse pour la faire rentrer dans la cuisine sans problème. La question était de savoir comment ils avaient dissipé les soupçons de Frédérica et le motif qu’ils lui avaient donné.
Subaru : “Pourquoi est-ce que tu mourrais sans tourte ? Excuse-toi à la tourte.”
Anne : “Ce n’était qu’une étourderie. Rien qui ne nécessite de m’excuser…”
Émilia : “Il a raison, je suis aussi incertaine avec ça. Allez, je vais m’excuser avec toi.”
Anne : “J-je suppose que je n’ai guère le choix ! Si Émilie le dit alors je suppose que je n’ai pas le choix !”
Le visage d’Anne-Rose passa au rouge vif alors qu’elle acquiesçait vivement à Émilia. Subaru détourna son regard du charmant yuri et regarda Lewes, qui était assise calmement à la table.
Subaru : “Lewes-san, je vois que tu as l’air d’avoir des remords d’avoir trompé Garfiel dans ton piège si facilement.”
Lewes : “Bien sûr qu’non… nonnonnonnon, attend ! Explique’ça, c’te formulation qu’t’utilises pour exacerber mes r’mords. ‘rrette ça, c’genre d’chose fait mal au cœur.”
La déclaration mesquine de Subaru ramena un peu de l’attitude habituelle de Lewes. Elle se rendit compte que Subaru avait dit cela pour la remotiver, et,
Lewes : “Si tard, après qu’tant soit arrivé. J’suis toujours pas sûre d’avoir bien fait. J’veux qu’ils se r’concillient, ‘videmment. Mais…”
Subaru : “Te prends pas la tête dessus. Ils auraient été autant blessé si ont les avaient laissé se débrouiller. Alors le résultat est le même. Tout ce que l’on a fait est de raccourcir le temps que ça aurait dû prendre. … Je pense que c’est pour le mieux qu’ils règlent leurs différends tant qu’ils le peuvent.”
Lewes : “Pourquoi ça ?”
Subaru : “Parce que c’est une perte de temps où ils pourraient s’amuser. Les humains sont voués à mourir, alors on doit agir tant qu’il reste du temps au sablier, nan ?”
Lewes : “——”
Les yeux de Lewes s’ouvrirent grand et elle lâcha une expiration lasse.
Lewes : “T’es un d’entre eux, n’est-ce pas, pti’ Sub. Un gars qui r’met pas en question ses principes même une seconde.”
Subaru : “Nan, ce n’est pas ça. Tu ne trouveras presque personne qui remet autant en question les petites choses comme moi. J’essaie juste de ne pas les ruminer et de me dire que c’est bon de ne pas le faire, et j’espère me tenir à ce principe.”
Lewes : “C’est bon, de n’pas ruminer.”
Subaru : “Ouais. On veut réconcilier des personnes, et cette réconciliation rendrait tout le monde heureux. Alors c’est bon de ne pas ruminer, on a juste à les rabibocher. Quand il y a quelqu’un avec qui tu veux être, garde tes doutes pour plus tard et surmonte-les avec un ‘EMT!’. C’est ce que je pense dernièrement.”
Bien que, il ne pouvait pas l’appliquer pour tout. Subaru était vraiment une personne faible qui se tourmentait sans raison sur les choses triviales. Quand il avait une date limite et uniquement quelque choix, il aimerait au moins pouvoir retirer ses doutes sur les choix qu’il ferait.
Lewes : “T’as raison. Quand on devient aussi vieux qu’moi, t’as tellement de choses à apprendre et enseigner que ça t’dépasse. J’doute qu’j’aurais pensé une chose pareille si j’tais restée au Sanctuaire jusqu’à ma fin.”
Subaru : “En général tu ne t’ennuies pas d’être en vie quand tu en profites. Mais j’espère que tout le monde ici l’avait compris sans moi ?”
Lewes : “Alors j’imagine que j’devrais profiter du temps qui m’reste moi aussi. J’commencerais par la joie de voir mes p’tits enfants adorés s’réconcilier, et je pourrais les gâter.”
Subaru : “Honnêtement j’ai du mal à les imaginer se laisser gâter sans rien dire.”
Frédérica était sérieuse, et Garfiel un rebelle. Ni l’un ni l’autre n’allait accepter gentiment que leur grand-mère les dorlote. Mais comme tous deux, non, tous les trois de la famille s’aimaient plus que tout, ils créaient quelque chose d’assez charmant.
??? : “Je m’excuse de m’introduire dans la conversation. Impolitesse.”
Quand la voix du majordome qui était apparu silencieusement dans la pièce murmura à son oreille, les yeux de Subaru s’ouvrirent grand de surprise alors qu’il prenait sa place derrière Anne-Rose.
Anne : “Qu’y a-t-il, Clind ? J’aimerais te dire que je profitais d’un tendre moment avec Émilie à l’instant.”
Clind : “Cela me chagrine de vous interrompre ainsi. Migraine. Cependant, je suis requis pour vous informer que Roswaal-sama a fait son retour. Remarque.”
Anne : “Vraiment ? Un autre de ses retours à des moments parfaits comme calculé…”
Anne-Rose chuchota cela insatisfaite, les sourcils froncés. Alors que Subaru remarquait en silence que les habitudes de Roswaal dérangeaient même ses proches, Anne-Rose se leva de son siège.
Anne : “Il apparaît que mon oncle est rentré, alors je me dois d’aller l’accueillir. Émilie, Subaru, et Lewes-san, je vous demanderais de vous relaxer ici en attendant Garfiel et Frédérica.… Particulièrement Émilie et Subaru. Vous allez être occupé.”
Émilia : “Erm ? D’accord, compris. Je vais attendre ici.”
Émilia approuva d’un franc signe de tête et Anne-Rose la regarda avec affection. Puis elle jeta un coup d’œil à Subaru, le fusillant du regard et de son aura négative. Alors que Subaru fronçait les sourcils devant la différence de traitement, Anne-Rose sortit de la pièce avec Clind. C’est alors que Subaru remarqua les tasses de thé posées devant lui, Émilia et Lewes, et frôla le cri.
Subaru : “Quelqu’un a vu Clind-san servir le thé ?”
Émilia : “Non, je ne l’ai pas vu. Clind-san fait toujours un super travail.”
Lewes : “Mhm, un vrai professionnel. C’thé est exactement comme j’l’aime.”
Subaru : “Je veux dire mon thé aussi est à ma température préféré mais… et pour toi, Émilia-tan ?”
Émilia : “Je l’aime chaud, alors le mien est siiii chaud.”
Subaru : “Mais bordel qui est Clind-san ?”
Anne-Rose avait dit de simplement l’accepter, mais Subaru avait du mal. Peut-être que c’était la principale différence entre vivre dans un monde parallèle et naître et y grandir. C’est ce qu’il pensait, mais en regardant Émilia et Lewes, qui semblaient également être dépassés par Clind il se murmura à lui-même « Huh, alors il est bien déviant après tout ». Quand,
??? : “Bordel, alors c’est là qu’tout les p’tains d’comploteurs s’cachaient.”
Quelques minutes après le départ d’Anne-Rose ainsi que Clind, un homme-tigre blond ouvrit la porte et fit son entrée. Il avait l’air d’avoir compris que Subaru et les autres étaient évidemment derrière le piège, son expression était très complexe. En tout cas,
Subaru : “On dirait que quelqu’un a compris qu’on était les méchants.”
Garfiel : “J’peux dire qu’tu m’as p’tain d’bien eu, j’ai eu l’air si stupide.”
Émilia : “Comment ça s’est passé ? Vous avez parlé ?”
Garfiel claqua ses crocs en arrivant, quand Émilia l’aborda enjouée. Lewes rentra sa tête, mal à l’aise, attentive aux prochains mots de Garfiel. Garfiel regarda les deux dames, et soupira.
Garfiel : “Ouais, merci d’votre coopération inutile. Soeurette et moi… ouais, on a parlé. Plus b’soin de s’inquiéter.”
Émilia : “Vraiment ? Alors pourquoi vous n’êtes pas venus tous les deux en vous tenant la main ?”
Garfiel : “Comme si on p’vait faire quelque chose d’ssi gênant ! On s’est p’t réconcilier, mais ça veut pas dire qu’un frère et une sœur pourront l’faire. Même pas pour rire.”
Émilia : “Mais je ne pense pas que c’est gênant, je pense que c’est super.”
Émilia n’avait pas l’air de se moquer, mais de le penser sincèrement, malheureusement. Garfiel n’avait rien d’autre à lui répondre alors il regarda plutôt en direction de Lewes hésitante.
Garfiel : “Grand-Mère.”
Lewes : “… Qu’est-ce qu’y’ a, Pti’ Gar ?”
Garfiel : “’Désolé d’t’avoir inquiété. J’vais bien maintenant et sœurette aussi. T’as plus à t’inquiéter.”
Garfiel frotta son nez en parlant, et Lewes tomba dans le silence. Sa bouche se relaxa, et un sourire âgé faisant tache avec son apparente jeunesse apparue sur son visage.
Lewes : “J’vois. Ça m’rassure. T’peux pas trop stresser les anciens. Ça les rapproche de leurs fins.”
Garfiel : “C’est pas une p’tain de blague quand tu l’dis, grand-mère, fait gaffe.”
Lewes retrouva son habituelle désinvolture et Garfiel fit une moue.
Garfiel : “Dans tous l’cas, Cap’taine. Et aussi Émilia-sama, j’suis désolé d’vous avoir fait faire ça.”
Subaru : “T’inquiète pas pour ça. Moi et Émilia-tan on tuait juste le temps en améliorant les relations personnelles du manoir. Rien qui mérite des excuses. Non ?”
Émilia : “Subaru, tu ne faisais que tuer le temps ? C’était un problème sérieux pour eux, tu devrais le prendre plus sérieusement. Hpmf !”
Subaru : “Quoi !? Mon essai pour garder la face a eu l’effet inverse !?”
Émilia avait échoué à comprendre que Subaru disait par égard pour Garfiel. Où bien il le pensait, quand un sourire perça sur le visage d’Émilia et,
Émilia : “Heehee, je rigole. Je sais ce que tu essaies de faire. Tu n’es vraiment pas honnête, Subaru.”
Subaru : “Mon dieu… EMK (Émilia-tan Maji Koakuma) frappe, et ses composants mystiques… elle doit essayer de me tuer…”
Garfiel : “Qu’est-ce que t’fous avec mes excuses, hey.”
Garfiel dit cela, figé. Subaru et Émilia partagèrent un regard, avant de lui faire face et,
Les deux : “——On est heureux d’aider.”
Les deux répondirent à l’excuse. Garfiel se renfrogna insatisfait et Lewes soupira d’exaspération. Subaru jeta un coup d’œil à Émilia alors qu’elle regardait heureuse les deux.
Subaru : “Aussi, Garfiel. C’était à la base pour la réconciliation, mais aussi comme déclencheur, la tourte à la viande. Honnêtement j’étais vraiment impatient de la découvrir.”
Garfiel : “Faire une tourte c’est pas p’tain d’facile. L’truc c’est d’la cuire lentement dans l’four pour obtenir son goût somptueux. Assez somptueux pour foutre un BAUMBEM au repos. Ce qui veut dire p’tain d’bon.”
Subaru : “Qu’est ce que c’est qu’un Baumbem. C’est comme un baumkuchen ? Mais je suis presque sûr que si tu laisses un baumkuchen sans attention trop longtemps il devient mauvais avant d’être somptueux.”
D’après Garfiel, la tourte serait prête dans 2 heures. Ce qui voulait dire qu’elle serait prête pour le dîner, et finirait probablement comme une partie du repas.
??? : “——Je doiiiiiiiis dire que c’est assez convénient.”
Ayant perdu tout moyen de se distraire de sa faim, Subaru chercha donc une façon de tuer les deux heures restantes——quand une voix familière s’éleva. Quatre regards se tournèrent vers le nouveau venu, tous l’air mécontent.
??? : “Mooooooon dieu. Je quitte le manoir pour une affaire, et un accueil aussi froooiiiiiiid m’attend.”
Une veine se gonflait sur le front de Garfiel alors que ses yeux se mettaient à devenir rouges. C’était l’arrivée d’un homme dont l’expression fraîche restait de marbre même après le regard noir de Garfiel——facilement déductible par sa façon de parler caractéristique, Roswaal L. Mathers.
Roswaal était le cerveau derrière les événements du Sanctuaire et, après l’avoir avoué, il avait subi une baisse de popularité d’à peu près tout le monde. La rage de Garfiel était tout particulièrement brûlante, et il était quasi-impossible de prédire quand il allait exploser. Subaru ressentait également des émotions mitigées à propos de Roswaal. Et après avoir entendu les aveux de Roswaal, son incertitude avait atteint un pic.
Subaru savait que Roswaal n’était pas responsable de tout ce qui s’était passé au Sanctuaire et dans le manoir. Pour une raison quelconque, Roswaal n’avait révélé cette information qu’à Subaru. Subaru ne savait pas pourquoi, mais ne ressentait aucune envie de révéler délibérément la vérité à tous les autres.
La responsabilité reposait entièrement sur Roswaal——ou au moins 90 %. Les 10 % restants reposaient sur une autre partie. Subaru préférait ne pas encourager une anxiété inutile pour le moment.
Émilia : “Subaru, tu vas bien ? La tête que tu fais est siiii bizarre.”
Subaru : “Sérieusement ? Je ressemble à quoi ?”
Émilia : “Eeet bien, c’est comme si tes yeux s’écarquillaient méchamment, comme ça.”
Subaru : “Sérieusement ? Mon visage est aussi mignon ?”
Émilia : “Mais ce n’est pas mignon !”
Les doigts d’Émilia plissaient ses yeux vers le haut en essayant d’imiter Subaru.
Même lorsqu’elle essayait d’imiter quelque chose d’horrible, sa beauté l’emportait. Tel était son charme. Émilia faisait la moue tandis que Garfiel s’asseyait en colère. Subaru regardait Lewes préparer le thé pour Garfiel alors qu’il parlait à Roswaal, le seul qui restait debout.
Subaru : “Peu importe, bon retour. Tu as fini ce que tu étais parti faire ?”
Roswaal : “Ahhaaaaaa, Subaru-kun. J’aaaaapprécie vivement ta booooonté. Et oui, sans problème. J’ai visité plusieurs villages de mon domaine, ainsi que notre nouveau domicile. »
Subaru: “Sans prendre en compte le domicile, tu as voyagé dans le domaine ? Pourquoi ?”
Roswaal : “C’est à caauuuse du vacarme que l’incendie du manoir du seigneur a provoqué. Si je ne parvenais pas à démontrer ma bonne santé, certains charognards pourraient commencer à répandre de maaaaauuuvaise nouvelles. J’ai pour règle de veiller scrupuleusement à la paix, à la sûreté eeeeeeeet à la sécurité de mes terres »
Subaru : “Bien que le seigneur du territoire soit le pire charognard qui fomente les pires plans ?”
Roswaal : “Queeeelle dureté. Mes citoyens ne subissent aucun tort, et les villageois d’Arlam ignorent la vérité. Ne penses-tu pas que cette attitude agressive pourrait nous nuire dans le futur ?”
Subaru : “Ghnngh.”
Il ne manquait jamais. Avec cette critique acérée, Roswaal retrouva son calme précédent. Si Subaru révélait publiquement que Roswaal était à l’origine de toute cette affaire, cela ne ferait que les désavantager, tant en ce qui concernait la Sélection Royale que la gestion du territoire. Et donc, même si les habitants du village d’Arlam croyaient encore que Roswaal était un bon seigneur, seule Pétra, qui connaissait la vérité, avait une opinion différente. Mais elle comprenait sa situation actuelle, et que la seule chose à gagner avec la révélation de la vérité était l’autosatisfaction. Il était donc douteux qu’elle fasse quoi que ce soit d’extrême. L’intelligence obligeait parfois les gens à prendre des décisions cruelles.
Subaru : “Mais ça ne te permet pas pour autant de le faire. Si tu l’oublies, une fois qu’Émilia-tan arrive sur le trône tu pars pour la guillotine.”
Roswaal : “Terrifiant, en revaaaaaanche, même ainsi je pourrais avoir la chaaaaaaaance de remplir mon buuuuut.”
Garfiel : “On est pas en train d’parler d’remplir tes p’tains d’objectifs. Tu vas faire pleurer Ram s’tu continue de t’ramener avec tes p’tains d’idées, sal’connard.”
Surprenamment, Garfiel coupa court pour arrêter les provocations de Roswaal. Les sourcils de Roswaal se levèrent de surprise et il leva simplement la main.
Roswaal : “Bon dieu, eeeeeenfin. Je ne veux pas particulièrement me battre avec vous tous de touuuuute façon. Pourquoi cela doit escalader en débat, quand je viens siiiiimplement annoncer mon retour ? Je trouve cela aaaaassez improductif.”
Émilia : “C’est parce que tu n’arrêtes pas de dire des choses qui énervent Subaru et Garfiel. Et je sais que tu le fais volontairement. Assez avec ça, arrête de provoquer les gens. Tu n’es pas un enfant.”
Roswaal : “——”
Roswaal tenta de résoudre le problème avec condescendance, quand Émilia le pressa de plus haut, la main sur la hanche. Les yeux de Roswaal s’ouvrirent de surprise alors qu’Émilia continuait.
Émilia : “Tu n’as pas à être aussi anxieux, nous nous souvenons tous de ce que tu as fait et de ce que tu as promis. Alors il n’y a aucune utilité d’agir mal volontairement et d’inquiéter tout le monde. Tu es sans espoir.”
Émilia agissait comme si elle grondait un enfant désobéissant. Mais il semblait impossible de traiter ses remarques comme étant incorrectes ou déplacées, et Roswaal restait silencieux sans se défendre. En fait, la façon dont il détournait les yeux et faisait une grimace maladroite donnait l’impression qu’Émilia avait frappé juste.
Bien que Subaru ne pensait pas que Roswaal agissait sérieusement sur la base de sentiments aussi enfantins.
Subaru : “Mais tu as vraiment détendu l’atmosphère. Comme prévu de la part d’Émilia-tan.”
Émilia : “….? Mm, merci. Et, il doit y avoir d’autre raison pour voyager dans le domaine que ça. Qu’as-tu fais d’autre, Roswaal ?”
Roswaal : “Ahahaaaaaaa, tu as pris en perspicacité. J’ai patrouillé dans la région comme dit précédemment, pour démontrer ma santé, et… pour préparer les habitants du Sanctuaire pour leur migration.”
Garfiel : “Les préparations !”
Ces mots empêchaient Garfiel de rester silencieux. Lewes se rapprocha de lui alors qu’il frappait la table.
Garfiel : « Ç’veut dire préparer là où ils vont aller, hein ? »
Roswaal : “Assurément. Leurs qualités de réfugiés indiquent que le village d’Arlam est le meeeeeilleur endroit pour les accepter. Mais il y a une limite à ce que le village peut accueillir. Si la population devait doubler, ils ne pourraient plus subvenir à leurs besoins. Ils pourraient agrandir le village, évidemment, mais ça rentrerait un conflit avec le problème de la barrière.”
Garfiel : “Barrière ? ‘spèce de connard, t’as p’tains de foutu ces p’tains de saloperies partout ?”
Subaru : “Non attend, Garfiel. On ne parle pas d’une barrière comme celle du Sanctuaire. Il y a tout un tas de bêtes démoniaques se baladant dans les montagnes par ici. Alors il y a une barrière autour du village pour les repousser. C’est de celle-là que Roswaal parle.”
C’était cette barrière qui avait causé la débâcle des bêtes démoniaques. Il était tout à fait impossible de coexister avec elles, et étant donné que le village avait besoin de cette protection, il était difficile d’agrandir le village d’Arlam.
Roswaal : “Subaru-kun l’a parfaitement expliqué, lààààà est le problème. Ce qui veuuuut dire que les membres du Sanctuaire doivent être partiellement distribués au village d’Arlam, puis iiiiiiiindividuellement dans d’autres refuges. Peu importe oùùùùù les accueillir, ils ne peuvent pas rester ensemble en tant qu’habitants du Sanctuaire indéfiniment. Je ressens une proooofonde peine, alors que je les regarde quiiiiiittés le nid.”
Lewes : “Impudence et irrespect…”
Lewes ne pouvait pas supporter l’insulte alors que Roswaal feignait les larmes. Il fabriqua un sourire et continua,
Roswaal : “Eeeeeet donc, j’ai fait un rapide touuuur du territoire. Bien que par égard pour le temps et la distance, jeeeee n’ai que simplement visité les lieux prooooches. J’ai envoyé des messagers aux autres villes, voyant que nous avions une aaaaabondance de problèmes à résoudre.”
Subaru : “Ouais sérieusement. Si tu ne retournes pas vite à ton bureau, Otto va mourir de surmenage. C’est quand tu meurs écrasé sous le poids du travail et des responsabilités.”
Roswaal : “Quelle nouvelle façon de mourir. Trèèèèèèès intriguant.”
Subaru acquiesça, mais ne poursuivit pas le sujet. Avec le retour de Roswaal, Ram devrait redevenir plus vivante.… C’était ce que pensait Subaru avant qu’il ne penche la tête, se sentant quelque peu bizarre.
Émilia : “En fait, Anne a dit qu’elle allait t’accueillir, mais… elle n’est pas avec toi ?”
Il semblait qu’Émilia avait la même question. Roswaal leva son doigt.
Roswaal : “C’est parce que j’avais une reeeeeequête pour elle. Je pensais à devoir m’occuper d’un problème requérant une résolution.”
Émilia : “Un problème requérant une résolution ?”
Roswaal : “Celui de la salle des fêtes. Je crois que vous vous êtes déjà préparée pour cela, Émilia-sama.”
Émilia : “——!”
Les épaules d’Émilia se contractèrent de surprise. Mais le chocs ne dura qu’un instant, uniquement un instant. Son expression tourna immédiatement au sérieux, et elle regarda Subaru de ses yeux améthyste. Il savoura le petit frisson sur sa colonne vertébrale et pencha la tête, se questionnant. Mais personne ne lui donna une réponse claire.
Émilia : “D’accord. Cela commence maintenant ?”
Roswaal : “Nous pourrons commencer à l’instant où vous serez prête. Et il nous reste encore du temps avant que la tourte soit prête. Je dirais que maintenant est le moment parfait pour cela.”
Émilia : “C’est quelque chose de super important, mais ça n’a pas l’air bâclé ?”
Roswaal : “Il est actuellement assez difficile de fixer un horaire précis. Considérant que vous allez être occupé à partir de demain, ne devriez-vous pas prendre avantage de cette opportunité ?”
Émilia : “Oui… d’accord. Je vais le faire.”
Roswaal acquiesça, entièrement satisfait. Les deux avaient l’air d’être arrivés à un accord, mais Subaru n’avait aucune idée de ce dont ils parlaient. Garfiel et Lewes semblaient aussi être dans le noir.
Subaru : “Heh, arrêtez de vous mettre d’accord dans votre coin. De quoi parlez-vous ? T’as pas intérêt à essayer de mêler Émilia-tan à des histoires pas nettes.”
Roswaal : “Ce serait un terriiiiiiible malentendu, Subaru-kun. Et tu peux te relaxer. Cette histoire n’implique pas qu’Émilia-sama, mais bien toi aussiiiiii.”
Subaru : “Qu’est-ce que tu veux dire que je suis aussi——”
Impliqué ? Avant qu’il ne puisse finir sa phrase, Roswaal colla son visage devant le sien. Subaru recula instinctivement, son dos contre le mur, avec le doigt de Roswaal posé sur son nez.
Roswaal : “——Nous parlons actuellement de ta chère cérémonie d’adoubement.”
Subaru : “Tu sais ! Normalement tu ne gardes pas secrets les détails d’un événement aussi important aux personnes impliquées ! Est-ce que les gens jettent un mariage surprise aux mariés ? Est-ce que les funérailles surprises existent même ? Non.”
Il avait été traîné dans une chambre pour se changer, Subaru se plaignait alors qu’il retirait sa tenue. Les nouvelles de Roswaal dans la salle de dîner étaient un choc absolu pour lui.
——Chevalerie.
La cérémonie au cours de laquelle le maître reconnaissait son subordonné comme son chevalier, et tous les autres reconnaissaient son changement de statut. Elle s’accompagnait de nombreuses formalités et d’une grande étiquette, qui différaient sûrement selon le pays et la vision du monde. Subaru avait été témoin de nombreuses cérémonies de ce type dans les mangas et les anime, mais il était inconcevable qu’il se souvienne de ce qu’elles avaient en commun et de ce qui divergeait.
Et bien sûr, on ne pouvait pas s’attendre à ce qu’il connaisse l’étiquette d’une distinction du Royaume de Lugnica.
Subaru : “Je suis sûr qu’ils sont allés et ont tout préparé comme si c’était la chose évidente à faire. Peut-être que c’est Anne-Rose qui était jalouse pour Émilia-tan et qui essaie de se venger !”
Otto : “C’est sûrement faux ? Bien que naturellement la star de l’événement c’est celui qui est promu chevalier, le maître est celui qui doit leur en informer. Si Anne-Rose-sama avait fait quelque chose d’aussi déraisonnable, cela n’humilierait pas que toi, mais aussi Émilia-sama. Tu penses que quelqu’un d’aussi intelligent ferait cela ?”
Subaru jeta un coup d’œil à Otto, qui l’aidait à se changer. On pourrait se demander comment on pouvait aider quelqu’un à se changer, mais ce type d’habit cérémonial avait plusieurs couches. Cela Subaru ne le savait pas.
Clind : “Natsuki-sama. La bonne façon de le porter requiert que vous commenciez avec ce veston, puis procédiez avec la suite. Conseil.”
Subaru : “Ah, merci. Ou plutôt ces vêtements me vont si bien que c’est dégoûtant, depuis quand cette cérémonie a été prévu ?”
Clind : “Le sujet est arrivé au moment de votre arrivée à la résidence. Et la décision a été faite de tenir la cérémonie au retour de Roswaal-sama… Je vous assure qu’Émilia-sama et moi-même avons beaucoup travaillé sur cette cérémonie. Rapport.”
Subaru : “Le rapport est en retard ! Et pourquoi Émilia-tan gardait aussi le secret !?”
Otto : “Peut-être parce que ce serait gênant ? Peu importe, tu ne connais vraiment aucune étape de la cérémonie ? Cela pourrait être un problème…”
Subaru passa ses bras dans les manches des vêtements que lui tendait Clind, perdu sur ce qu’il fallait faire. Otto perçut le malaise de Subaru, et semblait commencer à entrevoir les obstacles qui s’accumulaient devant cette cérémonie.
Subaru : “Pas vrai ? C’est foutu. Je suis heureux qu’Émilia-tan ressente ça, et c’est fou comme je suis honoré de recevoir un titre de chevalier, mais on serait dans la mouise si je foirais la cérémonie ? Ouais alors je ferais mieux de me mettre à genoux et de supplier pour un report——”
??? : “T’avances quand on t’appelle, et tu t’accroupies d’vant Émilia-sama. ‘suite tu tires ton épée du fourreau et tu la lui tends. Émilia-sama prendra l’épée et la placera sur ta nuque, et prononcera les vœux… puis tu acceptes les vœux. F’ni.”
Subaru : “… Quoi, sérieusement ?”
Subaru murmura cela choqué. Tout le monde dans la pièce regarda Garfiel, qui croisait les bras.
Garfiel : “Quoi, vous m’croyez pas ?”
Subaru : “C’est pas ça, je suis juste choqué que tu saches ça. Cela ne sort pas trop de ton personnage de t’y connaitre en événement formel…?”
Garfiel : “Nan, Cap’taine. C’pas comme si j’connaissais quoi qu’ce soit sur les trucs formels.”
Garfiel agita la main en signe d’étonnement, mais cela n’éliminait pas le fait qu’il venait de ressortir le processus formel d’une cérémonie. Subaru leva ses sourcils de façon interrogative, et,
Garfiel : “C’est juste que les ch’valiers sont incroyables alors j’m’en suis s’venue.”
Subaru : “Oh, ouais. Compris.”
Le raisonnement était si convaincant que Subaru accepta instantanément. Sa chuuni offrait une incroyable assistance. Bien sûr que Garfiel connaitrait ce genre de choses.
Otto : “Est-ce que ce que Garfiel a dit s’accorde avec ce que tu sais, Clind-san ?”
Clind : “Je ne suis que vulgairement versé dans le sujet, mais ce que je sais coïncide avec ce que je viens d’entendre. Je m’incline devant la maîtrise de Garfiel-sama. Respect.”
Otto : “Mais ça veut pas dire que tu connaissais déjà la procédure ?… non, laisse tomber. Ignore cette remarque.”
La vie d’Otto se résumait à ouvrir des boîtes de vers pour y trouver des démons. Personne qui avait été témoin de la mystérieuse lueur dans l’œil à monocle de Clind ne critiquerait Otto pour sa fuite. Quoi qu’il en soit, Subaru lissa les plis de ses vêtements, mit sa veste et commença à la parer des ornements requis.
Subaru : “Cette tenue est incroyable. Ça m’a pris du temps de m’habituer à l’uniforme de majordome, mais je pense que je ne posséderais jamais celle-là.”
Otto : “Tu n’auras pas assez d’occasions de la porter pour pouvoir la ‘posséder’. Ce serait une autre histoire si tu devenais un noble… bien que je suppose qu’on ne sait pas ce que le futur peut apporter.”
Subaru : “Ce qui veut dire ?”
Otto : “Émilia-sama est sur une échelle sociale. Et vu que tu la suis, je suspecte que tu termineras dans plus d’événements de ce style. Cette tenue est faite sur mesure, après tout.”
Tout en ressentant de l’admiration pour la perception d’Otto, penser au futur déprima Subaru. Il imaginait ces événements formels, et son cœur tremblait, inapte alors qu’il restait stoïque. Bien que ces inquiétudes n’étaient avérées que s’il sortait en sécurité de la cérémonie à venir.
Subaru : “Bordel Roswaal, je suis sûr qu’il me l’a caché pour pouvoir se moquer de moi…”
Garfiel : “Bouder t’aidera pas, Cap’taine. Mait’nant répète ‘vec mon incroyabl’ personne pour être sûr qu’tu n’oublies pas.”
Subaru : “Je me baisse, tire l’épée du fourreau, je lui donne, et dis les vœux. Je veux dire j’ai déjà passé deux graduations, je peux au moins mémoriser ça.”
Sauf qu’il s’attendait à ces graduations et qu’il s’était entraîné à l’avance.
Subaru : “Je sais que c’est trop tard pour le dire mais si c’est un rituel de passage alors tous les chevaliers royaux ont dû le passer.”
Otto : “Pas seulement les chevaliers royaux, mais tous ceux qui portent le titre de Chevalier. Même si je crois que c’est rare de ne pas respecter toutes ces exigences et de prêter allégeance directement à un maître. On jure plutôt fidélité au royaume avant de choisir un maître normalement.”
Subaru : “Donc c’est la différence entre servir le pays et une personne en particulier. Je pense que c’est mieux de ne servir qu’une seule personne.”
Dans les deux cas il pouvait dire “Je suis un Chevalier”, mais cela ne semblait pas réel. Subaru s’était déjà autoproclamé chevalier d’Émilia de nombreuses fois. Il insistait dessus. Même s’il savait que son faux titre prenait en légitimité, il ne pouvait pas vraiment l’accepter. Il se demandait aussi comment exactement ce titre de Chevalier allait le changer.
Subaru : “Tout ça après que vous m’ayez habillé dans ces vrais habits. Sérieusement ça me va parfaitement, quand est-ce que tu as pris mes mesures ?”
Clind : “Tous les jours, dispersés entre les pauses de votre conscience. J’avais déjà confirmé que ça irait, mais je suis enchanté de vous voir la porter. Excellentissime.”
Subaru : “Je ne suis pas surpris à propos des mesures, mais quand as-tu mesuré que ça m’irait ? Est-ce que j’ai déjà en quelque sorte porté cette tenue avant ?”
Clind ne répondit pas en souriant, et conduisit Subaru, qui avait fini de s’habiller, jusqu’à un miroir. Alors que Subaru se tenait reflété dans un miroir en pied, il eut le souffle coupé.
Il portait une tenue de cérémonie noire qui dépassait clairement son statut, décorée avec opulence mais pas à outrance. Peu importe comment Subaru prenait la pose, les habits captivants la rendaient bien. Et quand il se tenait sobrement, c’était en effet une tenue pour des cérémonies formelles.
Mais, oui, il semblait totalement que Subaru était inférieur aux habits. Quelque chose semblait différent, comme s’il allait au Shichi-Go-San ou quelque chose comme ça. Quand bien même——
(Note de Traduction : Le Shichi-Go-San est l’une des trois fêtes qui célèbrent les enfants au Japon. C’est un rite de passage traditionnel célébrant les enfants de trois ans, les garçons de cinq ans et les filles de sept ans, tenu annuellement le 15 novembre.)
Otto : « Hmm. Ça te va mieux que je ne m’y attendais. »
Garfiel : “On dirait qu’c’est les habits qui t’portent, mais qu’y t’ont pas encore dressé t’talement. T’peux t’relâcher Cap’taine.”
Clind : “En effet, cela vous sied bien. L’impression qu’Émilia-sama a de vous devrait surement atteindre de nouveaux sommets. Amicalité grandissante.”
Subaru : “Vous le pensez sincèrement ? Vous pensez tous ça sincèrement ?”
Subaru réajuste son col une fois après l’autre en observant Otto étrangement qui avait échoué à se moquer de l’apparence de Subaru, malgré sa sincérité. Mais l’expression d’Otto restait parfaitement stable, et il fixait Subaru avec fierté. Pas même Subaru n’était capable de répondre à cela.
Garfiel : “Ici, ‘ttrape ça, Cap’taine.”
Aucun temps passé à trifouiller n’entraînerait de changement dramatique. Subaru soupira en se retournant, et Garfiel lui tendit son épée de chevalier. Subaru l’accepta par réflexe, lorsque le fin objet lui coupa le souffle.
Clind : “Il serait préférable que vous utilisiez votre propre lame favorite, mais étant donné que vous n’en possédez aucune, notre famille vous a fourni celle-là. Vous pouvez la garder si vous le désirez. Cadeau.”
Subaru : “Une épée de chevalier… hein. Et c’est une vraie, bien sûr ?”
Otto : “Je doute que tu puisses trouver une épée en bois avec un savoir-faire aussi excellent. Seul un enfant serait heureux de quelque chose comm——Hmm? Suis-je en train de sentir une nouvelle opportunité de faire une affaire… ?”
Tout en assistant à la naissance potentielle d’épées en bois dans les boutiques de souvenirs d’un monde parallèle, Subaru sentit le poids de l’épée dans ses mains. Ce n’était pas la première fois qu’il tenait une épée.
La dernière fois était durant l’affaire des bêtes démoniaques au village d’Arlam, lorsqu’il était allé dans les montagnes avec Ram à la recherche de Rem. Il avait accepté une épée des hommes du village, et l’avait brandie sans même y réfléchir. L’épée s’était brisée avait même qu’il ne puisse s’en servir pour combattre l’une des bêtes démoniaques, donc même si elle ne s’était pas avérée décisive, elle avait été la première expérience de Subaru pour poignarder une créature vivante avec une lame, ce qu’il n’avait jamais refait depuis.
L’épée de chevalier devait être plus fine et légère que la précédente. Mais le poids qu’il sentait actuellement dans ses mains était au-delà de toute comparaison.
Subaru : “——”
Il ravala sa salive instinctivement, un sentiment oppressant dans la poitrine.
Le poids des deux épées était totalement différent. Et Subaru savait que le but de cette cérémonie était de reconnaître ce fait.
Otto : “——Natsuki-san. Je vais y aller et je t’appellerai avant que cela ne commence. Je ferai l’inspection finale de ta tenue à ce moment-là, alors fait en sorte de la garder en ordre.”
Subaru : “… Compris.”
Otto avait dû voir le changement d’expression de Subaru, et sentit qu’il commençait à aborder la cérémonie sérieusement. Avec ces mots, lui et les autres quittèrent la pièce.
Subaru : “——”
Laissé seul dans la pièce, Subaru tira une chaise proche et s’assit devant le miroir. Avec l’épée dans ses mains et son visage dans le miroir, il était submergé dans ses pensées.
Chevalier. Le poids du titre pesait sur les épaules de Subaru.
Subaru avait-il déjà réfléchi à l’importance de ce mot qu’il utilisait avec tant de frivolité ? Naturellement, il avait été totalement sérieux ce jour-là. Il n’allait pas s’en servir comme d’une armure pour dissimuler sa témérité lorsqu’il s’était proclamé chevalier d’Émilia. Cependant,
Subaru : “Julius, Reinhard.”
Subaru pensa au summum des chevaliers dans ce royaume. L’un était le Chevalier parmi les Chevaliers. L’autre était le Chevalier Parfait.
Ils étaient la fierté de la chevalerie, et l’emblème du chevaleresque. Lorsque Subaru s’était proclamé chevalier, ignorant ces faits, Julius l’avait sévèrement corrigé pour lui faire comprendre la vérité.
Subaru : “Ce dont un chevalier a besoin est le pouvoir et la fidélité… Je crois que c’était ça.”
Si c’était les exigences, alors Subaru n’était toujours pas fait pour être chevalier.
Les sentiments de Subaru pour Émilia n’étaient rien d’aussi majestueux que de la fidélité. Il était incapable seul, et n’arrivait même pas à atteindre les capacités moyennes avec l’aide de Béatrice. Son pouvoir et sa fidélité étaient tous les deux aussi insuffisants que d’habitude.
Mais maintenant il avait la volonté qu’il lui manquait auparavant. Ce n’était pas de la fidélité, mais c’était aussi fort. Il lui manquait peut-être du pouvoir, mais il avait l’esprit et la résolution pour compenser ce qu’il lui manquait.
Il ne pouvait pas changer le fait que cela lui semblait trop gênant d’être appelé chevalier, mais c’était ce qui faisait de lui Subaru. Natsuki Subaru n’était pas fait pour quelque chose d’aussi magnifique que la chevalerie.
??? : “Quoi. Il semble que je n’avais pas besoin de venir te voir, en fait.”
C’est ce qui arriva alors que Subaru se regardait dans le miroir, ayant résolu un point. Il vit une petite silhouette se tenir derrière lui, alors qu’il se penchait en avant. La jeune fille reflétée derrière lui dans le miroir, avec ces longues et extravagantes couettes, était Béatrice.
Subaru : “Je me prépare. Sale loli.”
Béatrice : “Tu es déjà prêt, je suppose. Et on m’a demandé de venir pour faire quelque chose ici puisque tu semblais si peu certain, en fait. J’ai donc dû venir ici pour te donner une tape dans le dos, je suppose. ——Mais il semble que je n’en avais pas besoin, en fait.”
Subaru : “Ces gars…”
Qui était le fouineur cette fois ? Otto ? Garfiel ? Peut-être même Clind ? Ou peut-être que c’était chacun d’entre eux, et Subaru sourit amèrement étant donné que c’était très probable. En effet. Il n’y avait personne de plus adapté pour motiver Subaru à ce moment-là que Béatrice. Elle était le meilleur choix. Alors il allait la laisser s’occuper de lui.
Et en conséquence remonter le moral de Béatrice, alors qu’elle regrettait l’inutilité de sa présence ici.
Subaru : “Mon dos.”
Béatrice : “…?”
Subaru : “Si tu veux me donner une tape, alors fais-le s’il te plaît. J’ai l’impression d’avoir réglé certaines choses… mais j’ai toujours besoin de cette poussée finale.”
Les yeux de Béatrice s’ouvrirent en grand sous le choc. Son expression fut si touchée que Subaru dut se retenir de glousser.
Subaru : “Allez, s’il te plaît.”
Béatrice : “Tu n’as pas besoin de t’inquiéter… Je sais que je ne suis pas inquiète moi-même, je suppose.”
Béatrice : “——”
Subaru : “Je veux que tu me tapes dans le dos et que tu sois la dernière force dont j’ai besoin pour être le chevalier d’Émilia. Ça me ressemble plus comme ça.”
Il le disait peut-être seulement pour mieux se sentir, mais c’est très bien, qu’est-ce qu’il y avait de mal à ça ? Peut-être que c’était juste un problème avec comment il se sentait. Mais dans ce cas-là, c’était encore plus légitime ; évidemment qu’il devrait avoir son aide pour se sentir mieux alors. Car le cœur s’exprimait toujours avec le langage le plus simple.
Béatrice : “I-imbécile, en fait. Tu serais totalement perdu sans Betty, je suppose.”
Subaru : “Ouais, tu as raison. Je suis totalement inutile sans toi. Et quand je suis avec toi je suis juste inutile.”
Béatrice : “Ce qui veut dire que tu es toujours inutile, en fait ! Pure discourtoisie, je suppose !”
Subaru : “Et maintenant cet imbécile va devenir le chevalier d’Émilia et petit à petit arrêter d’être si inutile. Donc quand je m’approcherais de l’inutilité, je compte sur toi.”
Subaru se lèva de la chaise et caressa la tête de Béatrice. Celle-ci semble insatisfaite de son acharnement, mais ne cherchait pas à l’arrêter, et ne formulait pas une seule plainte.
Subaru : “——”
Après avoir arrêté de caresser Béatrice, Subaru se tourna petit à petit pour lui montrer son dos. Et elle comprit surement ce que cela signifiait. Elle prit une courte respiration, se préparant.
Béatrice : “——Hiyaah, en fait !”
Subaru : “——!”
Avec un adorable cri, le bruit de sa paume de main retentit à travers la pièce. L’impact de sa petite main piqua plus que Subaru ne s’y attendait. Et un choc encore plus grand circula de son dos jusque dans tout son corps.
Subaru : “Tu es étonnamment forte.”
Béatrice : “Je ne me suis pas baladée en portant des livres gros et lourds chaque jour pour rien, je suppose.”
La fierté de Béatrice le fit penser à son temps dans la Bibliothèque. Oui, Béatrice lisait toujours des livres assez imposants pour cacher son petit visage. Aujourd’hui était le jour où elle montrait les effets de constamment transporter tout ce poids. Même s’il ne savait pas si les entraînements physiques avaient un quelconque effet sur les esprits.
Subaru : “Donc on vient de découvrir de manière inattendue une magicienne musclée. Béako la massive.”
Béatrice : “Je soupçonne que tu aies utilisé une épithète absolument horrible sur moi, en fait.”
Subaru : “Ce n’est que ton imagination. Et ça m’a motivé. Merci.”
Béatrice : “… Tu es mon contractant, donc c’est normal que je fasse ça, je suppose.”
Rougissant légèrement, Béatrice détourna son regard de Subaru. Cela lui donna envie de la caresser encore. Mais avant qu’il ne puisse l’atteindre——
Clind : “——Natsuki-sama, l’heure approche. Préparatifs.”
——Clind annonça cela en frappant la porte, l’appelant. Avec l’heure qui s’approchait, il avala sa salive à cause de la tension.
Mais ses membres et son visage semblaient moins rigides que prévu. La tension refoulée le détendit d’une bonne manière, et il fit tranquillement les louanges de l’efficacité inattendue de la tape de Béatrice.
Clind : “Un siège a été préparé pour vous aussi, Béatrice-sama. Comme je serais aussi humblement présent, j’éprouverais la plus grande satisfaction en supposant que vous acceptiez ma présence. Compréhension.”
Subaru : “D’accord, j’ai compris. Ne ris pas si je fais n’importe quoi s’il te plaît.”
Clind : “Comme vous voulez. Solennité.”
Clind attendait derrière la porte pour escorter Subaru, qui soupira et ravala sa salive. Il se retourna vers Béatrice, ne sachant pas quoi dire.
Subaru : “Bon, j’y vais.”
Béatrice : “Comme prévu, en fait.”
C’était un simple échange, mais c’était assez. Ses mots et actions lui avaient déjà donné plus que nécessaire.
Béatrice : “——Subaru.”
Mais au dernier instant, Béatrice fit s’arrêter Subaru une dernière fois. Juste avant qu’il ne quitte la pièce, il regarda à nouveau une Béatrice au visage rougi.
Béatrice : “Cette tenue te va très bien, je suppose.”
Et avec cela, elle lui donna le dernier bout de confiance dont il avait besoin.
