01 — Partie 1

Partie 1
Re:ZERO Académie Traduit par : Eminent Traduit de l’anglais par : Namba Relu par : Akira Artiste des fan-arts : ZeroBarto
Chapitre 1 : Première heure
C’était un jour comme les autres, et comme d’habitude, mon réveil matinal arriva sans prévenir et avec fracas. “Alleeez ! Réveille-toi. C’est le matin !” “Buegh !” Réveillé en sursaut par un coup à l’estomac, une éructation s’échappa de ma bouche. Non, en fait, il serait plus juste de dire que j’ai été brutalement tiré de mon sommeil. L’air ayant été expulsé de mes poumons, j’avais ouvert les yeux en souffrant. Un visage mignon et adorable que je connaissais très bien se trouvait devant moi. “Bonjour, ma sœur idiote”, dis-je. “Bonjour effectivement, je suppose, frère idiot”, répondit-elle. Sans savoir si c’était parce qu’elle sentait l’irritation dans ma voix, elle descendit de mon ventre en même temps qu’elle parlait. “Il est temps pour toi de te réveiller. Si tu ne le fais pas, tu seras en retard à l’école, je suppose, et papa et maman se fâcheront contre toi, en fait.”
C’était une jeune fille avec un visage de poupée et des cheveux de couleur crème pâle en forme de foreuses verticales. J’avais toujours imaginé qu’elle ferait une excellente poupée décorative si elle ne parlait pas. Mais en même temps, elle était aussi très adorable lorsqu’elle interagissait avec les autres, les charmant avec son tact. “Aussi incroyable que cela puisse paraître, c’est ma petite sœur, Natsuki Béatrice, mais le bruit court qu’elle ne ressemble en rien à son frère aîné.” “À qui présentes-tu Betty ?” demanda Béatrice. “Tu es bizarre comme d’habitude, grand fr… Subaru.” “Tu étais si près du but. Tu aurais dû finir ta pensée”, dis-je. “Je suis vraiment triste que tu ne m’appelles plus grand frère ces jours-ci.” “A-arrête de dire des bêtises et lève-toi ! Si tu ne le fais pas, nous allons faire attendre ces jumelles !” “Ça craint. Très bien, je vais me changer. Béako, aide-moi à me déshabiller, veux-tu ?” “Fais-le toi-même !” s’exclama-t-elle, me lançant un oreiller au visage avant de quitter la pièce. La façon dont elle se comportait, malgré l’interaction avec son frère aîné, un événement qui devrait être réconfortant, me faisait me demander si elle n’était pas en train de traverser sa phase de rébellion. Elle avait même cessé de prendre des bains avec moi. Mais le pire, c’est la façon dont elle s’adresse à moi. C’était dur de croire que lui permettre d’appeler son propre frère aîné par son nom était une bonne chose pour son éducation. J’aurais aimé que nos parents fassent quelque chose, mais ils étaient plutôt tolérants. Non, en fait, ils sont juste indifférents vis-à-vis de ce genre de choses. C’était donc à moi, en tant que grand frère, de donner le bon exemple. “Je me suis donc changé et je suis descendu”, dis-je en descendant les escaliers après avoir enfilé mon uniforme, un cartable vide à la main. La légère odeur de pain grillé qui flottait dans l’air indiquait que le petit-déjeuner était prêt et posé sur la table.
“Bonjour !” me salua un homme d’âge mûr dès que j’ouvris la porte. “Ouais, ouais, bonjour, bonjour”, dis-je dédaigneusement. L’homme d’âge moyen fit la moue devant ma réponse, mécontent. “Hey, fiston, c’est quoi cette réponse froide ? Tu devrais agir un peu plus comme ma fille bien-aimée.” “Qu’est-ce que ?” répondis-je. “Tu as joué le jeu du bonjour enthousiaste de ce vieil homme, Béako ?” “P-parce que si Betty ne le fait pas, Papa devient vraiment triste”, expliqua-t-elle. “Betty ne veut pas voir cette famille s’effondrer à cause d’elle, je suppose.” Elle semblait avoir été confrontée à un terrible dilemme malgré son jeune âge. Mais la camarade de classe de Béako, Pétra, utilise elle aussi des mots difficiles. Je suppose que les enfants de l’école primaire ont tendance à être précoces de nos jours. C’est un peu effrayant de voir à quelle vitesse le Japon progresse. “Alors”, dis-je en m’étirant le cou en m’asseyant, “qu’y a-t-il pour le petit-déjeuner aujourd’hui ?” “C’est évident, non ?” répondit Maman en apportant les toasts sur la table. “Toasts à la mayonnaise, soupe à la mayonnaise, salade à la mayonnaise et poisson mijoté à la mayonnaise.” Le petit-déjeuner de notre famille avait un menu fixe. Et même si chaque plat pouvait être classé comme étant de style japonais ou de style occidental, ils avaient tous un ingrédient en commun : la mayonnaise. “Si tu veux utiliser ta propre mayonnaise, sors-la toi-même du réfrigérateur”, dit Maman. “Ajoute de la mayonnaise s’il n’y en a pas assez.” “Oui, m’dame”, répondis-je. “Mais c’est vraiment bizarre quand on y pense. Existe-t-il d’autres foyers où chaque membre de la famille a sa propre mayonnaise ?”
“À l’époque où Betty pensait que c’était normal, Pétra se moquait d’elle quand elle lui en parlait… Betty est encore traumatisée par cette expérience, je suppose.” Tout en compatissant avec ma petite sœur morose, je sortis de la mayonnaise du réfrigérateur. Ma famille était composée de fanatiques de la mayonnaise qui avaient même leur propre mayonnaise. J’en faisais partie, bien sûr. Béako ne faisait pas exception à la règle. C’était toujours ainsi que commençaient les matinées de la famille Natsuki. Nous étions une famille de quatre personnes. Même s’il y avait un problème avec ma petite sœur qui traversait sa phase de rébellion, il était possible de dire que nous vivions paisiblement dans notre vie heureuse et banale. Alors que je savourais mon toast à la mayonnaise, qui n’était autre que du pain ordinaire grillé après avoir été tartiné de mayo, on sonna à la porte. “Hm ?” dis-je, avant de reporter mon attention sur l’horloge. Il était déjà temps pour moi de me mettre en route. “Merde, j’ai pris trop de temps ce matin.” J’avais enfourné le reste du toast à la mayonnaise dans ma bouche et l’avais arrosé d’un peu de soupe à la mayonnaise. Alors que je me levais, portant mon sac sur l’épaule, Béako se leva également de son siège avec son sac randoseru. (Note de Traduction : Un randoseru est, au Japon, un sac à dos rigide utilisé par la plupart des élèves d’école élémentaire. Plus d’informations ici.) “…Pourquoi fixes-tu Betty comme ça, je suppose ?” demanda Béatrice, remarquant mon regard. “Non, c’est juste que tu es très belle avec un sac randoseru, comme d’habitude”, répondis-je. “S’il y avait un prix pour le meilleur porteur de sac randoseru, tu le gagnerais.” “C-ce n’est pas un compliment !”
Tandis que je tapotais la tête de Béako qui rougissait, nous nous dirigeâmes vers la porte. Remarquant que papa et maman avaient commencé à flirter derrière nous, nous fîmes nos adieux à voix basse et quittâmes précipitamment la pièce. “Bonjour, Subaru”, une jeune fille aux cheveux bleus descendant jusqu’au cou me salua après que j’eus mis mes chaussures et franchi la porte d’entrée. C’était Rem. Comme d’habitude, le sourire de Rem était comme une fleur en pleine éclosion, et sa voix était pleine de vivacité. En fait, elle est si belle que, même si nous ne sommes que des amis d’enfance, j’ai peur que quelqu’un me poignarde parce qu’elle vient me voir tous les matins avant l’école. Malgré cette crainte, je n’avais pas l’intention d’abandonner cette routine. “Quelque chose ne va pas ?” demanda Rem. “Pourquoi fixes-tu le visage de Rem comme ça ?” “Nan, ce n’est rien”, dis-je, incapable d’avouer que j’étais subjugué par sa beauté. “Bonjour.” “Oui, bonjour !”, répondit-elle sans se préoccuper de mon comportement étrange. Depuis que nous étions enfants, elle n’avait jamais été du genre intrusif. C’était l’une des qualités que j’aimais chez elle. “Bonjour à toi aussi, Béatrice”, déclara Rem en reportant son attention sur elle. “Bonjour, en fait”, répondit-elle. “Tu es vraiment dévouée, je suppose, tu viens jusqu’ici juste pour Subaru tous les matins. Je te jure, tu as des goûts vraiment étranges par rapport à ta grande sœur.” “Cela ne veut-il pas dire que tu as aussi des goûts étranges, Béatrice ?” demanda Rem. “Pourquoi cela signifierait que Betty a des goûts étranges ?!” J’observais Rem taquiner Béako du coin de l’œil. Tout comme elle était mon amie d’enfance, Rem était une amie de longue date de Béako. Elle
était comme sa grande sœur. Et elle adorait Béako comme une vraie sœur, mais Béako refusait de l’accepter. C’est peut-être aussi lié à sa phase de rébellion. J’aimerais qu’elle grandisse. “En parlant de petites sœurs”, dis-je. “Où est ta grande sœur aujourd’hui ?” “Elle est chez Roswaal ce matin”, répondit Rem. “Il sort pour une interview aujourd’hui, alors il lui a demandé de nettoyer sa maison pendant son absence.” “Elle est toujours aussi diligente”, dis-je. “Bien que j’aie des sentiments mitigés à propos de toute cette affaire en tant qu’ami proche de Ram.” La fille dont nous parlions, Ram, était la grande sœur jumelle de Rem. Contrairement à Rem, qui était douce et gracieuse, Ram était plutôt stricte et rude avec les autres. Bien qu’elles soient identiques en apparence, leurs personnalités ne pourraient pas être plus différentes. Apparemment, Ram avait été charmée par un écrivain célèbre et avait tenté de l’approcher de manière agressive. D’après l’histoire de Rem, il semblerait qu’elle ait déjà la clé de sa maison. Mais ce n’est vraiment pas le genre de choses que je veux savoir sur ma camarade de classe. Rem me fixa, la tête penchée. Je ne savais pas si elle était indifférente vis-à-vis de la situation ou simplement inconsciente, mais je décidai tout de même de laisser tomber le sujet. “Hey, qu’est-ce que vous faites tous les deux à bavarder devant la maison, en fait”, dit Béako. “Nous ferions mieux d’y aller, je suppose.” “Oh, bien reçu”, répondis-je. “Allez, allons-y.” “Oui”, dit Rem. “Partons.” Jetant mon sac sur mon épaule, nous nous mîmes à marcher. Béatrice était au milieu, moi le long de la route et Rem de l’autre côté. C’était ainsi que nous allions à l’école quand Ram n’était pas avec nous.

“Au fait”, commença Rem, “ton horoscope a été le plus chanceux aujourd’hui, Subaru.” “Sérieusement ?” dis-je. “Il pourrait donc se passer quelque chose de bien aujourd’hui, hein ? Je ne le savais pas du tout puisqu’on ne regarde pas la télévision le matin chez nous.” “Il est dit que tu vas rencontrer quelqu’un de génial aujourd’hui”, poursuivit Rem. “Ça dit que la première fille que tu rencontreras aujourd’hui sera ton âme sœur.” “Betty est la première fille que Subaru a rencontrée aujourd’hui, en fait.” “Erreur de Rem. La troisième fille que tu rencontreras aujourd’hui sera ton âme sœur.” “L’horoscope était aussi précis ?!” m’exclamai-je. Qui était la troisième fille, déjà ? Est-ce que ma mère compte ? Si ce n’est pas le cas, alors Rem serait la troisième fille que j’ai rencontrée aujourd’hui. Mais ne serait-ce pas bizarre de dire que j’ai “rencontré” Rem aujourd’hui alors que je la connais depuis longtemps ? Je ne sais toujours pas si je dois ajouter ma sœur et ma mère à cette liste. Alors que j’inclinais la tête en signe de réflexion, la voix d’une jeune fille nous stoppa net dans notre élan. “Oh, quel timing parfait pour tomber sur vous ici.” C’était une belle femme à la peau pâle et aux cheveux blancs, entièrement vêtue de noir comme si elle se rendait à un enterrement. Remarquant qu’il s’agissait d’une fille que je connaissais bien, je la saluais. “Hey, bonjour, Echidna.” Echidna était étudiante à l’université et l’aînée… Ou était-ce la troisième ? En bref, une fille de la famille suspecte qui possédait le manoir devant lequel nous passions tous les jours sur le chemin de l’école. “Qu’entends-tu par “timing parfait” ?” demandai-je. “Il s’est passé quelque chose ?”
“Oui, il s’est passé quelque chose”, répondit Echidna. “Ou devrais-je dire qu’il y a eu une disparition ? Vous vous souvenez tous les trois de ma sœur dépravée, pas vrai ? Eh bien, elle semble s’être volatilisée quelque part. J’ai peur qu’elle se soit effondrée au milieu de la route, quelque part, alors qu’elle se promenait, et je suis donc parti à sa recherche. Vous ne l’auriez pas vue, par hasard ?” “Tu veux dire Sekhmet ?” demanda Rem d’un ton rhétorique. “Non, Rem ne l’a pas vue. Toi non plus, pas vrai, Subaru ?” “Je ne l’ai pas vue non plus aujourd’hui”, répondis-je. “Si je me souviens bien, la dernière fois qu’elle a disparu, elle est allée sortir les poubelles et s’est endormie à côté de la benne à ordures, pas vrai ? L’éboueur a dit que c’était un régal pour les yeux.” La sœur aînée d’Echidna, Sekmet, était également belle mais tristement célèbre pour sa paresse. On la voyait souvent se promener dans des vêtements aussi révélateurs que des sous-vêtements, ce dont je me réjouissais toujours en tant que membre du sexe opposé dans la même tranche d’âge. En même temps, elle ressemblait plus à une personne qui avait besoin d’aide et de soins qu’à une simple dame séduisante, ce qui était une grande déception. “Bon, ceci mis à part”, dis-je en posant ma main sur ma mâchoire et en fixant Echidna intensément. “Hm ? Qu’y a-t-il ? Pourquoi me regardes-tu comme ça ?” Echidna réagit à mon regard. Elle était belle. Si je ne compte pas ma mère dans l’équation, ça signifie qu’Echidna est la troisième fille que je rencontre aujourd’hui. Pourrait-elle être mon âme sœur ? “Tu vas me faire rougir si tu continues à me dévisager comme ça”, dit-elle. “Je suis tout de même une fille, après tout. D’ailleurs, je suis sortie de la maison uniquement pour chercher ma sœur, alors je ne me suis pas maquillée.” “Elle a raison, ce n’est pas très galant, Subaru”, acquiesça Rem en m’attrapant le bras. “Tu es en train de troubler Echidna. Tu dois te calmer et reconsidérer l’identité de la troisième fille. C’était Rem.”
“Tes désirs débordent, je suppose”, dit Béatrice en m’attrapant l’autre bras. “Mais Betty est d’accord pour dire que cette femme n’est pas bonne, en fait.” “Qu’est-ce qui vous arrive à toutes les deux ?!” Malgré l’apparente plaisanterie d’Echidna, les deux filles qui m’attrapaient les bras de part et d’autre avaient l’air très sérieuses. Je te jure, les filles adorent ces stupides prédictions divinatoires. “Echidna !” appela une autre voix. “Grande sœur n’était pas à la benne à
