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Web Novel • Arc 06

60Un seul rayon de soleil

Artiste du fan-art : Rokaroka

――Le Corridor des Souvenirs et Rui Arneb.

Subaru : “――――”

Oui, devant la jeune fille aux cheveux blonds qui avait répondu à son interrogation, Subaru restait silencieux.

Dans l’espace imprévu de couleur blanche, une rencontre fortuite avec une jeune fille non anticipée. Et l’expression “je sais tout” de la jeune fille créait une ambiance qui donnait l’impression qu’elle était prête à parler d’une multitude de choses――

Subaru : “…Tout d’abord, Culte de la Sorcière ou Gourmandise, Archevêque du Péché, qu’est-ce que ça veut dire ?”

Rui : “Awaaa, ~tsu.”

Face à la remarque de Subaru, qui croisait les bras et inclinait la tête, Rui mit la main sur sa bouche et sourit à pleines dents.

Si l’on excluait ce seul moment, la fille solitaire qui se tenait immobile dans le spectacle illusoire de blanc pur était digne d’être un chef-d’œuvre artistique, mais l’alarme de l’instinct de Subaru s’était mise à retentir tumultueusement depuis un certain temps.

Les instincts de survie de Subaru n’étaient probablement d’aucune utilité, étant donné qu’il avait été élevé dans le Japon paisible des temps modernes. La raison pour laquelle ils étaient excités, était bien sûr due à l’aura hétérogène de cette jeune fille.

En plus de cela, c’était le résultat de circonstances imprévues, donc c’était à moitié quelque chose qui ne pouvait pas être évité, mais――en ce qui concerne cette existence qui avait l’air de tout savoir, les connaissances dont Subaru était doté étaient apparemment insuffisantes.

C’était aussi le cas avec ce qu’elle avait dit à l’instant, Culte de la Sorcière, Archevêque du Péché, Corridor des Souvenirs et tout le reste. Il s’agissait peut-être de connaissances ordinaires dans ce monde, mais Subaru ne possédait malheureusement pas la moindre parcelle de ces connaissances générales ordinaires dans sa main.

Par conséquent, il trouva qu’il était également difficile de formuler une question à caractère progressive――

Rui : “――Le Culte de la Sorcière, vois-tu, est essentiellement un rassemblement de personnes détestées par ce monde.”

Subaru : “Oh ?”

Rui : “Même onii-san doit avoir au moins entendu parler de la Sorcière de l’Envie, non ? Le Culte de la Sorcière a un lien profond avec cette Sorcière-sama… eh biiiien~, on peut dire que c’est un peu comme des adeptes.”

Subaru : “…Alors, ce que tu viens de dire se réfère à Archevêque du Péché, hein.”

“Péché” et “Archevêque” avaient l’air d’aller à l’encontre l’un de l’autre en tant que combinaison, mais c’était une dénomination qui correspondait parfaitement à la perception de Subaru.

Car en l’entendant ne serait-ce qu’une fois,

Subaru : “On peut comprendre que c’est le nom d’un méchant.”

Rui : “Oh non, eh bien non, ah non, puisque c’est non, nous te disons non, même si c’est non, tu saiiiis~”

Secouant horizontalement la tête en signe de refus, Rui enlaça son petit corps dans le champ de vision de Subaru. Sans que le sourire ne s’efface de ses lèvres, son refus n’était que d’apparence.

Il s’agissait d’une jeune fille dont les véritables sentiments échappaient à la perception――non, il faudrait peut-être dire qu’ils étaient vagues, sans point d’accroche.

Rui : “Ne taquine pas une jeune fille tendre avec de tels mots, onii-san. Même nous, nous sommes blessés, tu sais ? Parce que nous possédons un cœur plus fragile et plus facile à blesser que tous les autres.”

Subaru : “Pas convaincant du tout. Par ailleurs, la façon dont tu utilises ton pronom à la première personne, c’est parce qu’il est attaché à ton personnage ? Ou est-ce que c’est un attrait cool, comme une armée d’un seul homme. “On” ou “nous”, ce n’est pas stable, tu sais.”

(Note de Traduction : Toutes les Gourmandises utilisent la forme plurielle d’un pronom pour se désigner elles-mêmes. Rui alterne entre “私たち” (watashitachi) et “あたしたち” (atashitachi), qui ne sont que les pronoms “私” (watashi) et “あたし” (atashi) avec l’expression plurielle “たち” (tachi) à la fin. Ray et Roy utilisent alternativement “俺たち” (oretachi) et “僕たち” (bokutachi), dérivés du pronom de base “俺” (ore) et “僕” (boku), et suivent donc également cette formule.)

Rui : “Ahhh~… tu n’as pas à t’inquiéter pour ça. C’est juste qu’il y a trop de moi, alors ça devient compliqué de savoir lequel doit être le sujet, c’est tout. À ce stade, nous commençons à en être malades, tu sais.”

Tout en disant cela, Rui orienta légèrement son regard vers le bas, poursuivant ses paroles en prononçant “Mais”.

Rui : “On ne peut rien y faire, hein. Ce sont des cadeaux d’onii-chan et de nii-sama après tout, ils doivent être acceptés sincèrement ou ce sera une disqualification en tant que petite sœur. Nous sommes frères et sœurs, nous devons donc nous entraider et coopérer, tu sais.”

Subaru : “…Eh bien, tu es une adorable petite sœur, attentionnée envers tes frères aînés. J’étais enfant unique, alors je suis jaloux.”

Rui : “Vraiment, eh ? Onii-san a peut-être aussi un petit frère ou une petite sœur à l’heure qu’il est, non ?”

Subaru : “Pourrais-tu arrêter de dire des choses terrifiantes ?! Je ne veux pas imaginer ça ?!”

Quoi qu’il en soit, ses parents formaient un couple intime et marié, et ce genre de propos n’avait rien d’une plaisanterie.

S’il s’agissait de son père et de sa mère, ils auraient eu un autre enfant après la disparition de Subaru――non, c’était inconcevable.

Subaru : “――――”

Si Subaru disparaissait, ils continueraient à le chercher jusqu’à ce qu’ils le retrouvent, c’est ainsi qu’étaient les parents de Subaru.

Qu’avait dû penser sa mère de son fils, qui n’avait même pas prononcé de salutations au moment de partir. Qu’avait dû ressentir son père en apprenant cela.

Il souhaitait que son invocation dans un autre monde soit une réincarnation, c’est ce qu’il voulait croire.

S’il devait faire goûter à ses parents l’agonie de la recherche de leur fils disparu, alors Subaru souhaitait communiquer qu’il était arrivé dans l’autre monde après sa mort. Ce serait beaucoup plus confortable. Le salut y était bien plus grand.

C’est pourquoi――

Rui : “――Nous comprenons, onii-san.”

Subaru : “――Hk ! Ne plaisante pas !”

Il s’indigna contre Rui, qui épiait Subaru d’en bas, portant dans ses deux bras les cheveux qui ensevelissaient le sol.

Ce n’était pas comme si elle avait parlé de son malaise actuel. C’était comme si, en observant son expression amère, on lui avait dit qu’elle comprenait les sentiments de Subaru.

Trouvant cela terriblement irritant, Subaru cria en direction de Rui, et lui tourna le dos.

Subaru : “Comme si tu connaissais quelque chose de moi ! En disant des choses comme tu l’ent…”

Rui : “――Tu es inexcusablement désolé envers Papa et Maman, n’est-ce pas ? Sans avoir dit un seul mot d’adieu, tu regrettes d’avoir été un fils désobéissant. Non, tu as toujours regretté. Aussi bien maintenant qu’avant, pas vrai ?”

Subaru : “――――”

Oui, en prétendant être au courant, tout en continuant les remarques de sympathie, Rui enlaça doucement le dos de Subaru.

Une petite, minime carrure. Subaru arrêta sa respiration et se raidit.

Non pas parce qu’il avait été enlacé par la jeune fille, mais à cause du contenu même des paroles de cette dernière.

Ces commentaires de sympathie avaient pourtant correctement deviné le fond du cœur de Subaru.

Rui : “Pourquoi comprenons-nous, dis-tu ? N’est-ce pas une évidence que nous comprenions ? Parce qu’il n’y a pas une seule personne qui connaisse onii-san autant que nous, après tout.”

Subaru : “――Ne me touche pas !”

Rui : “Ah.”

Rui arbora une mine acerbe à l’égard de Subaru, qui agita ses bras, haussa le ton et prit ses distances.

C’est quoi ce bordel ? Est-ce que les femmes au caractère inconnu dans ce monde n’hésitent pas à avoir des contacts physiques avec des hommes non familiers ? C’est trop de familiarité.

La possibilité d’abandonner le cœur affaibli par la chaleur de ce corps était effrayante.

Subaru : “C’est quoi ton problème ! Qu’est-ce que tu veux dire !”

Rui : “Nous voulons juste qu’onii-san se sente soulagé, nous te le disons. Tout va bien, tout va bien. Il y a un vééééritable~ coup d’arrêt à tes sentiments pour Papa et Maman. Même si c’est à sens unique, c’est avec l’intention de leur faire face. Ton cœur s’est détendu, nous te le disons. C’est un faux-semblant, vois-tu.”

Subaru : “――――”

Tout en se moquant, Rui planta les ongles de sa main droite dans son bras gauche. Avec un bruit de griffures, elle commença à blesser ce bras fin et blanc avec une vigueur qui ferait frémir de douleur un simple témoin.

Devant Subaru, qui fronçait les sourcils à cette occasion, Rui déroula sa longue langue écarlate et effrayante,

Rui : “Les faux-semblants sont tout à fait sains. Ils donnent l’impression qu’il n’y a aucun problème dans le cœur de quelqu’un. Tu es doué pour ça, onii-san, n’est-ce pas ? C’est triste que tu sois doué pour ça, onii-san, pas vrai ?”

Subaru déforma ses lèvres, face au discours qui semblait terriblement écorcher l’intérieur de sa poitrine.

Il devait désormais se conformer à la sonnette d’alarme de son instinct, dont la façon de sonner pouvait changer s’il allait plus loin avec elle.

Subaru : “Je ne comprends pas ce que tu veux dire. Je ne comprends pas, mais ça va devenir une blessure alors arrête. Dans ce cas, jouons une conversation. Pas de coups rapides autorisés. Gardons à l’esprit de ne lancer que des balles courbes.”

Rui : “Mutuellement ?”

Subaru : “Mutuellement. Ouais, par exemple… Continuons la conversation de tout à l’heure à propos des Archevêques du Péché.”

Sans adhérer à la façon de faire de Rui, Subaru ramena le sujet à ce qu’il était il y a peu de temps.

S’il apprenait que “Archevêque du Péché” signifiait littéralement “Archevêque du Péché”, alors il avait une certaine connaissance du lien entre les mots “Péché” et “Gourmandise”.

Subaru : “Si tu es la Gourmandise, alors il doit y avoir six autres personnes similaires, non ?”

Rui : “Si onii-chan et nii-sama étaient également inclus, cela ferait exactement six personnes, nous imaginons ? Ah, mais le nombre de personnes a été réduit de deux récemment, donc il n’y a plus que quatre personnes maintenant. Si seulement ces deux-là pouvaient également mourir rapidement, tu sais.”

Subaru : “…Si c’est ce que tu dis, alors ton sens de la camaraderie semble bien faible.”

Rui : “C’est une évidence, tu sais. Nous pouvons nous appeler quelque chose comme Archevêques du Péché, mais nous ne sommes qu’un rassemblement de personnes détestées par ce monde de toute façon. La façon de nous désigner est différente, mais nous sommes les mêmes que la Sorcière, après tout.”

Sur ces mots, Rui se laissa tomber et s’agenouilla à cet endroit. Ce faisant, elle paraissait s’enfoncer dans une chevelure de fils d’or, une ambiance extrêmement particulière.

Subaru se gratta la tête, ajustant ses hanches en s’assurant que ses cheveux ne soient pas écrasés en dessous, et pencha la tête en disant “Sorcière ?”.

Subaru : “Tu insinues que vous êtes les mêmes que la Sorcière qui semble être considérée comme étant excessivement effrayante ?”

Rui : “Comme on peut s’y attendre, la nature de la Sorcière de l’Envie est pire que la nôtre, alors nous ne voulons pas être mis dans le même panier, tu sais. Il en va de même pour le reste. Sorcière et Archevêque du Péché, c’est la même chose, juste désignés différemment. Les bons à rien compatibles avec les Facteurs de Sorcière sont simplement qualifiés différemment en raison des différentes époques et positions, c’est tout.”

Subaru : “――――”

Rui : “Eh biiien~, l’actuel onii-san a oublié les Sorcières et les Archevêques du Péché, et nous de toute façon, alors n’importe lequel peut faire l’affaire, tu sais. Nous avons compris, nous comprenons, nous avons compris tu sais, comme nous avons compris, mais nous avons compris, parce que nous avons compris, parce que nous avions compris…”

Subaru : “Tais-toi.”

Rui : “Ah.”

Grommelant, interceptant les mots qui l’assaillaient comme une vague, Subaru se passa la main sur le menton.

D’une manière ou d’une autre, il avait aussi l’impression d’entendre des choses assez importantes. Même s’il s’agissait d’un discours dont Subaru n’avait pas la moindre idée, il semblait pouvoir rester sans se mettre dans la situation délicate de retourner auprès d’Émilia et des autres sans avoir récolté quoi que ce soit.

Cependant, la réflexion de Subaru n’était pas due à l’existence ou à l’inexistence de cette réussite.

Subaru cogitait ici à cause du malaise qu’il ressentait face aux réponses de Rui, ce qui ne pouvait plus être évité――non, c’était une sensation qu’il fallait étiqueter comme familière.

Avec cela comme raison, s’il y avait quelque chose qui lui venait à l’esprit――

Subaru : “Se pourrait-il que tu sois de la lignée des dieux ?”

Rui : “Lignée des dieux, tu dis… Ah, c’est ça ? Quelque chose comme une réincarnation dans des mondes différents ? Je ne comprends pas très bien, mais nous n’avons rien à voir avec ça. Assurément, c’est un endroit qui peut sembler bizarre, cependant.”

Gloussant et se moquant, avec ses cheveux blonds placés sous ses fesses, Rui tourna son corps une fois à cet endroit précis, et désigna le monde blanc ne possédant rien avec ses cheveux légèrement flottants.

Rui : “C’est un endroit tel qu’il apparaît. Un endroit où touuuut~ disparaît, par conséquent, un endroit où il n’y a rien. Nous nous tenons ici tout seuls, c’est pourquoi nous semblons être la divinité gardienne de cet endroit, n’est-ce pas ?”

Subaru : “Le berceau de l’Od Lagna, c’est ça ? En incluant le nom “Corridor des Souvenirs”, rien de tout cela ne m’est venu à l’esprit.”

Rui : “Hm, hm, hm, hmm~, j’imagine… Basiquement, c’est l’endroit où les âmes sont filtrées.”

Subaru : “Âmes, filtrées ?”

Devant cette formulation à laquelle il était difficile de s’habituer, Subaru avait des points d’interrogation qui flottaient dans son esprit.

En d’autres termes, “filtrer” avait la même implication que de dire “tamiser”, mais il était rare d’entendre ce terme utilisé à propos des âmes.

Mais Rui, avec une expression joyeuse, ramena ses genoux vers elle et déclara : “Oui, oui”.

Rui : “Tu utilises un chiffon à poussière qui a déjà servi après l’avoir lavé et séché, non ? Il en va de même pour les âmes. En éliminant les saletés qui y sont incrustées, elles sont réutilisées lorsqu’elles sont à nouveau propres.”

Subaru : “Cette saleté collée dessus… Est-ce que ça signifie des souvenirs ou des expériences ?”

Rui : “Si c’est ce que tu peux saisir, alors restons-en là, d’accord ? Onii-san, fais comme tu le sens.”

Déformant ses joues devant Rui qui lui tirait la langue, Subaru tourna la tête vers les alentours.

Comme toujours, dans l’espace blanc――dans le Corridor des Souvenirs, il n’y avait rien de nouveau pour les yeux. Dans ce monde blanc infini, il n’y avait rien d’explicite qui puisse être facilement compris.

Pour les besoins de l’argumentation, si cet endroit était bien celui dont Rui parlait, alors il aurait pu y avoir des âmes désincarnées en lévitation, ou des souvenirs ou expériences filtrés rendus visibles sous une forme ou une autre.

Rui : “Ce n’est pas quelque chose d’aussi facile à comprendre, tu sais.”

Subaru : “Ce Dieu appelé Od Lagna est plutôt malveillant, n’est-ce pas ?”

Rui : “Cette chose n’est pas suffisamment formidable pour être appelée Dieu. Elle n’a rien d’une idéologie aussi splendide, après tout. Ce n’est qu’un mécanisme, tu sais. Un mécanisme pour empêcher le monde de se briser, voilà ce que c’est.”

Subaru : “Un mécanisme…”

Rui : “Qu’il s’agisse de Facteurs de Sorcière, de Protections Divines, de Maîtres Épéistes ou de Sorcières, il ne tient compte de rien, tu sais. S’il y a quelque chose de bien dans l’Od Lagna, c’est simplement qu’il est désintéressé, équitable, impartial, et qu’il ne favorise rien.”

Plissant les yeux avec un désintérêt apparent, Rui interposa son propre visage dans l’espace entre ses genoux qu’elle avait ramenés vers elle. Jetant un coup d’œil en biais sur cette dernière, qui avait les joues bombées par ses rotules blanches, Subaru inspira brièvement.

C’était une jeune fille qui avait continué à converser très docilement jusqu’à présent. Il pouvait peut-être estimer qu’elle n’avait pas prononcé de mensonge apparent non plus. C’était précisément pour cela que Subaru avait inspiré.

Il inspira, expira, inspira encore, puis il la contempla.

Et il lui demanda.

Subaru : “――Celui qui a volé tous mes souvenirs jusqu’à hier, c’est toi ?”

Rui : “Ouais, et alors ?”

La contrevenante répondit à la question de Subaru, avec une grande promptitude.


Subaru : “――――”

Ses doutes ayant été levés, Subaru ferma les yeux.

Il avait estimé qu’on ne lui refuserait pas grand-chose. Elle avait dû faire quelque chose comme ça, c’était pour ça qu’elle avait évalué tant de choses sur lui avec le dialogue qu’ils avaient eu en si peu de temps, c’est ce qu’il ressentait.

Rui en savait beaucoup trop. Elle était profondément, beaucoup trop au fait des émotions du cœur de Subaru.

En incluant précisément ce que l’actuel Natsuki Subaru ne pourrait jamais savoir, Rui Arneb était parfaitement informée au sujet de “Natsuki Subaru”.

Ce n’était pas quelque chose que l’on pouvait classifier faussement avec des mots, comme étant un type d’observation rarement vu, et c’était précisément pour cela que Subaru s’était renseigné en toute honnêteté, et avait obtenu son affirmation.

Mystérieusement, ce qui remontait dans sa poitrine n’était pas de la rage, mais de la compréhension. En d’autres termes――

Subaru : “Donc le moi d’hier est bien venu ici aussi, hein.”

Rui : “Pour être précis, la façon d’arriver était un peu différente, vois-tu. Mais booon~, le but était le même. Le résultat était légèrement différent, c’est tout. Mais, c’est incroyable. Merveilleux. Au bout de combien de fois as-tu réussi à venir ici ?”

Subaru : “――――”

Rui : “Hey, réponds, onii-san. Nous avons répondu, tu sais――après que nous t’ayons mangé, tu es le combientième onii-san ?”

Face à cette question de Rui, des frissons parcoururent les muscles de la colonne vertébrale de Subaru.

Ses yeux, ses questions, étaient clairement dans la veine d’une personne consciente de la condamnation de la Mort Réversible.

Non, c’était une évidence. Ce n’était rien d’autre qu’une évidence.

Si elle avait volé les souvenirs de “Natsuki Subaru”, et qu’elle avait la capacité de lire librement ces souvenirs, alors il n’y avait rien d’étrange à ce qu’elle sache à propos de la Mort Réversible.

La Mort Réversible n’était pas un pouvoir exercé uniquement par le Subaru qui avait perdu ses souvenirs, mais était incontestablement le pouvoir que “Natsuki Subaru” avait exercé avant de perdre ses souvenirs.

Assurément, “Natsuki Subaru” avait librement utilisé ce pouvoir, et navigué à travers un grand nombre de situations difficiles. Le résultat de cela était la confiance qu’il avait gagnée auprès d’Émilia, de Béatrice, de ses camarades, le témoignage de la triche immonde en quelque sorte.

Subaru n’avait pas l’intention de trouver des fautes dans cela. Qu’il s’agisse de tricherie ou d’escroquerie, dans un contexte où la vie de quelqu’un était en jeu, il ne fallait pas hésiter à s’en servir. Le choix de “Natsuki Subaru” était correct. C’est pourquoi Subaru devait faire de même maintenant, en l’absence de “Natsuki Subaru”.

Et, acceptant qu’il y ait de la valeur dans son utilisation, il ingurgita le pouvoir de la Mort Réversible.

Cependant, contrairement à cette résolution, il existait un étrange malaise, une anxiété, à l’intérieur de la poitrine de Subaru.

Rui Arneb enfreignait cette peur difficile à repousser, ce tabou. C’était――

Rui : “――À propos de la façon dont personne ne doit être mis au courant ? Si c’est à ce sujet, alors il est déjà trop tard, onii-san. Notre rencontre avec onii-san a eu lieu hier, non ?”

Subaru : “――――”

Rui : “Le rule qui stipule que personne ne doit être mis au courant, a déjà été rompu depuis longtemps. Mais les événements dans le Corridor des Souvenirs ne s’ébruitent pas aisément à l’extérieur. C’est pourquoi l’effrayante, l’effrayante Sorcière ne bougera pas.”

Rapidement, avec ses membres posés sur le sol, Rui approcha son visage de Subaru, assise les jambes croisées. Elle esquissa un sourire envoûtant, inadapté à son âge, tout en laissant dépasser sa langue écarlate,

Rui : “Hey, onii-san. C’est la combientième fois ?”

En entendant ce ton de voix, qui donnait l’impression que sa langue picorait directement son cerveau, Subaru ressentit une douleur insensible.

Et puis, sa langue et sa gorge tremblèrent faiblement,

Subaru : “…C’est la cinquième fois.”

Rui : “――~Tsu ! Incroyable, comme c’est incroyable, tellement incroyable, c’est incroyable, n’est-ce pas incroyable, nous te disons que c’est incroyable, parce que c’est incroyable, c’est parce que c’est incroyable que nous l’admirons et que nous y aspirons… Boisson gloutonne ~tsu ! Gourmandise ~tsu !”

Subaru : “Gah, hk !”

Rui : “Nous avons irrésistiblement envie de goûter onii-san, de sorte que notre estomac soit rempli à ras bord ! D’après notre expérience, nous pensons que l’appétit et le désir sexuel sont similaires. En d’autres termes, le désir sexuel est l’amour, pas vrai ? En d’autres termes, onii-san, nous――”

Bousculant Subaru, Rui, qui était en position de cavalier, poussa de chauds soupirs, le visage excité. Avec le sang qui lui montait aux joues et les yeux envoûtés, Rui fit ramper sa langue sur le cou de Subaru sans aucune hésitation.

Au même rythme, les mots qu’elle essayait de poursuivre, ses pensées rattrapèrent finalement ce qu’ils allaient être――

Rui : “――T’aimons.”

Son cœur explosa, se souvenant des mots d’amour qui avaient fusillé Subaru d’innombrables fois dans la boucle précédente, alors qu’il avait souhaité la “Mort” dans des circonstances qui prenaient une tournure désespérée.

Subaru : “――C’est ce qu’on va voir, espèce de petite sexologue !”

Rui : “――Uhi.”

Ouvrant les yeux, Subaru saisit la nuque de la jeune fille qui le plaquait au sol, et au même rythme, violemment, coercitivement, la précipita sur le sol blanc. Échangeant leurs positions, c’est cette fois Subaru qui était en position de cavalier au-dessus d’elle.

Une silhouette fine et légère. Les longs cheveux blonds s’étendaient sur le sol, comme un lit doré sur lequel elle était étendue, tandis que Subaru gardait un œil sur son cou et mettait ses canines à nu, semblant être en position de l’avoir immobilisée au sol.

Subaru : “As-tu baissé ta garde ? Comme c’est malheureux ! Dans cette position, j’ai un avantage écrasant ! Si tu ne veux pas te faire étrangler de la sorte, mes souvenirs doivent être…”

Rui : “Rendu, tu dis ? Tu étrangleras le cou s’ils ne sont pas rendus ? Notre cou, celui d’une faible petite fille ?”

Avec son cou immobilisé, dans un état où il avait obtenu le droit sur sa vie et sa mort, Rui fixa Subaru, qui respirait à peine par le nez, et desserra ses lèvres, l’excitation précédente dans ses yeux n’ayant pas diminué le moins du monde.

Et, de ses lèvres déliées, elle posa une question d’une voix imitative qui ressemblait à une malédiction.

Rui : “Est-ce qu’onii-san va vraiment faire quelque chose comme ça ?”

Subaru : “――Tu ne m’en crois pas capable ?”

Rui : “Nous ne croyons pas vraiment, nous savons en fait, pas vrai ? Après tout, nous en savons plus sur onii-san qu’onii-san lui-même, de toute manière.”

Tout en disant cela, Rui toucha à plusieurs reprises ses propres joues avec les index de ses deux mains, et pencha la tête comme pour le provoquer. Retenant son souffle devant cette attitude, Subaru baissa les yeux sur sa main droite qui avait saisi le cou de Rui.

Si Subaru voulait montrer un peu de sérieux, il lui suffisait de mettre de la force dans son bras. S’il démontrait son sérieux, Rui reconsidérerait certainement ses idées aussi.

Si on lui demandait s’il la tuerait, ce serait certainement difficile. Difficile.

Même pour une cause juste, comme celle d’être un assistant au suicide, Subaru n’avait pas été en mesure de briser la conscience de sa camarade à l’aide d’un morceau de pierre.

Ainsi, même s’il savait qu’il s’agissait d’un de ses ennemis, il devait étrangler puissamment le cou de la jeune fille sous ses yeux.

Non, il était au moins capable d’étrangler. C’était une nécessité.

Il invoqua Émilia, Béatrice, Ram, Meili, Julius, Echidna, Shaula, Patrasche, tout le monde dans son esprit, et. Et――

Rui : “――La force a disparu de tes bras, n’est-ce pas, onii-san.”

Subaru : “――――”

Rui : “Nous n’avions vraiment pas l’intention de résister, tu sais ? Après tout, ici, nous ne sommes que ce qu’il semble être, c’est-à-dire une faible jeune fille. Contrairement à onii-chan ou nii-sama, nous devons prendre la forme de personnes mangées ou nous ne pouvons pas exercer nos pouvoirs, pas vrai ?”

Avec le doigt qui avait effleuré sa propre joue, Rui toucha la main droite de Subaru qui s’agrippait à son cou. Avec cette force fragile, la paume de Subaru lâcha le cou de Rui bien trop vite.

Subaru : “Merde… Hk !”

Rui : “Ne te laisse pas abattre, onii-san. C’était une bonne performance, une bonne performance. Après tout, pour être honnête… nous ne pensions même pas qu’onii-san reviendrait ici.”

Subaru : “Tu crois que c’est une bonne consolation ?”

Demeurant dans la position acculée, Rui, qui s’était étalée sur le sol, prit une expression qui suggérait que le pire était déjà passé. Pour détruire cette expression, il chercha des mots afin de faire passer ses exigences, mais ne trouva rien de précis.

C’est pourquoi, en observant Subaru qui avait fini par prononcer une phrase semblable à celle d’un mauvais perdant, Rui éleva la voix avec un “Ahaha”, comparable à l’observation de poissons nageant à l’intérieur d’un aquarium,

Rui : “Mais eh biiien~, ça s’est bien passé, n’est-ce pas ? Si quelque chose comme les souvenirs de “Natsuki Subaru” étaient restitués, l’actuel onii-san finirait par mourir ; c’est ce que ça signifierait de toute façon, alors reste sans faire quelque chose d’idiot comme te suicider, tu sais.”

Subaru : “…Ah ?”

Rui : “Hein, c’est quoi cette réaction bizarre ? Ce n’est pas possible, tu n’as pas remarqué ? Si les souvenirs reviennent, la personne actuelle sera écrasée, et son existence prendra fin… C’est la même chose que la mort, non ?”

――Subaru fut pétrifié par cette attitude de Rui, comme si on lui demandait la solution d’une énigme évidente. Il mourrait. Il disparaîtrait, s’évanouirait. C’est ce qu’on lui avait clairement dit.

On lui avait donc dit qu’au retour des souvenirs de “Natsuki Subaru”, la conscience, les souvenirs du Subaru ici présent, en ce moment même, seraient écrasés, et disparaîtraient, s’évanouiraient.

Si ça n’était pas désigné par le terme “Mort”, qu’est-ce que ça pourrait être d’autre――

Rui : “――Pour le moment, “Natsuki Subaru” est mort, n’est-ce pas ? Il n’est nulle part, après tout. Mais si “Natsuki Subaru” revient, cette fois ce sera onii-san qui mourra, pas vrai ? Il ne pourra plus aller nulle part, après tout.”

Subaru : “――――”

Rui : “Umm, tu saiiis~, est-ce que “Natsuki Subaru” vaut vraiment la peine d’aller aussi loin pour être récupéré, eh ? Onii-san doit aussi être capable de faire la même chose, non ? Onii-san doit aussi aimer les gens qui l’entourent de la même façon, pas vrai ? Les personnes qui l’entourent en viendront également à aimer onii-san de la mêêême~ façon――qu’y a-t-il de mal à cela ?”

Subaru : “Qu’y a-t-il…”

De mal à cela, si la question se posait, alors il n’y avait certainement rien de mal à cela. Il n’y avait certainement rien de mal concernant “Natsuki Subaru” ou Natsuki Subaru.

Subaru était un humain possédant de nombreux défauts. Rempli de défauts au point qu’il se répugnait lui-même. Si on lui demandait qui il détestait le plus dans ce monde, il répondrait qu’il s’agissait de lui-même sans hésiter un seul instant.

Voilà à quel point Natsuki Subaru était sans espoir, insuffisant.

Cependant, il n’y avait actuellement aucune erreur dans Subaru en ce qui concerne cette question particulière.

――Ce qui était présent n’était que la vérité sans espoir, un seul rayon de soleil.

Subaru : “Pour Émilia-chan et les autres, je…”

Voulais rendre “Natsuki Subaru”.

Par conséquent, il avait eu l’intention de se résoudre à saisir sans hésitation toute chance de récupérer ses souvenirs.

Cependant, il avait complètement détourné les yeux de la disparition de sa propre existence.

En parlant de pure convenance, les deux souvenirs se mélangeant, ou une partie de “Natsuki Subaru” demeurant dans le Subaru actuel, il avait songé à ce que quelque chose comme cela ne puisse pas se produire et il s’était demandé si tout cela ne pourrait pas être mis en place d’une manière agréable en quelque sorte. Il s’était attendu à ce qu’un miracle de ce genre se produise.

Les espérances si vacillantes de Subaru étaient――

Rui : “À quoi ça ressemblerait ? Nous n’avons jamais vu une personne récupérer ses souvenirs, donc nous n’en avons aucune idée.”

Rui dévoila ses dents, comme pour ridiculiser le conflit interne de Subaru, avec l’expression dans ses yeux d’un chat tourmentant une souris.

La contrevenante qui avait absorbé ces souvenirs, même de manière irresponsable, était ravie de dire qu’elle ne savait rien de ce qui se passerait par la suite. Ce n’était pas un mensonge, mais certainement la vérité.

Rui Arneb ne ferait jamais quelque chose comme rendre ce qu’elle avait volé à son propriétaire d’origine.

Par conséquent, elle n’avait aucune idée de ce qui arriverait à Natsuki Subaru après la restitution des souvenirs.

Rui : “Onii-san, tu as obtenu cette vie en naissant et tout le reste, ça ne va pas le faire si tu ne la célèbres pas.”

Cette usurpatrice irresponsable continuait de fixer intensément le visage de Subaru à quelques centimètres de distance.

Rui : “C’est parce que nous avons mangé les souvenirs de “Natsuki Subaru” qu’onii-san est ici. En d’autres termes, nous sommes un peu comme les parents biologiques d’onii-san, pas vrai ? Essayer de choisir l’option de mourir devant ces parents, n’est-ce pas ce qu’on appelle un manque de piété filiale, onii-san.”

Subaru : “Quelque chose d’aussi absurde est… Hk.”

Rui : “――Les souvenirs sont ce qui façonne les gens, onii-san.”

Subaru : “――――”

Devenant plus grave, plus froide, Rui effaça toute expression et ne prononça que ces brefs mots d’un ton sérieux.

Sans réfléchir, Subaru inspira devant l’acuité de ces mots et se tut.

Parallèlement, il sentait que ce n’était pas la première fois qu’il entendait ces mots. Sous réserve d’erreur, cette résonance, ces mots, juste avant de faire face à la seconde “Mort”, avaient été――

Rui : “L’onii-san actuel a des relations que l’onii-san actuel a créées. Pourquoi ne pas essayer de vivre à nouveau, en se tournant vers l’avant. Nous pensons que c’est aussi une option, tu sais.”

Subaru : “――――”

Rui : “Pour couronner le tout, nous ne savons pas comment nous devrions nous sentir en disant ça, mais… “Natsuki Subaru” ne correspondait pas vraiment à l’image d’un homme idéal, tu sais ?”

Fermant l’un de ses yeux, Rui frappa les émotions du cœur de Subaru avec une expression qui semblait trouver difficile ce qu’elle s’apprêtait à dire.

De plus, elle joignit ses bras devant sa poitrine tout en restant dans la position d’un cheval chevauché par Subaru, et fixa ses pupilles sombres avec des yeux similaires à ceux d’une jeune fille en train de rêver――

Rui : “Pitoyable Émilia ! Une misérable fille que tout le monde évite, simplement parce qu’elle est née de la même façon que l’ancienne Sorcière ! Ah, comme ma personne doit être bonne, pour rester encore à ses côtés !”

Subaru : “Qu…”

Rui : “Faible, fragile Béatrice ! Sans personne sur qui compter, une fille seule qui a traversé une période de solitude ! Ma personne doit la tirer par la main à travers le chemin sombre et dangereux !”

Devant le Subaru chancelant, Rui continua à articuler de façon sonore les noms de deux jeunes filles qui avaient prié pour la sécurité de Subaru et lui avaient montré un chemin, ainsi que des représentations mentales terriblement elliptiques de ces jeunes filles.

Même Subaru comprenait à qui appartenaient ces images mentales et ce que Rui voulait exprimer.

Bien qu’il comprenne,

Rui : “Dévouée et cherchant à dédier un amour sans contrepartie, Rem ! Folle et belle, comme c’est pur. Elle est certainement un être incomplet qui acquiert le vrai sentiment de vivre en s’affolant pour quelqu’un d’autre qu’elle-même. C’est précisément ça que doit mener l’existence connue en tant que moi !”

Subaru : “Qu’est-ce que tu… qu’est-ce que tu essaies de faire ?!”

Rui : “Nous te disons ce que “Natsuki Subaru” pensait autrefois. Il désirait avoir un sentiment de supériorité. Il ne voulait pas toujours penser que c’était pour le bien de quelqu’un d’autre, tu sais. Il ne voulait s’entourer que de personnes bienveillantes, s’enivrant du sentiment agréable de tendre la main. Il ne jetait même pas de nourriture à un chien qui ne s’attacherait pas émotionnellement. Il les tenait à l’écart.”

Subaru : “――――”

Rui : “As-tu vraiment l’intention de te livrer à ce “Natsuki Subaru” ?”

La question s’était superposée à deux reprises.

C’était une requête d’aveu pour Natsuki Subaru, de la part de Rui, de la part de la Gourmandise.

Exprimer ses vrais sentiments, c’est ce que Rui avait exigé de Subaru.

Qu’il veuille mourir ou non, s’il devait mourir, pour les besoins de l’argumentation, serait-ce pour le bien de quelqu’un comme lui.

――Non, la mort de Subaru ne serait pas pour le bien de “Natsuki Subaru”.

――Non, depuis le départ, Subaru ne possédait pas l’intention de mourir. Même s’il envisageait de rendre “Natsuki Subaru” à Émilia et aux autres, cela devait-il se traduire par sa propre mort ?

――Non, pouvait-il cependant avoir confiance en “Natsuki Subaru” ? Au minimum, “Natsuki Subaru” avait tué Meili, et avait même gravé des caractères incompréhensibles sur le mur.

Rui : “――Eh biiiien~, qu’est-ce que tu veux faire, onii-san.”

Subaru : “――Hk.”

Tout en disant cela, Rui saisit les mains de Subaru avec ses bras fins, et les accrocha à son propre cou.

Une fois de plus, mais cette fois par sa propre incitation, le cou mince de Rui était vulnérable aux bras de Subaru. S’il y mettait toute la force de ses deux bras, il se briserait facilement.

Dans le cas contraire, la conclusion serait établie.

Toutefois, ne pas le faire signifiait soit choisir de tuer “Natsuki Subaru”, soit que la même chose lui arriverait――du moins, c’était ce que Rui avait dit.

Pour les besoins de l’argumentation, seulement pour les besoins de l’argumentation, s’il brisait ce cou mince, et si “Natsuki Subaru” revenait et que le Subaru actuel disparaissait, ne serait-il même pas en mesure d’être témoin des fruits de ses actions ?

Si c’était le cas, que signifiait alors la collecte par Subaru d’un maigre courage et son action ici-même ?

Rui : “Eh biiiien~.”

Subaru : “――――”

Rui : “Quoi ? Qu’est-ce que tu vas faire ? Qu’est-ce que tu feras ? Qu’est-ce que tu comptes faire ? Qu’est-ce que tu comptes faire, hein ? Qu’est-ce que tu veux faire ? Comment veux-tu le faire ? Quoi que tu fasses, c’est acceptable, tu sais ? Peu importe ce que ça donne, nous te pardonnerons――”

Comme si elle le tourmentait, comme si elle le ridiculisait, comme si elle le maudissait, les paroles de Rui frappèrent les tympans de Subaru.

Ainsi agissait Rui Arneb, ainsi agissait la Gourmandise, ainsi agissait l’Archevêque du Péché, ainsi agissait la jeune fille mince, ainsi agissait l’abominable existence, ainsi agissait son parent biologique.

Le choix de ce qu’il ferait avec “Natsuki Subaru”, se rapprocha de Natsuki Subaru.

Rui : “Eh biiiien~.”

Eh bien.

Rui : “――Qu’est-ce que tu veux faire ? Onii-san.”

Artiste du fan-art : mmmtarbo_333

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