04 — Belle fille, belle femme, belle grand-mère

Subaru : ”Et nous nous sommes donc pressés pour parler avec Lewes-san parce que nous savons qu’elle les connait le mieux.”
Lewes : “J’dirais qu’vot’ idée est plutôt malvenue, tout bien pensé. Ça m’dérange pas qu’vous comptiez sur moi… mais j’ai pas grand-chose à dire sur l’sujet.”
Subaru : “Ce qui veut dire ?”
Lewes : “Ce qui veut dire que j’suis du même avis que Ram et P’tit Clin’. Leurs problèmes sont leurs problèmes. C’est pas qu’que chose dont des étrangers devraient s’mêler.”
Il ne semblait pas que Lewes soit très accrochée par la proposition de Subaru alors qu’elle buvait son thé. Cependant, elle était indéniablement une figure principale de cette affaire. Mais Subaru s’était impliqué dans leurs affaires avec trop peu de frivolité pour reculer aussi facilement.
Subaru : “Je peux comprendre que leurs circonstances sont un sacré bordel. Depuis que je me suis impliqué, ce n’est que branlant.”
Lewes ne répondit pas.
Subaru : “Mais je ne pense pas que c’est quelque chose à ignorer. Je veux dire, peut-être que ça va se résoudre tout seul au fil du temps… mais ça s’aggrave à la fois pour eux et pour les spectateurs la façon dont ils essaient de régler les choses, et ça ne fonctionne tout simplement pas. Si une tierce partie pouvait faire quelque chose, alors elle devrait le faire. »
Lewes : “Cela sonne comme un p’tit fouineur.”
Subaru : “Et bien j’ai la réputation d’être lourd et sans tabou.”
Subaru gonfla son torse avec fierté, même si ce n’était probablement pas un compliment. Lewes lui sourit avec ironie. Ils étaient tous les deux dans un coin de la grande pièce donnée à Lewes, assis l’un en face de l’autre à une table, en train de siroter leurs tasses, se désaltérant en silence avec du thé. Quand,
???: “Excusez-moi ?”
Une voix les appela juste derrière. La source rétrécit ses yeux améthyste, son regard éblouissait Subaru lorsqu’il le transperçait. L’insatisfaction se faisait sentir dans la voix de l’oratrice, exclue de la conversation, Émilia.
Subaru : “Quoi de neuf, Émilia-tan ? Je sais que t’es mignonne quand tu es énervée, mais ton front devient tout ridé.”
Émilia : “Si tu le penses, alors pourquoi tu ne viens pas m’aider plutôt !? Bon sang ! Tu es si méchant, Subaru ! Gros bêta !”
Subaru : “Qui dit encore bêta ?”
Subaru sourit face à l’utilisation adorable d’un langage dépassé par Émilia en posant sa tasse. Il regarda à nouveau Émilia, et pencha la tête vers la situation à laquelle elle était confrontée.
Subaru : “On pourrait vraiment appeler ça un spectacle. Un drame fantastique entre une belle dame et de belles jeunes filles.”
Lewes : “T’vas m’faire rougir, en m’disant ça.”
Subaru : “Sérieusement !?”
Subaru fut choqué, juste au moment où il s’attendait à ce qu’elle le réprimande, elle laissait couler. Les joues de Lewes, alors qu’elle regardait Subaru, rougirent légèrement. Ils regardaient tous deux une bande de Lewes identique à celle de la Lewes rougissante. Elles encerclaient Émilia en une foule.
——Ils avaient amené 26 doubles de Lewes du Sanctuaire au total.
C’était les doubles serviles et sans émotion qui n’étaient pas les Lewes représentantes. Bien que la faction n’ait pas de tâches à leur confier, ils ne pouvaient pas les laisser assises là, et elles présentaient donc un autre problème sur lequel tout le monde devait réfléchir. Et le plus gros problème ici était,
Émilia : “Ne fais pas que regarder, Subaru, vient m’aider.”
Subaru : “J’aimerais, mais elles ne vont pas m’écouter. Seuls toi et Garfiel pouvez les commander. Il faut juste trouver le bon mot pour les tenir.”
Émilia : “Je sais, mais… on vient juste d’avoir un fiasco quand je leur ait dit de “Reculer”. As-tu oublié, Subaru ?”
Subaru : “Personne n’a pu oublier les trois jours de recherche organisés que nous avons tous passés dans les montagnes.”
Subaru repensa à la débâcle d’il y a trois jours. Des cristaux dans le Sanctuaire donnaient le droit de commandement des doubles. Un avait été installé dans le Tombeau et un autre dans le laboratoire, chacun d’eux reconnaissant soit Émilia soit Garfiel comme détenteurs, et ils le faisaient encore.
Cela signifiait que les doubles restaient dans un état de poupée, incapables d’agir sans les ordres d’Émilia ou de Garfiel. Ils ne tenaient pas compte des instructions venant d’autre personne. Garfiel avait prévenu que s’ils les laissaient sans tâches, elles s’assiéraient littéralement et ne feraient rien jusqu’à mourir et disparaître.
La débâcle d’il y a trois jours avait eu lieu lorsque Émilia, ignorant les limites du droit de commandement, avait tenté de faire s’éloigner les doubles du manoir en leur disant de « Reculer ».
Ce qui était ennuyeux, c’était que les doubles avaient leurs propres compréhensions personnelles et qu’ils avaient interprété le commandement de manière légèrement différente. Certains avaient parfaitement adhéré aux intentions d’Émilia, d’autres étaient sortis du manoir et d’autres encore avaient sprinté au loin, loin du manoir.
Sans le nez et les jambes de Garfiel, ils n’auraient peut-être pas pu les récupérer toutes. Ils ne pouvaient pas laisser ces jolies poupées se promener sans défense. Et ce serait problématique si les gens commençaient à remettre en question les doubles.
Subaru : “Des jumelles ou des triplés oui, mais personne ne croira à des vingt-six-plés.”
Il ne se rappelait pas du Guinness World Record, mais c’était probablement moins de 10. Il n’y avait aucun intérêt à le considérer ; il ne pourrait pas utiliser l’excuse d’une famille nombreuse. Et la raison pour laquelle il devrait trouver une excuse,
Lewes : “Elles ont évidemment été créées avec des techniques interdites. Franchement dit, ce s’rait la panique si les gens découvraient s’qu’on est.”
Subaru : “Cooomme je m’y attendais.”
Lewes : “Tu prends que’qu’un comme base, et tu construis un od d’une nature similaire pour les créer——en théorie, on peut créer des soldats à l’infini. Y’ a des gens là dehors qui voudrait ça.”
Laissant de côté la question de la praticité, elles étaient utiles pour la recherche. Puisqu’elles constituaient fondamentalement une base de sujets infinie. On pourrait utiliser le droit de commandement pour les empêcher de se rebeller, et elles se disperseraient dans le mana quand elles mouraient, donc il n’y aurait rien à nettoyer.
Subaru : “Ce qui est vraiment à chier.”
Lewes : “Ça nous rassure que tu penses comme ça, Su-Bo”
Subaru ressentit quelque chose d’indescriptible en regardant Lewes sourire à peine. La répulsion de voir sa connaissance exploitée et l’aversion pour la question éthique étaient les raisons pour lesquelles Subaru se sentait opposée à ce concept. Mais lorsqu’il dissipa ces sentiments et qu’il envisageait la technique avec détachement, combien de temps sa résistance tiendrait-elle vraiment contre la simple commodité de celle-ci ?
Tout le monde, y compris lui, suivait une voie de plus en plus facile. Je déteste être si faible, pensa-t-il.
Émilia : “D’accord ! Alors qu’est ce que je suis censé faire ?”
Émilia cria, ayant été quelque peu exclue de la situation, alors qu’elle atteignait ses limites. La foule de Lewes ne faisait rien, mais la pression silencieuse qu’elles exerçaient sur Émilia n’était pas saine pour sa santé mentale. Subaru croisa les bras alors qu’il se demandait quoi faire.
Subaru : “Peut être essayer de les pacifier avec un ordre qu’elle ne pourrait pas mal comprendre ?”
Émilia : “Comme ? Elles sont allées si loin alors que je leur est juste demandé de reculer, je ne sais pas quoi faire…”
Subaru : “Je pense que leur dire “asseyez-vous” devrait marcher ?”
Émilia : “… Subaru, tu es un génie.”
Ce n’est pas si brillant que ça, pensa Subaru tandis qu’Émilia demandait aux Lewes de s’asseoir, et chacune d’entre elles s’enfonça sur place. On avait l’impression qu’Émilia était la maîtresse d’un jardin d’enfants maintenant que toutes ces petites filles étaient assises en tailleur autour d’elle, mais en fait la situation était bien plus désespérée que cela. Ils devaient trouver une solution intelligente pour y faire face. Subaru avait des propositions pertinentes à faire au retour de Roswaal, il s’agissait donc maintenant de l’attendre.
Subaru : “Puisqu’elles sont 26, les nommer d’après les lettres de l’alphabet devrait pouvoir les différencier et s’en rappeler.”
Lewes : “T’as l’air d’tramer qu’chose de mauvais, P’tit Su.”
Subaru : “’Tramer’, tu me fais mal sonner. Tout ce que je fais est de faire fonctionner mon cerveau pour que toutes les personnes que je connais aient une fin heureuse.”
Subaru lui fit un grand sourire. Lewes soupira, l’air étonné. Avait-elle trouvé ses efforts crédibles ou non ? Subaru décida avec optimisme que son sourire ne lui inspirait pas confiance. Quant à Émilia, libérée de l’essaim de doubles, elle s’approcha de Subaru et de Lewes. Subaru lui présenta sa tasse à thé.
Subaru : “Tu as fait du bon travail, Émilia-tan. En faisant de gros efforts comme toujours.”
Émilia : “Merci. Mais comparé à Garfiel, je ne fais presque rien. Garfiel fait un si bon travail, les appelant toutes à l’heure du repas…”
Émilia prit une gorgée et soupira en regardant les doubles. Les personnes qui s’occupaient habituellement de ces filles étaient les Lewes représentantes, et Garfiel, l’autre titulaire du droit de commandement. Garfiel s’occupait tout particulièrement des filles avec un soin attentionné, en s’assurant qu’aucune d’entre elles ne meurent de faim ou ne se retrouve bloquée, en ronchonnant tout le long du chemin.
Il avait beaucoup plus d’expérience avec elles, car il avait été en contact avec elles tout au long de son séjour au Sanctuaire. Bien que cela ne consolait pas Émilia.
Subaru : “Et bien, prenons le plus simplement. Garfiel fait du super boulot, mais je pense que ce serait bien d’avoir une solution plus avancée.”
Émilia : “Solution plus avancée ?”
Subaru : “Je te le dirais une fois Roswaal rentré. En attendant, essaie d’apaiser mon esprit en paniquant dans une horde de petites filles ?”
Émilia : “Tu es si méchant !”
Émilia gonfla ses joues d’indignation, ce qui était adorable. Quoi qu’il en soit, ses plans étaient encore à l’état de projets et donc pas prêts pour le public. Ils les peaufineraient en détail avant de les révéler et de se réjouir.
Subaru : « De toute façon, pourquoi ne pas laisser le double problème de Lewes pour un moment, et revenir au sujet ? »
Lewes : “Ma réponse reste l’même. J’pense pas faire quoi qu’ce soit… ou encore, les remuer. J’pense qu’ils essaient de m’empêcher de m’inquiéter. Ils agissent comme si les choses allaient assez bien entre eux quand je suis dans les parages.”
Émilia : “C’est coquin de leur part..”
Subaru : “Qui dit encore coquin ?”
Subaru détourna son regard pour ne pas tenir compte de l’éclat d’Émilia et pensa aux frères et sœurs rusés. Ils ne voulaient pas non plus inquiéter Lewes. Et ils avaient trouvé le moyen de s’arranger sans en discuter entre eux. Bien qu’ils se connaissaient si bien, ils ne pouvaient pas faire ce dernier pas. La raison principale de cette situation devait être…
Subaru : “Ouais, c’est à cause de leur mère.”
Lewes ne dit rien.
Émilia : “Leur mère… tu veux dire, celle qui les a abandonnés au Sanctuaire quand ils étaient plus jeunes ?”
Subaru : “J’ai uniquement entendu une fraction de l’histoire, et je n’ai pas demandé à quoi elle ressemblait. En fait non, Frédérica m’a dit qu’elle était extrêmement malchanceuse, mais c’est tout. Je veux dire, je pense que c’est le cas, mais tu l’as connu, n’est-ce pas, Lewes-san ?”
Lewes mit sa tasse de thé sur ses lèvres, laissant le temps s’écouler. Mais cela ne suffit pas pour échapper aux regards concentrés de Subaru et d’Émilia. Elle poussa un long soupir, et sans regarder le duo,
Lewes : “Leur mère, Rishia Tinzel, c’pas vraiment un sujet sur l’quel j’aime radoter.”
Subaru : “Alors c’est quelqu’un dont tu ne préférerais pas te souvenir ?”
Lewes : “C’est pas que je la méprise. J’l’aime beaucoup en fait. Elle avait cette espèce de charisme amical, et… ses circonstances étaient malheureuse, c’que vous pouvez voir parce que sa malchance ne l’a pas tuée. Sa maison a été ruinée et elle a été vendue en tant qu’esclave, puis des bandits ont attaqué et détruits le convoi. Les bandits l’ont pris en butin, et l’ont mise enceinte… c’est essentiellement l’image de la malchance.”
Subaru : “——”
Frédérica lui avait déjà raconté tout cela, mais c’était quand même une histoire horrible. Émilia n’avait pas de mots pour exprimer à quel point c’était déchirant. Bien que cette dernière partie du récit ait pu éclipser sa compréhension.
Lewes : “Mais Rishia ne finit pas dans la malchance. Les bandits se sont attachés à elle alors elle a pu vivre et élever son enfant. Jusqu’à ce qu’une autre bande détruise la première, et s’amuse avec elle à nouveau.”
Subaru : “La plupart des gens ne se relèveraient pas de ça.”
Lewes : “Mais elle oui. Le groupe de bandit s’est effondré, elle a rencontré P’tit Roz sur son chemin et a obtenu sa protection, elle lui a confié Frédérica et p’tit Gar, puis elle a quitté le Sanctuaire à la recherche du père du p’tit Gar.”
Subaru : “——C’est vrai ? Garfiel disait qu’il pensait que sa mère les avait abandonnés.”
Lewes : “… C’est probablement sa faiblesse qui parle, car il y a de l’espoir dans l’abandon.”
Le souffle de Subaru s’accrocha à ce mot apparemment inapproprié : l’espoir. Où y avait-il de l’espoir dans ce récit ? Avant que Subaru ne puisse le découvrir, Émilia baissa les yeux.
Émilia : “Elle ne revient pas parce qu’elle nous a abandonné… ce qui veut dire qu’elle pourrait toujours être en vie, c’est ça l’espoir ?”
Lewes ne répondit pas.
Émilia : “Si elle a promis de revenir avec un objectif, mais qu’elle ne revient toujours pas… c’est trop triste d’y penser.”
Lewes secoua la tête, l’air misérable. Lewes leur avait expliqué la véritable raison pour laquelle leur mère avait quitté le Sanctuaire. Et pourquoi la promesse de Rishia n’avait jamais été tenue ? ——La question se prêtait à une réponse horrible.
Garfiel avait vu le décès de sa mère. Et cela correspondait parfaitement à tout.
Émilia : “Je me demande s’ils sont au courant.”
Lewes : “Rishia les a quittés après qu’Frédérica ait atteint l’âge de raison. Je doute qu’elle ait oublié. Et p’tit Gar… et bien, qui sait.”
Émilia : “Je pense que Garfiel se souvient seulement de… non, se souvient aussi. Sinon il ne serait pas si joyeux en regardant Subaru.”
Il était possible qu’Émilia pense à autre chose que Subaru, mais il savait que le passé de Garfiel——ses adieux à sa mère——avait été résolu et qu’il était arrivé à une conclusion. Le problème, c’était que Frédérica et Garfiel n’avaient pas assuré cette conclusion de la même manière. Il se pourrait que Frédérica ressente encore quelque chose de très profond dans toute cette affaire. Il semblait bien que ce soit Frédérica qui évitait Garfiel. C’était l’impression qu’avait Subaru en repensant à leur échange.
Subaru : “Est-ce que tu sais ce qu’y est arrivé à Rishia-san après ça, Lewes-san ?”
Lewes : “… J’me suis jamais d’mandé. Et c’n’est pas un mensonge. Parfois tu n’veux simplement pas connaître la vérité, et j’suis ainsi.”
Lewes détourna les yeux, ignorant la vérité qu’elle avait surement comprise. Subaru n’était pas insensible au point de l’appeler faiblesse. Une ondulation se propagea à travers la surface du thé dans la tasse sur la table. Il regarda la vague se fondre dans le néant, un silence lugubre pesant sur la scène.
Subaru : “Je sens que si ça continue, tout va se terminer en nous mêlant de plus en plus dans leurs affaires comme un duo de fouineurs bruyants, mais comment tu le sens Émilia-tan ?”
Émilia : “Uhrm… J-je préférerais ne pas en arriver là.”
Subaru et Émilia laissèrent Lewes dans la chambre et partirent vers le hall alors qu’ils se questionnaient sur leurs actions, terrifiés qu’aucun résultat décent ne soit produit.
Ils préféraient que ça ne se termine pas sur eux découvrant des racontars et s’adonnant aux rumeurs. Naturellement, leur première priorité était d’améliorer la relation de Garfiel et Frédérica, mais cela faisait partie de la vie que des problèmes surgissaient quand on essayait d’en régler d’autres.
Émilia : “Mais vu que discuter avec Ram et Lewes-san n’a mené nulle part… peut être somme nous à court d’options ? Et Roswaal n’est toujours pas rentré non plus.”
Subaru : “Si nous partons du principe qu’il ne faut pas aller vers une méthode passive du genre “ça va s’résoudre tout seul ‘vec l’temps”, alors on peut en déduire que le problème est probablement familial. Mais où que soit leur mère… ou plutôt, quel que ce soit ce qui lui est arrivé après son départ, n’est pas le problème. C’est leur état d’esprit d’avant comparé à celui actuel, et de comment ils ont surmonté la séparation.”
Émilia : “Ce ne serait pas plus simple de juste les enfermer dans une pièce ensemble ?”
Subaru : “Woaw, je suis choqué qu’Émilia-tan ait un plan aussi barbare.”
Subaru parut surpris, mais Émilia était sérieuse alors qu’elle posait son doigt sur sa lèvre.
Émilia : “Je veux dire ça marcherait, non ?”
Émilia : “Je pense que ce qu’ils ont besoin n’est pas vraiment de temps, mais une raison de commencer à parler. Ils ont considéré tant de choses au cours de ces dix ans… alors s’ils trouvent le moment d’en discuter, je suis sûre qu’ils arriveront à quelque chose.”
Subaru : “Hrnhmhm, mais c’est encore trop passif. Ce n’est pas vraiment différent de l’opinion majoritaire du “ça va s’résoudre tout seul ‘vec l’temps”. Quand les gens disent que “ça va s’résoudre tout seul ‘vec l’temps”, ils veulent dirent que la discussion dont on parle va arriver naturellement dans cette période.”
Émilia : “Alors pourquoi ne pas provoquer cette conversation pour eux ? Je sais que mes idées sont assez extrêmes. Mais je pense que c’est à peu près ce que veulent Ram et Lewes-san. Il n’y a qu’à les laisser faire quand ils ne sont que tous les deux.”
Émilia retira son doigt de sa lèvre et fit un petit signe. Subaru l’écoutait avec ses bras croisés et ses sourcils volontairement crispés.
C’était vraiment tout ce qu’il fallait faire ? Subaru pouvait comprendre son raisonnement. En fait, c’était parfaitement sensé. Il se prenait juste la tête sur de simples craintes. Mais c’était vraiment sûr d’aussi peu s’impliquer ? Ils n’avaient pas besoin de préarranger les choses en détail pour que ça fonctionne ? Rien n’allait coincer, et escalader en complexité ?
Émilia : “Subaru.”
Subaru : “Nuh.”
Soudain Émilia donna une pichenette sur le front de Subaru. Elle le regarda le ramenant à la réalité.
Émilia : “Je sais que tu es un inquiet, et que tu travailles dur pour le bien de tout le monde…”
Subaru : “Tu vas me faire rougir, en disant ça…”
Émilia : “Mais je m’inquiète autant pour toi que toi pour nous. Tu dois savoir que tu n’as pas besoin de tout prendre sur toi. Ils iront bien.”
Subaru : “… Je suppose.”
Avec tout dissipé par le mot “inquiet”, Subaru sentit un poids tombé de sa poitrine. La charge dans son cœur était une sorte de rocher intangible——qu’il supportait seul.
Émilia : “Et je serais heureuse que tu me croies, et suis mes idées aussi parfois.”
Les épaules de Subaru se relaxèrent alors qu’il expirait. Peut être que ce n’était pas la conclusion qu’il poursuivait, mais il semblait que la suite des événements allait suivre le consensus général.
Subaru : “D’accord. Alors on va trouver quelque chose et——”
???: “——Olala, si ce n’est pas Natsuki-san et Émilia-sama. Que faites-vous ici ?”
Et juste au moment où il allait suivre le plan d’Émilia, quelqu’un l’interrompit. Un jeune homme aux cheveux gris qui portait un énorme tas de papier apparut devant eux. Le reconnaissant, Subaru mit sa main sur son menton, pensant. En fait de toutes les personnes importantes dans le manoir, il n’y en avait qu’un avec qui ils n’avaient pas parlé sans compter ceux absents. Avec cette idée, Subaru considéra à quel point l’homme pouvait être utile pour faire tomber ce problème, et acquiesça.
Subaru : “D’accord. Alors on va trouver quelque chose, et faire en sorte que ça marche.”
Homme : “Me permettez-vous de demander pourquoi je me sens comme non-existent dans cette conversation !?”
La réplique de la voix familière se répercuta bruyamment à travers le manoir du seigneur.
