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Web Novel • Arc 04

02La relation de ces sœurs

Artiste du fan-art : kawakun

Toute personne subissant cette scène serait d’accord : c’était insoutenable à regarder.

Garfiel : “S-Salut, sœurette. Ces bagages ont l’air pas mal lourds. B’soin d’mon incroyabl’ personne pour en porter ?”

Frédérica : “Garf… non, ne t’en préoccupe pas. Je ne fais qu’offrir une légère assistance. Ça me gêne d’être sans cesse servie telle une invitée. Ne crains pas de te détendre, Garf.”

Garfiel : “A-ah. B-Bien, compris. Juste appelle s’t’as b’soin de qu’que chose, d’acc ?”

Garfiel se grattait la joue, se tenant debout tandis que Frédérica poussait le chariot. Frédérica l’observa un moment, puis se ressaisit aussitôt et se concentra sur son travail.

Les petites roues roulèrent sur le sol, et leurs sons s’estompèrent au loin dans le couloir du manoir. Garfiel regarda hébété sa sœur s’éloigner.

Subaru : “… Si embêtant.”

Garfiel gratta ses courts cheveux blonds, puis soupira et marcha dans la direction opposée à Frédérica. Subaru posa sa main sur son front, ayant été témoin de cette scène depuis le coin du corridor, déplorant ce terrible échange.

Émilia : “Ils ont eu une semaine pour se calmer et discuter… mais ils ont encore l’air vraiiiment mal à l’aise.”

Émilia déclara cela, cachée dans le même coin et de la même manière que Subaru. Subaru était accroupi alors qu’Émilia espionnait d’au-dessus de lui. Subaru sentit le souffle d’Émilia s’éloigner pendant qu’elle se redressait et utilisait ses lèvres.

Subaru : “C’est la réunion d’une décennie… et avec aucun contact durant. J’avais entendu que leurs adieux n’avaient pas exactement été des plus heureux où ils se souhaitaient mutuellement bonne chance. Je peux deviner que ce soit malaisant, mais…”

Subaru croisa ses bras et pencha la tête. Il pouvait le comprendre, mais ça restait irritant. Énervant. Les regarder lui grattait le dos. Garfiel et Frédérica étaient ainsi depuis leurs retrouvailles. Alors qu’ils prétendaient être en bon terme en public, leur relation était en réalité assez médiocre.

Garfiel pouvait avoir l’air émotionnel et impulsif, mais il était en réalité un surprenant bon acteur quand il y mettait du sien. Et il n’y avait pas besoin de préciser la qualité de la tenue de Frédérica. Ils ne l’avaient probablement pas prévu, mais le frère et la sœur avaient trompé avec succès un bon nombre de personnes en ces quelques jours. Mais c’était évident pour Subaru, qui les avait vus en tête à tête, et maintenant aussi pour Émilia qui en avait été témoin.

Émilia : “On dirait que Garfiel essaie de l’approcher, mais que Frédérica ne parvient pas à le regarder dans les yeux. Même s’ils sont enfin ensemble. Pourquoi ?”

Subaru : “C’est dur de profiter des retrouvailles lorsque les aurevoirs ont été si troublés. Je veux dire, je ne fais que ressortir mes connaissances en manga là… Je pense que le problème est Frédérica.”

Émilia avait raison——Garfiel était ouvert à la discussion avec Frédérica. Mais Frédérica semblait moins promettante. Frédérica devait se sentir fautive envers son frère qui avait été laissé derrière au Sanctuaire. Durant tout ce temps, Garfiel avait dû aiguiser ses crocs pour protéger son têtu cœur d’enfant. Ce qui avait constitué un tiers des obstacles que Subaru avait dû surmonter au Sanctuaire. Oui, Frédérica était partiellement responsable de l’attitude de Garfiel.

Mais cela étant dit, Frédérica n’avait pas délibérément ravagé Garfiel, et personne n’était en tord ici. En fait si quelqu’un était en tord, ce serait Roswaal. Alors ni Subaru ni n’importe qui d’autre ne pouvait blâmer Garfiel ou Frédérica.

——Mais il semblait qu’ils le ressentaient différemment.

Subaru : “Ah, quel bordel…”

Il retombait sur Frédérica d’avoir un sens excessivement élevé de responsabilité. Frédérica était partie dans le monde extérieur pour pouvoir créer un lieu pour les habitants du Sanctuaire après que la barrière serait détruite. Elle avait déployé une incroyable noblesse et un lourd fardeau pour une fillette d’environ 10 ans. Peut-être que son ambition avait été la cause de son abandon de Garfiel.

Ultimement le Sanctuaire fut perdu, et les craintes de Frédérica s’exaucèrent. Mais grâce à ses actions, ils y avaient des endroits prêts à les recevoir, aussi éparpiller et croulant qu’ils fussent. Et c’était quelque chose dont elle tirait une grande fierté. Mais elle ressentait tout de même plus de culpabilité que d’orgueil. Parce que son sens de la justice devait être très aigu.

Subaru : “C’est quoi le problème, tu ne peux pas faire ça. Quand tu fais quelque chose d’incroyable, tu dois te gonfler de fierté.”

Émilia : “Mm. Je suis d’accord. Et comme tu penses avoir fait quelque chose de mauvais, excuse-toi. Ensuite ils te pardonneront… Je veux juste les voir se réconcilier.”

Garfiel et Frédérica avaient disparu du couloir. Émilia regarda le coin où les deux s’étaient opposés, et ses yeux améthyste se plissèrent. Subaru la regarda et acquiesça.

Subaru : “Ouais.”

Subaru : “Bon. On va leur donner un petit coup de pouce pour les sortir de là.”

Émilia : “Un coup de pouce… tu veux dire, les réconcilier ?”

Subaru : “Ouais. On a une relation frère-sœur, sœur-frère, humaine compliquée ici. Si l’ambiance est si poisseuse qu’ils ne peuvent bouger, alors que penses-tu d’un troisième groupe qui causerait assez de remous pour faire remuer les choses ?”

Subaru claqua ses mains, puis leva son doigt durant sa proposition. Émilia le considéra un moment en silence, puis approuva d’un hochement déterminer.

Émilia : “Tu as raison. Mmhm, les familles devraient s’entendre. Allez. Faisons-le. Faisons de notre meilleure véhémence pour les réconcilier.”

Subaru : “Qui dit encore “véhémence” de nos jours ?”

Subaru murmura cela tandis qu’Émilia motivée serrait ses mains en petits poings. Tout en pensant : ah, ça faisait un moment que je ne l’avais pas ressorti celle-là.


Le sursis des difficultés liées au Sanctuaire n’avait pas été court, car les deux problèmes de terrible post-traitement et de logement avaient assailli la faction d’Émilia.

Les plans de Roswaal (partie dont il disait être innocent) avaient réduit le manoir en cendre. Ils pourraient le reconstruire, mais avec un bâtiment qui avait été brûlé jusqu’à un tas de cendre cela prendrait du temps. Il semblait qu’il n’existait aucune magie assez convéniente pour reformer des objets qui avaient perdu leurs formes ou autres techniques d’alchimiste de fer, pour ériger des constructions en un instant. Leurs seuls choix étaient de contacter un bâtisseur d’une ville ou d’un village proche, ou bien un architecte spécialisé dans les demeures de nobles et villas, pour le construire.

Roswaal : “Ceeeeeependant, ce manoir n’était pas ma résidence principale… c’était un endroit discret pour protéger Émilia-sama en progressant vers la Sélection Royale. J’avais prévu de partir pour la résidence principale peu après que la Sélection ait débuté. Aloooooooors ce n’est pas un aussi grand problème queeeee vous le faites paraître.”

C’est ce que Roswaal avait dit lorsqu’ils avaient commencé à chercher un lieu où se s’établir. Apparemment, la famille Mathers avait plusieurs manoirs sous la main, et la maison principale avait déjà été apprêtée comme leur base d’opérations.

Personne ne résidait dans le domaine central, sauf ceux qui entretenaient l’endroit. Une fois que les ouvriers auraient tout préparé pour accueillir leurs maîtres, le groupe y installerait son quartier général. Mais où demeureraient-ils d’ici là ?

Roswaal : “Pas de crainte, çaaaaaaaa a déjà été prévu. Certains de mes proches ont un manoir dans une province nooooooooon loin du Sanctuaire. Ils sont une branche de la famille Mathers. Nous pourrons rester pour un moment. Bien que je soupçonne que le grand nombre d’invités les ébranlera.”

“Proches de Roswaal” était une phrase incroyablement troublante, mais personne n’avait de meilleur plan. Après cette discussion, les principaux membres de la faction d’Émilia partirent au nouveau manoir, tandis que les habitants d’Arlam et du Sanctuaire se rendirent au village d’Arlam. Peut-être pour que les résidants du Sanctuaire puissent être acceptés comme résidents d’Arlam, ils avaient été volontairement présentés dans d’autres villages du territoire de Roswaal. Frédérica était celle qui avait posé les fondations, et tout cela devait être considéré comme son accomplissement.

Bien que tous les habitants du Sanctuaire étaient en partie des demi-humains, ils étaient aussi tous de sang-mêlés. Aucun d’entre eux n’était trop différent d’un être humain ordinaire, alors il ne serait pas trop difficile de s’y fondre. Et bien qu’ils aient des coutumes différentes en raison de leur ignorance du monde extérieur, les bons habitants d’Arlam leur enseigneraient sûrement les bases sans hésiter.

Tout semblait pouvoir être réglé, mais les problèmes aller continuer d’apparaître. Même si, aucun trouble évident n’était en train de se produire, vu que tout le monde faisait de leur mieux. Subaru pria pour que tous les problèmes notables se règlent avant qu’ils ne puissent arriver.

——Et il avait donc jugé que les troubles relationnels de Garfiel et Frédérica devraient être réglés durant cette heureuse, ennuyante période.


Subaru : “Et ainsi le super plan : “faire Redevenir Garfiel et Frédérica Amis à nouveau” commence… c’est notre point de départ, as-tu des suggestions ?”

Ram : “C’est ça la première chose que tu me dis en rentrant dans la chambre ? Empiéter sur ma paix est une lourde infraction à payer, Barusu.”

Ram dit cela d’une voix sans émotion, assise en l’observant. Son visage était aussi inhabité d’émotion que toujours, mais la relation de Subaru avec elle lui permettait de trouver quelques brides de sensibilité dans ses yeux. En tant qu’interprète qualifié des émotions de Ram, Subaru jugea qu’elle était actuellement “mécontente”.

Subaru : “Je sais que tu me regardes souvent comme ça, mais est-ce que ça veut dire que tu es basiquement systématiquement mécontente d’interagir avec moi ? Tu n’es jamais lassé d’être contrarié toute la journée ?”

Ram : “Rassure-toi. Je ne le suis que lorsque je parle avec quelqu’un d’ennuyeux ou inutile.”

Subaru : “Je vois, super al… non attend.”

Subaru fronça les sourcils envers Ram alors qu’elle sous-entendait qu’il était un des deux. Ram expira en voyant la réaction de Subaru puis ferma le livre dans ses mains. Elle se leva de son siège et le proposa à Émilia, qui se tenait derrière Subaru.

Ram : “Vous voilà, Émilia-sama.”

Émilia : “Je te remercie. Mais ça ira. Je sais que ce serait épuisant si nous restions trop longtemps, alors nous aurons terminé rapidement.”

Ram : “Je vois. Alors je vais l’accepter volontiers.”

Subaru : “Donc tu ne me l’offres pas à moi. Tu ne rigoles pas sur le volontier, hein, grande-soeur.”

Subaru haussa les épaules alors que Ram se rasseyait dans le fauteuil. Mais quelque chose que Subaru avait dit fit froncer légèrement les sourcils de Ram. Elle devait réagir au mot “sœur”.

Émilia : “Rem-san reste dans le même état qu’auparavant.”

Ram : “En effet, encore aujourd’hui elle dort si silencieusement que l’on ne peut dire si elle est en vie.”

Émilia parla avec inquiétude, et Ram répondit en baissant légèrement la voix. Sur le lit à côté de la chaise de Ram, où ils regardaient, sommeillait une fille. Avec des cheveux courts et bleus et un visage identique à celui de Ram. Elle était vêtue d’une robe bleu clair, et la taille de sa poitrine qui repoussait la couverture vers le haut était la seule différence entre elle et Ram.

Évidemment, cette fille s’appelait Rem. Elle était restée endormie pendant l’incendie du manoir et leur relocalisation. Tant qu’ils n’auraient pas enlevé ce qui causait cela, elle perdurerait probablement assoupie pour toujours.

Subaru : “Est-ce que tu penses l’avoir accepté maintenant ?”

Ram : “Je te l’ai dit. Je ne suis pas si crédule au point de tout croire alors que je ne lui ai toujours pas parlé… Bien que ce que je vois soit bien trop évident pour pouvoir le rejeter entièrement.”

Des émotions complexes émergeaient dans les yeux de Ram, et Subaru finit par froncer les sourcils. L’expression de Ram qui regardait Rem dormir était terriblement mélancolique du point de vue de Subaru, étant donné qu’il connaissait leur relation. L’aîné gâtait la cadette, et la cadette admirait l’aîné. La relation de Rem et Ram était l’image parfaite d’un bel amour familial.

Alors que Rem dormait, la mémoire de Ram ne contenait ni le nom, ni le souvenir, ni l’existence de sa sœur bien-aimée. Subaru savait que cela arriverait, il avait anticipé que cela arriverait, mais cela le rendait tout de même horriblement inconsolable. Mais même ainsi…

Subaru : “Tu dis que c’est complexe, mais tu viens lui rendre visite tous les jours.”

Ram : “… Je me demande. Honnêtement, moi même je ne sais pas ce que j’essaie de faire. Mais cela me calme d’être avec cette fille que tu appelles ma sœur. … Non, une partie de moi est instable aussi, mais…”

Subaru : “Instable ?”

Ram : “Parce que je vois mon propre visage… ce n’est pas vraiment ça. Quand je la regarde dormir, je sens quelque chose remuer dans mon cœur. C’est comme si je poursuivais de la brume, quelque chose que mes mains ne pourront absolument jamais attraper.”

Ram mit sa main sur sa poitrine. Subaru déglutit doucement. Tout le monde, sauf Subaru, avait oublié Rem, mais elle n’en restait pas moins une épine dans le pied de sa seule sœur de sang, Ram. Ram ne semblait pas connaître le nom de cette épine, mais si c’était quelque chose que Rem avait laissé à sa chère sœur aînée, alors cela constituait un indice plus que suffisant.

Subaru : “Je suis prêt à te raconter tout ce que je peux sur ce qu’elle est ou le temps que nous avons passé.”

Ram : “Je pense que nous ne devrions pas.”

Subaru offrit d’aider Ram à recouvrer ses souvenirs, mais Ram secoua la tête. Subaru fronça les sourcils tandis que Ram posa sa main sur son menton dans ses pensés.

Ram : “C’est cette profondeur inaccessible. C’est comme s’il y avait une brèche en moi, là où elle était. Et s’il y en a une, tout ce dont tu la rempliras sombrera à coup sûr. Et même maintenant, rien que d’entendre qu’elle est ma sœur… son apparence est la preuve la plus évidente, mais ça ne me semble toujours pas réel. J’ai l’impression qu’au moment où j’arrêterai ces visites quotidiennes… même ce que je ressens maintenant va disparaître.”

Émilia : “… C’est donc ça la malédiction de la Gourmandise du Culte de la Sorcière ?”

Émilia intervenait, comme si elle ne pouvait pas laisser passer le sujet. Ram leva les yeux pour trouver Émilia, les sourcils baissés, dans un rare élan de colère.

Ram : “Un immonde festin de noms et de souvenirs… Je n’ai jamais eu une grande estime du Culte de la Sorcière, mais là c’est certainement aberrant.”

Émilia : “Culte de la Sorcière.”

Émilia murmura doucement cela, le regard baissé. Alors que les spéculations de Ram surprenaient Subaru, leurs malices le fit aussi grimacer. Cela ne semblait pas réel pour Subaru, qui se souvenait clairement de Rem, mais ce n’était pas que l’existence de Rem “manquait” dans les souvenirs de Ram et Émilia. C’est qu’elle “manquait perpétuellement”. Tel le sable qui ne cesse de tomber d’un sablier, c’était continu, permanent, maintenant et pour toujours.

Subaru : “Nous ne pouvons rien faire à moins de stopper la cause…”

Plus Subaru parlait de leurs souvenirs ensemble, plus le sable tomberait rapidement. Peut être que même Subaru allait les oublier à la seconde où il les raconteraient. Ram était inquiète que Rem disparaisse du monde——ou du moins cela devait être une partie.

Ram : “Il semblerait que vous ayez quelque pensées envers le Culte, Émilia-sama.”

Subaru mordit sa lèvre alors que Ram leva ses yeux vers Émilia. Ses pâles joues se raidir avec les yeux cerise de Ram sur elle, avant de lentement acquiescer.

Émilia : “J’ai beaucoup médité à propos de la Sorcière. Parce que j’ai été tant maudite pour lui ressembler… mais, le Culte est…”

Ram : “——”

Émilia : “Apparemment c’est quelque chose que j’ai voulu oublier. Mais je ne peux regarder celui dont je me souviens et l’actuel comme le même. Qu’est-ce qui est arrivé depuis, pour qu’il soit ainsi maintenant ?…C’est quelque chose que je veux découvrir.”

Subaru : “Je ne veux pas vraiment le dire, Émilia-tan, mais… tu comprends que ce ne sont pas vraiment des personnes avec qui tu peux communiquer ? Cela va probablement se terminer en expérience douloureuse.”

Il ne voulait pas empiéter sur la volonté d’Émilia, mais c’était injuste pour lui qu’il ne le dise pas. Le Culte de la Sorcière que Subaru connaissait était une énorme masse de malice construite par une bande de fous religieux. Il ne savait ce qu’ils étaient. Mais c’était à quoi ressemblait le Culte maintenant.

Émilia : “Merci de t’inquiéter pour moi.”

Les inquiétudes de Subaru firent sourire légèrement Émilia, et elle secoua la tête.

Émilia : “C’est bon, je comprends. Mais ce qui est arrivé dans mes souvenirs, et les personnes avec qui j’étais… c’était il y a un siècle. Il n’y a aucun moyen qu’ils soient toujours en vie. Cent ans sont taaant dans l’espérance de vie d’une personne. Je ne pense pas les rencontrer de nouveau.”

Subaru : “Mais tu veux quand même savoir ce qui est arrivé… pas vrai ?”

Émilia : “Je suis désolée je sais que c’est égoïste. Mais je pense que je suis la seule qui ait besoin de savoir. Car je suis la seule à avoir vu ce qui est arrivé, et les sentiments qu’il y avait… et ce que Geuse et mère ont ressenti.”

Les yeux d’Émilia étaient tristes alors qu’elle imaginait les deux, mais sa bouche resta figée dans un doux sourire. Il y avait le nom de sa mère, et Geuse. C’étaient des souvenirs importants pour Émilia, et apparemment liés à l’ancien et complètement différent Culte de la Sorcière.

Subaru : “Je ressens quelque chose de très mitigés ici, Geuse-san…”

Subaru se murmura cela à lui-même avec un soupir, un peu rancunier envers quelqu’un qu’il n’avait jamais vu. Émilia ressentait de la familiarité et du chagrin pour ce nom, et l’entendre donnait à Subaru des sentiments complexes. Si le Culte de la Sorcière n’avait pas changé de cap depuis l’arrivée de “Geuse”, Émilia n’aurait probablement pas traversé une telle crise. S’il devait être l’allié d’Émilia de toute façon, Subaru aurait apprécié qu’il reste à ses côtés du début à la fin.… le genre de ressentiment égoïste qu’il se prenait à penser.

Ram : “——Je doute de pouvoir être aussi aimable que vous, Émilia-sama.”

Bien qu’elle était toujours aussi silencieuse, sa voix était pleine d’une animosité glaçante. Le souffle de Subaru devint bruyant alors qu’il observait Ram et qu’elle contemplait Rem. Son visage était sans expression, mais le reflet dans son œil était d’une rougeur choquante.

Ram : “Les détails du Culte de la Sorcière n’ont rien à faire avec moi. je ne vais pas objecter contre vos désirs d’entendre leur histoire, Émilia-sama. Je ne vais pas le faire, mais souvenez-vous bien que ma vengeance est une toute autre histoire.”

Émilia : “Ram…”

Ram : “Je me fiche de ce Culte ou de la Gourmandise, mais je retourne ce que l’on me donne, que ce soit dettes ou hostilités. Démembrer cet infernal mangeur de coeur ne sera toujours pas suffisant pour moi.”

Une rage macabre déborda de Ram, sa petite carrure semblait s’obscurcir. Comme si un géant était présent, émettant une présence écrasante——vraiment, comme si un oni était là.

Ram : “Je vais éviscérer la Gourmandise si assidûment que cela provoquera l’admiration.”

C’était moins une “résolution” et plus une “sentence à mort”. Le contenu était absent, et son ton parfaitement calme. Mais tout du moins, c’était sans aucun doute une sentence de mise à mort——c’était comme si un pic de glace avait percé la colonne vertébrale de Subaru, le faisant même hésiter à parler.

Subaru : “——”

Ainsi, le silence tomba dans la pièce. Même le bruit de son agitation semblait risquer de rompre l’atmosphère tendue, si bien que Subaru ne pouvait pas bouger. Ce qui brisa l’ambiance stressante, ce fut en fait la personne qui l’avait provoquée.

Ram : “Cela ne me ressemblait pas de dire ça.”

Elle soupira, et la dense atmosphère disparut complètement. Subaru baissa ses épaules de soulagement,

Subaru : “Non, ce n’était pas contraire à toi. La Ram que je connaissais était quelqu’un qui devenait violent quand les choses impliquaient sa petite sœur.”

Ram : “…Je vois.”

Les déclarations de Ram avait été troublantes, mais elle ne pensait certainement qu’à Rem lorsqu’elle les avait prononcées. Subaru ne l’évalua que sur ce seul point, les sentiments de Ram le soulagèrent. En plus, Subaru ne pouvait pas pardonner la Gourmandise lui-même. S’il le pouvait, alors il voulait son cou pour lui-même, sans même le remettre à Ram.

La sensation de meurtre. ——La conclusion troublée de son combat avec Petelgeuse n’avait laissé que peu de sensation directe dans les paumes de Subaru. Peut-être que l’hésitation de Subaru à prendre une vie pourrait le bloquer au moment critique. Mais il ne pouvait pas pardonner la Gourmandise, et il aurait la résolution de le faire si c’était pour sauver Rem.

Subaru se gratta la tête, ses pensées sombres ne transparaissent pas dans son expression. Ram l’observa grièvement, et Émilia le regarda plutôt avec inquiétude, mais Subaru réussi à leurs sourires à toutes les deux, sûrement.

Subaru : “…On est vraiment parti hors sujet.”

Ram : “Tu as raison. Alors, vu que tu t’introduis devant moi pendant que je profite de ces vacances inattendues, je suis sûre que ton affaire doit être importante ?”

Subaru : “Pourquoi es-tu si audacieuse quand tu peux profiter des gens ? Frédérica est à ta place et elle se sent si désolée d’être traitée comme une invitée qu’elle aide dans le manoir…”

Ram : “Je suis blessée. Et c’est Frédérica qui ne sait pas lire l’ambiance en travaillant alors qu’elle est reçue en invitée… Elle ne peut pas rester calme quand elle est avec Garf, et Clind l’y incite aussi.”

Subaru : “Clind-san ?”

C’était le nom du jeune majordome de la famille Mathers qui s’occupait de Subaru et des autres. Il était beau, avec un visage élancé, qui dégageait une phénoménale aura de grâce et de capacité. Il donnait une impression similaire à Julius, mais contrairement à lui, Clind était poli et incroyablement prévenant. C’est pourquoi Subaru trouvait étrange que Ram ne semble pas l’apprécier. Mais c’était peut-être ce à quoi tout le monde ressemblait pour Ram quand ils n’étaient pas Roswaal.

Ram : “Tu devrais demander à Frédérica et à Clind eux-mêmes sur leurs terribles interactions. Quoi qu’il en soit, j’aimerais revenir à ma lecture, alors faites vite vos déclarations.”

Émilia : “Je suis désolée, on a trop parlé. Je pense que Subaru l’a mentionné au début, c’est au sujet de Frédérica et Garfiel…”

Émilia changea courageusement de sujet. L’idée d’un “Faisons quelque chose à propos de la relation gênante entre Garfiel et Frédérica” était bonne et tout, mais Subaru et Émilia s’étaient rapidement retrouvés absolument coincés sur ce qu’il fallait faire. Et aucun des deux n’étaient très expérimenté en matière de reconstitution des relations entre frères et sœurs.

Subaru était un enfant unique bien établi, tout comme Émilia. Aucun d’eux n’avait eu la chance d’avoir des frères et sœurs, donc rien ne leur venait à l’esprit lorsqu’il s’agissait de relations de sang non parentales. Et dans le cas de Garfiel et Frédérica, ils n’avaient pas de relations parentales ordinaires, mais nous laisserons cette partie de côté.

Ils s’étaient donc promenés dans le manoir à la recherche de conseils et avaient rendu visite à Ram, qui restait dans un endroit fixe. Et Subaru la considérait comme la sœur la plus proche qu’il connaisse. Bien que sa relation avec Rem ait disparu de la mémoire de tous, sauf de celle de Subaru, il espérait que Ram aurait quelque chose d’utile à dire, vu qu’elle et sa sœur avaient une si bonne relation. Et même en faisant abstraction de cela, Ram était l’ami d’enfance de Garfiel et Frédérica. Peut-être qu’un extrait d’un épisode que Subaru n’avait pas vécu lui permettrait de trouver une approche pour combler ce fossé qui durait depuis dix ans.

Émilia donna presque à Ram un regard d’espoir, quand ses lèvres s’arrêtèrent. Subaru pencha la tête vers l’Émilia gelée, se demandant ce qui s’était passé, avant de suivre son regard——et de se figer également.

Ram : “… Quoi ?”

Ram rétrécit les yeux, l’air terriblement mal à l’aise. Dans ses mains, elle tenait un livre, qu’Émilia et Subaru fixaient du regard.

Le titre, “Comment se rapprocher de votre petite sœur”, était horriblement critique à l’égard de l’affaire actuelle.

——Il semblait qu’ils ne soient pas les seuls à se sentir désemparés face aux relations entre frères et sœurs.

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