05 — La naissance du ministre des affaires intérieures de la faction Émilia

Alors qu’il travaillait avec acharnement sur une montagne de paperasse, Otto écoutait Subaru et Émilia, tous les deux assis sur le canapé de la réception.
Il retirait de la pile les documents nécessaires, sa plume d’oie écrivant de temps en temps sur l’un d’eux. Puis il gribouillait des formules sur une feuille de papier, faisait des sortes de calcul avant de les noter sur la paperasse et référençait les documents à proximité tout en tamponnant le premier avec un sceau. Avec l’aisance avec laquelle son travail progressait et la frénésie avec laquelle ses yeux bougeaient, on pouvait se demander s’il prêtait attention à Subaru. Mais ses interjections occasionnelles suggéraient qu’il ne faisait pas que les ignorer.
Émilia eut l’air impressionnée en observant Otto s’affairer. Subaru était assis à côté d’elle, alors qu’il lui expliquait ce qu’ils avaient fait. Il termina son discours, presque au même moment où Otto amena son stylo à son support.
Otto : « Vous cherchez donc à améliorer leur relation fraternelle, n’est-ce pas ? … Alors si vous me le demandez, je pourrais vous dire… »
Subaru : « Où veux-tu en venir ?”
Otto : « Vous cherchez un conseil pertinent, auprès d’une personne ayant des frères et sœurs, n’est-ce pas ? Alors je crois qu’au lieu de consulter ce bourbier d’enfants uniques, vous feriez mieux de me consulter, moi, mon frère aîné et mon frère cadet, en effet. «
Subaru se retrouva submergée par la confiance débordante d’Otto. Il n’avait jamais posé de questions sur la famille d’Otto, mais il était apparemment le frère cadet d’une série de trois. Alors oui, Subaru et Émilia avaient vraiment besoin de ses conseils. Cependant,
Subaru : « Mais n’as-tu pas été chassé de ta maison parce que tu étais un mauvais fils ? Ce serait une chose si tu avais de bonnes relations familiales, mais les conseils de la brebis galeuse ne sont pas vraiment utiles. »
Otto : « Es-tu en train d’insinuer que j’étais si mauvais que mes parents m’ont renié ? Je n’ai jamais dit un seul mot de ce genre ! Mon frère aîné a hérité de la maison, alors moi, le deuxième aîné, je suis parti faire du commerce de mon propre gré ! C’est peut-être inattendu, mais je pense être plus intelligent que mes frères, vois-tu. »
Subaru : « Et si tu étais le seul à penser ça et que ta famille était soulagée que le parasite ait disparu ? »
Otto : « Ma présence te dérangerait-elle ?! »
Otto martela le bureau de ses mains, son visage étant devenu rouge. Subaru secoua la tête en déclarant « Bien sûr que non ». Rien que le fait de penser à l’absence d’Otto était terrifiant. C’est juste que Subaru s’était retrouvé à l’insulter avant qu’il ne puisse le remercier. Ce qui était une autre des vertus caractéristiques d’Otto Suwen.
Émilia : « Mais pour certaines raisons, tu parais vraiment indigne de confiance, Otto-kun. Je me demande pourquoi… ? Même après tout ce que tu as fait. »
Otto : « V-vous aussi Émilia-sama… »
Les pensées de Subaru s’exprimèrent par procuration à travers Émilia qui mettait sa main au menton, en devenant pensive. Apparemment, elle était également victime des vertus d’Otto. L’aura de fiabilité de cet homme était en corrélation négative avec ses capacités réelles.
Subaru : « Regarde comment tu tourmentes Émilia-tan, immonde bâtard. »
Otto : « Totalement injustifié ! Qu’est-ce que j’ai fait ? »
Émilia : « En somme, Otto-kun. J’aimerais vraiment que tu nous dises ce que nous devrions faire à leur sujet. »
Otto : « Et en plein dans le vif du sujet ! Vous voilà devenus de vrais maîtres et serviteurs ! »
Otto passa un moment à réagir de manière excessive, avant de sembler se rendre compte que ses hystéries étaient totalement inutiles. Le dossier de sa chaise grinça alors qu’il passait sa main dans ses cheveux gris.
Otto : « Je crois que l’important, c’est de commencer par leurs sentiments mutuels. D’après ce que j’ai vu, Garfiel ne semble pas être le problème. Son entêtement est semblable à celui d’un enfant, et j’imagine qu’il aimerait se réconcilier, comme il aime sa famille. »
Émilia : « Hum, je le pense aussi. Garfiel veut se réconcilier. Mais Frédérica a du mal à l’approcher. »
Otto : « Frédérica-san doit être dans une position quelque peu délicate. Elle est la sœur aînée, donc en tant que telle, elle doit laisser Garfiel faire ce qu’il veut pour qu’ils se réconcilient. Mais d’après ce que j’ai entendu, il ne semble pas que Frédérica-san se soit trompée. Elle fait peut-être simplement preuve de sa générosité fraternelle. Si l’on considère sa capacité à tolérer les crises de colère du plus jeune comme point central de cette affaire… qu’y a-t-il ? »
Subaru examinait Otto alors qu’il arrangeait soigneusement son argument, et secoua la tête lorsque Otto se plaignit.
Subaru : « Non, tu m’as surpris avec une opinion bien plus sérieuse que ce j’espérais, et j’essaie de savoir si je devrais faire une blague… »
Otto : « C’est une question sérieuse qui mérite une sérieuse considération pour une conclusion sérieuse ! »
Subaru : « Pardonnez-moi, je vous prie. Je suis trop incompétent pour jouer sur votre terrain alambiqué… »
Otto : « Essaies-tu de résoudre les problèmes ou de les encourager !? »
Bien sûr, Subaru voulait les résoudre, mais ça lui faisait mal de défier ses désirs primordiaux. La conversation entre Otto et Subaru mise de côté, Émilia fit un signe de tête admiratif en réponse à Otto.
Émilia : « Donc… »
Émilia : « Nous devons d’abord répondre aux sentiments de Frédérica. »
Otto : « Je crois que oui. Il ne me semble pas que Frédérica-san veuille aggraver la situation en jugeant Garfiel impardonnable. Et honnêtement, je doute que quelque chose d’aussi pointilleux soit nécessaire. C’est un de ces problèmes que le temps peut rés—— »
Subaru : « Nous ne voulons pas que le temps s’en charge et c’est pour ça qu’on essaie d’accélérer les choses. Est-ce que tu m’as écouté jusqu’à la fin ? Je te jure. »
Otto : « Je ne devrais pas avoir à entendre ça ! »
Voyant qu’Otto arrivait à la même conclusion que tout le monde, Subaru rit doucement, d’un ton moqueur. Otto était indigné, et Subaru le harcela encore avec,
Subaru : « Alors, où montrerais-tu cette magnanimité aînée, si c’était toi ? Tu as parlé d’un frère cadet, alors tu as sûrement eu une dispute où tu as montré ta largeur d’esprit. C’est l’histoire que je veux voir, entendre, chanter. »
Otto : « Mettons de côté cette histoire “ d’entendre et de chanter ”. Alors, honnêtement, ma famille était plutôt harmonieuse. Mes frères étaient des gens bien, mes parents étaient gentils, et… Attendez… nous sommes nous déjà av… »
Subaru : « Inutile !! »
Otto : « Pourquoi diable dis-tu cela ! Qu’est-ce qui ne va pas dans une famille pacifique ! Suggères-tu que les relations sont illégitimes si elles n’impliquent jamais de querelles ? C’est ridicule ! Qu’y a-t-il à se plaindre de relations pacifiques sans grands défauts ! »
Subaru : « Eh bien, c’est la pire carte que tu aurais pu jouer dans cette situation ! »
Juste au moment où il semblait qu’Otto allait trouver quelque chose de poignant et d’utile, il jouait un zéro.
Voyant qu’Otto était même capable de contrebalancer le ridicule de Subaru, il ne s’était probablement jamais mis en colère au point de lancer des jurons et des insultes sur les questions de famille. Ou peut-être que tous les membres de la famille Suwen partageaient le même tempérament tyrannique qu’Otto. Un foyer où la vie était paisible, mais seulement parce qu’il n’y avait pas de bourreaux dans le vide de l’Eden.
Subaru : « Ce pauvre jeune garçon protégé… »
Otto : « J’ai l’impression que tu m’insultes énormément, mais ce n’est peut-être que mon imagination ! »
Émilia : « … Hihihi. »
Otto criait après Subaru, qui laissait son imagination déployer ses ailes. Puis Émilia, qui regardait l’échange, mit la main à la bouche alors qu’elle ne parvenait pas à contenir un sourire. Les deux hommes placèrent leur regard sur Émilia. Elle secoua la tête.
Émilia : « Non, je suis désolée. C’est juste que vous aviez l’air de tellement bien vous entendre… un peu comme des frères. »
Otto : « Je suis sûr que mes frères étaient plus gentils avec moi que ça… »
Subaru : « Ne dis pas ça, grand frère. On t’a toujours traité comme ça, mon frère, tu ne t’en rendais pas compte. Fais face à la réalité, frangin. »
Otto : « Oh tais-toi ! »
Otto avait déjà épuisé les mots et la volonté nécessaires pour répondre. Subaru lui fit la moue alors qu’il continuait sans cesse : « Mon frère, mon cher frère, frangin, frérot, fraté, Fré-tto. Mon estimé frère, mon aîné ! », etc. Émilia donna un coup de main.
Émilia : « Ah. Que faites-vous tous les deux quand vous vous réconciliez ? Je pense qu’Otto-kun concède toujours, mais le fait de comprendre cela pourrait nous rapprocher de la réponse. »
Subaru : « C’est incroyable comment ça s’est naturellement transformé en Otto qui concède toujours. »
Émilia : « Et si on essayait de le laisser gagner, Subaru ? »
Subaru : « Je… même en supposant que je cède à tous les autres dans le monde… ne céderais absolument jamais, jamais à Otto… ! »
Otto : « Oh tais-toi ! »
Otto hurla cela devant l’atroce petit drame de Subaru, puis, se frotta la tempe tout en réfléchissant. Il semblait qu’il envisageait sérieusement l’idée d’Émilia.
Otto : « Eerhm, qu’est-ce que je fais lorsque je me dispute avec Natsuki-san, hrm… »
Subaru : « Tu abandonnes habituellement ! »
Otto : « La réponse n’est même pas à la hauteur de la réflexion et maintenant même moi je me demande ce que je fais ! »
Otto se berça la tête au-dessus du bureau tandis qu’Émilia se levait et le caressait avec consolation. Bien que jaloux de la gentillesse d’Émilia, Subaru jugea qu’il ne pourrait pas l’obtenir lui-même dans cette scène et frappa ses genoux avant de se lever.
Subaru : « Eh bien, ça a aidé. Nous allons d’abord chercher Frédérica, et en fonction de ce qui se passera, nous jugerons de la manière dont nous mettrons en œuvre le plan d’Émilia. »
Otto : « Vous vous rendez compte que ce n’est que vous en train de faire des histoires, et vous vous cassez peut-être le dos sans raison ? »
Subaru : « Je pense toujours que c’est beaucoup mieux que de réellement se casser le dos. N’es-tu pas d’accord ? »
Otto : « ——Haah… »
Otto poussa un soupir résigné. La façon dont sa bouche se détendait en un sourire était essentielle pour sa réponse à la question.
Émilia devait aussi percevoir la même chose que Subaru dans l’expression d’Otto. Elle s’étira confortablement sur place, et fit un sourire à Otto.
Émilia : « Bien, Subaru et moi allons y aller. Je suis désolée si nous t’avons interrompu alors que tu étais occupé. »
Otto : « Non non non, je suis celui qui vous a interpellé. Au fait, je suis également enseveli sous une montagne de paperasses. Une petite pause de temps en temps aide à… »
L’expression d’Otto se transforma en conscience.
Otto : « Attendez, pourquoi est-ce que je travaille si frénétiquement sur les papiers féodaux du Comte Mathers ? À un moment donné, on me demande d’aider à certaines tâches municipales, et ensuite on me permet d’inspecter même les registres administratifs du territoire… Je suis sûr que j’essayais seulement d’obtenir un devis pour les prix de cette huile… »
Subaru : « Oups, Émilia-tan. Si nous restons plus longtemps, nous entraverons le travail d’Otto. Quittons la pièce en nous tenant joyeusement la main ! »
Émilia : « Euh ? Oh, erm, oui, allons-y. »
Otto mit la main au front et commença à se sentir déconcerté par les circonstances actuelles, alors que Subaru et Émilia l’abandonnaient. Subaru en profita pour saisir la main d’Émilia et quitta le bureau d’Otto. Et juste au moment où Subaru tentait de fuir la pièce, sa main sur la porte,
Otto : « Oh, Natsuki-san—— »
Subaru : « Hm ? Quoi. Détends-toi. Tu n’es pas assis là à cause d’une erreur, d’un hypnotisme ou d’une suggestion puissante. Tu as simplement été séduit par les circonstances, la finesse de la conversation, et… »
Subaru s’arrêta en plein milieu de la phrase. Il ne pouvait pas continuer de plaisanter alors qu’il sentait un air grave dans le regard d’Otto, qui le regardait. Comme s’il essayait de lui parler de quelque chose d’important.
Subaru se tut, et Émilia pencha la tête. Otto regardait les deux tandis qu’une microseconde d’hésitation le traversait. Mais tout se dispersa quand Émilia jeta un regard en arrière.
Otto : « ——Non, laissez tomber. »
Subaru : « Allez, je suis curieux maintenant. Si tu t’apprêtais à dire quelque chose, alors dis-le. »
Otto : « J’aimerais le dire, mais… eh bien, je dirais que pour l’instant, ce serait comme essayer de tenir un nuage. Nous en discuterons lorsque les choses commenceront à être plus optimistes. Puisque je ne peux pas encore dire si cela vous aiderait ou vous mettrait simplement mal à l’aise. »
Otto se frotta la tête alors qu’il expliquait son hésitation. Subaru tenta de faire changer d’avis Otto en le fixant silencieusement, mais il s’assit et récupéra sa plume.
Otto : « Je vais retourner à mon travail, alors je vous laisse le cas de Garfiel. Quand les cabinets militaires ne fonctionnent pas correctement, les cabinets civils à l’arrière sont trop anxieux de travailler. »
Subaru : « … Compris. Mais lorsque tu pourras dire de quoi il en retournait, fais-le, Ministre des Affaires Intérieures. »
Otto : « Bien sûr pourquoi est-ce que… civil, cabinet ? Ministre des Affaires intérieures ? »
Subaru : « Allons-y Émilia-tan. On va juste le déranger si on reste plus longtemps ! »
Laissant Otto derrière lui alors qu’il commençait à s’inquiéter du changement de position, Subaru tira Émilia par la main et quitta la pièce. Les yeux d’Émilia s’agitaient dans la confusion, et elle jeta un regard en arrière sur Otto avant que la porte ne se ferme.
Émilia : « Ah, um, erm, Otto-kun, bonne chance pour ton travail ! »
Ne sachant pas si elle était inquiète pour lui ou si elle le pressait de finir, Émilia dit cela à Otto alors qu’elle quittait la pièce.
Après avoir quitté le bureau d’Otto, le plan d’action de Subaru et Émilia devint plus concret. Ou plutôt, ils avaient déjà un cap défini lorsque l’élément étranger appelé « les opinions d’Otto » était intervenu, et maintenant ils avançaient avec un plan aussi défini qu’avant.
Subaru : « En y réfléchissant, c’était une totale perte de temps… »
Émilia : « Ne dis pas ça. L’histoire d’Otto-kun était, erm, eh bien, était… mhm, ah, erm, oui… ça a aidé ? »
Subaru : « Ton infrangible honnêteté se manifeste dans ce point d’interrogation et c’est adorable. »
Émilia échouait dans ses tentatives désespérées de soutenir Otto alors que Subaru la couvrait de louanges et se concentrait sur la recherche de Frédérica. Quoi qu’il en soit, le problème actuel, c’était la sœur. Garfiel avait déjà pris sa décision. Il ne restait plus qu’à donner à Frédérica l’élan nécessaire pour qu’elle se décide, donc…
??? : « Oh, si ce n’est pas Émilie et Subaru. Puis-je vous demander ce que vous faites ? »
Subaru : « Ueg. »
Émilia : « Ah. »
Une voix les appelait de derrière. Le souffle de Subaru s’arrêta maladroitement, et Émilia montra clairement sa surprise en regardant en arrière. Leurs regards se posèrent sur une fille en robe avec ses cheveux bleus en tresse.
Elle avait moins de dix ans, plus jeune que Pétra ou Béatrice. Elle était pareille à Béatrice dans le sens où elle portait une robe extravagante, mais la sienne était décorée plus simplement que celle de la fille aux cheveux en forme de queue de cochon. Elle était impropre à sa jeunesse, ses yeux étaient sévères et son visage digne.
Cette fille s’appelait Anne-Rose Miload. Elle était la descendante de la famille Miload qui s’occupait du groupe de Subaru, actuellement seigneur du manoir en l’absence du vrai seigneur, celui qui avait reçu Subaru et les autres. Tandis que Clind et les autres excellents membres de cette famille s’occupaient des arrangements et autres, Anne-Rose était celle qui donnait les ordres, et elle était suffisamment audacieuse dans sa conduite.
Un homme d’État condescendant sous la forme d’une enfant. C’était la famille de sorciers Miload, séparée du foyer principal de la famille Mathers qui appartenait à Roswaal. Anne-Rose avait déjà toute l’ossature nécessaire pour hériter de cette maison.
Il lui manquait un air d’adorable enfant, ce qui semblait être la raison pour laquelle Subaru avait des complications avec elle. C’était comme si, lorsqu’il l’affrontait en tant qu’être humain, il était éclipsé par le raffinement d’une fille d’environ dix ans. Mais en dépit de tout cela, la réaction d’Émilia était très claire.
Émilia : « Augh, Anne. Combien de fois dois-je te dire que je ne suis pas Émilie, je suis Émilia. »
Anne : « Et bien, excusez-moi Émilie. Bien que vous soyez fautive pour avoir hésité dans votre discours lorsque vous vous êtes présentée. Je trouve qu’Émilie est un nom plus facile et plus mignon qu’Émilia. »
Émilia : « Vraiment ? Je veux dire, ça ne me dérange pas, mais… je suppose qu’il n’y a pas le choix. »
Et ainsi, Émilia permit à Anne-Rose de l’appeler par ce surnom. Émilia s’entendait étrangement bien avec Anne-Rose depuis qu’elles s’étaient rencontrées. Elles semblaient juste étrangement bien s’entendre. Les sentiments d’Anne-Rose paraissaient similaires à ceux d’Émilia, car elle n’affichait pas la moindre négativité même envers la demie-elfe. Elle pourrait la contrebalancer avec ses capacités mentales, mais cela posait en soi un problème si l’on considérait l’âge d’Émilia.
Anne : « Maintenant, que faites-vous avec Subaru, Émilie ? Vous avez un rendez-vous galant ? »
Subaru : « Ah, ça en a l’air ? Est-ce que ça en a l’air ? Et bien… Oh mon Dieu, nous sommes devenus si proches que ça ressemble à un rendez-vous galant. Tu as le droit de rougir quand la timidité te prend, Émilia-tan. »
Émilia : « Non, ce n’est pas ce que l’on fait. Tout ce que nous faisons ensemble, c’est un complot néfaste. »
Subaru : « Tu sais exactement ce que je ressens et tu le mets de côté, bon sang ! »
Anne-Rose semblait extrêmement intéressée lorsqu’elle posait sa question, et Émilia secoua facilement la tête en réponse. Il semblait qu’Anne-Rose n’attendait rien de particulier, car elle regardait Subaru avec condescendance en disant « je vois » et poussa un soupir. Ses yeux se moquaient définitivement de l’inefficacité de Subaru. Mais Subaru ne pouvait pas se voir comme étant en faute. Il n’avait cessé de flirter avec Émilia, et elle s’était juste améliorée à l’ignorer.
Anne : « J’enquêterai plus tard sur vos machinations malveillantes. Avez-vous vu Clind quelque part ? J’ai besoin de lui et il a complètement disparu. »
Émilia : « Clind-san veillait sur Pétra et Béatrice il y a un instant. »
Anne : « … La formulation est vraiment essentielle, Émilie. »
Anne-Rose fit la grimace, semblant tout déduire de cette seule affirmation.
Elle connaissait Clind depuis longtemps, elle devait donc bien connaître ses dispositions. Après tout, sa tenace « Loli soul » était généralement entièrement focalisée sur sa maîtresse, Anne-Rose. Il n’était pas nécessaire de s’enquérir de sa résilience, de sa vivacité ou de son désespoir.
Émilia : « Il a dit qu’il leur avait acheté des bonbons, alors elles devraient manger. Je me demande s’il en a acheté pour moi. Cela m’embête un peu. »
Anne : « … je doute que Clind soit si impoli, alors il y en a sûrement pour vous. Il m’a déjà rendu visite et m’a aussi offert du thé. »
Émilia : « Ah, vraiment ? Je suis tellement excitée. »
Émilia serra les mains joyeusement tandis qu’Anne-Rose la regardait paisiblement. Elles étaient dans des positions complètement opposées à leur taille et à leur âge. C’était une scène réconfortante, mais Subaru dût pencher la tête. Quand Anne-Rose le remarqua, ses yeux bleus se bridèrent.
Anne : « Vous semblez avoir du temps libre, alors je suis sûre que cela ne vous dérangerait pas. Voudriez-vous m’accompagner pour une de mes demandes ? »
Subaru : « Hey, doucement. On a peut-être l’air d’avoir du temps libre, mais en fait on n’en a pas. Ce qui se passe en fait avec ce temps libre apparent, c’est que nous utilisons cette période pour justifier une ligne de conduite précise en vue de faire quelque chose de productif pour atténuer les problèmes futurs qui… »
Émilia : « Quelle est ta demande ? Cela ne me dérange pas tant que c’est quelque chose que je peux faire. »
Alors que Subaru se mettait à inventer de longues excuses, Émilia accepta sans réfléchir. Anne-Rose fit un sourire Émilia, en regardant les deux avec des yeux si mûrs qu’on ne pouvait imaginer qu’ils soient ceux d’un enfant de neuf ans.
Anne : « Il y a un homme que je voudrais choquer, et une servante que je connais depuis longtemps que je voudrais concilier. »
