46 — Un état d’esprit

Artiste du fan-art : 瑪瑙
De retour dans la salle de conférence avec Wilhelm, tout le monde attendait avec impatience le retour de Subaru. Reinhard vit Wilhelm, le grand-père accueillant les retrouvailles avec son petit-fils d’un signe de tête.
Tandis que les deux se tenaient ensemble le long du mur en s’échangeant des regards en coin, Subaru s’assit à côté d’Otto à la table ronde.
Subaru : “Je suis désolé d’être en retard. Comment se passe la conversation ?”
Otto : “On vient de m’expliquer comment nous en sommes arrivés là. Natsuki-san, tu étais au-dessus de nous… comment va Crusch- sama ?”
Subaru : “Elle ne va pas bien. Cependant, nous ne pouvons pas dire qu’il n’y a plus d’espoir. Lorsque nous aurons discuté de la situation après avoir chassé le Culte de la Sorcière, nous pourrons peut-être faire quelque chose.”
Otto : “Vraiment ? Si c’est le cas, c’est déjà une bonne nouvelle.”
Parallèlement à Otto qui se caressait la poitrine, tous les autres, ayant écouté l’histoire, firent également un geste similaire de soulagement. En voyant leurs réactions, Subaru avait au fond de lui envie de leur présenter ses excuses les plus sincères.
Ce n’était pas un mensonge, mais c’était une déclaration très éloignée de la réalité. Il pourrait y avoir un moyen de sauver Crusch, ce qui serait aussi considérablement risqué pour Subaru. Si ses conditions étaient similaires à celles de Subaru, il s’attendait à ce que ses chances augmentent considérablement.
(Note de Traduction : Il s’agit probablement des conditions nécessaires pour que le sang du dragon injecté par Capella ne soit pas rejeté ou quelque chose comme ça. Il est également possible que Subaru pense à d’autres personnes qui n’ont pas été complètement rejetées par le sang du dragon, en les utilisant pour absorber la malédiction de Crusch, mais ce n’est pas clair à cent pour cent.)
Subaru : “Quoi qu’il en soit, Crusch-san ne retournera pas en première ligne pour cette bataille. Comme Ferris ne veut pas non plus être séparé d’elle, je pense qu’il vaudrait mieux que l’équipe de secours reste à l’Hôtel de Ville. De plus, il est possible que nous soyons incapables de communiquer où que nous allions.”
Anastasia : “Le plan d’attaque simultanée des quatre endroits n’a pas changé. Si nous utilisons l’Hôtel de Ville comme base, nous pourrons voir chacune des tours de contrôle d’ici, puisque nous sommes au centre de la ville, pas vrai ? Alors…”
Avec un claquement de mains, Anastasia fixa les visages de tout le monde.
Anastasia : “Dans ce cas, passons aux choses sérieuses ? ――Il y a quatre tours de contrôle et quatre Archevêques du Péché. Il est temps de commencer à discuter de la répartition de nos forces d’attaque.”
En provenance du camp de Crusch, la Lame Démoniaque, Wilhelm.
En provenance du camp de Felt, le Maître Épéiste, Reinhard.
En provenance du camp d’Anastasia, le plus grand des chevaliers, Julius, et le Capitaine du Croc de Fer, Ricardo.
En provenance du camp d’Émilia, le Chevalier Spirituel, Subaru, et le Bouclier du Sanctuaire, Garfiel.
Et, en provenance du camp de Priscilla――
Priscilla : “Al et moi allons nous déplacer ensemble.”
Subaru : “Je n’arrive pas à croire que tu dises ça… tu vas te battre aussi ? Tu es une Candidate Royale, non ?”
Alors qu’il confirmait les forces de chaque camp, Priscilla prononça audacieusement son propre nom. Lorsque Subaru se renfrogna, elle renifla de la même manière que l’on renifle face à un imbécile.
Priscilla : “Et donc ? Ne me mets pas dans le même panier que cette imbécile devenue inutile en un si grand jour, ou que les faibles, qui n’ont même pas la force de se battre pour commencer. Je me tiens au-dessus de tous les autres, tant à l’épée que sur la scène, précisément parce que je suis ce que je suis.”
Wilhelm : “Vous êtes devenue difficile à ignorer. Vous n’êtes certainement pas en train de traiter ma maîtresse d’imbécile ?”
Priscilla : “Je suis sûre de mes convictions. Il y a une expression ambiguë, vieux soldat. Se retirer pour une broutille, avant même que les choses importantes n’aient lieu, ce n’est pas ainsi que l’élu doit agir, dit-on.”
Wilhelm et Priscilla se confrontèrent avec une présence dangereuse dès qu’ils entamèrent le dialogue. Même s’il avait l’habitude de l’ignorer, Wilhelm ne pouvait pas se permettre de le faire en raison de diverses circonstances. Puisque le camp de Priscilla fonctionnait généralement de manière excessive, son langage haineux était lui aussi excessif.
Anastasia : “Ouais ouais, allons de l’avant, ces deux trucs de faibles et d’imbéciles, ça me va. Nous n’allons pas nous retourner les uns contre les autres.”
Priscilla : “Oh, c’est ennuyeux. Je ne suis pas facile à aborder au point d’écouter docilement les supplications des faibles, tu sais ?”
Anastasia : “Je suppose que ce n’est pas comme si l’histoire parlait de la victoire des faibles ? Si tu ne fais pas preuve d’un peu de générosité, personne ne te suivra. Tout le monde ici est agacé par toi. Aie un peu de patience.”
Priscilla : “Hmph.”
La remarque d’Anastasia ayant fait mouche, Priscilla ne s’y opposa pas, se contentant de renifler en guise de réponse. Voyant qu’elle avait rétracté sa précédente remarque, Wilhelm, qui la fixait du regard, retira également la sienne.
Puisqu’il était naturel qu’il y ait des désaccords entre les factions, il afficha un visage sérieux.
Wilhelm : “Bon, en provenance de la faction de Priscilla-sama, nous allons faire en sorte que Priscilla-sama et Al se déplacent ensemble… Je présume que votre garçon n’est pas à prendre en considération ?”
Priscilla : “Un enfant aussi délicat et faible peut-il faire quelque chose ? Cet enfant m’a accompagné tout du long, simplement pour me servir. Naturellement, nous le mettrons de côté au préalable.”
Wilhelm : “C’est entendu. Il a donc été décidé que nous capturerions les quatre emplacements avec pas moins de huit combattants.”
Le garçon qui était le majordome de Priscilla――Schult, baissa la tête, et les personnes présentes à la table ronde se répartirent entre ceux qui pouvaient se battre et ceux qui ne le pouvaient pas. En omettant les noms des huit combattants, les non-combattants étaient Anastasia, Schult, Liliana et Otto, avec Crusch et Félix à l’étage supérieur, ce qui faisait six personnes.
Anastasia : “Avant de répartir nos forces, nous allons confirmer nos connaissances sur les Archevêques du Péché une fois de plus. Voyons, la personne qui les a tous rencontrés… c’est Natsuki-kun, pas vrai ?”
Subaru : “Ouais, je crois que c’est le cas. Même si parler des dirigeants du Culte de la Sorcière me dégoûte, je vais essayer de vous donner une explication. Je connais leurs capacités, mais dans une certaine mesure.”
Tout en attirant l’attention de tous, Subaru se leva et commença à parler. Au sujet du Culte de la Sorcière, qui avait attaqué cette ville, et des horribles Archevêques du Péché qui la contrôlaient.
Subaru : “Tout d’abord, la Colère. Il s’agit d’une personne complètement enveloppée de bandages, qui se fait appeler Sirius. Je ne sais pas à quoi elle ressemble, mais je pense qu’il s’agit probablement d’une femme. Elle attaque à l’aide des chaînes qui entourent ses bras. De plus, il semblerait qu’elle utilise également la Magie du Feu.”
Reinhard : “Elle ne semble pas représenter une menace importante, d’après ce que tu as dit. Est-elle très douée ?”
Subaru : “Si ça sort de ta bouche, il est difficile pour quiconque d’y répondre, Reinhard… Pour ce qui est de la simple force de combat, Wilhelm ou Julius seraient en mesure d’offrir une opposition suffisante. Elle semblait faire jeu égal avec Émilia en combat de mêlée pur. Néanmoins, elle possède l’Autorité de la Colère.”
Reinhard : “Une Autorité…”
Reinhard fronça les sourcils à ce son et porta la main à son menton. Subaru poursuivit en hochant la tête,
Subaru : “Ce qui rend un Archevêque du Péché si repoussant, c’est sa capacité unique, son Autorité. Il est inutile de réfléchir à son fonctionnement, car c’est une force qui diffère à la fois de la magie et de la sorcellerie. Comme chacune d’entre elles est puissante, vaincre l’Autorité sera le principal objectif pour vaincre un Archevêque du Péché.”
Wilhelm : “Subaru-dono a vaincu la Paresse par le passé, possédait-il une telle Autorité ?”
Subaru : “Oui. L’Autorité de l’Archevêque de la Paresse possédait deux capacités, les Mains Invisibles et la Paresse. La première consistait à faire pousser de nombreux bras puissants qui étaient non seulement invisibles, mais aussi d’une force incroyable. Si quelqu’un était attrapé par ces bras, ils pouvaient facilement déchirer complètement son corps.”
Julius : “Pour en avoir été témoin moi-même, j’ai pu constater leur caractère répugnant. Il est crédible que son pouvoir ait été capable de massacrer quelqu’un en pressant simplement son corps.”
Julius poursuivit l’explication de Subaru.
Lors du front commun contre Petelgeuse, c’est parce que Subaru avait prêté ses propres yeux que Julius avait pu voir les Mains Invisibles de Petelgeuse. Il était dans une position idéale pour renforcer son explication.
Subaru : “De plus, l’autre capacité de la Paresse lui permettait d’arracher de force l’énergie des humains se trouvant à sa portée. Il est difficile de dire s’il s’agissait de l’Autorité, mais les personnes ayant une bonne affinité avec les Esprits pouvaient facilement le surmonter, devenant ainsi immunisées. C’est la raison pour laquelle Julius et moi l’avons facilement maîtrisé.”
Julius : “La seule chose que l’on puisse dire à propos de ces deux capacités, c’est que, même si l’Archevêque du Péché était un adversaire redoutable, il était possible d’en venir à bout en affectant les bonnes personnes aux bons endroits.”
Subaru : “Tu as dit une chose inhabituellement bonne, Julius. C’est à peu près ça.”
Lorsque Subaru le félicita à sa manière, Julius posa sur Subaru un regard perspicace mais peu enthousiaste. Alors que ce regard lui donnait une impression étrange, Subaru continua, après s’être éclairci la gorge.
Subaru : “Revenons donc à la discussion concernant l’Autorité de la Colère. Jusqu’à présent, ce que nous savons du pouvoir de la Colère, c’est qu’il s’agit du partage et de la propagation des émotions et des sens.”
Tout le monde : “Le partage… des émotions et des sens ?”
Puisque l’explication de Subaru était de celles qu’ils n’arrivaient pas à comprendre, la plupart des participants à la discussion penchèrent la tête. Comme il était difficile de l’expliquer, Subaru devait choisir ses mots avec soin.
Subaru : “En d’autres termes, la Colère est capable de synchroniser les émotions des personnes qui se trouvent à sa portée. Elle transforme l’énervement d’une personne en énervement de tous, et la tristesse d’une personne en tristesse de tous.”
Ricardo : “Qu’est-ce que c’est que ça ? Je n’ai pas la moindre idée de ce que ça veut dire.”
Subaru : “Si tu disais qu’il s’agit d’un pouvoir qui oblige les personnes à lire l’ambiance, tu ne serais pas à côté de la plaque, mais ce n’est pas le cas. Ce qui est effrayant dans cette capacité, c’est qu’elle peut même transmettre des sentiments d’hostilité. Ça signifie que la Colère peut transmettre son hostilité à ceux qui t’entourent, même s’ils la considèrent comme leur ennemie.”
Otto : “Ainsi, ça retourne contre nous les habitants de la ville qui se trouvent dans son rayon d’action ?”
Subaru : “Exactement.”
En claquant des doigts, Subaru indiqua qu’Otto avait tiré la bonne conclusion.
Bien que le teint de chacun se soit assombri en entendant cela, les problèmes ne se limitaient pas à cela.
Priscilla : “Imbécile de roturier, as-tu dit que le pouvoir de cette Colère est de partager les émotions et les sens ?”
Étant la première à parvenir à une compréhension, Priscilla s’inclina sur son siège.
Transperçant Subaru de ses yeux cramoisis, tout en cachant sa bouche avec son éventail pliant,
Priscilla : “Si l’explication à l’instant concernait le partage des émotions, alors le partage des sens est une autre affaire. Et si nous supposons que mon imagination est correcte, ne s’agit-il pas d’une capacité considérablement répugnante ?”
Subaru : “Je ne sais pas comment tu l’imagines, mais c’est le pire. L’Autorité de la Colère permet de partager les blessures des personnes qui se trouvent à sa portée. Les propres blessures de la Colère ne font pas exception à la règle.”
Ricardo : “Si même la personne elle-même ne fait pas exception… Hey, frangin, tu te moques de moi, pas vrai ? N’est-ce pas le pire ? En d’autres termes, tout le monde mourrait si la Colère était tuée ?”
Il avait déjà expérimenté une fois cette terrible scène, réalisée de la main même de Reinhard.
Même s’ils parvenaient à vaincre Sirius, cette source de malveillance, cet acte à lui seul infligerait des blessures permanentes aux personnes qui les entouraient. Ils ne savaient pas si les personnes entraînées dans le combat s’en sortiraient s’ils parvenaient à la tuer.
Priscilla : “――Intéressant.”
Face à cette information désespérante, tout le monde se tut, incapable de trouver des contre-mesures. Au milieu de tout cela, une seule personne, seule Priscilla, déformait joyeusement ses joues en un rictus.
Priscilla : “Très bien. Je séparerai moi-même la tête du corps de cette imbécile de Colère. Vous êtes libre de vous en réjouir.”
Subaru : “Eh bien, attends, attends, attends ! Même si je ne sais pas pourquoi tu es aussi impatiente, ce n’est pas quelque chose que tu peux prendre à la légère ! As-tu écouté ce que j’ai dit ?!”
Priscilla : “Établissons que j’ai écouté. Ainsi, après avoir écouté, j’ai déclaré que je l’exécuterai. Il s’agit en effet d’un adversaire dégoûtant aux méthodes lâches, et il convient donc que je l’abatte.”
Sans même prêter attention aux tentatives de Subaru de l’arrêter, Priscilla observa tout le monde en pliant son éventail pour émettre un son.
Avec son regard acéré et son ardeur, elle submergeait même les plus forts combattants présents.
Priscilla : “Si tu as tout dit au sujet de cette Autorité, alors il y a un dicton qui me vient à l’esprit au sujet de son mécanisme. Il est impertinent de penser que quelqu’un d’autre que ma personne peut subjuguer la populace. Les masses vulgaires n’existent que dans mon intérêt. Si un ver insolent ose toucher à ma propriété, je m’en débarrasse immédiatement et je le jette hors de mon jardin.”
(Note de Traduction : Le mot “mécanisme” s’écrit ici “カラクリ”, une référence aux marionnettes Karakuri. Plus d’informations ici.)
Al : “P-Princesse… N’est-ce pas un peu trop ?”
Priscilla : “Quelle sorte d’imbécillité es-tu en train de dire, Al ? Je connais ta lâcheté, mais qu’est-ce qui te fait trembler face à un adversaire aussi insolent, qui ose altérer mon humeur ? Avec ma personne, et la chanteuse également, il n’y a rien à craindre.”
Al : “Je ne dis pas ça parce qu’il y a quelque chose à crain… Chanteuse ?”
Lorsque Al tenta d’arrêter le comportement irrationnel de sa maîtresse, il s’arrêta en entendant un mot inattendu. Tout en hochant généreusement la tête devant la surprise de son serviteur, Priscilla désigna avec son éventail plié Liliana, assise au coin de la table ronde.
Alors qu’elle devenait soudainement le sujet de la discussion, Liliana ouvrit grand les yeux face à l’éventail braqué sur elle.
Liliana : “Vous vouliez m-me désigner par ce nom ?! Pourquoi faites-vous encore ça si soudainement et avec tant de négligence ?!”
Priscilla : “Tu n’as sans doute pas oublié tes voyages ? À quel point tes chansons ont fait vibrer le cœur des masses ? Ici, tu peux le reproduire. En bref, tu dois rivaliser pour gagner les émotions des masses vulgaires.”
Liliana : “Je n’ai fait qu’encourager ceux qui étaient anxieux. Vous pouvez dire qu’en aucun cas vous ne me surestimez, mais faire pression sur une jeune fille faible comme moi…”
Priscilla : “Hoo. Alors, si c’est ton choix, tu admets la défaite de la chanson que tu as héritée de tes ancêtres ?”
Concluant par un reniflement, les paroles de Priscilla, qui semblaient mépriser Liliana de tout son cœur, firent changer l’expression de cette dernière. Auparavant, elle avait un sourire amical, tentant de parer les paroles de Priscilla avec soumission, mais maintenant, elle était devenue sérieuse.
Liliana : “C’est-à-dire, que voulez-vous dire… ?”
Priscilla : “Il semblerait que la prise de conscience ne soit pas encore arrivée jusqu’à toi. Ta chanson, qui a été transmise avec tant de zèle, semble-t-elle être chantée lorsque les cœurs des individus cherchent le salut, alors qu’ils exposent leur recroquevillement inesthétique ? Les hurlements et les gémissements de ces perdants ne sont-ils pas un ramassis de futilités inutiles ? Même les aboiements d’un chien valent mieux que de telles proclamations égoïstes. Pourquoi ne le considères-tu pas ? C’est comme l’hymne des perdants.”
Liliana : “Ahh, ahh ! Êtes-vous vraiment en train d’en dire autant ?! Êtes-vous vraiment en train de déballer tout ça ?! Très bien ! J’y vais ! J’ai très bien compris ?! Me surprendre, moi, la Diva Liliana, de cette façon ! Utiliser un tel langage ! Une femme deviendrait obsolète avec ce silence ! De cette façon, même le défunt Kiritaka-san sortirait de sa tombe en rampant avec des regrets !”
À cause de la provocation féroce de Priscilla, Liliana s’excita et explosa intensément en retour. Le visage devenu rouge vif, elle gratta violemment l’instrument de musique posé sur ses cuisses.
Liliana : “Si vous pensiez permettre qu’un requiem soit chanté pour réconforter l’âme de Kiritaka-san, qui est tombé lamentablement dans les eaux de la ville, arrêtez ! Je suis un mélange d’émotions ? Amenez-vous ! Moi, la personne qui a hérité de la chanson, et ma chanson, qui a abasourdi les gens du monde entier, allons-nous perdre face à quelque chose comme une puissance incompréhensible ? Nous ne comprenons même pas le pouvoir de la chanson, après tout ! Grrr !”
Schult et Otto s’empressèrent de tirer Liliana vers le bas, qui s’était emballée, jouant en s’étalant sur la table ronde. Détournant son regard du coin de la pièce où Liliana avait commencé à jouer sa musique, Subaru reporta son attention sur Priscilla.
Subaru : “Outre la possibilité de la maîtriser, tu sembles sûre de sa réussite. Mais même si tu as raison, la lancer là-dedans alors que tu ne connais pas ses chances…”
Priscilla : “Je n’ai pas l’intention de perdre. Tout dans ce monde est à ma merci. En outre, c’est parce que j’étais avec cette chanteuse que je suis arrivée jusqu’à cet Hôtel de Ville. Après l’avoir emmenée avec moi, j’ai reconnu son utilité. Et c’est justement pour ça que j’ai décidé de l’emmener à nouveau avec moi.”
Subaru : “Es-tu en train de dire que Liliana a le pouvoir de s’opposer à Sirius ?”
Priscilla : “Ce serait ma défaite s’il n’y avait pas cette chanteuse. Et quelque chose comme ma défaite est impossible dans ce monde. C’est pourquoi cette chanteuse doit venir. Ai-je besoin d’en dire plus ?”
Parce qu’aucune des explications insuffisantes n’était réalisable, la situation devenait de plus en plus insupportable pour Subaru. Toutefois, c’est Schult qui leva la main à la place, tentant de donner suite aux remarques de Priscilla.
Les adorables yeux du majordome frémirent tandis qu’il choisissait ses mots avec le plus grand soin.
Schult : “U-uh, eh bien… Je pense qu’il est vrai que la chanson de Liliana a un pouvoir spécial. C’est vrai qu’en écoutant la chanson de Liliana-sama, ils ont été libérés de leur anxiété ou de leur irritation… C’est aussi ce que nous avons appris dans plusieurs abris que nous avons visités avant de venir ici.”
Subaru : “Vous avez visité des abris et laissé Liliana chanter pour eux ?”
Priscilla : “Je crois l’avoir déjà dit.”
Subaru : “Tu n’as pas dit ça !”
Même l’insuffisance de son explication était excessive.
Tout en étant troublé par l’attitude de Priscilla, Subaru tourna la tête en direction de Reinhard.
Subaru : “Hey, Reinhard. Connais-tu une capacité innée qui permet de voir les pouvoirs des individus… Ou plutôt, leurs Protections Divines. Peut-on voir des choses comme les Protections Divines ?”
Reinhard : “Je pense qu’il existe une Protection Divine capable d’analyser les Protections Divines des autres. J’ai entendu dire que le détenteur de la Protection Divine du Jugement pouvait les voir. Il semblerait qu’il ne se trouve pas à Lugnica, mais à Vollachia. Je vois, nous voulons donc vérifier le type de Protection Divine que possède Liliana-sama ? C’est certainement l’une de nos principales questions.”
Lorsqu’il comprit le but de la question de Subaru, Reinhard se mit à réfléchir.
Il avait juste essayé de demander parce qu’il n’y avait rien à perdre, et même lui savait qu’il avait demandé quelque chose de déraisonnable à Reinhard. Subaru secoua la tête en direction du jeune homme aux cheveux rouges qui réfléchissait et continua avec un “Peu importe”,
Subaru : “Même si je m’attendais étrangement à quelque chose, puisque tu as dit que tu avais entendu toutes sortes de choses incroyables, ce n’est pas comme si tu étais commode à ce point. Ce n’est pas grave. Pour l’instant, nous pouvons tester le chant de Liliana pour voir s’il peut annuler l’Autorité de la Colère d’une manière ou d’une autre…”
Reinhard : “Tu n’as pas à t’inquiéter, Subaru――je l’ai reçue à l’instant.”
Subaru : “Quo ?”
Tapotant l’épaule de Subaru qui tentait de proposer une expérience avec la chanson de Liliana, Reinhard sourit. Ensuite, tout en plissant ses yeux bleus, il fixa Liliana qui jouait toujours dans un coin de la pièce. Et puis,
Reinhard : “Quelle surprise. Liliana détient la Protection Divine de la Télépathie.”
Subaru : “C’est toi qui me surprends le plus actuellement, plutôt que la Protection Divine. Eh ? Qu’as-tu dit à l’instant ? As-tu dit que tu l’avais reçue ? Qu’as-tu reçu, le trésor que sont les enfants ?”
Reinhard : “Subaru, ce n’est pas une situation dont il faut se moquer. J’ai pu confirmer la Protection Divine de Liliana-sama. La Protection Divine de la Télépathie est, pour ainsi dire, une Protection Divine qui transmet les pensées de son propriétaire à d’autres personnes. C’est une Protection Divine qui transmet principalement des pensées triviales à quelqu’un avec qui le propriétaire a un lien étroit… une chanson, hein ? Je n’avais jamais pensé à quelque chose comme ça.”
Alors que Reinhard admirait honnêtement Liliana, la mâchoire de Subaru s’était décrochée après avoir contemplé son profil.
Il avait toujours dit que le pouvoir de Reinhard était déjà une tricherie, ce type, dont on disait qu’il était plus que surhumain, était beaucoup trop aimé par les dieux.
La Protection Divine dont il avait besoin, cette Protection Divine à laquelle il avait pensé, était arrivée entre ses mains après l’avoir simplement souhaitée.
Subaru : “――――?”
Parvenu à un certain point dans ses pensées, Subaru se sentait pris entre le marteau et l’enclume.
Reinhard pouvait acquérir une Protection Divine à laquelle il pensait, s’il le souhaitait. Du moins, ce qui était arrivé à Reinhard aujourd’hui pouvait être exprimé ainsi. En soi, il s’agissait d’un pouvoir extrêmement enviable et rassurant.
Subaru ne pouvait pas l’exprimer, car il pouvait se tromper.
Les membres du groupe de capture de la Colère avaient été déterminés――Priscilla, Al et Liliana.

