68 — Mangeur de Nom Gourmet

――L’affrontement sans merci qui avait éclaté dans la ville de Pristella contre le Culte de la Sorcière approchait enfin de son dénouement.
À l’est de la ville, se dressait une seule église recouverte de glace, où avaient été érigés des piliers de glace lancinants, assez hauts pour faire lever les yeux.
Au nord de la ville, les voies navigables s’étaient embrasées d’un seul coup, et le monument de pierre incandescent avait grondé et s’était écroulé.
À l’ouest de la ville, une partie de la voie navigable avait été détruite et l’eau, s’écoulant dans le sous-sol, avait provoqué des inondations.
Au cœur de la ville, le noyau des facultés de la cité, l’Hôtel de Ville, avait perdu ses fondations et, par la suite, sa forme.
L’ouverture des hostilités avait causé de graves dommages dans divers secteurs, et gravé la menace du Culte de la Sorcière dans la ville. Cependant, certains avaient résisté et repoussé la malveillance, en menant une bataille défensive avec leur force de frappe limitée, et avaient tenté de remplir leur mission.
Et, au milieu de la lutte pour la cité Aqueuse, s’il y avait un champ de bataille à nommer où les choses ne se déroulaient pas favorablement, lequel serait-ce ? Peut-être que ce champ de bataille mériterait d’être cité.
――Oui. Le face-à-face et la bataille avec l’Archevêque du Péché du Culte de la Sorcière représentant la Gourmandise, Ray Batenkaitos, avait éclaté de manière imprévue et inattendue.
Ray : “Haha~ ! Ça, ne va pas le faire ne va pas le faire ne va pas le faire ne va pas le faire ne va pas le faire ne va paaaas~ le faiiiiire~ ! Qu’est-ce qui ne va pas chez vous, qu’est-ce que vous voulez faire, qu’est-ce que vous allez faire, qu’est-ce qui vous est arrivé ?!”
Cet endroit était communément appelé Rue du Canal, entourée de voies navigables étroites et alambiquées.
Sur l’esplanade de la Rue du Canal, il y avait un seul petit fantôme qui riait bruyamment et qui sautait rapidement et vivement.
Un jeune garçon s’appuyait sur ses membres courts et agitait ses longs cheveux bruns. Le garçon, âgé d’une dizaine d’années, ne revêtait que des bouts de tissus sur le corps, de sorte qu’il n’aurait pas été étrange de le confondre avec un enfant errant à première vue.
Toutefois, il était difficile de considérer son apparence extérieure comme un simple trait de caractère, mais cette impression s’étendait également à sa véritable personnalité.
De surcroît, l’existence même du garçon qui riait bruyamment était hétérogène, déformée et abominable. D’un seul coup d’œil, il était possible de comprendre la pression oppressante qu’exerçait son corps tout entier. C’était la folie fatale qui faisait appel à des parties de l’instinct qui avaient été ébréchées et négligées dans la vie quotidienne normale des humains.
Par ce seul fait, tout le monde observait attentivement l’anormalité de son existence.
C’était un blasphémateur qui avait piétiné le royaume humain, les souhaits humains et la société humaine. C’était un Archevêque du Péché du Culte de la Sorcière, le grand mal qui avait piétiné le cœur humain et l’humanité elle-même.
??? : “L’adversaire n’est qu’un enfant ! Encerclez-le et ne le laissez pas s’échapper ! Abattez-le !”
??? : “Ouais, c’est qu’un morveux solitaire ! Attrapez-le et déchirez-leeeee !”
La voix forte et impérieuse se superposa au rire exaspérant du jeune homme.
Tout en fixant les hommes qui s’approchaient de lui, Ray Batenkaitos de la Gourmandise s’avança et réduisit la distance avec légèreté, au lieu de reculer.
Ray : “――~tsu.”
Mettant un terme à leurs paroles, les hommes habillés de blanc sautèrent sur Batenkaitos.
Tous ces hommes vêtus de blanc étaient des mercenaires de l’organisation des Écailles du Dragon Blanc laissée par Kiritaka. Tenant des épées courtes dans leurs mains, ils frappaient la Gourmandise de toutes parts.
Face à l’offensive synchronisée, qui ne connaissait aucun désordre dans sa coopération, Batenkaitos,
Ray : “Il y a des endroits effilochés, ça ne va pas le faire.”
Se glissant dans la brèche de l’attaque “parfaitement ordonnée”, il esquiva quatre des épées avec un minimum de mouvement.
Positionnant son corps à l’écart et esquivant les lames, il en abattit une à l’aide de la dague attachée à son bras droit et, d’un coup de pied dans le torse d’une personne, il franchit l’encerclement. Devant lui se tenait une personne à la silhouette imposante, les bras croisés.
??? : “O-ohhh~ ! Un tel désespoir, hein, toiiii~ !”
Il s’agissait de Gaston, un serviteur de Felt.
Après avoir dérobé l’une des dagues de l’Archevêque du Péché grâce à sa technique secrète, il s’élança maintenant, avec son physique, vers Batenkaitos et tenta de le percuter.
En le voyant, Batenkaitos arrondit les yeux et sourit peu après. C’était un sourire digne de son âge, mais les canines acérées de sa bouche suscitaient le malaise et l’inquiétude.
Ray : “Il semblerait que tu t’en sortes bien, tonton. Pas si mal !”
Gaston : “Je n’ai pas encore atteint l’âge d’être appelé tonton… gamiiin~ ?!”
Batenkaitos sauta, et sa jambe droite s’enfonça dans le côté du visage de Gaston, qui avait plongé sur lui. Recevant le coup sur les joues, Gaston tressaillit et lança un regard haineux en direction de Batenkaitos.
Tout comme le coup de dague, cette attaque ne transperça pas non plus Gaston. Bien que le principe soit ambigu, le corps de Gaston avait complètement amorti les impacts des attaques.
Au même rythme, Gaston tendit les bras, attrapant la Gourmandise qui se déplaçait continuellement――
Ray : “Paume du Roi du Poing――”
Tout en gardant ses jambes levées, Batenkaitos marmonna quelque chose. Sa paume entra en contact avec le torse de Gaston. Comparé à un coup de pied, il n’y avait ni puissance ni vitesse, il s’agissait d’une simple action de toucher.
Cependant, au moment où il enfonça légèrement son bras, le corps de Gaston se recroquevilla et s’effondra.
Gaston : “Ugh, guhehhh~ ?!”
Tombant à genoux, Gaston vomit des fluides gastro-intestinaux. Passant à côté du corps qui s’était effondré devant lui, Batenkaitos, qui avait franchi l’encerclement, se retourna et inclina son cou.
“C’est tout ce que vous avez ?”, voilà ce que son geste laissait entendre, et les Écailles du Dragon Blanc ne purent cacher leur expression sévère en voyant leur fierté mise à mal.
Écaille : “Espèce de monstre… !”
(Note de Traduction : Le mot “écaille” est utilisé pour se référer à un membre individuel du groupe de mercenaires.)
Les mots qui étaient sortis de la bouche de quelqu’un constituaient la preuve évidente de la capacité de Batenkaitos. La voix angoissée était peut-être mêlée d’une légère jalousie, ou bien elle avait simplement été mal entendue.
Otto : “…Nous avons beaucoup moins de chances de pouvoir porter un coup décisif que je ne l’avais supposé.”
Observant le champ de bataille, qui ne pouvait être qualifié de compétition même sous une lumière favorable, Otto humidifia ses lèvres sèches et tourna désespérément la tête.
Dans le face-à-face avec la Gourmandise et dans une confrontation directe avec l’ennemi, leur force de frappe n’était pas du tout fiable――bien sûr, il était vrai qu’ils risquaient tous leur vie, mais c’était aussi un fait que leur force restait encore insuffisante.
Les Écailles du Dragon Blanc laissés par Kiritaka étaient au nombre de sept ; associés au duo de Felt et Gaston, son escorte, ainsi qu’à la force solitaire qu’était Otto, ils totalisaient dix personnes. Si quelqu’un qui avait terminé son combat plus tôt que prévu les rejoignait ici, ce serait un grand retournement de situation――ce serait l’idéal, mais,
Otto : “Je n’ai pas assez confiance en ma chance pour espérer qu’elle me tombe dessus.”
La vie d’Otto Suwen avait été jalonnée de difficultés et d’injustices. Otto pensait que la chance n’existait pas et que les résultats ne pouvaient être obtenus qu’au prix d’un travail acharné, d’une préparation et d’actions personnelles.
Heureusement pour lui, il avait la nuisance d’une Protection Divine et était né dans un foyer compréhensif, puis avait eu la vie sauve grâce à Subaru, qui avait tué un Archevêque du Péché. Comme il estimait avoir déjà épuisé toute sa chance, il ne s’était pas montré inutilement négatif à l’égard de sa malchance.
Felt : “Le dragon aquatique apporté par nii-chan ne peut plus être utilisé, pas vrai ?”
Se tenant à côté d’Otto, qui était plongé dans ses propres pensées, il fut interpellé par Felt qui observait elle aussi la même situation.
Ce que ses yeux cramoisis fixaient se trouvait à l’opposé du combat à l’épée de la Gourmandise et des autres――la forme d’un dragon aquatique mourant, abandonné sur le pavé de pierre, avec son long cou qui se tortillait.
Les pitoyables dragons aquatiques, qui avaient été convoqués par Otto mais repoussés par Batenkaitos, n’allaient malheureusement pas revenir sur le front.
Otto : “Malheureusement, je ne pense pas qu’ils puissent être incités à aller plus loin. Ce sont tous les dragons aquatiques auxquels j’ai parlé avant de venir ici… Je pourrais parler à d’autres dragons aquatiques et les amener à faire la même chose, mais voulez-vous les utiliser pour vous échapper ?”
Felt : “Cette blague est blessante. La fuite de ce maniaque de la Diva, c’est très bien, et notre carte maîtresse n’est pas unique, elle est double. La seconde est, eh bien, je la prépare.”
En disant cela, Felt jeta un coup d’œil au paquet long et mince que son petit corps empoignait.
Enveloppée dans un tissu blanc, sa carte maîtresse semblait être l’arme magique que son serviteur avait apporté. Elle avait déclaré que même Reinhard ne pourrait pas l’éviter, mais un mécanisme lourd était nécessaire pour l’utiliser, et tant qu’il n’était pas achevé, elle ne pouvait pas être utilisée.
Felt : “Pour couronner le tout, si l’on met de côté le maniaque de la Diva, ni nii-chan ni moi ne pourrons nous échapper, même si nous essayons. Il semblerait que ce bâtard nous prenne pour cible.”
Otto : “Si je peux être honnête, c’est la chose dont j’aimerais le plus être dispensé.”
Otto baissa les épaules, dépité, face aux paroles de Felt, qui inspirait avec son nez.
Mais il ne pouvait pas nier ses paroles, car il pouvait sentir la force des regards chaleureux qui leur étaient adressés, même au milieu de la bataille féroce.
Batenkaitos laissait échapper de chauds soupirs, les yeux humides et les joues rougissantes, et se tournait fréquemment vers Otto. C’était un regard dont la couleur suggérait un désir de récolte, mais dont la véritable signification n’était que l’appétit tapi d’une bête affamée et féroce.
Conformément au goût du prédateur, des gouttes de sang s’étaient transformées en une chair de premier ordre, c’était tout ce qu’il y avait à dire. Bien que ce ne soit pas très honorable, trois personnes ici étaient convenables aux yeux de Batenkaitos qui appréciait l’esthétique.
Otto et Felt, ainsi qu’un homme à la barbe hirsute, qui dirigeait les Écailles du Dragon Blanc. Donnant des ordres à ses hommes, il avait affronté à plusieurs reprises Batenkaitos et était rapidement revenu à sa position ici.
L’homme, au visage sérieux, avait sauté hors de la bataille et réfléchissait aux circonstances du combat, tout en se déplaçant à pas rapides,
Chef des Écailles : “Je m’appelle Dynas. C’est grâce à vous que notre jeune maître a pu s’échapper.”
Otto : “Cette réussite constitue l’accomplissement du groupe de Felt-sama. De plus, l’évasion de Kiritaka-san nous aide également à remporter la victoire. Avec ça…”
Si Kiritaka, qui s’était échappé de cet endroit, se déplaçait selon les instructions d’Otto, une autre possibilité se présenterait. Malheureusement, même s’il s’agissait plutôt d’une prière et qu’il n’y avait aucune preuve, en tout cas, cela ne devrait pas être défavorable.
Avoir plus de moyens de gagner, d’atteindre la victoire, ne pouvait jamais être quelque chose de négatif. Une fois l’un de ces moyens mis en œuvre, il ne resterait plus qu’à attendre la suite des événements.
Otto : “――――”
Voyant Otto, calme et secouant la tête, l’homme――Dynas, prit une expression étonnée, puis la changea. C’était la couleur de la conviction.
Dynas : “Je vois, il semblerait que ce soit exactement conforme à ce que j’avais entendu. Comme on peut s’y attendre de la part du Ministre des Affaires Internes de la faction d’Émilia-sama, qui a envoyé l’un des hauts responsables du Culte de la Sorcière à la mort. Il semblerait que je puisse m’attendre à ce que vous ayez également votre propre plat à faire goûter à cet Archevêque du Péché.”
Otto : “Merci pour cette évaluation exagérée. Euh, au fait tout le monde, je suis désolé mais savez-vous par hasard quel genre de travail le Ministre des Affaires Internes est supposé faire ? Je crois que c’est un peu différent de ce que je fais… ?”
Dynas : “Une telle politesse également, hein. Par ailleurs, nos propres Responsables des Affaires Intérieures visitent les abris et s’occupent des victimes. N’est-ce pas le genre de travail que les Responsables des Affaires Intérieures sont censés faire ?”
Le préjudice qu’il avait causé à l’image des responsables des affaires intérieures était immense.
Au cours de l’année écoulée, il avait décidé de renoncer à son statut de responsable des affaires intérieures, mais il n’avait jamais accepté les changements qui en résulteraient.
À qui incombait la faute ? Peut-être parce que de telles situations, comme des catastrophes naturelles, se répétaient sans cesse ? C’était la faute de Subaru. Une fois qu’il rentrerait sain et sauf, il remettrait définitivement les pendules à l’heure. C’était ce qu’il avait décidé.
Otto : “Bon, alors――”
Remettons les choses de l’après-bataille à plus tard et concentrons-nous sur la situation actuelle.
Devant le regard d’Otto, Batenkaitos se mêlait à plusieurs reprises aux Écailles du Dragon Blanc et à Gaston, et démontrait son extraordinaire force de combat en les battant.
Cependant, le plus déroutant c’était qu’il n’essayait même pas de balancer la dague que portait son bras droit.
Ray : “Même si d’aussi sympathiques adultes se liguent, vous ne pouveeeeez~ même pas attraper un seul morveux ?! Ça ne va pas le faire, ça ne pourrait pas le faire, ça ne pourra pas le faire, ça ne peut pas le faire, ça ne pourra jamais le faire !”
Déployant ses crocs, Batenkaitos esquiva les hommes en manipulant simplement ses pieds. Ses mouvements libres, accompagnés d’un balancement saisissant du haut du corps, amenaient les épées à découper le ciel.
Les mouvements du haut et du bas de son corps étaient totalement différents, comme s’il s’agissait de deux systèmes distincts. Tandis que cette excentricité se reflétait dans les yeux d’Otto, Dynas déglutit involontairement face à sa menace.
Otto : “Dynas-san ?”
Dynas : “Ah, non… Désolé. Ses mouvements sont juste un peu… Ohhh~ ?!”
Felt : “N’aie pas peur avec une silhouette aussi imposante !”
La bouche fermée, Dynas tentait de nier les pensées qui lui venaient à l’esprit. Debout derrière lui, Felt lui donna un coup de pied dans le dos.
Dynas se retourna, et Felt, qui gonflait et rougissait ses joues, leva les yeux vers lui.
Felt : “Une fois que tu as mis tes mains dans les poches des autres, il ne te reste plus qu’à choisir ce que tu prends et ce que tu laisses. Si tu es poursuivi de toute manière, il vaut mieux que tu utilises tout ce que tu as. Tu comprends ?”
Dynas : “Pourquoi utilises-tu le point de vue d’un voleur ?”
Otto inclina la tête en entendant le conseil de Felt, tandis que Dynas, qui se trouvait juste à côté de lui, secoua la tête. Il commença par dire “Je suppose que oui” et regarda à nouveau Felt,
Dynas : “C’est comme l’a dit la demoiselle. Il suffit de dire ce qui nous passe par la tête et de trouver une solution. Pour l’instant, ce que je ressens, c’est que tout ceci est étrange, mais…”
Demoiselle, c’était ainsi que Dynas appelait Felt ; il semblait ne pas avoir remarqué qu’elle était une Candidate Royale. Mais, bien qu’il ait jugé l’erreur ici, Otto décida de ne pas la mentionner. Il écouta ensuite attentivement les paroles de Dynas.
Dynas : “Cet Archevêque du Péché… Il a beau avoir l’air d’un sale morveux, il se bat bien, ses mouvements sont bons, il a trop d’expertise franchement. S’en tenir à nos seules capacités physiques… ne serait, encore une fois, pas la bonne réponse.”
Felt : “――? N’est-ce pas comme naître avec de bonnes aptitudes au combat ? Reinhard est un de ces idiots, non ?”
Otto : “J’aimerais tout simplement abandonner s’il est comparable à Reinhard-san.”
Le Chevalier de Felt, l’épée la plus puissante du Royaume, Reinhard.
Actuellement, il accompagnait Subaru et était censé affronter l’Avarice, mais sa puissance était quelque chose qu’Otto, qui n’était capable que de se défendre, n’avait senti qu’à fleur de peau.
Le simple fait d’être à ses côtés procurait un sentiment de sécurité absolue et d’émerveillement à la fois. Le plus fort du Royaume n’était pas un euphémisme. En fait, il ne serait pas faux de l’appeler le plus fort du monde.
D’un autre côté, le simple contact avec Batenkaitos faisait naître un fort sentiment de dégoût et d’inquiétude. Cela n’avait rien à voir avec ce que Reinhard pouvait faire ressentir.
Bien sûr, sa force de combat surnaturelle était incontestablement indéniable.
Dynas : “Ce n’est pas ça non plus. J’ai assez vécu et affronté assez de batailles pour le dire… La technique de combat de ce morveux ne peut pas être expliquée par le talent seulement. Ses mouvements sont ceux de quelqu’un qui les a accumulés pendant des années et des années.”
En entendant les mots de Dynas, Otto et Felt jetèrent à nouveau un coup d’œil à Batenkaitos. À ce moment précis, Batenkaitos avait reçu une attaque d’une épée courte avec son bras. Saisissant le poignet de celui qui tenait l’épée, Batenkaitos fit pivoter son corps, et en renversant le soldat, il jeta son corps au sol.
De plus, alors que les hommes entamaient leur poursuite, les pieds de la Gourmandise glissèrent sur le pavé en dessinant un cercle, et en utilisant librement ses membres, il détruisit leur équilibre et les fit tomber.
Incontestablement, ce mouvement fluide et élégant avait le pouvoir de tracer une ligne entre le raffinement et l’ambiance violente que portait Batenkaitos. Son art indéniable consistant à disposer d’un système d’une variété d’arts martiaux, avait été cultivé en lui-même.
Le jeune garçon, qui semblait avoir quatorze ans, avait perfectionné des techniques qu’il aurait fallu des années et des années pour maîtriser――?
Dynas : “Je suppose que quelqu’un appelé génie des arts martiaux peut être capable de le faire, mais… Je ne veux pas croire qu’un tel morveux a été gratifié d’un tel talent.”
La maîtrise de Batenkaitos était telle que Dynas devait en dire autant. À ce moment-là, Otto comprit ce qu’avait signifié la jalousie dans les paroles divulguées par l’un des hommes en tenue blanche qui se battaient contre la Gourmandise. Ceux-ci, qui menaient la bataille, avaient compris cette vérité avant Otto et les autres. C’est pourquoi ils étaient――
Otto : “Maniement de la dague, compétences en combat à mains nues, techniques d’arts martiaux parfaites… ?”
En disant ceci, Otto se remit à douter de la raison qui se cachait derrière tout cela, une fois de plus. “Est-ce même possible ?”, fut la seule pensée qui lui vint à l’esprit.
Otto : “――――”
Il avait entendu parler de personnes envoyées dans des colisées à un très jeune âge, et ceux qui devenaient des épéistes apprenaient et s’entraînaient aux techniques de combat dans l’Empire de Vollachia au sud. Si Batenkaitos s’était trouvé dans un tel environnement, il n’aurait peut-être pas été impossible pour lui d’acquérir de telles compétences à cet âge, mais ces compétences en techniques de combat seraient, une fois de plus, différentes.
Le seul moyen pour lui de les apprendre et de les cultiver aurait été de s’entraîner sous la supervision d’un formateur tout aussi compétent et approprié. Autrement――
Otto : “Les voler… Non, les manger comme de la nourriture ?”
Otto avait déjà entendu Subaru mentionner que la Gourmandise était une existence qui mangeait le Nom et les Souvenirs de ses adversaires. La vérité voulait qu’Otto connaisse la forme d’une jeune fille qui avait eu les deux dévorés, et qui était entrée dans un état où elle n’était plus présente dans les souvenirs de quiconque.
C’était difficile à croire, mais il n’avait certainement pas mangé quelque chose de visible pour les yeux. Toutefois, jusqu’à présent, il n’avait jamais pensé à ce qu’il adviendrait de ce qui avait été mangé.
Il était possible que la Gourmandise ait stocké les souvenirs dévorés de ses adversaires et les ait utilisés.
Les techniques d’un spécialiste des arts martiaux qui s’était entraîné pendant plus de dix ans, ou les compétences de combat d’un guerrier connaissant bien le champ de bataille, ou même l’attaque d’une jeune fille qui avait été aux côtés de Subaru et l’avait soutenu――
Otto : “Il utilise la magie !!”
Felt : “Gaston !”
Ray : “――El Huma.”
Alors que l’attaque choquante commençait, le cri d’Otto et l’incantation de Batenkaitos résonnèrent en même temps.
Un son résonna dans la zone tandis que l’air se cristallisait et que des stalactites apparaissaient, se déplaçant rapidement et visant les Écailles du Dragon Blanc effrayés.
Cependant, face à la pluie de glace, Gaston resta debout, les bras écartés. Le géant, avec sa défense naturelle, écrasait de son corps toute la glace qui entrait en contact avec lui. Face à la destruction, les Écailles du Dragon Blanc plongèrent dans son dos, afin de réduire les dégâts qui leur étaient infligés. Toutefois, ils ne parvinrent pas à empêcher les dégâts.
Ray : “Le jugement d’onii-san était bon. Il semblerait que l’attaque ne puisse pas être plus surprenante que ce que nous pensions.”
Observant la tourmente, Batenkaitos, qui se trouvait derrière la magie, releva les bords de sa bouche.
Gaston, qui avait fait office de rempart, poussa un soupir rauque, et les six Écailles du Dragon Blanc qui se trouvaient dans son dos gisaient blessées. L’un d’eux saignait abondamment, et deux autres, accroupis, avaient été blessés aux jambes. Les trois autres ne pouvaient pas non plus être considérés comme indemnes. Leur potentiel de guerre avait été réduit de moitié, et en plus de cela――
Ray : “Si tu as dit ça, se pourrait-il que notre astuce soit devenue claire ?”
Otto : “…Eh bien, je me pose la question.”
Ray : “Onii-san, nous ne serons pas dupes. Avant de souffrir, ne peux-tu pas cesser d’agir comme un marchand ?”
Répondant à Otto, et menaçant de le faire souffrir, la forme de Batenkaitos disparut l’instant d’après.
Non, il s’était élancé avec ses mouvements naturels rapides, assez rapides pour faire croire qu’il avait disparu. Son petit gabarit glissa le long de Gaston, jusqu’au flanc des Écailles du Dragon Blanc, immobiles.
En un clin d’œil, les trois mobiles s’enfuirent de l’emplacement, mais les trois blessés ne purent s’échapper.
Ray : “Asta. Lookfelt. Hicks.”
Laissant échapper un chuchotement, Batenkaitos caressa doucement les épaules des trois.
Devant les yeux écarquillés de tous ceux qui se demandaient ce qu’il faisait, les corps de trois personnes sautèrent, après avoir été touchés par Batenkaitos. Et, Batenkaitos se retourna, et leva sa main gauche,
Ray : “Slurp.”
Et il lécha sa paume gauche vide. Face à son geste, Otto fut immédiatement pris d’un malaise.
Qu’est-ce qui s’était passé, quelque chose s’était incontestablement passé. Néanmoins, il n’était pas conscient de ce qui s’était déroulé, et ce n’était pas tout ce dont il n’était pas conscient.
Otto : “Ceux qui sont couchés à ses pieds… Qui sont-ils ?”
Ce que les doigts d’Otto pointaient, c’était les pieds de Batenkaitos, qui avait sa longue langue déployée.
Aux pieds de la malice qui avait pris la forme du jeune garçon, gisaient les silhouettes de trois personnes. Bien qu’elles soient étendues là, leurs identités étaient inconnues. D’après leurs vêtements, il pouvait s’agir de membres des Écailles du Dragon Blanc, mais quand étaient-ils apparus, et quand avaient-ils été vaincus ?
Ray : “Triste, comme c’est triste, si triste, assez triste, plutôt triste, parce que c’est triste. Même si nos retrouvailles ne sont qu’unilatérales, nous ne pouvons pas nous empêcher deeee~ vouloir la satisfaction !”
Otto : “Dynas-san ! Qui sont ces trois-là ?!”
Dynas : “Je n’en sais rien ! Je ne les ai jamais vus avant ! Mais――!”
Même s’il lui était dit que ceux qui portaient les mêmes vêtements étaient des alliés inconnus, ce ne serait toujours pas convaincant. Cependant, la voix de Dynas n’était ni trompeuse, ni calme. Chargeant en avant comme s’il volait, il leva les épées courtes dans ses deux mains et taillada en direction de Batenkaitos.
Ray : “Arrête, Dynas. Nous avons une ancienne relation. Il ne reste plus qu’une étape pour la purification de notre ville natale, alors croiser le fer avec des camarades comme ça, c’est idiot.”
Dynas : “――?! Toi, où as-tu entendu parler de ça――!”
Piétinant négligemment les circonstances de Dynas, Batenkaitos leva le tranchant de sa dague droite. Allégeant le coup des deux épées courtes avec sa dague, la Gourmandise frappa la poitrine de Dynas avec ses genoux, et au même rythme, il bondit en arrière à cause de la force résultante.
Dynas toussa en s’agrippant à sa poitrine, mais parvint à récupérer les trois inconnus effondrés. En voyant Dynas dans cet état, Batenkaitos poussa un soupir.
Ray : “Ne t’obstine pas à t’en tenir aux contenants. Ce qui est important, c’est le cœur et l’intérieur, non ? Ce qui permet à une personne d’être cette personne, ce n’est pas l’extérieur, mais l’intérieur. Nous savons que tu as travaillé dur, Dynas. Ce n’est pas ta faute si tu n’as pas pu protéger Mirianne et Meili. Tu n’as pas eu de chance.”
Dynas : “Tais-toi tais-toi tais-toi tais-toiiiiiii ! Qu’est-ce que tu ! Sais à propos de moi ! Arrête de raconter des choses selon tes propres désirs ! Pourriture de démon !”
Levant une voix enragée, et oubliant la douleur des dégâts, Dynas chargea à nouveau sur l’ennemi. Il inclina ses deux épées courtes et visa le visage de Batenkaitos, mais faisant une grimace comme s’il connaissait l’attaque, Batenkaitos l’esquiva facilement. Au même moment, Batenkaitos tendit la main vers le dos de Dynas.
Ray : “Woh ?”
Gaston : “Combien de temps vas-tu nous ignorer ?”
Felt : “C’est ce que nous disons, espèce d’idiot !”
Gaston visa directement la taille fine de Batenkaitos par derrière. Le coude de Batenkaitos s’écrasa sur son nez, mais Gaston ne tomba pas à la renverse sous l’impact du coup.
De plus, alors que Gaston bloquait Batenkaitos, Felt sauta sur l’occasion. Elle écrasa son long et mince paquet qu’elle tenait dans ses mains sur l’arrière sensible de sa tête.
Ray : “Idiot, hein, comme c’est blessant. Peut-être que nous en savons beaucoup plus que toi, tu sais ?”
Felt : “Argh !”
Mais Batenkaitos se pencha en avant face à l’attaque de Felt, et la reçut ensuite avec la dague de son bras droit en la levant. La frappe vigoureuse produisit un son écrasant, mais elle manqua en grande partie sa cible, et la position de Felt se retrouva sans protection.
Voyant Felt et Dynas ensemble, ses mains pouvaient également atteindre Gaston――la main diabolique de Batenkaitos, au même rythme, toucha les trois,
Otto : “Mais je ne te laisserai pas faire !”
Alors qu’il était sur le point de les atteindre, la pierre magique rouge et brûlante atteignit les pieds de Batenkaitos. Dès qu’il vit cela, le mouvement de Batenkaitos s’arrêta, et Felt et Dynas se retirèrent d’urgence.
Felt : “Tiens bon, Gaston !”
Gaston : “Je ne l’oublierai pas, malicieuse fille… !”
Gaston, qui se tenait fermement debout, ne put échapper à Batenkaitos et fut pris dans la portée de la pierre magique. L’éclat de la pierre magique s’intensifia, et l’instant d’après, il donna lieu à une explosion suffisamment puissante pour arracher le dallage de pierre.
Une lumière rouge et blanche jaillit, et Felt roula de l’autre côté de l’explosion. Otto la rattrapa tant bien que mal, puis jeta un coup d’œil à la portée de l’explosion.
Ces pierres magiques, Otto les portait toujours sur lui, “au cas où”. Depuis son combat contre Garfiel au Sanctuaire, il avait décidé qu’il valait mieux le faire pour sa propre sécurité.
C’était peut-être un peu douloureux pour son portefeuille, mais il n’y avait pas de quoi se moquer de sa force.
Otto : “Votre compagnon va bien ?!”
Felt : “Hah, ne sous-estime pas mon géant. C’est mon armure. Il ne sera pas blessé par une maigre et douce attaque. Mais…”
Au moment où elle avait prononcé ces mots, une silhouette géante émergea de la fumée. C’était Gaston. Alors que son corps avait pris une couleur de suie, il se frappa le corps en affichant une grimace de désespoir.
Gaston : “Gahhhhh~ ! Chaud ! Chaud ! Chaud chaud ! Je vais mourir !”
Otto : “Même si tu peux supporter les explosions, je suppose que tu ne peux pas empêcher ton corps de se réchauffer ou de se refroidir.”
Felt soupira en voyant la forme de son serviteur agoniser dans une forte fièvre. Bien qu’il ait baigné dans la puissance de la pierre magique de feu à proximité, la vie de Gaston ne semblait pas être dans un état grave.
Confirmant cela, Otto tourna à nouveau son regard vers la fumée. Les fumées noires s’élevaient à une assez bonne échelle, il était donc impossible que Batenkaitos, qui se trouvait en son cœur, ait pu se défendre. De l’autre côté de la fumée noire, il y avait Dynas, à genoux, mais il semblait sain et sauf.
Et,
??? : “Bennett. Calcifs. August.”
Otto : “――?!”
Un murmure se fit entendre et tous les regards se détournèrent de l’hypocentre.
Les formes de trois vêtements blancs effondrés étaient visibles, ainsi que Batenkaitos en parfaite santé. Le jeune homme, une fois de plus, leva la paume de sa main gauche en disant “Lèche”, l’approcha de sa bouche et la lécha.
Ce qui suivit dépassa l’entendement. Une fois de plus, trois autres personnes non identifiées et vêtues de blanc apparurent.
La façon dont il avait échappé à l’hypocentre et l’apparition imprévue de trois autres victimes, tout cela dépassait la compréhension.
Felt : “Merde ! C’est quoi leur problème ! D’où… Non, quand… ?”
Debout à côté d’Otto, Felt gratta violemment ses beaux cheveux blonds. Elle aussi, une fois de plus, commençait à ne plus comprendre le sens de ce qu’elle voyait.
Ce qui devait être considéré comme urgent, Felt ne le savait pas pour l’instant. Toutefois, Otto comprenait. Cet état mystérieux.
Otto : “C’est ce que signifie la consommation d’un Nom――!”
Disparaissant de la mémoire de tous, et n’apparaissant qu’à Subaru et à personne d’autre, se trouvait une jeune fille nommée “Rem”. Ce même phénomène se déroulait sous ses yeux en ce moment même.
Possiblement, les hommes effondrés, qui étaient supposés être des membres des Écailles du Dragon Blanc, avaient vu leur nom mangé par Batenkaitos. Le résultat avait été la disparition des souvenirs de leur présence dans l’esprit d’Otto et des autres.
C’est pourquoi ils semblaient être apparus soudainement, et ils ne savaient pas non plus qui ils étaient.
Otto : “――――”
L’effroi monta en lui. Une fois de plus, il comprit la vilenie du monstre qui se trouvait devant ses yeux.
S’il tombait entre les mains de la Gourmandise, Ray Batenkaitos, ou dans le pire des cas, si Otto et les autres devaient être complètement anéantis ici, toutes les traces de cette bataille, ainsi que les preuves existantes, disparaîtraient.
Bien sûr, tous les souvenirs de la résistance qu’ils avaient opposée, et le fait même qu’ils étaient ici.
La possibilité de disparaître soi-même, et la disparition de toutes les personnes qui se souviendraient des moments passés ensemble――en d’autres termes, n’était-ce pas là la plus grande peur de ce monde, bien plus grande que toutes les autres peurs ?
Otto devint pâle. Même s’ils n’étaient pas parvenus à la même conclusion, le teint de Felt et de Dynas était tout aussi mauvais. Il réalisa à quel point ils avaient été ignorants, et à quel point ils avaient agi de façon imprudente.
Cela l’amenait à penser que le vrai choix ici était de s’échapper pour prendre soin d’eux-mêmes ou de ne pas――
Felt : “Bordel, il me gonfle. Devrions-nous essayer de la même manière, une fois de plus… ?”
Otto : “――――”
Otto soupira faiblement, tandis que Felt laissait échapper ces mots. Sans réfléchir, Otto tourna les yeux vers son visage.
Le teint de Felt était celui de la stupéfaction la plus totale, devant la situation aberrante. Cependant, elle ne se lamentait pas. Comme si elle continuait à renforcer son cœur, jusqu’à ce qu’elle soit complètement acculée.
Sentant de l’humidité sur tout son corps, Otto se gifla les joues.
Que faisait-il au juste en devenant aussi faible ? Même s’il faisait faillite, il n’appellerait pas cela une défaite tant qu’il n’aurait pas été évincé de son poste. C’était le moment crucial où son avenir serait déterminé. Il y avait encore de l’espoir.
Voyant les formes des deux, Dynas et Gaston se levèrent également, affichant des expressions de préparation et de détermination. Et en voyant les quatre se lever avec un esprit combatif en acier, Batenkaitos afficha une expression satisfaite,
Ray : “Comme c’est agréable, si agréable, très agréable, possiblement que c’est agréable, n’est-ce pas agréable, peut-être que c’est agréable, parce que c’est probablement agréable ! Boisson gourmande tsu ! Gourmandise Felt et Dynas.”tsu ! Vous êtes tous dignes de notre table ! Même si ce n’est que parmi les entrées, nous t’élèverons en première classe, Gaston. De pluuuuuus, nous allons savourer à la perfectioooooon
Joignant ses mains, Batenkaitos leur attribua une évaluation désagréable. Ensuite, Batenkaitos, avec le même regard, se tourna vers Otto. Inclinant le cou, le blasphémateur commença à émettre ses commentaires sur Otto avec le même débit, et contre toute attente, il arbora une expression de mécontentement.
Ray : “Il a l’air intelligent, il n’aime pas abandonner, il a l’air d’être doux, onii-san… mais quand bien même, hein.”
Otto : “Qu’est-ce que tu… Non.”
En disant cela, Otto comprit la raison du mécontentement de Batenkaitos.
Comme par admiration, Batenkaitos avait tendrement prononcé les noms de Felt et des autres. Sa particularité de manger des Noms, et le contenu de son discours le lui avait fait comprendre.
Batenkaitos ne pouvait pas manger le Nom d’un adversaire dont il ne connaissait pas le nom.
Par conséquent, la Gourmandise ne pouvait pas manger le Nom d’Otto, lequel n’avait pas été mentionné ici une seule fois. Son insatisfaction était due à cela.
Otto : “J’ai une requête pour vous trois. S’il vous plaît, ne m’appelez pas par mon nom.”
Si son nom n’était pas mentionné, l’objectif de Batenkaitos ne serait pas atteint.
Ou, en fait, le nombre de victimes aux mains de Batenkaitos jusqu’à présent pourrait avoir été sa façon d’essayer de connaître son nom.
En laissant Otto et les autres discuter librement, il avait peut-être attendu qu’ils s’appellent par leur nom, et par extension, s’était préparé pour son repas――
Felt : “Désolée, nii-chan.”
En entendant les remarques d’Otto une fois qu’il avait raisonné, Felt prit la parole sur un ton quelque peu désolé. Elle prit une expression gênée, ce dont personne n’avait encore été témoin dans cette situation.
Felt : “Je… ne connais pas le nom de nii-chan en premier lieu…”
Dynas : “Désolé, Ministre en Chef des Affaires Internes-dono. Votre position mise à part, votre nom m’est sorti de l’esprit…”
Otto : “Oui, oui, en effet ! Ce n’est pas comme si j’étais particulièrement proche de tout le monde, et je ne suis pas non plus une personnalité importante ! Bon sang de bonsoiiiir~.”
Bien sûr, Gaston avait lui aussi une expression suggérant sa propre ignorance et haussait les épaules.
Avec un soulagement fait à la fois de bonheur et de tristesse, au moins, sa peur de voir son nom révélé à Batenkaitos avait été immensément diminuée, grâce à cela. Rien que ça, c’était indubitable.
Ray : “Dynas mis à part, n’êtes-vous pas en train de couvrir onii-san ? Si ce n’est pas le cas, alors eh biiiien~… il semblerait que le demander devienne un véritable casse-tête.”
Otto : “Abandonner pour aujourd’hui et se replier, c’est aussi quelque chose que tu peux faire, tu sais ? Revenir un jour prochain… Je suppose que c’est possible. D’ici là, nous pourrons nous préparer à t’accueillir chaleureusement avec la présence de Reinhard-san.”
Ray : “Se détourner devant un festin, ne nous oblige pas à faire quelque chose d’aussi scandaleux. Jusqu’à ce que notre ventre soit satisfait, nous ne repartirons pas. Cela mettrait Rui en colèèèère~.”
Bien sûr, Batenkaitos n’avait pas pu se laisser convaincre. La bataille ne pouvait pas être terminée.
Felt : “Gaston, tiens absolument le coup la prochaine fois.”
Gaston : “Juste parce que je ne suis pas blessé, vous m’utilisez comme vous voulez…”
Felt : “J’irai avec toi la prochaine fois, c’est sûr.”
Gaston, qui tentait d’exprimer son mécontentement à l’égard de l’ordre, écarquilla les yeux en entendant les paroles de Felt. Il se mit alors à rire grossièrement, à frotter la tête de Felt et à lui ébouriffer les cheveux.
Gaston : “Arrêtez de plaisanter. Si ce type apprend que j’ai poussé la maîtresse à se dépasser, qui sait ce qu’il me fera.”
Felt : “Ne touche pas à ma tête. Le seul à pouvoir le faire est Rom-jii.”
Gaston : “C’est pour ça que je le fais.”
Felt renifla, les cheveux ébouriffés, et Gaston se tint debout à côté d’elle. À côté de lui, Dynas brandissait ses deux épées courtes, et Otto comptait le nombre de pierres magiques dans ses manches.
Trois dans sa manche gauche, deux dans sa manche droite. Elles devaient être utilisées avec précaution.
Otto : “Il touche avec sa main gauche, puis mange, c’est ce que je pense. Si vous êtes touché, pensez que tout est terminé.”
Gaston : “C’est beaucoup trop difficile, ne serait-ce qu’à l’entendre, non ?”
Dynas : “Un seul coup d’épée sur l’une de ses parties vitales devrait suffire. Si nous pouvons le faire, alors ce n’est pas bien grave.”
Felt : “Si tu le présentes comme ça, je suis d’accord.”
Avec la déclaration de Felt indiquant qu’elle avait été convaincue, les préparatifs étaient terminés.
Courtoisement, Batenkaitos assistait à la fin de leurs préparatifs. Constatant sa politesse, Otto plissa les yeux et le blasphémateur se mit à rire.
Ray : “N’est-il pas de bon goût d’attendre la fin de la mise en place de la table ? Roy de la Malbouffe mis à part, nous sooooommes~ un Gourmet. Nous sommes très exigeants à propooooos~ des repas.”
En exprimant cela, Batenkaitos effectua un geste respectueux et s’inclina. Ce geste, qui semblait se donner des airs, semblait aussi terriblement familier.
Ray : “Boooon~, encore une fois. Archevêque du Péché du Culte de la Sorcière, représentant la Gourmandise, Ray Batenkaitos.”
Tout le monde : “…”
Ray : “N’est-il pas coutumier de retourner son propre nom lorsqu’on vous le communique ?”
Felt : “Après tout ce dont nous avons discuté, nous serions idiots de te retourner nos noms, espèce de salaud.”
Parmi les guerriers, la coutume voulait que le nom d’une personne soit retourné à l’autre lorsque ce dernier donnait le sien.
Néanmoins, Batenkaitos avait peut-être déjà utilisé cette méthode et, jusqu’à présent, obtenu les noms d’un nombre incalculable de personnes, qu’il avait ensuite mangées.
Ils n’avaient aucune raison de se conformer à cette coutume pour le moment. Après ce rejet, la Gourmandise se mit à rire,
Ray : “Très bien――eh biiiien~, mangeons !”
Signalant son repas, la petite carrure fit un bond en avant, comme si elle volait, et réduisit la distance qui la séparait des autres. Ce mouvement n’avait jamais été vu auparavant, c’était comme une forte bourrasque qui passait. Batenkaitos, qui avait vaincu les attaques et les défenses qui lui avaient été opposées jusqu’à présent en se contentant de manier ses pieds et d’esquiver, démontrait à présent sa capacité à chasser ses adversaires.
Otto, un non-combattant, n’avait pas la possibilité de suivre ses mouvements et de réagir en conséquence.
Les trois autres, en revanche, étaient différents.
Felt : “Ne crois pas que tu puisses gagner une course contre moi.”
Face à Batenkaitos, qui filait à toute allure, seule Felt était en mesure de le rattraper aisément. Dès qu’elle donna un léger coup de pied sur le pavé et bondit en avant, elle fit preuve d’une grande mobilité, comme si elle était portée par le vent sur-le-champ.
Surpris par au moins ce mouvement, le premier coup de Batenkaitos traversa l’air.
Ray : “――~tsu !”
À ce moment-là, Gaston et Dynas commencèrent leur attaque simultanément.
Les deux katanas à simple tranchant de Dynas et l’épée courte de Gaston, tous deux s’agrippaient à leurs armes respectives. Face à l’attaque des deux, le vulnérable Batenkaitos ouvrit grand ses jambes et baissa sa position.
Les bras au sol, le corps de Batenkaitos tournoyait avec les jambes tendues. Le coup de pied tournant balaya les jambes des deux hommes, et détruisit l’équilibre de Dynas. Et là――
Otto : “Whoaaa――!”
Ray : “Quo――?”
Élevant la voix, le quatrième joueur, Otto, l’attrapa.
En intervenant à cet endroit, Otto s’était parfaitement préparé à un combat rapproché, et sans anticiper cette tournure des événements, Batenkaitos poussa un cri d’étonnement, et réussit à lutter avec le corps d’Otto.
Le contraindre à ce rythme――à l’instant même où il pensa cela, une douleur violente assaillit les entrailles d’Otto. Le poing gauche de Batenkaitos le transperça et fit rouler le corps d’Otto.
Otto : “Guh―― hk, gohugh―― hk!”
Ray : “Au bon endroit, avec le menu pour tes saveurs fortes et la banalité disponible, nous devons aaaaabsolument~ trouver l’endroit approprié pour ça, onii-san. Plus tard, nous nous associerons coooorrectement~ avec toi…”
Lorsque Batenkaitos déclara cela, les deux hommes, dont les positions s’étaient effondrées, bougèrent.
Dynas portait dans ses bras Otto, qui avait chuté, et Gaston les protégeait. Batenkaitos pencha le cou devant cette formation de combat et observa ce qui était arrivé à ses vêtements en lambeaux.
――À l’endroit où il avait lutté avec Otto, deux pierres magiques pendaient.
Ray : “Eh bien eh bieeeeen~.”
Ses mouvements pour se sauver étaient lents. Juste après que Batenkaitos ait remarqué les pierres magiques, les deux explosèrent immensément.
C’était la collaboration entre une Pierre Magique de Feu et une Pierre Magique d’Eau.
La lumière rouge et jaune, la lumière bleue et blanche proliférèrent, et le corps de Batenkaitos fut enveloppé par la lumière, et une onde de choc se libéra.
Otto : “――Hk !!”
Recevant la lumière à une faible distance, Otto subit également des dommages.
Bien que Gaston, qui faisait office de mur, en ait protégé la plus grande partie, l’impact se faisait encore sentir sur la peau d’Otto. Sa peau était brûlante au point d’être gelée, et glacée au point d’être brûlante.
Une fois l’onde de choc stoppée, le deuxième hypocentre offrit un spectacle épouvantable. Le pavé avait été arraché, le sol sous-jacent avait été exposé à la vue de tous, et des fragments de pierre brûlés avaient été éparpillés.
Ray : “Ahhh~, c’est si cruel. Notre seule belle tenue a été abîmée.”
Et, une fois de plus, Batenkaitos s’était placé à un point éloigné de l’hypocentre.
Toutefois, il semblait que cette fois-ci, au moins, il n’était pas indemne. Les longs cheveux du jeune homme avaient subi l’attaque de l’explosion, et il avait une voix quelque peu renfrognée.
Il semblait que le jeune homme avait été pris dans l’hypocentre. Il avait perdu le haillon qui couvrait tout son corps jusqu’à présent, et la peau en dessous n’était plus cachée.
Otto : “――Ugh.”
Otto lâcha cela sans réfléchir et par réflexe.
Gaston et Dynas étaient également sans voix, grimaçant en voyant la même chose.
――La peau nouvellement exposée du jeune garçon était couverte de blessures et de cicatrices.
Des cicatrices de fouet, des cicatrices de fer chaud, des cicatrices taillées par un outil tranchant, des cicatrices infligées par une surface rugueuse, des cicatrices de la peau arrachée, des cicatrices des crocs d’une bête, des cicatrices de coups répétés qui avaient rendu la peau bleuâtre, des cicatrices d’une quantité innombrable.
Le jeune homme en haillons, qui ne portait plus qu’un gilet, se retourna avec son corps blessé, et voyant Otto et les autres grimacer devant lui, il esquissa une grimace de mécontentement.
Ray : “Enlever de force les vêtements d’un enfant et réagir de la sorte est très blessant. Les adultes aiment tout cela, non ?”
Otto : “…Je ne sais pas ce qu’il en est des adultes dont tu es proche, mais normalement ce n’est pas le cas.”
Ray : “Hmmm~. Alors, vous allez redevenir compatissant. En changeant de cœur et d’attitude ainsi, c’est à cause de choses comme ça que nous ne pouvons pas vous faire confiaaaance~ !”
Écartant les bras comme pour exhiber son corps couvert de blessures, Batenkaitos hurla cela.
Otto afficha une grimace en entendant ses paroles, et Dynas une expression de dégoût. Seuls Felt et Gaston ne changèrent pas d’expression. Ils fixèrent Otto qui fronçait les sourcils et soupirèrent.
Felt : “Heyhey, ne pense pas à des choses étranges. Ces choses peuvent être n’importe où, elles ne sont pas sur mon corps ou le tien, mais elles peuvent être n’importe où.”
S’agrippant au paquet qu’elle tenait dans ses mains, Felt avoua cela. Ses yeux n’avaient même pas une fraction de compassion. Bien sûr, Otto savait que leur adversaire ne le méritait pas, mais ce n’était pas comme s’il était Archevêque du Péché et fou de naissance.
C’était du moins l’impression que donnait le corps de Batenkaitos――
??? : “――L’imagination ennuyeuse ne servira à rien, en fait. Tu finiras par le regretter, je suppose.”
Tout le monde : “――――”
De nulle part, une voix qui n’avait pas été présente sur l’esplanade résonna.
Tout le monde, y compris Batenkaitos, leva la tête devant cet événement soudain.
Tous les regards se tournèrent vers la voie navigable qui entourait cette grande place――et une jeune fille solitaire voltigea légèrement dans les airs, puis descendit et se tint debout.
Dans une robe à franges et ample, avec de beaux yeux ronds et des cheveux crème enroulés. Son attitude clairement acerbe était devenue normale maintenant, tandis qu’elle observait la situation avec ses grands yeux circulaires.
Et lorsque ses yeux rencontrèrent ceux d’Otto, elle soupira en suggérant qu’elle n’avait pas eu le choix.
??? : “Subaru seul suffit pour les jeux pervers et la douceur, je suppose. La seule personne que Betty aidera, c’est également Subaru… Cette fois-ci, c’est une exception au maximum, en fait.”
Otto : “Oui, oui, mes excuses pour te déranger de la sorte. Mais merci beaucoup.”
Face à la réponse sévère de la jeune fille, Otto éprouva un sentiment de soulagement, à tel point qu’il avait envie de s’allonger d’épuisement.
L’existence même de la jeune fille était l’un des “moyens de gagner” d’Otto.
??? : “Eh bien, nettoyons tout ça, et demandons à Subaru un câlin, je suppose.”
Prononçant ces paroles d’un air apathique, la jeune fille leva la main.
Non, l’Esprit. Là aussi, un Grand Esprit parmi les Esprits.
L’Esprit contractuel de Natsuki Subaru, Béatrice――était finalement entrée dans la bataille en tant que renfort.
