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Web Novel • Arc 06

24Un examinateur contrariant

Artiste du fan-art : ???

――Une femme, une unique femme existait.

La femme était toujours émotive. La femme pleurait tout le temps. Sensible à la douleur, elle pleurait constamment.

La seule raison de son chagrin résidait dans le fait qu’elle ne pouvait pas pardonner son propre manque de force.

Autour d’elle, le monde était toujours rempli de conflits, de violence, de guerre.

Peu importe à quel point elle suppliait, peu importe à quel point elle criait, peu importe à quel point elle essayait, peu importe à quel point elle pleurait et sanglotait, le chagrin ne s’arrêtait jamais. Par conséquent, elle s’était mise à maudire le destin.

Alors qu’elle ne cessait de le maudire, elle remarqua ce destin. C’était inutile, peu importe le nombre de larmes qu’elle versait.

Lorsqu’elle s’en rendit compte, elle commença à souhaiter autre chose. De la puissance brute.

Pour obtenir le pouvoir qui lui permettrait de tout renverser, qui lui permettrait d’écraser tous les autres, elle lutta jusqu’à ses limites et courut, se dirigeant vers le pouvoir qu’elle désirait tant.

Elle ne poursuivait pas le pouvoir de blesser, ni le pouvoir de priver. Elle n’en avait que faire.

Elle poursuivait un pouvoir que personne ne pourrait dépasser et qu’elle pensait pouvoir utiliser pour mettre fin à la violence.

La femme qui pleurait tant désirait le pouvoir d’arrêter autrui de pleurer.

Elle savait que si elle restait impuissante, elle ne pourrait jamais arrêter un combat où le pouvoir s’opposait au pouvoir.

Sa voix restait silencieuse. Ses souhaits restaient inassouvis. Même si ses propres chagrins étaient tenus à l’écart, la tristesse continuait à obscurcir le ciel.

Comment pouvaient-ils être d’accord ? Comment pouvaient-ils se faire du mal ? Comment pouvaient-ils penser à vivre avec ces cicatrices ? Comment, comment, comment ? Pourquoi ne pouvaient-ils pas réaliser qu’ils avaient d’autres façons de vivre ?

Femme : “Les enfants pleurent. Les personnes âgées pleurent. Les hommes pleurent. Les femmes pleurent. Tout le monde pleure. Alors, pourquoi――!!”

Pour arrêter cela, elle n’aspirait qu’au pouvoir. En s’entraînant, elle avait enduré toutes les souffrances pour finalement obtenir une volonté de fer.

Éventuellement, elle trouva le bout de son chemin. L’apogée de la force que personne d’autre ne pouvait atteindre.

Debout sur le champ de bataille, elle cria pour arrêter le combat.

Pour submerger tous les autres pouvoirs avec le sien, pour écraser tout le chagrin, briser toute malice et arrêter le flot infini de larmes devant elle, elle lutta au maximum de ses capacités.

Frappant ceux qui brandissaient leurs épées, donnant des coups de pied à ceux qui lançaient de la magie, brisant ceux qui montraient leurs crocs, elle pulvérisa tous ceux qui venaient chercher le combat.

Mais plus la femme se battait, plus les épéistes, les mages et les porteurs de crocs devenaient forts, toujours plus nombreux.

Comme si elle était entrée dans une spirale de violence sans fin.

Personne ne savait comment se sauver autrement qu’en répondant à la violence par la violence. C’est pourquoi, personne ne connaissait d’autre moyen de se sauver en dehors de la victoire au combat.

Femme : “Pourquoi――!!”

Finalement, la femme elle-même, bien qu’elle le sache, répondit par la violence. Abaissant son poing cramoisi, elle tourna son visage ensanglanté vers le ciel et gémit.

Le combat ne cessa pas. Ses efforts, son travail acharné, tout cela avait été vain ; ni ses larmes ni celles des autres ne s’arrêteraient de couler.

Finalement, dans la poitrine de celle qui n’avait cessé de courir, le désespoir se glissa.

Les larmes coulaient à flots sur ses joues. Les larmes qui coulaient continuellement n’étaient pas chaudes, mais plutôt froides, les larmes d’une personne impuissante, noyée dans le désespoir.

Cependant, elles étaient accompagnées d’une émotion différente et profonde.

Son cœur était noir, sa vision rouge et son esprit blanc, et une tempête s’éveillait en elle.

Le visage encore mouillé de larmes, la femme prit connaissance de cette émotion. En même temps qu’elle en connaissait le nom et l’origine, elle la comprenait.

Elle n’avait pas versé de larmes de tristesse.

Elle s’était simplement noyée dans la folie de la rage.

Les gens appelaient cette émotion la Fureur――non, ils l’appelaient la Colère.

Contre ce monde qui forçait les autres à pleurer, contre ceux qui refusaient d’arrêter de se battre, contre l’injustice absurde qu’était la fin de la vie.

――Qu’ils goûtent à mes poings de fer.

À un moment donné, elle se leva, essuya la terre de ses genoux et se mit à courir.

Plongeant dans la mêlée de la bataille toujours en cours, elle donna des coups de poing sur les visages de tout le monde en criant.

Arrêtez de vous battre. Regardez le ciel. Sentez la brise. Sentez les fleurs. Vivez, avec vos familles et vos êtres chers.

Pour la première fois, la voix de la femme sema le trouble sur le champ de bataille.

Des poings qui pourraient briser la terre, des coups de pied qui pourraient faire rugir les cieux, tout cela pour permettre à d’autres de vivre.

Les blessures se refermèrent, les cris se turent et les genoux plièrent face à la chaleur qui se répandait, la bataille perdant son sens.

Bientôt, les voix qui pleuraient disparurent du champ de bataille, la vie reprit son cours.

Une fois que les larmes des gens se turent, ils éprouvèrent de la gratitude à son égard. Ils élevèrent la voix, agitèrent les mains et sourirent.

Cependant, la femme avait soudainement disparu.

C’était tout à fait naturel.

La femme avait encore des choses à faire. Elle n’avait aucune raison de faire demi-tour, aucune raison de s’arrêter de marcher.

Pour réaliser son désir de créer un monde où personne ne pleurerait, où il n’y aurait pas de conflit, où personne n’aurait à prendre la vie d’autrui.

Elle courut, courut et courut encore, tout en brandissant ses poings.

Jusqu’au jour où les larmes de chacun cesseraient. Jusqu’au jour où les gouttelettes chaudes qui roulaient sur ses joues cesseraient.

――La Sorcière de la Colère, qui avait déclaré la guerre à la tristesse elle-même, continua à courir, encore et toujours.

Artiste du fan-art : 『방스터』


Subaru : “――――”

Encore une fois, après avoir trouvé un Livre des Morts et acquis la connaissance qu’il contenait, Subaru revint à la réalité.

De l’intérieur des limites de ses reliures s’était déversée la vie du nom qu’il enregistrait, les nombreux champs de bataille qu’elle avait traversés, et la conviction qu’elle avait eue lorsqu’elle était vivante, bien que tout cela ne soit qu’une goutte d’eau dans l’océan de sa vie entière.

Même s’il comprenait cela――

Subaru : “…C’était lourd.”

Il avait l’impression qu’une masse de plomb dense et lourde lui obstruait la poitrine.

Pour les humains, quels qu’ils soient, une seconde est une seconde, une minute est une minute, une année est une année. Aucune échelle ne pouvait mesurer différemment le poids d’une vie, et le temps s’écoulait donc de la même façon pour tous.

Une telle échelle de temps ne pouvait pas être contenue dans un papier aussi fragile, ni être transcrite dans l’esprit à partir d’une telle chose, quelle que soit la technologie utilisée.

Pourtant, même s’il l’avait simplement touché, Subaru dut serrer les dents pour maintenir sa concentration, afin de ne pas être emporté par le flot de souvenirs qui affluaient.

Les empreintes de leurs vies qu’ils laissaient derrière eux étaient vraiment grandes et lourdes.

??? : “Subaru, ça va ?”

Subaru : “…Ah, ouais, je vais bien. Je me sens bien. Ma tête a juste fait un tour, c’est tout.”

Émilia : “Ce n’est pas ce que signifie se sentir bien…”

Refermant le Livre dans sa main, il le replaça sur l’étagère sous le regard d’Émilia. Rencontrant son regard avec un oeil fermé, Subaru pointa le livre qu’il venait de remettre en place,

Subaru : “J’ai trouvé un autre volume des Livres des Sorcières. Cette fois, eh bien, c’était l’une des meilleures Sorcières, si c’est possible. Elle était quand même un peu bizarre.”

Émilia : “Celle qui est bizarre… Sekhmet ?”

Subaru : “Hey, c’est l’une des plus bizarres de la bande. Attends, tu connais Sekhmet ?”

Auparavant, au Tombeau du Sanctuaire, Émilia était censée avoir rencontré Echidna lors du Thé des Sorcières, mais Subaru ne lui avait jamais demandé si elle en avait rencontré d’autres. Il avait supposé qu’Echidna avait fait une exception pour lui, et n’avait donc pas permis à Émilia de rencontrer les cinq autres Sorcières. Subaru fut donc surpris lorsque le nom de Sekhmet sortit de sa bouche.

La Sorcière de la Paresse, Sekhmet, était une femme aux longs cheveux magenta, dotée d’une personnalité profondément auto-indulgente. Mis à part cela et son comportement, elle était la personne la plus raisonnable parmi les Sorcières.

Subaru : “Si tu connais Sekhmet, qu’en est-il des autres Sorcières ? Par exemple, celle de ce livre, Minerva, ou quelque chose comme ça.”

Émilia : “Errr, non, désolée. Je n’ai rencontré personne d’autre qu’Echidna et Sekhmet au Tombeau. Je n’ai pas beaucoup parlé à Sekhmet non plus.”

(Note de Traduction : Dans l’animé Émilia rencontre bien Minerva mais ce n’est pas le cas dans le web novel où c’est Sekhmet la Sorcière de la Paresse.)

Subaru : “Ah d’accord. Non, c’est très bien comme ça. Même si tu la connaissais, ce n’est pas quelque chose que tu apprécierais de voir de toute façon.”

Affichant un sourire sec en direction d’Émilia qui baissait la tête, Subaru tapota légèrement le côté de l’étagère.

Les étagères qui conservaient les souvenirs des morts étaient faites d’un matériau étrange. Sous sa paume, il ne sentait ni le bois, ni le fer, et la bibliothèque elle-même refusait de bouger lorsqu’elle était poussée.

En parcourant la Bibliothèque du troisième étage Taygète, Subaru et ses compagnons comprirent que les nombreux livres rangés sur les étagères enregistraient et invoquaient les souvenirs des morts.

Malgré cela, ils avaient continué à chercher quelque chose de très simple.

Émilia : “À part ça, je me demande où se trouvent les escaliers qui permettent d’accéder à l’étage supérieur ?”

Subaru : “Pour l’instant, je n’ai aucune piste à ce sujet…”

Émilia pencha la tête, plongée dans ses pensées, tandis que Subaru se tenait à l’opposé, regardant vers le bas en soupirant.

Pour l’instant, tout le monde se creusait la tête, non pas sur la question de l’examen qui se trouvait au-delà du troisième étage Taygète, mais sur l’emplacement de l’escalier qui menait au deuxième étage.

La zone blanche où se trouvait le Monolithe s’était effacée, laissant apparaître la Grande Bibliothèque de Taygète.

Grâce à cela, ils avaient maintenant accès à la mémoire des morts, un concept sûrement très désirable, ce qui était bien beau, mais,

Subaru : “Eh bien, pour l’instant, nous n’avons pas vraiment besoin de cet endroit.”

Chercher les informations souhaitées en fouillant dans les souvenirs des morts constituerait une tâche herculéenne, étant donné sa nature, car il était impossible de choisir les souvenirs que l’on souhaitait consulter, en raison du temps absurde et même de la chance que cela prendrait.

Ni l’un ni l’autre ne pouvait être gaspillé présentement. Le temps était évidemment compté, mais Subaru n’avait pas assez confiance en sa propre chance, même s’il en était béni.

Subaru : “Alors peut-être que l’information que nous voulons se trouve dans les étages supérieurs. C’est censé être le cas.”

Émilia : “Mais, il n’y a aucun moyen de monter à l’étage. J’ai essayé de monter sur les bibliothèques, mais ça n’a pas marché.”

Subaru : “Tu es bien intrépide, n’est-ce pas, Émilia-tan…”

Émilia désigna le plafond tout en se remémorant ce qu’elle avait tenté de faire.

Au milieu de leur recherche acharnée de l’escalier qui menait à l’étage supérieur, elle avait grimpé sur la plus haute étagère de la Bibliothèque――les étagères étaient disposées de façon circulaire, avec de petites marches surélevées qui menaient vers l’intérieur, plaçant l’étagère la plus haute au centre. Cependant, même celle-ci n’atteignait pas le plafond de la salle.

Il fallait noter que, malgré la façon dont Émilia avait escaladé la bibliothèque, et malgré le fait que sa jupe courte s’agitait audacieusement pendant l’action elle-même, ses mouvements étaient tels que rien n’était visible en dessous, bizarrement.

Lorsque Subaru l’interrogea de manière détournée, Émilia toucha simplement l’ourlet de sa jupe et,

Émilia : “C’est Puck qui me l’a appris. Hm, qu’est-ce que c’était déjà ? Une dame doit toujours agir avec beauté et grâce… c’est ça ? Je fais toujours attention à ça, ne t’inquiète pas.”

Subaru : “Je me sens un peu en conflit à ce sujet. J’ai envie de le féliciter, mais j’ai aussi envie de le blâmer… Bref.”

En d’autres termes, il y avait une astuce cachée dans l’apparence de l’escalier――ce n’était pas seulement limité à l’apparence de la Bibliothèque, mais s’étendait au processus pour monter plus haut.

Si la tâche était trop difficile, la motivation du compétiteur risquerait de s’effondrer, mais le créateur de la Tour de Guet, Flugel, avait dû en tenir compte également. Le toupet.

Subaru : “J’ai vraiment envie de voir le visage de ce type… Mais son apparence est aussi un mystère, bon sang.”

??? : “――Subaru, peux-tu venir par ici un moment ?”

Alors qu’il grommelait, une voix se fit entendre derrière lui. De l’autre côté de Subaru et compagnie, en train de fouiller dans une autre bibliothèque, se trouvait Julius. Le voyant s’approcher avec Anastasia, Subaru leva la main.

Subaru : “Bien sûr, quoi de neuf. Tu as trouvé quelque chose ?”

Julius : “Malheureusement, rien qui vaille la peine d’être mentionné. Je n’ai pas réussi à trouver un seul volume avec un nom que je connais, depuis le premier. Il semblerait que vous soyez dans la même situation.”

Émilia : “Ce n’est pas vraiment exact. Subaru a fait du bon travail, il a vraiment trouvé un autre volume, puis l’a feuilleté et a commencé à avoir l’air un peu chancelant. Pas vrai, Subaru ?”

Subaru : “Je vais prendre à cœur les éloges d’Émilia-tan, mais c’est comme elle le dit.”

Julius : “Je vois. S’il te plaît, prends soin de toi.”

Subaru fronça les sourcils tandis que Julius se détournait de lui, désintéressé. Tout en observant les deux de côté, Émilia prit la parole,

Émilia : “Mais, Julius et les autres n’ont pas trouvé les escaliers non plus, hein. Nous sommes vraiment dans le pétrin.”

Julius : “Je comprends où Émilia-sama veut en venir… Cependant, si nous devons croire que cette Bibliothèque enregistre effectivement les noms de tous les morts, du passé au présent, même si c’est assez difficile à digérer, je crains que nous ne puissions à nous seuls faire beaucoup de progrès. Il nous faut beaucoup plus de monde, comme la population entière d’un pays, approximativement.”

Julius proposa cela d’un air sérieux. Subaru n’avait rien à redire à l’idée de la proposition, estimant qu’un tel nombre était plus ou moins nécessaire. Les Dunes de Sable d’Augria avaient déjà été conquises, et s’il fallait seulement atteindre la Tour de Guet, il suffisait d’éviter le Repaire des bêtes démoniaque. Rien que cela pouvait être une grande aventure en soi, mais――

Julius : “Contrairement à avant, le chemin vers la Tour est pratiquement ouvert. Je pense qu’il vaut la peine de signaler l’existence de cette mystérieuse Bibliothèque à la Capitale Royale. Nous pourrions ainsi en faire un usage bien plus efficace.”

Subaru : “Il n’y a pas de quoi plaisanter avec la valeur de cette information… Mais je suis aussi certain que beaucoup de passionnés d’histoire comme toi naîtront de cette expérience, eh.”

Julius : “Ce n’est qu’un effet secondaire.”

Face à la taquinerie de Subaru, Julius répondit rapidement, sombrant dans le silence juste après. Après un court instant, il soupira, tout en ponctuant d’un “Non”, et soupira,

Julius : “…Dire que je ne m’y attendais pas serait un mensonge. Je m’excuse. J’avais un motif égoïste pour cette proposition.”

Subaru : “Allez, ne te laisse pas abattre comme ça. Qu’y a-t-il de mal à être égocentrique ? Si tu te sens si désolé pour ça, qu’est-ce que tu vas faire de moi ? Je ne travaille que pour moi, à cent pour cent.”

Ne jamais vraiment agir par devoir, toujours s’attendre à une récompense quelconque, voilà comment Subaru se comportait à la base. Il s’agissait toujours de lui, c’était son mode de vie, sa philosophie.

C’est pourquoi il ne pouvait pas se comparer à des Chevaliers comme Julius ou Reinhard.

Subaru : “De toute façon, ça n’a aucun intérêt de te retenir. Je veux dire, la raison pour laquelle Anastasia-san veut devenir Monarque est plutôt égocentrique, non ?”

Anastasia : “Yup, c’est vrai. Je veux devenir Monarque pour satisfaire mon avarice. Si j’y parviens, je pourrai faire beaucoup plus de profits. C’est tout ce qu’il y a derrière.”

Anastasia rit à la remarque grossière de Subaru sans aucune trace d’offense, puis tapota doucement la fourrure blanche de son écharpe.

Anastasia : “C’est pourquoi je trouve amusant que Julius soit devenu mon Chevalier. Du moins, c’est ce que je pense. Est-ce qu’Émilia-san et toi pensez la même chose ?”

Subaru : “Selon moi, c’est mieux pour nous si vous n’êtes pas sur la même longueur d’onde, alors allez-y et effondrez-vous… Aïe ! Émilia-tan, ça fait mal !”

Émilia : “Ne dis pas de choses méchantes… Personnellement, je ne suis pas familière avec Anastasia-san et l’histoire de son camp, donc je ne peux rien dire de façon imprudente. Mais peu importe la qualité de mes adversaires, je gagnerai à ma façon, avec mon Chevalier.”

À la partie concernant son Chevalier, Émilia tira sur la manche de Subaru et gonfla sa poitrine. En regardant ce visage de côté, Subaru poussa un long soupir.

Émilia : “Nous sommes peut-être des blancs-becs, mais nous ne perdrons pas !”

Subaru : “Qui dit “blanc-bec” de nos jours… Ouch ! Ça fait mal !”

Émilia pinça le bras de Subaru pour s’être moqué d’elle, il rebondit rapidement pour échapper à la punition. En observant le comportement des deux, les expressions de Julius et d’Anastasia se détendirent.

Surtout Julius, qui semblait avoir perdu son air de réflexion.

Julius : “…Parfois, j’ai vraiment peur de vous deux. Je ne peux jamais dire si c’est de la comédie ou si c’est sincère.”

Subaru : “Mon cas mis à part, Émilia-tan est toujours sérieuse. C’est ce qui la rend si mignonne, pas vrai ?”

Julius : “Je vais le prendre à coeur.”

Alors que Julius rentrait le menton, la conversation déraillée arriva à la dernière station de la voie. À la place, Anastasia applaudit pour ramener tout le monde sur le sujet.

Anastasia : “Bref, pour en revenir à nos moutons… Nous manquons de bras, alors il a été question de faire venir d’autres personnes de l’extérieur, c’est ça ?”

Julius : “Oui, en effet. Pour l’instant, comme il y a peu de choses à craindre concernant les Dunes de Sable, je pense qu’il est possible de faire venir une grande équipe d’enquêteurs dans la Tour. Ça permettrait non seulement de résoudre le mystère de cette Bibliothèque, mais aussi de progresser à mesure que nous montons…”

Anastasia : “C’est vrai, mais je me sens un peu anxieuse.”

Julius : “Anxieuse, vous dites ?”

Coupant court au discours fervent de Julius, Anastasia acquiesça. Julius fronça les sourcils tandis qu’elle levait le doigt pour désigner l’endroit.

Anastasia : “Je serais ravie d’avoir plus de bras, c’est ce que je me disais moi-même. Faire le tour de cette Bibliothèque me fait mal au cou. Vous savez, je suis petite et tout, alors c’est une vraie galère.”

Elle parla en se frottant la nuque,

Anastasia : “Mais d’abord, je me demande s’il est possible de faire entrer tout le monde dans la Tour.”

Julius : “――――”

Anastasia : “Réfléchir à ce que l’autre partie peut en retirer est l’une des bases des affaires. Enfin, j’appelle ça les bases du business, mais c’est utile où que l’on en soit dans la vie. Alors, commençons à réfléchir dans ce sens.”

Julius : “Réfléchir à la position de l’autre partie ? Mais de qui s’agit-il ?”

Anastasia : “Celui qui a construit cette Tour, mis en place les examens et laissé Shaula-san derrière lui… Lui. Mettons-nous un instant à sa place. Vous verrez.”

Subaru : “Lui et sa personnalité de merde ?”

Anastasia : “Yup, je pense qu’il est complètement dérangé.”

Alors que les lèvres de Subaru se tordaient, Anastasia hocha la tête en signe d’affirmation.

En entendant ces mots, Émilia et Julius, toujours aussi sérieux, se raidirent. Cependant, étant donné le caractère tordu des personnalités de Subaru et d’Anastasia, ils semblaient tous deux parfaitement synchronisés.

L’opinion d’Anastasia semblait plausible. Si c’était le cas, une personne avec une personnalité horrible essayait vraiment d’augmenter la difficulté de conquérir la Tour.

Subaru : “Shaula ! J’ai quelque chose à te demander. Viens ici.”

Shaula : “Maître ? Oui, oui, j’arrive tout de suite !!”

Une fois Shaula appelé depuis l’autre côté d’une grande étagère, il reçut une réponse enthousiaste, suivie immédiatement par la vision d’une silhouette sautillant dans les airs. Celle de Shaula.

Les bras tendus, sa longue queue de cheval ondulant dans les airs, elle sourit en sautant vers la poitrine de Subaru――

Shaula : “Ma―î―tre !”

Subaru : “Non.”

Shaula : “Ughyah―!”

D’un pas agile, Subaru esquiva le choc qui arrivait.

Cependant Shaula, ne pouvant arrêter son élan, plongea la tête la première sur le sol, les bras écartés. Elle se retourna rapidement pour lui lancer un regard noir.

Shaula : “Uuuuu, le Maître est vraiment méchant.”

(Note de Traduction : La façon dont Shaula dit “Le Maître est vraiment méchant” est, dans sa forme originale, “お師様マジいけず”, lu “oshi-sama maji ikezu”, qui sonne de manière très similaire au propre schéma de Subaru “Émilia-tan maji tenshi” (EMT).)

Subaru : “Non, non, je n’ai pas bougé parce que c’était toi, mais parce que tu allais me rentrer dedans de plein fouet, alors mes réflexes sont entrés en jeu.”

Shaula : “Alors tu me laisseras te faire un câlin si je viens vers toi lentement ?!”

Subaru : “Eh ? Je ne veux quand même pas.”

Shaula : “Pourquoi pas ! Qu’est-ce qui me manque ? Malgré mon apparence glamour ! Malgré le fait que je sois une bitchy !”

Subaru : “Tu es une bitchy, hein… Alors c’est pour ça.”

Pleurnichant à tue-tête, Shaura hua l’attitude froide de Subaru. Et pendant qu’elle boudait, deux petites filles arrivèrent de l’endroit où elle avait sauté.

Béatrice et Meili, abstraction faite de leur apparence, formaient un duo peu commun.

Comme si elle avait remarqué les pensées de Subaru à travers son regard, ou peut-être qu’elle l’avait réalisé d’elle-même, Béatrice mit un peu plus de distance entre elle et Meili.

Béatrice se comportait de la même façon avec Pétra, même si elles avaient à peu près le même âge (extérieurement). Elle maintenait une ligne claire entre elle et Meili.

Bien sûr, il lui était impossible de traiter Pétra et Meili de la même manière. Pétra était une alliée du même Camp, tandis que Meili était à l’origine un assassin venu de quelque part, qui avait même été impliqué dans l’incendie de la Bibliothèque Interdite et du manoir Roswaal.

Subaru : “Si tu continues à fuir les gens comme ça, tu ne te feras jamais d’amis, tu sais.”

Béatrice : “Qu’est-ce que tu racontes tout d’un coup, je suppose. De toute façon, Shaula a disparu au milieu de la conversation, alors nous sommes revenus silencieusement, en fait.”

Subaru : “Ahhh, j’ai gâché la conversation là-bas, c’est ma faute, c’est ma faute. Bon, vous avez trouvé quelque chose de bien ?”

Béatrice : “…Rien de particulier, je suppose. Et en y repensant, ça ne valait peut-être même pas la peine d’appeler ça une conversation, en fait. Ouais, c’est tout ce que c’était, je suppose.”

Subaru : “――?”

Détournant son visage, Béatrice coupa court à la réponse à la question de Subaru.

Avant que Subaru, aliéné, ne puisse questionner davantage sa réponse froide, Shaula était redevenue comme avant. Elle se redressa à la seule force de ses abdominaux et,

Shaula : “Eh bien, le fait que le Maître soit méchant n’est pas nouveau. Je peux me ressaisir seule. Me relever rapidement est l’un de mes arguments de vente.”

Julius : “Ça, ainsi que ta coopération, Mademoiselle Shaula, est quelque chose qui nous aide. Au fait, puis-je te demander quelque chose ?”

Shaula : “Qu’est-ce qu’il y a ? Je te préviens d’avance, je ne tomberai pas amoureuse de quelqu’un qui n’est pas le Maître.”

Julius : “Je reconnais que tu es une femme séduisante, mais je crains de devoir remettre à plus tard mon invitation à dîner pour l’instant――j’aimerais demander et confirmer certaines choses à propos de cette Tour.”

Julius ajouta élégamment quelques mots doux, tout en évitant le sujet avec tact. Cela surprit Shaula, qui se targuait d’être têtue comme une catin. Comme elle ne s’attendait pas à une telle réponse, ses yeux s’écarquillèrent, ce qui n’était pas du tout dans ses habitudes, et elle répondit docilement “Hum, bien sûr”.

(Note de Traduction : Catin : Fais référence au mot “bitchy” en anglais dans le texte original.)

Julius : “Mes remerciements. Je vais donc commencer. Tout d’abord… Connais-tu l’emplacement de l’escalier menant au deuxième étage ?”

Shaula : “L’escalier du deuxième étage, Électre ? Aucune idée. Je n’ai jamais dépassé le quatrième étage. Donc je ne sais pas.”

Julius : “C’est en soi une déclaration assez choquante.”

Si l’on se fiait à elle, Shaula était dans la Tour de Guet depuis environ quatre cents ans.

Si, durant cette période, elle n’avait pas une seule fois exploré la Tour dans laquelle elle vivait, mais s’était plutôt concentrée sur l’observation des Dunes de Sable, alors elle était tout simplement trop loyale envers celui qu’elle suivait.

Franchement, Subaru se sentait très mal à l’aise à l’idée d’être confondu avec ce même Maître.

Anastasia : “Julius, laisse-moi t’interrompre un instant.”

Cette fois, c’est Anastasia qui remplaça son Chevalier. Debout devant elle, les yeux bleu clair d’Anastasia reflétaient la silhouette de Shaula.

Anastasia : “La position de Shaula-san est la suivante, n’est-ce pas ? Pour être plus précise, tu es la gardienne de la Tour de Guet… Non, de la Grande Bibliothèque des Pléiades, pas vrai ?”

Shaula : “Eeeexactement~.”

Anastasia : “Je vois. Alors, d’après mes calculs… Quatre, non, cinq ?”

Anastasia leva sa main droite pour présenter cinq doigts. Shaula, qui ne comprenait pas où elle voulait en venir, se contenta de la dévisager et de cligner des yeux. Mais,

Anastasia : “――Les règles secrètes que Shaula-san a été chargé de respecter pour protéger la Tour, il y en a cinq, n’est-ce pas ?”

Shaula : “――――”

Anastasia se fendit d’un large sourire tandis que Shaula se taisait, ne sachant plus où donner de la tête pour la première fois.

Alors que les deux se regardaient dans les yeux, il ne fallut qu’un léger mouvement d’épaules de Shaula pour indiquer à Anastasia qu’elle avait tout à fait raison.


Shaula : “Tout d’abord, je n’ai rien caché. Je n’ai rien dit parce qu’on ne me l’a pas demandé. Je veux que ce soit écrit, s’il vous plaît.”

Subaru : “Crache le morceau, c’est tout.”

Alors qu’Anastasia avait mis en lumière ses cachotteries, c’est Subaru qui avait réduit à néant les quelques excuses que Shaula tentait d’avancer.

En réponse à son attitude forcée, Shaula pressa le bout de ses doigts l’un contre l’autre et répondit,

Shaula : “Par exemple, si le Maître et tout le monde essayaient secrètement de sortir de la Tour, je devrais tuer tout le monde, sans pitié.”

Subaru : “Bordel, comment se fait-il que tu sois si soudaine ?”

Shaula : “Je ne le ferais pas parce que je le veux ! Nous parlons juste de ce qui pourrait arriver. En premier lieu, je ne peux même pas aller à l’encontre de cet ordre.”

À la révélation soudaine d’intentions hostiles, Subaru fixa intensément Shaula, qui recula en secouant la tête. Sa poitrine généreuse pressée contre ses genoux, elle se mit en boule.

Shaula : “Je ne peux même pas te tuer en premier lieu, Maître. Je me ferais tuer avant même que ça n’arrive, et ça en finirait avec ça, alors tout l’ordre est foutu…”

Subaru : “Si tu es vraiment contre, pourquoi ne pas simplement ne pas le faire… ? À moins que, attends, tu ne vas pas me dire que c’est un Contrat, n’est-ce pas ?”

Ressentant quelque chose de bizarre, Subaru porta ces mots à ses lèvres, les dirigeant vers Shaula.

Tout d’abord, si l’on réfléchissait à l’identité de Shaula, elle était très claire. Pendant quatre cents ans, elle avait vécu dans la Tour, montant la garde auprès de l’Autel Scellé de la Sorcière en tant que gardienne de la Tour à la place du Sage.

Avec un tel rôle, et en l’assumant depuis plusieurs siècles――ni son style de vie ni sa durée de vie n’étaient ceux d’un humain.

Subaru : “Tu es un Esprit comme Béako ?”

En lieu et place d’une fausse promesse, Béatrice avait été enfermée à l’intérieur de la Bibliothèque Interdite pendant quatre cents ans.

Si, tout comme elle, Shaula avait passé les quatre cents dernières années à abattre tous ceux qui osaient s’approcher de la Tour de Guet, attendant ceux qui rempliraient les conditions, alors il est possible qu’elle et Béatrice soient le même genre d’existence――

Shaula : “Hors de question. Je ne supporterai pas d’être comparée à ces boules de poils qu’on appelle des Esprits. Je refuse catégoriquement… Les yeux de tout le monde ont l’air assez effrayants tout à coup !”

Subaru : “C’est parce que quatre-vingt pour cent des personnes présentes ici sont liées aux Esprits !”

En comptant l’amateur, il y avait trois Spiritualistes. De plus, une jeune fille en particulier était elle-même un Esprit, et une autre était possédée par un Esprit Artificiel. Les seules qui n’étaient pas liées aux Esprits étaient les sœurs Oni qui attendaient en bas, et la petite fille qui regardait Shaula avec une expression malicieuse pour une raison quelconque, Meili.

Rien de ce que Shaula avait dit n’avait plu aux personnes présentes. Cependant,

Subaru : “Laissons ça de côté, de toute façon, qu’est-ce que tu es ? Si tu n’es pas un Esprit, alors je ne vois pas pourquoi tu tiens si désespérément à ton Contrat.”

Émilia : “Qu’est-ce que tu dis, Subaru ? Même si tu n’es pas un Esprit ou un Spiritualiste, si tu fais une promesse, tu dois la tenir. Les promesses sont importantes. Maintenant, répète après moi.”

Subaru : “Non, attends, je me suis mal exprimé à l’instant. C’était juste une façon de parler et…”

Émilia : “Les promesses sont importantes. Trois fois.”

Subaru : “Les promesses sont importantes. Les promesses sont importantes. Les promesses sont importantes.”

Se faisant inopinément réprimander par Émilia, il répéta trois fois ses paroles pour se faire pardonner.

Quoi qu’il en soit, la mascarade involontaire d’Émilia et de Subaru, ainsi que l’attitude strictement obstinée de Shaula, étaient difficiles à comprendre pour les étrangers.

Ce n’était pas seulement une question de sens du devoir.

Julius : “Pour l’instant, ce qui est important, c’est d’en savoir plus sur les ordres que Mademoiselle Shaula a reçus. Tu as la mauvaise habitude de faire dérailler la conversation. Sois-en conscient.”

Subaru : “Comme si tout était de ma faute… Bien ! C’était ma faute, tout était de ma faute ! J’admets que c’était de ma faute, alors n’en parlons plus, bon sang !”

Shaula : “Wow, c’est vraiment une grosse réaction, comme on peut s’y attendre de la part du Maître ! Je vais parler.”

À Subaru qui s’approchait avec un visage pathétique et aigre, Shaula rayonna et agita sa main. Ensuite, elle se racla la gorge, et d’une manière étrangement décente, “Alors maintenant”, elle ouvrit la bouche,

Shaula : “Je vous le présente humblement, je vais maintenant parler des ordres que j’ai reçus. Premièrement, je ne dois jamais laisser partir les concurrents de la Grande Bibliothèque des Pléiades.”

Subaru : “Nous sommes soudainement coincés ici !”

Shaula : “Tout va bien ! Il y a une bonne façon de s’en sortir ! Tant que vous réussissez les examens de la Grande Bibliothèque et que vous atteignez le premier étage Maïa, il n’y a pas de problème. Tout est OK.”

Shaula déclara cela en levant le pouce.

Shaula : “Au fait, si cette condition n’est pas respectée, je me transformerai rapidement en une killing machine à sang froid, ce qui invalidera ma promesse avec le Maître. Je me mettrai en travers du chemin.”

Subaru : “C’est plus important que ma promesse, hein ? Ça fait mal.”

Shaula : “Ohhh, quand je pense que j’ai réussi à blesser le Maître, je suis devenue plus forte ! Il s’agit clairement d’une évolution ! Les fruits de quatre cents ans !”

Subaru : “Je plaisante !”

Shaula : “Moi aussi~ !”

Après s’être livrée à un va-et-vient rapide, Shaula leva un deuxième doigt et agita la main en disant : “Passons à la suite”,

Shaula : “Eh bien, je commence à en avoir assez, alors je vais me dépêcher. Premièrement, il est interdit de partir sans avoir terminé les examens. Deuxièmement, il est interdit de violer les règles des examens. Troisièmement, il est interdit de ne pas respecter les Bibliothèques. Quatrièmement, il est interdit de faire quoi que ce soit qui cause la destruction de la Tour elle-même. Cinquièmement, ahhhh, le cinquième était… Oh. Il n’y a pas de cinquième.”

Émilia : “Tout ça fait quatre règles… Mais.”

Encaissant quelque peu les propos de Shaula et son explication massacrée, Émilia se tourna vers Subaru et les autres. Les inquiétudes et les peurs qu’elle ressentait, Subaru les comprenait aussi.

Les règles dont Shaula parlait étaient, en gros, faciles à respecter, mais il y avait plusieurs déclarations curieuses mixées. Le problème était surtout avec――

Subaru : “Je suis vraiment curieux de savoir ce qu’il en est du “Il est interdit de violer les règles des examens.”

Julius : “On dirait qu’il s’agit d’une règle cachée dont nous n’étions pas au courant.”

Julius était d’accord avec Subaru, qui se touchait le menton, perdu dans ses pensées.

Du moins, durant l’examen du troisième étage, Taygète, Subaru et les autres n’avaient pas reçu d’informations sur les règles, et n’avaient pas rencontré de problèmes avec le Monolithe et son astérisme.

Par ailleurs, dès que quelqu’un touchait le mauvais Monolithe, ils étaient disqualifiés.

Anastasia : “Règles, règlements… tout ça ressemble à de mauvaises nouvelles, du moins pour moi.”

Émilia : “… Autrefois, les Épreuves du Tombeau fermaient pour la journée si le candidat n’arrivait pas à les passer. Ça ressemble un peu à la façon dont nous avons refait l’examen de tout à l’heure, alors peut-être que――”

Émilia s’arrêta à ce moment-là, et se mordit la lèvre. Ses yeux violets tremblants se tournèrent vers Subaru, qui fit un léger signe de tête.

Subaru : “Si tu as quelque chose en tête, c’est le meilleur moment pour le dire. Ne t’inquiète pas, je ne me moquerai pas de toi, peu importe ce que tu dis.”

Émilia : “Mhm, je sais. Hum, vous voyez, Subaru et Anastasia-san disaient que la personne qui a créé cette tour est vraiiiiment méchante… non ?”

Subaru : “Ton choix de mots devient plutôt mignon, mais c’est vrai. Qu’en est-il ?”

Émilia : “Se mettre du point de vue de l’autre partie est également important. En d’autres mots, si vous essayez de considérer ce que Shaula a dit, tout en imaginant comment cette personne vraiiiiment méchante s’est sentie, c’est un peu comme si――”

Alors que les regards de tous se tournaient vers Émilia, celle-ci se lécha les lèvres, puis elle joignit les mains, et pointa le plafond.

Émilia : “Il y a des règles que nous devons suivre, mais nous ne savons pas quelles sont ces règles… C’est vraiment mesquin, n’est-ce pas ?”

Subaru : “…En d’autres termes.”

Émilia : “Nous devons imaginer quelles pourraient être les règles éventuelles, et continuer sans les enfreindre.”

Tout le monde : “―――”

Les visages de tous se crispèrent d’inquiétude aux paroles d’Émilia. À leur réaction, les longs cils d’Émilia s’effilochèrent tandis qu’elle baissait les yeux.

Émilia : “J’ai l’impression qu’Echidna ferait quelque chose comme ça.”

Subaru : “…Émilia-tan, dire que nous pensons à la même personne quand il s’agit de personnalités merdiques. Nous pensons de la même façon.”

Cette phrase donnait un peu plus de crédibilité aux pensées de Subaru, tout du moins.

Le propriétaire de la personnalité malveillante mentionnée par Émilia――il avait l’impression que ce n’était pas loin d’être vrai.

Établir des règles qui n’étaient pas censées être enfreintes, mais ne pas dire au participant lui-même le contenu de ces règles.

C’était une disposition assez déplaisante.

Subaru : “Au fait, est-ce que c’est toi qui vas juger si les règles sont enfreintes ou non ?”

Shaula : “Vous allez finir par comprendre. Tout ce que je viens de dire, je suis censée le savoir s’il y a une violation. Il n’y a absolument aucun moyen de me piéger. C’est valable pour le Maître et ses amis.”

La voix douce exprimait une puissance mystérieuse dans la dernière partie de ses mots.

Ce n’était pas dû aux prouesses physiques de Shaula, mais plutôt l’inverse.

――Il y avait une existence beaucoup plus forte que Shaula, qui pouvait la faire agir comme telle.

Subaru : “C’était déjà une mauvaise blague, mais voilà qu’une autre mauvaise blague vient s’ajouter à celle-ci. C’est trop tard de toute façon.”

Julius : “Parfois, je suis envieux de la façon frivole avec laquelle tu parles.”

Julius soupira en parlant. En contemplant son beau profil, Subaru haussa les épaules.

Julius : “C’est peut-être parce que tu regardes toujours vers le haut que tu as développé un tel personnage. Si c’est le cas, j’ai bien peur de ne jamais pouvoir acquérir une telle expérience.”

Subaru : “Tu devrais avoir plus peur de ce qu’il y a autour de tes pieds. Tu vas te cogner l’orteil sur le coin d’un bureau. J’espère vraiment que tu le feras.”

Anastasia : “Oui, oui, de bons amis qui se disputent, c’est bien, mais n’oublions pas le sujet principal.”

S’interposant entre Julius et Subaru, Anastasia s’avança pour toiser Shaula.

Anastasia : “C’est tout ce qu’il y a ? Il n’y a rien d’autre à part ça, pas vrai ?”

Shaula : “Croix de bois, croix de fer. Je ne mens pas cette fois. D’ailleurs, tant que les règles ne sont pas enfreintes, mon corps sera toujours le mien. Non, attendez, c’est faux. Il sera toujours celui du Maître.”

Subaru : “Je n’en veux pas.”

Shaula : “J’ai été rejeté ! Mais mon cœur est toujours avec le Maître !”

Subaru : “Je ne veux pas de ça non plus.”

Les mains sur la taille, Anastasia reconfirma tout ce que Shaula avait dit brièvement, avec quelques mots inutiles ajoutés par Shaula, ainsi que sa propre position dans les événements récents. Cela prit un certain temps, mais elle réussit à confirmer que la promesse que Subaru avait faite avec elle――ne pas lui faire de mal, ni à ses camarades, restait intacte, et qu’elle comptait bien la tenir.

Bien sûr, à condition qu’aucune des règles ne soit enfreinte.

Émilia : “De toute manière, quand on pense qu’on ne peut pas sortir à moins de compléter les examens… Ça commence à ressembler aux épreuves du Tombeau.”

Subaru : “Nan, dans le pire des cas, tant que nous réussissons, nous pourrons tous rentrer chez nous, pas vrai ? C’est beaucoup plus facile qu’au Tombeau.”

Shaula : “Le maître ne ferait jamais une chose pareille ! Il était le plus gentil qui soit ! Il avait le plus grand cœur qui soit ! Uwah, mon corps me démange parce que j’ai menti !”

Shaula voltigea dans tous les sens, récoltant ce qu’elle avait semé, sous le regard déçu d’Émilia et de Subaru.

Pour l’instant, c’est tout ce qu’ils avaient obtenu de Shaula.

Meili : “Vous avez tous fini de parler ? Est-ce que je peux monter sur onee-san nue maintenant ?”

Subaru : “Nous avons fini, nous avons fini. Vas-y. Fais ce que tu veux. Attends, tu t’es déjà super attaché à elle.”

Jugeant que la discussion était terminée, Meili, qui était restée en dehors de la conversation, courut vers Shaula et grimpa sur ses minces épaules.

C’était l’endroit où Meili se sentait le plus à l’aise, depuis son arrivée dans la Tour. Pour Shaula, qui avait soulevé le carrosse draconique comme si de rien n’était, Meili devait être aussi légère qu’une plume.

Meili : “Chaque fois que je suis avec onee-san, je me sens plus en sécurité.”

Shaula : “Eh bien, je n’y pense pas trop. Je peux très bien m’occuper de la mordeuse de chevilles numéro deux.”

Subaru : “La numéro deux ?”

Shaula : “La mordeuse de chevilles numéro deux est celle-ci ici, et la numéro un est celle-là là-bas.”

Avec Meili toujours sur le dos, Shaula désigna Béatrice comme étant la numéro un.

Béatrice ne fit aucun commentaire à la remarque dévalorisante de Shaula. Normalement, compte tenu de sa personnalité, elle l’aurait attaquée de plein fouet, le visage rouge et bouffi.

Subaru : “Attendez une seconde, ça fait un moment qu’elle ne parle plus. Est-ce que tout va bien ?”

Béatrice : “――――”

Subaru : “Béako ? Oy, Béatrice. Sois attentive, allez. Je t’embrasse sur le front si tu ne le fais pas.”

Béatrice : “…Fais ce que tu veux, en fait.”

Subaru : “――――”

Comme si elle écoutait à peine, Béatrice répondit aux paroles de Subaru. Trouvant cela peu amusant, Subaru fronça les sourcils. Et puis,

Subaru : “Mwah――”

Béatrice : “Ngyahhh, je suppose ?!”

Se sentant un peu agacé, il l’embrassa vraiment sur le front. Aussitôt, Béatrice reprit ses esprits, se couvrit le front et s’éloigna d’un bond. Puis trébucha. Puis se releva. Puis trébucha à nouveau.

Subaru : “Tu exagères…”

Béatrice : “Qu-qu-qu-qu’est-ce que tu fais tout d’un coup, en fait ? Ton raisonnement n’a pas de sens, je suppose !”

Subaru : “Mon raisonnement est parfaitement logique. J’ai même eu ta permission. Tu es sûre que ça va ?”

Se sentant un peu blessé par la façon dont elle avait désespérément frotté la partie où il l’avait embrassée, Subaru s’inquiéta pour la petite fille.

En y réfléchissant un peu, cette Tour, un endroit avec une histoire louche, se trouvait au milieu des Dunes de Sable. Subaru ne comprenait pas très bien, mais il y avait une sorte de Miasme qui circulait ici, donc cela pourrait en être la cause.

Subaru : “Si tu ne te sens pas bien, tiens-moi la main. C’est comme ça qu’on se sent mieux, pas vrai ?”

Béatrice : “C’est impossible, ça n’arrivera pas, en fait ! Laisse-moi un peu de temps pour me calmer, je suppose !”

Le visage rouge, Béatrice couina contre Subaru, si bien qu’il se détourna avec un haussement d’épaules. Le fait qu’elle refuse de lui tenir la main l’avait un peu choqué, mais le reste de son attitude était celle qu’elle avait l’habitude d’avoir.

S’il y avait quelque chose de vraiment inquiétant chez elle, il le demanderait plus tard.

Subaru : “Alors, le problème est…”

Julius : “Qu’en fin de compte, nous n’avons pas d’autre choix que de tâtonner dans l’inconnu à la recherche des escaliers menant au deuxième étage, c’est ça.”

Julius termina la phrase de Subaru tandis que les deux se tournaient à nouveau vers les étagères.

La raison pour laquelle ils semblaient un peu déprimés résidait dans le fait qu’ils avaient besoin d’un peu plus de main d’œuvre pour s’attaquer à ce problème, mais à cause des ordres que Shaula avait reçus, ils avaient dû renoncer à cette idée.

S’ils ne réussissaient pas les examens, ils ne seraient pas autorisés à sortir de la Tour. Naturellement, il n’était pas possible d’aller au-delà des Dunes de Sable pour appeler de l’aide.

Finalement, il ne restait pas d’autre choix que de continuer les recherches avec les membres présents.

Subaru : “Tu comprendrais si je disais : “C’est comme chercher un seul grain d’or dans une montagne de sable” ?”

Julius : “Parler avec des mots aussi poétiques ne te ressemble pas. Cependant, je peux honnêtement être d’accord avec ces mots.”

Chose rare, face au grand obstacle qui les bloquait, Subaru et Julius s’entendirent.

Rien ne pouvait être accompli en traînant, alors ils se préparèrent à plonger une fois de plus dans la mer de livres pour trouver un chemin vers l’étage suivant, du moins c’est ce qu’ils avaient décidé à ce moment-là,

Émilia : “Hey, j’ai un peu réfléchi.”

Émilia interrompit les deux qui retournaient dans la Bibliothèque en levant légèrement la main.

Elle pencha la tête vers eux, mit un doigt sur ses lèvres et parla,

Émilia : “J’ai songé à la personne qui a construit cette Tour, sa personnalité est un peu malhonnête, non ?”

Subaru : “Ton choix de mots devient encore adorable, mais c’est vrai. Et donc ?”

Rassemblant tout ce qui avait été discuté lors de la conversation précédente, Émilia ajouta “Alors” et continua,

Émilia : “L’escalier, je pense qu’il se trouve à cet endroit――”


Subaru : “Je le répète encore une fois. Le gars qui a construit cette Tour a la personnalité la plus merdique qui soit !!!”

Debout devant le long escalier en colimaçon qui menait au deuxième étage Électre, Subaru cracha des injures de toutes les couleurs.

L’escalier qui menait au deuxième étage, l’endroit auquel Émilia avait pensé, était――

Émilia : “J’ai pensé qu’il se trouverait dans des endroits que nous n’avions pas vérifiés, comme par exemple au quatrième ou au cinquième étage.”

Émilia prit la parole, se sentant à la fois ravie et quelque peu perplexe.

Sa supposition avait fait mouche. L’escalier menant au deuxième étage était apparu juste à côté de la Salle Verte, où Rem et Ram attendaient, dans un espace auparavant vide.

Artiste du fan-art : 贯穿之角

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