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Web Novel • Arc 02

13Le matin promis est lointain

Artiste du fan-art : かめきち

Roswaal : “Aloooors, comment s’en est sorti Subaru-kun ?”

C’était la nuit——le soleil s’était déjà couché sous le ciel de l’ouest, remplacé par un croissant de lune rayonnant——lorsqu’un rapport secret était rédigé.

La pièce était grande, et au centre, il y avait un canapé et une table pour accueillir les invités. Au fond, il y avait un bureau en ébène et un fauteuil en cuir pour le maître de la pièce.

Le bureau était jonché de papiers et de plumes et une tasse encore fumante à côté dégageait un léger et doux arôme.

C’était une pièce au centre de l’étage supérieur du manoir que l’on pouvait juger comme étant un bureau au premier abord.

Assis dans un fauteuil en cuir, celui qui avait donné le coup d’envoi était un homme à l’allure douce, aux longs cheveux de couleur indigo et aux yeux bleus et jaunes——Roswaal.

Bien qu’il ait posé la question à voix basse, il ne faisait aucun doute qu’elle avait atteint son interlocutrice. Pourquoi ne l’aurait-elle pas fait ? La personne avec laquelle il avait une conversation secrète était assise près de lui. Elle était assise de côté sur ses genoux, rendant son petit corps encore plus fin.

Roswaal : “Cela fait cinq jours depuis ce baratin… non, quatre jours et demi. Ne serait-il pas teeeemps que tu voies quelque chose ?”

Ram : “Voyons voir. ——Il n’est pas bon.”

Celle à qui on murmurait à l’oreille et qui se laissait docilement caresser les cheveux roses était Ram. Il n’y avait qu’elle et Roswaal dans la pièce. Sa sœur jumelle, qui était comme son autre moitié, n’était pas là.

C’était simplement parce que ce n’était pas Rem, mais Ram, qui était l’instructrice de Subaru. Roswaal parut surpris par sa réprimande sans équivoque, puis éclata de rire. Il toussa même un peu.

Roswaal : “Ahaaa, je vois, alors il n’est pas bon.”

Ram : “Barusu ne sait rien faire, il ne sait pas cuisiner, se moque du nettoyage et respire bruyamment quand je lui demande de faire la lessive. Je ne peux lui faire confiance pour aucune de ces tâches.”

Roswaal : “C’est tout à fait teeerrible pour un domestique, surtout la dernière chose.”

Je suppose qu’on ne peut rien y faire puisqu’il a cet âge, pensa Roswaal en souriant ironiquement. Ram regarda son maître en pensant à ce qui s’était passé au cours des quatre derniers jours. Chaque fois qu’elle se remémorait ces moments brefs, mais riches, même un étranger serait capable de dire que son beau visage se tendait tandis que le masque de l’indifférence tombait.

Roswaal : “C’est rare de voir une telle expression sur toi, il est si mauvais que ça ?”

Ram : “Il n’est absolument pas bon, ce n’est pas qu’il est mauvais dans ces domaines, c’est comme s’il ne savait pas comment faire ces choses. Il a dû être très bien élevé, mais il manque d’étiquette si c’est le cas.”

Roswaal : “Oh, et j’ai entendu dire que tu aaaas été beaucoup questionné.”

Ram : “Ses questions étaient aussi déroutantes. Je ne sais pas quoi faire de lui.”

Ram donna des exemples de certaines de ces questions à Roswaal, qui haussa un sourcil. Il prêta une attention particulière à chacune d’entre elles.

Il posa sa main sur son menton, avec l’air de réfléchir.

Roswaal : “Hmmm, en effet, les choses qu’Émilia-sama aime sont un mystère.”

Ram : “Roswaal-sama, Roswaal-sama, votre pose ressemble à celle de Barusu.”

Roswaal : “Mmmmm, c’eeest embarrassant. C’est frustrant… de penser que j’ai pris du retard dans l’arène des monstres, des pervers et des excentriques.”

Ram soupira, essayant de ne pas se faire remarquer par son maître qui fronçait les sourcils, et réfléchissait sérieusement à ce qu’il venait de dire. Elle changea alors de position dans ses bras et se blottit plus étroitement. Elle tomba plus profondément dans ses bras, puis ferma les yeux pour savourer sa chaleur, une grande paume caressant doucement ses cheveux roses.

Roswaal : “Bon, Ram, soyons sérieux maintenant. ——Alors, que penses-tu de la possibilité qu’il soit un espion ?”

Roswaal poursuivit sans changer de ton, un sourire toujours présent sur son visage. Sa question ne précisait pas qui, mais Ram savait de qui il parlait.

Ram garda les yeux fermés et se rappela le visage d’un homme, mais pas de celui dont elle ressentait la chaleur.

Ram : “Je ne peux pas nier cette possibilité, mais les chances sont minces.”

Roswaal : “Hmmmm, pourquoi penses-tu cela ?”

Ram : “En bien ou en mal… plutôt en mal… il se démarque beaucoup. La façon dont il a infiltré ce manoir et les choses qu’il a faites par la suite… et en premier lieu, il se distingue lui-même comme un bon à rien.”

Sa réponse sortit en balbutiant, mais de manière cohérente.

Malgré la réponse négative de Ram, Roswaal sourit doucement, comme s’il en était satisfait. C’était le sourire d’un maître qui disait : Je comprends. Et bien qu’il n’ait pas dirigé ce sourire vers elle, Ram sentit ses joues s’échauffer.

Roswaal : “Eh bien, cela a du sens. Et si c’est le cas, alors il est vraiment une tierce partie avec de bonnes intentions.”

La chaise grinça lorsqu’il changea de position. Il faisait face à son bureau jusqu’à présent, mais il était maintenant tourné du côté opposé——vers la grande fenêtre, où il pouvait voir la lune briller de mille feux.

Il plissa ses yeux bicolores, et la vue en dessous le fit sourire alors qu’il parlait.

Roswaal : “Maaaais, on dirait qu’il ne sait pas quand abandonner.”

La vue depuis la fenêtre était celle du jardin du manoir. Il était entouré d’une clôture un peu plus haute et d’arbres. Le jardin n’était pas visible de l’extérieur, mais on pouvait clairement le voir depuis la fenêtre du manoir.

Dans un coin du jardin éclairé par le clair de lune, on pouvait voir une fille aux cheveux argentés et un garçon aux cheveux noirs parler.

Le garçon parlait à la fille de façon unilatérale, comme d’habitude. Mais la fille qui l’écoutait n’avait pas l’air mécontente du tout.

Roswaal : “Ce spectacle me fait sourire. C’est le genre de passion que je n’ai plus.”

Ram : “Ça rend les femmes heureuses d’être approchées à ce point.”

Ram répondit cela même si c’était peut-être juste Roswaal qui se parlait à lui-même.

En ouvrant les yeux, Ram remarqua que son maître la regardait de très près.

Ses lèvres frémissèrent doucement, ses yeux humides rencontrèrent ceux de Roswaal. Mais il continua à parler quand même.

Roswaal : “As-tu une haute opinion de Subaru par hasard ?”

Ram : “…Il n’est pas bon, mais je ne pense pas qu’il soit mauvais. Il n’est pas mauvais lorsqu’il s’agit d’apprendre les tâches ménagères, puisqu’il ne les connaît tout simplement pas.”

Les yeux de Ram montraient de l’insatisfaction. Roswaal rit vaguement de sa réponse un peu froide, puis effleura doucement sa joue avec la main qui avait peigné ses cheveux.

Roswaal avait répondu aux attentes de la jeune fille dont les yeux palpitaient d’euphorie. Il ferma ensuite tranquillement les yeux et réfléchit à sa réponse.

C’était inhabituel pour Ram de complimenter quelqu’un. Elle avait dit que Subaru s’améliorerait s’il avait la chance d’apprendre des choses. Il semblait que le garçon aux cheveux noirs devait être très apprécié par elles.

Et cela rendait Roswaal heureux.

Roswaal : “Vu ma position, je doiiiis être un obstacle pour lui.”

Roswaal murmura cela en regardant le jardin de son œil jaune.

Ram : “Les deux sont des enfants, donc rien ne se passera même s’ils sont laissés à eux-mêmes.”

Roswaal : “Tu as raison sur ce point.”

De faibles rires résonnèrent dans le bureau alors que les rideaux de la fenêtre qui donnait sur la rencontre entre la fille et le garçon étaient tirés.

——Même la lune ne pouvait pas voir ce qui se passait dans le bureau après ça.


C’était au moment où la lune brillait fièrement au centre du ciel et lorsque Subaru était de bonne humeur.

Il lissa les plis du costume de majordome qu’il portait et regarda par la fenêtre pour vérifier à nouveau son apparence.

Cela faisait quatre jours qu’il avait commencé à porter ça, assez longtemps pour qu’il s’y habitue.

Subaru : “Pas trop minable, pas trop minable du tout, moi. Je vais bien, je peux le faire. On dit que les gens sont cinquante pour cent plus beaux que d’habitude dans le miroir après avoir pris un bain. J’ai l’impression de vivre ce phénomène en ce moment.”

Qu’il ait l’air 50 % plus beau objectivement ou non était un mystère, mais se le répéter sans cesse était assez important.

Avec l’aura d’un beau gosse, il prit une profonde inspiration et s’avança.

Marchant sur l’herbe rase du jardin, il se dirigea vers un coin vert, un endroit entouré de grands arbres, recevant la plupart de la lumière de la lune.

Une jeune fille y était assise, entourée d’une lumière pâle, ses cheveux argentés scintillant dans le clair de lune.

Une lueur bleu pâle——un phénomène similaire à la lumière des lucioles——entourait la jeune fille, et Subaru savait ce qu’ils étaient : des esprits.

Même en tenant compte de ce fait, cette vision merveilleuse avait un charme diabolique qui ne lâchait pas le cœur de l’observateur.

Subaru s’arrêta et resta bouche bée. La jeune fille, qui chuchotait les yeux fermés, ouvrit brusquement les yeux comme si elle avait remarqué sa présence. Les deux joyaux améthystes le virent s’avancer vers elle.

Le cœur de Subaru palpita légèrement après avoir été repéré avant qu’il ne puisse l’appeler. Il leva la main, essayant de ne pas montrer à quel point il était agité.

Subaru : “Sa-salut. Quelle coïncidence ! Qui aurait pu penser qu’on se retrouverait ici comme ça ?”

Émilia : “Tu interromps ma routine tous les matins, alors comment peux-tu dire ça ? Et comment ça peut être une ‘coïncidence’… On ne vit pas sous le même toit ?”

Le flux de la conversation passa de Subaru ne pouvant cacher son agitation à Émilia répondant par un soupir, ce qui n’était pas inhabituel.

Subaru prit une vive inspiration face à son attitude et se dit “Tu peux le faire !” pour se remonter le moral.

Subaru : “Entendre ‘nous vivons sous le même toit’ m’excite vraiment.”

Émilia : “Tu dis ça parfois, mais que veut dire ‘excité’ ? Ça a l’air vraiment, vraiment flippant.”

Émilia se serra les épaules et frissonna comme si elle avait ressenti un courant d’air. Voyant sa réaction, Subaru sourit et s’assit nonchalamment juste à côté d’elle. La distance qui les séparait était de trois poings, et cette distance incertaine entre eux était le signe qu’il était une mauviette.

Il semblait qu’Émilia s’était habituée à ce que Subaru s’assoie à côté d’elle comme ça, alors elle ne lui fit pas remarquer. Vu qu’il s’était assis à côté d’elle pendant sa routine matinale et aux repas, il n’était pas étonnant qu’elle n’ait plus d’énergie pour le faire.

Subaru levait le poing intérieurement devant son acceptation tacite. Par conséquent, sa voix suintait désormais naturellement d’une joie incontrôlable.

Subaru : “Alors, alors, qu’est-ce que tu fais ? Qu’est-ce que tu fais ?”

Émilia : “Tu es comme un enfant… C’est juste une extension de ma routine matinale. Je peux rencontrer la plupart des esprits le matin, mais il y en a quelques-uns que je ne peux rencontrer que pendant le Soleil Sombre.”

Comprenant ce qu’elle voulait dire, Subaru répondit par un hochement de tête. Le Soleil Sombre était une expression du temps spécifique à ce monde, qui allait d’environ six heures du soir à six heures du matin, soit un total de 12 heures. Au contraire, le temps de six heures du matin à six heures du soir était appelé Soleil Brillant. Ils étaient utilisés à la place des AM et PM employés dans le monde de Subaru.

D’ailleurs, une journée correspondait à 24 heures et était presque aussi longue que dans son monde. Le temps où les gens étaient actifs était le même, donc Subaru était soulagé que son horloge interne n’ait pas été perturbée.

Le temps avait d’autres classifications, mais Subaru n’en avait pas encore appris beaucoup. C’est parce que son aîné, qui avait une politique d’entraînement sévère, avait donné la priorité à l’enseignement des compétences professionnelles plutôt qu’à ce genre de choses. On dirait qu’elle voulait vraiment se faciliter les choses.

Ses sentiments refoulés à propos de ses quatre jours d’entraînement éreintants se répandirent intérieurement. Mais pendant qu’il faisait cela, Émilia continuait à discuter avec les amis avec lesquels elle ne pouvait parler que pendant Soleil Sombre.

Un ami que l’on ne pouvait rencontrer que pendant la nuit, ça avait quelque chose d’envoûtant.

Subaru se sentait étrangement gêné et se frottait le nez. Tout en continuant à observer la conversation tranquille entre Émilia et les esprits, il marmonna,

Subaru : “On dirait des feux follets.”

Les esprits, qui étaient calmes jusque-là, commencèrent à se déplacer rapidement, entourant le visage de Subaru——peu après, il sentit soudainement une douleur aiguë.

Subaru : “Buwah ! Ow, ow, ow ! J’ai l’impression d’être piqué par des cure-dents !”

Émilia : “Ne les mets pas en colère en disant quelque chose d’aussi insensible ! Ils ne m’écoutent plus.”

En arborant une attitude indifférente envers Subaru alors qu’il était attaqué par les esprits, il semblait qu’Émilia partageait leurs sentiments. Cependant, elle montra sa vertu lorsqu’elle dit,

Émilia : “On ne peut rien y faire.”

Elle lança alors une magie de guérison sur lui, toujours en douleur après que les esprits aient cessé leur attaque.

Une lueur pâle soulagea la douleur de Subaru, et une fois qu’il eut fini de se rouler par terre, il leva les yeux vers Émilia. Alors qu’il était allongé, elle continuait sa merveilleuse rencontre avec les esprits juste devant lui.

Soudain, Subaru remarqua qu’il regardait la belle fille et les esprits avec admiration. C’est ce qui l’avait gêné auparavant et l’avait poussé à faire une remarque sarcastique, mais lorsqu’il fit le vide dans son esprit, cela n’avait pas l’air si spécial.

Son embarras s’évanouit dans le néant.

Il avait juste besoin de vider son esprit et de le regarder nonchalamment.

Émilia : “Ce n’est pas très amusant à regarder, n’est-ce pas ?”

Émilia murmura cela, peut-être parce que c’était inhabituel de voir Subaru si calme.

Subaru se redressa et agita doucement la main en signe de dénégation devant le ton légèrement désolé de la jeune fille entourée d’esprits.

Subaru : “Non, il est impossible que je m’ennuie quand je suis avec toi, Émilia-tan.”

Émilia : “Qu—”

Sa réponse directe fit rougir Émilia qui s’était étouffée dans ses mots. Subaru la regarda et se rappela ce qu’il venait de dire, ce qui le fit rougir jusqu’au bout des oreilles.

Il avait parlé avec son cœur, alors c’était sorti tout seul, mais il n’était pas préparé à cela.

Un silence soudain s’installa entre eux. Subaru était embarrassé, alors il fit délibérément du bruit.

Subaru : “Aah, aah, et tu vois, nous n’avons pas eu l’occasion de nous asseoir et de discuter tranquillement depuis quelques jours, n’est-ce pas ?”

Émilia : “Oui, c’est vrai. Tu étais occupé à apprendre comment faire les tâches ménagères au manoir. Oui, tu te donnais à fond… Oui, tu travaillais vraiment… durement…”

Subaru : “Tes mots de soutien me rendent si heureux et si malheureux. Ça me donne envie de pleurer.”

Il avait creusé sa propre tombe avec la conversation qu’il avait entamée pour changer l’atmosphère, mais maintenant il gazouillait son chagrin.

Subaru commença à dessiner des cercles sur le sol après avoir réalisé à quel point il était pitoyable. La main d’Émilia se promena dans l’air, un regard gêné sur son visage alors qu’elle se demandait comment elle pourrait le réconforter.

La réputation de Subaru, après avoir commencé sa nouvelle vie de serviteur quelques jours auparavant, était celle de quelqu’un qui n’était qu’un bon à rien. Même s’il y avait eu une sorte de favoritisme et qu’ils avaient ignoré ses défauts, ou s’il avait soudoyé ses supérieurs avec beaucoup d’argent, les choses n’auraient pas changé.

La cuisine, la lessive et le nettoyage. Subaru n’avait aucune de ces compétences ménagères, qui étaient essentielles pour un domestique dans un manoir, et il devait les acquérir.

À l’heure actuelle, les trois compétences mentionnées ci-dessus étaient toutes de grade C.

Subaru : “Je n’ai eu un S que lorsque j’ai mis un bouton sur un tablier décousu.”

Émilia : “Tu es vraiment adroit quand il s’agit de cette seule chose.”

Subaru : “Je voulais grandir pour être différent et excentrique plutôt que simple et ennuyeux.”

C’était le résultat d’avoir été élevé dans un foyer où tout était permis. Il trouvait ça fou qu’il ait réussi à développer ses talents de couturier au milieu de tout ça.

Subaru : “Oh, mais je suis sûr de mes compétences en matière de literie. Je rêvais d’être employé d’hôtel quand j’étais en première année de lycée. J’ai utilisé la moitié de mes vacances d’été pour m’entraîner.”

Émilia : “Est-ce la raison pour laquelle mes draps sont très serrés depuis trois jours… ?”

Subaru : “J’ai fait ton lit avec tout l’amour et l’énergie que je pouvais rassembler.”

Ce qui s’était passé, c’est qu’il avait été si ému en le voyant qu’il s’était donné beaucoup de mal pour faire son lit, au point que Ram en avait été décontenancé.

Subaru : “C’est la chambre où Émilia-tan dort et c’est le lit dans lequel elle dort. Et voici les draps et la couverture dans lesquels elle est enveloppée ! Muhaaa !”

La quantité d’énergie qu’il avait déployée était si extraordinaire que Ram avait dû lui donner une limite de temps lorsqu’il s’agissait de faire le lit d’Émilia.

Émilia : “Oh, je vois. Je suis contente qu’il y ait quelque chose en quoi tu peux avoir confiance.”

Émilia sourit joyeusement au fait qu’il y avait une corvée que Subaru pouvait faire avec confiance, inconsciente de ce qui s’était passé pendant cela.

Subaru resta silencieux, sans dire un mot. Il pleurait des larmes de sang alors que sa conscience était poignardée encore et encore.

Émilia : “D’ailleurs… C’est admirable que tu aies pu continuer tes autres travaux sans baisser les bras. Ram et Rem te louaient en secret. Le savais-tu ?”

Subaru : “C’est vrai ! Mes aînées deviennent toutes molles quand je ne les regarde pas, hein. Elles font vraiment de la ‘Tsunderation’. Mais elles ne le font pas bien si elles ne le font pas devant moi !”

Si la tsunderation était mal faite, alors elle pouvait être prise pour de la méchanceté. Ce n’était pas vraiment quelque chose qu’il pouvait recommander si la personne qui le recevait était un noob. Ce serait une arme à double tranchant dans ce cas.

Cependant, Subaru n’était pas un amateur et savait ce qu’était une tsundere grâce à ses vastes expériences romantiques (dans des simulations de rencontres), donc personne n’avait de chance s’il tsunderait devant lui.

Mais la seule chose qui semblait les intéresser était ce noble pervers.

Subaru : “Eh bien, la seule personne qui m’intéresse est Émilia-tan, donc nous sommes quittes.”

Il haussa les épaules et essaya de faire comme si cela ne le dérangeait pas, mais comme il était trop gêné pour le dire à voix haute, il n’en était sorti qu’un murmure. Ainsi, il semblait que cela n’avait pas atteint Émilia, non plus. Elle inclina la tête avec un air un peu confus sur le visage, puis changea de sujet.

Émilia : “Mais ce n’est pas dur de travailler aussi intensément tous les jours ?”

Subaru : “C’est super dur et c’est sérieusement douloureux. Je veux choisir entre ton bras, ta poitrine et tes genoux et dormir dessus.”

Émilia : “Je vois, je vois.”

Émilia balaya d’un revers de main les remarques de Subaru, puis entreprit d’étendre son bras fin, faisant se rassembler les esprits bleu pâle autour de lui.

On aurait dit que son bras blanc était la chose qui brillait. Après avoir été témoin de ce spectacle, Subaru fut stupéfait, laissant échapper un son muet.

Elle sourit ironiquement à cela et parla,

Émilia : “Tu sembles aller bien puisque tu peux encore plaisanter comme ça.”

Subaru : “S’il te plaît, dors avec moi si je suis sur le point de craquer.”

Émilia : “Je vais y réfléchir… Dire ce genre de choses me fait peur, alors je vais dire non.”

Subaru : “J’ai échoué à te le faire dire !!”

Subaru se tint la tête et tomba sur la pelouse. Il soupira en sentant la fraîcheur de l’herbe tout en regardant le ciel étoilé. Une soudaine rafale de vent déplaça sa courte frange, lui faisant lever par réflexe les yeux vers la lune.

Subaru : “La lune est belle n’est-ce pas ?”

Émilia : “Oui, parce qu’elle est hors de ta portée.”

Subaru : “Guhah !”

Émilia : “Que s’est-il passé ?”

Son commentaire involontaire avait abattu l’expression d’amour qu’il avait tirée de la littérature classique. Émilia se précipita vers Subaru, qui se tenait la poitrine et gémissait de douleur. Et puis…

Émilia : “Ah…”

Émilia fut surprise après s’être approchée de lui. Il était sur le sol et la regardait. Elle regarda sa poitrine avec ses yeux améthyste et vit la main placée là pour exprimer sa douleur.

Ses erreurs n’avaient cessé de s’accumuler, et de ce fait, sa main gauche était couverte de bandages.

Subaru : “Oh, attends. C’est nul. L’effort est quelque chose que tu dois cacher.”

Subaru cacha sa main derrière lui, essayant de dissimuler son embarras. Il toucha sa tête avec sa main droite et tira la langue comme s’il disait : C’est ma faute.

Subaru : “Tee-hee.”

Mais l’expression d’Émilia resta sérieuse.

Subaru se demandait quoi faire en attendant la réponse d’Émilia, mais elle baissa légèrement son regard et parla,

Émilia : “Tout le monde travaille vraiment dur.”

Pour Subaru, on aurait dit qu’elle se réprimandait elle-même. En l’entendant dire cela, il laissa échapper un “Aah”, comprenant ce qu’elle voulait dire.

Il n’y avait pas que Subaru qui apprenait des choses à partir de zéro au Manoir de Roswaal. Émilia était aussi en train d’apprendre diverses choses qu’une candidate au trône devait savoir.

C’était la différence entre un simple serviteur et une Reine. Le niveau et le nombre de choses qu’une reine devait apprendre étaient bien plus importants. La pression qu’elle ressentait à cause de tout cela devait être si grande qu’il serait impoli de comparer les deux.

Il était parfois fatigant de porter un si lourd fardeau. Elle avait peut-être des problèmes qu’elle ne pouvait pas partager avec les autres.

Émilia tendit soudainement sa main vers Subaru avant qu’il ne puisse réagir. Elle saisit la main du bras qu’il avait caché derrière lui et l’amena devant ses yeux. Elle regarda ses mains couvertes de blessures, puis rétrécit ses yeux douloureusement après l’avoir regardé et demanda,

Émilia : “Dois-je lancer, un sort de guérison ?”

Sa question était si douce. La chaleur qu’il avait ressentie pendant un de ses traitements était quelque chose qui ne pouvait être décrit avec des mots, alors que ses nouvelles blessures fraîchement nées criaient pour la première fois. Il avait l’impression que les blessures se plaignaient et qu’elles dégageaient une chaleur faible et picotante lorsqu’il se concentrait sur elles, mais…

Subaru : “Non, c’est bon. Tu n’as pas besoin de les guérir.”

Émilia : “Mais pourquoi ?”

Subaru : “Hmmm, c’est difficile à expliquer, mais… c’est comme si elles étaient la preuve que j’ai fait un effort.”

Subaru répondit cela avec un sourire en retirant sa main.

Il serra son poing usé devant la belle dont les yeux étaient grands ouverts de surprise.

Subaru : “Cela peut paraître inhabituel, mais je ne déteste pas faire des efforts. Si je n’aimais pas ça, alors je ne me serais pas entraîné tous les jours. Le sentiment d’être capable de faire quelque chose que l’on ne pouvait pas faire avant est une sensation agréable.”

Il bougea ses hanches en suivant le rythme, fit un tour sur lui-même, puis se leva. Émilia paniqua car il l’avait obligée à lever brusquement les yeux vers lui.

Puis Subaru pointa son doigt vers elle.

Subaru : “C’est vraiment dur et super douloureux, tu sais ? Mais c’est plutôt agréable. Ram et Rem sont des professeures vraiment stricts, cette loli se met en colère contre moi, et Rozchi ne dit pas grand-chose, donc sa présence est plutôt inexistante.”

Émilia : “Roswaal se mettrait en boule si tu lui disais ça.”

Subaru : “Se mettre en boule ? Qui dit ça à notre époque…”

En réponse à cette interruption, Subaru se pencha en arrière et se remit dans sa position initiale comme un jouet à ressort avec sa main tendue devant lui, mettant Émilia en attente. Puis il parla,

Subaru : “Eh bien, résoudre les problèmes un par un est la voie à suivre. Je ne pourrais pas survivre ici autrement… Et si je dois faire quelque chose, il vaut mieux que je m’amuse en le faisant, de toute façon.”

Dans son monde d’origine, il ne pouvait que vivre une vie facile, mais une vie de paix et de calme n’était pas quelque chose que l’on pouvait souhaiter ici.

Si c’était le cas, alors Subaru souhaitait que ce soit amusant. C’était lui qui montrait son entêtement à l’existence qui l’avait déraisonnablement jeté dans ce monde.

En entendant les mots de détermination de Subaru, Émilia se figea sur place, comme si son temps s’était arrêté. Elle ne cessait d’ouvrir et de fermer les yeux, puis son expression sérieuse s’estompa.

Émilia : “Oui, c’est vrai. Je le pense aussi. Aah, Subaru, espèce d’idiot.”

Subaru : “Hey, quoi ? Ce n’est pas la réaction que j’attendais ! Ce n’est pas le moment où tu craques à nouveau pour moi !?”

Émilia : “Je ne suis pas tombée amoureuse de toi pouuuur commencer. Tu es un imbécile… je le suis moi aussi.”

Subaru utilisait son corps pour former le kanji japonais pour ‘vie’, et la dernière partie de sa phrase ne lui était pas parvenue.

Émilia souriait comme si une partie de la pression qu’elle ressentait avait été enlevée. Subaru était enchanté en regardant son sourire, incapable de dire un seul mot.

Elle était en train de devenir une existence que des mots comme “mignonne” et “jolie” ne pouvaient même pas décrire. Oui, elle était une…

Subaru : “E.V.D (Émilia-tan est Vraiment une Déesse).”

Émilia : “Je voulais te remercier, mais tu plaisantes comme d’habitude.”

Comme si elle était un peu fâchée, Émilia donna une petite tape sur le front de Subaru, le faisant reculer de quelques pas, la main portée à son front. Son geste était quelque peu passionné, et ce n’était pas seulement son imagination. Elle éclata d’un rire délicieux après avoir vu sa réaction.

Émilia : “Néanmoins… je sais que tu travailles dur, mais qu’as-tu fait pour que ta main soit blessée à ce point ?”

Subaru : “Oh, c’est simple. Ce soir, j’ai été mordu par un petit animal qui jouait avec les enfants du village alors que j’aidais Ram à faire les courses.”

Émilia : “N’était-ce pas le résultat de ton dur labeur ?”

Subaru : “C’est plutôt que la plus grosse blessure attire davantage l’attention que les autres… bien que je ne sois pas du genre à être détesté par les animaux à ce point.”

Dans son monde, il n’était pas le genre de personne vers laquelle les petits animaux dirigeaient leur intention de tuer. Il ne se serait pas appelé un pionnier des duveteux si c’était le cas.

Cependant, son trait de caractère, qui s’était manifesté involontairement dans son monde et qui faisait que les enfants l’aimaient ou le traitaient avec légèreté, était toujours actif ici.

Subaru : “Ces morveux… Ils m’ont donné des coups de pied, des coups de poing et ont essuyé sur moi leur nez qui coule. C’était ça le pire, bon sang. Je vais leur faire payer demain, note bien mes mots…”

Émilia : “On dirait que tu es doué pour t’occuper des enfants, Subaru.”

Subaru : “C’est un malentendu, Émilia-tan. J’ai l’intention de les apprivoiser maintenant et de ‘cueillir le fruit’ une fois qu’ils auront ‘mûri’. C’est mon plan d’Hikaru Genjification.”

Émilia : “Tu n’as pas besoin d’être méchant ; tu peux juste être honnête et l’accepter.”

Ne le prenant pas au sérieux en levant les yeux au ciel et en redressant sa posture,

Émilia : “Bien, je vais retourner dans ma chambre. Quels sont tes plans ?”

Subaru : “J’ai besoin de dormir à côté de toi, donc je vais rentrer aussi.”

Émilia : “Cette partie de ton travail peut attendre jusqu’à ce que tes compétences en tant que serviteur se soient améliorées.”

Subaru : “Woooaah, mes désirs s’étendent !”

Subaru hurla cela en levant les deux bras en l’air. Émilia le regarda avec un sourire en coin. Il tordit ensuite sa taille et se retourna.

Subaru : “Oh, attends. Si ça ne te dérange pas, ça te dirait de m’accompagner pour se venger des enfants… non attends, pour un rendez-vous… non, pour voir un petit animal mignon ?”

Émilia : “Tu t’es corrigé plusieurs fois, n’est-ce pas… ? Mais oui, je…”

Émilia marmonna cela ayant du mal à poursuivre sa phrase.

Subaru inclina la tête devant sa réaction. Ce n’était pas la réaction de quelqu’un qui ne voulait pas sortir. Si c’était le cas, alors…

Subaru : “Est-ce que ça serait parce que tu es gênée que tes amis lancent des rumeurs sur nos sorties… ou quelque chose comme ça ?”

Émilia : “Je ne vais pas repousser quelqu’un en disant quelque chose d’aussi horrible !”

Émilia s’exclama, mettant une main sur sa hanche pour montrer qu’elle était en colère. C’était presque comme si de la vapeur sortait de ses oreilles. Après avoir terminé son geste, elle baissa à nouveau les yeux.

Émilia : “Ça ne me dérange pas, et je suis curieuse de voir les petits animaux aussi…”

Subaru : “Alors allons-y !”

Émilia : “Mais je pourrais te causer des problèmes si je viens avec toi…”

Subaru : “Très bien alors, allons-y !”

Émilia : “..Tu m’écoutes au moins ?”

Subaru : “Je t’écoute ! Tu crois vraiment que je vais rater un seul mot qui sort de ta bouche ?”

Émilia : “Je te déteste tellement, Subaru !”

Subaru : “Aaaaa ! Aaaaa ! Qu’est-ce qui vient de se passer !? Jeeee neeee peuuuux paaaas t’eeeenteeeeendre !”

Subaru se couvrit les oreilles et courut dans tous les sens pour bloquer le son.

Émilia rit, comme si elle était surprise par l’audace de Subaru qui se contredisait immédiatement.

Émilia : “Je suppose qu’on ne peut rien y faire alors, mais seulement après que j’aie terminé mes études et que tu aies terminé tes tâches au manoir. C’est la condition.”

Après avoir fait promettre à Émilia de sortir avec lui, Subaru serra le poing et le leva en signe de victoire.

Voyant avec quelle facilité l’humeur de Subaru pouvait changer, Émilia haussa les épaules et secoua la tête.

Émilia : “En parlant de ça, pourquoi es-tu encore habillé comme ça après avoir fini ton travail ?”

Subaru : “Oh, je me suis juste dit que je n’avais pas entendu ce que tu en pensais. Alors comment c’est ? Est-ce que ça me va bien ?”

Émilia : “Oui, voyons voir. Tu as l’air d’être vraiment bon dans ton travail.”

Subaru : “J’ai l’impression que je vais être écrasé par le poids de tes attentes !”

Il nota alors qu’il y avait eu une conversation de ce genre.

Artiste du fan-art : ゆぞうに


Après avoir choisi une porte au hasard, Subaru jeta un coup d’œil à l’intérieur et parla avec désinvolture.

Subaru : “Yooo, loli, est-ce que tu dors assez ? Tu vas retarder ta croissance et rester à jamais une chipie si tu restes debout trop tard, tu sais.”

Béatrice : “…Il a cassé mon Passage de Porte comme si ce n’était rien.”

Béatrice déclara cela d’un ton plein de ressentiment.

Subaru vit une fille assise sur un escabeau en bois au fond de la bibliothèque et qui le regardait fixement. Elle tenait dans ses mains un livre épais, à moitié ouvert.

Subaru : “Tu finiras par porter des lunettes épaisses qui ressemblent au fond d’une bouteille de lait en verre si tu lis des mangas le soir dans le noir. Et tu finiras par échouer encore et encore à l’examen d’entrée de l’université où tu veux aller.”

Béatrice : “Encore ces absurdités incompréhensibles… Dois-je te transformer en pierre si tu agis de façon stupide, je me demande ?”

Subaru : “Bien sûr, bien sûr. Je t’ai eu, je t’ai eu. Bon, alors va te coucher, bonne nuit.”

Il fit un signe de la main brutal et entreprit de fermer la porte.

Béatrice : “Attends.”

En entendant cela avant qu’il ne ferme la porte, Subaru arrêta sa main et regarda en arrière. Il vit Béatrice se pencher un peu en arrière.

Béatrice : “Tu étais ici pour demander quelque chose, je suppose ?”

Subaru : “Non, pas vraiment, je me suis dit que je viendrais dire coucou puisque j’allais me coucher. J’allais abandonner après avoir ouvert trois portes, mais j’ai réussi du premier coup.”

Béatrice : “Ce garçon… Quel genre d’intuition a-t-il ?”

Béatrice semblait fatiguée alors qu’elle tirait sur l’une de ses perceuses verticales. Une fois qu’elle la lâcha, elle se remit en l’état comme un ressort. Cela fit frissonner le cœur espiègle de Subaru.

Subaru : “Je peux faire ça aussi ?”

Béatrice : “Seul Pucky a le droit de toucher Betty, en fait. Betty en a eu assez, alors va-t’en, je suppose.”

Subaru : “C’est quoi cette attitude ? C’est toi qui m’as arrêté. Ha, ça ne me dérange pas du tout pourtant ! Je suis de bonne humeur, alors je te pardonne !”

Après avoir montré à quel point il se sentait bien, il quitta la pièce, mettant un air renfrogné sur le visage de Béatrice. Cependant, alors que la porte était sur le point de se refermer, il eut l’impression d’entendre une teinte de solitude dans sa voix.

Béatrice : “——Cela n’a rien à voir avec Betty, je suppose.”

Et cela le préoccupait un peu.

Subaru : “Eh, je suppose que je dois rouvrir la porte pour lui demander ce qu’il y a.”

L’autre côté de la porte ouverte était différent ; il était redevenu une simple chambre d’amis.

Il se sentait légèrement hésitant, mais il n’avait pas envie de se promener en cherchant la bonne porte. Il devait se lever tôt demain et terminer ses corvées aussi vite que possible.

Subaru : “Il faut que j’aille au village et que j’invente des excuses pour que les enfants ne soient plus dans le coup. Attends non, je dois faire des recherches pour trouver un endroit avec une bonne vue et savoir où se trouve le jardin de fleurs… La préparation, c’est la chose la plus importante quand il s’agit de toutes sortes de guerre ! On dit que la victoire ou la défaite se décide avant le début des combats. Je peux le faire !”

Subaru s’exclama en soufflant avec ses narines, la poitrine pleine d’anticipation pour le lendemain.

Il se dirigea en sautillant vers la pièce qui lui était désignée : une pièce privée pour les domestiques. Puis il s’élança et jeta le costume de majordome qu’il portait et se changea rapidement en survêtement.

Subaru : “C’est ce qui me convient le mieux pour dormir. La seule chose qui m’inquiète, c’est que c’est le seul survêtement que j’ai… Je me demande si Rozchi va lancer un sort de duplication dessus si je le lui demande.”

Maintenant, c’était un objet rare, unique en son genre dans ce monde. Il était assez important puisqu’il pouvait être porté comme un vêtement de loisirs, mais il devait être traité avec le plus grand soin.

S’il commençait à tomber en morceaux, il pourrait s’en remettre en se disant que les vêtements ne sont pas éternels. Ce serait triste de perdre quelque chose qui lui rappelait son ancien monde, mais il ne servait à rien de regarder en arrière.

Subaru : “Et c’est pourquoi je vivrai en espérant des lendemains meilleurs, gee-hee-hee.”

Subaru grimaça vulgairement et plongea dans le lit qu’il avait fait. Après avoir été accueilli par la douceur, il se glissa sous les couvertures, complètement prêt à s’endormir.

Cependant, comme il était trop excité pour le lendemain, il resta bien éveillé, incapable de s’endormir quoi qu’il arrive.

Subaru : “Merde, tu te moques de moi, corps ! Tu vas piétiner mes espoirs pour demain !? Merde, donc mon plus grand ennemi était moi-même…”

Bon sang. Subaru fixa le plafond et soupira. Mais il avait un truc pour les nuits blanches comme celles-ci.

Subaru sourit de manière provocante à son corps agité.

Subaru : “Prends ça, mon astuce secrète——un Puck duveteux, deux Puck duveteux !”

Un duvetiste de première classe pouvait imaginer la boule de poils qu’il voulait caresser et avoir une séance de caresses virtuelle qui ressemblait à la réalité.

Le chat gris et pelucheux apparut dans la tête de Subaru, et son nombre augmentait à chaque seconde. Finalement, le corps entier de Subaru fut couvert de boules de poils. Son corps fut emmené dans une utopie lointaine, Avalon, un lieu de félicité et de non-être.

Subaru : “Cent soixante… trois… duveteux… Puck… duveteux duveteux.”

Subaru murmura cela alors que sa conscience dérivait vers le pays des rêves.

Tout en imaginant Shangri-La, il caressa dans sa conscience jusqu’à ce qu’il ne puisse plus caresser——puis les lumières s’éteignirent.


C’est comme si ma conscience remontait à la surface depuis les profondeurs de l’océan. C’était la deuxième fois qu’il disait ça.

Lorsque Subaru ouvrit ses paupières, la lumière du soleil lui brûla les yeux. Il réveilla alors son corps légèrement léthargique.

Sa tête était un peu sonnée. Il était peut-être encore un peu fatigué. Il venait de commencer un tout nouveau travail, donc quelque chose comme ça pouvait arriver…

…Mais ce n’était pas le jour pour dire des choses aussi faibles.

Se levant, Subaru, qui était quelqu’un qui se réveillait de bonne humeur, commença immédiatement à revenir sur la promesse qu’il avait faite à Émilia la nuit précédente.

Subaru : “Oui, Natsuki Subaru——tu seras un homme aujourd’hui !”

Il leva le pouce à personne en particulier, montra ses dents et prit sa pose habituelle.

C’était le jour de la victoire promise. Se lever du lit était censé être le début de sa merveilleuse journée, mais son début fut bouleversé par les jumelles qui le regardaient avec surprise.

Subaru couvrit son visage et le pressa contre la couverture, puis balança son corps avec embarras.

Subaru : “Qu’eeeest-ce quiiiii seeee paaaasse aaaavec vouuuus, leeees fiiiilles ! Donc, vous étiez là depuis le début ! C’est gênant ! Les filles, vous auriez dû au moins me faire savoir que vous étiez là ! Woah, woah, woooah, c’est vraiment embarrassant !”

Il se débattit dans tous les sens, essayant de chasser son embarras.

Comme d’habitude, l’expression des jumelles ne changea pas beaucoup en réponse à Subaru.

Être montré du doigt et se faire rire au nez n’était pas très agréable, mais leur réaction ne l’était pas non plus. C’était comme s’il avait échoué à faire une blague.

Subaru : “Non, attendez une seconde. Cette réaction blesserait même un gars comme moi. Vous avez été témoins de mon côté délicat, alors ne pouvez-vous pas être un peu plus… Vous voyez ce que j’essaie de dire, non ?”

Les jumelles se regardèrent après avoir entendu l’appel désespéré de Subaru.

Il s’attendait à entendre de leur part les habituelles paroles froides et indifférentes… Eh bien, ça ne sonnait pas très bien non plus.

C’est au moment où Subaru pensait cela qu’elles prirent la parole :

Rem : “Nee-sama, Nee-sama, il nous a salué de manière très amicale.”

Ram : “Rem, Rem, il nous a salué d’une manière assez franche.”

Il y a quelque chose qui cloche. Ce fut les mots qui traversèrent l’esprit de Subaru.

Leur manière indifférente de parler était la même que d’habitude, mais quelque chose clochait.

Subaru : “Hmmm, quoi ? Il n’y a pas quelque chose de bizarre ? Patrons, qu’est-ce qui vous est arrivé ? Même si vous me faites une blague, ce n’est pas le bon moment pour le faire.”

En disant cela, il commença à réaliser ce qui n’allait pas.

——C’était leurs yeux.

Les regards dirigés vers Subaru——avaient perdu la franchise qu’ils avaient jusqu’à la nuit dernière. C’était comme si elles regardaient un étranger.

Et le clou du cercueil fut…

Rem : “Nee-sama, Nee-sama, il semble que notre cher invité soit un peu confus.”

Ram : “Rem, Rem, on dirait que notre cher invité est devenu fou.”

——Subaru resta sans voix après avoir été appelé “invité”.

Malgré la sonorité gracieuse qu’ils avaient, les mots étaient tranchants et féroces, et ils déchirèrent profondément le cœur de Subaru. Ressentant les choses comme si la douleur était réelle, il attrapa sa poitrine.

Il ne comprenait pas. Leurs réactions étaient comme si…

Subaru : “Toutes les deux… votre blague n’est pas drôle. Ne… dites… pas… quelque chose… comme…”

Il voulait bloquer leur regard qui le regardait comme s’il était un étranger, alors il leva immédiatement sa main gauche et se couvrit les yeux. Cependant, à ce moment-là, il fut témoin de quelque chose de décisif.

——Le premier bandage avait disparu de sa main gauche.

Les bouts de ses doigts qui étaient devenus grossiers à force de faire la lessive et la vaisselle, le dos de sa main qu’il avait coupé parce qu’il n’avait pas l’habitude d’utiliser des couteaux, la marque de morsure sur sa main laissée par un petit animal pendant qu’il jouait avec les enfants——tout cela avait disparu sans laisser de trace.

Subaru dût accepter la réalité après avoir vu tout cela. Sentant soudainement quelque chose de chaud au fond de ses yeux, il pressa la couverture pour une raison différente qu’auparavant.

Il ne voulait pas que quelqu’un voit son visage actuel, quoi qu’il arrive. Il ne voulait pas que quelqu’un d’autre le voit.

Il ne voulait pas pleurer en étant regardé comme un étranger par les gens qu’il aimait. Les gens qu’il aurait pu aimer. Des gens qu’il aurait certainement aimés.

Subaru : “Pourquoi… suis-je revenu en arrière ?”

Tout en pressant son visage contre la couverture et en montrant ses crocs, il hurla de rage devant l’incompréhensible déraison.

——À cet instant, la boucle qui avait grandement tourmenté Subaru le consuma dans son tourbillon une fois de plus.

Pour la deuxième fois, le premier jour commença.

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