08 — La situation du pays et la position de cette fille

Émilia : “Tu es vraiiiiment mystérieux. Tu es venu à la résidence de Roswaal L. Mathers dans le Royaume de Lugnica, sans en connaître les circonstances ? Et d’une manière ou d’une autre, tu as réussi à passer le contrôle du royaume à ton entrée dans le pays ?”
Subaru : “Eeeeeh biiien, je suppose que je suis quelque chose comme un immigrant illégal dans un sens, hein.”
Avant qu’il ne le réalise, il était entré dans ce pays, mais y avait-il quelque chose de mal à cela ? C’était à peu près ce qu’il ressentait.
La réponse désinvolte de Subaru surprit Émilia, puis elle le regarda avec une légitime indignation, comme si elle grondait un jeune enfant.
Émilia : “Tu n’es pas croyable. As-tu déjà pensé à ce qui se passerait si nous signalions cette affaire aux autorités après avoir dit une telle chose si facilement ? On pourrait t’emmener en prison sans prévenir et te transformer en viande hachée.”
Subaru : “Personne n’utilise la viande hachée de nos jours.”
Émilia : “Il n’y a pas de quoi rire. Hey, Subaru. Tu vas vraiment bien ? Est-ce que tout le monde est comme ça là d’où tu viens ? Ou est-ce que tu te démarques des autres ?”
Subaru, se sentant désolé parce qu’Émilia était vraiment inquiète pour lui, se gratta la tête et réfléchit à son propre comportement.
Subaru : “Err, c’est juste que j’ai un peu mauvaise mémoire. Donc, si cela ne te dérange pas, je te serais très reconnaissant si tu pouvais me renseigner sur ce sujet.”
Émilia : “On dirait que tu viens d’une bonne famille, vu la façon dont tu utilises ce genre de mots, mais…”
La vie sociale de Subaru aurait été complètement foutue s’il avait utilisé un langage correct de manière très peu enthousiaste, comme dans ce cas, lorsqu’il sortait et interagissait avec les autres. Émilia semblait être quelqu’un de facile à tromper, ce qui l’inquiétait pour elle——
Subaru : “Se pourrait-il que… ? Se pourrait-il que tu n’aies pas une connaissance approfondie de ces choses également, Émilia-tan ? Pour l’instant, tes phrases étaient un fouillis où se mêlaient un langage modeste et un langage respectueux.”
Émilia : “Err… Je ne peux pas vraiment le nier.”
Émilia répondit, se repliant sur elle-même après avoir entendu l’observation de Subaru. La voir ainsi était plutôt surprenant pour lui, car il pensait qu’elle avait l’air de tout savoir sur tout. Néanmoins ce ne fut pas la fille ratatinée qui poursuivit sur cette lancée, mais le silencieux Roswaal, qui était assis sur le siège d’honneur.
Roswaal : “Je compreeeends ce que vous dites, cepeeeeendant, Émilia-sama est actuellement en train d’étudier ces choses.”
Subaru : “Étudier, hein. Attendez une seconde, est-ce que c’est lié à ce dont nous parlions plus tôt ?”
Roswaal : “Ahaaaa. C’est excellent. Vous êtes plutôt réfléchi, n’est-ce pas ? Et c’eeest grâce à cette capacité de réflexion que vous pouvez débiter des phrases si peu réfléchies.”
Subaru : “C’est juste du bon sens de penser pendant que tu vis. Même si tes membres sont lourds, que de la morve coule de ton nez et que le contenu de ton estomac se répand, une personne a la responsabilité de penser, non ?”
Roswaal : “Un exemple si troublaaaant. C’est presque comme si vous aviez vécu ces choses vous-mêêêême…”
Ces mots étaient, bien sûr, basés sur des choses qu’il avait réellement vécues.
Peut-être parce que les mots de Subaru lui avaient fait une profonde impression, Roswaal tendit la main pour que les servantes y placent son carnet et son stylo.
Après avoir rapidement noté les choses qui venaient de se produire, Roswaal se tourna à nouveau vers Subaru en disant : “Trèèèèès biiiiien. C’eeeest génial comment vous débordez d’idées.”
Subaru : “Combien de fois écrivez-vous dans ce carnet en une seule journée ? Combien de volumes avez-vous écrit dans votre vie ?”
Roswaal : “Pour autant que cette question puisse être envisaaaagée, c’est sacré dans la Maison des Mathers. C’est dommaaaage, mais je ne le dirai pas.”
Subaru détourna les yeux avec lassitude à la vue de l’homme âgé et raffiné qui se comportait soudainement avec un peu de retenue.
Subaru était de plus en plus perplexe sur ce qu’il devait faire face à quelqu’un qui avait un caractère plus fort que le sien. Émilia intervint juste au bon moment et se racla la gorge pour tenter de ramener la conversation sur le sujet initial.
Émilia : “Maintenant, revenons à nos moutons. Subaru, sais-tu ce qui se passe actuellement dans ce pays——dans le Royaume de Lugnica ?”
Subaru : “Je n’ai absolument aucune idée de ce qui se passe ici. Même pas un peu.”
Émilia : “C’est rassurant de t’entendre dire cela sans aucune hésitation. La façon dont tu t’es comporté jusqu’à présent n’a fait que me surprendre, Subaru. Ce genre de choses m’inquiétait vraiiiiment pour toi.”
Passant outre son étonnement, Émilia commença à le regarder comme s’il était un enfant.
Il n’essayait pas d’exécuter un plan pour éveiller ses instincts de mère-poule ou quoi que ce soit, mais en conséquence, il semblait que la distance croissante entre leurs cœurs était comme celle entre une mère et un enfant.
Essayant de concilier leur différence d’âge grandissante, Subaru la harcela avec un “Et alors ! Et alors !”.
Émilia : “Tu es un vrai bébé. Umm, la loi martiale est actuellement en vigueur à Lugnica. Et elle est particulièrement stricte lorsqu’il s’agit d’entrer et de sortir du pays.”
Subaru : “La loi martiale… Ça ne sonne pas très bon.”
Roswaal : “——Aaahaaa, ça ne sonne pas très boooon, en effet. ——En tout cas, le Royaume de Lugnica n’a pas de roi actuellement.”
Roswaal finit par répondre à sa place. Analysant ce qu’il venait de dire, Subaru déglutit silencieusement, ayant compris la signification de ces mots.
Il jeta un coup d’œil aux expressions d’Émilia et des jumelles, puis de Béatrice et Puck. Ils n’avaient pas l’air d’être secoués, ce qui signifiait que ce fait était connu de tous ici. En plus de cela, il se sentait méfiant du fait que lui, quelqu’un d’équivalent à un étranger, était informé d’une telle chose, mais…
Roswaal : “Pas besoin de s’inquiéter ! Cette lourde vérité est déjà connue du public, voyez-vous.”
Subaru : “Oh, tant mieux. Eh bien, je pensais que vous alliez dire ‘Nous ne te laisserons pas sortir vivant’, parce que je venais d’apprendre un secret qui menacerait vos positions ou quelque chose comme ça.”
Émilia : “C’est bien triste si ça devait arriver, puisque c’est nous qui l’avons révélé… De toute façon, toute la nation est assez instable en ce moment.” intervint Émilia.
Roswaal : “C’est là que la loi martiale eeentre en jeu. Dans une telle situation où il n’y a pas de dirigeant, il n’est pas souhaitable de transporter des sources de conflit vers d’autres pays, et il n’est pas bon non plus de faire le contraire.”
Je vois, pensa Subaru en saisissant ce qui venait d’être dit.
Un royaume sans roi constituait un coup mortel pour son fonctionnement. Qu’ils soient morts de maladie ou autre, le pays était secoué en profondeur par la mort soudaine d’un roi.
Subaru : “Mmmm, attendez une seconde. N’est-ce pas habituellement les enfants du roi qui prennent la relève et alors tout se résout ? Ou bien, ils sont accompagnés d’un régent s’ils sont trop jeunes ?”
Roswaal : “Oh-ho, on dirait que tu peux suivre cette conversation. En tout cas, c’eeest généralement le cas. Cependant, il s’est passé quelque chose il y a un an et demi. On dit qu’au moment où Sa Majesté est décédée, une maladie s’est répandue dans le château…”
Comme Roswaal le disait, il avait été annoncé que l’épidémie ne touchait qu’une lignée particulière. Et ainsi, le roi et ses descendants qui avaient vécu dans le château royal avaient péri.
Subaru : “Alors c’est vrai qu’il n’y a pas de roi, hein ? Et si c’est vraiment le cas, que va-t-il arriver au pays, du coup ? S’il n’y a pas de lignée royale, alors qu’allez-vous faire, commencer une démocratie et élire un premier ministre ?”
Roswaal : “Je ne coooomprends pas la deuxième moitié de ce que vous avez dit, mais actuellement, le pays est géré par un Conseil des Anciens qui supervise ses affaires. Il a été formé à partir de familles distinguées qui ont laissé leur empreinte dans l’histoire du royaume. Celaaa n’aura pas beaucoup d’effet sur le fonctionnement du gouvernement en lui-même.”
Après s’être arrêté un moment, il laissa échapper un “Cependant——” et avec une expression raidie, il déclara : “——Un royaume doit avoir un roi.”
Subaru : “Oui, bien sûr.”
Même si la personne au sommet ne gérait rien et n’était qu’une simple figure de proue, aucune organisation n’avait vu le jour sans quelqu’un à sa tête. Surtout pour une chose telle qu’un pays.
Même au Japon, où l’on accordait beaucoup d’importance à la démocratie, il existait un premier ministre au sommet. Et ce, même si le poste était accompagné de lourdes responsabilités et était fréquemment remplacé par une autre personne.
Subaru : “Alors, puisque le royaume manque d’un roi, il faut en choisir un nouveau. Mais la lignée a été pratiquement détruite. Donc un nouveau roi doit être choisi d’une manière que tout le monde trouve acceptable.”
Émilia : “——Vraiment, tu es un garçon étrange, Subaru. Même sans rien savoir, tu peux inventer de telles choses, n’est-ce pas ? J’ai l’impression que tu es quelque chose comme un idiot intelligent.”
Subaru : “Ne me félicite pas comme ça ! Je n’ai pas l’habitude d’être loué, alors si tu me complimentes comme ça, je pense que je pourrais tomber amoureux de toi !”
Subaru détourna son regard d’Émilia et dit cela par-dessus son épaule afin de cacher son embarras.
Il donna une claque à son visage rougissant, afin de justifier pourquoi il en était ainsi, puis se tourna vers Roswaal. Après avoir organisé ses pensées, il leva le doigt vers lui et dit :
Subaru : “Je vois. Je crois que j’ai compris l’essentiel maintenant. En d’autres termes, le pays n’a pas de roi et se trouve un peu dans l’impasse pour en choisir un nouveau. Vos relations avec les autres pays perdent de leur importance et vous êtes dans un état de mini isolement. Donc, un mystérieux étranger comme moi qui se présente est——totalement suspect !”
Roswaal : “Deeee plus, en entrant en contact avec Émilia-sama, vous vous êtes associé à la Maison des Mathers. S’ils étaient d’un tempérament hâtif, c’est tout ce dont ils auraient besoin pour…”
Les yeux fermés, Roswaal imita une guillotine en “coupant” son cou avec sa main, comme s’il s’agissait d’une lame. En jetant un coup d’œil de côté à ce geste, Subaru eut des sueurs froides en raison d’un sentiment inquiétant.
Subaru : “H-Hey ! Je pense que je peux imaginer ce qui se passe d’après les paroles du pervers à l’instant ! En regardant la Maison des Mathers, j’ai l’impression qu’elle a une lignée très raffinée. Peut-être êtes-vous lié au Conseil des Anciens, ou peut-être même à quelque chose de plus que ça——!?”
Au vu du déroulement actuel de la conversation, c’était la meilleure supposition que Subaru pouvait faire.
La façon dont il racontait l’histoire, comme s’il savourait chaque grande révélation qu’il faisait, la façon dont il élaborait le déroulement de l’histoire actuellement… Cela ne ressemblait pas à ce que quelqu’un qui regardait la situation de l’extérieur dirait.
Par conséquent, il était naturel pour lui de penser que le seigneur d’un si grand manoir, qui était très certainement issu d’une belle lignée, était associé à de telles choses. Avec ces pensées à l’esprit——
Subaru : “Pour m’excuser de mon i-insolence, je voudrais demander votre pardon en vous offrant mon petit doigt… au moins mon petit doigt.”
Roswaal : “Pour vous qui avez une imagination si effrayante, il y a de bonnes nouvelles. Vous pouvez être traaanquille, d’accord ? Je ne suis paaaas associé au Conseil des Sages, et je ne suis pas non plus en mesure de m’occuper du trône du royaume à l’heure actuelle, vooooyez-vous. ——N’eeeest-ce pas, Émilia-sama ?”
Avec le doigt de Subaru présenté sur la table, Roswaal gloussa comme s’il venait d’entendre une bonne blague. Il regarda ensuite Émilia pour avoir son approbation, ce à quoi elle avait répondu par le silence en fronçant les sourcils.
Subaru était sur le point d’exploser contre Roswaal en raison de son comportement suggestif à ce moment-là, mais il sentit soudainement que quelque chose n’allait pas et mit un terme à ces pensées.
Il était vraiment curieux de quelque chose depuis un certain temps.
Subaru : “Pourquoi… le seigneur de ce manoir appelle-t-il Émilia-tan avec des titres honorifiques comme “sama” ?”
La personne qui occupait la plus haute position dans la maison recevait toujours le plus grand respect.
Subaru tourna son regard vers Roswaal pour s’en assurer, et son inquiétude naissante commença rapidement à s’épanouir en une fleur d’effroi total. Et——
Roswaal : “N’est-il pas naaaaturel de s’adresser à quelqu’un de plus haut rang que soi avec reeeespect ?”
Les mains croisées sur le dessus de la table, Roswaal prononça cette phrase avec un sourire jovial.
Abasourdi, Subaru se figea, bouche bée. Il regarda Émilia de façon si robotique qu’on pouvait entendre le bruit des engrenages. La jeune fille soupira alors avec résignation en disant :
Émilia : “Je ne veux pas que tu penses que j’essayais de te piéger ou quoi que ce soit, d’accord ?”
Subaru : “——Err, c’est-à-dire, Émilia-tan, tu es… ?”
Subaru n’avait pas encore été découragé d’utiliser le surnom “tan” qu’il lui avait donné.
Comme pour porter le coup de grâce, à lui qui voulait nier une telle réalité, elle poursuivit :
Émilia : “Actuellement, mon titre est Candidate Royale, l’un de ceux qui cherchent à devenir le 42ème souverain du Royaume de Lugnica. Avec le soutien du Margrave Roswaal, bien sûr.”
Ses mots alarmèrent tellement Subaru qu’il eut l’impression que l’obstacle s’était élevé à la hauteur d’un ascenseur spatial.
——La personne qui m’attirait a fini par être reine.
Une phrase comme celle-là lui traversa l’esprit. Eh bien, techniquement, elle était une candidate à la couronne.
Subaru : “Une phrase comme “candidate à la couronne” a une telle connotation érotique.”
Émilia : “Je ne sais vraiiiiment pas de quoi il s’agit, mais je parle sérieusement.”
Subaru : “Waaaah, un regard si froid me fait frissonner… Comme on peut l’attendre d’une reine. Ne me regarde pas comme si j’étais un vulgaire cochon !”
Émilia : “Je ne te regarde pas d’une manière aussi horrible, d’accord ? J’aimerais que tu ne dises pas des choses pareilles, Subaru !”
Subaru se jeta sur la table en tremblant un peu, la réprimande de la belle toute proche le faisant se tordre de douleur. Afin de cacher l’expression de son visage, il s’allongea sur la table. Néanmoins son cœur battait fort, exprimant ses véritables sentiments.
En aucun cas, il ne voulait qu’Émilia voit l’air pathétique qu’il avait maintenant sur le visage.
La candidate au trône… Pour être franc, à part ce qu’il connaissait dans les jeux et les mangas, il n’avait aucune idée du fonctionnement d’un monde despotique où les rois règnaient au sommet.
Néanmoins, quand il s’agissait du dirigeant potentiel d’une nation, il savait qu’une telle personne était très éloignée des masses.
Sans compter que Subaru n’avait même pas de registre familial dans ce monde. En un mot, il était en position d’être discrédité et ne pouvait même pas être placé dans la même catégorie que les masses.
Sans parler de ses audacieux sentiments d’amour qui avaient été rapidement abattus. Cependant le fait de connaître le statut d’Émilia en plus de sa beauté l’avait vraiment fait tomber d’un cran.
Il n’avait aucun doute sur le fait que c’était comme grimper à mains nues au sommet d’un ascenseur spatial.
Subaru : “Oh Jésus, dis-moi que ce n’est pas le cas ! Mon chemin d’amour est étonnamment plein d’embûches, si je puis dire. Roméo, qui aime Juliette, a sûrement de la sympathie pour moi !”
Émilia : “Attends, tu vas bien, Subaru ? Tu es devenu silencieux tout à coup, alors…”
Lorsqu’il releva son visage larmoyant, Émilia se reflétait dans son champ de vision flou. On aurait dit qu’elle le regardait avec inquiétude avec ses yeux améthystes.
Sa peau était aussi blanche que la neige vierge, et le son qu’elle émettait de ses fines lèvres roses était aussi beau qu’une cloche d’argent.
C’était comme si elle était une existence qui semblait lointaine, quelqu’un qu’il ne pouvait atteindre, peu importe où il allait.
Subaru : “…C’est parti.”
N’en pouvant plus, Subaru serra fort la jeune fille, qui était juste à côté de lui.
Émilia : “……E ?”
Subaru : “Wooooow, si petite. Et siiii douce, aussi. Oh, cette odeur est tout simplement incroyable.”
Pendant un instant, Émilia ne comprit pas qu’elle avait été enlacée.
Subaru se délecta alors de la sensation de la serrer de près et de l’enlacer à cœur joie.
Subaru n’avait pas beaucoup d’expérience en matière de relations interpersonnelles, et absolument aucune expérience en matière d’étreinte d’une fille. Il pensait que c’était dommage qu’il n’ait pas eu le temps d’en profiter lorsqu’il protégeait Felt dans la maison du receleur, sans compter qu’elle était trop maigre pour que ça compte.
Quoi qu’il en soit, Émilia, qui prit conscience tardivement de ce qui se passait, devint rouge comme la braise et commença à se débattre en disant :
Émilia : “Att… Quoi !? Qu’est-ce qui ne va pas !?”
Subaru : “Err, c’est juste que le fait que tu sois apparu devant moi a soudainement fait ressortir mes instincts bestiaux, rendant difficile toute résistance. Quand je me suis calmé et que j’ai réfléchi, j’ai réalisé que je ne serais jamais capable d’accomplir mon but dès le départ, alors j’ai pensé, ‘Je ne serai jamais capable de l’atteindre, alors pourquoi se donner la peine !’.”
Émilia : “Je n’ai vraiiiiment auuuucune idée de ce dont tu parles !”
Subaru : “Eh bien, attends une seconde. Laisse-moi me calmer et m’analyser. ——Je veux dire, je me suis demandé si je devais ou non te tendre la main quand tu m’as regardé tout à l’heure, donc j’ai eu l’idée de m’assurer que je pouvais t’atteindre ou non, et ensuite, par réflexe spinal, mes caractéristiques de garçon ont été activées, ce qui a fait que ma libido est passée à la vitesse supérieure, ce qui m’a conduit à t’enlacer, et après ça, j’ai conclu que je n’allais pas mourir ou quoi que ce soit, alors je me suis dit que j’allais continuer à en profiter autant que possible, oh, et c’était une chose plutôt heureuse pour moi et qui me convenait, mais une surprise malheureuse pour Émilia-tan, je suppose… et voilà.”
Émilia : “Même quand tu l’expliques en détail, je n’ai toujours auuuucune idée de ce que tu veux dire !”
Subaru radota encore et encore pour faire traîner les choses, puis Émilia, qui se débattait dans ses bras, finit par le repousser.
Subaru se sentit seul maintenant qu’elle avait rompu son étreinte. Émilia, d’autre part, devint rouge au visage et le désigna avec des yeux larmoyants——
Émilia : “Ne va pas enlacer une fille siii soudainement ! Ce n’était pas vraiment un problème parce que c’était moi que tu étreignais, mais une fille normale le prendrait au sérieux, d’accord ?”
Subaru : “Je ne l’ai pas vraiment fait exprès, pourtant ? Oui, j’ai dû bouger selon les ordres de quelqu’un d’autre. Attends, il se pourrait que tu m’aies charmé avec de la magie, Émilia-tan… ? Tu es une femme tellement diabolique !”
Émilia : “Il n’y a paaaas moyen que j’ai fait ça. Tu me fais porter le chapeau ! Et arrête de lever le pouce !”
Son pouce levé enhardi ayant été refusé, Subaru baissa sa main droite avec déception.
Mais il était vrai que son corps avait été mis en mouvement à cause de son réflexe spinal. Et les mots qu’il avait prononcés après cela n’étaient pas non plus un mensonge, mais il serait si embarrassé qu’il voudrait mourir s’il le disait à haute voix.
——La vérité, c’est que tes yeux ont volé mon coeur.
Subaru : “Ah, c’est gênant ! Si je t’entendais dire ça, je ne pourrais pas m’empêcher de dire : ‘C’est trop génial ! Serre-moi fort !’.”
Roswaal : “Mon Dieu ohhh mon Dieu, vous n’avez vraiment pas peur de quoiiii que ce soit, n’est-ce pas ?”
Alors que Subaru se tenait les joues avec les mains en disant “oh arrêêête ça”, en se déhanchant, Roswaal, qui observait leur conversation sur le côté, dit cela en ayant l’air d’essayer de retenir son rire.
Émilia, encore rouge au visage, lui lança un regard très sévère à cause de sa façon de parler. Les larmes aux yeux à cause du rire, Roswaal les essuya et feignit l’ignorance.
Roswaal : “Elle est candidate pour être la future reine, nooon ? Peeeeut-être se souviendra-t-elle longtemps de ce grand manque de respect à son égard, et lorsque le temps sera venu pour elle de monter sur le trône, elle exercera son jugement sur vous, et…”
Subaru : “Êtes-vous en train de me dire de regretter les choses heureuses qui se produisent en ce moment, parce que personne ne sait ce que l’avenir nous réserve ? Ne sous-estimez pas une victime d’une éducation sans pression qui prône la gratification instantanée !”
Avec son majeur en l’air, Subaru déclara cela grossièrement. Et avec sa main libre pointée vers Émilia, il déclara :
Subaru : “Même si Émilia-tan est une candidate pour être la future reine, elle n’est qu’une fille pour le moment. Et je ne suis qu’un homme. Vous n’avez pas le droit de vous plaindre de la rupture ou non d’une relation occasionnelle entre un homme et une femme ! C’est pourquoi… !”
Un pied sur la chaise et le poing serré, Subaru faisait fièrement cette déclaration.
Subaru : “…Même si on me mettait à mort demain, je continuerais à serrer Émilia-tan dans mes bras, à renifler ses cheveux, et à m’en servir comme nourriture pour continuer à vivre——!”
L’intérieur de la salle à manger fut rempli d’un profond silence à cause de la déclaration de Subaru, qui donnait l’impression d’être angoissé.
Tout le monde était désemparé devant l’attitude féroce de Subaru. Haletant, ils prirent tous en compte les mots de sa déclaration extrêmement sauvage et vantarde. Et puis——
Subaru : “Désolé d’avoir interrompu votre petit déjeuner. Alors, revenons à notre repas. Rassemblons-nous et amusons-nous une fois de plus, et oublions la querelle qui vient de se produire…”
Béatrice : “Tu es en train de débiter un mantra exagéré pour accompagner une simple remarque perverse.”
Alors que Subaru repoussait ses cheveux en arrière en prenant des airs et en essayant de purifier l’air de la pièce avec son élan, son intention de le faire fut brusquement mise à mal. C’était Béatrice, assise sur un siège éloigné, qui regardait dans sa direction comme si elle s’ennuyait totalement. Faisant preuve de mauvaises manières, elle posa Puck sur la table à manger et brossa sa fourrure grise.
Béatrice : “En fin de compte, tu n’as été trompé que par la beauté de cette petite fille, c’est aussi simple que cela, en fait. Comment as-tu pu parler d’elle pendant si longtemps, je suppose… ?”
Subaru : “Tu… es vraiment mon ennemi naturel, hein…”
Les épaules de Subaru s’affaissèrent aux mots d’exaspération de Béatrice, tout en marmonnant cela en réponse.
Après le grognement de Béatrice, les autres participants commencèrent à reprendre leurs esprits les uns après les autres.
En d’autres termes, la diffamation de Subaru pour son harcèlement sexuel plus tôt était sur le point de commencer.
