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Web Novel • Arc 05

07Le pécheur met les voiles

Artiste du fan-art : 咲撫りん

Subaru : “Son cœur a été volé par une Diva… Est-ce un surnom ? On dirait qu’il essaie d’avoir l’air cool, mais si on s’adresse à lui de la sorte, ce n’est pas cool du tout.”

En entendant la réponse de Subaru, Anastasia rit avant de jouer avec la pointe de ses cheveux.

Anastasia : “Tu as raison, ça ressemble bien plus à un surnom qu’à un titre. Mais “mon cœur a été volé par une Diva”, c’est ce qu’il prétend.”

Subaru : “Ehhh, qu’est-ce que ça veut dire ?”

Anastasia : “Que son cœur a été volé par une femme, et qu’il l’annonce fièrement et publiquement――hey, ça ne te rappelle pas ce qui s’est passé lors du rassemblement de la Sélection Royale dans la Capitale Royale ?”

Subaru : “Laisse ce sombre et embarrassant passé en dehors de ça.”

Le visage de Subaru se crispa rien qu’en pensant à l’humiliation infligée par Julius, cela lui donnait envie de se tenir la tête et de se rouler par terre. Bien qu’il croyait toujours être dans le vrai, sa manière d’exprimer ses pensées laissait beaucoup à désirer. De toute façon,

Subaru : “Je vois ce que tu veux dire. Même si je regrette de le reconnaître, je peux tout à fait comprendre. Alors, à quoi ressemble-t-il ?”

Anastasia : “Le surnom est plutôt exagéré, mais cet homme est à la fois responsable et flexible. Être nommé héritier de la société Muse nécessite plus que d’être le fils aîné. Il n’y a pas lieu de douter de ses capacités d’homme d’affaires.”

Otto : “Je peux également te le garantir, Natsuki-san. Le jeune maître de la société Muse… Kiritaka Muse, est réellement célèbre. Ses compétences sont époustouflantes, même sans la renommée de la société Muse en matière de minerai magique.”

En tant que marchand, Otto connaissait aussi Kiritaka. Toutefois, après avoir approuvé son évaluation, il lança un regard perçant en direction d’Anastasia.

Otto : “En effet, Émilia-sama a besoin de pierres magiques pures provenant d’un fournisseur professionnel, pour cela nous avons envoyé une requête à la société Muse… mais ils n’étaient pas ouverts à la négociation. On peut se demander comment et pourquoi Anastasia-sama a obtenu leur aide.”

Anastasia : “Peut-être est-ce une question de confiance ? Ou bien, une question de sincérité. Quoi qu’il en soit, un camp doit être prêt à se rapprocher de l’autre pour établir une collaboration, n’est-ce pas ?”

Otto : “…Je suppose qu’on peut dire ça.”

Otto renonça à défier l’impassible Anastasia, qui avait fait mine de ne pas comprendre la situation. Il passa au sujet des pierres magiques elles-mêmes.

Otto : “Premièrement, ont-ils réellement la pierre magique rare que nous recherchons ?”

Anastasia : “Je peux comprendre tes soupçons, mais je suis sûre que tu te rends compte que si nous mentions simplement à propos d’un commerçant éminent, ce serait déjà évident ?”

Otto : “Je vois. Alors, y a-t-il d’autres conditions, ou pouvons-nous simplement négocier avec lui ?”

Anastasia : “Tu es assez inquiet, mais tout va bien. Souviens-toi, je connaissais simplement l’emplacement du minerai magique que le camp d’Émilia-san recherchait, et je t’ai déjà expliqué pourquoi je vous ai donné cette information.”

Comme l’avait dit Anastasia, la gratitude n’avait pas de prix.

Comprenant cela, Otto cessa de questionner Anastasia. Voyant que leur conversation touchait à sa fin, Émilia leva nerveusement la main.

Émilia : “Umm, puis-je demander quelque chose ?”

Anastasia : “Je t’en prie, vas-y. Toutes choses impliquant nos affaires et nos relations personnelles sont une question de confiance. Dissiper les doutes nous permettra d’avoir l’esprit tranquille.”

Émilia : “Il semblerait que ça n’ait pas grand-chose à voir avec l’argent, n’est-ce pas…”

Anastasia : “C’est bien plus qu’une simple question de salaire horaire, après tout. Il fallait s’y attendre. Tu n’es pas d’accord, Natsuki-kun ?”

Anastasia sourit en direction de Subaru, qui répondit par un haussement d’épaules indifférent. Émilia continua à questionner Anastasia,

Émilia : “Tu nous as un peu parlé de Kiritaka-san, mais je suis toujours curieuse au sujet de la Diva que tu as mentionnée. Est-elle célèbre ?”

Bien que ce soit une question simple, Subaru souhaitait également une réponse. Pour autant qu’il le sache, le nom de famille de Kiritaka, Muse, était une sorte de déesse de la chanson dans la mythologie de son monde. Drôle de coïncidence, mais le destin avait peut-être voulu qu’il tombe amoureux d’une Diva.

Subaru : “Je me demande si elle est supposée être une sorte de personnage mythique. Évidemment, elle n’est pas aussi influente que Hoshin des Terres Désolées. À vrai dire, si Hoshin était tombé amoureux de quelqu’un de mythique, ça aurait probablement été un désastre.”

Julius : “Rassure-toi, la Diva Liliana-san existe bel et bien et se trouve actuellement à Pristella. Recueillie par Kiritaka-san… Telle est sa position à l’heure actuelle.”

Subaru : “Actuelle… Tu veux dire que c’est différent de sa situation normale ?”

Julius : “J’ai entendu dire qu’elle était à l’origine une barde poétique qui chantait et voyageait. Kiritaka -san a assisté à un de ses concerts, et la situation est alors devenue ce qu’elle est aujourd’hui.”

En écoutant la réponse de Julius, Subaru imagina un oiseau pris en cage, les oiseaux vivaient librement jusqu’à ce que le regard d’un maître les prenne au piège. Est-ce que la situation de Liliana ressemblait à ça ? L’affection paranoïaque de Kiritaka maintenait-elle Liliana prisonnière ?

Subaru : “C’est une histoire malheureuse. Son chant ne devrait pas être réservé à une seule personne, elle devrait pouvoir le faire librement.”

Julius : “Je suis d’accord, mais il y a peut-être un malentendu. Cependant, étant donné l’obsession de Kiritaka-san pour Liliana, c’est peut-être une conclusion inévitable.”

Subaru : “Mon opinion sur ce Kiritaka n’a cessé de se dégrader. La négociation va-t-elle vraiment bien se passer ? Il est difficile d’imaginer communiquer avec quelqu’un d’aussi excentrique que ça.”

Un homme riche, avide et dégoûtant, à la fois gourmand et lubrique, lui vint à l’esprit. Comme Otto l’avait mentionné plus tôt, il était étrange de sa part de fermer les yeux sur la recherche apparemment innocente d’Émilia pour le minerai magique. Subaru avait une piètre impression de cet homme.

Subaru : “Je suis loin de vouloir montrer ma jolie Émilia-tan à quelqu’un comme lui.”

Julius : “Le fait qu’il voit Émilia-sama ne devrait pas poser de problème. Kiritaka-san est un peu difficile à gérer, mais il ne serait pas aussi indiscipliné. Cependant…”

Julius se tut, comme s’il ne savait pas comment continuer, laissant Subaru perplexe devant cette rare hésitation. Finalement, Julius soupira doucement et déplaça son regard d’Émilia vers Subaru.

Julius : “Il serait préférable de ne pas amener Béatrice-sama avec vous.”

Subaru : “Qu’est-ce que c’est censé vouloir dire ?!”

Anastasia : “Eh bien, Kiritaka-san et moi sommes en bons termes, et je lui ai assez parlé pour pouvoir imaginer ce qu’il pense.”

C’était les paroles de Julius et d’Anastasia. Elles ne menaient qu’à une seule et même conclusion.

Subaru se leva et,

Subaru : “… C’est un lolicon ?!”

Julius : “C’est quelque chose sur lequel les gens ne peuvent que spéculer. En d’autres termes, c’est une rumeur non confirmée. En tout cas, ses goûts ne changent rien au charme d’Anastasia-sama.”

Anastasia : “Tes mots manquent d’élégance.”

Élégant ou pas, Anastasia ne semblait pas se soucier de ce que Julius disait. La théorie de Subaru ne semblait pas être réfutée et il accepta sa véracité. Malgré tout, il pensait “Tu n’es pas sérieux ?”.

Subaru : “Encore plus de lolicons ennuyeux, comme si Clind-san ne posait déjà pas assez de problèmes…”

En repensant à ce majordome universellement compétent, Subaru avait envie de s’enfouir la tête dans les mains. Cependant, il y avait bien des différences entre les goûts de Clind et ceux de Kiritaka.

Clind ne montrerait probablement aucun intérêt pour Anastasia. Ce que Clind recherchait, c’était la jeunesse intérieure et ça se reflétait dans son attitude envers Émilia. Il avait perçu son immaturité intérieure et l’avait considérée comme une loli dans l’âme.

――En revanche, Kiritaka était quelqu’un qui accordait de l’importance aux apparences extérieures. Anastasia avait probablement à peu près le même âge que Subaru, mais elle paraissait nettement plus jeune. Comme son corps avait peu de potentiel de développement, elle pouvait être considérée comme une loli légale. La tendance de Kiritaka à l’aimer était une évidence. Et Béatrice…

Subaru : “Notre Béako est une loli polyvalente qui peut répondre aux goûts de Clind et de Kiritaka…”

Béatrice : “Je n’ai pas bien compris, mais j’ai l’impression que ce commentaire était très grossier, en fait.”

Subaru : “Idiote ! Ugh. Je suis inquiet pour toi ! Tu… tu as un attrait dangereux. Tu vas m’inquiéter si tu ne fais pas plus attention !”

Béatrice : “Je, ah, hm… S-si tu es si soucieux, alors tu ne fais rien de mal, je suppose. Héhéhé.”

Bien qu’elle ne partage pas la panique de Subaru, Béatrice saisit joyeusement l’ourlet de sa manche. Pour le moment, Subaru allait la tenir fermement. Tant qu’ils seraient dans cette ville, ce serait une bonne idée de garder un œil sur elle.

Émilia : “Donc, umm, est-ce qu’il aime juste les personnes de petite taille ?”

Anastasia : “Quelle réponse innocente. Non, c’est plutôt le genre de personne qui préfère manger des fruits frais et immatures…”

Subaru : “Stooooop !! Ne dis pas de choses aussi sales à mon ange ! Maintenant je comprends ! Il n’y a plus rien à ajouter ! Oui ? Stop, stop !”

Subaru gardait Béatrice de sa main gauche et Émilia de sa main droite. Anastasia rit face à la surprotection de Subaru, tandis que Julius affichait un sourire ironique.

Otto : “En mettant de côté l’attitude de Natsuki-san, nous acceptons vos conditions. Si possible, j’aimerais rencontrer Kiritaka-san. Le trouverais-je à la Chambre de Commerce de Pristella ?”

Anastasia : “Tout à fait. Kiritaka-san est très occupé, puisqu’il doit gérer de nombreuses fonctions de la ville. Je me demande donc si vous le trouverez là ou à l’Hôtel de Ville.”

Anastasia répondit à la question sérieuse d’Otto par une légère taquinerie, ce dernier ne pouvant qu’accepter sa réponse avec impuissance. Otto porta sa main à son menton, puis se tourna vers Subaru.

Otto : “Comme on pouvait s’y attendre, la première étape sera difficile. J’aimerais mettre en place un endroit sûr pour parler calmement des choses au préalable, mais… où devrions-nous aller ?”

Subaru : “C’est vrai… Eh bien, pour être honnête, je n’ai aucune idée d’où se trouve quoi que ce soit. Donc, j’avais prévu de me balader.”

Depuis la porte principale, Pristella ne semblait pas trop vaste, mais en tant qu’étranger, s’orienter dans le paysage urbain inconnu était un véritable cauchemar. Subaru avait confiance en son sens de l’orientation, mais quelle était l’utilité de sa confiance dans une ville où les déplacements se faisaient par voie fluviale ?

Otto : “Il est possible que des personnes proposent des visites le long de la voie navigable――après tout, de nombreux touristes viennent ici, et il est donc probable que des personnes proposent des visites pour en tirer profit.”

Subaru : “Ça ne marcherait pas, j’aurais carrément le mal de mer. Une fois à l’école primaire, lors d’une sortie scolaire, je me suis tellement sentie malade en traversant un lac que les gens se sont moqués de moi parce que je ressemblais à un homme ivre.”

Béatrice : “Je ne comprends pas très bien ce que ça signifie, mais tu sembles en avoir de mauvais souvenirs, en fait.”

En observant Subaru en pleine réminiscence, Béatrice exprima sa pitié. Quoi qu’il en soit, la suggestion d’Otto était probablement la meilleure, et Subaru devait donc l’accepter. Lorsque,

Julius : “Pardonnez-moi d’interrompre votre discussion, mais cette inquiétude est inutile.”

Émilia : “Que veux-tu dire, Julius ?”

Émilia se tourna vers Julius, qui esquissa un léger sourire.

Julius : “Rien de plus simple. Nous avons déjà envoyé des messagers pour correspondre avec Kiritaka-san.”

Émilia : “Des messagers ?”

Julius : “Mon frère cadet Joshua, bien sûr. Ricardo l’accompagne.”

Subaru était heureux de savoir enfin où se trouvaient ces deux-là, mais il était aussi quelque peu contrarié. Bien qu’ils aient répondu à une obligation naturelle,

Subaru : “Ça aurait été cool qu’ils soient là pour nous accueillir.”

Julius : “Puisque nous vous avons invité, il est de notre ressort de nous occuper de ces arrangements. Vous n’avez pas besoin de vous soucier des plus petites subtilités. Elles ne méritent pas d’être mentionnées.”

Subaru : “Alors, n’en parle pas !”

Leur badinage était le même que d’habitude. D’un côté, le respect que portait Subaru à la faction de Julius grandissait, tandis que de l’autre, il était profondément gêné par le manque de préparation de sa propre faction. En tout cas,

Anastasia : “Vous êtes probablement tous anxieux, mais nous devrions sans doute attendre qu’ils reviennent tous les deux. À ce propos, mon garde du corps personnel n’est pas revenu.”

Subaru : “Oh, c’est vrai.”

Subaru adopta une posture plus décontractée et s’assit. Il se préparait à répondre aux questions sur l’absence de Garfiel. Anastasia lui emboîta immédiatement le pas,

Anastasia : “Comme vous pouvez le voir, Mimi est absente――que fait-elle ? Cet enfant qui l’accompagne… celui qui se nomme Garfiel. J’aimerais que vous me parliez de lui en détail.”

Subaru : “Il s’appelle Garfiel Tinzel. Il a quinze ans, l’âge où les enfants ont des rêves extravagants. Il a l’habitude de mordre les choses et de ronfler bruyamment. Mais à part ça, c’est un garçon honnête et direct. Même si ses sentiments sont malmenés, sa façon naïve de voir les choses ne changera pas. Il est ce genre de jeunesse pure.”

Anastasia : “Probablement.”

“Je ne veux pas qu’on me vole ma jolie petite sœur”, semblait penser Anastasia, désespérément mais gentiment. Même sans tenir compte de sa relation potentielle avec Mimi, Subaru considérait Garfiel comme un petit frère mignon, et estimait qu’il devait faire connaître sa valeur.

Émilia : “Je me demande à quoi ressemble la célèbre voix de la Diva-san. Je me sens vraiiiiment anxieuse. Peut-être qu’elle chantera pour moi si je lui demande.”

Julius : “Ne vous inquiétez pas, Liliana est une personne qui connaît bien les coutumes sociales. Si elle est présente à votre réunion avec Kiritaka-san, je suis sûr qu’elle sera ravie de s’exécuter.”

Émilia : “Wah, en effet. Ça a l’air amusant.”

――Pendant ce temps, les paroles de Julius semblaient renforcer l’intérêt d’Émilia pour la Diva. Otto, observant le dialogue entre les deux groupes, soupira.

Otto : “Puisque nous sommes dans des factions opposées, je pensais que les relations allaient être plus tendues… ai-je trop réfléchi ?”

Béatrice : “Tu n’as pas besoin d’être découragé, en fait. Tu ne réfléchis pas trop, Subaru et Émilia ne réfléchissent pas assez, je suppose.”

La rare manifestation de sympathie de Béatrice confirma les soupçons d’Otto, qui pensait que son séjour à Pristella le mettrait à rude épreuve, tant sur le plan physique que mental.


Joshua était de retour, et Garfiel allait bientôt arriver à son tour.

Joshua : “Kiritaka-san est généralement très occupé, mais au lieu d’être à l’Hôtel de Ville aujourd’hui, il sera dans son bureau au siège de la société Muse. C’est donc le moment idéal pour lui rendre visite.”

Anastasia : “C’est ça, dans ce cas. Mhm, tu t’es bien débrouillé, Joshua.”

Joshua, de retour auprès de son grand frère et de sa dame, fit son rapport. Après qu’Anastasia ait acquiescé, satisfaite, Joshua tourna son regard vers Subaru.

Joshua : “…Merci d’être venus de si loin. Je suis certain qu’Anastasia-sama vous a déjà raconté tout ça, mais nous avons établi le contact avec Kiritaka-san.”

Subaru : “Oh, merci beaucoup. Ça nous fait gagner beaucoup de temps.”

Joshua : “Je n’aime pas vous aider, je ne fais que suivre les ordres d’Anastasia-sama. Je voulais vraiment éviter que mon frère vous retrouve.”

Subaru : “Tu es honnête, comme toujours.”

Julius écarquilla les yeux devant la franchise de Joshua. Il n’était apparemment pas conscient de l’animosité de Joshua envers Subaru.

Julius : “Joshua. Toutes les personnes présentes, y compris lui, sont ici sur invitation d’Anastasia-sama. Être impoli envers nos invités nuira à sa réputation, alors s’il te plaît abstiens-toi de le faire.”

Joshua : “…Mes sincères excuses, nii-sama.”

Julius soupira en observant Joshua, dont le regard était devenu maussade. Il se tourna ensuite vers Subaru et lui dit en s’excusant,

Julius : “Toutes nos excuses. D’habitude, mon frère n’a pas ce genre de comportement… Il semblerait que la cause soit l’environnement peu familier.”

Subaru : “Je veux bien que vous le fassiez séparément, mais me faire harceler par les deux frères en même temps dans cet environnement me fait un peu peur à moi aussi.”

Julius : “Héhé. Nous garderons ça en tête.”

Julius répondit aux paroles de Subaru avec un mélange d’humour et d’ironie. Joshua avait l’air insatisfait, mais lorsque Subaru croisa son regard, il se détourna. La raison était-elle une intense jalousie ?

Émilia : “Eh bien, grâce à votre gentillesse, nous pouvons maintenant aller rendre visite à Kiritaka-san. Pouvons-nous considérer cette auberge comme un lieu d’hébergement pour la suite ?”

Anastasia : “Ne vous gênez pas pour le faire. Le Pavillon du Sylphe Marin est un hébergement qui a fait ses preuves, tant au niveau de l’ambiance que du confort. Nous vous attendons pour le dîner.”

Émilia : “C’est vrai. Dans ce cas, nous sommes impatients.”

Émilia frappa dans ses mains et sourit en direction de la confiante Anastasia. Puis, passant une main dans ses longs cheveux argentés――

Émilia : “Nous nous assurerons de bien discuter avec Kiritaka-san d’abord, afin de pouvoir profiter pleinement de ce délicieux dîner sans soucis.”

Alors qu’Émilia finissait de parler, elle se leva pour quitter l’auberge. Subaru la suivit et ils se dirigèrent vers le bateau que Joshua avait réservé pour leur voyage vers le bureau de la Compagnie Muse, où se trouvait actuellement Kiritaka.

???: “Oy, Cap’taine ! Attend une minute ! J’te préviens !”

Garfiel s’empressa de bondir devant l’auberge pour les intercepter. Ses cheveux blonds brillants et ses vêtements étaient légèrement sales, et son expression était fatiguée lorsqu’il rejoignit les quatre autres.

Garfiel : “Ah… ah… j’t’ai trouvé. Sans s’type à tête de chien, j’crois qu’j’aurais pas survécu.”

Subaru : “Quand tu dis type à tête de chien, tu veux dire Ricardo ? Tu étais en rencard avec Mimi, jusqu’à ce que son grand-oncle effrayant l’interrompe ?”

Garfiel : “Un rencard ? C’est pas une vanne ! Dès qu’ce nain m’a traîné, un autre nain comme elle m’a attaqué et a failli m’buter. Si j’me débattais, ils auraient chialé alors j’ai passé la journée à fuir…”

D’après l’histoire de Garfiel, Subaru conclut que c’était Ricardo qui avait évité la tragédie. Bien sûr, Mimi avait deux frères jumeaux qui auraient pu la causer. Peut-être que c’était Tivey, dont le tempérament calme aurait pu cacher un côté plus acéré. Ou peut-être qu’Hetaro, craignant que sa sœur ne lui soit enlevée, avait montré ses penchants siscons pour la première fois. Quoi qu’il en soit, les choses semblaient désormais en ordre.

Garfiel : “Commme j’voulais pas être exclu d’tes plans, j’me suis précipité ici, cap’taine.”

Subaru : “Ah, désolé. On avait prévu de rencontrer le type qui vend le minerai magique. En y réfléchissant, je pense qu’on aurait dû attendre notre garde du corps.”

Garfiel : “C’est évident, ouais ?”

Subaru ajouta Garfiel, soulagé, à son groupe et se dirigea vers les quais. Le bateau sur lequel le groupe de Subaru allait monter avait déjà été préparé. Tous les bateaux étaient relativement petits, avec assez de place pour huit personnes, incluant le batelier.

Batelier : “Il y a une loi municipale sur la taille des bateaux. Si les bateaux sont trop grands, les voies navigables se bouchent, et il est dangereux que les bateaux soient trop proches les uns des autres.”

Le batelier à la peau mate qui dirigeait leur bateau répondait volontiers aux questions de Subaru. Sur les grandes routes, les carrosses draconiques ne posaient guère de problèmes, mais sur les cours d’eau, il fallait établir des règles de circulation.

Batelier : “Si une collision se produit et qu’un navire coule, c’est généralement considéré comme la faute du manque de technique du conducteur. De plus, nombre de ces navires ont été transmis de génération en génération, et en perdre un signifierait aussi la perte de votre réputation.”

Subaru : “Évidemment. Concernant les dragons aquatiques des bateaux… y a-t-il des problèmes avec eux ?”

Batelier : “Vous devriez essayer. Dans l’eau, on ne peut pas rivaliser avec les dragons aquatiques, alors quand on en voit un, il est de coutume de lui laisser le droit de passage. Certains bateaux sont tirés par de petits dragons aquatiques, alors vous devriez les essayer au moins une fois.”

Comme les dragons terrestres, ils avaient un bon instinct et on pouvait leur faire confiance pour manœuvrer un petit bateau. Se souvenant de ce qu’il avait ressenti la première fois qu’il avait vu un dragon terrestre, il fut enthousiasmé par la recommandation du batelier. Peut-être que sa première promenade avec un dragon aquatique lui procurerait le même sentiment d’émerveillement.

Émilia : “C’est la première fois que je voyage en bateau. Je suis vraiiiiment excitée.”

Subaru : “Vraiment ? Eh bien, la sensation est différente comparé à la mer.”

Émilia : “Que signifie la “mer” ?”

Subaru : “Imagine une piscine infinie d’eau. Ma ville natale se trouvait juste à côté.”

Émilia : “Hmmm… Mais, ça serait chouette quand on a soif.”

Subaru rit face à la réponse enfantine d’Émilia. Malheureusement, boire de l’eau de mer quand on a soif entraînerait la mort. Quoi qu’il en soit, il ne pouvait pas mentionner que l’eau de mer était de l’eau salée sans soulever d’autres questions.

Otto : “Lorsqu’il y a une rivière, on trouve généralement un pont, mais, si vous devez faire de la contrebande sans franchir de pont, votre seule autre option est de prendre le bateau.”

Subaru : “On dirait que tu parles par expérience.”

Otto : “C-ce n’est pas comme si j’avais déjà fait quelque chose de ce genre ! C-c’est juste une connaissance anodine ! Arrête de jeter des soupçons aussi étranges sur moi, franchement !”

Garfiel : “Otto-aniki, tu transpires à mort là !”

Ignorant le désaveu suspicieux d’Otto, le bateau suivit les mouvements du batelier et vira pour rejoindre la voie fluviale principale. Étonnamment, le courant circulait dans le sens contraire de celui des bateaux.

Subaru : “Hein, comment l’eau coule comme ça ?”

Émilia : “Héhéhé. En fait, je connais la réponse à cette question. Regarde, observe les murs de la ville.”

Elle tapota légèrement l’épaule de Subaru et pointa au loin de sa main libre. Subaru jeta son regard dans cette direction et vit les grandes tours de pierre stationnées sur les murs de la ville. Il y en avait quatre, orientées au nord, au sud, à l’est et à l’ouest de la ville.

Émilia : “Ces tours contrôlent le débit de l’eau dans la ville. Elles utilisent un mécanisme magique complexe qui fonctionne grâce au pouvoir d’une pierre d’eau. Il semblerait que les grandes écluses de la ville soient également contrôlées par ce mécanisme.”

Subaru : “Wow, c’est incroyable. C’est encore plus cool que les lois sur les déplacements.”

Grâce à l’explication d’Émilia, Subaru avait plus ou moins compris le mystérieux mécanisme derrière l’eau qui coulait. Pristella, la cité Aqueuse était très différente des autres, et Subaru avait encore beaucoup à apprendre sur elle, notamment sur les règles de la ville.

Subaru : “Les lois ici sont étroitement liées au fonctionnement de la ville, pas vrai ?”

Émilia : “Est-ce que c’est à propos de Kiritaka-san ? Comme je l’ai dit. Je me demande quel genre de personne il est… Ce serait génial s’il nous donnait le minerai magique en écoutant notre histoire.”

En touchant le pendentif accroché à sa poitrine, Émilia murmura ses espoirs de façon incertaine. Tout en écoutant ses murmures, Subaru plaça ses mains sur son menton et ferma les yeux. Puis, il balança sa tête en suivant le mouvement du bateau et murmura,

Subaru : “――――Eh.”

Béatrice : “…Je n’ai pas compris ce que tu viens de dire, je suppose.”

Béatrice était sans doute la seule à pouvoir l’entendre. En entendant la voix forte de cette dernière, tout le monde se retourna pour le fixer. En sentant leurs regards fixés sur lui, Subaru sourit et déclara,

Subaru : “Et merde, je vais dégueuler.”

――En un instant, l’agitation régna à bord.

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